Rassemblement ce dimanche en mémoire d’Ilan Halimi

Ce dimanche, cela fera 5 ans que notre frère Ilan Halimi a été assassiné, le 13 février 2006. Assassiné parce qu’il était juif. La « justice » a été rendue en décembre, mais le verdict ainsi que le déroulement même du procès ont été tout sauf une victoire du peuple contre le racisme.

Car rien ne pourra effacer le traumatisme ressenti par chacun et chacune en cet hiver 2006, où l’on a vu un jeune juif ciblé, séquestré, torturé, liquidé à cause des préjugés antisémites. Rien ne pourra effacer le souvenir des actualités du 13 février, au moment où l’on ne connaissait pas encore le nom de la victime mais où tout le monde avait compris qu’il était juif. Et surtout, rien ne pourra effacer la douleur de la famille Halimi et de sa fiancée Stéphanie.

Nous diffusons ici un appel de la Fraternité Judéo-Noire pour un rassemblement en mémoire à Ilan Halimi. Les juifs n’oublient pas ! Les juives n’oublient pas !

La Fraternité Judéo-Noire et les Juifs Noirs de France appellent à la

Manifestation à la mémoire d’Ilan le 13 février 2011
devant le magasin de téléphonie du boulevard Voltaire,
229 [bd Voltaire] dans le XIe arrondissement.
Manifestation silencieuse avec une bougie de 19h à 20h30.

Ce dernier avait été retrouvé agonisant laisser pour mort à Bagneux.
Venez nombreux

Les faits …

Le soir du 20 janvier 2006, Ilan Halimi se rend à son travail dans un magasin de téléphone du XIe arrondissement, à Paris, où il rencontre une jeune femme venue pour le séduire et l’attirer dans un guet-apens. Le jeune homme est ensuite kidnappé et séquestré dans une cité de Bagneux (Hauts-de-Seine). Les organisateurs du rapt réclament une rançon à sa famille et profèrent des menaces de mort. 24 jours après, Ilan Halimi est découvert près de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures. Il meurt pendant son transfert à l’hôpital.

Ilan a-t-il été tué parce qu’il était juif ?

C’est bien la haine des juifs et des idées malsaines sur les juifs (tous les juifs sont riches), conception parfois partagée par quelques notables juifs et quelques uns de leurs amis proches du pouvoir, qui ont mené directement Ilan à sa mort. Ilan a été sequestré et torturé pendant plus de trois semaines, alors que ses ravisseurs négociaient une rançon.

« Tel un arbre planté au bord de l’eau… »

Depuis hier soir et jusqu’à ce soir, nous célébrons la fête de Tou BiShvat. En effet le 15 du mois de Shvat marque le « Rosh HaShanah LaIlanot », c’est-à-dire la nouvelle année pour les arbres, où l’on consomme leurs fruits suite au « jugement » des arbres par D.ieu à Shavuot (d’après les religieux, évidemment).

En raison de cela, la tradition à Tou BiShvat est de consommer des fruits secs, dont des amandes, dattes, abricots secs, figues séchées, raisins secs, etc.

L’institution de Tou BiShvat est d’origine rabbinique et remonte à l’établissement de la Mishna il y a presque deux millénaires, mais on ne sait pas bien si Tou BiShvat était réellement célébré à l’époque (c’est-à-dire avec une pratique spécifique).

Il se peut au contraire que la pratique de Tou BiShvat soit plus récente, et remonte au 16ème siècle, à l’époque du grand kabbaliste Itz’hak Luria (de Tzfat en Palestine).

Son école kabbaliste aurait repris et développé la pratique ashkénaze de manger à cette occasion des fruits secs, en attribuant une importance particulière au symbole de l’arbre.

Car du point de vue de la Kabbale de Luria, comment ne pas voir le lien avec le concept mystique d’Arbre de la Vie, « ‘Etz ‘Haim », qui apparaît dans la Genèse et a été justement synthétisé par Itz’hak Luria ?

À cela s’ajoute le parallèle entre l’être humain et les arbres, parallèle qui revient plusieurs fois dans le Tanakh, d’après les principes « l’arbre du champ est l’homme lui-même » (Dvarim dans la Torah) ou bien « l’homme sera tel un arbre planté au bord de l’eau » (Yirmyahou HaNavi).

Ainsi, Tou BiShvat est au fond une fête agricole, qui ne célèbre ni un deuil, ni un événement particulier. C’est juste une fête qui, de manière populaire, célèbre la beauté du cycle de la nature et les signes précurseurs du printemps – essentiellement la floraison des amandiers.

Seulement cette année, les institutions juives françaises ont décidé de se faire un peu de pub autour de la date de Tou BiShvat, dans le cadre de la grande offensive qu’elles mènent tant bien que mal depuis octobre pour regagner un peu de crédibilité aux yeux des masses populaires juives.

En effet, en ce moment nous commémorons également les 5 ans de l’assassinat antisémite d’Ilan Halimi, le 13 février 2006… qui était la date de Tou BiShvat cette année là.

Coïncidence absolument terrible, quand on sait que « Ilan » signifie « arbre » en hébreu (d’où d’ailleurs le slogan qu’Hapoel met en avant depuis le premier procès Fofana : « on peut arracher un Arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps »).

Le grand rabbin Bernheim a donc appelé chaque communauté à planter des arbres hier soir en mémoire d’Ilan, sans doute pour rattraper le coup après que les institutions aient été totalement absentes des mobilisations pour Ilan Halimi aux deux procès.

Et pour montrer l’exemple, une cérémonie officielle avec la direction du Crif et du Consistoire a été organisée devant la mairie… du Raincy !

Pourquoi au Raincy ? Quel rapport avec Ilan, qui travaillait boulevard Voltaire à Paris, qui a été séquestré à Bagneux juste derrière le cimetière, et qui a été assassiné à Sainte-Geneviève-des-Bois ?

Aucun rapport, bien entendu… sauf apparemment pour le député-maire très à droite du Raincy, Éric Raoult, qui a tenu à ce que cette cérémonie se déroule dans sa ville. Éric Raoult, donc, qui ces derniers jours a soutenu de toutes ses forces la dictature de Ben Ali en Tunisie

On voit donc bien au service de qui sont les institutionnels juifs du Crif et du Consistoire, on voit bien qui leur donne la direction idéologique, et on voit surtout comment ils se moquent aussi bien de Tou BiShvat que de la mémoire d’Ilan.

Si c’est ainsi que les institutions juives espèrent rendre un hommage digne à Ilan…

En ce jour de Tou BiShvat, gardons la mémoire d’Ilan dans nos esprits et dans nos cœurs – avec dignité et sans magouilles politiques avec des racistes comme Raoult.

Et en ce jour de Tou BiShvat, affirmons également : les arbres sont sacrés, la Terre est sacrée ! Aucun compromis dans la défense de la vie sur notre planète !

Procès Halimi en appel : un début de bilan

Voilà, c’en est fini du volet judiciaire de l’assassinat d’Ilan Halimi, le 13 février 2006. Vendredi soir au tribunal de Créteil, le verdict est tombé pour les 17 personnes jugées en appel depuis la fin octobre.

Comme par hasard, la cour a réussi comme au premier procès à rendre son verdict après l’entrée du Shabbat, vers 19h, ce qui fait que la famille d’Ilan n’a pu assister à ce moment crucial pour elle. Il ne s’agirait tout de même pas qu’une famille meurtrie interfère dans une machine judiciaire si bien huilée…

Ainsi, seule Stéphanie la fiancée d’Ilan a pu être présente. Elle s’est d’ailleurs exprimée – certainement pour la première fois – devant les caméras de télévision, c’est-à-dire à visage découvert, marquant ainsi un nouveau départ dans sa vie, ou en tout cas la fin d’un deuil bien trop long.

Concernant le verdict lui-même, les peines ont été alourdies de 1 à 3 ans de prison pour 7 des complices de Youssouf Fofana. Quant aux autres, leurs peines sont restées identiques, y compris pour les deux personnes mineures au moment des faits : l’appât qui a ciblé Ilan, et un geôlier ayant torturé Ilan avec la circonstance aggravante d’antisémitisme.

Nous recopions ici le verdict tel qu’il apparaît sur le blog d’Elsa Vigoureux. Il va de soi que les pseudonymes, les verbes au conditionnel et certaines tournures sont très parlants et sont de la responsabilité d’Elsa Vigoureux, de même que l’impasse faite sur l’antisémitisme avéré de « Jicé » (Jean-Christophe Gavarin).

Alcino R. (père d’un des geôliers, il n’a pas dénoncé les faits) : 8 mois de prison, comme en première instance.
Jérémy P. (a prêté sa voiture à Youssouf Fofana, a participé une tentative d’enlèvement) : 3 ans de prison, acquitté dans l’affaire Ilan Halimi, comme en première instance.
Franco L. (poursuivi pour sa participation à trois tentatives d’enlèvement, et pour associations de malfaiteurs): 5 ans de prison, acquitté pour cinq infractions sur six, comme en première instance.

Nour (l’appât, mineure à l’époque des faits) : 9 ans de prison, avec diminution de peine compte tenu de sa minorité, comme en première instance.
Gilles S. (le gardien d’immeuble qui a donné les clefs des lieux de séquestration) : 10 ans de réclusion criminelle, contre 9 ans en première instance.
Jérôme R. (geôlier, qui a abandonné au cinquième jour de séquestration) : 10 ans de réclusion criminelle, comme en première instance.

Tifenn G. (« rabatteuse » de plusieurs appâts) : 11 ans de réclusion criminelle, contre 9 ans en première instance.
Christophe M. (aurait entre autre conduit l’appât à son rendez vous avec Ilan Halimi, et participé à plusieurs tentatives d’enlèvement) : 12 ans de réclusion criminelle, acquitté sur une tentative d’enlèvement, contre 10 ans de réclusion criminelle en première instance.
Yahia K. (geôlier intermittent) : 11 ans de réclusion criminelle, comme en première instance.

Fabrice P. (geôlier sur la fin de la séquestration) : 12 ans de réclusion criminelle, contre 11 ans en première instance.
Cédric B-S-Y (geôlier sur la fin de la séquestration) : 12 ans de réclusion criminelle, contre 11 ans en première instance.
Nabil M. (geôlier) : 14 ans de réclusion criminelle, contre 13 ans en première instance.

Jicé (geôlier, mineur à l’époque des faits) : 15 ans de réclusion criminelle, malgré la diminution de peine liée à sa minorité, comme en première instance.
Samir (aurait assuré le lien entre les geôliers, les ravisseurs, le gardien d’immeuble et Youssouf Fofana, dont il aurait été le bras droit) : 18 ans de réclusion criminelle, soit trois années de plus qu’en première instance.
Jean-Christophe S. (ravisseur d’Ilan Halimi) : 18 ans de réclusion criminelle, comme en première instance.

Chez Hapoel, nous sommes les premiers à penser que ce n’est pas sur les peines qu’il faut se concentrer, mais sur l’impact de l’affaire Halimi dans les masses, puisque c’est en définitive cela qui restera dans la mémoire populaire.

Mais là, que voit-on ? On voit qu’avec le huis-clos, avec le silence des médias et sans aucune campagne démocratique autour de ce procès en appel, il ne restait finalement pour la famille Halimi qu’à espérer des peines plus lourdes qu’en première instance. Ce qui justement n’a pas été le cas.

Et à ce titre, on comprend le désarroi de la famille Halimi quand on voit que les deux personnes mineures au moment des faits n’ont pas vu leur peine alourdie, alors que l’appât a eu comme consigne de cibler des juifs, et que le geôlier mineur a été suffisamment clair sur les motivations antisémites de ses brutalités.

C’est au final un terrible sentiment d’amertume qui entoure pour nous ce procès en appel.

L’État français et sa « justice » ont réussi à faire exactement ce qu’ils entendaient faire : ils se sont « préservés » en maintenant le status quo et en empêchant délibérément par le huis-clos toute prise de conscience antiraciste.

Comme l’a toujours dit Hapoel, le huis-clos a été une redoutable arme antidémocratique, qui arrangeait finalement bien l’État, ainsi que la police française qui a abandonné Ilan à ses ravisseurs.

L’État français a joué très finement, cela est indéniable, et à l’inverse il doit être affirmé nettement que dans ce procès en appel, c’est le peuple qui a subi une défaite. Le peuple est passé à côté d’un moment important pour se forger une indispensable conscience antifasciste.

Car sans aucune campagne autour de ce procès autre que celle des antisémites, il a été au final terriblement facile de noyer l’assassinat d’Ilan, de noyer sa signification aux implications trop importantes dans l’esprit des masses.

Ainsi les médias ont pu parler pendant tout le week-end de la neige plutôt que du verdict du procès après deux mois de blackout total, et en tout cas rien n’a jamais dépassé pour eux la dimension d’un fait divers, rien n’a jamais été expliqué.

Ainsi les avocats de la défense ont pu faire des déclarations absolument scandaleuses après la tombée du verdict : Françoise Cotta a expliqué que ce verdict prouvait que la justice française était « indépendante » et que l’on pouvait « s’opposer au pouvoir », tandis que son collègue Antonowicz a poussé la provocation jusqu’à clamer que… « la mémoire d’Ilan Halimi méritait mieux que ça » !

Et ainsi le déroulement du procès a été ce qu’il a été, les peines ont été ce qu’elles ont été, et demain l’assassinat d’Ilan notre frère sera incompris et oublié – au mieux…

Dans cet échec, dans ce rendez-vous manqué, la responsabilité des institutionnels juifs est patente. À aucun moment les institutions n’ont voulu mobiliser, tout comme au premier procès. Les institutions juives ont montré ici leur servilité envers l’État français et ses intérêts.

On voit d’ailleurs que les institutions ont délibérément laissé le terrain aux « sionistes radicaux » de la LDJ, qui a certes mobilisé au début et à la fin du procès en appel, mais pour ainsi dire « à l’arrache » et sans aucun contenu.

Un certain nombre de jeunes étaient ainsi venus au tribunal avec les stickers de la LDJ, mais la seule impression que l’on en retire, c’est que tout cela a été fait pour les caméras de télé – notamment la sortie « bruyante » du tribunal au moment du Shabbat.

Bref, une sorte de mise en scène où la jeunesse juive sert de « figurante » aux sionistes identitaires pour se vendre le plus cher possible au Front National.

En comparaison avec la LDJ qui n’a rien dit et qui n’a rien à dire, même l’institutionnel Gil Taïeb (responsable de l’Association de Bien-Être du Soldat Israélien…) a eu des mots étonnamment justes :

« Une page se tourne certes, mais Ilan est devenu l’enfant de tous. On ne l’oubliera pas. On ne l’oubliera jamais. Il faut rester vigilants… Avec la montée de l’extrême-droite aujourd’hui, il faut se dire qu’Ilan peut demain aussi bien être musulman que juif. Nous devons faire de ce cas le symbole de l’horreur du racisme. »

La vérité, c’est que sans contenu il est impossible de soulever la pression démocratique des masses populaires, juives ou pas ; il est impossible d’établir un rapport de force non théâtralisé qui aurait servi à construire quelque chose, à forger la conscience antiraciste.

Et impossible, en vérité, de faire le deuil véritable d’Ilan Halimi, un deuil digne et déterminé qui aurait servi à ce que demain, il n’y ait pas d’autre Ilan.

Ilan, les juifs ne t’oublient pas, le peuple t’oublie pas !
On peut arracher un Arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !

Rendez-vous pour Ilan Halimi au tribunal de Créteil, aujourd’hui à 13h

C’est finalement aujourd’hui, au bout de sept semaines, que se clôt le procès en appel des assassins d’Ilan Halimi. Le verdict devrait tomber semblerait-il d’ici 15h30, c’est-à-dire avant l’entrée du Shabbat.

Rendez-vous est donc donné aujourd’hui à 13h au tribunal de grande instance de Créteil dans le 94. Pour s’y rendre en transports en commun, il faut descendre au métro Créteil Université, ligne 8.

Voici donc le programme de l’après-midi à Créteil :

13h : rendez-vous à l’intérieur du tribunal de Créteil ;
14h : émission spéciale de Radio J en direct du tribunal ;
15h30 : heure attendue du verdict ;
16h15 : allumage de bougies pour la mémoire d’Ilan ;
16h36 : entrée du Shabbat, dispersion du rassemblement.

Pour Ilan Halimi notre frère, un seul mot d’ordre : dignité, détermination, justice !
On peut arracher un Arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !

Justice pour Ilan ! Rendez-vous ce vendredi à Créteil !

Ce vendredi se clôt le procès en appel des assassins d’Ilan Halimi, notre frère, notre fils. Un procès qui n’a été l’occasion d’aucune mobilisation de la part des institutionnels juifs ni des « para-institutionnels », ce qui laisse forcément un goût amer à toutes celles et tous ceux qui exigent la justice pour Ilan.

Néanmoins, il y a pour ce vendredi 17 décembre un appel à mobilisation au tribunal de Créteil (métro Créteil Université), impulsé par Radio J :

Procès en appel du « Gang des Barbares » : Radio J émettra Vendredi 17 décembre 2010 en direct du Palais de Justice de Créteil

Radio J émettra Vendredi 17 décembre 2010 en direct du Palais de Justice de Créteil. A l’approche du verdict du procès du Gang dit “des Barbares”, toute l’équipe de Radio J s’est mobilisée depuis le 25 octobre pour communiquer coûte que coûte sur ce procès en appel à huis-clos, en soutien et hommage à la famille Halimi.

Rendez-vous à Créteil, ce vendredi 17 décembre, pour la mémoire d’Ilan (zal)

Michel Zerbib, Directeur de l’Information Radio J

Comme heure de rendez-vous, il a été parlé par certains de 13h, par d’autres de 14h, et quoi qu’il en soit il faut espérer que le verdict tombera avant Shabbat. Hapoel confirmera donc l’horaire d’ici vendredi, et ne peut entretemps qu’inviter à surveiller les appels à mobilisation sur Facebook.

Justice pour Ilan ! Solidarité avec la famille Halimi !
On peut arracher un Arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !

Dernière ligne droite au procès Halimi en appel

Aujourd’hui s’ouvre donc la dernière semaine du procès en appel des assassins d’Ilan Halimi.

Jusqu’à mercredi, ce sont les avocats de la défense qui plaident. Puis vendredi 17 décembre, on connaîtra enfin le verdict final, presque 5 ans après l’assassinat d’Ilan.

La semaine qui vient de s’écouler, quant à elle, a été très chargée. Mercredi, ce sont en effet les avocats des parties civiles qui ont plaidé, c’est-à-dire les avocats de la famille Halimi, de la fiancée d’Ilan, de la famille Douieb, du jeune Marc Krief, etc.

Puis jeudi c’est l’avocat général qui a exposé son réquisitoire… pendant près de 8 heures ! Un réquisitoire où il était explicitement fait allusion au « climat d’antisémitisme » dans lequel baignait le « Gang des Barbares ».

Jeudi vers 19h, les réquisitions sont tombées. Les réquisitions les plus lourdes sont globalement plus élevées qu’au procès en première instance, tandis que les réquisitions les moins lourdes sont globalement allégées, établissant ainsi une certaine hiérarchie des responsabilités.

Voici la liste des réquisitions pour les 17 personnes rejugées en appel :

Jean-Christophe Soumbou : 20 ans (18 ans en première instance) ;
Samir Aït-Abdelmalek : 20 ans (20 ans en première instance) ;
Jean-Christophe Gavarin : 18 ans, avec prise en compte de la motivation antisémite et sans diminution de peine due à la minorité au moment des faits (15 ans en première instance) ;

Nabil Moustapha : 16 ans (13 ans en première instance) ;
Cédric Birot-Saint-Yves : 14 ans (12 ans en première instance) ;
Fabrice Polygone : 13 ans (12 ans en première instance) ;

Tifenn Gourret : 12 à 13 ans (10 ans en première instance) ;
Emma Arbalzadek-Hashémi : 12 à 13 ans, sans diminution de peine due à la minorité au moment des faits (10 à 12 ans en première instance) ;
Christophe Martin-Vallet : 12 ans (8 à 10 ans en première instance) ;

Yahia Kaba : 12 ans (12 ans en première instance) ;
Gilles Serrurier : 10 ans (10 ans en première instance) ;
Jérôme Ribeiro : 10 ans (12 ans en première instance) ;

Franco Louise : 7 ans (8 à 10 ans en première instance) ;
Jérémy Pastisson : 5 ans dont 2 ans avec sursis (7 ans en première instance) ;
Sabrina Fontaine : 5 ans dont 2 ans avec sursis (5 ans en première instance) ;

Alcino Ribeiro : 1 an (1 an avec sursis en première instance) ;
Alhassane Diallo : acquittement (5 ans avec sursis en première instance).

Les avocats des parties civiles ont salué ce réquisitoire, considérant que la hiérarchie des responsabilités dans l’assassinat d’Ilan avait été respectée. Quant à Ruth, la mère d’Ilan, on comprend le soulagement qu’elle peut avoir face à ce réquisitoire, mais aussi son appréhension face au verdict véritable.

Tout cela est bien. Mais malgré tout, il y a un problème dans tout cela, un problème de taille qui concerne l’ensemble des masses en France.

Car finalement, à l’issue de ce procès en appel, on n’en sait pas beaucoup plus sur les circonstances qui ont mené à l’enlèvement d’Ilan, à sa séquestration, à son calvaire, à sa liquidation.

Au-delà de la quête de justice de la famille Halimi, il fallait profiter de ce procès pour servir l’ensemble du peuple de France, pour montrer comment on en arrive à une telle barbarie à cause du racisme « acceptable » qu’est l’antisémitisme.

Mais le huis-clos a fait son œuvre ; et si l’horreur de l’assassinat d’Ilan a éclaté au cours du procès (notamment quand ont été exposées les photos de l’autopsie d’Ilan, ou quand ont été diffusés des enregistrements téléphoniques qui n’avaient pas été diffusés en première instance), elle a malheureusement éclaté dans le silence pesant du huis-clos.

Dans ces conditions, il était inévitable qu’on en arrive à une situation où le seul écho régulier du procès Halimi était une chronique matinale sur Radio J, ce qui est clairement très insuffisant par rapport à la signification profonde de l’assassinat d’Ilan, mais aussi par rapport à ce que les masses méritaient de savoir et de connaître.

Et il était tout aussi inévitable, dans les conditions du huis-clos, que les avocats de la défense puissent mener leurs campagnes médiatiques librement, en faisant filtrer leur version des faits, leur version du procès, leur point de vue, etc.

Ainsi, comme c’était prévisible et prévu, le blog judiciaire de la journaliste Elsa Vigoureux est devenu une simple tribune des avocats les plus médiatiques de la défense : Didier Seban, Françoise Cotta, William Bourdon, etc.

Par exemple, Hapoel avait parlé de la campagne que mèneraient inévitablement ces avocats pour faire comparaître Michèle Alliot-Marie devant la cour d’assises de Créteil.

Début novembre, le président de la cour s’était plus ou moins défaussé, et laissé la responsabilité à MAM de venir au procès ou pas. Et comme prévu depuis avant même le début du procès, MAM a refusé de comparaître, mettant en avant le culte de la hiérarchie et de l’État bourgeois.

Les avocats de la défense ont donc sorti un document contenant les questions qu’ils souhaitaient poser à MAM selon une obscure procédure judiciaire, et qui est disponible… uniquement sur le blog d’Elsa Vigoureux.

Un document qui contient des questions très nettement hors-sujet du style « N’avez-vous pas le sentiment par votre intervention d’avoir pris le risque de nourrir l’antisémitisme ? » ou bien « Existe-t-il à votre connaissance des liens entre Nicolas Sarkozy ou son entourage et Bernard-Henri Lévy ? ».

Et la provocation a été poussée jusqu’à menacer d’un troisième procès si MAM ne comparaissait pas, alors même qu’il s’agissait pour les avocats de la défense de contester le deuxième procès. Tout simplement indécent…

Ainsi, quand on s’intéresse au procès Halimi, on se retrouve nécessairement coincé entre d’un côté une campagne jouant avec le feu de l’antisémitisme en profitant du huis-clos, et de l’autre côté un État bourgeois et antidémocratique qui au fond souhaitait tout autant le huis-clos.

C’est difficile et malheureux à dire, mais du point de vue des masses populaires de France, le deuxième procès Halimi est un échec. Un échec car rien n’a été fait pour mettre en avant sa valeur dans la lutte contre le racisme.

Et dans cette lutte, ce n’est certainement pas sur la « justice » française qu’il fallait compter, qui par sa logique cartésienne, formaliste et procédurière, isole les faits entre eux au lieu de les remettre dans le contexte d’une société traversée par le racisme de part en part, au lieu de proclamer l’absolue priorité de la bataille antiraciste.

Il ne fallait pas davantage compter sur l’État français, qui ne voyait pas d’inconvénient au huis-clos étant donnée la responsabilité de sa police dans la mort d’Ilan, et étant donné surtout l’écho qu’aurait eu un procès public parmi les masses populaires de France, juives ou pas.

Bref, il reste aujourd’hui à attendre vendredi pour connaître le verdict final du procès. Vendredi… en toute logique après la tombée de la nuit, empêchant ainsi cruellement Ruth Halimi d’assister à la fin du procès comme cela avait déjà été fait en juillet 2009 (où de plus Shabbat débute bien plus tard qu’en décembre…).

Aujourd’hui plus que jamais, justice pour Ilan !
Solidarité jusqu’au bout avec la famille Halimi !

L’assassinat d’Ilan, « un crime crapuleux avec un habillage politique » ?

Aujourd’hui s’ouvre à Créteil la 4ème semaine du procès en appel des assassins d’Ilan Halimi. Rapide coup d’œil sur le déroulement de la semaine passée.

1. Lundi dernier, c’est la tentative d’enlèvement de Marc Krief qui a été examinée par la cour. Une semaine seulement après celle de Mickaël Douieb… et une semaine seulement avant celle d’Ilan…

Youssouf Fofana avait décidé de passer en revue les magasins de téléphonie du boulevard Voltaire, en s’imaginant que tous les travailleurs y étaient juifs. Il s’est ainsi d’abord intéressé à un certain Jérémy, avant de renoncer en se disant qu’il ne paraissait pas assez juif…

Puis Audrey Lorleach, son « appât », est rentrée dans le magasin de téléphonie où travaillait Marc Krief, à seulement quelques numéros de celui d’Ilan. Après un certain harcèlement, pendant le week-end du 14 janvier 2006, Marc craque et accepte un rendez-vous en banlieue sud.

Mais sur le chemin pour Sceaux, son ami Julien l’appelle et trouve que ce rendez-vous est bien suspect. Marc terminera donc sa soirée chez Julien, qui lui a sauvé la vie, mais il aurait pu connaître la même fin tragique qu’Ilan…

Quand nous disons que n’importe quel jeune homme juif de banlieue sud ou du boulevard Voltaire aurait pu être à la place d’Ilan, ce ne sont pas des mots en l’air. C’est la réalité, et c’est sur cette réalité que doit se fonder une conscience antifasciste – nécessairement collective !

2. Toujours lundi, dans l’après-midi, Youssouf Fofana a été appelé à témoigner, toujours « à titre de renseignement ». Il a réaffirmé qu’il ne dirait rien sur les faits et a refusé de répondre à une longue liste de questions du président de la cour.

Selon Radio J, il aurait encore une fois fait du chantage en réclamant que l’on publie une photo de lui sur une carte de l’Afrique, avec la mention « Hezbollah ». Fofana a donc été reconduit au dépôt du tribunal, au bout de 20 minutes d’audition.

3. Il faut rappeler ici une chose très importante : à cause du huis-clos, toutes les informations qui filtrent du procès sont étroitement dépendantes des intérêts de celles et ceux qui les font filtrer. Et de ce fait, les journalistes qui couvrent le procès dépendent soit de la version de la défense, soit de celle des parties civiles.

Ainsi la retranscription de la journée de lundi est un modèle du genre, où l’on se rend compte par exemple que le blog judiciaire d’Elsa Vigoureux, journaliste au Nouvel Obs, est quasiment devenu une tribune des avocats de la défense, qui tentent d’imposer leur version des faits.

Prenons un exemple « anodin », qui concerne Audrey Lorleach, l’appât qui avait ciblé Marc Krief, et qui après cela a abandonné les sinistres projets de Fofana. Elsa Vigoureux dit à son sujet : « C’est Audrey L. qui, après la découverte du corps d’Ilan Halimi, s’est spontanément rendue à la police. »

Spontanément, vraiment ? Cela est bien entendu conforme à la version de la défense, mais la réalité est toute autre : quand Audrey a vu son portrait-robot diffusé publiquement, elle a compris qu’elle trempait dans une affaire très grave et a paniqué ; conseillée par son amie Murielle, elle s’est rendue à la police.

De même, aucune mention n’est faite chez Elsa Vigoureux des provocations de Fofana, qui certes n’ont rien à voir avec leur niveau au premier procès.

Est-ce un choix de la journaliste ? Peut-être pas, quand on observe son souci du détail, mais ce qui est certain c’est que le huis clos est antidémocratique au possible. Chaque journaliste s’en remet donc aux protagonistes avec lesquels il ou elle a déjà tissé des liens par le passé (premier procès Halimi, autres procès comme celui d’Émile Louis auquel avait participé l’avocat Didier Seban, etc.).

4. Mardi matin, les avocats du procès ont pris connaissance d’une lettre du président de la cour adressé à Michèle Alliot-Marie, la Garde des Sceaux. Dans cette lettre, il est expliqué que son audition « est juridiquement acquise aux débats, et la défense n’entend pas y renoncer ».

MAM est donc invitée à une audition entre le 29 novembre et le 7 décembre… seulement si le conseil des ministres donne son feu vert ! Ce qui est très intelligent de la part du président de la cour d’assises, puisqu’il s’est débarrassé de la responsabilité effective de l’audition de MAM, et apparaît ainsi aux yeux de tous comme « neutre », « indépendant », etc.

Pourtant, quel rapport entre MAM et les faits de l’affaire Halimi ? Aucun, bien entendu, et il est clair qu’il y a là une campagne en cours de la part des avocats de la défense. Une grande attention doit y être accordée.

5. L’examen de l’enlèvement d’Ilan a commencé mardi en fin d’après-midi. Le premier témoignage est donc venu du commissaire Olivier Richardot, qui avait été en charge de la gestion de l’enlèvement.

Un témoignage imprécis sur les détails de l’affaire, mais aussi délirant et scandaleux puisque le commissaire a déclaré, « gêné », que l’enquête avait été « irréprochable ». Tellement irréprochable que la police avait finalement abandonné tout lien avec le gang de Fofana, livrant Ilan à son sort tragique…

De plus, le commissaire a caractérisé l’affaire Halimi comme… « un crime crapuleux avec un habillage politique » !

Du pur délire ! Pourquoi Fofana ciblait-il alors des juifs ? Est-ce que cibler des juifs parce qu’ils seraient soi-disant riches n’est pas antisémite ? En tout cas, quand on voit la négation totale de l’aspect antisémite, on comprend mieux pourquoi la police n’a même pas pu imaginer qu’Ilan serait torturé et liquidé.

Mercredi, un autre commissaire a témoigné, reprenant en bloc la thèse officielle de la police française – et de la défense, naturellement. À ceci près qu’il s’est défaussé de sa responsabilité en pointant du doigt les opérateurs de téléphonie mobile, qui d’après lui n’auraient pas suffisamment collaboré avec la police.

Cela avait déjà été évoqué au premier procès par le même policier, et il est clair que le ministère de l’intérieur profitera de l’affaire Halimi pour se défausser de ses responsabilités, et pour développer encore davantage les techniques françaises de « l’anti-subversion »… en détournant totalement le sens de l’assassinat d’Ilan.

6. Enfin vendredi, c’est l’enlèvement d’Ilan qui a été abordé de manière détaillée, c’est-à-dire la soirée du 20 janvier 2006.

Le mardi 17 janvier, la jeune Emma (« Yalda ») Arbalzadek-Hashémi, mineure à l’époque et assez « paumée », est conduite boulevard Voltaire par Fofana. Cette fois-ci, c’est elle qui lui servira d’appât… et ceci dès le lendemain du rendez-vous manqué avec Marc Krief !

Sur ordre de Fofana, Emma cherche un vendeur de téléphonie qui ne soit pas trop difficile à maîtriser. Après plusieurs tentatives hésitantes, elle jette son dévolu sur Ilan. Quand elle repart, Ilan lui tend gentiment un papier avec son numéro de téléphone. Ravi, Youssouf Fofana invite toute son équipe à fêter cela autour d’un panini.

Une heure plus tard, Emma appelle Ilan et lui donne rendez-vous le vendredi suivant, après le repas en famille de Shabbat, au café Paris-Orléans à la porte d’Orléans.

Le vendredi en question, en vue de l’enlèvement, Fofana emprunte l’Audi grise de Jérémy Pastisson, qui avait déjà été impliqué dans la tentative d’enlèvement de Jimmy et Mickaël Doueib.

En fin de soirée, Emma demande à Ilan de la raccompagner à Sceaux, où elle prétend habiter seule depuis deux mois. Ilan se gare au parking d’un gymnase près de la Coulée Verte, près du soi-disant appartement de « Yalda ».

Là, quand elle prononce le signal convenu, trois hommes bondissent sur Ilan, le tabassent et l’enferment dans le coffre de l’Audi, menottes aux poignets, scotch sur les yeux et mouchoir au chloroforme sur la bouche. Deux des trois ravisseurs n’ont jamais été identifiés, et le silence est total par peur plus ou moins « naturelle » de représailles.

Ce soir là, c’est le début du calvaire pour Ilan notre frère, dans un appartement vide du 1, rue Prokofiev de la cité de la Pierre Plate à Bagneux, tout près du cimetière.

Rapide coup d’œil sur la deuxième semaine du procès Halimi

Demain cela fera deux semaines que s’est ouvert le procès en appel des assassins d’Ilan Halimi. L’occasion de revenir sur le déroulement de cette semaine à la cour d’assises de Créteil.

1. La semaine s’est ouverte mardi 2 novembre, et comme prévu Youssouf Fofana a été appelé à témoigner dans l’après-midi. Sans doute pour des raisons de sécurité, Fofana a été maintenu dans le box des accusés, et n’est pas monté à la barre.

Mais de la part de l’assassin, pas un mot, même pas la traditionnelle déclinaison de son identité. Uniquement un T-shirt marqué d’une image de mosquée avec l’inscription « Allah Ouakbar », et un poing ganté de noir, levé à la manière de Tommie Smith aux Jeux Olympiques de 1968 en défense de la cause des Black Panthers.

Seulement le Black Panthers Party n’avait rien à voir avec l’antisémitisme barbare de Youssouf Fofana, et ne délirait certainement pas sur un Islam salafiste fantasmé.

Fofana s’imagine avoir un impact, Fofana s’imagine qu’il se fait désirer… mais la famille Halimi a déjà suffisamment souffert de ses délires au premier procès, et après tant d’épreuves, elle ne se laissera pas atteindre.

2. Le lendemain mercredi, Fofana a fait savoir par fax au président de la cour d’assises qu’il ne comptait pas comparaître au procès. Il a tout de même été extrait de sa cellule à la Santé et amené dans la « souricière » du tribunal de Créteil.

Le soir, Fofana a finalement été présenté à l’audience, mais il a été appelé à témoigner sans micro et dans le box des accusés. Après avoir refusé de prêter serment, Fofana a déclaré qu’il ne parlerait pas s’il n’était pas considéré comme les autres témoins, avant de déclarer qu’il ne parlerait pas tout court.

Durant les quelques minutes où Fofana a eu la parole, il a ainsi annoncé : « Je n’ai plus rien à dire. [...] Je n’ai plus rien à perdre. [...] J’emporterai mes secrets avec moi dans la tombe. »

Et effectivement, des secrets il y en a, puisqu’il reste des personnes du gang de Fofana qui n’ont toujours pas été identifiées, tout le monde se taisant à leur propos. Ces personnes pourraient avoir tenu un rôle central dans l’enlèvement lui-même, et peut-être dans le déroulemement de la séquestration d’Ilan quand Fofana faisait ses allers-retours vers Abidjan.

3. Au cours des quatre derniers jours d’audience ont été examinées diverses tentatives d’enlèvement avant celle, fatale, d’Ilan Halimi. D’abord celles à Arcueil d’Olivier Z. et Jacob G., à la suite de celles de Rudy P. et Zouhair W. en fin de semaine dernière.

Puis jeudi et vendredi, c’est Mickaël Douieb d’Antony (et son fils Jimmy) qui a témoigné sur sa tentative d’enlèvement en janvier 2006, seulement deux semaines avant celle d’Ilan. Une tentative d’enlèvement qui a tourné au lynchage antisémite et qui a manqué de très peu se terminer en meurtre.

Avec 96 impacts de coups sur le crâne et plus d’une demi-douzaine d’opérations pour s’en remettre plus ou moins, Mickaël Douieb ne doit son salut qu’au fait que Fofana le croyait déjà mort, donc sans valeur. Là aussi, deux quasi assassins sont toujours dans la nature…

4. Après l’examen des précédentes tentatives d’enlèvement, le procès entrera dès demain dans les détails de l’enlèvement d’Ilan proprement dit.

Il reste donc cinq semaines de procès a priori, au cours desquelles Fofana ne devrait plus être entendu en tant que témoin en tant que tel, mais simplement pour des renseignements. Quant aux autres accuséEs, il est clair qu’ils vont tout faire pour se couvrir, étant donné que… certainEs sont déjà en liberté grâce aux remises de peines !

5. Rappelons enfin, pour celles et ceux qui voudraient suivre plus régulièrement le procès, qu’il existe le blog d’Elsa Vigoureux, journaliste au Nouvel Observateur, et qu’un nouveau blog est consacré par Radio J au procès (après quelques problèmes informatiques assez improbables). De même, chaque jour à 7h et 14h20, Radio J consacre un point d’actualité au procès – sur la fréquence 94.8 FM, donc.

Mais attention, vu que le procès en appel se tient à nouveau à huis clos, il est évident que les informations qui filtrent sont totalement tributaires des déclarations de sources anonymes. Et il est facile de voir, par exemple, que les comptes-rendus du Nouvel Observateur dépendent énormément des versions des avocats de la défense…

Aujourd’hui plus que jamais, justice pour Ilan !

Au cœur de notre identité, le souvenir d’Ilan

Presque 5 ans ont passé, et pourtant la cicatrice est toujours à vif dans les cœurs et les consciences.

Ilan Halimi était un fils du peuple, un jeune juif de 23 ans d’origine marocaine. Un fils du peuple avec la vie qui va avec : son amour, ses projets, sa mère qui le trouvait « trop gentil », ses sœurs, ses amis Karim et Jérémy, ses passions, etc.

Mais aussi bien entendu son travail dans un magasin de téléphonie mobile, ses parents séparés, sa lucidité sur l’antisémitisme en France, ses quelques perspectives de partir d’ici.

Bref, c’est sur Ilan que la barbarie s’est abattue simplement parce qu’il était juif… mais cela aurait pu être n’importe qui d’autre.

Et la jeunesse juive sait que cela n’est pas une affirmation en l’air. Chaque jeune juif de Paris et de sa banlieue sud sait qu’en ces jours glaciaux de janvier – février 2006, il aurait pu être à la place d’Ilan.

La preuve en est que seulement deux semaines avant l’enlèvement d’Ilan, c’était Mickael Douieb d’Antony qui avait été ciblé par le gang de Fofana, tabassé, insulté de « sale juif », laissé pour mort, baignant dans son sang dans un hall d’immeuble de Bagneux.

Mickael Douieb a échappé au kidnapping uniquement parce que Fofana le croyait déjà mort. Il a dû subir de nombreuses interventions chirurgicales depuis, mais a surtout dû affronter le mépris de la police, qui n’a tenu compte d’aucune de ses indications sur le gang de Fofana. Des indications qui auraient peut-être pu sauver Ilan.

C’est sur cette réalité que se fonde la conscience d’une partie de la jeunesse juive. En 2006, un certain état d’esprit et un certain niveau de conscience avaient été atteints, avec évidemment des illusions, des impasses, etc.

Voilà pourquoi, chez Hapoel comme chez beaucoup de jeunes juifs et juives, le souvenir d’Ilan est au cœur de notre identité.

L’assassinat barbare d’Ilan Halimi est une réalité terriblement concrète, et c’est au cœur de cette réalité que se construit une conscience, une identité. Car tout est là, tout est dans ce drame en particulier.

L’antisémitisme. Ilan a été ciblé, enlevé, torturé en tant que juif, et il a été liquidé parce que juif. Un rabbin a même été contacté pour payer la rançon. Les préjugés racistes tuent.

La prédation. Dans l’esprit de l’antisémitisme le plus barbare, les juifs sont des fantômes, ils n’ont rien de concret. Plus rien n’empêche donc qu’ils soient traqués, soumis à la merci de leurs bourreaux, et enfin liquidés.

Le caractère génocidaire. Ilan a vécu 24 jours de torture et de terreur, incertain de son sort. Puis un jour il a été tondu, « lavé » à l’acide, brûlé vif, retrouvé près d’une voie de chemin de fer. Il n’y a malheureusement pas besoin d’insister sur toute cette symbolique.

Le silence. La barbarie génocidaire va toujours de pair avec la dissimulation, avec le silence. Une quarantaine de personnes savaient à Bagneux, et aucune n’a réagi. C’est ce même silence qui a pesé et pèse encore dans le huis clos des deux procès.

La division du peuple. Ilan et ses assassins auraient bien pu être voisins, mais le fait qu’il soit juif en a fait une proie. L’indifférence, l’absence de solidarité et de conscience de classe ont permis qu’Ilan soit séquestré aussi longtemps, sans réaction.

La police. Elle a été en-dessous de tout, elle s’est crue infaillible, elle ne mérite que le mépris. La police n’a pas écouté Mickael Douieb, elle ne s’adressait qu’au père d’Ilan au détriment de sa mère, elle a nié l’antisémitisme, et à la fin elle a abandonné Ilan à ses assassins.

C’est sur la base de ces quelques éléments que peut et doit se forger une conscience antifasciste au sein de la minorité juive.

Les antisémites saisissent très bien la portée de l’assassinat d’Ilan, voilà pourquoi ils attaquent la conscience des masses populaires juives, leur compréhension du fait que c’est l’antisémitisme qui a tué Ilan.

Ainsi pendant des années, il a fallu supporter le discours prétendant que le meurtre d’Ilan serait simplement crapuleux, qu’Ilan aurait certes été visé parce que juif mais qu’au fond viser des juifs n’est pas de l’antisémitisme (qu’est-ce que c’est alors ?), ou bien que cela aurait pu être n’importe qui d’autre.

Pendant des années, il a fallu supporter le discours ultra-populiste sur les « deux poids deux mesures », repris en avril dernier à l’occasion de la mort de Saïd, vigile à Bobigny.

Le nazi Dieudonné n’avait alors pas tardé à faire un « sketch » où il scandait « Libérez Fofana » et où il déclarait que les bénéfices de ses spectacles iraient à Fofana, avec des paroles à glacer le sang comme : « cette chance qu’a eue Ilan d’être accueilli et de mourir quand même dans les bras fraternels des secouristes ».

De même pour la sénatrice bourgeoise Alima Boumediene-Thiery, qui chaque jour se révèle plus antisémite. Ainsi dans les manifestations pour Saïd, elle avait opposé Ilan à Saïd, en niant l’antisémitisme, en parlant des médias (pourquoi ?), etc. Même logique chez la CAPJPO-Europalestine, qui déjà en 2006 tenait un discours répugnant.

De même, enfin, pour l’UJFP, non seulement pour sa position lâche en 2006, non seulement pour sa réaction incroyable au moment de l’appel, mais aussi pour son exploitation insupportable du thème antisémite du « deux poids deux mesures » et sa quasi justification de pogroms au moment de la mort de Saïd.

Il ne faut pas que la mémoire d’Ilan soit souillée par les antisémites, qui ont très bien compris où cette mémoire pouvait nous mener. Il ne faut pas que le souvenir d’Ilan retombe dans le silence du huis clos.

Voilà pourquoi, pour l’ouverture du procès en appel ce lundi, Hapoel a rassemblé ses publications concernant Ilan notre frère, ce qui permettra également de suivre le procès tant que possible, ainsi que les mobilisations.

Les textes rassemblés permettent de se faire des idées assez précises sur de nombreux points, et sont accessibles directement par l’adresse internet justicepourilan.hapoel.fr, ou encore en cliquant sur le bouton correspondant dans la colonne de droite :

D’autres sites couvriront également le procès en appel jusqu’en décembre. Il y a par exemple le blog d’Elsa Vigoureux, journaliste au Nouvel Observateur, qui avait déjà couvert le premier procès dans ce blog – de manière parfois trop « neutre ».

Juif ! Juive !
Forge ta conscience antifasciste dans le souvenir d’Ilan !
Les antisémites paieront ! Justice pour Ilan !

« Il ne faut pas qu’Ilan soit mort pour rien. »

Le procès en appel des assassins d’Ilan Halimi s’est finalement ouvert hier matin, au palais de justice de Créteil (métro Créteil Université, ligne 8).

Le cadre du procès en appel est donc assez différent de celui du premier procès : du palais de justice situé à Paris de manière on ne peut plus centrale et ouvert aux touristes, on passe à celui de Créteil (94), dans le style « moderne » des années 1970…

Un palais de justice qui sera ultra quadrillé par la police, aussi bien à l’intérieur du tribunal qu’à l’extérieur, avec le renfort de la gendarmerie mobile et des CRS, et cela jusqu’à la fin du procès Halimi le 17 décembre.

Maintenant que l’ambiance est posée, venons-en aux faits.

1. Le procès s’est ouvert hier à 10h, avec les formalités d’usage. Puis dans l’après-midi, il a été débattu de la tenue du huis clos – sans illusions de la part de la famille Halimi et de la fiancée d’Ilan. En définitive, c’est effectivement le huis clos qui a été retenu, comme tout le monde pouvait malheureusement s’y attendre.

Au-delà de l’aspect purement juridique ou « technique », il faut bien voir que la publicité des débats aurait imposé une pression démocratique sur la cour, une pression à laquelle la justice bourgeoise veut se soustraire tant que possible, comme Hapoel avait expliqué il y a un mois.

L’avocat de Mony Yin, la fiancée d’Ilan, a ainsi déclaré de manière très juste : « II ne faut pas qu’Ilan Halimi soit mort pour rien, il faut que le peuple exerce un contrôle démocratique sur la décision à venir. »

« II ne faut pas qu’Ilan soit mort pour rien » : c’est aussi dans cet état d’esprit que Mony aborde ce procès, presque 5 ans après l’enlèvement d’Ilan. Voici une interview émouvante diffusé à la radio :

2. Youssouf Fofana pourrait encore faire des siennes. Rappelons qu’au départ, il devait faire appel, puis s’était rétracté en février dernier. Seulement Fofana regrette, et aimerait pouvoir faire appel, ce qui n’est de fait pas possible juridiquement.

Toujours est-il que Youssouf Fofana sera cité comme témoin, puisque c’est bien lui qui est au centre du « Gang des barbares ». Il devrait être appelé à témoigner à partir de la semaine prochain, le 2 novembre, et probablement pendant tout le mois de novembre.

C’est malheureux, mais une grande partie du procès dépendra encore une fois de l’attitude de Fofana. Voudra-t-il sortir de sa cellule pour témoigner ? Si oui, s’adonnera-t-il aux mêmes provocations antisémites qu’au premier procès ? Servira-t-il à nouveau de « fusible » pour tous les autres accusés, empêchant ainsi de connaître la vérité ?

Impossible de savoir… Mais ce qui est certain, en revanche, c’est que Youssouf Fofana n’a pas agi seul, et qu’il est trop facile d’éluder la responsabilité des 18 accuséEs dans l’assassinat d’Ilan.

3. Le procès Halimi ne doit pas devenir une tribune pour avocats en quête de publicité, ni un laboratoire pour l’antisémitisme !

Hapoel avait parlé vendredi de la démarche des avocats de certains accusés de citer comme témoin Michèle Alliot-Marie, pour l’interroger soi-disant sur les raisons qui l’ont poussée à faire appel.

Finalement MAM a bien été citée comme témoin, et celle-ci a expliqué dans une lettre à la cour d’assises de Créteil qu’elle était prête à s’expliquer devant la cour, mais qu’elle ne pouvait apporter aucun élément sur les faits eux-mêmes.

Quoi qu’il en soit, il faut savoir qui est derrière cette manœuvre. Il y a bien entendu l’avocate Françoise Cotta, dont nous avons déjà parlé. Mais en première ligne, il y a également l’avocat William Bourdon qui ce lundi a dénoncé avec Françoise Cotta « une intrusion violente du politique ».

William Bourdon, donc, qui est engagé dans les grandes causes internationales, qui roule pour Europe Écologie, et qui est aussi… l’avocat quasi officiel des intérêts lybiens en France ! Mais avouons que cela a moins de « panache » que la défense de Youssouf Fofana, qui avait compté parmi ses défenseurs Isabelle Coutant-Peyre (avocate de Garaudy, avocate et épouse de Carlos, soutien de Dieudonné) ou encore Emmanuel Ludot (avocat de Saddam Hussein)…

Pour terminer, affirmons simplement notre solidarité avec la famille Halimi, avec ses parents Ruth et Didier, avec ses sœurs, avec sa fiancé, avec tous ses proches. Espérons que ce procès permettra de connaître la vérité, toute la vérité, et qu’il puisse conclure un deuil bien trop long.

Tout au long du procès, Hapoel relaiera les actualités importantes et les appels à mobilisation, s’il y en a.

Justice pour Ilan ! Il ne faut pas qu’Ilan soit mort pour rien !

Procès Halimi : les manœuvres antisémites commencent

Comme Hapoel le rappelle régulièrement depuis deux mois – et nous avons été les seuls à le faire -, ce lundi s’ouvre à Créteil le procès en appel des assassins d’Ilan Halimi, ou plus précisément des « complices » de Youssouf Fofana.

Puisque deux des « complices » étaient mineures quand Ilan a été enlevé, séquestré, torturé et liquidé, et puisque ces deux personnes n’ont pas jugé utile de permettre au procès en appel de se tenir publiquement, celui-ce se tiendra encore une fois à huis clos.

Quand on parle de « huis clos », entendons-nous bien : ce seront uniquement les audiences qui ne seront pas publiques, car pour le reste, il y en a qui ne se gêneront pas pour se faire mousser dans la presse tout en profitant du grand flou entretenu autour du procès…

Ainsi, dans les colonnes de Libération et du Nouvel Observateur, l’avocate Françoise Cotta a donné le coup d’envoi il y a une semaine pour les grandes manœuvres antisémites.

Qui est cette Françoise Cotta ? C’est l’avocate de Gilles Serrurier, le gardien d’immeuble de Bagneux qui a fourni – en connaissance de cause – les clefs de l’appartement puis du local technique où Ilan a été séquestré. Par ailleurs, elle représente également en ce moment des associations de défense des Rroms.

Toujours est-il que, dans la presse, Françoise Cotta a affirmé son intention de citer comme témoin Michèle Alliot-Marie, la garde des Sceaux, qui avait décidé de faire appel du verdict prononcé en juillet 2009. Françoise Cotta ajoute que la plupart des avocats de la défense lui emboîteront le pas.

Alliot-Marie comme témoin à ce procès ? Quel rapport ? Certes la police a été en-dessous de tout et, à la fin, elle a carrément abandonné Ilan à son sort… Mais dans ce cas, il faudrait citer comme témoin le ministre de l’Intérieur de l’époque… Nicolas Sarkozy.

Mais non, c’est bien MAM que la défense veut faire interroger au procès en appel. Pourquoi donc ?

Françoise Cotta l’explique : « Trois jours après le délibéré et alors qu’elle venait d’être nommée garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie demandait au parquet de faire appel du jugement. Cet appel a donc clairement été effectué sous la pression d’une partie civile. [...] Je veux donc que Michèle Alliot-Marie explique ses motivations pour réclamer cet appel. »

Poutant, on a beau le retourner dans tous les sens, mais il est difficile de voir en quoi une explication de MAM pourrait bien faire avancer quoi que ce soit pour comprendre le calvaire d’Ilan.

L’initiative de Françoise Cotta est donc purement tactique. Non seulement elle lance une contre-offensive absolument indécente pour déplacer le « centre de gravité » du procès et faire oublier que c’est d’un assassinat raciste qu’il s’agit.

Mais en plus, et c’est impossible de l’expliquer autrement, Françoise Cotta espère apparemment lancer une « mobilisation » pseudo-démocratique afin de faire pression sur le procès… et cela alors qu’elle soutient le huis clos, qui est par nature anti-démocratique au possible !

Alors dans cette tentative de mobilisation et de pression, quelle est l’arme de la défense ? Très clairement : l’antisémitisme, avec tout ce qu’il a en France de subtil et d’hypocrite.

Ainsi Françoise Cotta parle-t-elle sans cesse de « groupes de pression », elle explique que « cet appel a été fait à l’exigence expresse d’un groupe de pression », etc. Une thèse ridicule partagée par tous les antisémites… mais aussi chez l’UJFP.

La réalité est plus « prosaïque » : comme l’avait expliqué Hapoel, l’appel a été fait pour renforcer les positions du Crif au sein de la communauté, alors que celui-ci avait cassé toutes les mobilisations populaires pendant le procès en 2009.

Le raciste Hortefeux, du clan Sarkozy, appuie bien l’UPJF (Union des Patrons et Professionnels Juifs de France)… alors qu’est-ce qui empêche Alliot-Marie, à la charnière des clans Sarkozy et De Villepin, de préférer plutôt le Crif historique ? Les institutions juives sont au service de telle ou telle fraction des classes dominantes, c’est la règle du jeu et voilà tout.

D’ailleurs dans la logique de Françoise Cotta, l’avocat de la famille Halimi, Francis Szpiner, est-il un « groupe de pression » à lui tout seul ? Évidemment non. Alors où veut-elle en venir ?

Ce n’est pas très difficile à deviner : l’antisémitisme traditionnel français fonctionne par insinuations, et il fonctionne tellement bien que Françoise Cotta n’est même pas obligée de le formuler explicitement. Ce qui compte, ce n’est pas ce qu’elle dit mais ce qui est compris – et Cotta le sait très bien, elle est avocate.

Voilà pourquoi elle joue très finement sur la culture profondément enracinée de l’antisémitisme hypocrite : il suffit de parler de « groupes de pression », et tout le monde comprend le message.

Seulement tout devient limpide, incontestable, quand l’avocate déclare : « Il s’agit d’une décision idéologique et d’opportunité prise sous l’influence de groupes de pression. Si à chaque fois par exemple que le Consistoire, les autorités musulmanes ou l’extrême droite font pression pour dicter la loi à la place du peuple français, la justice ne sera plus laïque ni indépendante. »

Il n’y a pas à dire, en France l’antisémitisme est très fin, très subtil, au point d’ailleurs d’utiliser le même ressort que la fameuse blague avec « les juifs et les coiffeurs »…

Seulement les procédés rhétoriques de Cotta ne trompent personne. Tout le monde a parfaitement compris où elle veut en venir, et pourquoi elle en arrive à renvoyer dos-à-dos le Consistoire (même pas le Crif) et… l’extrême-droite !

Françoise Cotta joue un jeu très dangereux, elle le sait, et elle sait même que les chances pour que Michèle Alliot-Marie s’exprime au procès sont infimes.

Le but de sa manœuvre est donc ailleurs, et en vérité ce but est très clair : assimiler la minorité nationale juive aux « puissants » et au « pouvoir », mobiliser dans l’antisémitisme pseudo-anticapitaliste au moment même où le gouvernement est particulièrement haï.

C’est-à-dire en fait que l’avocate met en avant la même culture que celle qui a mené à l’enlèvement d’Ilan en tant que juif, et à sa liquidation en tant que juif.

Personne ne sait comment cela se terminera, mais Françoise Cotta a consciemment ouvert la boîte de Pandore, tant l’antisémitisme « social » français fonctionne sur le mode de l’emballement.

Les grandes manœuvres antisémites autour du procès pour Ilan Halimi commencent donc, et il faut bien saisir leur portée beaucoup plus large.

En effet, quand Hapoel affirme que la campagne des présidentielles de 2012 sera une immense course à l’antisémitisme, bien au-delà de l’extrême-droite, c’est exactement à ce genre de manœuvres qu’il faut penser.

L’antisémitisme se généralise, il se généralisera encore davantage avec l’approfondissement de la crise, et il faut voir que le populisme va en profiter dans des proportions inimaginables.

Pour la campagne de 2012, l’un des grands thèmes sera donc très certainement « la France bradée au parti de l’étranger », et les figures de Sarkozy et de Strauss-Kahn seront violemment attaquées, dans un style populiste répugnant dépassant largement l’extrême-droite à la Dieudonné.

De l’extrême-droite « sociale » de Marine Le Pen à la social-démocratie « radicale » de Mélenchon, en passant par le néo-gaulliste De Villepin et la néo-socialiste Royal, tout le monde tentera de rafler la mise du nationalisme et de l’inévitable antisémitisme qui va avec.

Françoise Cotta s’imagine donc très « rebelle », mais elle est exactement dans le sens du vent et dans l’esprit de notre époque. Des sorties comme la sienne à propos du procès Halimi, il va falloir s’y attendre dans la période qui s’ouvre – en bien pire et bien plus massif.

Voici donc ce qui risque de se produire durant les deux prochains mois : sous l’impulsion des avocats de la défense qui roulent pour la gauche « radicale » populiste, le procès en appel pour Ilan Halimi pourrait bien se transformer en véritable laboratoire de l’antisémitisme français soi-disant « anti-système »… tout cela dans l’optique de 2012.

Espérons de tout cœur qu’Hapoel se trompe. Car sinon, pour les parents et les sœurs d’Ilan, pour Stéphanie sa fiancée, ces deux mois en quête de justice deviendraient deux mois insoutenables, où les 24 jours de calvaire d’Ilan seraient étouffés dans les manipulations antisémites les plus perverses.

Les juifs n’oublient pas, les juives n’oublient pas !
Jusqu’au bout, défendre la mémoire d’Ilan !
Les antisémites paieront ! Justice pour Ilan !

Lundi prochain à Créteil, le procès en appel de la barbarie et de l’indifférence

On peut arracher un arbre, mais on ne peut pas
arrêter la marche du printemps ! Justice pour Ilan !

Hier Sébastien Sellam et Ilan Halimi, aujourd’hui David Bensamon…

Rappelons que, comme aujourd’hui pour le meurtre en prison de David Bensamon, l’assassin antisémite de Sébastien Sellam avait joué sur le registre de la démence et de la schizophrénie… et avait fini par être jugé pénalement irresponsable en janvier 2010 (1234).

Avec tout notre cœur, tout notre désir de justice, toute notre aspiration à la dignité, souhaitons que la famille de David n’ait pas à revivre le même calvaire que la famille de Lam.C.

Rappelons également que le procès en appel des assassins d’Ilan Halimi s’ouvrira dans deux semaines à Créteil : Quelques questions et quelques pistes autour du procès en appel pour Ilan Halimi.

Justice pour Lam.C, Ilan et David !
Les juifs n’oublient pas ! Le peuple n’oublie pas !

Enlèvement d’un juif à Paris pendant 48 heures

Alors que le procès en appel pour Ilan Halimi commence dans moins d’un mois, un « fait divers » sordide a ranimé des souvenirs douloureux.

C’est la radio RTL qui a révélé ce fait divers ce matin : un jeune juif a été enlevé mardi soir, alors qu’il rentrait chez lui après le travail. Puis il a été séquestré dans un coffre de voiture pendant 48 heures. Ce n’est qu’hier soir que Jérémy, 28 ans, a pu être libéré par la police.

En effet, les ravisseurs avaient demandé une rançon d’un million d’euros à la famille de Jérémy. À partir de d’interceptions téléphoniques, de surveillances et de filatures, la police a pu retrouver la voiture dans laquelle était enfermé Jérémy.

Certains des kidnappeurs ont été arrêtés alors qu’ils roulaient dans le 9ème arrondissement à Paris, avec Jérémy dans le coffre. Deux autres complices ont été interpelés tôt ce matin, mais le commanditaire est toujours recherché.

Retrouvé en état de choc, Jérémy a été conduit à l’hôpital hier soir, après 48 heures de frayeur pour sa famille.

Un jeune juif enlevé ? Séquestré ? Avec une demande de rançon ?

Aucune personne juive en France ne peut oublier le sort d’Ilan Halimi, notre frère, notre fils… d’autant plus que Jérémy aurait travaillé dans le même magasin de téléphonie qu’Ilan, boulevard Voltaire.

Aucune personne juive… à part peut-être cette poignée de voyous maffieux qui a orchestré cet enlèvement.

Il semblerait en effet que le commanditaire de l’enlèvement soit lui-même d’origine juive, et qu’il aurait ciblé Jérémy parce que son frère aurait contracté une dette auprès de lui. Une dette qui, d’après ces voyous, justifie d’enlever quelqu’un qui n’a rien à voir avec l’affaire.

Rappelons qu’il y a à peine plus de deux semaines, le 14 septembre, c’était un commerçant juif qui avait été abattu par deux hommes à moto, Porte Maillot dans le 17ème arrondissement.

Deux règlement de compte en deux semaines, en pleine période des fêtes de début d’année… voilà qui est une véritable honte, et il faut que cela soit dit clairement.

L’antisémitisme est de plus en plus palpable au quotidien, les agressions deviennent de plus en plus fréquentes et de plus en plus violentes, la campagne électorale pour les présidentielles de 2012 va être une immense course à l’antisémitisme…

Et pendant ce temps, il y a des petits maffieux égoïstes qui rêvent de devenir de gros maffieux.

Pendant ce temps, il y a des voyous sans aucune mémoire qui ont « oublié » le sort d’Ilan au point d’imiter le gang de Fofana.

Pendant ce temps, il y a des voyous sans aucune morale qui ne trouvent rien de mieux que de faire pleurer nos mères.

Les masses populaires juives savent ce que c’est, les « affaires ». Presque chaque jeune homme juif a un frère, un cousin, un ami qui baigne ou a baigné – même peu, même de loin – dans de telles activités, quand ce n’est pas lui-même.

Seulement cette situation n’est plus supportable pour la moitié des masses populaires juives : les femmes juives sont systématiquement réduites au silence par l’isolement, les rapports de dépendance, la brutalité.

Face au racisme qui touche l’ensemble du peuple, face à l’antisémitisme qui touche en premier lieu les masses populaires juives, il faut que cessent les guerres fratricides.

Les temps vont être durs, très durs, bien plus durs qu’aujourd’hui, et il n’y a plus de place pour l’égoïsme et la brutalité au sein du peuple. Il va falloir du sérieux et de la discipline, il va falloir de l’unité et de la détermination.

Tout le reste n’est qu’illusions de petits voyous qui s’imaginent grands capitalistes.

Quelques questions et quelques pistes autour du procès en appel pour Ilan Halimi

Voilà, c’est dans un mois qu’aura lieu le procès en appel des assassins d’Ilan Halimi. En effet ce procès s’étalera du 25 octobre au 17 décembre, à Créteil, devant la cour d’assises des mineurs du Val-de-Marne (94).

Rappelons rapidement le contexte : le 10 juillet 2009 se terminait le procès des assassins d’Ilan. Youssouf Fofana avait été condamné à perpétuité ; quant au reste du verdict, il avait été globalement inférieur aux peines requises.

Un appel du ministère de la « justice » a donc été effectué, pour des raisons qui ont été analysées à l’époque dans quelques documents d’Hapoel : « Que se cache-t-il derrière l’appel au procès Ilan Halimi ? », « Enfin l’UJFP évoque Ilan ».

Le procès en appel aura donc lieu dans un mois. Sur les 27 personnes accusées, 19 passeront en appel. Fofana lui-même avait fait appel, puis s’était rétracté en février, une semaine avant le 4ème anniversaire de la mort d’Ilan.

Parmi ces 19, on retrouve des complices qui étaient mineures quand Ilan a été assassiné, ce qui avait justifié le huis-clos du premier procès.

La première question qui se pose inévitablement est : l’appel se déroulera-t-il cette fois-ci de manière publique ? C’est une première revendication qu’il faut avoir, mais qui ne se suffit néanmoins pas à elle-même.

En effet la cour d’assises des mineurs de Créteil n’est pas un tribunal du peuple, où c’est le peuple qui mène l’enquête, pose ses propres questions, oriente le débat selon sa propre conception du monde, etc.

La cour d’assises de Créteil est un tribunal établi par les classes dominantes, et même si le procès est public, tout ce qui en pourrait en sortir serait conforme au mode de fonctionnement, aux préjugés, au déni de démocratie des classes dominantes.

Rappelons simplement ici les mots justes et dignes de Ruth Halimi :

« Si jamais le débat est public, la France et les Français sauront ce qui est arrivé à un jeune qui a été enlevé, séquestré, torturé et tué parce qu’il était juif et que l’antisémitisme est là et qu’il ne faut absolument pas ignorer ce fait… c’est très dangereux parce qu’aujourd’hui c’est l’antisémitisme, demain c’est le racisme total à l’égard des autres, il faut absolument être vigilant là-dessus. »

La deuxième question qui se pose est : du point de vue d’une justice du peuple, que méritent les complices de Fofana ?

Car concernant Youssouf Fofana, la revendication qui est ressortie depuis 2006 au sein des masses populaires juives est très simple : c’est la peine capitale.

Il ne s’agit pas là d’une surenchère répressive comme elle existe chez les sionistes pour apparaître très « radicaux » et pour mobiliser dans le racisme, alors qu’ils ne font que soutenir l’état des choses tel qu’il existe actuellement.

Non, c’est une question de justice du peuple, dans un système où le peuple aurait le pouvoir, et où il serait confronté à des ennemis, à des tentatives de division, à des survivances barbares, etc. C’est la question d’un système où la division raciste du peuple serait un chef d’accusation inscrit en noir sur blanc dans le code pénal.

Dans un système où c’est le peuple qui applique sa justice, un individu qui enlève un juif spécifiquement parce qu’il est juif, puis le torture pendant trois semaines, et le liquide en brûlant son corps près d’une voie de chemin de fer (quels symboles insupportables !), un tel individu a un caractère de génocidaire et doit être réprimé comme tel.

Le cas particulier de Fofana est donc très simple, de même que celui des barbares qui ont massacré William Modolo (12) trois mois seulement après l’assassinat d’Ilan Halimi.

Sauf que voilà, Fofana n’est justement pas partie prenante de ce procès en appel, et il ne reste plus que des « complices ». Et ce qui est plus « complexe », c’est précisément le cas de ces complices.

Ce n’est pas une question qui peut se résoudre par « décret », c’est une question de justice dont le peuple doit s’emparer, et dont il s’emparera.

Car justement, ce qui est le plus affreux et le plus sordide, c’est qu’il y avait une trentaine de personnes qui ont été impliquées d’une manière ou d’une autre dans l’assassinat d’Ilan, et qu’aucune n’a rien dit, aucune n’a voulu sauver Ilan.

Parmi ces « complices », il y avait des gens qui savaient qu’Ilan était juif mais qui n’ont rien dit, il y avait des antisémites comme ce geôlier qui a torturé et humilié Ilan car il était juif et qui n’a pris que 15 ans de prison, il y avait une personne qui possédait de la propagande nazie, etc.

En définitive, ce sont aussi le silence, la lâcheté et l’indifférence qui ont tué Ilan. La barbarie ne va pas sans la dissimulation, le génocide ne va pas sans l’anéantissement des corps.

Bien entendu il y a une vérité fondamentale que la « justice » française est incapable de comprendre, voire seulement d’imaginer : le peuple ne balance pas aux flics.

Seulement, dans la justice du peuple, comment doivent être jugées des personnes qui savaient mais qui n’ont pas protesté ? Comment juger des personnes qui abandonnent toute morale prolétarienne par indifférence, par lâcheté ou, pire, pour de l’argent ?

Comment doivent être jugées des personnes indifférentes aux tentatives de division raciste du peuple ? Ou bien, pour les personnes qui étaient au courant mais qui pensaient à un énième réglemement de comptes, comme juger la lâcheté face aux guerres fratricides qui ravagent une partie de la jeunesse populaire ?

Hapoel ne prétend pas avoir de réponse, car Hapoel n’a pas l’intention de donner dans le populisme et la démagogie. Il s’agit là de la question profonde de savoir quelle justice le peuple doit mettre en œuvre quand il prendra le pouvoir, car demain se construit aujourd’hui.

Hapoel prétend simplement rappeler un principe sacré, un principe qui doit animer toute personne qui place l’amour du peuple au-dessus de toute autre valeur :

Oui, le peuple a un droit de regard sur ce qui se passe dans ses quartiers ! Oui, le peuple a le droit de se mêler de ce qui, d’après la morale individualiste, ne le « regarde pas » !

Car si ce n’est pas le peuple qui veille sur les siens et les siennes, si ce n’est pas le peuple qui applique sa justice d’après la morale prolétarienne, alors ce sera la police, la justice et les prisons de l’État français qui enfermeront et assassineront des fils et des filles du peuple !

Or justement, parmi ceux qu’il faut désigner comme complices de l’assassinat d’Ilan, il y a également la police française, qui dans la gestion de l’enlèvement n’a rien pris au sérieux, malgré les photos terribles qui parvenaient à la famille Halimi.

Une police française complice de la barbarie, en préférant finalement abandonner Ilan, notre frère, notre fils.

Aujourd’hui plus que jamais, justice pour Ilan !

Dans deux mois, le procès en appel des assassins d’Ilan

Le 10 juillet 2009 se terminait le procès des assassins d’Ilan Halimi. Youssouf Fofana avait été condamné à perpétuité ; quant au reste du verdict, il avait été globalement inférieur aux peines requises.

Un appel du ministère de la « justice » a donc été effectué, dont les raisons sont expliquées dans quelques documents d’Hapoel : « Que se cache-t-il derrière l’appel au procès Ilan Halimi ? », « Enfin l’UJFP évoque Ilan ».

Le procès en appel aura donc lieu dans deux mois, du 25 octobre au 17 décembre, à Créteil, devant la cour d’assises des mineurs du Val-de-Marne (94).

Sur les 27 personnes accusées, 19 passeront en appel. Fofana lui-même a fait appel, puis s’est rétracté une semaine avant le 4ème anniversaire de la mort d’Ilan.

Parmi ces 19, on retrouve des complices qui étaient mineures quand Ilan a été assassiné, ce qui avait justifié le huis-clos du premier procès.

La question se repose donc inévitablement : l’appel se déroulera-t-il de manière publique ?

Justice pour Ilan ! L’oubli est une deuxième mort !

On peut arracher un ARBRE…

… mais on ne peut arrêter
la marche du printemps !

Demain, cela fera 4 ans qu’Ilan Halimi z"l nous aura quittés.

C’est en effet le 13 février 2006 au matin, après 24 jours de tortures, qu’Ilan a été retrouvé agonisant au bord d’une route de l’Essonne, totalement rasé, nu en plein hiver, et brûlé sur la moitié du corps.

Ilan avait 23 ans, était vendeur de portables boulevard Voltaire à Paris, vivait avec sa fiancée (voir son interview, bouleversante), et était d’origine marocaine juive.

Que l’affaire soit claire : Ilan a été enlevé parce qu’il était juif, torturé parce qu’il était juif, assassiné parce qu’il était juif.

Que chacun de nos actes soit digne de la mémoire d’Ilan, un fils du peuple victime de la barbarie.

Quant au procès en appel du « gang des barbares », on a appris cette semaine que Youssouf Fofana se rétractait de la procédure d’appel.

De plus, un lieu public sera nommé d’après le nom d’Ilan dans le 12ème arrondissement, là où il a grandi et vécu avec sa mère Ruth et ses sœurs.

Les autres actualités récentes du procès en appel sont par là.

Honneur à la famille Halimi ! JUSTICE POUR ILAN !!!

Procès en appel des assassins d’Ilan

Rappelons rapidement les « épisodes » précédents :

- Le 10 juillet 2009, le verdict du premier procès des assassins d’Ilan est tombé, avec des peines un peu plus légères que des réquisitions déjà pas très lourdes.

- Le 13 juillet, le ministère de la justice a fait appel contre les personnes condamnées pour moins que les réquisitions, pour des raisons alors analysées par Hapoel.

- Le 17 juillet, Youssouf Fofana s’est décidé à faire appel de sa peine maximale, c’est-à-dire 22 ans ferme.

- En septembre, on a appris que le procès en appel se tiendrait devant la cour d’assises des mineurs de Créteil, dans le Val-de-Marne.

Ce qui est nouveau, c’est que l’on connaît depuis quelques jours les dates du procès en appel : celui-ci se tiendra du 25 octobre au 17 décembre 2010.

Au total, ce seront 20 personnes – sur 27 au premier procès – qui seront rejugées, parmi lesquelles Fofana.

Le problème, c’est que ce procès se tiendra encore devant une cour pour mineurs, ce qui reposera les mêmes problèmes de publicité des débats…

Espérons, aux côtés de la famille Halimi, que le huis-clos soit levé, et que la justice soit enfin rendue.

« Parce qu’aujourd’hui c’est l’antisémitisme, demain c’est le racisme total à l’égard des autres, il faut absolument être vigilant là-dessus. » (Ruth Halimi)

Espérons aussi que la jeunesse juive de Créteil sera présente en force, et que les antifascistes sauront se mobiliser pour honorer un fils du peuple.

JUSTICE POUR ILAN !!!

Justice pour Ilan & Lam.C, deux fils du peuple !

La justice de classe et les « affaires » antisémites

Un hasard du calendrier fait que deux procès s’ouvrent presque en même temps – deux procès d’assassins antisémites…

1) Souvenez-vous de John Demjanjuk. Nous en avions déjà parlé vers avril-mai.

Ivan « John » Demjanjuk est un homme de 89 ans, d’origine ukrainienne, et qui a sans doute servi de gardien au camp d’extermination de Sobibor pendant la Shoah.

Il était alors connu par les déportéEs comme « Ivan le Terrible », et aurait participé à la liquidation de près de 28000 personnes juives à Sobibor.

En mai dernier, après une longue bataille de procédures, Demjanjuk avait été extradé des États-Unis (où il avait trouvé un paisible refuge après la guerre) vers l’Allemagne (où il devait être jugé).

Et justement, c’est aujourd’hui que s’ouvre le procès Demjanjuk, à Munich en Allemagne. Il encourt la prison à perpétuité.

Mais vu son âge (que de nombreuses personnes auraient rêvé d’atteindre, à Sobibor…), espérons simplement que le procès ira à son terme, et que cette page de la Shoah sera éclaircie.

Justice pour Sobibor !

2) La deuxième affaire, elle, n’a strictement rien à voir avoir la première : ni l’époque, ni l’ampleur.

En fait, il ne s’agit pas à proprement parler d’un procès, mais d’une audience qui déterminera si un procès aura lieu ou pas.

En effet, comme annoncé il y a deux semaines, une audience aura lieu ce mercredi pour déterminer si, oui ou non, l’assassin antisémite de Sébastien Sellam (a.k.a. DJ Lam-C) était réellement irresponsable.

C’est donc ce mercredi que se jouera la question de savoir si, oui ou non, il y aura un procès de l’assassinat de Sébastien, après 6 ans de procédures.

Justice pour Lam-C !

Ces deux affaires n’ont quasiment rien à voir entre elles, certes, mais elles nous permettent de préciser notre position face aux procès de la justice « officielle » dans les affaires antisémites.

Pour toute personne issue du peuple, il y a un fait évident et incontestable : l’appareil judiciaire de l’État français sert à défendre la propriété capitaliste.

C’est-à-dire que « la justice » est une justice de classe, une justice bourgeoise.

Pas un seul jour ne passe sans ses procédures judiciaires interminables et incompréhensibles, sans ses multiples injustices de la justice de classe, sans les condamnations de fils et de filles du peuple – que ce soit dans les faits divers, dans notre entourage, ou pour nous-mêmes.

Hapoel est un groupe révolutionnaire qui se place du point de vue de la classe ouvrière, et qui veut donc faire sauter l’État capitaliste, sa justice et sa police.

Mais il faut en être conscientE : pour l’instant, il s’agit aussi pour la fraction dominante de la bourgeoisie de défendre la « paix sociale » – qui n’est qu’un masque de sa guerre quotidienne contre le peuple.

Par conséquent, l’État bourgeois dans sa forme actuelle fait parfois primer cette « paix sociale », et enterre des « affaires » de crimes racistes.

Et donc certains procès de la justice bourgeoise ne sont arrachés que grâce à la pression antiraciste des masses populaires.

Cela peut être flagrant, comme pour l’assassinat de Sébastien Sellam (et ses 6 ans de procédures) ou celui d’Ilan Halimi (et l’appel qui a été fait du verdict).

Et en ce sens, il convient de saluer l’existence même de ces procès, qui ne tiennent qu’à la pression des masses populaires juives, aux formes d’organisation qui peuvent y exister… et à ce que les services de renseignement de l’État savent de leur potentiel d’organisation.

Car on le voit très bien, quand on sait le traitement qu’a subi la mère de Sébastien Sellam depuis 6 ans : Ilan et Lam-C étaient deux fils du peuple, et cela n’aurait pas beaucoup ému la bourgeoisie si leur mémoire avait été oubliée.

Or nous considérons qu’Hapoel doit rendre des comptes aux masses populaires juives, pas à la bourgeoisie ou à la petite-bourgeoisie, car « le peuple seul est le créateur de l’histoire universelle ».

Voilà pourquoi nous honorons la mémoire des fils et des filles du peuple, pourquoi nous soutenons les mobilisations pour leur rendre justice (alors que nous connaissons d’expérience le racisme et les illusions pro-bourgeoises voire pro-fascistes que l’on peut y rencontrer), et pourquoi nous comprenons les revendications populaires, allant de la publicité des débats jusqu’à la peine de mort.

Ensuite, d’un point de vue révolutionnaire, il est évident qu’Hapoel est à la fois pour l’unité antiraciste du peuple, et pour l’autodéfense juive antifasciste, comme nous n’avons jamais cessé de l’expliquer.

D’une part pour prévenir les crimes racistes qui constituent une brutalité autodestructrice au sein du peuple – pendant que l’État et les fascistes comptent les points.

D’autre part pour appliquer la justice populaire contre les antisémites – et là, pas besoin de faire un dessin…

Cette justice populaire n’a strictement rien à voir avec la justice bourgeoise : elle ne vise pas les ennemis des capitalistes, mais les ennemis du peuple ; et elle n’en a rien à faire de la « paix sociale », car elle est au service de la révolution.

Cette justice est populaire car elle sert le peuple, et est appliquée par le peuple lui-même. Et comme le rappelle Staline, elle comprend la peine capitale.

Voilà plus ou moins la position d’Hapoel face aux procès de crimes racistes – mais aussi de crimes sexistes.

C’est tout cela qui a pu expliquer notre solidarité envers la famille Halimi, notre présence aux rassemblements en mémoire d’Ilan, et notre attitude face au procès Fofana.

Avec le recul, nous aurions peut-être dû préciser cette question politique de manière explicite, et cela depuis longtemps. Mais aujourd’hui, chacunE peut juger nos documents et nos pratiques autour du procès Halimi sur la base des critères que nous développons ici.

Nous remettons ainsi dans la suite quelques uns de ces documents, qu’il faut relire aujourd’hui à la lumière de notre position explicite, car ils ont une valeur générale qui dépasse le procès de l’assassinat d’Ilan, et qui concerne donc aussi l’assassinat de Sébastien Sellam.

Justice pour Ilan ! Justice pour Lam-C !
Justice populaire contre les antisémites !

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Le temps n’efface rien…

Enfin l’UJFP évoque notre frère Ilan z"l…

… pour se joindre à la petite-bourgeoisie « de gauche », « outrée » par la procédure d’appel au procès Fofana !

Pour rappel, la ministre de la « justice » avait fait appel, lundi 13 juillet après le verdict de l’affaire Ilan Halimi, demandant à ce que soient rejugées les personnes qui avaient écopé de moins que le réquisitoire. Dans la foulée, Youssouf Fofana avait également fait appel de sa condamnation à la peine maximale.

Une semaine plus tard, le 21 juillet, l’Union « Juive » Française pour la Paix (UJFP) émet un communiqué, « Affaire Halimi : crime et instrumentalisation » (reproduit suite à cet article).

Enfin ! Enfin l’UJFP évoque « l’affaire Halimi » ! Car depuis plus de trois ans, jamais un mot pour notre frère Ilan, jamais un mot pour la famille Halimi, jamais un mot sur les préjugés assassins, bref jamais un mot pour les masses juives de France.

Mais venons-en au contenu de ce communiqué…

Au sujet de cette procédure d’appel au procès Fofana, deux écoles s’affontent au sein de la gauche.

L’école rationnelle d’une part, qui explique que l’État français fait semblant de céder au Crif, qui est lui-même un organisme généré par l’État, afin de réimpulser une légitimité à un moment où les illusions « républicaines » sont prêtes à voler en éclats. Cette position va naturellement de pair avec l’absence d’illusions sur la « justice » française pour combattre l’antisémitisme, et est défendue notamment par Hapoel et par Memorial 98.

Et l’école délirante d’autre part, pour laquelle le Crif serait un lobby communautariste, extérieur aux structures de l’État français, et qui ferait pression pour imposer sa loi. C’est à cette école qu’appartiennent tous les antisémites, aussi bien nazis que « de gauche »… mais aussi de façon surprenante l’UJFP !

C’est en tout cas ce que cette « voix juive laïque » explique dans son bref communiqué, après quelques mots de circonstance pour la famille Halimi, bien vite oubliée… Pour elle, « le CRIF et d’autres associations juives confondant justice et vengeance » ont exercé des « pressions communautaristes » sur la ministre de la justice ; « elle s’est exécutée ».

Ces explications sont totalement hallucinantes, et montrent à quel point l’UJFP est intégrée dans la gauche française petite-bourgeoise soi-disant radicale pour laquelle le « lobby juif » – sous ce nom ou sous un autre – tient lieu de vision du monde…

En réalité, les deux écoles qui s’affrontent sur cette affaire se distinguent sur une question essentielle : à qui devons-nous rendre des comptes ?

Pour Hapoel, nous avons des comptes à rendre au peuple en général, aux masses populaires juives en particulier, et ces masses populaires réclament à juste titre la justice et l’intransigeance avec l’antisémitisme.

En revanche, pour l’UJFP, on dirait qu’il s’agit de se justifier en permanence auprès de la « gauche » petite-bourgeoise naturellement infestée de conspirationnisme et d’antisémitisme, en se focalisant sur le Crif mais pour de mauvaises raisons.

Le peuple exige la libération, les minorités nationales exigent de briser le racisme, et les masses populaires juives exigent la justice pour Ilan !

Et que répond l’UJFP à ces exigences populaires ?

Elle met en avant les syndicats de magistrats, qui défendent leurs petits privilèges au sein de la justice bourgeoise. Elle vante les « valeurs de la République qui devraient s’opposer au communautarisme », qui sont des valeurs bourgeoises ne faisant plus illusion pour personne. Et elle appelle à ne pas « confondre justice et vengeance », alors que la justice populaire c’est œil pour œil et coup pour coup !

Ainsi, l’UJFP propose aux personnes juives de se nier au profit d’une bouillie « de gauche » complice de l’antisémitisme, au lieu de se nier au profit du sionisme qui soutient Sarkozy et se nourrit de l’antisémitisme. Bref, l’UJFP propose la même soumission que le Crif aux valeurs de la république bourgeoise, mais dans leur version social-démocrate !

La vérité, c’est que sans comprendre que le peuple n’existe pas aux yeux de l’UJFP, on ne peut pas non plus comprendre que celle-ci sorte un communiqué sur « l’affaire Halimi » sans un mot pour Ilan lui-même. Et pire encore, l’UJFP se permet de mêler sa mémoire à un « communautarisme ethnique et pro-israélien »… alors que notre frère Ilan n’a strictement rien à voir avec l’État sioniste d’Israel !

Voilà ce qui arrive quand on s’imagine ne pas avoir de comptes à rendre au peuple : on sert de « caution juive » à un projet totalement social-démocrate, et on termine comme complice de l’antisémitisme !

Juif progressiste ! Juive progressiste !
N’abandonne pas ton frère Ilan !
Pas de compromis avec l’antisémitisme !
Sers le peuple – rejoins l’Action Antifasciste !

[Dans la suite, nous reproduisons le communiqué de l'UJFP.]
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« Madoff paiera ! »

Suite à l’attaque de la librairie « Résistances » par des fascistes de la Ligue de Défense « Juive », cinq individus ont été interpelés, parmi lesquels quatre sont passés en comparution immédiate le vendredi 10 juillet (dans l’après-midi précédent le verdict de l’affaire Ilan Halimi). On peut lire un compte-rendu chez l’association qui gère la librairie « Résistances ».

Seulement voilà, le compte-rendu de la CAPJPO omet une information gênante, révélée dans le magazine Actualité Juive de cette semaine, et dont les sionistes n’ont pas fini de se délecter…

En effet, à l’issue de sa plaidoirie, l’avocate de la librairie a réclamé 500000 € de dommages et intérêts pour le saccage des livres et des ordinateurs. Devant l’étonnement de la défense, Nicolas Shahshahani le gérant de « Résistances » a lancé en plein procès : « Madoff paiera ! ».

Évidemment, la riposte ne s’est pas faite attendre de la part de Gilles-William Goldnadel, avocat de trois des fascistes de la LDJ, qui a immédiatement demandé que ce « dérapage » soit inscrit dans le dossier.

Car il faut bien comprendre que pour les antisémites, ce Madoff (qui, rappelons-le, a écopé de 150 ans de prison pour escroquerie) est désormais l’équivalent moderne de Rothschild. Et d’ailleurs, Rothschild n’est jamais bien loin chez Europalestine, comme on le voit dans ce communiqué datant de 2006, quelques semaines seulement après l’assassinat de notre frère Ilan (« Ilan Halimi n’était pas un citoyen dépourvu d’attaches communautaires. Sa mère travaille au FSJU, présidé par un banquier milliardaire, David de Rothschild. »).

Comme on s’en rend compte à la lecture du communiqué en question, en 2006 Europalestine parle encore d’un Dieudonné victime d’un « lynchage » par des « officines sionistes », dans un communiqué qui évoque par ailleurs le meurtre d’Ilan, avec une très lourde insistance sur la capacité de la communauté juive à réunir l’argent de la rançon… Mais il n’y a pas de hasard : quand Shahshahani s’écrie « Madoff paiera », il n’est malheureusement pas bien loin du « la communauté juive paiera » de Fofana…

Ainsi, les gérants de la librairie « Résistances » se prétendaient antisionistes, et que voit-on ?

D’une part un soi-disant « antisioniste » qui s’imagine de gauche, et pour qui le grand capitaliste américain Bernard Madoff serait derrière n’importe quel lumpenprolétaire juif happé par le fascisme.

D’autre part un avocat notoirement ultra-sioniste, et qui n’a plus qu’à s’emparer de ce véritable « cri du cœur » de Shahshahani pour se présenter à très bon compte comme combattant l’antisémitisme.

Disons-le clairement : ces prétendus « antisionistes » font directement le jeu du sionisme, et vice-versa : sionisme et antisémitisme sont deux frères jumeaux, deux faces d’une même pièce !

Juif ! Juive !
Brise le jeu des sionistes et des antisémites !
Rejoins l’Action Antifasciste !

Fofana fait appel de sa condamnation

La peine maximale ne lui suffit plus : Fofana fait appel de sa condamnation pour l’assassinat de notre frère Ilan Halimi z"l.

C’est ce que le parquet général de la cour d’appel de Paris a confirmé, ce vendredi. L’avocat de Fofana (qui n’est plus ni Coutant-Peyre, ni Ludot, tous les deux révoqués) a quant à lui expliqué que, suite à l’appel du ministère public, son client « voulait en être ».

Il y aura donc un deuxième procès Fofana, ce qui est bien sûr totalement gratuit pour lui puisqu’il a déjà écopé de la peine maximale (dans le droit français bien sûr, pas dans le droit soviétique !).

Espérons, aux côtés de la famille Halimi, que le huis-clos sera levé, et que l’on puisse ainsi comprendre comment le préjugé antisémite a mené à la torture et à l’assassinat.

« Parce qu’aujourd’hui c’est l’antisémitisme, demain c’est le racisme total à l’égard des autres, il faut absolument être vigilant là-dessus. » Ruth Halimi.

JUSTICE POUR ILAN !!!

Un article de Mémorial 98 sur Ilan Halimi

[Un article de Mémorial 98 ; l'original est par là.]

Ilan Halimi: retour sur un crime antisémite et sur les manœuvres d’après verdict

La procédure d’appel décidée par le gouvernement n’a rien à voir avec la recherche de la justice. Il s’agit d’une décision concertée avec le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) afin de renforcer le rôle de celui-ci dans la communauté juive, face à des organisations plus remuantes et radicales. La surenchère, portée notamment par l’auto proclamé Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) dirigé par S. Ghozlan, ex-commissaire de police, plaçait le CRIF dans une situation difficile ; il était accusé de tiédeur dans la mobilisation voire de compromission. Le CRIF peut maintenant se prévaloir d’une victoire politique. L’UEJF et SOS-Racisme se sont prêtées à cette mise en scène qui n’apporte rien au combat contre l’antisémitisme et contribue même à le dénaturer. La reconnaissance du caractère antisémite du crime de Fofana, soulignée par le procès et le verdict, est mise en cause par la manipulation judiciaire en cours.

L’avocat F. Szpiner, défenseur en principe de la famille Halimi, a joué un rôle particulier tout au long du procès, notamment dans les médias. C’est lui qui a prétendu vouloir mener le « procès de l’antisémitisme des banlieues ». Comme si un procès d’assises, qui plus est non-public, pouvait remplacer le combat contre le racisme et l’antisémitisme et devait de plus donner lieu à des généralisations abusives.
La manipulation est une constante chez celui qui a toujours incarné la confusion du barreau et du pouvoir. Proche de Chirac, il participe pendant les années 1995-2002 à l’activité de la cellule juridique de l’Elysée (surnommée le « cabinet noir »)autour de D. de Villepin, chargée de suivre les affaires politico-financières. Il fut aussi l’avocat de la Mosquée de Paris et de Dalil Boubakeur dans l’affaire des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo et dans laquelle Sarkozy fit parvenir un courrier de soutien au journal A l’inverse Me Cotta, avocate de la défense, reprend dans une tribune au journal Le Monde l’accusation si vague et dangereuse de communautarisme, tout en concédant l’antisémitisme de Fofana. Elle exploite la sempiternelle référence à l’affaire du RER D (fausse agression antisémite inventée par une jeune femme en juillet 2004) dont la responsabilité repose entièrement sur le gouvernement de l’époque et les médias, qui sans aucune vérification, montèrent l’affaire en épingle. Quel rapport avec Ilan Halimi ?

De manière générale, les avocats et le procureur Bilger ont joué avec les médias, se répandant en déclarations et tribunes d’autant moins vérifiables que le procès se déroulait à huis clos. Des débats télévisés ont eu lieu dès le début du procès, notamment une certaine émission de « Mots croisés » tournant à la foire d’empoigne entre les différents avocats des parties civiles et de la défense.

Il faut donc pouvoir s’extraire de l’atmosphère particulière qui a entouré ce procès au cours duquel Fofana a choisi une posture d’islamiste et de héros autoproclamé du monde arabe et a accentué jusqu’à la caricature le contenu antisémite de ses actes. Il a sans doute été conseillé dans ce sens, de même qu’il n’a pas déniché par hasard son avocat E.Ludot, proche d’Alain Madelin et ancien défenseur de Saddam Hussein (voir plus loin sur le soutien de Kémi Seba)
Au-delà de cette atmosphère délétère, le principal constat est qu’il s’agissait bien, pour les chefs de la bande, d’un crime à caractère antisémite, et donc raciste. Fofana n’a pas cherché à enlever une personne fortunée mais un Juif, presque au hasard. Il voulait exploiter la richesse supposée « des Juifs » et leur capacité et habitude de payer pour pouvoir récupérer l’un des leurs. Il a d’ailleurs fait appel à un rabbin, trouvé dans l’annuaire, pour transmettre des messages à la famille, qu’il considère comme responsable de l’échec de son affaire pour n’avoir pas payé l’énorme rançon exigée. Sarah, qui a servi d’appât, a raconté aux enquêteurs la teneur d’une discussion avec Youssouf Fofana : « D’après lui, les Juifs étaient les rois, car ils bouffaient l’argent de l’État et lui, comme il était noir, était considéré comme un esclave par l’État. » À partir de cette première déshumanisation de l’otage, il n’a pas hésité à le torturer longuement. I.Halimi été tondu, poignardé, brûlé, et abandonné mourant le long d’une voie ferrée.

Cette question de l’antisémitisme est lancinante et douloureuse, notamment pour la mère d’I.Halimi. Elle accuse les policiers de ne pas avoir tenu suffisamment compte du fait que son fils courait un danger particulier, parce que Juif. Pour elle qui entend mener un combat de principe contre l’antisémitisme, la non-publicité du procès signe une défaite et engendre une inquiétude, la poussant même à une référence abusive à la Shoah : elle déclare ainsi : «… La France aurait pris conscience qu’aujourd’hui, la Shoah recommence. L’état dans lequel Ilan a été retrouvé, ce qu’on lui a fait subir est inadmissible. Si le débat avait été public, la réalité aurait été tout autre », elle assure que jusqu’à sa mort, elle dira « …qu’aucun jeune, quelle que soit son origine, ne doit (pas) être la victime de ce genre de crime… » On peut souhaiter avec elle que tous les crimes et toutes les agressions racistes soient traitées avec sérieux et sévérité.
Séparer ou opposer la lutte contre le racisme et le combat contre l’antisémitisme est en effet injustifiable et produit des dérives
Il est ainsi utile de revenir sur la position adoptée à l’époque par certains courants qui auraient dû y participer.

En effet, une partie de la gauche radicale dont la LCR, l’UJFP et le MRAP désertèrent la manifestation de protestation du 26 Février 2006 après la mort d’I.Halimi, appelée par le CRIF, SOS-Racisme et la LICRA.
Les deux arguments avancés par ces organisations pour ne pas participer à cette initiative tenaient à « l’incertitude » sur le caractère antisémite du crime et à la présence annoncée de De Villiers. Sur ce dernier point, SOS Racisme et la Licra expulsèrent immédiatement de Villiers dès le début du cortège et il quitta les lieux alors que le CRIF était disposé à accueillir ce croisé xénophobe.
Mais surtout les organisations abstentionnistes tergiversaient sur le caractère de ce crime et se retranchaient derrière la police et la justice qui n’avaient pas établi le caractère antisémite de l’affaire. Cet étrange prétexte, s’agissant d’organisations habituellement peu enclines à s’aligner sur les analyses policières, témoignait d’une réticence habituelle à s’emparer du combat contre l’antisémitisme, en raison des liens supposés avec la situation au Moyen-Orient.

À l’inverse dans les groupes antisémites virulents, Fofana est défendu voire encensé.
Ainsi l’agitateur Kemi Seba s’est proclamé protecteur de Fofana au nom de ses groupes successifs. Voici le courriel que la « Tribu Ka » qu’il dirigeait envoyait à des organisations juives fin février 2006, après l’assassinat d’I. Halimi :
« Message de la Tribu K.A à la communauté juive.
Nous observons depuis ces derniers jours suite à la mort du vendeur de portable Ilan Halimi qu’une véritable chasse à l’homme se dessine envers Y. Fofana, accusé par votre communauté d’être responsable de la mort de l’un d’entre vous.
Nous n’irons pas (par) quatre chemins, que notre frère soit coupable ou pas, nous vous prévenons que si d’aventure, il vous prenait l’envie d’effleurer ne serait-ce qu’un seul des cheveux du frère, au lieu de lui laisser avoir un procès équitable, nous nous occuperons avec soin des papillotes de vos rabbins, et croyez nous, vos pseudo services de sécurité de la LDJ ou du Betar ne vous seront d’aucune aide face à la volonté de justice des nôtres.
Laissez le frère se faire juger équitablement ou vous paierez. Kémi Séba, Fara de la Tribu K.A »
Kemi Seba est de nouveau intervenu dans ce sens lors de l’arrestation de Fofana en Côte-d’ivoire, puis récemment en mai 2009.
Dans cette même dernière période, le « Mouvement des Damnés de I’impérialisme » qu’il dirige maintenant vient d’intégrer dans ses rangs le négationniste vétéran Serge Thion.
L’avocate garaudyste Coutant-Peyre, compagne de Carlos et soutien de la campagne Dieudonné-Soral-Gouasmi, a été quelque temps dans la défense de Fofana avant qu’il la récuse en tant que « juive » et donc dangereuse.
Elle déclare conserver toute son admiration envers Fofana, « extrêmement courageux et très intelligent », comparé aux « militants d’extrême-gauche » des années 80 (Action Directe et RAF). Il ne serait pas coupable de la mort d’I.Halimi en raison de la »complicité objective » policière qui aurait « laissé passer le temps ». Les autorités auraient décidé d’attendre que le drame s’accomplisse afin que survienne une « affaire emblématique » de la montée de l’antisémitisme (voir notre article précédent Procès Fofana : décryptage )

Le combat contre le racisme et l’antisémitisme est, plus que jamais, d’une actualité brûlante.

Albert Herszkowicz

MEMORIAL 98

Que se cache-t-il derrière l’appel au procès Ilan Halimi ?

La ministre de la justice (Michèle Alliot-Marie) a annoncé lundi matin que le procureur ferait appel dans le procès Ilan Halimi, suite à un verdict plus léger qu’un réquisitoire déjà pas très lourd. Rappelons que la famille Halimi ne peut pas le faire elle-même, pour certaines raisons légales.

Est-ce une bonne chose ? Sans doute, au moins pour accéder enfin à la levée du huis-clos et à la publicité des débats, demandée depuis le début par Mme Ruth Halimi, la mère d’Ilan z"l.

Mais est-ce que l’État français le fait de manière neutre, sans arrière-pensée politique ? Évidemment pas, car l’État n’a jamais un caractère neutre, surtout quand on voit comment Ilan a été lâché par la police française qui sous-estimait très largement le mobile antisémite.

Dans ce cas précis, l’État donne dans le populisme de manière très marquée, et il faut le dire clairement.

Les masses juives ont toujours mis en avant l’exigence de justice populaire contre la barbarie antisémite dont a été victime notre frère Ilan.

Mais l’État français détourne nécessairement cela de manière populiste, en faisant semblant de « céder » au Crif, l’organisme d’encadrement généré par l’État bourgeois.

Car politiquement, il s’agit ainsi d’assurer un pseudo-prestige à une institution qui en a bien besoin, notamment après son absence de mobilisation le 29 avril dernier, à l’ouverture du procès.

Il faut le comprendre : jamais l’État français ne perd de vue l’encadrement réactionnaire du peuple, et encore moins sur des bases de « diviser pour mieux régner ».

Et là encore, l’État français joue l’encadrement des masses juives, en réimpulsant une légitimité politique à son arme fétiche, le Crif ultra-institutionnalisé, qui est à des années-lumière de l’offensive métisse et populaire contre l’antisémitisme.

Et d’autre part, la ministre de la justice s’attendait tout à fait à une réaction « outrée » des milieux judiciaires (qui répriment sans problème de « conscience » les fils et les filles du peuple). Cette réaction est inévitablement teintée d’arrière-pensées antisémites, vu leur nature de classe petite-bourgeoise, ce qui contribue encore davantage à une « unité inconditionnelle » derrière le Crif.

Mais pourquoi l’État français se sent-il tellement acculé ? Peut-être parce qu’il prend peur en voyant que toutes les illusions se craquèlent et volent en éclats, même au sein de la minorité juive ?

Quoi qu’il en soit, la famille Halimi a besoin de tout notre soutien et de toute notre solidarité, dans un combat qui s’annonce encore très long et très éprouvant.

Hapoel continuera donc à informer sur le procès à venir, ainsi que sur les rassemblements et manifestations qui y sont liées.

On peut arracher un ARBRE, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !
JUSTICE POUR ILAN !!!

Justice populaire, ou populisme bourgeois ?

Avant même le verdict du procès des assassins d’Ilan Halimi, un appel (ici) est paru cette semaine dans l’hebdomadaire Actu J : un rassemblement se tiendra lundi soir à 19h face au ministère de la justice, place Vendôme .

Selon nos informations, ce rassemblement serait organisé par Gil Taïeb, de l’ABSI Keren Or (Association pour le Bien-être du Soldat Israelien), structure ultra-sioniste générée par le Crif.

D’ailleurs, on voit bien dans l’encart paru dans Actu J que les sionistes ne font qu’aménager une impasse à notre juste colère, en ne se concentrant quasiment que sur les complices de Fofana.

Nous savons très bien que ce sont le silence, la lâcheté et l’indifférence qui ont tué notre frère Ilan. Mais les bourgeois ne peuvent pas comprendre une vérité fondamentale : le peuple ne balance pas.

Les notables sionistes ne peuvent même pas l’imaginer, car ils sont d’un autre monde, un monde dans lequel ils veulent embrigader les masses juives. D’où le côté bourgeois avec leurs couplets sur les « lois et l’honneur de la République », mais aussi le côté démagogue avec la demande d’exemplarité (qui part naturellement d’une exigence populaire).

Et d’où aussi l’appel à manifester chez les bijoutiers de la place Vendôme, et pas dans un quartier populaire : en réalité, c’est là que les organisateurs sionistes de la manifestation se sentent chez eux…

Ainsi, au lieu de justice populaire, les sionistes organisent un dévoiement populiste et bourgeois.

Quand on voit comment la police française a totalement failli pendant la séquestration d’Ilan en sous-estimant la dimension antisémite, quand on voit comment la police française a pu traiter au tribunal tous les jeunes un peu trop juifs, nous trouvons sincèrement dommage que la mémoire de notre fils, de notre frère Ilan soit instrumentalisée par les sionistes pour nous faire rentrer dans les rangs de la « République ».

On peut arracher un ARBRE, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !
JUSTICE POUR ILAN !!!

Procès des assassins d’Ilan : le verdict

Après 10 semaines de procès, le verdict de « l’affaire Ilan Halimi » est tombé ce vendredi soir, devant la cour d’assises pour mineurs. Évidemment, la famille d’Ilan ne pouvait être présente pour cause de shabbat.

Pour toute personne juive, il est clair que le vendredi soir a été choisi pour casser toute vélléité de mobilisation et de solidarité. Concrètement, c’est tout simplement le pendant « préventif » de l’énorme déploiement policier à l’extérieur et à l’intérieur du palais de justice (d’autant plus que des membres de la LDJ passaient vendredi après-midi en comparution immédiate pour le saccage de la librairie « Résistances »).

Concernant le verdict lui-même, Fofana a eu la peine maximale, à savoir la perpète avec 22 ans de sûreté ; ses lieutenants ont pris 18 et 15 ans ; le geôlier antisémite a pris seulement 15 ans, étant de plus mineur au moment des faits ; et l’appât 9 ans de prison (pour une réquisition de 10-12 ans), elle aussi mineure au moment des faits. Pour le reste, il y a l’excellent blog d’Elsa Vigoureux, où on voit que les peines sont globalement légèrement inférieures aux réquisitions.

Pour les parents et les sœurs d’Ilan z"l, pour sa copine Stéphanie, pour ses amis Karim et Jérémy, pour tous ses proches, c’est donc un deuil qui n’en finit pas, un deuil interminable et insupportable.

Nous ne nous aventurerons pas à commenter une décision de « justice ». Mais toute personne — juive ou pas — qui exige une justice véritable, une justice populaire, comprendra totalement Staline quand il explique que :

« En URSS, la loi punit avec la plus grande sévérité l’antisémitisme comme phénomène opposé au régime soviétique. Selon les lois de l’URSS, les antisémites actifs sont condamnés à la peine de mort. »

On peut arracher un ARBRE, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !
JUSTICE POUR ILAN !!!

[Trois articles intéressants d'Alexandre Lévy sur Slate.fr, dont le dernier retranscrit fidèlement l'ambiance dans la salle d'audience : 1 - 2 - 3.]

Fofana : un antisémite tellement français

Pour toute personne juive et non juive de France, il faut que l’affaire soit claire : Ilan Halimi z"l a été enlevé en tant que juif, et mis à mort en tant que juif.

Les préjugés antisémites ont tenu une place centrale (et meutrière) durant tout le calvaire d’Ilan z"l, depuis les tentatives d’enlèvements sur lesquelles le « gang des barbares » s’est « fait la main », jusqu’à son assassinat le 13 février 2006, le corps brûlé sur 80 % de sa surface.

Et que voit-on ? Qu’il n’y a que deux personnes poursuivies avec l’antisémitisme comme circonstance aggravante.

Et que pour ces deux bourreaux et assassins antisémites, l’avocat général a requis des peines « un peu légères » (pour reprendre les mots d’une des victimes du « gang des barbares ») : perpétuité mais peine de sûreté de 22 ans pour Fofana, et 15 ans pour l’autre bourreau (sans compter les remises de peine…).

Faut-il rappeler, à l’heure où le jury vient hier d’entrer dans les délibérations sans doute jusqu’à vendredi soir, que dans l’URSS de Staline, ces barbares racistes auraient subi le même sort qu’ils ont réservé à notre frère Ilan z"l ?

Mais attendons le verdict, gardons notre sang froid et soyons scientifiques : pour comprendre comment les préjugés antisémites ont mené à l’assassinat, il faut savoir quels sont ces préjugés.

Car sans cette compréhension, pas de vision d’ensemble de la lutte contre l’antisémitisme, et pas d’autodéfense juive politiquement à la hauteur.

Et ce que nous voyons, c’est que Fofana est un antisémite tellement français : son antisémitisme est essentiellement un antisémitisme européen, sur lequel s’est greffée une idéologie salafiste mal digérée.

Bien évidemment, les sionistes ne peuvent pas le voir, aveuglés qu’ils sont par leur racisme, leur haine et leurs projets de division.

Quant aux médias, ils tentent de préserver la « pureté » de la France et de présenter l’antisémitisme comme un élément « étranger », en s’obstinant à rappeler que Fofana est « d’origine ivoirienne », voire « franco-ivoirien ». Et cela alors qu’il a été extradé de Côte-d’Ivoire précisement car il n’était pas ivoirien, et qu’au procès il n’a même pas su dire quelle y était l’ethnie majoritaire.

Concrètement, pourquoi les victimes de la bande à Fofana étaient-elles très majoritairement juives ? Pourquoi est-ce Ilan z"l qui a été enlevé ce 21 janvier 2006, alors qu’il n’avait rien demandé à personne ?

À cause du préjugé antisémite, extrêmement répandu en France, comme quoi « les juifs ont de l’argent », et formeraient une communauté unie et solidaire.

Pour citer Fofana lui-même, ils ont « visé la communauté juive, car c’est eux qui ont de l’argent », « les Juifs sont les rois, ils bouffent l’argent de l’État », etc. Et que faire si la modeste famille Halimi ne payait pas ? « Ce n’est pas possible, les Juifs sont solidaires entre eux. » ou encore « S’ils n’ont pas d’argent, la communauté s’arrangera pour payer. ».

Ce qui explique d’ailleurs que Fofana ait été jusqu’à contacter en derniers recours un rabbin (dont il avait trouvé les coordonnées sur internet…).

Disons-le clairement : le préjugé du juif riche et vivant uniquement dans sa communauté est un ressort classique de l’antisémitisme européen, et même de l’antisémitisme chrétien auparavant.

De même pour les références au « capitalisme juif », ou l’éternel rapport à l’argent, aussi ultra-violent et odieux qu’il puisse être dans la bouche de Fofana : « Le sang d’un juif vivant doit être côté en bourse, et son cadavre encore plus. ».

À côté de cela, la police française a pu retrouver chez un des accusés de la documentation pro-nazie ainsi que des stickers antisémites (alors que beaucoup de personnes impliquées dans l’affaire ne savaient sans doute même pas qu’Ilan z"l était d’origine juive).

Évidemment, Fofana est depuis quelques années en pleine fascination devant l’islam salafiste, d’où ses ridicules références à Al Qaeda, ou bien son invocation « au nom d’Allah, du prophète de l’Islam, des salafistes, des musulmans, des martyrs de l’Islam ».

Mais cette fascination se fait exactement sur le même mode qu’une personne étrangère à sa propre culture, voire sur le mode d’une personne convertie à l’islam.

Ainsi, quand on lui demande quel verset de quelle sourate commande de tuer des juifs, Fofana sèche complètement. Quand on lui demande quel rapport entre le « capitalisme juif » et l’exploitation impérialiste en Afrique, toujours pas de réponse claire. Et quand on lui lit une citation de Frantz Fanon contre l’antisémitisme, Fofana répond qu’il lira le livre de Fanon qu’il a dans sa cellule.

Qu’est-ce que cela prouve ?

Que l’antisémitisme islamiste ou l’antisémitisme à la « Nation of Islam », bien que le plus tapageur et le plus virulent, n’est pas la base de l’antisémitisme de Fofana, il n’est que tardif et encore mal assimilé.

Que ce sont le préjugés antisémites les plus classiques et les plus ancrés qui ont poussé à l’enlèvement d’Ilan Halimi z"l, puis à sa mise à mort comme « n’étant qu’un juif ».

Et qu’il n’y aura pas de véritable sécurité et de véritable épanouissement pour notre minorité nationale sans unité révolutionnaire du peuple, contre le racisme et pour la solidarité.

Car voilà la seule voie pour éviter de revivre la tragédie d’Ilan z"l : d’une part lutter contre l’antisémitisme encore à l’état de préjugés, en semant une culture positive, lumineuse, internationaliste ; d’autre part lutter contre les antisémites qui exploitent les préjugés au sein du peuple, et là tous les coups politiques sont permis.

Vive l’amitié et la fraternité antiraciste au sein du peuple ! JUSTICE POUR ILAN !!!

Honneur à la famille Halimi ! Justice pour Ilan !

Interview de « Mony », la copine d’Ilan

Une interview bouleversante de Stéphanie, parue chez Le Point peu avant l’ouverture du procès. [Cliquer sur « Lire la suite ».]

« Je ne pardonnerai jamais à Fofana. »
La petite amie d’Ilan Halimi parle pour la première fois.

Jean-Michel Decugis, Christophe Labbé et Olivia Recasens.

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Procès des assassins d’Ilan z"l : le réquisitoire

Voilà, c’est fait : mardi après-midi sont tombées les réquisitions au procès des assassins d’Ilan Halimi z"l.

Durant ce procès qui s’était ouvert le 29 avril, nous n’avons couvert que les moments les plus importants, ou relayé une analyse de Mémorial 98, en considérant que d’autres faisaient ce boulot mieux que nous (voir dans nos liens le blog d’Elsa Vigoureux, reporter au « Nouvel Observateur », ou bien la revue de presse du blog 8clos).

Nous n’avons donc pas couvert les ratés de la police, ni les réactions de la famille Fofana contre le monstre Youssouf, ni ses caprices et ses tactiques de défense odieuses, ni sa fascination malsaine pour les coups médiatiques, ni son lancer de chaussures, ni la récusation de son dernier avocat (commun avec Saddam Hussein), ni les complicités, les lâchetés, voire l’antisémitisme des accusés qui pour beaucoup n’assument rien, ni les « expertises psychologiques », etc.

Afin de ne pas tomber dans l’horreur « gratuite », nous n’avons malheureusement pas non plus couvert les sorties antisémites quasi quotidiennes de Youssouf Fofana, le déroulement de l’enlèvement et de la séquestration d’Ilan z"l, ou les atrocités commises contre notre frère.

Pas plus que les attaques incessantes subies par la famille Halimi pendant ce procès, ou les plaidoiries des parties civiles (que ce soit celle de l’avocat de Stéphanie la copine d’Ilan z"l, ou bien la plaidoirie de Me Szpiner qui a affirmé à Fofana : « Les juifs ont été immunisés pendant 2000 ans, ce n’est pas vous qui allez aujourd’hui faire peur à toute une communauté. »).

Seulement voilà, les réquisitions sont tombées, et nous devions donc faire ce (trop court) récapitulatif du déroulement du procès. Voici les peines requises :

- perpétuité pour Fofana avec peine de sûreté de 22 ans ;
- 20 ans pour deux « lieutenants » qui ont organisé l’enlèvement et la séquestration d’Ilan z"l ;
- 15 ans pour un geôlier antisémite et sadique, avec rejet de l’excuse de minorité (!) ;
- 10 à 13 pour cinq autres geôliers ;
- 10 ans pour le concierge qui avait prêté un appartement et un local en connaissance de cause ;
- 10 à 12 ans pour les « rabatteuses » avec rejet de l’excuse de minorité ;
- 5 à 10 ans pour sept autres complices ;
- une peine ferme pour le père d’un accusé, qui savait mais n’a rien dit ;
- deux acquittements requis.

Verdict après les délibérations du jury, le samedi 11 juillet.

Oui, un shabbat, alors que Mme Ruth Halimi est très pieuse, et a d’ors et déjà fait savoir qu’elle ne pourrait donc pas venir : voilà la dignité que la justice française prétend redonner à une famille meurtrie dans sa chair.

HONNEUR À LA FAMILLE HALIMI ! JUSTICE POUR ILAN !!!

Une analyse de Mémorial 98

Un article efficace et instructif qui nous a été envoyé par Mémorial 98. L’original se trouve par là (descendre dans la page).

Procès Fofana : décryptage

Comment expliquer que Fofana ait récusé son avocate Me Coutant-Peyre et ait choisi de la dénoncer comme « juive » ?

Selon ses propres termes à l’audience : « Coutant-Peyre… Peyre, c’est juif, non ? » Puis il a ajouté : « On veut déjà me tuer… Donc, je ne vais pas m’entourer de gens comme ça. »

Fofana indiquait ensuite qu’il ne parlerait plus qu’à trois personnes lors du procès, dont l’avocat de la famille Halimi, Me Szpiner en tant que « représentant des Juifs de France, du monde, et de l’Etat d’Israël «

Coutant-Peyre semblait pourtant présenter les meilleures « garanties » possibles pour Fofana. Elle est une proche collaboratrice de Garaudy et responsable de son association « À contre jour » ; elle est aussi l’épouse de Carlos avec qui elle a convolé après l’avoir défendu. Quelle meilleures garanties que le chantre international du négationnisme et ce grand « antisioniste » incarcéré pour terrorisme ?

Carlos vient d’ailleurs de rendre public son soutien à la liste « antisioniste » laquelle en retour se félicite de ce renfort et le salue chaleureusement.

L’explication la plus probable est qu’il s’agit d’un écho des divergences dans le milieu « antisioniste » extrémiste.

Fofana est depuis le début soutenu et parrainé par le groupe de Kemi Seba (Tribu Ka puis MDI) qui s’est proclamé protecteur de l’accusé et a même menacé à la cantonade de représailles, si le procès ne se déroulait pas « correctement ».

Or Seba entre-temps a refusé de participer à la liste « antisioniste » de Dieudonné-Gouasmi-Soral.

Sa divergence officielle porte sur l’anticommunautarisme affiché de la liste et sur la personnalité de Soral. Seba se présentant comme un défenseur acharné des « communautés » noire, arabe, blanche / européenne, asiatique, ne se retrouverait donc pas dans la posture affichée de la liste.

Il y a sans doute d’autres enjeux de pouvoir et de finances, qui entretiennent d’ailleurs d’âpres polémiques.

Il est à noter que ces différentes fractions « antisionistes » n’ont entre elles pas de divergences de principe sur la collaboration approfondie avec des organisations d’extrême-droite.

Dieudonné et Soral sont en cheville avec le courant dit « national-révolutionnaire » sans doute le plus proche du fascisme et avec les catholiques les plus intégristes. Seba s’organise avec des groupuscules violents tels que la Droite socialiste. Mais la mouvance de Seba a peut être du mal à accepter le style « bleu-blanc-rouge » affiché par la liste « antisioniste ».

Il se peut aussi que se manifestent ainsi des tensions avec le chiisme, dont Gouasmi se proclame le représentant en France. K.Seba, récemment converti à l’Islam après avoir violemment dénoncé cette religion « esclavagiste » , avait été reçu en grande pompe au centre Zahra dirigé par Gouasmi, mais manifestement sans résultat concret.

On note aussi que le seul avocat choisi et non récusé par Fofana est Me Ludot, militant de la droite dure, ancien défenseur de Saddam Hussein et membre de son comité de soutien. Il s’agit d’un profil peu compatible avec le chiisme de Gouasmi, dont la liste est soutenue par Carlos et Coutant-Peyre, qui du coup est proclamée « juive ».

L’antisémitisme obsessionnel et quelque peu conspirationiste de ce milieu produit des effets apparemment inattendus.

Memorial 98

Fofana, assassin antisémite et fier

Aujourd’hui, après un long week-end judiciaire, doit reprendre le procès de Youssouf Fofana, l’assassin d’Ilan Halimi. Voici donc un bref résumé de l’actualité de la semaine passée.

1) Concernant l’affaire de « Choc Magazine », la justice a répondu jeudi à l’appel des avocats de la défense, en décidant de laisser le magazine en kiosque, mais en occultant les photos insoutenables d’Ilan aussi bien en une que dans les pages intérieures.

Les avocats du magazine ont bien entendu annoncé qu’ils se pourvoiraient en cassation, afin de faire traîner l’affaire et de permettre que se poursuive le cours « normal » et immoral de leur business populiste.

2) Lundi dernier se sont terminées les auditions des précédentes victimes du « gang des barbares », ainsi que celle du concierge de Bagneux qui a cédé les clefs du local où était séquestré et torturé Ilan.

Mardi, c’était au tour des policiers d’être entendus, en niant comme toujours leurs manquements dans l’enquête, sur lesquels Ruth Halimi était revenue dans un livre avant l’ouverture du procès.

La police explique tout de même que : « Après la mort d’Ilan, nous avons mieux travaillé avec les opérateurs de téléphonie. ». Ou comment instrumentaliser l’assassinat de notre frère pour accroître les politiques sécuritaires…

3) Mercredi, ce fut finalement au tour de la famille d’Ilan, marquée dans sa chair par le souvenir de leur fils décrit comme « un garçon trop gentil ». Mony la copine d’Ilan s’est également exprimée, hantée par Ilan, et pour qui logiquement « le pardon c’est impossible ».

Didier Halimi, le père d’Ilan, s’est adressé aux accusés en ces termes : « Quand je vois tous ces jeunes, j’ai de la peine. Je n’ai pas de haine. [...] Je pense qu’ils ne voulaient pas en arriver là, je suis un être humain, je peux me tromper, mais c’est ce que je crois. [...] Ils ont des regrets, j’en suis sûr, mais il faut assumer. »

Didier Halimi a sans doute raison : la plupart des jeunes accuséEs, qui parfois ne savaient même pas qu’Ilan était d’origine juive, regrettent leur complicité et leur lâcheté, et même sans doute avec sincérité, et se dissocient (parfois violemment) de Fofana.

Mais c’était là tout l’intérêt de lever le huis-clos : éviter que se reproduise le calvaire d’Ilan, assassiné par l’antisémitisme et l’indifférence. Et cette levée du huis-clos a précisément été refusée par deux mineurs, qui sont bien évidemment de ceux qui regrettent…

4) Immédiatement en réponse au témoignage de Ruth Halimi, Fofana a encore craché sa haine antisémite : « En tant qu’être humain, je comprends la douleur d’une mère qui perd un fils, celle d’une famille qui perd un enfant, celle d’une communauté qui perd un de ses membres. Je comprends que la famille d’Ilan réclame justice, je le comprends, et je le respecte. Mais Gaza et l’Afrique réclament justice également. [...] Je comprends qu’il y ait un contrat sur ma tête lancé par l’Organisation Juive, qui veut ma mort. Mais ça sera quatre millions de judéo-dollars pour mon cadavre. »

5) Jeudi, en présence uniquement de Mony et des sœurs d’Ilan, Fofana a enfin avoué être l’assassin, avant de se contredire une énième fois.

L’automobiliste qui a retrouvé Ilan agonisant au bord de la route à Ste-Geneviève-des-Bois (91), nu et brûlé sur plus de la moitié du corps avec plusieurs coups de couteau, a témoigné à la barre.

Suite à ce témoignage, Fofana a reconnu avoir pris la décision d’assassiner Ilan quand il a compris qu’il n’en obtiendrait rien, l’avoir emmené dans un bois, asséné des coups de couteau, aspergé d’essence et mis le feu.

Et cela sans aucun remords. Fofana a même osé ajouter cyniquement : « Je suis fier. [...] Il avait une grande force quand même. Il a fait 160 mètres. C’est l’instinct de survie, sûrement. » (en faisant référence à la distance qui séparait l’endroit où ont été retrouvées des traces d’essence et de brûlé, et l’endroit où a été retrouvé Ilan, de l’autre côté de la voie ferrée).

Ce à quoi nous répondons :

« En URSS, la loi punit avec la plus grande sévérité l’antisémitisme comme phénomène opposé au régime soviétique. Selon les lois de l’URSS, les antisémites actifs sont condamnés à la peine de mort. »
Staline, Réponse à l’Agence juive d’Amérique, 1931.

Mais on ne peut arrêter la marche du printemps…

L’actualité du procès des assassins d’Ilan

Nous parlions lundi dernier de la publication d’une photo du supplice d’Ilan en une du mensuel Choc, un magazine populiste et voyeur (à ne pas confondre avec le journal fasciste « Le choc du mois »…).

Nous annoncions alors que la famille Halimi avait l’intention de faire retirer le magazine de la circulation. Elle a donc porté plainte contre la société possédant Choc et Entrevue, plainte àlaquelle s’est associé le parquet (qui représente l’État français…).

Mercredi, un juge des référés a ordonné le retrait de la vente de ce numéro de Choc du mois de juin. La décision doit prendre effet cette après-midi à 14h, heure à partir delaquelle les propriétaires devront payer 200€ par jour et par exemplaire encore en kiosque.

En tout cas, espérons que quand Fofana sortira de prison, personne ne retrouvera de vieil exemplaire de Choc…

À propos de Fofana, justement, il a récusé mardi après-midi son avocate, Me Isabelle Coutant-Peyre. On se souviendra qu’elle avait défendu le terroriste fasciste « nationaliste-révolutionnaire » Carlos ainsi que Kemi Seba.

Youssouf Fofana, en bon antisémite paranoïaque qui a déjà épuisé une trentaine d’avocatEs, a ainsi expliqué : « Coutant-Peyre… Peyre, c’est juif, non ? On veut déjà me tuer… Donc, je ne vais pas m’entourer de gens comme ça. ». Désormais, seul l’ancien avocat de… Saddam Hussein, le pion de l’impérialisme français, assurera la défense de Fofana.

Dans la même veine, il avait la veille déclaré qu’il ne parlerait plus qu’à trois personnes, parmi lesquelles Me Szpiner, l’avocat de la famille Halimi, en tant que… « représentant des juifs de France, du monde, et de l’État d’Israel » !

Enfin, d’autres victimes (d’origine juive) du « gang des barbares » ont témoigné à la barre. Lundi, c’étaient Olivier Z. et Jacob G. ; mercredi c’était Mickaël D., qui a été attiré dans un piège à Arcueil (94) non loin de Bagneux (92), seulement deux semaines avant Ilan. Mickaël est persuadé que son exemple aurait dû servir à la police, ainsi qu’aux très nombreux complices qui se taisaient par lâcheté et préjugés antisémites alors qu’ils et elles auraient pu sauver une vie…

Nous tenons à exprimer notre totale solidarité à la famille d’Ilan, en particulier à sa mère et à ses sœurs, qui sont très éprouvées par les provocations de Fofana, par la désinvolture d’autres accusés, ainsi que par la publication de l’insoutenable photo de notre frère Ilan à la une de « Choc ».

Vive l’unité antiraciste du peuple de France ! JUSTICE POUR ILAN !!!

Quand le populisme insulte la mémoire d’Ilan z"l

Le magazine ultra-populiste « Choc » a fait, vendredi à la publication de son numéro de juin, une grave atteinte à la mémoire et à la dignité de notre frère Ilan Halimi.

En effet, à la une de ce magazine figure une photo d’Ilan, que l’on voit le visage recouvert de scotch argenté laissant à peine dépasser son nez, avec les mains entravées, un numéro du Parisien posé sur ses bras, et une arme braquée sur sa tempe. La même photo est également diffusée sur le site d’un autre magazine populiste, voyeur et sexiste, à savoir « Entrevue ».

Il s’agirait d’une photo du dossier d’instruction, plus précisément de la première qu’a reçue la famille Halimi comme « preuve de vie », 24 heures après l’enlèvement d’Ilan. Comme quoi la barbarie était présente dès le départ…

Et pour faire « monter les enchères », le rédacteur en chef de « Choc Magazine » précise que « ce n’est pas la photo la plus choquante sur le marché », comme si les photos les plus insupportables du supplice de notre frère étaient une marchandise.

Ce rédacteur en chef affirme cela gratuitement, uniquement pour se faire mousser, pour donner dans le voyeurisme-sans-montrer, en suggérant vicieusement une horreur encore plus grande.

Ce « journaliste » prétend également qu’il s’agit de donner une idée du calvaire d’Ilan, c’est-à-dire que sa démarche serait au fond démocratique et servirait le peuple. Il ment délibérément.

Il s’agit très clairement d’un calcul purement capitaliste, pour créer un scandale et faire vendre. Car de tels magazines méprisent le peuple, ils s’en servent comme prétexte, comme caution, comme d’une masse soi-disant purement consommatrice, et espèrent en retirer le maximum de profit.

La famille Halimi a réclamé la levée du huis-clos pour que la France comprenne qu’aujourd’hui l’antisémitisme tue, et de façon effroyable. Elle n’a jamais demandé à ce que les photos de leur fils soient étalées à la une de la presse la plus populiste, elle n’a jamais demandé que sa dignité soit insultée dans les kiosques à journaux, trois ans après sa mort.

Samedi, une enquête judiciaire a été ouverte pour connaître la provenance de la photo, et la défense de la famille Halimi a indiqué qu’elle tenterait de faire retirer les magazines « Choc » de la circulation.

Quoi qu’il en soit, ce magazine voyeuriste n’a pas pas seulement insulté la mémoire d’Ilan. Il a aussi fait de Youssouf Fofana un homme en danger !

SOLIDARITÉ AVEC LA FAMILLE HALIMI ! JUSTICE POUR ILAN !!!

[Nous avons quant à nous choisi de publier une photo plus positive et lumineuse d'Ilan z"l.]

Les actualités du procès Fofana

Revenons sur les actualités judiciaires de la semaine dans le procès du « gang des barbares ».

Comme à son habitude, Youssouf Fofana s’est encore montré odieux avec la famille Halimi, expliquant : « Par contre, je peux humilier eux là-bas [pointant la famille Halimi du doigt] pendant deux mois. Et ça va être de la barbarie verbale. ». Et concluant par : « Je vous avais bien dit de payer »…

Une attitude tellement odieuse que sa propre mère s’est faite produire un certificat médical lui permettant d’être absente jusqu’à la fin du procès en juillet. Non seulement elle avait été huée par les fascistes de la LDJ le 29 avril, mais son propre fils lui fait apparemment tellement honte qu’elle ne supporte plus ses provocations. Sans compter la mémoire de M. Fofana, mort de chagrin et de honte à cause de son fils…

Bien évidemment, le huis-clos (qui a toujours été dénoncé par Ruth Halimi) permet que se développe une ambiance antisémite autour de ce procès.

Ainsi, Fofana a pu déclarer : « Si ça avait été un noir, est-ce que ça aurait fait autant de bruit ? ». C’est en substance la même paranoïa antisémite qu’a mise en avant Kemi Seba dans une vidéo à propos du procès.

La défense de Fofana ne s’est pas non plus privée d’en rajouter à cette ambiance antisémite. Ainsi, l’avocat Pétillot a évoqué des « conditions inhumaines et dégradantes » en prison, où certains accusés ont effectivement été frappés par des matons, sans compter les nombreux transferts dus au « mouvement social » des matons. Avant de parler délibérément de… « déportation », au lieu de « transfert » !

En attendant, le procès a été suspendu à cause du « mouvement social » des matons (avec des affrontements entre forces de l’ordre et… autres forces de l’ordre !), mais reprendra sans doute très bientôt.

Et pour finir, notons le rassemblement avorté du Beitar devant le palais de « justice » à Paris, hier vendredi en début d’après-midi. Un rassemblement devant une institution de l’État… un jour férié ! Sans doute pour montrer aux flics leur solidarité envers la famille Halimi… Merci le Beitar d’avoir appelé à un rassemblement non déposé en préfecture, et avoir ainsi fait ficher toute personne considérée comme juive par la police (sic…) qui a noté les noms et empêché le rassemblement.

Tandis que pendant ce temps, les avocats d’origine juive d’accuséEs ont été menacés par des courriers de « l’Organisation Juive » commençant par « M. le traître »…

Aujourd’hui plus que jamais, JUSTICE POUR ILAN !!!

Frédéric Fajardie à propos d’Ilan

Le 1er mai 2008, il y a presque un an jour pour jour, s’éteignait Frédéric H. Fajardie.

Fajardie, issu d’une famille modeste du XIIIe arrondissement à Paris, était dans sa jeunesse un militant maoïste de la Gauche Prolétarienne. Qu’est-ce que la « Gépé » ? C’était entre 1968 et 1972 la première organisation maoïste au monde, qui a dirigé dans la clandestinité de nombreuses résistances pour la justice prolétaire et le pouvoir populaire. Une existence courte mais intense, tellement intense qu’encore aujourd’hui, les intellectuels bourgeois se sentent obligés de calomnier la Gauche Prolétarienne…

Plus tard, Fajardie reprendra ses études et passera le bac à 25 ans. Il deviendra écrivain, et sera en France le précurseur du « néo-polar », un roman noir socialement « engagé », où coexistent flics désabusés, crapules en tout genre, ou soldats perdus de la guerre sociale. Il écrira notamment « Tueurs de flics », « La Nuit des chats bottés », ou « Après la pluie ».

Néanmoins, comme beaucoup de militantEs maoïstes, il désespérera et deviendra parfois carrément nihiliste, ne croyant plus en rien, et faisant même dans l’anti-américanisme bien français.

Le roman noir vaguement engagé est peut-être en ce sens une expression de ce nihilisme, à l’opposé de l’art « réaliste socialiste » qui montre la rage et l’espoir du peuple, de manière réaliste mais lumineuse.

Quoi qu’il en soit, voici ce que disait Frédéric Fajardie à l’occasion d’une interview :

Question : Que dire de la barbarie des assassins d’Ilan, ce jeune homme attiré par une « rabatteuse », enlevé, séquestré, torturé et abandonné à l’agonie ?

Fajardie : Ces types sont des nazis.

On pense à l’Occupation, les tortionnaires de la Gestapo Française. C’est triste de penser ça mais ils sont là, parmi nous, les Gestapistes potentiels de demain. Par milliers. Tout ce qui leur manque, c’est que les conditions historiques ne sont pas réunies. Ceux-là, ils ont démarré trop tôt, lourde erreur, mais en revanche, pas d’erreur sur la victime : un juif.

Mais, indépendamment de ces questions d’origines, de religions, l’horreur la plus insupportable est qu’on puisse faire subir de telles choses à un être humain.

Bien entendu, chacun réagit avec sa sensibilité mais moi, dans le long calvaire du jeune homme, ce sont les extrémités temporelles qui me touchent le plus.

Le début : ce rendez-vous avec une jolie fille très demandeuse, comment il a dû se préparer devant sa glace, le rasage de près, l’after-shave, l’eau de toilette, l’épilation des sourcils, vous savez, tous ces petits trucs d’homme avant un rendez-vous où on se rend sur un petit nuage, le cœur battant…

Peut-être même qu’il avait un bouquet de fleurs à la main…

Et là, en fait de jeune fille et d’histoire d’amour : la violence, la douleur, les coups, le rêve qui tourne au cauchemar, la raison qui chavire, la terreur absolue…

Et puis, le terme : le corps nu, martyrisé, agonisant, abandonné sur un talus de la SNCF, alors qu’il faisait très froid, les blessures si graves qu’il n’a pas même pu ramper. Toute cette nuit interminable où il a dû attendre du secours, où il a dû appeler sa mère, se sentir comme un petit enfant abandonné…

Vous voyez, je hais ces tortionnaires pour ce qu’ils ont fait, mais je les hais aussi parce que, même passagèrement, ils me font douter de ma foi absolue en l’homme, son aspiration à la justice, à la liberté, au respect de l’autre, au socialisme, à une humanité qui tenterait toujours d’aller vers le mieux…

Entre le CRIF et la LDJ, débarrassons-nous des sionistes !

Avant-hier le 30 avril, c’est-à-dire le lendemain de l’ouverture du procès Fofana, le Crif a émis un communiqué de trois petits paragraphes. Nous avons donc largement assez de place pour le reproduire ici :

« Procès Fofana : le CRIF apporte son soutien à la famille Halimi (30/04/09)

Le procès de Yousouf Fofana et du « Gang des barbares » s’est ouvert hier, le mercredi 29 avril 2009.

Le CRIF comme tous les hommes et femmes de bonne volonté de notre pays, apporte son soutien à la famille de Ilan Halimi pendant cette période longue et douloureuse.

Le CRIF condamne avec la plus grande fermeté tous les actes de violence, quels qu’ils soient, comme ceux qui ont marqué le premier jour du procès. Leurs auteurs sont des irresponsables qui doivent être sanctionnés avec la plus grande vigueur. »

Pour les « actes de violence », le CRIF vise bien évidemment les fascistes de la LDJ.

Mais on peut légitimement demander au CRIF : où étiez-vous lorsqu’il s’agissait, dans et devant le tribunal, d’apporter notre solidarité à la famille Halimi ?

Le communiqué ci-dessus met en scène une pseudo-contradiction entre le CRIF et la LDJ. Mais la vérité, c’est que notre minorité nationale est totalement cernée culturellement : entre les pacifiques bourgeois sionistes institutionnels du CRIF et certains voyous sionistes ultras de la LDJ, la bourgeoisie et l’État veulent nous prendre en étau !

Le CRIF et la LDJ sont les deux face d’une même médaille maudite, celle de l’encadrement réactionnaire des nôtres, par en haut et par en bas. Il est temps de briser l’hégémonie des sionistes ! Vive l’offensive de la culture métisse et populaire !

Quoi qu’il en soit, Ruth Halimi, la mère d’Ilan, a fait preuve d’une grande dignité pendant le procès.

De plus, elle a eu raison de revendiquer la levée du huis-clos, surtout quand on voit les provocations odieuses de Fofana, par exemple ses menaces quand il dit implicitement qu’il y a des gens dans la salle pour identifier visuellement le jury (ce que la juge a refusé de noter sur les actes du procès). Cette provocation a carrément posé la question pour la famille Halimi de savoir si elle participerait ou pas au reste du procès.

Tout cela n’aurait pas été possible si les débats avaient été publics. Il est bon de rappeler cette vérité populaire : la lutte pour la dignité passe par la lutte pour la justice !

On peut arracher un arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps : JUSTICE POUR ILAN !

« Je suis né le 13 février 2006 à Ste-Geneviève-des-Bois. »

Voilà comment l’assassin d’Ilan a décliné son identité, hier au premier jour de son procès.

Procès qui se tiendra finalement à huis-clos après quelques flottements hier matin. Et pour justifier ce huis-clos, l’avocate de Youssouf Fofana n’a rien trouvé de mieux à dire que : « M. Fofana est maltraité par une campagne de marketing politique et religieux, il doit pouvoir parler. ».

Cela n’a évidemment rien d’étonnant quand on connaît ses défenseurs : Isabelle Coutant-Peyre, l’avocate (et accessoirement épouse, mais c’est secondaire) de Carlos le terroriste « nationaliste-révolutionnaire » (= fasciste), et Emmanuel Ludot, le seul avocat français de Saddam Hussein (= pion de la France).
[Nous avons rectifié ce paragraphe suite à une remarque antisexiste des camarades de l'Action Antifasciste Bordeaux.]

Entretemps, le « marketing religieux » n’a pas mobilisé les foules, hier devant le Palais de « Justice » à Paris. Il faut bien dire que c’était 100% juif. Et il faut également avouer que c’était 100% sioniste, avec des drapeaux israeliens et des portraits du soldat sioniste Shalit, qui n’ont absolument rien à voir avec la revendication de justice pour Ilan.

En dehors de quelques « incidents » à l’intérieur avec la famille Fofana, ainsi que d’une ou deux tentatives de lynchages racistes à l’extérieur, rien de très passionnant pour ce rassemblement très encadré par la police.

Rien… à part peut-être la place plus qu’ultra-majoritaire de la jeunesse juive, et même de la très jeune jeunesse juive.

Car il faut bien comprendre que la revendication de justice est une exigence du peuple, mais qui peut être dévoyée en haine raciste (par exemple dans certains tracts ayant circulé au rassemblement d’hier dans une veine « tous unis contre les arabes », ou dans le racisme de certains jeunes de la LDJ).

C’est peut-être aussi en ce sens de justice (pour ce qu’on en sait) qu’il faut interpréter le courrier adressé avant-hier au procureur, de la part d’une « Organisation Juive », qui mettait à prix la tête de Fofana s’il ne recevait pas une « peine exemplaire ».

La vérité, c’est que nous les masses populaires juives, nous sommes prêtes depuis longtemps pour l’autodéfense et la justice du peuple. Il faut donc s’organiser en conséquence, en dehors de l’impasse du racisme et de la manipulation par le sionisme.

Jeunesse juive ! Hapoel est ton organisation !

JUSTICE POUR ILAN !!!

Justice pour Ilan !

Aujourd’hui s’ouvre donc le procès des assassins de notre frère Ilan, enlevé en tant que juif et tué parce que juif. Le procès se tiendra jusqu’au 10 juillet.

Souvenons-nous d’Ilan, soutenons sa famille.

Jamais le temps n’effacera ton sourire

Une chanson pour Ilan.

Témoignage de Mony, la copine d’Ilan

Pour la première fois, l’ancienne petite amie d’Ilan s’est exprimée, sur une radio française. Un témoignage véritablement plus qu’émouvant. C’est elle que le « gang des barbares » avaient contactée la première pour réclamer une rançon.

« Je veux connaître la vérité. Je n’attends pas de « pardons », d’excuses, ou quoi que ce soit. Tout ce que je veux, c’est savoir ce qui s’est vraiment passé. Pourquoi ils en sont arrivés là ? Est-ce une affaire d’argent ? Pourquoi ils ont choisi un juif ? L’ont-ils vraiment choisi parce qu’il était juif ? Est-ce un crime antisémite ?… Moi j’en suis persuadée. Et je veux qu’on les reconnaisse responsables des actes horribles qu’ils ont commis ; je ne veux plus jamais qu’ils sortent de prison. »

« J’ai peur d’entendre ce qu’ils ont fait à Ilan. Je sais qu’ils l’ont torturé. Et rien que de repenser à ce qu’il a pu endurer et comment il a pu souffrir, je ne me sens pas bien, ça me fait extrêmement mal. Comment des jeunes, de presque mon âge, ont pu en arriver là ? Pour de l’argent. Je ne comprends pas. J’aimerais qu’en France, on n’entende plus des choses comme ça. »

Des paroles justes, sincères, bouleversantes. Comme la vie d’Ilan, 23 ans, vendeur de téléphones portables, dont la petite amie était asiatique et dont les deux meilleurs copains s’appelaient Karim et Jérémy…

Demain, soyons là pour Ilan et sa famille

C’est demain que s’ouvre le procès (à huis clos) des assassins d’Ilan, un simple fils du peuple enlevé en tant que juif et mis à mort parce que juif.

Pour la mémoire de notre frère, pour soutenir sa famille, pour obtenir justice, soyons nombreuses et nombreux à l’entrée du tribunal, au moins pour les parisienNEs qui en ont la possibilité.

Le rendez-vous est fixé à 11h devant le palais de justice, entrée Sainte-Chapelle, Place de la Cité, métro Cité ou Châtelet.

[Correction après coup : le rendez-vous à 11h, c'était pour les mythomanes de Facebook et Myspace qui allaient « venir en masse ». Pour les autres, c'était à 14h.]

On peut arracher un arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps.

Dans une semaine, le procès de la barbarie

Plus qu’une semaine avant le procès des assassins qui nous ont arraché Ilan, un fils du peuple.

Soutenons Ruth Halimi, qui lutte toujours pour que ce procès soit public, en expliquant que :

« Si jamais le débat est public, la France et les Français sauront ce qui est arrivé à un jeune qui a été enlevé, séquestré, torturé et tué parce qu’il était juif et que l’antisémitisme est là et qu’il ne faut absolument pas ignorer ce fait… c’est très dangereux parce qu’aujourd’hui c’est l’antisémitisme, demain c’est le racisme total à l’égard des autres, il faut absolument être vigilant là-dessus. »

Le chanteur CharlElie Couture vient de mettre en ligne une chanson à la mémoire d’Ilan, « Ilan Ballade ».
Nous rappelons aussi la chanson à la mémoire d’Ilan z"l (« Ça Fait Mal ») sur un MySpace dédié.

Ne rien oublier ! Les Juifs n’oublient rien ! Les Juives n’oublient rien !

Ilan, notre frère inoubliable…

ILAN,
mort à cause de l’antisémitisme barbare de haineux,
mort à cause d’une police française aveugle,
mort pour rien.

ILAN,
un martyr du peuple de France,
un martyr arraché à un quotidien
tout simplement métis et populaire,
tout simplement innocent et humain.

Il reste aujourd’hui moins de deux semaines avant le procès, le mercredi 29 avril, qui est encore censé se dérouler à huis clos, niant ainsi toutes les leçons tirées des tortures et du meurtre de notre frère.

Jamais nous ne t’oublierons, Ilan.
On peut arracher un arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps.

Ilan, notre fils

Le 29 avril s’ouvrira donc le procès du « Gang des barbares », et l’on doit porter toute son attention sur le livre publié par Ruth Halimi, la mère d’Ilan, livre qui sort aujourd’hui (« 24 jours : la vérité sur la mort d’Ilan Halimi », éditions du Seuil).

Ilan, un fils du peuple, avait été enlevé et assassiné après avoir été torturé vingt-quatre jours…
Parce que ses ravisseurs considéraient que les personnes juives ont de l’argent. 29 personnes sont impliquées dans ce crime !

Ruth Halimi, la mère d’Ilan, retrace les faits, et elle y dit les choses clairement : la police a nié la dimension antisémite, et a ainsi été une source d’erreurs terribles et fatales dans la gestion de l’enlèvement et de la demande de rançon.

Et si elle publie un livre, c’est surtout dans le cadre de sa lutte pour que le procès soit public, car pour l’instant les assassins doivent comparaître à huis-clos.

Ruth Halimi explique ses raisons :

« Si jamais le débat est public, la France et les Français sauront ce qui est arrivé à un jeune qui a été enlevé, séquestré, torturé et tué parce qu’il était juif et que l’antisémitisme est là et qu’il ne faut absolument pas ignorer ce fait… c’est très dangereux parce qu’aujourd’hui c’est l’antisémitisme, demain c’est le racisme total à l’égard des autres, il faut absolument être vigilant là-dessus. »

Voilà des paroles justes et des vérités existentielles, au caractère éminemment populaire, et aussi simple que la vie d’Ilan, 23 ans, vendeur de téléphones portables, dont la petite amie était asiatique et dont les deux meilleurs copains s’appelaient Karim et Jérémy…

Souvenons-nous d’Ilan. Soutenons Ruth Halimi.
Antisémites tremblez !

Ruth Halimi demande un procès public

Ruth Halimi, la mère d’Ilan Halimi, a réclamé, aujourd’hui jeudi 26 mars 2009, un procès public pour le gang de Fofana, qui doit comparaître à huis-clos du 29 avril au 3 juillet devant la cour d’assises des mineurs de Paris.

Et elle mérite un respect total, car elle exige cela sur des bases vraiment positives :

« Si jamais le débat est public, la France et les Français sauront ce qui est arrivé à un jeune qui a été enlevé, séquestré, torturé et tué parce qu’il était juif et que l’antisémitisme est là et qu’il ne faut absolument pas ignorer ce fait… c’est très dangereux parce qu’aujourd’hui c’est l’antisémitisme, demain c’est le racisme total à l’égard des autres, il faut absolument être vigilant là-dessus. »

Souvenons-nous d’Ilan Halimi, martyr juif.
On peut arracher un arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !

Procès de Fofana du 29 avril au 3 juillet

Trois ans après la torture et le meurtre d’Ilan Halimi, on a appris la date de procès de ses bourreaux.

Youssouf Fofana et 27 autres membres présumés du « gang des Barbares », accusés d’avoir séquestré et torturé à mort Ilan début 2006, seront jugés du 29 avril au 3 juillet 2009 par la cour d’assises des mineurs de Paris.

Seuls deux accusés étaient mineurs au moment des faits mais la cour d’assises des mineurs est compétente pour juger des majeurs ayant agi aux côtés de mineurs. Elle jugera donc à huis clos l’ensemble des accusés.

Nous savons évidemment bien que les décisions de la justice bourgeoise française ne nous protégeront pas dans les faits, que seule l’action de masse du peuple uni a une quelconque valeur dans l’histoire.

À bas la violence au sein du peuple !
Vive la fraternité métissée !