Après 10 semaines de procès, le verdict de « l’affaire Ilan Halimi » est tombé ce vendredi soir (10 juillet 2009), devant la cour d’assises pour mineurs.
Procès des assassins d’Ilan : le verdict
Pour toute personne juive, il est clair que le vendredi soir a été choisi pour casser toute vélléité de mobilisation et de solidarité. Concrètement, c’est tout simplement le pendant « préventif » de l’énorme déploiement policier à l’extérieur et à l’intérieur du palais de justice (d’autant plus que des membres de la LDJ passaient vendredi après-midi en comparution immédiate pour le saccage de la librairie « Résistances »).
Concernant le verdict lui-même, Fofana a eu la peine maximale, à savoir la perpète avec 22 ans de sûreté ; ses lieutenants ont pris 18 et 15 ans ; le geôlier antisémite a pris seulement 15 ans, étant de plus mineur au moment des faits ; et l’appât 9 ans de prison (pour une réquisition de 10-12 ans), elle aussi mineure au moment des faits. Pour le reste, il y a l’excellent blog d’Elsa Vigoureux, où on voit que les peines sont globalement légèrement inférieures aux réquisitions.
Pour les parents et les sœurs d’Ilan z"l, pour sa copine Stéphanie, pour ses amis Karim et Jérémy, pour tous ses proches, c’est donc un deuil qui n’en finit pas, un deuil interminable et insupportable.
Nous ne nous aventurerons pas à commenter une décision de « justice ». Mais toute personne — juive ou pas — qui exige une justice véritable, une justice populaire, comprendra totalement Staline quand il explique que :
« En URSS, la loi punit avec la plus grande sévérité l’antisémitisme comme phénomène opposé au régime soviétique. Selon les lois de l’URSS, les antisémites actifs sont condamnés à la peine de mort. »
On peut arracher un ARBRE, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !
JUSTICE POUR ILAN !!!
HaPoel HaAntifashisti, juillet 2009.
Justice populaire, ou populisme bourgeois ?
Avant même le verdict du procès des assassins d’Ilan Halimi, un appel (ici) est paru cette semaine dans l’hebdomadaire Actu J : un rassemblement se tiendra lundi soir (13 juillet 2009) à 19h face au ministère de la justice, place Vendôme .
Selon nos informations, ce rassemblement serait organisé par Gil Taïeb, de l’ABSI Keren Or (Association pour le Bien-être du Soldat Israelien), structure ultra-sioniste générée par le Crif.
D’ailleurs, on voit bien dans l’encart paru dans Actu J que les sionistes ne font qu’aménager une impasse à notre juste colère, en ne se concentrant quasiment que sur les complices de Fofana.
Nous savons très bien que ce sont le silence, la lâcheté et l’indifférence qui ont tué notre frère Ilan. Mais les bourgeois ne peuvent pas comprendre une vérité fondamentale : le peuple ne balance pas.
Les notables sionistes ne peuvent même pas l’imaginer, car ils sont d’un autre monde, un monde dans lequel ils veulent embrigader les masses juives. D’où le côté bourgeois avec leurs couplets sur les « lois et l’honneur de la République », mais aussi le côté démagogue avec la demande d’exemplarité (qui part naturellement d’une exigence populaire).
Et d’où aussi l’appel à manifester chez les bijoutiers de la place Vendôme, et pas dans un quartier populaire : en réalité, c’est là que les organisateurs sionistes de la manifestation se sentent chez eux…
Ainsi, au lieu de justice populaire, les sionistes organisent un dévoiement populiste et bourgeois.
Quand on voit comment la police française a totalement failli pendant la séquestration d’Ilan en sous-estimant la dimension antisémite, quand on voit comment la police française a pu traiter au tribunal tous les jeunes un peu trop juifs, nous trouvons sincèrement dommage que la mémoire de notre fils, de notre frère Ilan soit instrumentalisée par les sionistes pour nous faire rentrer dans les rangs de la « République ».
On peut arracher un ARBRE, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !
JUSTICE POUR ILAN !!!
HaPoel HaAntifashisti, juillet 2009.
Que se cache-t-il derrière l’appel au procès Ilan Halimi ?
La ministre de la justice (Michèle Alliot-Marie) a annoncé lundi matin (13 juillet 2009) que le procureur ferait appel dans le procès Ilan Halimi, suite à un verdict plus léger qu’un réquisitoire déjà pas très lourd. Rappelons que la famille Halimi ne peut pas le faire elle-même, pour certaines raisons légales.
Est-ce une bonne chose ? Sans doute, au moins pour accéder enfin à la levée du huis-clos et à la publicité des débats, demandée depuis le début par Mme Ruth Halimi, la mère d’Ilan z"l.
Mais est-ce que l’État français le fait de manière neutre, sans arrière-pensée politique ? Évidemment pas, car l’État n’a jamais un caractère neutre, surtout quand on voit comment Ilan a été lâché par la police française qui sous-estimait très largement le mobile antisémite.
Dans ce cas précis, l’État donne dans le populisme de manière très marquée, et il faut le dire clairement.
Les masses juives ont toujours mis en avant l’exigence de justice populaire contre la barbarie antisémite dont a été victime notre frère Ilan.
Mais l’État français détourne nécessairement cela de manière populiste, en faisant semblant de « céder » au Crif, l’organisme d’encadrement généré par l’État bourgeois.
Car politiquement, il s’agit ainsi d’assurer un pseudo-prestige à une institution qui en a bien besoin, notamment après son absence de mobilisation le 29 avril dernier, à l’ouverture du procès.
Il faut le comprendre : jamais l’État français ne perd de vue l’encadrement réactionnaire du peuple, et encore moins sur des bases de « diviser pour mieux régner ».
Et là encore, l’État français joue l’encadrement des masses juives, en réimpulsant une légitimité politique à son arme fétiche, le Crif ultra-institutionnalisé, qui est à des années-lumière de l’offensive métisse et populaire contre l’antisémitisme.
Et d’autre part, la ministre de la justice s’attendait tout à fait à une réaction « outrée » des milieux judiciaires (qui répriment sans problème de « conscience » les fils et les filles du peuple). Cette réaction est inévitablement teintée d’arrière-pensées antisémites, vu leur nature de classe petite-bourgeoise, ce qui contribue encore davantage à une « unité inconditionnelle » derrière le Crif.
Mais pourquoi l’État français se sent-il tellement acculé ? Peut-être parce qu’il prend peur en voyant que toutes les illusions se craquèlent et volent en éclats, même au sein de la minorité juive ?
Quoi qu’il en soit, la famille Halimi a besoin de tout notre soutien et de toute notre solidarité, dans un combat qui s’annonce encore très long et très éprouvant.
On peut arracher un ARBRE, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !
JUSTICE POUR ILAN !!!
HaPoel HaAntifashisti, juillet 2009.





