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La libération du tankiste Gilad Shalit

La libération du tankiste Gilad ShalitVoie Lactée

La libération du franco-israélien Gilad Shalit occupe tous les médias, et il n’est pas difficile de voir que tous les médias ne s’intéressent qu’à lui, et aucunement à l’histoire personnelle des 477 personnes palestiniennes libérées par l’Etat israélien en échange.

Gilad Shalit, citoyen d’honneur de la Ville de Paris depuis 2008, n’a pourtant pas été enlevé en tant que civil, mais il a été capturé suite à l’attaque du tank, dont il était au poste de commande du tir !

Ce qui n’empêchera pas son père de déposer plainte en juin 2011 à… Paris, une plainte contre X devant le procureur de Paris, pour enlèvement et séquestration !

Du grand n’importe quoi, que les médias trouvent très bien, bien entendu.

De la même manière, le franco-palestinien Salah Hamouri est emprisonné par l’État israélien depuis 2005 pour appartenance présumée au Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), sans que jamais les médias ne parlent de sa situation.

On voit aisément que pour les médias français, il vaut mieux être un militaire israélien en partie français capturé qu’un étudiant palestinien en partie français, civil arrêté…

Sauf que justement on est pas quelque chose « en partie. »

Là est un grand problème. Les gens en France ne connaissent que leur situation nationale, c’est une réalité historique. De ce fait, ils ne peuvent que se tenir à l’écart de ces questions qu’ils ne comprennent pas, et seuls des éléments conscientisés peuvent être actifs.

Si la « cause » de Gilad Shalit est connue en France, c’est donc en raison de la vigueur très grande des organisations sionistes en France ; la mairie du 16ème arrondissement avait ainsi sur sa façade une photo de Shalit, appelant à sa libération.

Gilad Shalit en tant qu’individu n’intéressait pas les sionistes, il était par contre très utile comme porte-drapeau. Il a servi de prétexte pour mobiliser sur une base sioniste contre le « terrorisme ».

La cause de Salah Hamouri pourrait, elle, tout autant être connue en France, si culturellement et politiquement il y avait un ancrage dans les masses, or il est bien connu que la cause palestinienne est pourrie par un antisémitisme tellement marqué, un nationalisme anti-américain tellement français, ce qui ne permet pas un tel ancrage.

D’ailleurs, la cause de Salah Hamouri est devenue une « cause » du Parti « Communiste » français, et si l’on peut regarder avec sympathie le FPLP qui est la principale organisation de gauche en Palestine, il faut en voir les limites très nombreuses et notamment son idéologie versatile (s’adaptant à l’interlocuteur, et officiellement en rapport avec le NPA d’ailleurs).

Or, les communistes ne pratiquent pas un « anti-impérialisme » généraliste, mais l’internationalisme prolétarien, et il n’y a ici pratiquement pas d’espace pour le mettre en avant.

Si l’on a pas cela au centre de ses préoccupations culturelles et politiques, alors on ne peut arriver à rien ; le cosmopolitisme renforce même le fascisme, car les masses françaises comprendront les questions de travers, ou bien s’indigneront qu’on oublie leur propre situation, qui inévitablement pour elles représente l’aspect principal.

On voit même ici comment cet « anti-impérialisme » peut empêcher justement l’émergence de cette question principale. Quand on voit que des initiatives révolutionnaires françaises parlent en grande majorité de la Palestine alors qu’elles prétendent changer les choses en France, il y a là un cosmopolitisme masquant un idéalisme complet et le refus de se confronter la société française.

Il ne s’agit d’ailleurs que du pendant du sionisme, le sionisme qui met en avant un pays de « rêve » dans un grand élan romantique totalement coupé de la réalité, une chimère en laquelle même la société israélienne – pour autant qu’elle existe en tant que telle, de manière unie – ne croit plus.

La mise en avant de Gilad Shalit est même une caricature de sionisme, un sionisme ultra qui ne revendique même plus la « justice » mais carrément la guerre. Mettre en avant une personne aux commandes des tirs d’un tank, capturé en pleine opération, cela montre le degré de « morale » du sionisme et de ses partisans.

L’idéal mis en avant ici c’est celui du fascisme, ni plus ni moins, un fascisme dont le sionisme est un avatar avec son idéologie du surhomme.

Concluons ici pour souligner à quel point il faut rejeter clairement tout autant le sionisme que l’antisémitisme ; qu’à l’extrême-gauche, on va trouver dans sa quasi totalité des gens qui critiquent l’un, mais pas l’autre, et cela est très révélateur.

Refuser le racisme, choisir sa vie, vivre sa romance…

« Il y a trois choses qui sont trop merveilleuses pour moi, et même quatre que je ne comprends pas :
le chemin que suit l’aigle dans le ciel,
celui du serpent sur le rocher,
celui du navire en haute mer,
et celui de l’homme chez la jeune fille.
»

La semaine dernière est paru en Israel un appel dans les milieux sionistes-religieux, signé par 27 femmes de rabbins. Cet appel incitait les jeunes filles juives à ne pas avoir de relations avec des arabes, notamment à ne pas faire leur Sherut Leumi (service civil à la place du service militaire ) avec des personnes arabes.

Et par dessus tout, par dessus tout… « il leur est fortement déconseillé d’avoir des relations sentimentales » avec des hommes arabes. Quant à une relation sentimentale avec une femme arabe, cela ne doit même pas être imaginable pour les sionistes-religieux.

Bien entendu, ce manifeste des 27 Rabbaniot ne s’adresse pas tant aux jeunes femmes qu’à leurs parents, frères, voisins, etc. En clair, il est surtout appelé de manière répugnante à accroître la surveillance des filles et de leurs fréquentations, ainsi qu’à diffuser en leur direction les préjugés racistes les plus outranciers tels qu’ils peuvent exister chez les sionistes-religieux.

Cet appel en particulier a été publié par le courant kahaniste, mais il faut voir qu’en ce moment, il y a une grande campagne franchement odieuse des milieux orthodoxes et sionistes-religieux en général autour des relations amoureuses des jeunes femmes juives.

Cela donne apparemment lieu à une certaine concurrence en Israel, puisqu’à côté de l’organisation ‘Haredit classique « Yad LeA’him » (« une main pour des frères ») qui s’oppose aux mariages mixtes et qui jouit d’une certaine publicité, on a donc la structure kahaniste Leava qui vient de publier le manifeste de 27 femmes de rabbins, mais aussi une structure sioniste-religieuse qui commence à se faire connaître, Hemla.

Ainsi depuis le mois de novembre, il y a en Israel une certaine agitation, dans les milieux francophones récemment immigrés, autour de cette structure de Hemla (voir ici son site) et de sa Rabbanit Ra’hel Baranès.

Celle-ci présente son foyer de jeunes filles comme une toute petite structure un peu bricolée, alors que dans le même temps elle prétend avoir le soutien des rabbins les plus connus d’Israel et pouvoir compter sur l’armée voire les services secrets dans les missions de « sauvetage » de jeunes filles dans les villages arabes.

La Rabbanit Baranès se plaint bien entendu de ne pas pouvoir révéler publiquement la terrible vérité autour du sort de 30.000 jeunes juives (c’est son chiffre) dans les villages arabes, car elle se ferait traiter de raciste par les partis gauchistes et arabes…

Bref, les sionistes-religieux appellent à la générosité pour sauver les filles juives amoureuses d’arabes, car « Ca n’arrive pas qu’aux autres ! », « Cela arrive tous les jours près de chez vous! », « Et si c’était votre fille? » (titres tirés du site Feminin.co.il, rubrique spéciale Hemla).

Il n’est pas question de rentrer dans un débat sur ce qui se passerait supposément dans les villages arabes, car ce qui nous intéresse c’est la France, c’est comment les sionistes-religieux veulent pourrir les esprits et la vie de la jeunesse juive ici en France par les mêmes méthodes qu’en Israel.

Pour ce qui en est de la situation là-bas, rappelons simplement que la domination des hommes sur les femmes n’est certainement pas exclusive aux « villages arabes », fantasmés par les racistes comme des pièges où les juives se font convertir de force à l’islam.

Que toute brutalité et oppression commence par une exploitation, que toute exploitation commence par un rapport de dépendance, et qu’en ce sens il est absurde de vouloir « sauver » une fille juive d’un homme arabe pour ensuite le marier au premier étudiant en yeshiva qui passe et en faire une femme au foyer.

Et que quand on comprend que c’est le rapport de dépendance qui est à la base de tout, toute la construction idéologique autour des hommes qui « respectent leur femme » se révèle être du mensonge et de l’hypocrisie : les femmes qui veulent vivre libres n’en veulent pas, de la domination « respectueuse ».

Ce qui est bien réel et vérifiable, par contre, c’est toute cette agitation relativement nouvelle, dont on peut se rendre compte avec cette couverture du numéro de novembre d’un magazine francophone (comme il en existe des dizaines en Israel), numéro dédiant sa une à cette association « chargée de délivrer ces Israéliennes d’un cauchemar bien réel » que serait cette « Intifada silencieuse » :

L’article consacré à Hemla est consultable dans la version en ligne du magazine. Mais il a également été repris aussitôt par des sites d’information juive en France, sous un titre autrement plus explicite, « L’islamisation de jeunes juives par "l’amour" » ; lui-même changé quelques jours plus tard en… « L’islamisation de jeunes juives par "l’amour", çà se passe aussi en France ! » (lire l’introduction en bleu).

Car il faut bien voir deux aspects importants dans toute cette agitation. Tout d’abord, cette agitation ne tombe pas du ciel, elle n’a rien de spontané ou « artisanal » ; c’est une campagne qui a été décidée par des idéologues religieux ou sionistes-religieux, appartenant à des courants tantôt alliés tantôt concurrents, et qui veulent chacun sa part de marché.

Et cette campagne ne s’adresse pas qu’aux familles françaises immigrées en Israel, elle s’adresse aussi aux personnes juives en France même ; elle a déjà commencé ici et va certainement prendre à partir de ces prochains mois une importance considérable dans l’agitation globale des sionistes « identitaires ».

Or ce qui doit retenir toute notre attention, c’est justement cette offensive raciste des sionistes-religieux en France même.

Ainsi on apprend que lundi prochain, à Raanana, aura lieu « en direct pour la première fois en Israel », le témoignage d’une « jeune francophone libérée d’un village arabe » sur « son calvaire ». Tout cela en présence de trois rabbins, pour bien se distancier de toute approche féministe. Il faut voir l’image qui accompagne la publicité, c’est édifiant de voir à quel point elle a été conçue par et pour des hommes :

Toujours est-il que le témoignage cette même « jeune francophone » a déjà été diffusé sur le site Feminin.co.il, lui-même relayé sur le site Juif.org !

C’est-à-dire sur un site qui agrège de nombreux autres sites d’information sioniste, et qui concentre donc un traffic internet assez important. Voici donc ce qu’énormément de monde a pu voir à la une de la partie « magazine » de ce site, et cela pendant plusieurs semaines de décembre :

Or il est clair que le public auquel cela est destiné, c’est un public juif français en France, nullement un public français en Israel. Et ce qui est attaqué, c’est très nettement la possibilité même de l’union mixte.

Il y a donc ici une « synthèse » idéologique menée par les sionistes-religieux, et dont vont se servir les « identitaires » juifs d’extrême-droite quand ils en ressentiront le besoin.

Et c’est là justement qu’il y a quelque chose d’incroyable et de dégueulasse : ainsi un courant idéologique qui n’existait même pas il y a 40 ans prétend dicter à la jeunesse juive ses choix de vies, ses amours, et en appelle de manière à peine voilée à la surveillance de l’entourage.

Mais malheureusement ce délire peut marcher dans certaines familles, au moins un temps, parce que la proposition sioniste-religieuse est une forme « modernisée » – certes de manière brutale et grossière – de quelque chose qui est très répandu chez nous et qui relève de la mentalité féodale.

Cette mentalité féodale, presque toute la jeunesse juive y a forcément été confrontée, filles et garçons, essentiellement quand la famille commence à aborder le sujet les relations amoureuses.

Bien entendu, la mentalité féodale ne s’exprime pas pareillement quand il s’agit de jeunes hommes ou de jeunes femmes. Pour les jeunes femmes, le ton est immédiatement autoritaire, on a directement l’isolement et l’enfermement, parfois la brutalité ; alors que pour les jeunes hommes, la relation avec une femme non-juive serait forcément une relation non sérieuse, provisoire, si ce n’est un piège.

Toute la jeunesse juive a vécu des moments comme cela, et si ce n’est pas avec ses parents, c’est avec ses grands-parents, ses oncles, ses tantes. Peut-être vaut-il mieux ne pas s’étendre là-dessus.

Que veut la jeunesse populaire juive ? Elle veut simplement vivre libre, s’épanouir, assumer son identité et sa place dans une société métissée où le racisme, le sexisme et le capitalisme auront disparu.

Elle veut simplement pouvoir choisir sa vie, vivre sa romance, construire quelque chose avec celui ou celle qu’on aime. Sans avoir à choisir parfois entre la famille et l’amour, ni de manière générale entre l’amour et les nécessités de la vie sous le capitalisme.

Seulement la mentalité féodale pèse sur les épaules de la jeunesse populaire juive, et en plus de cela, les sionistes-religieux arrivent avec leur agitation raciste et leur pression lourde et grossière.

Voilà la preuve que les racistes, les identitaires, les sionistes-religieux, l’extrême-droite ne comprennent strictement rien à la jeunesse juive, à ce qui peut se passer dans nos cœurs, et encore moins chez les jeunes juives ! Tout ce qui les intéresse c’est de recruter des « petits soldats » à vendre aux enchères à l’extrême-droite franco-française !

Naturellement chaque situation personnelle est en soi un cas particulier, mais quand on est engagéE dans une union mixte, dans une union métissée, il faut trouver la force de refuser toute la pression raciste, même quand parfois elle vient des personnes auxquelles on tient le plus.

Il faut savoir croire en la romance et en ce qu’elle a d’universel, contre le racisme et contre le repli, contre la mentalité féodale qui nous enferme et contre l’extrême-droite qui prétend dicter nos vies.

Voici au passage un clip récent de Grand Corps Malade, qui s’appelle « Roméo kiffe Juliette ». On a la droit d’aimer ou de trouver cela insupportable, on peut d’ailleurs se référer à la critique intéressante des Red Lions 94. Mais quoi qu’il en soit, il y a dans cette chanson une vérité.

Du déracinement des « élites » à l’encadrement sioniste – Abraham Serfaty

Extrait de « Le Judaïsme Marocain et le Sionisme » par Abraham Serfaty, disponible par ici au format PDF.

Parallèlement, et avec des fonds de même source, l’Alliance Israélite Universelle était fondée, et créait ses premiers établissements scolaires dans le bassin méditerranéen, et notamment au Maroc.

[...]

S’il est vrai que l’un des premiers élèves de la première école de l’Alliance, celle de Tétouan, devint le fondateur du sionisme au Maroc, les artisans juifs du Rif travaillaient pour l’armement des troupes d’Abdelkrim el-Khattabi.

Mais il est vrai que les quelques milliers de juifs marocains ainsi formés constituaient, à partir des années 1920, la seule « élite », la seule manifestation publique de la communauté juive.

La société traditionnelle devait se dépasser pour affronter l’impact de la colonisation. La résistance nationale, issue des profondeurs du peuple, a été une « résistance », mais n’a jamais été, malgré certaines aspirations plus ou moins diffuses, une « révolution », qui soit à la fois rejet de l’impact colonial et dépassement de la société traditionnelle.

L’idéologie nationale plus ou moins élaborée n’a cessé d’osciller entre le repli sur cette société et l’adoption des valeurs de la société bourgeoise occidentale. Même le courant socialiste, jusqu’aux efforts entrepris depuis ces récentes années, n’offrait de perspective que techniciste.

Rien d’étonnant donc que cette « élite » juive, déracinée dès le départ, intégrée par son style de vie, ses intérêts, à la culture occidentale, n’ait offert, dans le meilleur des cas, aucune perspective nationale concrète à la masse de la communauté juive marocaine, quand elle ne l’a pas, tout simplement, canalisée vers le sionisme.

Dans une structure sociale où l’autonomie culturelle était déjà très forte, cette communauté s’est vue ainsi abandonnée à une telle « élite ».

Ceux des marocains juifs, nombreux à un moment, qui venaient au mouvement national dans le cadre du seul parti qui inscrivait la lutte nationale dans l’objectif d’avenir de construction du socialisme [le Parti Communiste Marocain, auquel avait appartenu Abraham Serfaty], se trouvaient, par une application mécaniste des principes du socialisme scientifique, amenés à sous-estimer, sinon ignorer, la nécessité d’une lutte spécifique dans la communauté juive, la laissant ainsi à cet abandon.

La situation de juin 1967 [au moment de la guerre des Six Jours en Palestine] est venue ainsi couronner un siècle de pénétration et de division coloniales, et un quart de siècle d’abandon de la communauté juive marocaine à l’encadrement sioniste.

« Le Judaïsme Marocain et le Sionisme », Abraham Serfaty, juin – juillet 1969.

Claude Goasguen et l’étoile jaune : jusqu’où ira l’hypocrisie des sionistes ?

Voilà un « dérapage » antisémite qui est passé franchement inaperçu.

C’est l’association antiraciste Mémorial 98 qui a ressorti cet incident, dans un article publié ce dimanche : « Qui manipule l’étoile jaune ? »

Cela s’est passé le 7 juin dernier, en plein conseil de la ville de Paris. Au cours d’un débat sur la construction de logements sociaux dans le 16ème arrondissement, Claude Goasguen s’est exclamé : « Et si vous voulez, monsieur le maire, je peux mettre une étoile jaune avec "16ème" ! »

Où est-ce que le maire UMP du 16ème veut en venir avec cette remarque sidérante ?

S’imagine-t-il vraiment qu’aujourd’hui, les riches du 16ème sont persécutés comme l’ont été les populations juives d’Europe pendant la guerre ?

S’imagine-t-il vraiment que demain, les riches du 16ème seront conduits à l’abattoir comme l’ont été 6 millions de personnes juives ?

La bourgeoisie du 16ème se croit vraiment tout permis, jusqu’à insulter la mémoire de millions de personnes juives qui ont porté l’étoile jaune et ont fait face à l’extermination.

Des millions de personnes juives qui pour la plupart vivaient autant dans l’oppression raciste que dans la misère économique, en tant qu’ouvriers ou artisans pauvres – et certainement pas en tant qu’industriels du 16ème.

L’exclamation de Claude Goasguen n’est absolument pas un « dérapage » : elle sonne comme un véritable cri du cœur, un cri du cœur sans ambiguïté sur l’antisémitisme.

D’ailleurs Goasguen s’est enfoncé immédiatement après, en rajoutant dans la foulée : « Ça vous arrange, puisque nous [les habitants du 16ème] sommes des pestiférés ! »

Seulement les mots ne sont pas innocents, et Claude Goasguen le sait très bien quand il fait référence à la peste noire.

Ou comme le fait très justement remarquer Mémorial 98 : « On appréciera l’association d’idées et d’images. Un tel "ami de la communauté juive" n’ignore sans doute pas que l’accusation de propager la peste noire a pesé sur le sort des communautés juives d’Europe, massacrées au nom de cette accusation. Ou peut-être, par un nouvel élan de retour du refoulé, évoquait-il la peste brune, lui qui a été membre du groupe réellement fasciste et antisémite "Occident". »

C’est sans compter que le matin même de ce « dérapage », Claude Goasguen avait parlé des « desiderata des puissances d’argent » et de « capital apatride » en évoquant les équipements sportifs de son arrondissement.

Ces expressions sont de grands classiques de ce que les communistes appellent « anticapitalisme romantique », qui a toujours été l’un des piliers du mouvement fasciste, et qui d’ailleurs se retrouve aussi bien à « gauche » en ce moment.

Un « anticapitalisme romantique » outrageusement faux, puisque Claude Goasguen est tout de même une figure de la bourgeoisie de l’ouest parisien à la Sarkozy.

Et justement, qui est Claude Goasguen ?

C’est le maire UMP du 16ème arrondissement de Paris et le député de la 14ème circonscription de Paris, qui recouvre essentiellement le quartier Auteuil dans le 16ème.

Politiquement, c’est l’un des représentants du courant ultra-libéral au sein de l’UMP, qui défend les intérêts de la bourgeoisie industrielle parisienne.

Claude Goasguen est aussi un ancien du groupe fasciste Occident dans les années 1960. Après avoir rejoint l’UDF, puis le parti Démocratie Libérale d’Alain Madelin, il appellera la droite à « sortir de l’impasse de la diabolisation du Front National ».

Mais ce n’est pas tout : Claude Goasguen est également le président du groupe parlementaire d’amitié France – Israel, et est un haut responsable de l’Association France – Israël. Il était notamment présent au rassemblement pour Gilad Shalit, il y a un mois au Trocadéro.

Ainsi donc, d’un côté Claude Goasguen est très pro-sioniste et prétend « défendre la communauté juive ». Mais de l’autre côté, Goasguen se lâche dans l’antisémitisme… sans même s’en rendre compte.

D’ailleurs ce n’est pas un cas unique : Bertrand Delanoë peut bien s’arroger le beau rôle en conseil municipal, mais au Parti Socialiste aussi, il existe ce genre de pro-sionistes véritablement antisémites.

Par exemple Georges Frêche, qui avait expliqué en janvier que Laurent Fabius avait « une tronche pas catholique ».

Puis, exactement comme Goasguen, Frêche s’était enfoncé en parlant de son « amitié pour Israël » et en la reliant à son « action en faveur de la communauté juive »… comme si les juifs de France étaient liés à l’État israelien.

Pourtant les sionistes – du Crif à la LDJ – avaient farouchement défendu l’antisémite Georges Frêche. Et depuis début juin, pas un seul mot sur le cas de Claude Goasguen.

Un silence complice qui en dit long sur les priorités des sionistes en France…

Et un silence qui prend tout son sens lorsque Goasguen lance à la fin de son intervention du 6 juin : « Si vous voulez que nous fassions des manifestations dans le 20ème ou dans le 19ème, ça serait aussi stupide que ce que vous êtes en train de dire sur le 16ème. »

Claude Goasguen ignore sans doute qu’il existe une importante minorité juive dans le 19ème et dans le 20ème, qu’il insulte doublement : non seulement en tant que personnes juives avec son délire sur l’étoile jaune, mais aussi en tant qu’habitants de ces arrondissements populaires de Paris.

La vérité, c’est que quand Goasguen se figure « défendre la communauté juive », il pense uniquement aux juifs bourgeois du 16ème, et jamais aux juifs du 19ème, jamais aux juifs des classes populaires.

Et c’est là qu’on voit toute l’hypocrisie du mouvement sioniste en France.

Car les sionistes prétendent s’adresser aux juifs du 19ème, qui sont victimes au quotidien de l’antisémitisme, et qu’ils veulent mobiliser dans leur obsession anti-arabe.

Mais au bout du compte, les sionistes sont prêts à n’importe quelle compromission dans les discrets salons du 16ème.

Juif ! Juive !
Comprends que ton destin est lié à celui des classes populaires en France, dans la lutte pour une société métissée où le capitalisme aura disparu.

[Une vidéo du « dérapage » de Goasguen est visionnable sur Dailymotion.]

Dépasser les illusions sionistes, de droite ou de gauche ! Priorité à l’antifascisme !

Le « sionisme radical », un projet schizophrène qui explosera en vol

La semaine a commencé très fort, du point de vue des sionistes institutionnels : mardi a eu lieu la manifestation de soutien à Gilad Shalit au Trocadéro. En effet, cela fait 4 ans que l’officier franco-israelien Gilad Shalit est prisonnier de guerre à Gaza.

À la tribune se sont succédées toutes les « figures » institutionnelles et idéologiques de la communauté juive : de Gil Taieb de l’ASBI-Keren Or qui a organisé le rassemblement à Richard Prasquier réélu à la présidence du Crif, en passant par Gilles Bernheim (par vidéo), l’ambassadeur, Goasguen le maire du 16ème, Anne Hidalgo de la mairie de Paris, Julien Dray, Claude Lanzmann, Arielle Schwab de l’UEJF, BHL, Finkielkraut, Marek Halter, et même Enrico Macias, Rika Zaraï ou Patrick Bruel (par vidéo), etc.

Les institutions juives avancent le chiffre de 15 000 personnes rassemblées au Trocadéro, mais selon des personnes présentes, cela tournerait plus autour de 10 000 voire peut-être moins. [Compte-rendu par ici.]

En vérité il faut voir que cette manifestation était très attendue par beaucoup de sionistes ou pro-sionistes, et que son organisation a été un quasi mélodrame.

En effet, après le massacre à bord d’un bateau en route pour Gaza, la base sioniste et pro-sioniste a exprimé une attente très claire, celle de se mobiliser dans la rue pour soutenir l’État d’Israel.

Pourtant les institutions juives n’ont pas réagi tout de suite alors qu’elles avaient un véritable boulevard pour réimpulser leur légitimité.

Mais non, à la place elles ont annoncé des rassemblements qui ne collaient pas à l’actualité, en reportant à chaque fois la date, en faisant circuler des informations contradictoires, et tout cela par mails, SMS et Facebook.

Bref, ce sont les sionistes ultras de la LDJ qui se sont emparés de la mobilisation, en organisant dès le 6 juin un rassemblement devant l’ambassade… avec la présence de fascistes français !

Au fond, les institutions juives jouent à un jeu dangereux avec les sionistes ultra : elles acceptent de les envoyer « en éclaireurs » sans avoir à assumer d’éventuelles violences.

Ainsi, d’un côté il y a la conscience que malgré tout quelque chose pourrait leur échapper, de l’autre il y a un laisser-faire qui arrange les franges les plus à droite des institutions juives.

Justement quand on parle de la LDJ, on ne peut pas passer sous silence un autre mélodrame sioniste : celui de « l’apéro saucisson-pinard » de vendredi dernier.

Organisé par les identitaires, le rassemblement fasciste s’est finalement tenu sur les Champs plutôt qu’à la Goutte d’Or, et a mobilisé environ 800 personnes. [Compte-rendu par là.]

On a ainsi pu y voir le Bloc Identitaire, les fascistes « de gauche » de Riposte Laïque, mais aussi des Jeunes Pour la France (JPF) qui pour le coup ont dû clasher avec leurs mentors du MPF de Philippe De Villiers.

Quand on sait que, sur le plan électoral, la LDJ soutient à mots à peine couverts De Villiers et Marine Le Pen, on voit bien que cette initiative a sans doute mis dans l’embarras la direction de la LDJ.

Car quand on a l’appui de ces fascistes pour organiser un rassemblement pro-israelien avec des drapeaux français, il faut bien un jour renvoyer l’ascenseur. Et quand on en arrive là, c’est le début de la fin…

L’extrême-droite devient très activiste, et son développement a nécessairement politisé la démarche de la LDJ, dans le sens où elle est désormais sommée de prendre position, de savoir dire oui ou non.

Ainsi la question de l’apéro saucisson-pinard a très certainement traversé les discussions au sein du noyau dur de la LDJ.

Comme écho de ces discussions, une position ultra-conservatrice contre l’apéro a été relayée, tout en précisant de manière un peu hypocrite qu’il s’agissait « d’un point de vue qui n’engage pas la LDJ ».

Et là, scandale immédiat chez les fascistes franco-français ! Comment ! La LDJ se permet de ne pas appuyer un apéro qui sauvera la France avec du saucisson ? C’est limite si les pires racistes anti-arabes n’ont pas traité la LDJ de « Judas »…

En réaction à cela, la LDJ a continué à « ne pas prendre position » en diffusant un autre article en faveur du saucisson-pinard.

Pourtant il est évident que, du point de vue des « sionistes radicaux », il ne fallait pas soutenir cette initiative. Des juifs qui soutiennent ou participent à un apéro pour bouffer du cadavre de cochon, c’est simplement absurde.

Car la question du saucisson-pinard n’est pas une question « juridique », c’est-à-dire qui puisse être réglée par un substitut kasher. C’est question culturelle : quelle personne juive pourrait se reconnaître dans la culture saucisson-pinard ?

Quand on a été élevé dans une famille juive, c’est souvent se faire violence que d’imaginer manger du porc, et on voit à quel point certains sionistes ultra peuvent être nihilistes par rapport à la culture juive.

Or à l’évidence, les fascistes ont « oublié » les juifs, ou bien s’en sont rappelés au dernier moment, d’autant plus que la présence à cet apéro de nazis pro-syriens comme Frédéric Châtillon ne semble déranger personne…

Autant dire que les personnes juives n’ont certainement pas leur place dans ce type d’initiative anti-arabe, et que trouver cela positif est du pur racisme, de la pure schizophrénie et de la pure négation de soi.

D’ailleurs, quand on lit les commentaires aux deux articles publiés par la LDJ sur l’apéro fasciste, on hallucine de voir comment les fascistes franco-français se croient tout permis, en s’imaginant qu’ils ont une « mission », et qu’ils ont le droit de se mêler de ce que les juifs doivent penser.

Mais apparemment cela ne gêne pas la LDJ… ou alors elle est tellement enferrée dans ses histoires avec l’extrême-droite française qu’elle n’a plus le choix !

En fait c’est cela : la LDJ est coincée. Elle est coincée car elle n’a pas de projet politique autre que l’appui au pogromisme anti-arabe du fascisme franco-français.

Et c’est là que repose toute la mystification idéologique de la LDJ !

Elle a beau se réclamer de Jabotinsky et de Kahana, mais son projet politique n’est même pas le projet politique sioniste. Contrairement par exemple au Betar, qui posait l’Aliyah et le service militaire comme aboutissement absolu du militantisme sioniste.

Bien entendu, il est clair que dans l’époque à venir, le racisme est en soi un projet politique. Mais ce n’est pas un projet « positif » qui se pose comme une perspective à long terme, pour l’émancipation totale de la minorité nationale juive de France.

Même le sionisme a une telle prétention à l’émancipation et un tel projet politique – faux et bourgeois, naturellement. Mais c’est là que l’on voit que la LDJ n’est même pas véritablement sioniste : elle est juste identitaire.

Ainsi, sans projet politique autre que l’union sacrée contre la minorité nationale arabe, les sionistes ultra tombent fatalement dans les bras d’une partie de l’extrême-droite franco-française.

Extrême-droite qui se débarrassera des juifs quand elle se rendra compte que, même en pogromant, son monde capitaliste continue de s’effondrer.

Pourtant la LDJ ne peut plus reculer.

Car face à l’explosion de l’antisémitisme, la jeunesse juive se radicalise. Et pour les sionistes, il est vital qu’elle continue à se radicaliser dans l’impasse qu’est le racisme au sein du peuple.

D’ailleurs quand on saisit cela, on comprend mieux le petit jeu auquel se livrent les institutions juives bourgeoises : ceux que les institutions n’arrivent pas à encadrer dans le militantisme associatif « par en haut », elles préfèrent les voir encadrés « par en bas » dans le sionisme radical franchement raciste.

Pour toutes ces raisons, il n’est pas question pour les sionistes ultra de reculer. Ils sont trop enfoncés dans leur impasse d’extrême-droite, et c’est une question de survie politique.

Voilà pourquoi la LDJ ne peut qu’exploser en vol : plus elle se développe (et il est évident qu’en ce moment elle doit recruter, ou plutôt « fidéliser »), plus ses contradictions se retournent contre elle, et prennent une dimension insurmontable.

La bataille contre l’antisémitisme doit être totale, et ne doit faire aucun compromis avec le racisme, avec le fascisme.

Car quand on commence ainsi, on finit par tolérer l’antisémitisme pour garder sa petite place au soleil. Ainsi la LDJ avait déjà publié un article qui trippait franchement sur le « judéo-bolchévisme », en pensant taper sur l’U"J"FP.

Quant à Hapoel, nous proposons une stratégie révolutionnaire dans la bataille contre l’antisémitisme et le fascisme, une stratégie solide qui n’a pas besoin d’aller chercher ailleurs pour être cohérente, une stratégie qui n’est pas facile mais qui est la seule réaliste.

Pourquoi ? Parce les révolutionnaires voient à long terme, et n’ont pas l’intention d’abandonner avant l’émancipation de notre minorité nationale, avant la libération totale ! Pas de trahison chez les révolutionnaires !

Juif ! Juive !
Le « sionisme radical » est une illusion, une impasse, et à terme une trahison !
Rejoins la bataille révolutionnaire contre l’antisémitisme !
L’Action Antifasciste est ton organisation !

Marée noire à Jérusalem : la société israelienne est une société raciste !

Quand on regarde de près, Hapoel s’intéresse finalement très peu à Israel.

Hapoel est l’expression de la situation en France, et quand nous évoquons Israel, c’est le plus souvent en lien avec les illusions qui règnent parmi les masses juives de France.

Et justement quand on parle d’illusions, il existe le mythe comme quoi la population juive formerait un bloc national, uni et solidaire en Israel, et que toute personne juive s’y sentirait à sa place.

C’est ce mythe qui pousse les ‘Olim français d’origine populaire à se taire sur les tensions qui traversent la vie quotidienne en Israel, à encaisser tout ce qui leur pourrit la vie dont ils avaient rêvé avant de partir, bref à se mentir.

Et c’est ce mythe qui a ouvertement volé en éclats hier, avec la gigantesque manifestation qui a envahi les rues de Jérusalem, mais aussi de Bnei Brak dans la banlieue de Tel Aviv.

Vue du haut des immeubles, cette manifestation devait ressembler à une « marée noire », si cette comparaison n’est pas indécente pour les océans et les vies animales et végétales qu’ils abritent.

En effet les manifestants étaient des religieux, des « ultra-orthodoxes » comme on dit en France, c’est-à-dire en fait ces religieux que l’on appelle ‘Haredim ou Dossim, et que les anti-religieux appellent plus volontiers « Men in Black » ou « Pingouinim ».

Mais qu’est-ce qui a poussé les ‘Haredim à mobiliser 100 000 personnes à Jérusalem et 20 000 à Bnei Brak, ainsi qu’à Immanuel et Beit Shemesh, ou aux abords des prisons Maasiyahou et Neveh Tirza ?

Disons-le sans détour : c’est le racisme anti-arabe.

Et pas n’importe quel racisme anti-arabe, puisqu’il s’agit en fait du racisme contre les personnes juives-arabes : Sfaradim du Maghreb, et Mizra’him d’Irak, d’Iran, de Syrie ou du Yémen.

Pour mieux comprendre, revenons rapidement sur l’enchaînement des événements.

Tout commence à Immanuel pas loin de Naplouse, dans ce que les sociaux-démocrates appellent « territoires occupés » (« HaShta’him ») et que les fascistes appellent « Judée-Samarie ».

Immanuel est une colonie sioniste-religieuse qui abrite majoritairement des ‘Haredim. Ceux-ci se reconnaissent pour beaucoup dans le courant ‘hassidique de Slonim, qui a aussi une branche concurrente à Bnei Brak.

À Immanuel en 2008, donc, une famille Mizra’hit a voulu inscrire ses filles dans une école religieuse pour filles, Beit Yaakov. Grave erreur, puisque cela est très mal passé aux yeux des autres parents, presque tous ashkénazes.

Aux yeux des gens en question, il ne s’agit pas de racisme, non non, il s’agit simplement de ne pas laisser leur progéniture se faire influencer par des éléments moins religieux…

Face à la ségrégation qui était la norme dans cette école, les parents ‘Haredim juifs-arabes ont porté l’affaire devant la Cour Suprême, le fameux « Bagatz » unanimement honni à l’extrême-droite sioniste-religieuse y compris au sein du gouvernement.

En 2009, le Bagatz a émis son jugement : la ségrégation devait cesser, et les élèves ashkénazes et juives-arabes devaient pouvoir étudier ensemble.

Évidemment on est encore loin de la mixité entre filles et garçons, mais il faut bien noter que contrairement à ce que prétend en France la « gauche radicale », Israel n’est pas une « théocratie »… ou du moins pas encore.

Seulement voilà, certains parents ashkénazes se sont acharnés, et ont retiré leurs filles de l’établissement Beit Yaakov, qui est financé par l’État. Une école privée a été ouverte, avant d’être fermée par décision de la Cour Suprême.

Une partie des élèves de cette école privée sont actuellement scolarisées à Bnei Brak, mais d’autres ne sont plus scolarisées, puisque leurs parents refusent de les réinscrire à Beit Yaakov. Or cela est passible de prison en Israel.

Début avril, l’école a été condamnée à une forte amende pour « outrage à tribunal », c’est-à-dire pour n’avoir pas appliqué les décisions du Bagatz. Rebelotte fin avril pour les parents récalcitrants, qui ont été condamnés à deux semaines de prison.

Les événements se sont accélérés ces derniers jours, puisque ce mardi la Cour Suprême a posé un ultimatum aux 43 familles « réfractaires » d’Immanuel : les parents devaient se rendre avant mercredi aux autorités, pour purger leur peine de prison.

Au total 35 pères se sont rendus hier en fin d’après-midi. Mais 2 autres pères et 22 mères sont désormais considérés comme étant « en cavale ». Tout cela est très logique : aux hommes le rôle de « martyrs » au nom de D.ieu, aux femmes le rôle de « mères-courage » soumises par la religion.

Ainsi, c’est dans ce contexte qu’interviennent les immenses manifestations d’hier, qui sont peut-être les plus grosses manifestations de ‘Haredim depuis 1999.

Et quand on voit qu’une aussi grosse mobilisation est en fait une mobilisation en faveur du racisme, il y a de quoi mépriser et haïr ces Men in Black.

De plus les ‘Haredim ont provoqué de nombreux troubles ces derniers temps, que ce soit contre l’ouverture d’un parking à Shabbat à Jérusalem, autour de maltraitances d’enfants à Mea Shearim, ou à propos de travaux sur un ancien cimetière à Yaffo.

Tout cela en dit long sur l’évolution de la société israelienne, où une mobilisation raciste peut être aussi massive et aussi soutenue par les membres sionistes-religieux du gouvernement.

Mais soyons un peu plus précis : ce que critique Hapoel, ce ne sont pas les croyants en France, mais les ‘Haredim sionistes-religieux en Israel.

Et Hapoel ne les critique pas parce qu’ils veulent imposer la Halakha la plus sévère en Israel : cela fait partie de leur idéologie néo-féodale. Non, Hapoel les critique parce qu’ils sont racistes, et pas qu’un peu.

Et d’ailleurs les ‘Haredim qui ont manifesté hier ne s’y trompent pas : les juifs-arabes restent « des arabes comme les autres », et leur racisme est du pur racisme anti-arabe.

Mais en vérité, c’est toute la société israelienne qui est traversée de part en part par le racisme.

Que ce soit envers le peuple arabe palestinien, évidemment, avec ou sans nationalité israelienne ; ou bien envers l’immigration d’Afrique ou des Philippines ; ou encore au sein même de la « société juive », envers les personnes juives-arabes ou éthiopiennes.

Cela ne date pas d’hier : quand l’immigration juive-arabe est arrivée en Israel, elle a subi une oppression terrible, parquée dans les camps de réfugiés puis dans les cités-dortoirs des « villes de développement ». Aux émeutes des années 1950 ont succédé la contestation révolutionnaire des années 1970, puis les succès des religieux de Shass dans les années 1990.

D’ailleurs en parlant de Shass, le fils du Rav Ovadia Yossef a failli être attaqué dans les manifestations d’hier, alors que le Rav Ovadia Yossef lui-même reprochait aux familles juives-arabes d’Immanuel d’avoir saisi la justice israelienne !

Aujourd’hui encore, quand un juif-arabe atteint un haut niveau de responsabilité dans l’appareil d’État sioniste (comme boucher-en-chef dans la dernière guerre au Liban), on rappelle sans cesse ses origines. Un peu comme en France, d’ailleurs…

Cela, c’est la réalité en Israel : au-delà de l’État lui-même, c’est toute la société israelienne qui est une société raciste.

Et cette société garde un semblant de cohésion interne uniquement par les mobilisations guerrières.

Celles et ceux qui s’imaginent pouvoir échapper par l’Aliyah à l’antisémitisme en France se font des illusions.

En effet les tensions au sein même de la société israelienne sont très vives, et d’ailleurs ces quelques dernières années l’image des juifs français s’est très largement dégradée au sein du peuple en Israel – ce qu’évidemment les sionistes ne peuvent pas dire.

Juif ! Juive ! Nous vivons et travaillons en France, et ni les antisémites ni les sionistes ne nous feront partir d’ici ! En France comme ailleurs : guerre au racisme !

Dans la crise capitaliste, l’Aliyah est une illusion tragique !

Premier épisode : le 6 décembre 2008, le jeune anarchiste Alexandros Grigoropoulos est assassiné par la police dans les rues d’Athènes. La Grèce s’embrase, certains quartiers prolétaires vivent une situation quasi insurrectionnelle.

Le 27 décembre 2008, l’armée israelienne lance son offensive meurtrière à Gaza, à l’occasion du Shabbat de ‘Hanoukka et du nouvel an musulman. Plus de 1300 personnes sont massacrées par l’État sioniste.

Deuxième épisode : en mai 2010, la Grèce est secouée par une grève générale contre les « mesures d’austérité », une grève générale qui tourne à l’émeute quand les syndicats bidons n’arrivent plus à gérer la situation.

Le 31 mai 2010, l’armée sioniste attaque un bateau humanitaire au large de Gaza, et 9 personnes turques sont tuées à bord.

Pour celles et ceux qui font des raccourcis théoriques, l’affaire est entendue : il suffit de surveiller du coin de l’œil l’actualité en Grèce, pour prévoir quand l’État sioniste va frapper et assassiner.

Cela a l’air simpliste, et pourtant il y a une part de vérité là-dedans.

Car notre époque est celle de la crise générale du capitalisme, et la crise économique mondiale s’est considérablement approfondie depuis l’automne 2008.

Or en vérité, les soulèvements en Grèce et les massacres en Palestine sont deux aspects de la crise générale.

D’une part on assiste au développement des rébellions prolétaires, car là où il y a exploitation et oppression, il y a résistance.

D’autre part les capitalistes subissent également la crise, et les plus agressifs ne voient qu’une seule porte de sortie pour réimpulser leur machine de mort : la marche à la guerre impérialiste.

La militarisation et le caractère de plus en plus barbare de l’État israelien relèvent de la marche à la guerre impérialiste, comme évoqué dans notre document Gaza et la militarisation de l’économie israelienne.

Au-delà de cette explication générale, il y a la situation concrète en Grèce et en Israel : ces deux pays sont au bord de la faillite depuis longtemps, et ne survivent que grâce aux investissements massifs de l’impérialisme américain.

Des analyses plus poussées avaient été produites au début des années 1990 essentiellement par les Brigades Rouges pour la construction du Parti Communiste Combattant (BR-PCC) en Italie – mais aussi par la Fraction Armée Rouge (RAF) en Allemagne.

Les BR-PCC expliquaient (12) qu’il existait une certaine unité dans « l’aire géopolitique Europe Occidentale – Méditerranée – Moyen-Orient », et que le camp révolutionnaire devait prendre en compte cette stratégie impérialiste.

Aujourd’hui on voit que la situation n’est plus forcément celle décrite par les BR-PCC, car les contradictions inter-impérialistes ont changé depuis 20 ans.

En revanche la caractérisation comme « aire géopolitique » de la bande Méditerranée – Moyen-Orient semble en partie intéressante, car par exemple la Grèce et Israel sont tous deux dominés et dépendants des États-Unis.

Et d’ailleurs pendant l’offensive sioniste de janvier 2009, on s’était rendu compte que les USA faisaient transiter leurs envois d’armes par la Grèce. La mobilisation menée par les révolutionnaires de Grèce à l’appel du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) avait réussi à faire échouer ce plan.

Résultat de cette « unité géopolitique » en Méditerranée : quand les USA connaissent les soubresauts de la crise capitaliste, les échos se font ressentir à peu près au même moment en Grèce et en Palestine. Cela semble un peu schématique, mais en janvier 2009 et en mai 2010, cela était frappant – et meurtrier.

Où est-ce que nous voulons en venir ?

Nous voulons en venir à la question tristement concrète de l’Aliyah.

Car si l’on se base sur la compréhension de la crise générale du capitalisme, il devient évident que la situation en Palestine ne peut que s’aggraver, et le sionisme ne peut que s’enfoncer dans le militarisme et la barbarie : cette tendance est irrésistible, tout comme l’est la crise.

En effet, la crise capitaliste n’exclut pas forcément un rythme effréné de l’accumulation capitaliste, et ainsi Lénine explique :

« Ce serait une erreur de croire que la tendance à la putréfaction exclut la croissance rapide du capitalisme ; non, telles branches d’industrie, telles couches de la bourgeoisie, tels pays manifestent à l’époque de l’impérialisme, avec une force plus ou moins grande, tantôt l’une tantôt l’autre de ces tendances.

Dans l’ensemble, le capitalisme se développe infiniment plus vite qu’auparavant, mais ce développement devient généralement plus inégal, l’inégalité de développement se manifestant en particulier par la putréfaction des pays les plus riches en capital (Angleterre). »

En réalité les deux aspects de la crise – marasme d’une part, frénésie d’autre part – se nourrissent l’un l’autre.

Voilà pourquoi les impérialistes sont chaque jour plus irrationnels, plus féroces, et en même temps plus proches de leur fin. Et voilà pourquoi les délais entre deux agressions israeliennes d’ampleur sont de plus en plus serrés.

Mais quel rapport avec l’Aliyah ?

Eh bien pour saisir cela, il faut comprendre ce que signifie « l’inégalité de développement » dont parle Lénine.

Concrètement, cela signifie que l’approfondissement de la crise ne touche pas nécessairement en même temps la France et Israel.

Car autant Israel est dans la sphère d’influence américaine, autant la France est un impérialisme concurrent, et la crise capitaliste se développe de manière inégale de part et d’autre de l’Atlantique – et donc de part et d’autre de la Méditerranée, comme on l’a vu aussi avec la Grèce.

D’ailleurs celles et ceux qui ont suivi les rubriques économiques de la presse sioniste ont pu le constater : cette presse annonçait sur un ton triomphaliste qu’en Israel la crise était passée, et qu’Israel avait été le premier pays à en sortir.

Pas étonnant, quand on voit les millions de dollars que les USA ont injectés dans l’industrie de l’armement, quand on connaît le rôle central d’Israel dans les projets américains au Proche-Orient, et quand on voit comment la situation militaire se tend chaque jour.

Par conséquent il peut exister des moments où la crise capitaliste est dans une phase d’aggravation en France, mais en phase de résorption en Israel – évidemment de manière très provisoire et suivie à chaque fois d’une phase de guerre…

Ainsi quand on est un jeune père ou une jeune mère d’origine juive dans une famille populaire, quand on voit tous ses horizons bouchés dans un quartier déprimant, quand de plus on ne sait pas ce que l’antisémitisme réserve à ses enfants… parfois la question de l’Aliyah peut se poser.

Cela est désespérant d’en arriver à la conclusion qu’on n’a plus sa place en France, mais c’est ainsi que la question se pose pour une fraction des masses populaires juives.

Seulement voilà, la crise capitaliste a un caractère général et mondial, malgré son développement inégal.

Donc autant l’Aliyah a pu représenter une alternative très vaguement crédible jusque dans les années 1980 voire 1990, pour espérer s’en sortir de manière individuelle en devenant colons dans un pays fantasmé.

Autant aujourd’hui l’Aliyah revient à s’exiler vers un État qui s’enfonce chaque jour dans l’irrationalisme, la crise et la guerre. Un État où chaque « éclaircie » est contre-balancée en retour par une guerre à chaque fois plus meurtrière, avec à chaque fois une militarisation et une mobilisation plus profondes des masses.

Cela n’est pas un avenir.

C’est juste une fuite dans un pays incompréhensible et où règne la barbarie, aussi bien à l’intérieur que par rapport à la nation arabe. Un pays où l’on sait au fond qu’on n’a pas non plus sa place, et où l’argument de la « sécurité » s’effrite chaque jour davantage.

La réalité en France, c’est que le peuple cherche quotidiennement une voie pour la libération, avec ses tâtonnements, avec sa part de désespoir qui chaque jour le ronge.

Penser que cette libération peut venir du sionisme et de l’Aliyah, c’est juste se mentir à soi-même.

Pour les masses populaires juives de France, la révolution est une question de réalisme.

Le sionisme, une impasse meurtière !

Sur l’attaque sioniste contre la flotte de soutien à Gaza – PCMLM

Abordage de la flotte de soutien à Gaza

L’État israélien est né sous la forme du colonialisme ; sa réaction brutale contre la flottille allant à Gaza n’est donc pas étonnante. Ni même son aspect meurtrier : le colonialisme va toujours de pair avec un militarisme ouvert, agressif.

Les 10 000 tonnes de marchandises pour Gaza étaient un symbole de solidarité avec le peuple arabe palestinien ; pour le sionisme, c’était une remise en cause de sa toute-puissance, et l’affrontement était inévitable.

Seize personnes ont été tuées par la marine israélienne lors de l’assaut d’au moins un des six bateaux de la flottille ; d’un côté, il est dit que les soldats israéliens ont tiré sur les civils endormis, alors que de l’autre, l’armée israélienne affirme que ses soldats ont été attaqués avec des haches et des pistolets.

Or l’État israélien explique en même temps qu’il s’agit d’une opération de police : il n’est pas difficile de voir la contradiction qu’il y a à affirmer cela, alors que cette opération a été menée par l’armée, et qui plus est dans les eaux internationales !

De plus, l’armée et la police étaient en état d’alerte avant même l’assaut, montrant que le caractère prémédité du clash est évident. Le sionisme ne peut maintenir son État qu’en maintenant une tension permanente, qu’en justifiant son rôle de gendarme au service de l’impérialisme, principalement US.

L’impérialisme français n’est toutefois pas en reste, car il se prétend toujours l’ami du peuple arabe palestinien ou des peuples arabes en général, pour toujours les poignarder dans le dos après les avoir utilisés dans sa concurrence avec l’impérialisme US.

Le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner explique ainsi que « rien ne saurait justifier l’emploi d’une telle violence », ce qui ne veut rien dire en soi, car le sionisme ne maintient son régime en Palestine que par la violence.

Il n’y a rien à attendre de l’impérialisme français, comme il n’y a d’ailleurs rien à attendre des milieux associatifs, qui ne comprennent ni la dimension de la question palestinienne, ni la stratégie révolutionnaire nécessaire.

Seule la révolution mondiale, avançant pays par pays, et dans ce cadre la révolution démocratique arabe consistant en le soulèvement des masses populaires de tous les pays arabes, peut balayer le sionisme.

La question palestinienne est une question arabe ; à ce titre sa réponse est arabe, elle n’est pas une question d’associations européennes ni de charité ou de compassion. Ce sont le sionisme et l’impérialisme qui sont les obstacles à la libération du peuple arabe palestinien.

Cela doit être également compris par les masses d’origine juive de France, qui n’ont fort logiquement pas répondu à l’appel du sionisme d’abandonner leur propre pays pour devenir des colons.

Elles doivent bien saisir la démagogie ultra-réactionnaire d’une institution comme le CRIF, qui « déplore profondément » ce qui s’est passé, tout en défendant de manière intransigeante le sionisme.

Elles doivent saisir le caractère impérialiste ultra-agressif d’une institution comme « Actualité Juive », dont la couverture du dernier numéro titre « Hébron – reconquête », saluant la colonisation par quelques centaines de personnes de la ville de Hébron comme une « reconquête », alors que ce terme fait référence à la « reconquista » espagnole contre les musulmans et aboutissant en même temps à l’expulsion des Juifs d’Espagne, les séfarades !

Soutien à la révolution démocratique arabe dans son ensemble, pour soutenir la révolution palestinienne ; compréhension et refus du romantisme « anticapitaliste » tant sioniste qu’antisémite…

Telle est notre conception scientifique ! Car nous ne cherchons pas, contrairement à l’extrême-gauche petite-bourgeoise française, à ravaler notre façade et à nous donner une « aura » révolutionnaire sur le dos du peuple palestinien, en profitant de ses malheurs et de ses souffrances, tout en jonglant avec l’antisémitisme !

Le Pen, les cathos intégristes, Novopress… et les juifs schizophrènes d’extrême-droite

Il existe en France des juifs qui vivent dans une intense schizophrénie.

Ces juifs schizophrènes soutiennent l’extrême-droite franco-française, sous couvert de guerre de l’occident soi-disant « judéo-chrétien » contre le monde arabe.

Heureusement, Jean-Marie Le Pen pense à eux !

Car depuis la campagne des élections régionales, il ne se passe plus un mois sans que le chef du Front National ne fasse une déclaration antisémite tonitruante, pour ne pas perdre la main dans la course à l’antisémitisme.

Ainsi on a eu droit ce dimanche soir à des affirmations franchement négationnistes de la part de Le Pen.

En commentant le déplacement du grand rabbin Bernheim à Vichy pour la journée nationale de la déportation, Le Pen a osé dire : « Il l’a peut-être fait aussi en remerciement de l’action du gouvernement de Vichy. »

Avant d’ajouter que « les juifs français ont bénéficié, somme toute, d’une indulgence que leur a valu l’action du gouvernement français ». Le Pen est donc en train d’expliquer que les personnes qui ont perdu de la famille pendant la guerre devraient presque remercier Vichy.

Il est de plus carrément pervers, en introduisant une distinction entre les personnes juives françaises et les personnes juives de nationalité étrangère – alors que pour les bouchers génocidaires, même un bébé juif devait être liquidé.

Jean-Marie Le Pen déclare enfin : « Feindre de croire que le maréchal Pétain était responsable de la persécution des juifs pendant la guerre, c’est une pensée scandaleuse. Adolphe Hitler ne demandait pas l’autorisation à Philippe Pétain de faire ce qu’il voulait faire. »

Le Pen feint d’ignorer que pendant la Rafle du Vél d’Hiv, les personnes juives enlevées, parquées, déportées et assassinées n’ont pas vu un seul uniforme allemand. Pourtant, le chef du Front National est un spécialiste de la Rafle du Vél d’Hiv.

À cela, Jean-Marie Le Pen répond que la Rafle du Vél d’Hiv « n’a pas été d’initiative française ». C’est oublier les rafles de Vichy en zone « libre », qui ont suivi immédiatement les grandes rafles en zone occupée. Ainsi à la fin août 1942, ce sont 6500 personnes juives qui furent raflées en zone « libre ».

Le Pen joue donc dans le registre du négationnisme pur et simple, en pleine journée du souvenir des populations déportées par les nazis et leurs alliés. Et quoi qu’en diront les juifs d’extrême-droite, leur idole Marine Le Pen n’a toujours pas réagi.

On n’est pas là dans une nostalgie du pétainisme, mais dans un antisémitisme très actuel, qui se revendique comme ancré dans l’histoire du fascisme français. Bref, un antisémitisme opérationnel car traditionnel.

Et justement à propos d’antisémitisme traditionnel, un documentaire sera diffusé sur France 2, ce soir à 22h55. Il s’agit d’un reportage des Infiltrés sur les catholiques intégristes de Bordeaux, en lien avec le mouvement national-catholique Dies Irae.

Les fascistes ont mené une intense campagne contre la diffusion de ce documentaire. Toute cette affaire est résumée sur le site de l’Action Antifasciste.

Quoi qu’il en soit, on voit dans ce documentaire des enfants scolarisés dans une école catholique intégriste de Bordeaux, et l’un d’eux déclare franchement au journaliste infiltré : « Mon voyage de noces, je le ferai à Auschwitz. »

Là encore, le fantasme de « l’occident judéo-chrétien » des juifs d’extrême-droite en prend un sérieux coup…

Pour finir, la palme de la schizophrénie et de l’hypocrisie revient peut-être en ce moment… au Crif !

En effet, à propos de la conférence de l’ambassadeur iranien dans une brasserie d’extrême-droite, le Crif reprend dans son fil d’actualité un compte-rendu de Novopress, qui est en gros l’agence de presse du courant fascistes des « Identitaires ».

Le Crif reprend donc un compte-rendu venant de l’extrême-droite, et ce faisant, il laisse entendre que les fascistes Identitaires ne seraient pas antisémites.

Pourtant sur la page d’accueil de Novopress Paris, on trouve directement un article intitulé « Gad Elmaleh : courageux mais pas téméraire ».

On peut penser ce qu’on veut de Gad Elmaleh, notamment après que TF1 ait plus ou moins massacré son spectacle samedi soir, mais là, les fascistes réagissent au « soutien » de Gad à « l’humoriste » Stéphane Guillon :

« Personne n’a le souvenir d’avoir entendu Gad Elmaleh prendre la défense d’un autre « collègue », autrement plus « menacé » que l’histrion Guillon puisque véritablement chassé des médias et agressé physiquement. Il s’agit bien sûr du paria Dieudonné. Un « oubli » à sa belle et courageuse profession de foi auquel le « comique préféré des français » ne manquera pas, n’en doutons pas, de remédier. »

On est là en plein dans l’attaque antisémite pleine de sous-entendus.

Ainsi donc, le fil d’information du Crif reprend des articles venant de l’extrême-droite antisémite, sans un seul mot d’explication ou de clarification.

Les juifs schizophrènes d’extrême-droite prétendent lutter contre l’antisémitisme, mais la vérité c’est que ce sont des gens inconséquents, empêtrés dans des contradictions profondes.

Au vu de tout cela, leur existence peut paraître surprenante. Mais elle est en fait très logique : la bourgeoisie juive est intégrée au sein de la bourgeoisie française, et leurs intérêts de classe se confondent.

Le véritable problème, c’est que l’extrême-droite juive est propagandiste à l’extrême, et que son agitation permanente peut toucher des secteurs populaires au sein de la minorité nationale juive.

Les personnes juives qui tombent dans les délires de l’extrême-droite franco-française sont perdues pour la lutte contre l’antisémitisme, elles servent le fascisme assassin.

Car le fascisme est un mouvement, un mouvement protéiforme où tout existe avec son contraire. Croire que l’on peut tirer profit d’une alliance avec certains fascistes contre d’autres, c’est renforcer le mouvement fasciste dans son ensemble.

Dans l’extrême-droite franco-française, il n’existe pas de fascistes qui ne soient pas antisémites : cela peut aller de l’antisémitisme hypocrite « qui s’ignore » à l’antisémitisme exterminateur, en passant par l’antisémitisme propagandiste ou pogromiste.

La seule voie pour briser l’antisémitisme et vivre libres, c’est d’abattre les projets fascistes de division du peuple, c’est d’abattre la triple oppression : racisme, sexisme, capitalisme.

Juif ! Juive ! Rejette l’extrême-droite juive schizophrène !
Assume une lutte franche et conséquente contre l’antisémitisme !
L’Action Antifasciste est ton organisation !

L’idéologie sioniste nie l’existence des victimes de la Shoah !

C’était hier Yom HaShoah.

Il faut savoir que Yom HaShoah est une journée qui a été instituée par l’État israelien quelques années après son établissement, et dont le nom complet est en réalité « Yom HaZikaron LaShoah VeLaGvura », qui signifie « jour du souvenir de la Shoah et de l’héroïsme / de la bravoure ».

Dans l’idéologie sioniste, la référence à la « bravoure » n’est jamais gratuite. Et d’ailleurs, Yom HaShoah se tenait originellement le 15 du mois religieux de Nissan, pour célébrer l’insurrection du ghetto de Varsovie.

Petit problème : le 15 Nissan c’est déjà le premier jour de Pessa’h, et effectivement les nazis voulaient entrer dans le ghetto de Varsovie exprès pour Pessa’h.

Yom HaShoah a finalement été déplacé au 27 Nissan, une semaine avant Yom Ha’Atzmaout : cette date a donc été choisie uniquement par rapport à la création d’Israel !

Qu’est-ce que tout cela signifie ?

Que l’idéologie sioniste aimerait bien « oublier » les victimes de la Shoah !

L’idéologie sioniste est un nationalisme typiquement européen, dans lequel la notion fasciste de « régénérer la nation » est omniprésente. Et derrière cette idée se trouvent naturellement la mystique nationale guerrière et le mythe fasciste de « l’Hébreu nouveau », du « pionnier-soldat ».

Par conséquent, les victimes de la Shoah qui ne correspondent pas à ce mythe sioniste doivent vite être « diluées » dans l’héroïsme de celles et ceux qui se sont dresséEs l’arme à la main et ont résisté à la barbarie nazie.

Et tout en bas de l’échelle de valeur de l’idéologie sioniste, on retrouve les personnes qui sont passées par l’enfer des camps mais qui ont survécu. À ces personnes là, il est implicitement reproché soit de ne pas avoir résisté, soit de ne pas avoir été exterminées.

Cela revient au fond à nier que les nazis et leur alliés voulaient anéantir tout individu qui était né juif, et pas seulement ceux qui « voulaient simplement ne plus vivre à genoux » comme le chantait Jean Ferrat.

Les nazis ont voulu nous anéantir très concrètement, et l’idéologie sioniste a rendu abstraites les victimes de cette extermination : soit des fantômes, soit des icônes.

Au fond, l’idéologie sioniste nie ce qu’a été la Shoah.

Pour comprendre cela, il suffit de voir à quel point l’existence même des rescapéEs a été niée en Israel.

Par exemple jusqu’à très récemment, l’État israelien ne versait aucune indemnité aux rescapéEs des camps, considérant notamment que les indemnités allemandes suffisaient largement. Pourtant, beaucoup parmi les 200.000 survivantEs en Israel vivent aujourd’hui dans une misère noire…

De même il faut connaître le déni qui entoure – et pas seulement en Israel – les personnes rescapées qui sont devenues folles, hantées par le traumatisme absolu de la déshumanisation et du génocide.

Nous reproduisons dans la suite un article très dur, qui parle d’un « hôpital psychiatrique » dédié aux victimes de la Shoah. L’article est paru dans la presse bourgeoise canadienne et ne remet donc pas en cause l’enfermement psychiatrique, mais il faut le lire et reconnaître cette réalité insupportable.

Ainsi l’État sioniste a très longtemps refusé toute dignité aux survivantEs – voire simplement toute existence.

Et ce n’est que maintenant qu’arrive la reconnaissance de leur souffrance. Évidemment bien trop tard.

Cela peut paraître une banalité mais ce n’en est pas une : les antifascistes reconnaissent la « dignité du réel », et affirment que toutes les victimes du génocide ont été des individus en chair et en os – et plus en os qu’en chair.

Les antifascistes connaissent la valeur du mot « barbarie », et reconnaissent – à défaut de pouvoir l’imaginer – la souffrance de tous les individus qui ont fait face à la Shoah.

Les juifs n’oublient pas ! Les juives n’oublient pas !
Il n’y aura pas de nouvelle Shoah !

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Avec Zemmour, les sionistes découvrent le nationalisme français

Suite à l’émission « On n’est pas couché » de samedi dernier sur France 2, les sionistes tombent des nues.

Car dans l’émission de Ruquier où Éric Zemmour officie, étaient invités Bernard Henri-Lévy et Yann Moix. Les extraits où BHL parle – de façon toujours aussi bourgeoise et insupportable – sont par ici ; ceux où Moix défend le pédophile Polansky – en instrumentalisant au passage les minorités juives – sont par là.

En particulier le débat entre BHL et Zemmour est très intéressant… précisément car il est sans intérêt !

En gros, c’est BHL dans le rôle de l’intellectuel grand-bourgeois, pro-sioniste, pro-américain et délirant sur le Talmud comme étant d’une « grande modernité », contre Éric Zemmour dans le rôle du nationaliste français jacobin-assimilationniste.

On notera quand même deux choses quand Zemmour parle de Vichy :

- d’un côté il explique, comme une infime minorité de l’Action Française à l’époque, que le vrai nationalisme français ne consistait pas en la collaboration avec l’Allemagne nazie, mais en le « souverainisme » de De Gaulle ;

- de l’autre côté il en arrive à affirmer que Vichy pensait sincèrement sauver les juifs français en faisant exterminer les juifs étrangers – ce qui devrait le disqualifier aux yeux de n’importe quelle personne juive non schizophrène.

En fait, le premier point confirme très précisément l’économie communiste, qui explique que Vichy a été l’expression la plus dictatoriale de la bourgeoisie industrielle, et non pas de la bourgeoisie financière représentée par De Gaulle, encore faible à l’époque en France – alors que le fascisme est généralement « la dictature terroriste ouverte du capital financier ».

Cela rejoint ce que disait Hapoel à propos de Zemmour :

La stratégie que propose Zemmour, c’est donc de raccrocher la minorité nationale juive à la remorque de la bourgeoisie bien française. Et même pas à la bourgeoisie traditionnelle de Sarkozy (comme le voudraient les sionistes, de l’UPJF à la LDJ), mais à la bourgeoisie française agressive, celle de De Gaulle hier et du fascisme demain.

Quoi qu’il en soit, les deux « passes d’armes » entre Zemmour et BHL d’une part, et entre Zemmour et Moix d’autre part, ont soulevé des réactions chez les sionistes.

Concernant Moix, la LD"J" s’en est émue dans un communiqué (lire également les commentaires) ; concernant BHL, on peut lire une réaction sur un blog sioniste.

Bref, les sionistes ont la gueule de bois.

Notamment sur le blog sioniste Lessakel (deuxième lien ci-dessus), on s’étonne qu’après « ses saillies sur l’islamisation lente de notre société », Zemmour veuille « se faire plus français que les français ». Puis on se souvient des « amitiés contre-nature de Eric Zemmour avec des groupes royalistes d’obédience maurrassienne », avant de remarquer que tous les fascistes adulent Zemmour, qui serait « définitivement un Français, certes juif mais totalement assimilé » (sic).

Tout cela est symptomatique de l’extrême-droite juive schizophrène, qui ne voit chez les fascistes français que ce qu’elle veut bien voir, aveuglée qu’elle est par son racisme.

Aux schizophrènes qui veulent se vendre à l’extrême-droite, nous répondons ce que nous disions déjà sur Zemmour :

Concernant la question des minorités nationales en France, Éric Zemmour fait encore une fois figure de réactionnaire.

Dans sa perspective de nationalisme classique, il s’agit d’intégrer brutalement les minorités nationales, de les faire rentrer dans le giron de la république jacobine nationale-autoritaire.

Il est important d’insister sur ce point, car c’est un aspect qui n’est pas vu ou pas compris par de larges secteurs des masses juives, qui pourraient se laisser éblouir par les intervention de Zemmour à la télé – toujours très offensives et très « brillantes » du point de vue du nationalisme français.

La preuve absolue de sa négation brutale des minorités nationales, c’est qu’il n’a même pas fait le choix du sionisme. Autrement dit, quitte à ce que la minorité juive ait une idéologie nationaliste, Zemmour préfère que ce soit le nationalisme français plutôt que le sionisme.

En fait, Éric Zemmour constitue une « figure typique » : il incarne à merveille la figure du vendu, du juif plus français que français, plus blanc que blanc, et on pourrait même dire « plus royaliste que le roi »… puisqu’il a déjà donné une interview au journal de l’Action Française !

[...]

La stratégie que propose Zemmour, c’est donc de raccrocher la minorité nationale juive à la remorque de la bourgeoisie bien française. Et même pas à la bourgeoisie traditionnelle de Sarkozy (comme le voudraient les sionistes, de l’UPJF à la LDJ), mais à la bourgeoisie française agressive, celle de De Gaulle hier et du fascisme demain.

Ce qui est terrifiant, c’est que cette proposition stratégique est l’exact symétrique de ce que disent Dieudonné, Soral et Gouasmi, le caractère totalement bouffon en moins…

En effet, eux aussi veulent raccrocher la minorité nationale arabe à l’impérialisme francais le plus agressif, en l’opposant à la minorité juive, et cela encore une fois au nom de la république française « éternelle » et du prétendu « anti-communautarisme ».

[...]

Les masses juives doivent donc comprendre que Zemmour, c’est un Soral pour les juifs ; et qu’il participe donc à l’encerclement idéologique et culturel de notre minorité par les fascistes, avec ses fantasmes ultra-républicains.

Encore une fois, Hapoel se retrouve dans la position très inconfortable d’expliquer aux sionistes leur propre idéologie…

Mais c’est bien simple : Hapoel étudie l’économie politique communiste et la culture réactionnaire française, et a donc déjà compris et expliqué ce que représentait la figure d’Éric Zemmour – y compris le fait que cela soit justement incompris par beaucoup !

Sans voir tout cela, on ne peut pas servir le peuple, on ne peut pas servir les masses populaires juives, car on ne sait pas qui sont nos amiEs et qui sont nos ennemiEs.

Le « sionisme radical », une voie de garage pour l’autodéfense juive

Ce jeudi a lieu un procès à Paris, celui de 4 militants sionistes proches de la LD"J".

Ceux-ci sont accusés d’avoir crâmé il y a quelque temps la moto de « Thömas Werlet », un antisémite (de type proto-nazi, si ce n’est néo-nazi) fondateur de l’ex-Droite Socialiste et de l’actuel Parti Solidaire Français.

Fin décembre, un petit communiqué a été posté sur le site Sioniste.net, appelant à soutenir les militants sionistes au palais de « justice ».

Cela n’est pas étonnant quand on sait qui tient le site du « Front Sioniste ». Un nom qui n’est pas inconnu, d’ailleurs, mais qui l’était quand nous avons connu le site.

Mais il n’en reste pas moins que ce communiqué est très intéressant ; c’est même presque un « cas d’école ».

La première chose qui saute aux yeux quand on le lit, c’est… l’image de 50 Cent, version feuj ! De quoi arracher un sourire à n’importe quel jeune juif, malheureusement sur un mode identitaire-religieux et pro-capitaliste.

Mais passons.

Ce qui saute aux yeux dans le communiqué lui-même, c’est que nulle part il n’est fait mention du sionisme ! Aucune mention à l’idéologie sioniste, aucune mention au militantisme sioniste (les militants sont qualifiés de « Quatre jeunes juifs »).

En fait, l’appel à soutien en soi est très démocratique, très tactique en citant Sarkozy, quasi apolitique, avec un ton très intelligent dans sa fausse naïveté :

« Il faut savoir que l’ideologie que prone l’antisemite thomas werlet a condui directement à la mort de 6 millions de juifs. Eux aussi ont ete brulés, pourtant le capitaine de police ne m’a pas parlé de ces derniers … »

« Sarkozy a declaré [...] l’antisemitisme ca se combat frontalement. On ne tente pas de l’expliquer on le combat frontalement,c’est ce que nous avons fait… »

Disons-le clairement : ce communiqué pourrait presque être antifasciste.

Et en plus, il est d’une grande radicalité :

« Nous ne laisserons pas des antisemites propager l’ideologie nazi, meme si cela nous coute notre liberte. »

« Venez nous soutenir et montrer que tout le monde cautionne les coups portés aux fils spirituels d’hitler. »

Que faut-il en conclure ?

Est-ce que l’antifascisme mis en avant sur Sioniste.net est sincère ? Sans doute, car devant un déballage d’antisémitisme, toute personne juive se sent personnellement attaquée.

Mais alors, que penser de toutes les références sionistes, qui vont du logo de l’Irgoun jusqu’à une image anti-palestinienne vraiment odieuse pour les victimes du nazisme ?

Est-ce seulement un « enrobage » pour raccrocher une exigence correcte d’autodéfense juive à une idéologie et à une histoire, quelles qu’elles soient ?

Ou bien ce communiqué est très malin, en prétendant dépolitiser l’autodéfense juive pour l’intégrer « en douce » au sionisme ultra et au nationalisme franco-français ?

Jusqu’à peu, nous n’en savions rien. Enfin nous avions quand même une petite idée…

Mais avant-hier, le mouvement ultra-réactionnaire « France – Israel Jeunes » a lui aussi émis un communiqué, qui pour le coup n’a absolument rien d’antifasciste !

Dans ce communiqué (aussitôt repris par le site de la LD"J"), les « quatre jeunes juifs » deviennent « 4 militants sionistes », et les « patriotes français et israeliens » défendraient leur nationalisme contre les antisémites qui « dénaturent une belle idée » !

Bref, la collusion fasciste est totale, et le but politique est affiché : faire en sorte que toute aspiration à l’autodéfense juive soit détournée au service du fascisme de type « occidentaliste ».

Ainsi, même quand une action pourrait s’insérer dans une démarche antifasciste, les fascistes de la LD"J" montrent leur vraie nature : celle d’un regroupement d’extrême-droite qui compte se vendre et s’intégrer au fascisme français.

Quitte à parfois fermer les yeux sur l’antisémitisme larvé des fascistes français qui se prétendent non antisémites…

Ensuite, on n’en sait rien de ce qui se passe dans la tête du « Front Sioniste ». Y a-t-il manipulation typique du fascisme ? Ou bien récupération pas vraiment voulue ?

Mais politiquement, cela ne change rien. Et c’est dommage, vraiment dommage.

Car ce que l’on peut observer ici à « petite échelle » a un caractère historiquement significatif.

En effet, c’est précisément l’histoire de l’autodéfense juive des années 1980 : un mouvement radical venant de la base, c’est-à-dire des masses prolétaires juives, mais qui a été happé par le sionisme de droite et le nationalisme français.

C’est exactement cela, la stratégie du fascisme : partir du besoin de radicalité et de violence qui s’exprime dans le peuple, pour le dévoyer dans une mobilisation réactionnaire et raciste.

Sauf que, comme disait Marx, l’histoire se répète toujours deux fois : la première fois comme tragédie, la deuxième fois comme farce.

Pour que cela ne termine ni en farce, ni en tragédie, il faut proposer à la jeunesse juive qui chaque jour se radicalise une alternative au sionisme, sionisme qui a historiquement trahi l’autodéfense juive.

Le sionisme radical est une voie de garage pour l’autodéfense juive !

La seule voie possible, c’est la voie de l’autodéfense antifasciste – pour l’unité du peuple et la révolution !

Juif ! Juive ! La révolution arabe est aussi la tienne !

Gaza et la militarisation de l’économie israelienne

Le saviez-vous ?

Un peu comme le Liban à l’été 2006, l’offensive sioniste à Gaza en janvier 2009 a largement servi comme « laboratoire » militaire à Tzahal.

En effet, de nombreuses armes américaines et israeliennes ont été testées, des tactiques militaires ont été appliquées et évaluées, et les techniques et tactiques de la résistance palestinienne ont été passées au crible.

Mais ce qui est moins compris, c’est le bond en avant dans la militarisation de la société israelienne qui a été permis par l’offensive de Gaza.

Car il faut bien voir que l’aspect « laboratoire » de cette offensive concerne également l’exercice du pouvoir et la marche de l’économie en Israel même : c’est le pendant « interne » de la répression de la résistance arabe.

Ainsi, il faut savoir que durant l’opération ‘Oferet Yetzukah, les réunions du gouvernement israelien se tenaient directement… au ministère de la défense !

Autrement dit, dans un État qui vit plus ou moins en guerre depuis 60 ans, et où l’institution militaire a un poids immense, Tzahal a assumé de manière quasi officielle l’exercice direct du pouvoir.

Mais pour mener à bien les guerres coloniales d’Israel, il faut également assurer une mobilisation de masse, ou tout au moins neutraliser le peuple – et si besoin sur un mode autoritaire.

C’est là le rôle du « Commandement de la Protection Civile » (Pikud Ha’Oref, ou Pak’ar, ou Home Front Command), qui coordonne la mobilisation du « front de l’arrière ».

Ainsi, le Pak’ar a été le seul corps de Tzahal à rappeler ses réservistes dès le déclenchement des opérations militaires, et celui-ci a déclenché pendant la première nuit le « plan Mela’h » – qui même à l’été 2006 n’avait pas été déclenché !

Mela’h, cela signifie « sel » en hébreu, mais c’est surtout l’abréviation de « Meshek LeSheat ‘Herum », c’est-à-dire l’état d’économie d’urgence. L’organisme Mela’h a été créé en 1955 par Ben Gurion, est passé en 1965 sous la direction du ministère de la défense, et a été doté d’un quartier général en 1986.

Bien entendu, il existe à côté de Mela’h de très très nombreux dispositifs d’urgence : autorité d’urgence nationale (Reshut ‘Herum Le’umit, ou Ra’hel comme le prénom), situations spéciales de protection civile (pendant les tirs de roquettes), diverses sirènes (‘Azakah) et radars repérant les roquettes, abris près de chaque ensemble de bâtiments (avec les entraînements d’évacuation dès l’école maternelle), etc.

Mais la spécificité de Mela’h, c’est que Tzahal prend directement le contrôle de l’économie.

Ainsi, dans un rayon de 20 puis 40 km autour de la bande de Gaza (donc Sderot, Netivot Ashkelon, et même la région de Ber Sheva), les secteurs économiques dits « vitaux » pouvaient réquisitionner les ouvrierEs à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit !

Ce qu’il faut remarquer, c’est que pendant la guerre de 2006 au Liban, tous ces plans d’urgence n’ont pas été déclenchés, malgré les très nombreuses roquettes tirées sur le nord d’Israel, et malgré les polémiques à l’époque.

Pourquoi en 2009 et pas en 2006 ?

Sans doute à cause de l’aggravation de la crise capitaliste.

Car depuis 60 ans, l’État sioniste est un État en crise, soutenu à bout de bras par l’impérialisme américain, et dont l’économie est largement orientée vers l’industrie militaire – conformément aux intérêts américains…

Là survient l’intensification de la crise générale du capitalisme, encore plus en septembre 2008. Cette crise est un grand pas en avant dans la marche à la guerre impérialiste, qui devient de plus en plus la seule issue pour les capitalistes.

L’appareil d’État israelien doit donc être prêt à parer à une guerre, avec l’économie de guerre qui suit, et la mobilisation de masse dans cette économie de guerre.

Voilà pourquoi nous expliquons que : la guerre de Gaza est un aspect de la crise du capitalisme ; la guerre de Gaza est un « laboratoire » pour la militarisation totale de l’économie et de la société israeliennes.

Et voilà pourquoi nous disons que le sionisme est un ennemi de la classe ouvrière dans l’État israelien !

Aucun massacre ne brisera la résistance !

Ce qui se joue à Gaza – PCMLM

Un document du Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste, paru il y a un an pendant les massacres de Gaza. Un document court, mais une ligne à étudier sérieusement, en particulier pour les révolutionnaires des minorités juive et arabe en France.

Ce qui se joue en ce moment à Gaza et quelle signification cela a pour nous

Ce qui s’est passé en Grèce était un aspect de la crise générale du capitalisme. Ce qui se passe aujourd’hui en Palestine est l’autre aspect. L’impérialisme en crise précipite le monde dans la guerre.

Et cette tendance s’accélère. Pour cette raison, ce second aspect qu’est la guerre impérialiste amène une nouvelle situation, visant à pourrir le premier aspect. C’est le fascisme.

Tel est le panorama de la situation actuelle, qui représente un moment clef. Ce qui se joue en ce moment est essentiel !

Soit la révolte qui grandit possède un caractère révolutionnaire, matérialiste, communiste. Soit elle est parasitée, tronquée, faussée et est déviée en mobilisation de masses de type fasciste.

Et il était inévitable que la question palestinienne soit présente dans la maturation de ce moment clef. Pour deux raisons essentielles :

a) Elle nécessite de la part des révolutionnaires dans les pays impérialistes une analyse matérialiste absolument impeccable, sans quoi les pseudo « révolutionnaires » que sont les fascistes arrivent à transformer l’antisionisme en antisémitisme, forme « traditionnelle » et historique du paratonnerre social du pseudo « anticapitalisme ».

b) Elle nécessite de la part des révolutionnaires dans les pays arabes une analyse matérialiste absolument impeccable, sans quoi le mouvement de libération nationale arabe sera inévitablement coincé, comme l’histoire le montre, entre d’un côté la réaction arabe représentée par les bourgeoisies compradores–bureaucratiques vendues à l’impérialisme, et de l’autre côté les mouvements religieux islamiques qui représentent les bourgeoisies nationales arabes locales qui ont peur de la révolution arabe et la troquent contre un Islam mythique (qui n’est par définition plus arabe ni populaire).

Si nous avons, en tant que marxistes-léninistes-maoïstes, réaffirmé le patrimoine des positions de la gauche palestinienne – et nous avons été les seuls à le faire ! – c’est pour être au niveau de cette question qui se pose concrètement en France avec trois aspects essentiels :

a) L’impérialisme français joue un rôle énorme dans l’oppression et l’exploitation des pays de la nation arabe, en plus d’avoir force à l’émigration des centaines de milliers d’Arabes.

Donc si dans un pays de la nation arabe, les révolutionnaires mettent à jour le véritable visage compradore–bureaucratique de la bourgeoisie locale et arrivent par là à relancer le mouvement de libération nationale arabe en brisant le mythe des pseudo « États nationaux » (que seraient la Syrie, le Maroc, l’Égypte, etc.), les conséquences seraient excellentes pour la révolution en France !

b) L’impérialisme français a réussi à diviser la population historique de nombreux pays arabes en manipulant les communautés juives locales.

Ces populations vivant en France depuis la pseudo-indépendance des « États nationaux » arabes (en réalité États semi-coloniaux semi-féodaux) savent au fond très bien que le sionisme est une option totalement abstraite et que culturellement voire nationalement, elles restent absolument liées à la nation arabe.

L’affirmation de la révolution démocratique arabe est un coup gigantesque contre la manipulation de la communauté juive en France par l’impérialisme, manipulation effectuée par l’intermédiaire du sionisme !

c) Le fascisme en pleine expansion en France s’appuie ouvertement sur la culture catholique traditionnelle : antisémitisme social et « droit de regard » sur la Palestine. Affirmer le caractère démocratique de la question palestinienne et son caractère national arabe, c’est contrer de manière prolétarienne et internationaliste le fascisme sur ce point.

L’unité des masses populaires d’origine juive et arabe en France représente une étape obligée de la révolution prolétarienne en France !

Tels sont les composantes du moment clef qui se joue en ce moment.

Gaza vivra ! Palestine vaincra !

27 décembre 2008. C’est à la fois le Shabbat de ‘Hanukkah et la nouvelle année musulmane.

C’est ce jour qu’a choisi l’État israelien pour lancer son opération militaire assassine, du nom cynique de ‘Oferet Yetzukah (« plomb fondu »).

Pendant trois semaines, un déluge de feu allait s’abattre sur Gaza, qui subissait déjà le blocus israelien depuis près de deux ans – et qui survit encore aujourd’hui dans ces conditions.

Dans ce laboratoire militaire d’Israel et des USA, près de 1350 personnes ont été massacrées, et 5450 ont été blessées. De même, 90000 personnes ont été déplacées – dont 50000 enfants.

Quant aux destructions matérielles, plus de 4.000 résidences ont été totalement démolies, 17.000 bâtiments ont été démolis partiellement. Et 25 écoles, hôpitaux ou universités, ainsi que 1500 usines, ateliers et établissements commerciaux ont été touchés à divers degrés.

Des chiffres effrayants, mais qui ne sont rien à côté de l’horreur vécue, des familles massacrées, de la terreur dans les yeux des enfants.

Mais comme après juin 1967, comme après septembre 1970, comme après les guerres du Liban de 1982 ou de 2006, comme dans les Intifada de 1987 ou de 2000… la résistance palestinienne a surmonté les massacres, s’est affermie et s’est élargie !

Le peuple palestinien, c’est un peuple qui vit dans la lutte nationale et se réalise par la lutte nationale. Le peuple palestinien, c’est l’avant-garde de la révolution démocratique arabe.

Il est temps de comprendre cet enseignement stratégique : les masses peuvent tout, et les impérialistes ne sont que des tigres en papier.

Car ni l’État colonial d’Israel, ni son maître américain ne parviendront à briser la résistance du peuple palestinien ! Pas plus que les impérialistes français ne parviendront à endormir les véritables révolutionnaires arabes !

Il est impensable pour nous, en tant que personnes juives, de justifier une seule seconde les massacres de Gaza !

Tout comme il est impossible de ne pas voir l’énorme vague d’antisémitisme qui a suivi Gaza – et qui est d’ailleurs l’une des raisons d’avoir fondé Hapoel.

Chaque personne juive en France doit comprendre que soutenir le sionisme est une impasse, une impasse meurtière.

Car c’est s’enfermer dans exactement ce que l’État français veut : une division du peuple suivant la prétendue religion, derrière des institutions bourgeoises comme le Crif.

Or les masses populaires juives de France ont tout intérêt à la libération, à la révolution. De ce fait, il est impératif de rejeter l’option sioniste comme un obstacle à la libération, ici en France.

De même les masses populaires juives de France font partie du prolétariat international, et ont exactement les mêmes intérêts historiques que le peuple palestinien – sans compter notre lien avec la nation arabe.

Voilà pourquoi il faut affirmer notre solidarité avec la lutte du peuple palestinien : il y aura le communisme pour tout le monde ou pour personne !

Vive l’unité de la nation arabe avec sa minorité juive !
L’État sioniste est un tigre en papier !
Pour une Palestine démocratique, populaire, laïque et socialiste !

[Une marche pour Gaza aura lieu aujourd'hui à Paris, sous le mot d'ordre de « soutien à la résistance du peuple palestinien jusqu’à la libération nationale ». Elle partira de Denfert-Rochereau à 15h, et rejoindra un rassemblement organisé devant Notre Dame de 17h30 à 19h30.]

La LD"J" en croisade contre le judéo-bolchévisme ?

Nous disions lundi que la LD"J" se vendrait à terme à une extrême-droite très francaise. Justement, une personne sympathisant avec Hapoel nous signale un article paru sur le site de la LD"J", et nous envoie une copie d’écran (qui reste lisible…).

Cet article semble donc être paru pendant shabbat, et depuis il a disparu. Pourquoi ? Mystère…

L’article mis en lien est « sobrement » intitulé « L’union juive française pour la paix : une incroyable imposture marxiste d’ultra gauche ».

Il consiste en un mix entre un texte de l’UEJF (qui constitue plus ou moins la deuxième partie) et une longue introduction de l’auteur du blog – sans pouvoir faire la différence entre les deux, vu que la citation n’est pas clairement indiquée.

Quoi qu’il en soit, cet article repris par la LD"J" est très clairement antisémite, et en plus dans un style anticommuniste extrêmement vulgaire.

En effet, il suffit de survoler la première partie pour voir que l’auteur se croit investi d’une mission dans sa croisade contre les « islamo-marxistes »… mais aussi contre ce qu’il ne peut pas appeler ouvertement le « judéo-bolchévisme » (ce qui serait malvenu, puisqu’il s’agit d’un article contre l’U"J"FP…).

Voilà donc un article que n’importe quelle personne juive saurait reconnaître comme antisémite… Mais non ! La LD"J" trouve le moyen de faire de la pub à des antisémites comme si de rien n’était !

Il faut quand même être aveuglés par une « mission contre le judéo-bolchévisme » pour ne pas voir un antisémitisme aussi grossier !

Et il faut quand même avoir un sacré sens des priorités pour relayer un tel article, alors que l’U"J"FP n’a aucune valeur aux yeux des masses populaires juives !

La verité, c’est que la LD"J" fait partie des projets du fascisme en France, dans sa stratégie de « diviser pour régner ». En ce sens, elle est prête à n’importe quelle alliance avec les fascistes franco-français anti-arabes, quitte à ne pas être trop regardante à l’avenir avec l’antisémitisme.

Ainsi, d’une part l’U"J"FP côtoie l’avocat de Faurisson pour rentrer dans les projets de la social-démocratie, et d’autre part la LD"J" relaie des articles contre le « judéo-bolchévisme » pour rentrer dans les projets du fascisme.

C’est exactement ce que l’on appelle une fausse contradiction, un faux débat pour les masses populaires juives, entre les sociaux-démocrates d’un côté et les fascistes de l’autre.

Pour finir, puisque l’U"J"FP serait d’ultra-gauche et que nous la considérons comme sociale-démocrate, que doit représenter Hapoel pour les antisémites en croisade contre le « judéo-bolchévisme » ? Un cauchemar d’hyper-méga-judéo-gauche ?

La LD"J" fascinée par l’extrême-gauche ?

Il y a deux semaines, pendant shabbat, la Ligue de Défense « Juive » a enfin arrêté de tourner autour du pot, et s’est enfin décidée à citer une de ses sources : Hapoel.

En effet, le site de la LD"J" a fait de la publicité à Hapoel, en citant notre « scoop » à propos de la négationniste Pisano à la librairie « Résistances ». Voici ce qu’on pouvait lire :

PISANO A LA LIBRAIRIE RESISTANCES
samedi 31 octobre 2009, par Admin

Lire l’article du site d’extrême gauche HAPOEL

C’est très court, pas trop insistant, mais c’est resté lisible directement sur la page d’accueil pendant 3 jours. Et puis il n’y a pas de « tromperie sur la marchandise » : Hapoel est bien d’extrême-gauche.

Mais suite à l’aigreur d’une personne choquée de voir de la publicité pour Hapoel (car objectivement c’est bien de la pub), le webmaster de la LD"J" répond sobrement dans les commentaires :

Nous ne cherchons pas à faire de la publicité à un site qui adore le père Staline et dont nous ne partageons pas l’idéologie.

Seulement quand un article est intéressant la moindre des corrections est d’en indiquer l’origine même si nous nous sommes à l’opposé de l’échiquier politique des auteurs de cet article bien documenté.

Face à cela, nous n’avons rien à déclarer de plus que ce que nous disions déjà début octobre :

Il faut bien le dire : Hapoel a largement mérité la haine des antisémites de la gauche social-démocrate !

Et Hapoel a pu représenter une telle intransigeance politique que même la Ligue de Défense « Juive » avait dû repomper notre article sans citer sa source, après le raid fasciste contre la librairie – qui attaquait évidemment la solidarité avec la Palestine, et non la porosité avec l’antisémitisme.

Prise la main dans le sac, la LDJ se voit donc aujourd’hui obligée de faire mention au Forum Antifasciste, ce qu’elle ne fait naturellement pas de bonté de cœur vue la position de l’Action Antifasciste sur la LDJ. Implicitement, cela signifie également que les sionistes sont bien obligés de reconnaître en Hapoel un courant politique réellement juif.

Une autocritique, toutefois !

Si la LD"J" a pu reprendre directement notre article, sans pomper (12) et sans allusion indirecte (ici), c’est parce que Hapoel a relâché la politique révolutionnaire !

En effet, l’article sur Pisano n’avait pas de contenu idéologique conséquent, que nous pensions avoir déjà assez développé : aucune position révolutionnaire contre la social-démocratie, aucune citation de Staline, aucune solidarité avec la révolution palestinienne.

Eh bien non ! Apparemment nous n’avions pas suffisamment développé notre ligne politique, et notre article était presque… platement journalistique !

Ce qui a évidemment permis à la LD"J" de s’engouffrer dans notre faute politique, et de revisiter un peu l’histoire en faisant oublier que son agression fasciste de juillet dernier attaquait la solidarité avec la Palestine – et ne relevait certainement pas d’une justice populaire contre les antisémites.

Mais au moins, les choses sont désormais claires : il existe au sein de la minorité juive plusieurs courants politiques en concurrence, et enfin la tendance révolutionnaire lève à nouveau le drapeau rouge !

Hapoel est l’expression du principe suivant : l’arbre préfère le calme, mais le vent continue de souffler. En clair : l’époque qui arrive va faire mal, et les masses populaires juives seront obligées de se lancer dans les batailles politiques.

Et par conséquent, il s’agira de choisir entre les deux pôles concurrents qui ambitionnent d’organiser l’autodéfense de la minorité juive : l’option « sioniste radicale », ou bien l’option communiste.

C’est-à-dire une option raciste qui compte se vendre à une extrême-droite très française, ou bien une option révolutionnaire et antifasciste qui vise l’unité populaire.

La Ligue de Défense « Juive » semble l’avoir bien compris, et semble être consciente de cette situation de concurrence politique. Enfin les alternatives vont être claires dans la minorité juive, et les camps tranchés !

Mais qui était réellement Itz’hak Rabin ?

Les sionistes de gauche commémoraient hier l’assassinat d’Itz’hak Rabin (יצחק רבין) par un fasciste, le 4 novembre 1995.

Nous avons parlé hier du véritable « culte du martyr » qui s’est développé autour du « pacifiste » Rabin : « Itz’hak Rabin, ou le mélodrame "sioniste de gauche" ».

Mais qui était réellement Itz’hak Rabin, l’icône des sionistes « de gauche » ?

Le saviez-vous ?

Itz’hak Rabin est né en 1922 en Palestine, de parents immigrés d’Europe de l’Est. Se destinant à des études d’agronomie (le top à l’époque en Palestine), Rabin fera pourtant carrière dans l’appareil militaire sioniste.

En 1941, Rabin s’engage dans la force sioniste de la Haganah, dans la célèbre section Palma’h. Il sera alors dans tous les coups du Palma’h, de l’invasion du Liban « français » à la guerre contre les Britanniques, en passant par Shabbat HaSh’hurah (une vague d’arrestations de dirigeants sionistes).

En 1948, l’État sioniste proclame son indépendance, et se « défend » contre les États arabes. C’est alors que Tzahal prend la succession de la Haganah, dans laquelle Rabin avait déjà acquis un rôle dirigeant. Il organise alors la « défense » de Jérusalem, c’est-à-dire son occupation par l’armée sioniste, ainsi que la guerre contre l’Égypte au sud.

De même, il dirigera les opérations de conquête des villes arabes de Ramle et Al Lud (Lod), participant de ce fait à la Nakba palestinienne, ainsi que les bombardements des villes arabes de Bir Saba (Beer Sheva), Al Majdal (Ashkelon), Ghaza (‘Aza), ou Beit Hanoun.

En 1964, Itz’hak Rabin est nommé « Ramatkal » (= chef d’état-major) de Tzahal. C’est donc lui qui dirigera militairement le blitzkrieg sioniste de 1967 (la « guerre des Six-Jours »), qui envahira Jérusalem, et qui prononcera le fameux discours à l’université de Har HaTzofim.

Ainsi, c’est Itz’hak Rabin lui-même qui démarrera ce que les sionistes « de gauche » appellent hypocritement « l’occupation » !

Après sa carrière de militaire sioniste, Itz’hak Rabin se lancera dans une carrière diplomatique et politique, et sera l’un des grands acteurs du rapprochement d’Israel avec l’impérialisme américain.

Cela montre d’ailleurs à quel point l’État sioniste a été, dès le départ, un État dominé par l’appareil militaire, et dépendant de l’impérialisme.

En 1968, Rabin devient ambassadeur aux USA. C’est à partir de ce moment que l’impérialisme américain deviendra le principal fournisseur d’armes d’Israel, notamment d’avions de chasse puisque Rabin arrivera à faire lever l’embargo sur les chasseurs F4.

En 1973, Rabin est élu à la Knesset pour Avodah, le parti travailliste, et deviendra « Rosh HaMemshalah » (= premier ministre) en juin 1974, après Golda Meir. C’est sous son mandat qu’a lieu le détournement du vol d’Air France vers Entebbe en Ouganda.

Mais à la fin 1976, les partis religieux de la coalition gouvernementale de Rabin découvrent que des avions de chasse F15 ont été livrés par les États-Unis… pendant Shabbat ! Israel mérite alors pleinement son qualificatif de « porte-avion de l’impérialisme américain », et Rabin est contraint d’annoncer de nouvelles élections pour mai 1977.

Entretemps, on découvre que Leah Rabin avait gardé un compte en dollars, du temps où Itz’hak Rabin était ambassadeur, alors qu’il était interdit de posséder des comptes en devises étrangères (Israel étant au bord de la faillite depuis 60 ans…).

Rabin a donc été l’homme fort des relations entre les l’impérialisme US et l’État sioniste, et de façon tellement extrême qu’il a dû démissionner de la direction du parti travailliste et de la candidature aux législatives de mai 1977 (élections qui seront remportées par le sioniste révisionniste Begin).

Entre 1984 et 1990, Itz’hak Rabin prendra part aux gouvernements d’union nationale, au ministère de la « défense » (comprendre : de l’agression sioniste).

C’est donc Rabin qui impulsera la répression sanglante de l’Intifada de 1987, après avoir sous-estimé la révolte populaire palestinienne en expliquant, à son retour des USA, que l’Intifada était manipulée par l’Iran et la Syrie.

À la Knesset, il fera un discours annonçant la violence de la répression sioniste, où il dira : « Nous imposerons la loi et l’ordre dans les territoires, même si cela doit se faire dans la douleur. [...] S’il le faut, brisez-leur les bras et les jambes. ». Cela lui vaudra le surnom de « briseur d’os ».

Pour finir, Itz’hak Rabin sera réélu premier ministre en 1992 (avec Meretz et Shass, d’ailleurs), et le restera jusqu’à son assassinat en 1995. Sous ce second mandat de premier ministre, Rabin concluera les accords d’Oslo avec Yasser Arafat et Bill Clinton.

Ce sont ces accords sionistes d’Oslo qui consacrent définitivement la capitulation de l’OLP (qui reconnaît dès lors l’existence d’Israel…), ainsi que la trahison totale de Yasser Arafat envers la libération nationale palestinienne.

Ainsi, quoi qu’en pensent les sionistes ultra, les accords d’Oslo sont en grande partie une victoire politique du sionisme contre la révolution palestinienne (ou plutôt sa confirmation, puisque l’OLP n’était déjà plus sur une ligne de « guerre populaire de libération »).

On retiendra donc d’Itz’hak Rabin le militaire sioniste qui œuvra pour le rapprochement avec l’impérialisme américain et qui brisa, dans le sang comme dans les « accords de paix », le mouvement de libération du peuple arabe palestinien.

Bref, un homme d’une grande valeur – du point de vue des « sionistes de gauche »…

« Un écrivain de la Chine antique, Sema Tsien, disait : "Certes, les hommes sont mortels ; mais certaines morts ont plus de poids que le mont Taichan, d’autres en ont moins qu’une plume."
Mourir pour les intérêts du peuple a plus de poids que le mont Taichan, mais se dépenser au service des fascistes et mourir pour les exploiteurs et les oppresseurs a moins de poids qu’une plume.
»

Mao Zedong, « Servir le peuple »

Itz’hak Rabin, ou le mélodrame « sioniste de gauche »

Aujourd’hui les sionistes « de gauche » commémorent l’assassinat d’Itz’hak Rabin (יצחק רבין). Les commémorations de l’État israelien se sont tenues le 29 octobre, d’après le calendrier juif.

Le saviez-vous ?

Le 4 novembre 1995, Itz’hak Rabin était assassiné par un sioniste d’extrême-droite, suite à un rassemblement pour la « paix ». Pour son geste, le fasciste Ygal Amir a été condamné à perpétuité.

Chez les sionistes « de gauche » et chez les pacifistes bourgeois, une certaine mythologie entoure la mort de Rabin, qui en deviendrait presqu’un « martyr » de la paix…

Ainsi, tout le monde en Israel connaît les images de Rabin chantant « Shir LaShalom » (= chanson pour la paix) avec Aviv Geffen et Miri Aloni, le soir du 4 novembre 1995 à l’étage devant la mairie de Tel Aviv.

De même, tout le monde connaît les images de l’assassinat de Rabin, qui ont été immortalisées par un photographe amateur, et qui ont tourné en boucle à la télé israelienne.

Il existe également un mythe autour d’un papier retrouvé dans la poche d’Itz’hak Rabin, sur lequel étaient inscrites les paroles de « Shir LaShalom » et qui était taché de sang. Tout un symbole, pour les sionistes « de gauche » !

Très logiquement, le culte du « martyr » a aussi été attisé par le président Bill Clinton lui-même. En effet, aux obsèques de Rabin furent invités les pions des USA comme Hosni Moubarak ou le roi Hussein de Jordanie, et Bill Clinton termina son éloge funèbre par un « Shalom ‘Haver » (= au revoir, l’ami).

Ce « vibrant » slogan est depuis devenu un classique en Israel et chez tous les sionistes « de gauche ». On a notamment pu le voir fleurir sur les stickers à l’arrière des voitures, voire parfois simplement « 4.11.95 » (les stickers politiques à l’arrière des voitures étant une véritable « way of life » en Israel !).

Mais un culte n’est jamais complet sans son hymne officiel. La (belle mais hypocrite) chanson « Shir LaShalom » semblait toute désignée, mais le chanteur Aviv Geffen a également écrit une (belle mais pro-sioniste) chanson, « Livkot Lekha » (= pleurer pour toi). Le titre est éloquent sur le niveau de larmoyance.

Pareillement, notons les « pèlerinages » sur la tombe d’Itz’hak et Leah Rabin au cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem, notamment de la part de mouvements de jeunesse « sionistes de gauche ».

Enfin, la place de la mairie de Tel Aviv, Gan Ha’Ir (= le jardin de la ville), a été rebaptisée Kikar Rabin, avec un petit monument à l’endroit où il a été assassiné (en bas des marches descendant de la mairie, sur Ibn Gvirol). Et même le jardin de Bercy à Paris a été renommé « parc Itzhak Rabin » !

Bref, tout un mélodrame pour les sionistes « de gauche », qui vénèrent un soi-disant « martyr de la paix »… sans parler des nombreuses théories autour de l’assassinat d’Itz’hak Rabin !

[La suite demain, pour savoir qui était réellement Itz'hak Rabin...]

« Rachel »

Aujourd’hui sort un film de Simone Bitton, du nom de « Rachel ».

Simon Bitton est une cinéaste d’origine juive marocaine, qui a vécu au Maroc, en Israel et en France. Elle a déjà réalisé plusieurs films sur la Palestine, dont un documentaire sur son ami Mahmoud Darwish, ou le long-métrage « Mur » sur le mur de séparation édifié par l’État israelien.

Son dernier film, « Rachel », porte sur l’assassinat par l’armée sioniste d’une activiste américaine, Rachel Corrie.

Née en 1979 à Olympia, WA, Rachel Corrie est partie en janvier 2003 avec l’International Solidarity Movement (ISM), dans une mission de protection du peuple palestinien afin d’empêcher les nombreuses destructions de maison dans la bande de Ghaza.

Le 16 mars 2003, Rachel Corrie et ses camarades de l’ISM essaient d’arrêter – pacifiquement – la démolition de la maison d’un pharmacien à Rafah. Le bulldozer de Tzahal ne s’arrêtera pas, assassinant Rachel.

Rachel Corrie a donc rejoint les femmes internationalistes martyres, aux côtés notamment d’Andrea « Ronahî » Wolf (révolutionnaire communiste d’Allemagne tombée au Kurdistan) ou de Barbara « Kinem » Kistler (révolutionnaire maoïste de Suisse tombée en Turquie).

C’est pourquoi nous célébrons sa mémoire d’internationaliste, malgré sa revendication de non-violence qui ne correspond pas aux exigences de libération du peuple palestinien. En ce sens, nous invitons à aller voir le film-hommage de Simone Bitton (et à nous envoyer les critiques, bien entendu !).

Le site-mémorial de Rachel Corrie est par ici, tandis que le site de Simone Bitton est par là.

Rétrospective sur la Ligue de Défense « Juive »

Nous listons ici les articles et documents se rapportant à la Ligue de Défense « Juive », à relire en gardant à l’esprit deux points essentiels :
- le sionisme et le racisme ne servent pas l’autodéfense juive, seule l’unité métissée et populaire peut garantir la sécurité de la minorité juive ;
- les fascistes sont des ennemis du peuple, mais doivent aussi être compris comme des « concurrents » de la voie révolutionnaire, en proposant et imposant de fausses solutions aux masses.

- La « Ligue de Défense Juive », Action Antifasciste ;
- Une librairie attaquée, des livres attaqués, HaPoel HaAntifashisti ;
- Retour sur le rassemblement sioniste à Vitry (94), HaPoel HaAntifashisti ;
- La LDJ et l’héritage des FTP-MOI, HaPoel HaAntifashisti ;
- Entre le CRIF et la LDJ, HaPoel HaAntifashisti ;
- Retour sur l’agression de mercredi dernier dans le XI, HaPoel HaAntifashisti ;
- Baruch Goldstein, ou les arrières-pensées génocidaires du sionisme religieux ultra, HaPoel HaAntifashisti ;
- D’où vient la Ligue de Défense Juive, HaPoel HaAntifashisti ;
- La LDJ et l’impérialisme français, HaPoel HaAntifashisti.

Une librairie attaquée, des livres attaqués

Sur le forum antifasciste on trouve des explications plus que pertinentes concernant l’attaque qui a eu lieu contre la librairie Résistances, au nord-ouest de Paris, et qui aurait été revendiquée par la LD"J".

En effet, si la librairie soutient la cause palestinienne, elle le fait d’une manière plus qu’équivoque, c’est-à-dire avec des portes ouvertes aux thèses complotistes, délirantes, irrationnelles (par exemple en invitant Thierry Meyssan), bref servant l’antisémitisme et le fascisme.

Il est parfois dit de manière erronée que les « extrêmes se rejoignent » ; en fait, ce sont les pseudos extrêmes qui se rejoignent, afin d’empêcher toute alternative progressiste, populaire, révolutionnaire. Ici, on a la LD"J" qui défend Sarkozy et propage une idéologie grossièrement raciste, et de l’autre une pseudo gauche gangrénée par l’idéologie petite-bourgeoise parano.

On notera en tout cas un fait révélateur : lors de l’attaque de la librairie, les livres ont été sortis des rayons, jetés par terre, arrosés d’huile. Cela montre bien que les assaillants – sans doute la LDJ, donc – sont éloignés de la culture juive au possible, ayant basculé dans le sionisme nihiliste.

Le respect du livre est un élément essentiel de la culture juive, comme tout le monde le sait bien. À titre d’exemple, prenons le mémorial aux victimes de l’Holocauste, de Rachel Whiteread, à Vienne en Autriche, ou encore la coutume d’enterrer comme des humainEs les Sifrei Thora usés par le temps.

Retour sur le rassemblement sioniste à Vitry (94)

Mercredi soir, le 24 juin à 20h, s’est tenu un rassemblement sioniste devant la mairie de Vitry (94). Il s’agissait de protester contre le fait que la municipalité « communiste » élève Marwan Barghouti (dirigeant emprisonné de Fatah) au rang de « citoyen d’honneur ».

Nous avons déjà expliqué mardi dernier que les sionistes ne pouvaient pas nous protéger, car ils n’ont pas mobilisé contre les vrais antisémites à la Dieudonné, et cela parce qu’en réalité les sionistes se nourrissent de l’antisémitisme.

Au final, la manifestation sioniste aurait quand même rassemblé environ 200 personnes, ce qui est hallucinant quand on se souvient des mobilisations pour le procès des assassins d’Ilan Halimi en avril et mai derniers (pas en février 2006, bien sûr !), ou de la non-mobilisation par rapport à Dieudonné.

Comme tout le monde s’y attendait, une petite troupe de jeunes de la LDJ est rentrée en force dans la mairie, aux très classiques cris de « Vivra Israel ! Vaincra Israel ! », ce qui a provoqué la (brève) suspension du conseil municipal alors qu’il débattait de la proposition sur Marwan Barghouti.

Mais parallèlement à cet aspect « jeune sioniste motivé », il faut bien voir que ce rassemblement fait totalement partie de l’encadrement politique de notre minorité. Car presque tous les cadres de la communauté juive du 94 qui étaient présents sont bel et bien des notables, des bourgeois.

Et c’est sans compter l’appui de cadres sionistes de niveau national, comme ce dirigeant du FSJU qui explique tranquillement que « si pendant la guerre, les communistes étaient du côté des résistants, aujourd’hui ils sont proches des terroristes, des antijuifs, des collabos ». Il faut que le prestige du Parti « Communiste » soit tombé bien bas pour qu’un sioniste se permette de rappeler la résistance communiste au nazisme tout en traitant le P«C»F de « collabos »…

Mais n’oublions surtout pas la guest-star : Richard Prasquier, le président du Crif ! Celui-ci est venu faire un tour avant la fin du rassemblement à 22h, après avoir accueilli Bibi Netanyahu à Paris. D’ailleurs, dans son discours à l’adresse de Netanyahu, Prasquier n’a pas hésité à citer Jabotinsky, ou à affirmer : « Nous sommes Juifs, français et sionistes. »

Oui, à la fois sionistes et français, car le Crif est en réalité un organisme de l’État français, un organisme bourgeois pour gérer, quadriller et isoler la communauté juive de France. D’où les drapeaux bleu-blanc-rouge au rassemblement de Vitry. D’où la Marseillaise chantée à la fin de ce rassemblement. Et d’où le racisme de Prasquier contre « ceux que les communistes pensent être leur électorat » (= la minorité nationale arabe, pour celles et ceux qui n’auraient pas compris…).

La vérité, c’est que l’aspect « jeune sioniste énervé » de la LDJ, et l’aspect « vieux sioniste bourgeois » ne sont qu’une contradiction apparente. Ces deux aspects forment une seule et même réalité, celle de l’encadrement sioniste de notre minorité, aussi bien par « en haut » que par « en bas ».

La vérité, c’est aussi que les masses populaires d’origine juive n’ont rien à gagner à se soumettre à l’État français, comme le voudraient les sionistes avec leurs drapeaux tricolores. Car nous ne sommes pas confrontéEs à Barghouti (qui est au demeurant un résistant palestinien), mais bien à un antisémitisme en pleine explosion et de plus en plus politique.

Un antisémitisme qui demain sera à nouveau assassin, mais que les sionistes ne veulent pas affronter (car il les arrange bien trop), et qu’ils ne peuvent pas affronter (car ils nous isolent du peuple de France).

Juif ! Juive ! Brise l’hégémonie sioniste !
Ose défendre l’unité révolutionnaire du peuple !

[Dans la suite, nous retranscrivons une dépêche AFP telle qu'elle est parue sur le site du journal Le Monde.]

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Manifestations sionistes contre le P«C»F

Ce soir, le « Collectif d’Urgence des Organisations Juives » appellait à manifester contre le Parti « Communiste » Français.

Il s’agit d’une structure sioniste et bourgeoise, dont les membres permanents sont : le Bnei Brith, la FOSF (Fédération des Organisations Sionistes de France), le KKL (Keren Kayemeth LeIsrael), SIONA, l’UCCJ d’Île-de-France (Union des Conseils de Communautés Juives) et l’UPJF (Union des Professionnels Juifs de France). Mais le BNVCA (Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme) appellait aussi à ce rassemblement.

Bref, la crème du sionisme ultra.

Concrètement, toutes ces organisations sionistes appellaient à manifester devant le siège du P«C»F, place du Colonel Fabien dans le XIXème arrondissement, ce soir mardi 23 juin à 18h. Cependant nous n’avons pas de nouvelles confirmant ce rassemblement.

Il s’agissait pour les sionistes de « dénoncer » le fait que des municipalités tenues par le P«C»F élèvent le prisonnier politique palestinien Marwan Barghouti (de Fatah) au rang de « citoyen d’honneur » de leur ville.

En tout cas, les mêmes sionistes remettent le couvert dès demain mercredi 24 juin, en appelant à une manifestation devant la mairie de Vitry (94) à 20h, toujours pour manifester contre Marwan Barghouti et contre le P«C»F.

Hapoel n’a rien à voir avec le Parti « Communiste » Français tel qu’il est depuis 50 ans. Si le Parti Communiste n’avait pas décadé en reniant Staline (et ce qu’il représente), s’il avait continué à cristalliser les espoirs des masses populaires juives, Hapoel n’existerait pas. Néanmoins, le contenu politique de ces rassemblements sionistes est clair : c’est l’anticommunisme, et rien d’autre.

Car comment expliquer alors que ces organisations sionistes n’ont pas du tout mobilisé pour lutter contre Dieudonné l’antisémite, ni même pour l’ouverture du procès des assassins de notre frère Ilan Halimi ?

Comment l’expliquer, sinon en comprenant que les sionistes se nourrissent de l’antisémitisme ? Comment l’expliquer, sinon en comprenant que l’isolement de la minorité juive est voulu aussi bien par les antisémites (de l’extérieur) que par les sionistes (de l’intérieur) ? Comment l’expliquer sans l’analyse antifasciste en terme de division réactionnaire du peuple ?

L’appel à la préparation de la manifestation parle de « la recrudescence des initiatives anti-israéliennes prises par des villes communistes, et qui ont des conséquences directes sur chaque Juif de France ». Rien de moins !

Cela montre une chose à toute personne juive de France : la vérité, c’est que les sionistes ne nous protégeront jamais !

S’ils le désiraient sincèrement, ils auraient appelé à manifester « massivement » contre les antisémites Dieudonné – Soral – Gouasmi. Car les diviseurs antisémites d’aujourd’hui sont responsables des Ilan Halimi de demain, en diffusant le poison comme quoi « de toute façon, c’est un juif ».

Cela, les sionistes font semblant de ne pas le voir, et préfèrent mobiliser pour défendre un État qui n’a rien à voir avec notre quotidien en France, plutôt que pour défendre la vie et la culture des nôtres, ici et maintenant !

Juif ! Juive ! Le sionisme est une impasse pour les nôtres !
Seule l’unité révolutionnaire du peuple est à la hauteur pour défendre ta culture et ta vie !

10 juin 1967 : là où il y a oppression, il y a résistance !

Le 10 juin 1967 au soir, un cessez-le-feu entre l’État d’Israel et la Syrie met fin à la Guerre des Six Jours, qui a été une indéniable victoire sioniste et a marqué un détour dans la résistance de la nation arabe.

La guerre avait été déclenchée le 5 juin 1967 à l’aube par l’attaque de l’aviation israelienne contre les troupes égyptiennes massées dans le Sinaï. Tzahal a ensuite enchaîné les victoires, contre la Jordanie du roi Hussein qui a été poussé à entrer en guerre par la pression populaire (cessez-le-feu le 7 juin), puis contre l’Égypte du pseudo-patriote arabe Nasser (cessez-le-feu le 8 juin), et enfin contre la Syrie baasiste dont Hafez El Assad était le ministre de la défense (cessez-le-feu le 10 juin).

Bref, une victoire-éclair typique du blitzkrieg (la stratégie militaire de la bourgeoisie, basée sur un engagement massif et fulgurant) contre des armées arabes fantoches pour ne pas dire fantômes.

Ce blitzkrieg s’explique également par la durée limitée qui était impartie aux sionistes pour arracher un maximum de la terre arabe : juste assez longtemps pour asseoir la domination de l’impérialisme américain, mais pas trop pour ne pas trop déstabiliser le jeu impérialiste avec l’Union Soviétique (le cessez-le-feu du 10 juin étant en réalité imposé par les tractations impérialistes entre USA et URSS).

Le 11 juin 1967 au matin, la nation arabe se réveille donc amputée de la Cisjordanie, du Sinaï et du plateau du Golan, qui servent d’abord de tampons militaires, et plus tard de colonies sionistes de peuplement.

Mais quels étaient les fondements matériels historiques de cette Guerre des Six Jours ?

En premier lieu, il faut savoir qu’avant 1967, l’économie sioniste était au bord de la faillite : en 1965, le chômage atteignait le chiffre record de 100000 salariés, dans un pays de 2 millions d’habitantEs. Une désagrégation de l’État colonial israelien commençait, et la guerre devenait inévitable puisque l’impérialisme US attribuait toujours davantage à Israel le rôle de gendarme de la région, de producteur d’armes, d’expert en contre-guérilla, de laboratoire militaire.

Ce début de faillite était parallèle à l’éveil révolutionnaire du peuple palestinien, qui commençait à mener des incursions de guérilla à l’intérieur des frontières de la « Ligne Verte ». Il fallait donc, d’une manière ou d’une autre, ramener ce qui était un embryon de guerre populaire à un « simple jeu » de négociations territoriales avec des États dominés par le « social-impérialisme » soviétique (négociations certes ardues, mais moins coriaces qu’un peuple qui n’a rien à perdre hors ses chaînes).

Cet éveil révolutionnaire palestinien avait au fond besoin de balayer les dirigeants arabes faussement patriotes et réellement antisémites, dont les armées défilaient triomphalement en parades dans les rues du Caire ou de Damas, mais qui ne servaient fondamentalement à rien pour libérer la Palestine.

Par une ironie de l’histoire, c’est Israel qui s’en est chargé militairement, étant de toute façon poussé à la guerre par les exigences économiques et militaires du système colonial (Israel étant en effet une semi-colonie américaine).

Pour les sionistes, il restait donc d’une part à s’assurer les conditions de la défaite des armées arabes : les services de renseignements américains et israeliens étaient très bien renseignés sur l’état de pourrissement intense des régimes fantoches égyptien, jordanien et syrien.

D’autre part, il restait à acculer les dirigeants égyptiens et syriens à des gestes désespérés qui les mettraient en position défavorable, par de régulières escarmouches aériennes jusqu’au-dessus de Damas, et permettraient à Israel de présenter l’attaque du 5 juin comme de la « légitime défense ».

Enfin, il restait aux sionistes à militariser totalement l’État, en nommant Moshé Dayan ministre de la défense le 1er juin, et en se gardant même de toute propagande militaire uniquement pour éviter de donner des informations à l’ennemi. La population juive s’est donc retrouvée dans la censure, avec uniquement la chaîne de télévision égyptienne où Nasser jouait au triomphaliste en jurant de « jeter les juifs à la mer », alors que son armée se faisait laminer.

[La chaîne égyptienne était de toute manière la seule chaîne à l'époque, laissant aujourd'hui dans la culture israelienne la référence aux « téléfilms égyptiens », avec une douce ironie teintée de nostalgie.]

Comme prévu, les sionistes, soutenus par les USA, ont écrasé les armées arabes, soumises à l’URSS social-impérialiste.

Ce faisant, ils ont aussi balayé un « tampon » entre la nation arabe et la voie révolutionnaire, et ont ouvert une nouvelle ère : celle de la résistance palestinienne moderne, menant la guerre populaire pour la libération de la toute la Palestine (et pas seulement pour le retour aux frontières du 4 juin 1967).

Car là où il y a oppression, il y a résistance, et la victoire israélienne de 1967, loin de briser le moral des révolutionnaires palestiniens et de la nation arabe, a déclenché un large mouvement populaire, d’une radicalité toute autre que des pantins défilant en uniformes dans les capitales arabes avec des slogans antisémites.

La victoire sioniste de 1967 a révélé le caractère fantoche des « États nationaux » arabes, et les peuples arabes, par cette défaite, se libéraient de la tutelle politique et idéologique des dirigeants panarabistes et baasistes.

C’est notamment avec cette défaite arabe que ce qu’il restait du Mouvement Nationaliste Arabe (MNA) se transforma en le Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) en décembre 1967: il s’agit politiquement d’un « grand bond en avant », d’une base nationaliste arabe influencée par le baasisme et le panarabisme à une identité marquée par la guérilla populaire, la libération des femmes et la conscience internationaliste liée à la Chine rouge.

Ainsi, une chose se retournant en son contraire, la défaite arabe du 10 juin 1967 permit de libérer les énergies révolutionnaires du peuple palestinien, et d’ouvrir l’ère de la résistance populaire.

Pour quiconque croit en la fraternité entre les peuples, il n’y a pas de « Ligne Verte » qui tienne : pour un État multinational, laïque et socialiste ! La population juive de Palestine a tout intérêt à la révolution palestinienne, et a toute sa place dans la nation arabe !

La LDJ et l’héritage des FTP-MOI

Dans la rubrique « Décidément, les sionistes ne sont plus ce qu’ils étaient », la Ligue de Défense Juive annonce sur son site la sortie d’un film sur les FTP-MOI dans quelques mois. Et ne se prive pas d’une récupération éhontée de l’héritage communiste de France, un héritage totalement opposé à l’histoire et l’idéologie fasciste de la LDJ.

Tout bien réfléchi, il s’agit sans doute d’un bon signe, qui marque le prestige et l’honneur de la résistance communiste, au point que même les fascistes se sentent obligés de se référer aux FTP-MOI (ainsi qu’à l’UJRE en décembre dernier), et de faire un lien vers un site de la diaspora arménienne (sans doute une première pour la LDJ… site que vous pouvez retrouver depuis longtemps dans nos liens).

La LDJ explique ainsi vaguement :

« Le communisme est une idéologie totalitaire pour laquelle nous n’avons aucune sympathie.

En 1942 ,la vision qu’en avait les jeunes juifs ou arméniens à Paris était idéalisée et évidemment fausse. »

Malheureusement pour les récupérateurs, les FTP-MOI n’avaient rien d’idéaliste, et luttaient conformément aux principes d’organisation communiste et dans le cadre stratégique du Parti Communiste. On lira ainsi à profit l’interview d’Adam Rayski, qui réfute les calomnies des révisionnistes qui présentent les FTP-MOI comme des petits soldats idéalistes.

Et puis soyons clairEs : des personnes juives communistes d’Europe de l’Est émigrées en France… ça ne peut historiquement pas être sioniste !

Concernant le film, il s’appelle « L’Armée du Crime » (en référence à l’Affiche Rouge), est réalisé par Robert Guédiguian, est présenté hors-compétition au festival de Cannes, et sortira le 23 septembre 2009.

Concernant les FTP-MOI, on consultera les archives du mois de février (entre le 17 et le 22 février), ainsi que le document de l’Action Antifasciste.

Et ici la retranscription :

« A NE PAS RATER
samedi 2 mai 2009, par Admin

http://www.armenews.com/article.php3?id_article=51171

Film « L’Armée du Crime » sortie en salle le 23 septembre 2009

Le communisme est une idéologie totalitaire pour laquelle nous n’avons aucune sympathie.

En 1942 ,la vision qu’en avait les jeunes juifs ou arméniens à Paris était idéalisée et évidemment fausse.

Contrairement aux endormis et pantouflards repus du CRIF ,Les activistes des FTP MOI Groupe Manouchian sont des exemples de courage et de sacrifice pour la jeunesse juive actuelle.

Dans Paris occupé par les allemands, l’ouvrier poète Missak Manouchian prend la tête d’un groupe de très jeunes juifs, Hongrois, Polonais, Roumains, Espagnols, Italiens, Arméniens, déterminés à combattre pour libérer la France qu’ils aiment, celle des Droits de l’Homme.

Dans la clandestinité, au péril de leur vie, ils deviennent des héros. Les attentats de ces partisans étrangers vont harceler les nazis et les collaborateurs. Alors, la police française va se déchaîner, multiplier ses effectifs, utiliser filatures, dénonciations, chantages, tortures… Vingt-deux hommes et une femme seront condamnés à mort en février 1944. Dans une ultime opération de propagande, ils seront présentés comme une Armée du crime, leurs visages en médaillon sur un fond rouge placardés sur les murs de toutes les villes du pays.

Ces immigrés, morts pour la France, entrent dans la légende. C’est cette belle et tragique histoire que raconte le film. »

Criminalisation sioniste du deuil de la nation arabe

Cela se passe de commentaire, en particulier en ce jour de commémoration de la Nakba :

Le député Alex Miller du parti Israel Beitenou a soumis un projet de loi qui interdit la célébration de la Nakba qui devrait avoir lieu vendredi. Les contrevenants seraient passibles d’une peine maximale de 3 ans de détention.  »Celui qui veut soutenir nos ennemis le fera depuis Gaza », a-t-il déclaré.

Ces mesures viennent réagir à la célébration de la Nakba (« catastrophe » en arabe) qui est un jour de deuil et de lamentations observé par les Arabes israéliens pour commémorer la création de l’Etat d’Israël.

(Guysen.International.News / 2009-05-13 20:47:00 ISRAEL)

14 mai 1948 : exil juif, exode palestinien

Les réfugiéEs de 1948 sont encore aujourd’hui entassés dans des camps par les réactionnaires arabes complices de l’impérialisme.
Pour le droit au retour de touTEs les réfugiéEs palestinienNEs dans leur patrie !

14 mai 1948, Nakba des minorités juives et de la nation arabe

Il y a 61 ans a été déclarée « l’indépendance » de l’État sioniste d’Israel. Nous rappelons néanmoins que selon le calendrier juif, les sionistes ont célébré Yom Ha’Atzmaout le 29 avril [ce qui a soi-disant justifié les drapeaux sionistes devant le TGI de Paris pendant le rassemblement de soutien à la famille Halimi].

Ce qui a été une victoire pour le sionisme a marqué un jour noir pour les communautés juives dans le monde, pour beaucoup bradées à l’État sioniste et exilées par les impérialistes (notamment français) et par leurs complices locaux, pour permettre à cet État fantoche de se développer et de survivre. Ce que les nazis n’ont pas totalement réussi, les sionistes ont partiellement contribué à l’achever.

Ce qui a été une victoire pour l’impérialisme et le sionisme est également une catastrophe, une Nakba, pour le peuple palestinien et la nation arabe en général.

L’État sioniste est un avant-poste colonial de l’impérialisme américain, un avant-poste qui lui sert à la fois de porte-avion et de force militaire contre la nation arabe, pour l’affaiblir politiquement et casser son unité en isolant la minorité juive arabe.

La Nakba est une défaite historique de la nation arabe. Mais nous l’affirmons : ce n’est qu’un détour ! Les jours du système impérialiste sont comptés, donc également ceux de l’État sioniste d’Israel sous perfusion américaine !

Hapoel soutient inconditionnellement les projets révolutionnaires d’unité de la nation arabe, dont sa composante juive, pour renverser le système de domination des impérialistes, des sionistes, de la réaction arabe et des féodaux, et construire une Palestine démocratique, populaire, laïque et socialiste, entre la mer et le Jourdain.

Vive l’unité de la nation arabe avec sa minorité juive !
Vive la révolution palestinienne ! L’État sioniste est un tigre en papier !

Entre le CRIF et la LDJ, débarrassons-nous des sionistes !

Avant-hier le 30 avril, c’est-à-dire le lendemain de l’ouverture du procès Fofana, le Crif a émis un communiqué de trois petits paragraphes. Nous avons donc largement assez de place pour le reproduire ici :

« Procès Fofana : le CRIF apporte son soutien à la famille Halimi (30/04/09)

Le procès de Yousouf Fofana et du « Gang des barbares » s’est ouvert hier, le mercredi 29 avril 2009.

Le CRIF comme tous les hommes et femmes de bonne volonté de notre pays, apporte son soutien à la famille de Ilan Halimi pendant cette période longue et douloureuse.

Le CRIF condamne avec la plus grande fermeté tous les actes de violence, quels qu’ils soient, comme ceux qui ont marqué le premier jour du procès. Leurs auteurs sont des irresponsables qui doivent être sanctionnés avec la plus grande vigueur. »

Pour les « actes de violence », le CRIF vise bien évidemment les fascistes de la LDJ.

Mais on peut légitimement demander au CRIF : où étiez-vous lorsqu’il s’agissait, dans et devant le tribunal, d’apporter notre solidarité à la famille Halimi ?

Le communiqué ci-dessus met en scène une pseudo-contradiction entre le CRIF et la LDJ. Mais la vérité, c’est que notre minorité nationale est totalement cernée culturellement : entre les pacifiques bourgeois sionistes institutionnels du CRIF et certains voyous sionistes ultras de la LDJ, la bourgeoisie et l’État veulent nous prendre en étau !

Le CRIF et la LDJ sont les deux face d’une même médaille maudite, celle de l’encadrement réactionnaire des nôtres, par en haut et par en bas. Il est temps de briser l’hégémonie des sionistes ! Vive l’offensive de la culture métisse et populaire !

Quoi qu’il en soit, Ruth Halimi, la mère d’Ilan, a fait preuve d’une grande dignité pendant le procès.

De plus, elle a eu raison de revendiquer la levée du huis-clos, surtout quand on voit les provocations odieuses de Fofana, par exemple ses menaces quand il dit implicitement qu’il y a des gens dans la salle pour identifier visuellement le jury (ce que la juge a refusé de noter sur les actes du procès). Cette provocation a carrément posé la question pour la famille Halimi de savoir si elle participerait ou pas au reste du procès.

Tout cela n’aurait pas été possible si les débats avaient été publics. Il est bon de rappeler cette vérité populaire : la lutte pour la dignité passe par la lutte pour la justice !

On peut arracher un arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps : JUSTICE POUR ILAN !

Jamais la route de Jérusalem ne passera par Deir Yassin !

Nous commémorons aujourd’hui le massacre de Deir Yassin, perpétré par la terreur sioniste le 9 avril 1948.

Deir Yassin était un village arabe de quelques 600 âmes, à l’ouest de Jérusalem, non loin de la route vers Tel Aviv, à côté de la colonie de Givat Shaul.

Pour libérer cette route du blocus arabe, la Haganah mène une opération dès le début avril 48, opération qui est un succès pour les occupants.

Néanmoins, pour briser psychologiquement la résistance arabe et terroriser le peuple palestinien, les milices sionistes de l’Irgun et de sa scission le groupe Stern, déjà connues pour leurs attentats à la bombe dans des bus ou des marchés, décident de « pacifier » un village déjà pacifique : ce sera Deir Yassin. Et cela avec l’accord de la Haganah, ainsi que, « paradoxalement », la complicité de l’impérialisme anglais.

Le 9 avril au matin, ce sont donc 120 miliciens sionistes qui fondent sur le village, mais qui rencontrent une résistance populaire armée. Des Palma’him et des soldats de la Haganah sont alors envoyés en renforts, et « l’ordre règne à Deir Yassin » aux alentours de midi.

C’est là que commence le massacre « à proprement parler ».

Dès que l’armée « régulière » se retire, les terroristes d’Etzel et du Le’hi (les abréviations des vrais noms de l’Irgun et du Stern) sortent de leurs caches et commencent à ratisser et nettoyer le village. À la grenade et à l’explosif. Femmes et enfants compris.

Quant aux prisonniers, ils seront exhibés sur un camion dans le quartier de Ma’haneh Yehuda, et exécutés plus tard dans une carrière.

Dans la foulée, on donnera le chiffre de 254 personnes massacrées par la terreur sioniste, ce qui soulèvera l’indignation des peuples du monde et la rage de la nation arabe. Suivront les « condamnations » les plus hypocrites de Ben Gurion et des sionistes de la Haganah et de la Sokhnut, ainsi que le négationnisme le plus éhonté d’un Mena’hem Begin, alors leader d’Etzel.

Les criminels sionistes qui ont perpétré le massacre ne seront jamais poursuivis, et pour cause. Faut-il rappeler que Mena’hem Begin sera premier ministre pendant les massacres de Sabra waShatila ? Faut-il rappeler que la Haganah fut le noyau de l’État sioniste et de Tzahal ? Faut-il rappeler que Tzipi Livni est elle-même issue d’une famille dirigeante de l’Irgun ? Faut-il rappeler que le Palma’h était dirigé par la « colombe » Itz’hak Rabin ?

C’est pourquoi, pour nous autres personnes juives éprises de paix, pour la nation arabe, et pour les peuples du monde, les choses sont claires : l’État sioniste d’Israel s’est directement fondé sur les ruines et les cadavres de Deir Yassin.

Le sionisme, c’est concrètement Deir Yassin.

Une deuxième leçon s’impose aux peuples et nations opprimées du monde entier. Il faut en effet savoir que le village de Deir Yassin avait conclu en janvier 1948 un accord de « bon voisinage » avec la colonie voisine de Givat Shaul. Seulement voilà, la capitulation ne protège rien ni personne : seule la résistance paie !

Nous avons coutume à Pessa’h de dire « לשנה הבאה בירושלים » ( = « LaShannah HaBa’ah BeYerushalaim » = « à l’année prochaine à Jérusalem »). Ce rituel est un rituel d’espoir, un rituel d’impatience pour un monde nouveau.

C’est au fond une espérance en un communisme qui ne peut dire son nom, faute d’être appréhendé scientifiquement comme tel, et qui trouve son expression dans la référence messianique à Jérusalem.

Ce n’est en aucun cas une justification de la barbarie sioniste, ennemie mortelle des communautés juives du monde ainsi que de la nation arabe.

Voilà pourquoi nous disons : jamais la route de Jérusalem ne passera par Deir Yassin !

Baruch Goldstein, ou les arrières-pensées génocidaires du sionisme religieux ultra

Nous vous parlions récemment de la LDJ en France dans « D’où vient la LDJ ? » et « La LDJ et l’impérialisme français ».

Mais la pseudo-autodéfense de la LDJ en France n’a encore rien à voir avec la terreur fasciste pratiquée par les LDJ des USA et d’Israel.

Nous commémorons aujourd’hui le 15ème sinistre anniversaire du massacre de Hevron (Hébron, חברון), au cours duquel le fasciste Baruch Goldstein a tué 29 Palestiniens musulmans lors de leur prière du vendredi, le 25 février 1994.

Baruch Goldstein était un colon sioniste religieux ultra de la colonie de Kiryat Arba, d’origine américaine, membre de la Ligue de Défense Juive du rabbin Meir Kahane, et médecin servant dans Tsahal.

[La suite est adaptée de Wikipedia.]

Le 25 février 1994, il rentra dans le Tombeau des Patriarches en uniforme militaire et abattit 29 palestiniens en pleine prière à l’aide de son M16 de service, en faisant dans le même temps plus de 150 blessés parmi les fidèles musulmans. Il fut ensuite assommé avec un extincteur et battu à mort par les survivants.

Tout de suite après l’annonce du massacre, des milliers de Palestiniens manifestèrent en Cisjordanie. De grandes émeutes eurent lieu, au cours desquelles 26 Palestiniens et 9 Israéliens furent tués. L’État israelien imposa par la suite un couvre-feu sur la ville de Hevron.

Ls mouvement Kahane Hai (Ka’h), dont Baruch Goldstein était proche, fut interdit au titre des lois anti-terroristes.

Malgré le rejet très majoritaire de son geste au sein de la population israélienne, Baruch Goldstein devint un héros dans certaines franges de l’extrême droite, en particulier religieuse. Des cérémonies ont encore lieu tout les ans en son honneur, dans le cimetière de Kiryat Arba. On peut lire sur sa tombe : « Ici gît un saint, Dr. Baruch Kappel Goldstein, bénit soit la mémoire d’un homme juste et saint, que Dieu venge son sang, à celui qui dévoua son âme aux juifs, au judaïsme et au pays juif. Ses mains sont innocentes et son cœur est pur. Il fut tué en martyr de Dieu le 14 Adar, jour de Pourim de l’an 5754. »

Dans la suite, les noms des victimes palestiniennes arabes. Lire la suite »

Mais au fait, d’où vient la LDJ ?

Mais au fait, puisqu’on parle de la LDJ, c’est quoi la LDJ ?

La LDJ – pseudo Ligue de Défense Juive (ici une présentation wikipédia) – est une organisation sans aucune légitimité historique en France, et la communauté juive l’ignore d’ailleurs totalement, malgré ses multiples actions violentes.

Et pour cause, la LDJ est un projet idéaliste et raciste, n’ayant même plus aucun rapport avec l’Etat israelien lui-même.

La LDJ est en effet née du fruit de la « trahison » du Betar de France vis-à-vis de l’Etat israelien et de la radicalisation de la frange raciste de cette organisation, jusque-là contenue au moins pour la forme.

En effet, le Betar est à la base un mouvement de jeunesse sioniste, fondée sur la ligne ultra c’est-à-dire colonialiste et chauvine, mais dont toute l’activité était centrée sur le « soutien inconditionnel à Israel ».

En gros, cela signifiait qu’en dehors des rares « coups » contre des nazis, le Betar était un mouvement de jeunesse sioniste traditionnel (vacances, réunions, danses fokloriques, etc.), collaborant d’ailleurs avec les autres mouvements de jeunesse sionistes, même si ceux-ci étaient de gauche (toujours au nom du sacro-saint principe du « soutien inconditionnel à Israel »).

Mais au moment où l’OLP a accepté les accords de paix sous l’égide des USA, la frange raciste a décidé de rompre avec le sionisme historique et le principe du « soutien inconditionnel à l’Etat israelien, quel que soit son gouvernement ».

Voilà comment est née la LDJ, qui n’a ainsi aucun rapport ni avec le Betar historique, ni avec la communauté juive française, ni même avec la société israelienne, puisque la LDJ se revendique d’un sionisme religieux qui n’a historiquement… jamais existé !

Ou plus exactement, qui n’a existé que dans les années 1980-1990, et a même été interdit par l’Etat israelien tellement son délire était inacceptable même pour le sionisme, ce qui n’est pas peu dire ! (ici une présentation wikipédia du parti Kach).

La LDJ ne peut même pas se revendiquer du sionisme révisionniste, la frange ultra représentée par le Betar, le Herout, etc., car le sionisme révisionniste refuse par principe la violence au sein de la communauté juive et toute critique de l’Etat israelien, alors que la LDJ, elle, n’y voit pas d’inconvénient…

La LDJ est donc un accident de l’histoire, le produit d’une déroute, celle d’une autodéfense juive qui s’est embourbée dans le marais du sionisme, sionisme qui l’a trahie : alors que dans les années 1980-1990 l’autodéfense juive était un principe répandu, le sionisme l’a assassinée à son profit.

Le Betar a détourné l’autodéfense juive en sionisme, les masses juives qui ont participé initialement n’ont pas suivi et il ne reste plus qu’un poignée de fascistes prolongeant le délire.

Disons-le clairement. La LDJ ne sert pas l’autodéfense juive, la LDJ est une organisation d’extrême-droite, une organisation de type fasciste, qui tente de dévoyer la juste colère des masses populaires juives.

Elle est le prolongement historique du Betar de France, organisation ultraréactionnaire ayant sombré dans la décadence parallèlement aux échecs de plus en plus patents du sionisme et de l’Etat israelien.

Face à l’antisémitisme, le sionisme a montré qu’il ne servait à rien, et ce n’est que dans l’alliance métissée avec les masses populaires de France, de toutes origines, que les juives et juifs de France pourront vivre dans la paix et le bonheur.

Non à la division, oui à l’amitié et l’unité antifasciste !

La LDJ et l’impérialisme français

Jusqu’aujourd’hui, une analyse matérialiste semblait montrer que la Ligue de Défense Juive était à la remorque de l’impérialisme américain.

Néanmoins, la LDJ semble de plus en plus sensible aux sirènes de l’impérialisme français et de son appareil militaire et répressif. Voilà qui est bien surprenant pour des plus-sioniste-que-moi-tu-meurs.

Hier, dimanche 15 février 2009, la LDJ de France a en effet publié sur son site web un hommage à un capitaine de l’armée française d’occupation en Afghanistan :

MORT POUR LA FRANCE
dimanche 15 février 2009, par Admin

Tué en Afghanistan, le capitaine Sonzogni était une figure légendaire de son régiment C’est un exemple pour tout français luttant contre le terrorisme ilslamique. La LDJ présente ses condoléances à son épouse Nathalie ainsi qu’à ses deux filles, Tatiana 18 ans et Carla 14 ans.

Dans la même veine de traîtres vendus à l’impérialisme français, on se souvient de leur hommage aux dix soldats de l’armée d’occupation morts en Afghanistan en août dernier :

MORT POUR LA FRANCE
mardi 19 août 2008, par Admin

la LDJ présente ses condoléances aux familles des 10 soldats français qui ont trouvés la mort aujourd’hui lors d’une attaque de terroristes islamistes appelés « talibans ».
[...]
Aujourd’hui l’heure est au recueillement après la mort de nos soldats
[...]
Demain viendra le temps du châtiment.

« La mort de NOS soldats » : les sionistes ne sont décidément plus ce qu’ils étaient !

Auparavant, la LDJ avait déjà pris fait et cause pour la police nationale française lors de la grande révolte prolétarienne à Villiers-Le-Bel (95) fin 2007.

Tout cela n’est qu’à moitié surprenant, quand on sait qu’un des responsables de la LDJ a servi dans le 2e régiment de la Légion Étrangère. Tiens, voilà du boudin, mais kasher apparemment…

Concernant les activités de la LDJ ailleurs que sur les fronts de l’impérialisme français, rappelons-nous la récente agression à la mi-janvier de deux jeunes arabes à la sortie du lycée Janson dans le 16 à Paris.

La diffusion de tracts devant un lycée bourgeois du XVIe ainsi que l’agression raciste montrent à la fois la nature de classe de la LDJ, et les buts de division fasciste qu’elle poursuit, sous couvert d’auto-défense.

Alors que l’actualité est à l’antisémitisme de plus en plus massif, de plus en plus ouvert, de plus en plus agressif, les ultra-sionistes ne trouvent rien de mieux à faire que de terroriser de jeunes arabes dans un quartier bourgeois de Paris !

Alors que l’impérialisme français nous a déraciné d’Afrique du Nord, les ultra-sionistes ne trouvent rien de mieux à faire que pleurer les gradés de l’armée impérialiste française !

Alors que la police française a déporté nos grands-parents et nos arrières-grands-parents, les ultra-sionistes ne trouvent rien de mieux à faire que de prendre les devants contre la révolte de la jeunesse prolétaire qui attaque les flics et l’État !

Alors que les fascistes nous ont toujours haïEs et souhaitent de plus en plus ouvertement notre anéantissement, les ultra-sionistes ne trouvent rien de mieux à faire que de sympathiser avec les « identitaires » !

Alors que les agressions antisémites se multiplient et sont de plus en plus violentes, les ultra-sionistes ne trouvent rien de mieux à faire que de ne « s’autodéfendre » que contre des militantEs pour la libération de la Palestine !

Contre la division fasciste et raciste, nous arborons la culture métisse et l’unité populaire !

Sionistes, vous ne le savez pas…

…mais vous êtes déjà morts !!!

Joseph Trumpeldor, de l’idéalisme social au fascisme

Le saviez-vous ?

Le nom de l’organisation d’extrême-droite sioniste « Betar » est en fait l’acronyme hébreu de ברית יוסף תרומפלדור (Brit Yosef Trumpeldor) qui signifie Alliance Yosef Trumpeldor.

Joseph Trumpeldor était un russe né en 1880, un officier de l’armée du Tsar, qui se définissait comme « un anarcho-communiste et un sioniste ». Opposé au projet bolchévik d’Etat multinational, il a soutenu la ligne des socialistes-révolutionnaires, qu’il mêlait à son idéalisme nationaliste sioniste.

À la révolution russe il a tenté de créer des bataillons juifs pour aider celle-ci, espérant aller « au front avec les drapeaux rouges de la révolution russe et les drapeaux bleu et blanc de la renaissance juive flottant au-dessus de nos têtes. »

Finalement, il décidé de retourner en Palestine, où il avait au début des années 1910 contribué à la naissance du mouvement « sioniste socialiste » et tenté de vendre à l’impérialisme anglais un projet d’armée juive qui leur serait alliée, et y meurt exécuté en 1920 par des patriotes arabes combattant les troupes françaises.

Gaza : premier bilan du massacre

Alors que Gaza a besoin de solidarité, et la Palestine en général, voici un premier bilan de l’opération terroriste menée par l’Etat sioniste :

– la destruction complète de plus de 4.000 résidences et d’une destruction partielle de 17.000 bâtiments et unités d’habitation,

– 23 mosquées, 25 écoles, hôpitaux et universités, 31 QG de la sécurité, 16 bâtiments des ministères, ainsi que 1500 usines, ateliers et d’autres établissements commerciaux ont été endommagés ou détruits

– 90000 personnes ont été déplacées, dont 50000 enfants

– 1334 personnes ont été tuées.