Le premier pas d’une longue marche…

Voici un peu plus d’un an qu’Hapoel a été fondé, le 27 janvier 2009, c’est-à-dire pour célébrer la libération d’Auschwitz par l’Armée Rouge.

Il est donc temps de regarder rapidement dans le rétroviseur, certainement pas pour faire dans l’auto-satisfaction, mais surtout pour se faire une idée du très long chemin qui reste à parcourir.

Qu’est-ce qu’Hapoel ?

C’est une « proposition stratégique ». Pour être précis, c’est une proposition stratégique aux masses populaires de la minorité nationale juive.

C’est-à-dire qu’Hapoel propose une stratégie, indique une voie, ouvre une perspective pour les masses populaires juives.

Une perspective antifasciste, c’est-à-dire nécessairement une perspective révolutionnaire, la seule qui réfute jusqu’au bout le sionisme, les institutions juives, la religion et la social-démocratie.

Car Hapoel se fonde d’une part sur l’économie politique communiste, qui affirme que la crise capitaliste donne naissance à l’antisémitisme pogromiste et génocidaire – et donc que la révolution est nécessaire !

Et d’autre part sur la compréhension culturelle de la minorité nationale juive, qui affirme que les masses exigent de défendre leur culture et leur vie contre les antisémites – et donc que la révolution est possible !

Voilà pourquoi Hapoel arbore l’ambition et l’optimisme révolutionnaires.

Une ambition plus profonde que « l’Hébreu nouveau » des sionistes, un optimisme plus puissant que la « Rédemption » des religieux.

Et voilà pourquoi Hapoel se considère comme un petit pas dans la marche vers la libération totale.

Une marche qui sera longue, escarpée, sinueuse, mais qui est la seule à la hauteur de l’enjeu de notre époque : révolution ou fascisme, socialisme ou barbarie, Stalingrad ou Auschwitz.

Quand nous disons que cette marche sera une longue marche, cela signifie qu’Hapoel n’est pas un pari, une construction sur le court terme : c’est cela le caractère « prolongé » de la bataille pour la libération.

Au fond, Hapoel est un outil sur le moyen terme, un outil pour servir le peuple, pour servir les masses populaires juives.

Car la vérité, c’est que la jeunesse juive est d’une grande radicalité, et qu’elle exige l’autodéfense et la justice populaire contre les antisémites.

Seulement voilà, il n’existe que deux pôles concurrents qui proposent ces perspectives : l’extrême-droite sioniste, et les révolutionnaires. Et il est clair que le sionisme « radical » est diviseur, trompeur, illusoire.

Hapoel est donc un outil, une proposition stratégique pour faire face aux illusions – en le sionisme, en l’État français, en la soumission apolitique ou religieuse, en le racisme au sein du peuple.

Mais l’explosion du fascisme remettra – tragiquement – les pendules à l’heure.

Et alors la stratégie construite par Hapoel sera « prête à servir » pour les masses populaires juives, qui feront fleurir les initiatives antifascistes et révolutionnaires.

C’est tout cela que nous appelons le caractère prolongé de la bataille pour la libération.

Et par conséquent, la phase actuelle d’Hapoel correspond à ce que le communiste italien Gramsci appelait une « guerre de positions », c’est-à-dire à l’affirmation aux yeux du peuple de ses objectifs, de ses valeurs, de sa culture, de sa stratégie, de son idéologie.

C’est notamment en vue de la « guerre de positions » que, depuis un an, Hapoel a décidé de faire connaître et d’assumer son patrimoine historique.

Un patrimoine qui va de la participation des ouvriers juifs à la révolution russe, jusqu’à la culture contestataire des années 1960 – 1970, en passant évidemment par la Résistance au nazisme.

Car il s’agit de rappeler que les questions qu’Hapoel pose ont déjà été posées par l’avant-garde révolutionnaire à d’autres époques.

Et qu’en ce sens, Hapoel n’est absolument pas un « délire » coupé de la réalité et de l’histoire, mais se rattache à une tradition qui a existé en France.

L’identité d’Hapoel, c’est donc l’identité de celles et ceux qui relèvent le drapeau rouge dans la minorité juive – mais sur une base nouvelle, jeune, moderne !

Car si d’autre part Hapoel n’était pas moderne, comment serions-nous parmi les seuls à comprendre l’enjeu de l’époque ? Comment pourrions-nous prendre part aux batailles politiques d’aujourd’hui ?

Ainsi, il faut avouer que nous avons assez peu abordé les questions idéologiques au cours de cette année – même si Hapoel est clairement rouge – pour nous consacrer surtout à la politique.

Pourquoi cela ?

Parce que l’époque décisive que nous vivons impose une actualité : la politique révolutionnaire au poste de commandement.

Et quelles sont les prises de positions et pratiques politiques de Hapoel au cours de l’année passée ?

Elles se sont forgées dans quelques moments clefs, dans des situations nouvelles où il s’agissait d’être à la hauteur :

- la guerre sioniste à Gaza, avant le lancement d’Hapoel ;
- la candidature Dieudonné – Soral – Gouasmi aux élections européennes ;
- le procès des assassins du fils du peuple Ilan Halimi ;
- la mini-crise autour de la librairie « Résistances » ;
- la complaisance avec les délires antisémites (trafics d’organes, etc.) ;

et d’une manière plus générale :

- les compromissions réactionnaires des institutions juives ;
- les agissements et positions fascistes de l’extrême-droite sioniste ;
- les nombreux « dérapages » racistes de la politique bourgeoise ;
- les « cautions juives » de la gauche « radicale » poreuse à l’antisémitisme ;
- la question de l’écologie et de la libération animale.

Dans tous ces cas, il s’est agi de prises de positions d’ordre politique, c’est-à-dire concrètes, vérifiables, critiquables.

Voilà quelle est la voie pour abattre le vieux monde capitaliste, pour construire le front populaire antifasciste, pour écraser définitivement le fascisme et l’antisémitisme.

C’est pourquoi nous affirmons : pour servir les masses populaires juives, Hapoel est le premier pas d’une longue marche.

Juif ! Juive !
Avec Hapoel, défends ta culture et ta vie !
Participe à la longue marche révolutionnaire !
S’organiser pour vaincre, vaincre pour vivre !

HaPoel HaAntifashisti, février 2010.