Nous commémorons depuis hier soir les 6 millions de victimes juives de la Shoah.
6 millions personnes réduites à néant pour la seule et unique raison qu’elles avaient des origines juives.
6 millions de personnes passées par l’enfer des ghettos, des exécutions devant une fosse commune, des camps de concentration, et par l’ultime horreur des camps de la mort.
6 millions de personnes qui ne sont pas revenues, qui ne reviendront jamais.
La Shoah a consisté en l’extermination systématique des populations juives d’Europe, et en ce sens, elle porte une spécificité irréductible. Car c’est l’extermination systématique sur des bases « raciales » qui fait le génocide.
La Shoah, ce n’était ni un massacre, ni une répression, ni une guerre, ni une terreur, ni une « répression raciale » (Rajsfus). Encore moins de la « pornographie mémorielle » (Dieudonné), un « point de détail de l’histoire » (Le Pen) ou un « mythe du massacre des Juifs » (Ahmadinejad).
Très concrètement, on a voulu anéantir les nôtres. Et même de manière prioritaire sur les nécessités rationnelles de la guerre nazie.
La Shoah n’est pas une idée abstraite. Elle est l’aboutissement historique et planifié de la barbarie fasciste.
En ce jour de commémoration, nos pensées vont aux membres de nos familles qui ont été victimes de la barbarie nazie ou y ont échappé, et plus généralement à toutes les victimes du nazisme.
Il est important aujourd’hui d’affronter avec courage la réalité de ce qu’a été l’extermination des populations juives d’Europe. Pour cela, il est essentiel d’écouter et d’entendre les témoignages de nos familles, mais aussi de systématiser notre connaissance et notre compréhension de la Shoah.
Chaque personne, d’origine juive ou pas, doit comprendre la portée universelle de la Shoah.
Voilà pourquoi il est également essentiel pour touTEs de connaître et comprendre les histoires des génocides en Amérique indigène, en Namibie, en Arménie, des Rroms et Sintis en Europe, au Bangladesh, au Burundi, au Kurdistan, en Bosnie, au Rwanda, ainsi que la cruelle actualité génocidaire au Congo, au Darfour, au Sri Lanka.
Car rien ne crée plus de solidarité entre peuples victimes de l’impérialisme et du fascisme que d’avoir tutoyé l’anéantissement.
Ami, amie, participe aux commémorations de la Shoah, car l’oubli est un deuxième anéantissement.
Souvenons-nous. Nizkor.
HaPoel HaAntifashisti, avril 2009.





