Enfin l’UJFP évoque notre frère Ilan z"l… pour se joindre à la petite-bourgeoisie « de gauche », « outrée » par la procédure d’appel au procès Fofana !
Pour rappel, la ministre de la « justice » avait fait appel, lundi 13 juillet après le verdict de l’affaire Ilan Halimi, demandant à ce que soient rejugées les personnes qui avaient écopé de moins que le réquisitoire. Dans la foulée, Youssouf Fofana avait également fait appel de sa condamnation à la peine maximale.
Une semaine plus tard, le 21 juillet, l’Union « Juive » Française pour la Paix (UJFP) émet un communiqué, « Affaire Halimi : crime et instrumentalisation » (ici).
Enfin ! Enfin l’UJFP évoque « l’affaire Halimi » ! Car depuis plus de trois ans, jamais un mot pour notre frère Ilan, jamais un mot pour la famille Halimi, jamais un mot sur les préjugés assassins, bref jamais un mot pour les masses juives de France.
Mais venons-en au contenu de ce communiqué…
Au sujet de cette procédure d’appel au procès Fofana, deux écoles s’affontent au sein de la gauche.
L’école rationnelle d’une part, qui explique que l’État français fait semblant de céder au Crif, qui est lui-même un organisme généré par l’État, afin de réimpulser une légitimité à un moment où les illusions « républicaines » sont prêtes à voler en éclats. Cette position va naturellement de pair avec l’absence d’illusions sur la « justice » française pour combattre l’antisémitisme, et est défendue notamment par Hapoel (ici) et par Memorial 98 (là).
Et l’école délirante d’autre part, pour laquelle le Crif serait un lobby communautariste, extérieur aux structures de l’État français, et qui ferait pression pour imposer sa loi. C’est à cette école qu’appartiennent tous les antisémites, aussi bien nazis que « de gauche »… mais aussi de façon surprenante l’UJFP !
C’est en tout cas ce que cette « voix juive laïque » explique dans son bref communiqué, après quelques mots de circonstance pour la famille Halimi, bien vite oubliée… Pour elle, « le CRIF et d’autres associations juives confondant justice et vengeance » ont exercé des « pressions communautaristes » sur la ministre de la justice ; « elle s’est exécutée ».
Ces explications sont totalement hallucinantes, et montrent à quel point l’UJFP est intégrée dans la gauche française petite-bourgeoise soi-disant radicale pour laquelle le « lobby juif » – sous ce nom ou sous un autre – tient lieu de vision du monde…
En réalité, les deux écoles qui s’affrontent sur cette affaire se distinguent sur une question essentielle : à qui devons-nous rendre des comptes ?
Pour Hapoel, nous avons des comptes à rendre au peuple en général, aux masses populaires juives en particulier, et ces masses populaires réclament à juste titre la justice et l’intransigeance avec l’antisémitisme.
En revanche, pour l’UJFP, on dirait qu’il s’agit de se justifier en permanence auprès de la « gauche » petite-bourgeoise naturellement infestée de conspirationnisme et d’antisémitisme, en se focalisant sur le Crif mais pour de mauvaises raisons.
Le peuple exige la libération, les minorités nationales exigent de briser le racisme, et les masses populaires juives exigent la justice pour Ilan !
Et que répond l’UJFP à ces exigences populaires ?
Elle met en avant les syndicats de magistrats, qui défendent leurs petits privilèges au sein de la justice bourgeoise. Elle vante les « valeurs de la République qui devraient s’opposer au communautarisme », qui sont des valeurs bourgeoises ne faisant plus illusion pour personne. Elle appelle à ne pas « confondre justice et vengeance », alors que la justice populaire c’est œil pour œil et coup pour coup !
Ainsi, l’UJFP propose aux personnes juives de se nier au profit d’une bouillie « de gauche » complice de l’antisémitisme, au lieu de se nier au profit du sionisme qui soutient Sarkozy et se nourrit de l’antisémitisme. Bref, l’UJFP propose la même soumission que le Crif aux valeurs de la république bourgeoise, mais dans leur version social-démocrate !
La vérité, c’est que sans comprendre que le peuple n’existe pas aux yeux de l’UJFP, on ne peut pas non plus comprendre que celle-ci sorte un communiqué sur « l’affaire Halimi » sans un mot pour Ilan lui-même. Et pire encore, l’UJFP se permet de mêler sa mémoire à un « communautarisme ethnique et pro-israélien »… alors que notre frère Ilan n’a strictement rien à voir avec l’État sioniste d’Israel !
Voilà ce qui arrive quand on s’imagine ne pas avoir de comptes à rendre au peuple : on sert de « caution juive » à un projet totalement social-démocrate, et on termine comme complice de l’antisémitisme !
Juif progressiste ! Juive progressiste !
N’abandonne pas ton frère Ilan !
Pas de compromis avec l’antisémitisme !
Sers le peuple – rejoins l’Action Antifasciste !
HaPoel HaAntifashisti, juillet 2009.





