Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 18h43, sortie samedi à 19h51.

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Entrée vendredi à 18h32, sortie samedi à 19h40.

Entrée vendredi à 18h23, sortie samedi à 19h29.

Entrée vendredi à 18h10, sortie samedi à 19h18.

Entrée vendredi à 17h59, sortie samedi à 19h07.

Entrée vendredi à 17h47, sortie samedi à 18h57.

Entrée vendredi à 17h36, sortie samedi à 18h46.
[Un article absolument édifiant de La Terre D'abord, un site pour « la libération animale et l'écologie radicale ».]
La catastrophe naturelle d’Haïti ne cesse de susciter des actes de générosité plus ou moins sincères envers les sinistréEs. Plus ou moins sincères, car malheureusement, certains en profitent simplement pour en profiter en terme d’image.
Le summum de l’hypocrisie vient de l’organisateur de corridas, ancien matador, et directeur des arènes de Nîmes Simon Casas qui aurait demandé au matador Sébastien Castella, de se produire à Nîmes le 13 mai, afin de reverser les recettes de la corrida aux sinistrés d’Haïti.
Sachons lire entre les lignes et comprenons bien que cet acte se voulant charitable n’est qu’un gros coup de pub, qui se sert honteusement du drame d’Haïti afin de tenter de se donner une belle nouvelle image, mais surtout d’insuffler un nouvel essor à ces pratiques cruelles qui sont à bout de souffle.
En effet, face aux nombreuses interdictions de corridas dans les villes « taurines » (de France et d’Espagne) et aux protestations grandissantes face à cette barbarie, le milieu tauromachique en manque croissant de supporters, tente dorénavant de s’implanter en Chine. Une arène serait construite à Pékin afin de pratiquer 16 spectacles sanglants par an dès fin 2010.
Mais attention : il tente aussi de faire en sorte que la tauromachie devienne une valeur « identitaire » fournissant une base électorale aux notables.
Car Simon Casas est quelqu’un de très ambitieux : sa société dirige les arènes de Nîmes et d’Alicante, en étant associée à la gestion de celles de Malaga et de Mont-de-Marsan.
Arènes de Nîmes dont il a gagné en fait tout récemment la responsabilité pour les 5 prochaines années, en décembre 2009. Et les arrières-pensées politiques sont ouvertes, comme il le montre dans une interview, affirmant clairement l’importance « politique » de la tauromachie dans sa région.
Interview où il dit d’ailleurs dans un grand élan d’apologie de soi : « dans mon domaine, la tauromachie, je suis prophète sur l’ensemble du monde taurin international. »
Car pour Casas la tauromachie est une quête, dont la dimension doit bien être saisie. Casas est en effet un prophète, et évidemment un faux prophète.
Nous avions parlé du livre « Eternel Treblinka » ; eh bien la philosophie de Simon Casas est l’exact contraire.
S’il est fasciné par la tauromachie jusqu’à s’incruster dans l’Espagne franquiste pour pouvoir devenir torero, c’est pour satisfaire sa quête existentielle :
« Triompher de la mort. Celle de mon père. Une méthode pour affirmer mon identité. Celle de ma mère. Venger l’exil de mes ancêtres chassés d’Espagne. »
Lui, dont la mère est juive séfarade (juifs orientaux originaires surtout d’Espagne et exilés de ce pays en 1492), a donc décidé de « braver les interdits » et de prendre sa revanche individuelle.
C’est non seulement n’importe quoi, mais honteux. Son initiative se déroule alors que les antifascistes sont torturés et assassinés par la dictature franquiste, alors que la république espagnole avait aboli la corrida par le décret du 10 juillet 1937, et que justement l’Espagne franquiste avait fêté sa victoire sur la République par la « corrida de la Victoire » le 24 mai 1939…
Faisant de la corrida une composante de son identité culturelle catholique-réactionnaire.
Mais Simon Casas n’est intéressé que par une seule chose : lui-même. La corrida est pour lui un moyen de se transcender.
Rien de plus faux d’imaginer quelqu’un n’ayant pas une théorie profonde de sa propre activité. Simon Casas connaît tous les classiques de la théorie de la transgression ; dans son imaginaire il doit se considérer comme le Sade des temps modernes.
La position de Simon Casas est très élaborée intellectuellement : dans ce genre de pensée on trouve Leiris, Bataille, Lacan, dont se revendique bien entendu Simon Casas. Et évidemment de la « victoire sur le taureau » dans l’antiquité dont nous parlions récemment.
Dans une interview Casas dit ainsi :
« La corrida est un art, la rencontre de l’humain et de l’animal dans une magie que la société ne saurait organiser, un phénomène de transfert, au sens psychanalytique du terme, où je gagne de la bestialité et où la bête gagne de l’humain.
(…)
Si la corrida n’est pas pour vous un art, reconnaissez au moins qu’elle en est un support sublime : Picasso, Goya, grands interprètes de la culture et de l’humanité, s’en sont inspirés. Choisir ce sujet serait-il anecdotique ? Pour moi, lorsque je me retrouve face au taureau dans l’arène – et ici je me fais le porte-parole de tous les toreros -, je ne suis animé que par le souci de beauté. »
C’est là où la pensée de Simon Casas est perverse : il ne s’agit pas de quelqu’un qui nie la problématique posée par la question de « l’Eternel Treblinka ».
C’est quelqu’un qui pense exactement l’inverse.
Avec Simon Casas on est aux antipodes d’une réflexion sur la Shoah (voir ici sa critique par Hapoel) affirmant qu’il faut rejeter toute barbarie. On est dans une sorte d’affirmation mégalomane et absolue de son propre être, de sa toute puissance.
La quête du pouvoir : tel est le but de Simon Casas. Là où quelqu’un comme Isaac Bashevis Singer mettait au centre la compassion, Casas place le pouvoir. Là où l’un dit : tout le monde doit vivre, lui dit : je veux survivre et l’éprouver, par la mort (d’un autre) ou au moins la démonstration du pouvoir.
Casas peut ainsi se poser en humaniste : à propos d’une « poule paralytique et grabataire », il a affirmé ne pas vouloir « l’achever » :
« Je ne supporte pas la mort. Même pas celle du taureau, sauf si c’est un grand combattant, lorsqu’il a manifesté sa capacité à rêver sa vie. »
« Rêver sa vie » : dans son imaginaire, Casas accorde de la dignité à l’humain mais aussi à l’animal que l’humain élève en « dignité ». Un délire que Casas pousse jusqu’au bout ; il dit ainsi, très certainement de manière sincère :
« Si j’avais la conviction que le taureau souffre, je n’irais pas à la corrida. Certes, il meurt, mais son destin est des plus enviables. Il vit quatre ans alors que ses congénères disparaissent à deux ans, par paquets, dans les abattoirs. Le taureau de combat, lui, est reconnu. On sait quelle est sa lignée. Il est élevé dans les meilleurs pâturages, dans un environnement intact du point de vue écologique. Et puis il surgit un jour dans l’arène… »
Simon Casas se croit un vrai humaniste, il croit vraiment que la corrida est une transgression, une manière d’affirmer (dans le sang) son individualité humaine.
Tout cela est de la folie, l’expression d’une course en avant, ou plutôt d’une fuite.
Simon Casas a cru fuir la destruction en se créant un personnage, lui qui s’appelle en réalité Bernard Combs, né d’une mère séfarade et d’un père juif polonais.
Il a cru se recréer éternellement par la corrida.
Mais tout cela est fictif, idéaliste, vain, absurde. Tout comme son délire de prendre la nationalité espagnole, en raison de la présence de Le Pen au second tour de la présidentielle, en raison de ce « coup de corne à la République ».
C’est lui qui parle de la République, lui dont la culture de la corrida est celle de l’Espagne franquiste, dans le sang de la démocratie.
Quelle ironie qu’il soit d’ailleurs exactement de la génération de Pierre Goldman, autre juif polonais né en France (et demi-frère de Jean-Jacques), mais qui lui avait choisi l’engagement révolutionnaire des années 1970. Quelle différence de morale.
Quelle tristesse de le voir répandre son faux humanisme, mais vraie barbarie, alors qu’il aurait dû construire son identité dans la libération totale, en faisant face à l’éternel Treblinka que vivent les animaux !

Entrée vendredi à 17h25, sortie samedi à 18h35.
Ce soir et demain, nous fêtons Tou BiShvat, la fête la plus « écologiste » de l’année religieuse juive !
Et pour cause : le 15 du mois de Shvat marque le « Rosh HaShanah LaIlanot », c’est-à-dire la nouvelle année pour les arbres, où l’on consomme leurs fruits suite au « jugement » des arbres par D.ieu à Shavuot.
En raison de cela, la tradition à Tou BiShvat est de consommer des fruits secs, dont des amandes, dattes, abricots secs, figues séchées, raisins secs, etc.
Historiquement, la date du Rosh HaShanah LaIlanot a donné lieu à une controverse rabbinique dans les premiers siècles de l’ère chrétienne.
D’une part l’école de Shammai tenait pour le 1er du mois de Shvat, d’autre part l’école de Hillel tenait pour le 15 du mois de Shvat.
Et de fait, le 15 du mois de Shvat correspond à peu près aux premières floraisons d’arbres en terre de Palestine, particulièrement les magnifiques fleurs d’amandiers blanches et roses.
L’école de Hillel l’a donc emporté (sans doute pour des raisons plus complexes…), et depuis on parle de Tou BiShvat.
En effet, dans l’arithmétique hébraïque, Tou = ט״ו = 9+6 = 15. Mais alors pourquoi ne pas écrire 15 = 10+5 ? Parce qu’en hébreu, cela donnerait י״ה, l’abréviation du nom de D.ieu !
En revanche, on ne sait pas bien si Tou BiShvat a été réellement célébré (c’est-à-dire avec une pratique spécifique) depuis son institution, qui remonte à l’établissement de la Mishnah.
Il se peut en réalité que la pratique de Tou BiShvat soit plus récente, et remonte au 16ème siècle, à l’époque du grand kabbaliste Itz’hak Luria (de Tzfat en Palestine).
Cette école kabbaliste aurait repris et développé la pratique ashkénaze de manger à cette occasion des fruits secs, en attribuant une importance particulière au symbole de l’arbre.
Car comment ne pas voir le lien avec le concept mystique d’Arbre de la Vie, « ‘Etz ‘Haim », qui apparaît dans la Genèse et a été justement synthétisé par Itz’hak Luria ?
À cela s’ajoute le parallèle entre l’être humain et les arbres, parallèle qui revient plusieurs fois dans le Tanakh, d’après les principes « l’arbre du champ est l’homme lui-même » (Dvarim dans la Torah) ou bien « l’homme sera tel un arbre planté au bord de l’eau » (Yirmyahou HaNavi).
Ainsi, Tou BiShvat est au fond une fête agricole, qui ne célèbre ni un deuil, ni un événement particulier – et pourrait presque ressembler à une fête païenne !
C’est aussi une fête qui, de manière populaire, célèbre la beauté du cycle de la nature et les signes précurseurs du printemps.
C’est enfin une fête issue du lien matériel de dépendance entre l’humanité et la nature, et que l’on peut aujourd’hui comprendre de manière matérialiste grâce au concept scientifique de Biosphère.
À titre anecdotique, on retrouve sur le site américain ShalomVeg.com un article sur Tou BiShvat et le végétarisme.


Entré vendredi à 17h13, sortie samedi à 18h25.
Dans notre article sur Daniel Bensaïd et la question juive, nous n’avons pas été très clairs sur un point, et nous tenons à revenir dessus.
À la toute fin, nous disions :
C’est là tout le malheur de ces « juifs de négation » : à force de nier l’existence des masses populaires juives au nom d’un universalisme abstrait, ils se retrouvent paradoxalement à se mettre en avant comme juifs, mais de manière toujours aussi abstraite !
Au cœur de cette contradiction, la grande absente est bel et bien ce que Lénine appelait « la dignité du réel », c’est-à-dire la réalité dans ce qu’elle a de plus immédiat.
Et d’ailleurs, la preuve irréfutable que tout cela est une construction intellectuelle abstraite, c’est l’absence terrible de toute référence à Ilan Halimi ou au fascisme – mais aussi à la libération animale.
La libération animale ? Pourquoi la libération animale ?
Pour Ilan Halimi, on comprend très bien, trop bien.
Pour le fascisme, on comprend aussi, quand on sait que chez les trotskystes, le fascisme serait un « détour » pour la bourgeoisie, d’où l’inutilité d’une politique antifasciste à part entière.
Mais la libération animale ?
Pour comprendre ce point, redonnons la parole à Bensaïd, qui dans une interview expliquait :
« Le problème c’est que tous les leaders trotskistes [juifs] – Barcia à Lutte Ouvrière, Lambert, Pierre Frank, Mandel – ont plutôt évité la spécificité du génocide pour le dissoudre dans un horizon d’émancipation universelle. C’était compréhensible et, dans une certaine mesure, légitime. »
C’était certes compréhensible, surtout à l’époque et surtout en France, mais c’était assurément abstrait.
Car si ces intellectuels juifs avaient compris la question du génocide comme une question concrète, très concrète, alors ils auraient peut-être vu la réalité de la condition animale et la situation d’extermination dans les abattoirs.
Et en fait, c’est pareil chez le « jumeau maléfique » de Daniel Bensaïd, à savoir Éric Zemmour.
Chez Zemmour les animaux n’existent pas, mais cela est compréhensible étant donné qu’il nie totalement la crise écologique en général (comme encore très récemment face à Chantal Jouanno, la secrétaire d’État à l’écologie capitaliste).
Cela en dit long, d’ailleurs, sur son degré d’abstraction, de négation bien française de la réalité, et de son éloignement absolu de tout ce qui constitue la nature sur cette planète.
Mais justement, tout cela tient peut-être au fait que Bensaïd et Zemmour sont au fond tous les deux très français…
Car à l’inverse, on peut constater facilement que de nombreuses personnes juives – souvent des femmes, soit dit en passant – sont impliquées dans le « mouvement » pour les animaux.
Par exemple, les blogs de Michelle Goldstein englobent les deux aspects : « protection » des animaux d’une part, et mémoire de la Shoah d’autre part (même si cette mémoire est artificiellement reliée au sionisme ultra).
Plus généralement du côté sioniste, on retrouve une certaine schizophrénie par rapport à la valeur de compassion. Ainsi, le blog de Marcoroz peut affirmer le respect – correct ! – pour les araignées et les animaux en général, à côté d’un racisme anti-arabe de type « occidentaliste »…
En revanche, du côté plus progressiste, on peut penser au blog Psychanalyse et Animaux, qu’il suffit de survoler pour voir la dimension très pratique, très concrète. Malheureusement, ce blog n’est pas toujours antisioniste.
De manière plus massive et plus profonde, les rescapés du génocide ont bien fait le lien aux États-Unis avec la compassion envers les animaux – la figure la plus connue étant l’écrivain yiddish Isaac Bashevis Singer.
En partant de l’expérience vécue de l’extermination, en partant de la confrontation directe avec la barbarie, de nombreuses personnes juives ont posé la question des valeurs qu’elles voulaient pour l’humanité, en lien évidemment avec l’interrogation profonde sur la vie et la mort.
Une expression de ce questionnement a été l’ouvrage de Charles Patterson « Un Éternel Treblinka », dont le titre vient d’ailleurs d’une citation d’Isaac Bashevis Singer.
Dans ce livre, on peut retrouver le témoignage d’une juive américaine, cité par le blog La Terre D’abord. À l’inverse de Bensaïd et Zemmour, cette femme est partie de son expérience personnelle du génocide, pour en arriver à la question de la compassion animale :
« En 1990, Susan Kalev se trouvait dans Greenwich Village, à New York, quand elle remarqua que la femme qui marchait devant elle portait un tee-shirt racontant l’histoire des veaux – comment ils sont arrachés à leur mère et gardés dans des stalles sombres et étroites jusqu’à ce qu’on les envoie au massacre.
Susan fut intriguée par ce qu’elle lut au point de dépasser la femme pour en apprendre davantage sur le devant du tee-shirt. Elle engagea avec la femme une conversation qui se prolongea devant un café.
Quand la femme dit à Susan Kalev qu’elle était en route pour une manifestation de protestation dans un restaurant du quartier et lui demanda de se joindre à elle, elle prit part à sa première action pour les droits des animaux. Quelques mois plus tard, en 1990, elle se rendit à Washington afin de participer à la Marche pour les animaux.
Susan Kalev, née en Hongrie pendant la Shoah, dit qu’elle a « le fantasme du sauvetage » – un puissant besoin de sauver des vies, dont elle pense qu’il est commun à nombre de survivants et leurs enfants.
Après la prise de contrôle de la Hongrie par les nazis, elle perdit son père, sa soeur et d’autres membres de sa famille. Elle ne survécut que grâce au beau-frère de sa mère, qui réussit à la placer dans un camp d’internement plutôt qu’à Auschwitz. Plus tard, en Israël, où elle vécut six ans, elle prit contact avec des membres survivants de la famille de son père.
Après avoir décroché un master d’assistante sociale à la Yeshiva University de New York en 1980, Susan travailla dans un service dédié aux familles et aux adoptions, puis pendant dix ans dans un service d’oncologie à l’hôpital Columbia-Presbyterian. Aujourd’hui, elle conseille les patients séropositifs et les malades du SIDA au Karen Honrey Psychoanalytic Institute en plus de sa pratique de la psychothérapie en cabinet.
Comme elle pense que tous les êtres vivants interagissent, elle est végétalienne (elle ne mange ni viande ni poisson ni oeufs ni produits laitiers). En plus des conférences qu’elle donne à New York sur la santé, l’alimentation végétarienne et une vie plus humaine devant des groupes, juifs ou non, elle est devenue éducatrice en attitude humaine dans des écoles publiques de New York.
Chaque fois qu’elle peut sauver ou aider un autre être vivant, quelle que soit son espèce, elle est persuadée d’accomplir l’enseignement du Talmud : « Celui qui sauve une vie sauve le monde entier. »
Pour Susan Kalev, la maltraitance des gens et la maltraitance des animaux sont liées. Son engagement dans un comportement non violent est devenu l’oeuvre de sa vie. Comme sa famille et elle furent les victimes impuissantes pendant la guerre, elle est décidée à agir. »
Partie de son expérience, Susan Kalev s’est donc « décidée à agir » pour les animaux, avec toujours en arrière-fond sa culture et son histoire juive.
Voilà un état d’esprit dans lequel nous nous reconnaissons : reconnaître la dignité du réel, pour reconnaître une valeur en soi à la nature et aux animaux.

Entrée vendredi à 17h04, sortie samedi à 18h16.

Entrée vendredi à 16h53, sortie samedi à 18h07.

Entrée vendredi à 16h40, sortie samedi à 17h54.

Entrée vendredi à 16h36, sortie samedi à 17h50.
Entre les « chiffres de l’antisémitisme » qui ont doublé en un an, et la profanation de la mosquée de Castres (montrant que la cruauté contre les animaux va désormais systématiquement de pair avec les profanations racistes), l’ambiance est bien pesante pour ‘Hanukkah…
Voici donc un sujet un peu plus léger… ou au contraire un peu plus lourd !
Nous publions ici une recette de Soufganyot végétaliennes, donc plus écologiques et n’impliquant pas de souffrance animale.
Cette recette a été adaptée de Sufganiyot.com (eh oui, ça existe !), mais on peut trouver une recette proche sur le site juif végétarien / végétalien ShalomVeg.com.
Ingrédients pour une douzaine de Soufganyot :
- 2 petits paquets de levure ;
- 1/3 de verre + 3 cuillères à soupe de sucre ;
- 1 verre d’eau chaude ;
- 4 verres de farine blanche ;
- 1/2 cuillère à café de sel ;
- 1 verre de lait de soja ;
- 2 cuillères à soupe d’amidon de pomme de terre ;
- 1/4 de verre de margarine végétalienne fondue ;
- 1/2 cuillère à café de vanille ;
- huile de friture (éviter l’huile de palme) ;
- confiture ou chocolat végétalien fondu.Préparation :
Dans un bol en verre, mélanger la levure, 1 cuillère à soupe de sucre et l’eau jusqu’à ce que la levure et le sucre soient dissous. Laisser reposer pendant 10 minutes.
Dans un autre grand bol, mélanger la farine et le sel.
Dans un troisième grand bol, mélanger le 1/3 de verre de sucre et les autres ingrédients, à part l’huile. Ajouter le mélange de levure, puis ajouter graduellement la farine et le sel. Mélanger jusqu’à ce que se forme une pâte ferme.
Couvrir et laisser reposer pendant une heure.
Démouler, et pétrir la pâte pendant environ une minute sur une surface farinée. Découper la pâte en beignets d’un diamètre d’environ 8 à 10 cm.
Couvrir avec un torchon ou un linge et laisser lever pendant 20 minutes environ, jusqu’à ce que la pâte double de volume.
Dans une friteuse ou une poêle profonde, chauffer plusieurs centimètres d’huile à feu vif. Vérifier la température en plaçant un petit morceau de pâte dans l’huile : l’huile est à la bonne température lorsque la pâte remonte à la surface presque immédiatement.
Faire frire les beignets dans l’huile pendant une minute ou deux, les tournant autant que nécessaire jusqu’à ce que les deux côtés soient dorés. Laisser égoutter sur du papier absorbant.
Injecter la confiture au choix ou le chocolat fondu avec une seringue à pâtisserie, et saupoudrer de sucre glace.
Bon appétit bien sûr !
‘Hanukkah Samea’h LeKoulam !

Entrée vendredi à 16h37, sortie samedi à 17h49.

Entrée vendredi à 16h40, sortie samedi à 17h51.
« L’homme a été créé unique, afin d’enseigner que celui qui détruit une vie, c’est comme s’il avait détruit le monde, et celui qui sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé le monde. »
Mishna Sanhedrin, 4:5

Le saviez-vous ?
Dan Amos est un activiste de la libération animale, qui est aujourd’hui incarcéré en Angleterre. Jeudi dernier, le 19 novembre, Dan a fêté son deuxième anniversaire derrière les barreaux : il a aujourd’hui 23 ans.
À cette occasion (avec un peu de retard…), nous aimerions lui rendre hommage, ainsi qu’à touTEs les prisonnierEs de la libération animale.
Comment Dan Amos s’est-t-il retrouvé dans les prisons de l’État anglais ?
C’est simple : Dan est un combattant de la libération animale.
Le 1er mai 2007, la police anglaise a mené une grande campagne d’arrestations, avec 32 raids policiers jusqu’en Belgique et aux Pays-Bas.
Dan Amos a été accusé d’être activiste dans le cadre de la grande campagne Stop Huntingdon Animal Cruelty (SHAC, qui dure depuis 10 ans), et de faire chanter Huntingdon Life Sciences (HLS), qui est le plus grand monopole capitaliste en Europe pour les tests sur les animaux.
Après avoir plaidé coupable, Dan a été condamné, le 21 janvier dernier, à une peine de 4 ans de prison ferme.
Aujourd’hui, l’État capitaliste anglais, comme toujours au service des monopoles de la torture et du meurtre des animaux, tente de briser la résistance des prisonnierEs de la libération animale.
Ainsi, Dan Amos fait face à l’isolement imposé par l’administration pénitentiaire : il reçoit du courrier, mais pas de livres, etc.
De plus, derrière les barreaux, il est extrêmement difficile de continuer à être vegan (= refuser toute utilisation des animaux dans sa vie quotidienne, notamment la viande, le lait, les œufs, le cuir, les produits testés, etc.).
Voilà pourquoi Dan Amos et les prisonnierEs de la libération animale ont besoin de toute notre solidarité – à commencer par faire connaître leur situation en France, où ces luttes sont quasi inconnues.
Certaines personnes se demanderont pourquoi nous rendons hommage à Dan plutôt qu’à d’autres prisonnierEs et martyrEs de la libération animale.
De fait, ces personnes auront tout à fait raison.
Seulement voilà, l’engagement de Dan Amos est la preuve que, quand notre minorité nationale dépassera les préjugés féodaux qui nous enferment, alors elle se saura se confronter à tous les aspects de ce monde de mort.
Autrement dit, notre minorité saura se reconnaître dans l’identité des oppriméEs qui font aussi face à l’extermination, et sera prête à se battre jusqu’au bout pour la libération totale.
Et ces oppriméEs qui font face à l’extermination, ce sont bien entendu les animaux aujourd’hui, mais demain, ce seront aussi les individus handicapés, les minorités nationales juive, rom, etc.
Voilà ce que représente Dan Amos pour nous : la confrontation d’une personne progressiste d’origine juive avec les questions de son époque.
Et voilà pourquoi nous tenons à ce que sa situation soit tout simplement connue en France.
Pour écrire à Dan Amos, voici son adresse actuelle :
Daniel Amos (VN7818),
HMP Guys Marsh,
Shaftesbury, Dorset,
SP7 0AH
Il existe un MySpace de soutien, qui est en lien chez Hapoel depuis déjà plusieurs mois : MySpace – Support Dan Amos.
Une lettre de Dan Amos, sur le site Animal Rights Prisoner Support.
Enfin, le site de la campagne SHAC : par ici ; et les prisonnierEs de la campagne SHAC : par là.
Sur le très bon blog La Terre D’abord, on a pu retrouver fin octobre un lien vers un site sur les élevages de visons dans l’État espagnol : Piel Es Asesinato.
On peut y voir une très longue série de photos montrant l’élevage de visons, pour les assassiner, les dépecer, et en faire de la fourrure pour bourgeois. Ces images sont horrifiantes, mais il faut oser s’y confronter.
Mais ce qui est frappant, en dehors des terribles images de visons en cages et de cadavres dépecés, c’est bien l’architecture des élevages eux-mêmes :
Pour toute personne juive, cette photo parle d’elle-même.
Mais pour les personnes juives qui n’auraient pas été meurtries au cœur en la voyant, pour celles et ceux qui n’auraient pas saisi la situation des animaux dans la barbarie capitaliste, on ne peut être plus explicite :
Car il faut le dire : la dimension concentrationnaire des usines-abattoirs saute aux yeux. Et ce n’est pas pour rien que l’écrivain yiddish Isaac Bashevis Singers a écrit :
« Toutes les autres créatures furent créées uniquement pour procurer [à l'homme] de la nourriture, des peaux, pour être martyrisées, exterminées. Pour ces créatures, tous les humains sont des nazis ; pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka. »
Être conscient de son histoire juive, c’est savoir reconnaître la situation d’extermination que vivent les animaux. C’est oser affronter leurs souffrances dans l’enfer capitaliste. Et c’est assumer au quotidien la libération animale.
Oser lutter pour les animaux et la planète !
Pas de répit jusqu’à ce que toutes les cages soient vides !

Entrée vendredi à 16h46, sortie samedi à 17h55.

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Entrée vendredi à 18h54, sortie samedi à 19h58.
Ce lundi 5 octobre, un cadre de la tauromachie nîmoise est passé en procès pour « injure à caractère racial ». Il s’agit de Joe Gabourdès, médecin de son état, qui avait tenu des propos antisémites à l’encontre d’un autre dirigeant de la tauromachie nîmoise, Simon Casas.
Les faits remontent au 9 février 2009. À une radio publique locale, Joe Gabourdès avait en effet déclaré : « Compte tenu de ses origines, Monsieur Casas n’a pas de leçons à nous donner : il est juif. ».
Ces propos ont été rapportés à Simon Casas, qui a porté plainte, plainte qui est à l’origine du procès de lundi au tribunal de police de Nîmes. Le verdict est attendu pour le 19 octobre.
Bref, une affaire qui aurait pu être une énième embrouille entre notables bourgeois de province, pétris de racisme et tous deux assassins d’animaux… si seulement elle ne contenait pas une dimension antisémite indéniable !
Car que voulait dire Gabourdès en rappelant les (présumées) origines juives de Casas ?
C’est très simple : que ce dernier serait au fond un « apatride » étranger au « vrai peuple français », pas assez « enraciné » dans le « vrai terroir de nos régions »… et que par conséquent il n’aurait pas son mot à dire sur comment se faire le plus d’argent possible sur le massacre d’animaux innocents !
C’est-à-dire qu’au fond, son attaque antisémite est d’une affligeante banalité : quoi de plus classique que la conception raciste du « juif apatride » ?
Bien entendu, Gabourdès et son avocate ont plaidé la relaxe, tour à tour :
- en minimisant l’accusation d’antisémitisme (« Il faut replacer les mots dans leur contexte », « Je ne suis pas tout à fait d’accord sur les termes exacts », « Il n’y a pas eu d’injure. C’est peut-être une maladresse mais cela a surtout été mal interprété. ») ;
- en tentant toutes les contorsions possibles (au vu des origines de Simon Casas, celui-ci ne pouvait prétendument pas exiger la liste des responsables du « Printemps des Aficionados », puisque cela ressemblerait de loin à de la délation de juifs pendant la guerre…) ;
- en invoquant la soi-disant terreur de la désignation d’antisémitisme, comme s’il était pire d’être accusé d’antisémitisme que d’être « accusé » d’être juif (« Un procès épouvantable pour Jean Gabourdès. Il ne peut vous arriver quelque chose de pire que d’être désigné comme étant celui qui profère des insultes antisémites. »).
Pas très original, en somme… sauf que cette fois, le lien entre racisme et assassinat d’animaux ressort très nettement !
En effet, les deux tauromachistes qui s’opposent font des affaires dans le massacre « artisanal » d’animaux innocents, pour le « divertissement » d’un public assoiffé de sang : dans l’échelle de l’assassinat, la corrida est « évidemment » une goutte d’eau (ou de sang…) face aux abattoirs et et aux fermes-usines du capitalisme monopoliste.
Rien d’étonnant, donc, à ce que Gabourdès fasse dans l’antisémitisme « artisanal » du « juif apatride » – et pas dans l’antisémitisme « industriel » et exterminateur.
Mais ces deux aspects de l’assassinat des animaux, tout comme ces deux aspects de l’idéologie antisémite, ne sont absolument pas contradictoires : ils ne font que se prolonger l’un l’autre.
En effet, la cruauté de la corrida se retrouve dans l’insensibilité au meurtre des abattoirs, tout comme l’aspect invisible du « juif apatride » ne peut être résolu que dans l’extermination, afin d’ « extirper la race ».
De même, quand on comprend les points communs entre la corrida et l’industrie du meurtre, comment ne pas faire le parallèle avec ces matchs de boxes organisés par les nazis au sein d’Auschwitz entre boxeurs « aryens » et boxeurs juifs (dont Victor Young Perez), tandis que les chambres à gaz et fours crématoires génocidaient à plein régime à quelques kilomètres à peine ?
Notre époque impose donc la cruelle actualité de la question animale aux côtés de la lutte antifasciste, et à ce titre, l’ouvrage « Éternel Treblinka » de Charles Patterson devrait avoir été lu par chaque personne juive – et non juive.
Contre l’écocide, contre le génocide, rejoins l’Action Antifasciste !
Rosa Luxemburg était une grande révolutionnaire d’origine juive, qui a organisé la lutte révolutionnaire en Pologne et en Lituanie, puis en Allemagne où elle a participé à la création du Parti Communiste (KPD) et à la révolution spartakiste. Elle fut assassinée le 15 janvier 1919 par les Corps Francs au service de la social-démocratie contre-révolutionnaire.
Voici un magnifique texte écrit en prison, où elle confie sa compassion envers les animaux.
« Ah ! ma petite Sonia, j’ai éprouvé ici une douleur aiguë.
Dans la cour où je me promène arrivent tous les jours des véhicules militaires bondés de sacs, de vielles vareuses de soldats et de chemises souvent tachées de sang…
On les décharge ici avant de les répartir dans les cellules où les prisonnières les raccomodent, puis on les recharge sur la voiture pour les livrer à l’armée.
Il y a quelques jours arriva un de ces véhicules tiré non par des chevaux, mais par des buffles.
C’était la première fois que je voyais ces animaux de près.
Leur carrure est plus puissante et plus large que celle de nos boeufs ; ils ont le crâne aplati et des cornes recourbées et basses ; ce qui fait ressembler leur tête toute noire avec deux grands yeux doux plutôt à celle des moutons de chez nous.
Il sont originaires de Roumanie et constituent un butin de guerre…
Les soldats qui conduisent l’attelage racontent qu’il a été très difficile de capturer ces animaux qui vivaient à l’état sauvage et plus difficile encore de les dresser à traîner des fardeaux.
Ces bêtes habituées à vivre en liberté, on les a terriblement maltraitées jusquà ce qu’elles comprennent qu’elles ont perdu la guerre : l’expression vae victis s’applique même à ces animaux… une centaine de ces bêtes se trouveraient en ce moment rien qu’à Breslau.
En plus des coups, eux qui étaient habitués aux grasses pâtures de Roumanie n’ont pour nourriture que du fourrage de mauvaise qualité et en quantité tout à fait insuffisante.
On les fait travailler sans répit, on leur fait traîner toutes sortes de chariots et à ce régime ils ne font pas long feu.
Il y a quelques jours, donc, un de ces véhicules chargés de sacs entra dans la cour.
Le chargement était si lourd et il y avait tant de sacs empilés que les buffles n’arrivaient pas à franchir le seuil du porche.
Le soldat qui les accompagnait, un type brutal, se mit à les frapper si violemmment du manche de son fouet que la gardienne de prison indignée lui demanda s’il n’avait pas pitié des bêtes.
« Et nous autres, qui donc a pitié de nous ? » répondit-il, un sourire mauvais aux lèvres, sur quoi il se remit à taper de plus belle…
Enfin les bêtes donnèrent un coup de collier et réussirent à franchir l’obstacle, mais l’une d’elle saignait… Sonitchka, chez le buffle l’épaisseur du cuir est devenue proverbiale, et pourtant la peau avait éclaté. Pendant qu’on déchargeait la voiture, les bêtes restaient immobiles, totalement épuisées, et l’un des buffles, celui qui saignait, regardait droit devant lui avec, sur son visage sombre et ses yeux noirs et doux, un air d’enfant en pleurs.
C’était exactement l’expression d’un enfant qu’on vient de punir durement et qui ne sait pour quel motif et pourquoi, qui ne sait comment échapper à la souffrance et à cette force brutale…
J’étais devant lui, l’animal me regardait, les larmes coulaient de mes yeux, c’étaient ses larmes.
Il n’est pas possible, devant la douleur d’un frère chéri, d’être secouée de sanglots plus douloureux que je ne l’étais dans mon impuissance devant cette souffrance muette.
Qu’ils étaient loin les pâturages de Roumanie, ces pâturages verts, gras et libres, qu’ils étaient inaccesibles, perdus à jamais.
Comme là-bas tout – le soleil levant, les beaux cris des oiseaux ou l’appel mélodieux des pâtres – comme tout était différent.
Et ici cette ville étrangère, horrible, l’étable étouffante, le foin écoeurant et moisi mélangé de paille pourrie, ces hommes inconnus et terribles et les coups, le sang ruisselant de la plaie ouverte…
Oh mon pauvre buffle, mon pauvre frère bien-aimé, nous sommes là tous deux aussi impuissants, aussi hébétés l’un que l’autre, et notre peine, notre impuissance, notre nostalgie font de nous un seul être.
Pendant ce temps, les prisonniers s’affairaient autour du chariot, déchargeant de lourds ballots et les portant dans le bâtiment.
Quant au soldat, il enfonça les deux mains dans les poches de son pantalon, se mit à arpenter la cour à grandes enjambées, un sourire aux lèvres, en sifflotant une rengaine qui traîne les rues.
Et devant mes yeux je vis passer la guerre dans toute sa splendeur… »
Rosa Luxemburg, « Écrits de prison ».

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La main étant un attribut spécifique à l’humanité (comme l’explique Friedrich Engels, le camarade de Karl Marx), il est tout à fait logique qu’elle devienne un symbole universel.
On peut ainsi le constater dans le jaïnisme, une religion née en Inde. Sur la main ci-dessous, on peut ainsi lire le mot sanskrit « Ahimsa », qui signifie grosso modo « non-violence ».
Cette non-violence s’étend à toutes les formes de vie, y compris les animaux, ce qui fait que le jaïnisme prône le végétalisme, mais évidemment de manière mystique et non-rationnelle puisqu’il s’agit d’une religion.
Pour en savoir plus, voici un document intéressant du groupe Vegan Revolution : « Les Chemins de la Compassion : le Jaïnisme ».

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