Archives de Libération animale

Vivre vegan au quotidien – La Terre D’abord

[Voici le résumé d'un important document de La Terre D'abord, mettant en avant la pratique du véganisme. Vous y trouverez tout ce qu'il faut savoir pour franchir le pas !]

Comment vivre vegan au quotidien ? Est-ce simple ? Comment se débrouiller ? Voici quelques petits points pratiques devant permettre de s’y retrouver.

Le plus simple est déjà de s’orienter par rapport à trois aspects principaux de la vie quotidienne : l’habillement, les cosmétiques et l’alimentation.

L’habillement

Commençons par l’habillement, qui est le plus facile : il suffit en effet de regarder l’étiquette pour en connaître les composantes. Pour les chaussures, il s’agit d’un autocollant, le cuir étant représenté par un symbole représentant une sorte de peau.

Voici les principales matières d’origine animale que l’on peut retrouver dans l’habillement, et qu’il s’agit donc de refuser : l’alpaga (ou Alpaca), l’angora, le cachemire (ou cahsmere), le cuir, le duvet et les plumes, le feutre, la fourure, la laine, le mohair, la soie.

S’habiller vegan n’est pas difficile du tout ; il faut par contre être persévérant pour faire le tri et ne pas suivre simplement ses envies brutales de consommation. La seule difficulté est posée par les chaussures, beaucoup sont en cuir.

On a alors trois options : se rabattre sur les modèles les moins chers (aux dépens de la qualité toutefois ici, notamment pour les semelles), acheter sur internet des modèles végans comme Vegetarian Shoes (mais les prix sont vraiment très élevés), ou bien finalement de la manière la plus raisonnable, farfouiller dans les différents modèles des différentes marques (le choix étant finalement relativement grand).

Pour pousser le détail jusqu’au bout, certaines marques placent leur logo sur un morceau de cuir (par exemple au dos des jeans) et il convient naturellement de les enlever le cas échéant.

Les cosmétiques

Des trois aspects de la vie quotidienne, les cosmétiques représentent l’aspect le plus contraignant, même si avec la multiplication des magasins bios les éventuelles difficultés sont de plus en plus aisément surmontables.

Il faut en effet connaître la plupart du temps au préalable les marques qui ne testent pas et ne contiennent pas de produits d’origine animale. Dans d’autres pays, cela peut être plus simple et il peut être marqué « vegan » sur le produit (comme les produits vegans de la marque allemande Alverde).

Néanmoins, en France, cela reste très rare. Il faut soit connaître la liste des marques, soit chercher une mention du type « Non testé sur les animaux »en étant ici très prudent car la mention « Produit fini non testé sur les animaux » signifie qu’il y a eu des tests au départ du processus industriel.

Il faut donc qu’il y ait marqué que le produit n’a pas été testé (et pas simplement le « produit fini ») et regarder en plus la liste des ingrédients. Un produit non testé peut ne pas être vegan: voilà un problème…

Voici donc une petite liste des marques dont les produits ne sont pas testés et donc certains sont vegans. Cette liste a été mise à jour fin août 2010.

Liste pour les produits d’entretien et pour les cosmétiques: voir ici.

Petit rappel donc :

HABILLEMENT
Regarder l’étiquette et boycotter les produits d’origine animale, qui sont principalement l’alpaga (ou Alpaca), l’angora, le cachemire (ou cahsmere), le cuir, le duvet et les plumes, le feutre, la fourure, la laine, le mohair, la soie.

COSMETIQUES
Regarder ce qui est marqué sur l’emballage: d’un côté les ingrédients, de l’autre que soit mentionné « produit non testé sur les animaux ».

L’alimentation

L’alimentation végane est très riche et très diversifiée, contrairement au discours dominant. Car le discours dominant ne recherche pas la créativité, mais la consommation de produits apportant le plus de bénéfices.

Ainsi, les supermarchés ne sont pas encore remplis de produits vegans. Il faut donc s’astreindre à une certaine discipline consistant à regarder la liste des ingrédients. Néanmoins, ce qu’on perd d’un côté – une sorte de facilité toute fictive en fait – on le gagne de l’autre : on a une alimentation éthique, diversifiée, saine.

Parlons déjà de ce qu’il faut refuser de prime abord. Être vegan c’est refuser les produits laitiers, les morceaux d’animaux morts (la « viande »), les poissons, les oeufs, les crustacés, le miel.

Ces « produits » sont faciles à reconnaître. Toutefois, de nombreux produits industriels utilisent des produits d’origine animale sans que cela soit visible de prime abord (comme les bonbons haribos par exemple, composés de gélatine). Il faut ainsi connaître le principe des additifs alimentaires – nous en parlerons tout à la fin car c’est relativement secondaire.

Une fois ces produits d’origine animale évités, que reste-il ? En fait un choix immense. Pour connaître ce choix il faut s’intéresser aux fruits et aux légumes bien entendu, mais également:

-aux céréales : le maïs, le blé, l’épeautre, l’avoine, le riz, le quinoa, le millet, le kamut, l’orge, le sarrasin, le sorgho…

-aux légumineuses : la lentille, l’arachide, le soja, la luzerne, le trèfle, le lupin, le haricot…

C’est en effet l’association céréales-légumineuses qui apporte les acides aminés essentiels. Pour une alimentation vegane correcte et ne pas avoir de carences en protéines, il faut absolument comprendre le principe de cette association pratiquée par l’humanité sur tous les continents (comme par exemple avec le couscous originel).

Quand le corps assimile des acides aminés, c’est en effet l’acide aminé le plus faible qui va décider du niveau d’assimilation. La combinaison céréales-légumineuses permet de contourner cet obstacle.

Voici des exemples de combinaison (dans la proportion de ¾ de céréales pour ¼ de légumineuses):

- maïs + haricot
- froment / couscous + pois chiche
- petit épeautre + pois
- riz + lentille
- avoine + pois
- millet / sorgho + haricot
- riz + soja /mungo

A cette « combinaison magique » on ajoutera de la vitamine C, afin de faciliter l’assimilation du fer (à l’opposé il faut éviter de boire du thé ou du café quand on mange).

Voici également d’autres éléments à prendre en compte :

*** pour la riboflavine / vitamine B2, on peut consommer les asperges, les bananes, les haricots, les brocolis, les figues, le chou frisé, les lentilles, les petits pois, les graines, le sésame (Tahin), les patates douces, le tofu, le tempeh, les germes de blé, et les pains enrichis….

*** le niveau de vitamine D dépend de l’exposition au soleil (pour avoir un ordre de grandeur : en été, pour les personnes à la peau claire, il faut exposer le visage, les mains et les avant-bras au moins 15 minutes chaque jour).

*** en ce qui concerne le calcium, on peut s’orienter vers le chou chinois de type Bok Choy, le brocoli, le chou chinois, le chou, le gombo, le navet vert, le tofu, les épinards, les amandes…

*** les besoins en vitamine A peuvent être satisfaits par la consommation de trois portions par jour de légumes jaunes ou oranges, des végétaux à feuilles vertes, ou des fruits riches en bêta-carotène (abricots, melon, mangue, citrouille)…. La cuisson augmente l’assimilation du bêta-carotène, ainsi que le fait d’ajouter de faibles quantités de graisse à la préparation. Couper en tranches et réduire en purée les végétaux pourrait aussi accroître la biodisponibilité du bêta-carotène.

*** POUR LA VITAMINE B12 : elle est essentielle mais il n’existe pas de position scientifique claire à ce sujet. Dans le doute et vue son importance, toute personne vegan depuis au moins quatre ans doit se complémenter en vitamine B12 !!!

L’assimilation de vitamine B12 est elle-même sujette à débat scientifique. La meilleure option est de consommer la « Veg1 », consistant en des pastilles à croquer.

Enfin, voici des tableaux nutritionnels afin d’aider à connaître quelques aliments importants et leur valeur. Juste après on trouvera le passage sur les additifs alimentaires.

[Les tableaux sont en ligne sur la page de présentation.]

Pour finir parlons des additifs alimentaires. Il s’agit des colorants, des conservateurs, des anti-oxydants, des émulsifiants, des stabilisants et des révélateurs de goût.

Certains sont vegans, d’autres pas. Et il y en a beaucoup : il existe en Europe 827 additifs et quelques milliers d’arômes autorisés (aux États-Unis, près de 3 000 additifs sont recensés). C’est donc un casse-tête, car ceux-ci sont en effet mentionnés, mais soit sous leur nom scientifique, soit par un code: ce sont les fameux E (pour Europe) suivi de trois chiffres (de 100 à 927).

L’alternative est donc : soit éviter les produits ayant des additifs (ce qui n’est pas nécessairement mauvais vue leur dimension parfois nocive pour la santé), soit avoir la liste sur soi lors des achats.

Voici la liste des additifs qui sont vegans; les autres sont à considérer comme ne l’étant pas, ou bien possiblement pas; toutefois nous rappelons que les listes diffèrent parfois, en raison de l’opacité de l’industrie et de la difficulté à connaître exactement les composants ou le processus de fabrication.

Nous vous engageons donc plutôt à éviter les additifs (et à privilégier le bio quand on peut), et à vérifier selon différentes sources pour être vraiment sûr, même si le degré de certitude est à relativiser. Attention ici aux sites religieux, dont les critères ne sont pas vegan: par exemple un additif issu de l’utilisation de matières d’origine animale interdite par une religion pourra être considéré comme sans rapport avec les matières d’origine animale en question…

[La liste est disponible sur la page de présentation.]

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h25, sortie samedi à 21h32.

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h39, sortie samedi à 21h47.

La vivisection, de Descartes à Mengele


Y-Love contre la marée noire : « If Not Now, When ? »

Aux États-Unis, la marée noire du Golfe du Mexique est vécue par le peuple comme un véritable traumatisme, comme un crime contre la planète et tous ses habitants. Mais là où il y a dévastation et écocide, il y a résistance et mise en avant d’une démarche positive.

Ainsi la semaine dernière, le rappeur américain Y-Love a mis en ligne une chanson à propos de la marée noire, titrée « If Not Now, When ? »

Ce morceau fait suite au voyage qu’a fait Y-Love en Louisiane, début juillet. Le contenu est très dense, très clairement progressiste, voire presque révolutionnaire.

En effet la chanson parle aussi bien de la marée noire de 2010 que de l’ouragan Katrina de septembre 2005, avec un style très revendicatif. Les responsabilités sont pointées, et les critiques sont formulées.

Ce son est vendu à un dollar sur internet (on peut de plus faire une donation), et les bénéfices récoltés serviront à une association, Gulf Restoration Network.

Évidemment quand on voit le titre de la chanson, « If Not Now, When ? », on pense immédiatement au sage Hillel, cité dans les Pirkei Avot : « Im Lo Akhshav, Eimatay ? »

Pareil quand on entend le refrain, qui affirme que « nous pouvons tous réparer le monde » : cela semble faire directement référence au Tikkun ‘Olam.

Et en fait, c’est bien de cela qu’il s’agit. Car en vérité, Y-Love est un rappeur juif ‘hassidique, d’origine africaine-américaine, qui pose aussi bien en anglais qu’en hébreu, yiddish, arabe ou même araméen.

Yitz Jordan – c’est son nom – est originaire de Baltimore, Maryland, et s’est converti au judaïsme en 2001 à l’âge de 18 ans.

Auparavant, il s’était intéressé à la religion juive à l’âge de 8 ans, quand sa grand-mère lui contait l’histoire des Hébreux. Puis il a commencé à étudier à 14 ans, mais s’est officiellement converti quatre ans plus tard. Il a alors rejoint une Yeshiva en Israel, et à son retour aux USA, il s’est installé dans le quartier le plus ‘hassidique de Brooklyn…

Y-Love a lancé sa première mixtape en 2005, et son premier album en 2008, « This is Babylon ». Il sortira également un nouvel album début 2011.

Y-Love fait partie de ce qui, ces dernières années, s’est constitué plus ou moins en un mouvement musical, un courant très new-yorkais de musique urbaine marquée par le mysticisme juif. La plus grande figure de ce mouvement est sans doute Matisyahu.

« We can all fix the world – if not now, when ?
Revolution starts now – if not now, when ?
Each one, reach one – if not now, when ?
If not you, then who – and if not now, when ?
»

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h52, sortie samedi à 22h01.

Dan Amos est sorti de prison ! Contre la vivisection, le combat continue !

Dan Amos est un activiste anglais pour la libération animale, dont Hapoel a déjà parlé en novembre dernier à l’occasion de son 23ème anniversaire.

Le 1er mai 2007, l’État anglais mène une grande campagne de répression, avec 32 raids policiers, jusqu’en Belgique ou aux Pays-Bas. Cette répression vise la campagne internationale de harcèlement contre le plus grand laboratoire européen de vivisection.

Parmi les personnes arrêtées, Dan Amos, un jeune militant vegan qui avait 20 ans à l’époque. Il est accusé d’avoir envoyé des lettres de menace à Huntingdon Life Science.

Remis en liberté, puis réincarcéré en juillet 2008, Dan Amos sera condamné à 4 ans de prison ferme par l’État anglais en janvier 2009, aux côtés de 6 autres activistes de la libération animale : ils seront connus sous le nom de « SHAC 7 » (pour « Stop Huntingdon Animal Cruelty »).

Mais la bonne nouvelle est tombée ce 30 juillet, et est passée totalement inaperçue en France : après deux ans de détention, Dan Amos est enfin sorti de prison !

En effet Dan a été libéré sous condition : il ne pourra pas participer à des actions pour les animaux jusqu’à la fin théorique de sa peine, le 30 juillet 2012. De plus il aura certaines interdictions pendant encore 5 ans.

Mais a priori, Dan n’est ni un traître, ni un dissocié, ni un « repenti », puisque le mouvement de solidarité avec les SHAC 7 se félicite de cette libération, et parle même du « premier de nos courageux combattants à rentrer à la maison » !

En France, la situation de ces personnes est très peu connue, à part quelques manifestations qui avaient été organisées à Paris par un groupe aujourd’hui disparu sous les coups de la répression, les Furieuses Carottes.

Cependant il est évident que le mouvement de solidarité doit se poursuivre. Voilà pourquoi Hapoel diffuse plus bas les adresses en prison des SHAC 7 – qui sont désormais les SHAC 9.

Immédiatement à la suite de cet article, on retrouvera également un petit éclairage sur la vivisection, c’est-à-dire sur pourquoi Dan Amos et les SHAC 9 sont à soutenir.

Honneur à Dan Amos, activiste de la libération animale !
Le combat continue contre la vivisection et toutes les barbaries, jusqu’à ce que toutes les cages des laboratoires soient vides !

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Petit éclairage sur la vivisection

Quand on prend sa douche ou quand on se brosse les dents, quand on se met du gel dans les cheveux ou quand on se maquille, quand on fait la vaisselle ou quand on fait la lessive, il faut savoir que les produits qu’on utilise ont d’abord été testés sur des animaux.

Pour chaque produit « nouveau » que le capitalisme lance sur le marché, des tests sont effectués sur des animaux de laboratoire : souris, rats, cochons d’Inde, lapins, chiens, chats, singes, etc.

Ces animaux de laboratoires sont mis au monde et élevés pour une seule finalité : être exterminés par des pseudo-scientifiques.

Pour chaque produit à tester, on assassine des centaines et des centaines d’animaux, sachant qu’une fois le test effectué, les animaux survivants sont liquidés puisqu’ils n’ont plus d’intérêt pour la « science ».

Dans une échelle de l’horreur, on pensera notamment au test DL50 (= dose léthale 50 %), où l’on dose une molécule de manière à assassiner exactement la moitié de l’échantillon.

Le plus grand laboratoire de vivisection en Europe s’appelle Huntingdon Life Science (HLS). Chaque année ce sont 75000 animaux qui y sont assassinés pour le profit, et sans aucune validité scientifique.

Contre la barbarie, une « armée de la compassion » s’est levée : en 1999 a été lancée une énorme campagne contre ce laboratoire, Stop Huntingdon Animal Cruelty (SHAC), qui consiste en le harcèlement de tout ce qui touche de près ou de loin à HLS.

N’importe quelle action contre HLS peut être revendiquée sous le label SHAC, qui n’est pas exactement un mouvement, et encore moins une organisation. C’est à cette campagne qu’a participé Dan Amos.

Mais la première chose à faire, quand on est sensible à la souffrance des animaux, c’est très certainement de boycotter les produits (d’entretien, cosmétiques, etc.) qui sont testés sur les animaux.

Malheureusement la situation en France à ce sujet n’est pas la même qu’en Israel, où les produits non testés sur animaux sont beaucoup plus répandus et accessibles.

Contre la barbarie ! Pour le véganisme !
Jusqu’à ce que toutes les cages soient vides !

En Russie, la police et les nazis ensemble contre les écolos

Depuis plusieurs années, la forêt de Khimki près de Moscou est menacée de destruction, dans un projet absurde de construction d’autoroute. Face à cela s’est levée une résistance écologiste.

Or vu la situation générale en Russie, en affrontant les intérêts capitalistes qui saccagent la planète, une telle résistance est obligée d’affronter les autorités locales corrompues et mafieuses, l’État russe et sa police, mais aussi les milices néonazies.

Et en effet, ces deux dernières semaines l’actualité de la lutte s’est accélérée : les nazis ont attaqué la résistance écologiste, une manifestation antifasciste écolo a tourné à l’émeute, des activistes communistes et anarchistes ont été arrêtés, etc.

Pourquoi est-il si important pour nous de relayer cette actualité ?

Évidemment par solidarité avec les antifascistes kidnappéEs par la police. Évidemment pour rappeler que, contrairement à leur démagogie, les nazis sont en réalité des pions des capitalistes et des ennemis de la planète Terre.

Mais aussi parce qu’il faut savoir que c’est VINCI, le groupe français de BTP, qui doit construire l’autoroute qui assassinera la forêt de Khimki. Au bout du compte, c’est donc une véritable institution de l’impérialisme français qui est responsable des attaques contre la planète Terre, ainsi que des attaques nazies contre les écolos.

Et enfin parce qu’en ce moment, d’immenses feux de forêts ravagent la Russie, et au-delà des pertes irremplaçables de vies humaines, animales et végétales, les conséquences pourraient se faire sentir dans le reste de l’Europe. Sans voir le fonctionnement du capitalisme dans la destruction des forêts, on ne peut pas comprendre pourquoi la catastrophe a pris une telle ampleur.

La planète Terre est une biosphère où tout est relié et interconnecté, et la vie ne connaît pas de frontières nationales !
À Khimki comme partout ailleurs, que vive la libération de la Terre !

[Dans la suite, nous diffusons plusieurs articles du site La Terre d'abord, dont l'un qui contient un communiqué des écologistes de Khimki. ]


Russie: émeute antifa en défense de la forêt de Khimki

31 juillet 2010

C’est une émeute environnementale qui a eu lieu le 28 juillet dans la banlieue de Moscou, avec un symbolisme politique très fort.

700 antifas ont en effet profité de la fermeture des locaux administratifs de la ville de Khimki pour l’attaquer dans une émeute dont on peut voir une vidéo de presque dix minutes ici.

Le mot d’ordre était : « Sauvez les forêts de Russie ! » et en l’occurence également celle de Khimki.

Ce parc naturel de 1000 hectares, avec notamment des chênes centenaires, est menacé par la construction d’un tronçon de la nouvelle autoroute Moscou-Saint-Pétersbourg.

Ce parc doit en effet être coupé par l’autoroute, 144 hectares de forêt protégée de Khimki ont été transformés en « terres exploitables. » Mais c’est une habitude des promoteurs que de commencer ainsi et d’ensuite anéantir la forêt, petit bout par petit bout.

D’autant plus que le trajet du tronçon fait comme par hasard un détour très important pour traverser, comme par hasard, la forêt en son milieu…

Il faut savoir également que pour réaliser ce tronçon, l’État russe a même détruit en avril un mémorial dédié aux partisans de la seconde guerre mondiale ! Car Khimki est l’endroit où l’invasion nazie a été stoppée aux portes de Moscou (d’où le slogan de l’émeute : « Épurons les fascistes 1941-2010 »).

C’est dire comment le profit est prêt à tout, même à détruire les symboles les plus importants de l’histoire russe. D’ailleurs, le projet de tronçon n’a pu être réalisé qu’à coups de pots de vins massifs, de magouilles les plus diverses et de brutale répression.

Mikhail Beketov, journaliste et rédacteur en chef du journal Khimkinskaïa Pravda ayant dénoncé cette corruption, a été agressé de manière ultra violente par un commando. Laissé pour mort, il a fallu l’amputer d’une jambe et de plusieurs doigts gelés. Il a encore de très importantes séquelles au cerveau!

Il y a quelques jours, une douzaine de personnes s’opposant à la construction se sont vu opposer à… un gang d’une centaine de personnes masquées et protégées par la police ! Les opposants ont été molestés puis… arrêtés par la police!

Voici une photo des assaillants:

Sur le T-shirt, on peut reconnaître des symboles d’extrême-droite. L’extrême-droite sert de mercenaires…

Ce sont en en effet de puissants intérêts économiques qui visent la destruction de la forêt.

L’administration de Khimki a été visée car l’idée de traverser la forêt vient de son maire Vladimir Strelchenko (élu dans des conditions plus que douteuses), qui voulait ainsi préserver les zones résidentielles.

Le budget de la construction est de 5 milliards de dollars ! Et il faut savoir également c’est une filiale russe du groupe français Vinci, Vinci Concessions, qui a signé un contrat de 1,5 milliard d’euros pour la construction du premier tronçon d’autoroute.

La répression sévit depuis longtemps contre l’opposition au projet.

La mobilisation contre le projet est très forte dans la population de Khimhi, qui est une ville-dortoir de 180.000 habitants. Elle dure depuis deux ans et tente de s’opposer à la construction.

Elle organise des rassemblements, nettoie la forêt, tente d’organiser l’opinion publique… Ce qui est évidemment est difficile dans un pays comme la Russie où tout est verrouillé… Comme en France d’ailleurs.

Dès que l’on s’attaque aux intérêts économiques des grandes entreprises, les médias font le black out et l’État pèse de tout son poids pour protéger le profit. Preuve en est d’ailleurs que c’est Vinci qui mène matériellement la destruction de la forêt de Khimki !

A nous de diffuser le message des écologistes de Russie et de se mobiliser contre Vinci!


Russie: liberté pour Aleksey Gaskarov et Maksim Solopov!

2 août 2010

Suite à l’émeute antifa en défense de la forêt de Khimki en Russie, la police a procédé le 30 juillet à l’arrestation de deux activistes les plus connus de Moscou (un anarchiste et un communiste).

Tous deux sont des porte-paroles du mouvement antifa et à ce titre sont depuis le temps des cibles des nazis, particulièrement actifs et brutaux en Russie (à noter également qu’en Allemagne, la journée pour les animaux du 31 juillet à Munich a également été attaquée par les nazis, qui ont pu être repoussés).

Une campagne internationale commence donc pour la libération de Aleksey Gaskarov et de Maksim Solopov!

A noter également, toujours concernant le forêt de Khimki, que le Front de Libération de la Terre a revendiqué l’incendie à la mi-juillet d’un camion servant à transporter les arbres.


Yevgenia Chirikova a été arrêtée !

6 août 2010

Mardi dernier, une vingtaine de personnes ont manifesté devant le centre culturel français à Moscou pour protester contre le groupe VINCI qui doit construire l’autoroute en pleine de forêt de Khimki.

Le blackout médiatique en France a été quasi complet, tout comme au sujet de la révolte antifasciste à Khimki dont nous avons parlé. L’information a circulé dans des agences de presse, mais les médias ne semblent pas vraiment savoir quoi faire de ce genre d’informations!

Et cette fois, c’est Yevgenia Chirikova, figure de proue du mouvement de défense de la forêt de Khimki, qui a été arrêtée le 5 août!

Les autorités russes ont procédé à son arrestation (voir la vidéo ici où on peut la voir très courageusement résister), ainsi qu’à celle de son assistant Yaroslav Nikitenko et celle du politicien libéral Artur Grokhovsky.

Nous avions parlé du rassemblement du mouvement pour la forêt de Khimki, rassemblement attaqué par des nazis sous la protection de la police. Eh bien les arrestations ont eu lieu en raison de ce rassemblement ! N’ayant pas été « autorisé », le mouvement a eu une amende de 1.500 roubles (un peu moins de 40 euros) !

On peut voir dans cette vidéo (en russe) Yevgenia Chirikova dans la forêt de Khimki, exposant ses vues.

Les deux antifascistes arrêtés au préalable et dont nous avions parlé, Alexei Gaskarova et Maxim Solopova, restent pour l’instant en prison pour au moins deux mois.

Ils auront besoin d’un vaste mouvement de solidarité pour que l’Etat russe ne fasse pas ce qu’il veut avec eux! Nous espérons que sera diffusée massivement des informations concernant leur situation, et qu’en France la solidarité s’exprimera!

Voici un communiqué d’opposants en Russie (source):

« Le groupe français VINCI est l’un des participants au projet de construction en Russie d’une première autoroute privée laquelle doit lier Moscou et Saint-Pétersbourg. Le projet de construction prévoit la déstruction de l’écosystème de la forêt de Khimki.

Afin de briser la résistance des écologistes et d’autres activistes contre l’abattage de la forêt et disperser l’éco-camp sur le site de l’exploitation forestière illégale, les entreprises – constructrices ont employé des voyous du milieu néo-nazis.

Suite à l’action des gens indignés, la police a arrêté, sans aucune preuve, des militants ne cachant pas leurs visages et noms et exprimant ouvertement leur position anti-fasciste – Alexey Gaskarov et Solopov Maxim.

Aujourd’hui, leur détention est prolongée à 2 mois. Un peu avant, le journaliste Mikhaïl Beketov informant sur la lutte pour la forêt de Khimki, a été attaqué et blessé par des inconnus. Conscients de l’absurdité de l’utilisation des mercenaires d’extrême-droite pour faire face aux activistes, nous sommes venus en discuter avec les représentants de la compagnie Vinci.

Action Autonome (AD).
Rainbow Keepers.
Affinity Art-group.

P.S. Aujourd’hui, immédiatement après la conférence de presse, la police a arrêté un leader du groupe d’initiative des écologistes à Khimki, Eugènie Chirikova.
Notre régime a ouvertement montré qu’il s’en fichait de la majorité de la population et de la nature, et même de ses propres lois. Il mène une politique exclusivement dans les intérêts de la buraucratie et des riches sociétés comme Vinci. »


Le pourquoi des feux de forêts en Russie

10 août 2010

Nous avions parlé de la bataille pour la forêt de Khimki, mais pas des incendies en Russie, parce que nous voulions attendre d’en savoir davantage.

Voici en fait le cheminement qui a abouti à ces incendies. Lors de l’implosion de l’URSS, les forestiers ont été livrés à eux-mêmes et ont commencé à vendre le bois qu’ils géraient.

En fait, dès 1990… les forêts russes étaient livrées à elles-mêmes, sauf en ce qui concerne l’exploitation.

Encore plus fort : dix ans après, en 2000… c’est carrément le ministère de l’environnement qui a été supprimé !

Puis, toujours dans la même logique totalement folle (mais cohérente en termes de profits), en 2004 c’est le ministère des ressources naturelles qui a avalé l’agence fédérale de la forêt qui restait.

Puis en 2006, le parlement a voté très rapidement une nouvelle loi, liquidant l’existence des 70 000 gardes-forestiers…

Que s’est-il alors passé ? En fait, chaque région est plus ou moins autonome et évidemment corrompue. Les potentats locaux, semi-capitalistes traditionnels semi-mafieux, ont commencé à taillader dans les forêts pour construire des lotissements ou bien y placer des industries.

La conséquence est facile à comprendre. Avec les températures anormalement élevées, autour de 35°-40° – pensons au réchauffement climatique -, avec les promoteurs payant des pyromanes (quelques uns ont été arrếtés… il y a de quoi donner naissance à une gigantesque incendie.

C’est à quoi on assiste. Il faut savoir par exemple que des villages entiers ont brûlés, 50 personnes sont mortes…

Qu’une base de l’aviation de la marine dans la région de Moscou a été anéantie par les flammes…

Qu’une centrale nucléaire est menacée : celle de Sarov dans la région de Nijni Novgorod (les matières fissiles et explosives ont été évacuées en urgence)…

Que la ville de Moscou est totalement enfumée…

Que 15 parcs nationaux sont la proie des flammes !

En tout, 200.000 hectares de forêts ont déjà brûlés !

Le nombre d’incendies est au total de… 589 !

Ajoutons à cela que l’été 2010 devrait battre tous les records de chaleur depuis l’ouverture des registres il y a 130 ans… Nous avions parlé de cela.

Voilà donc à quoi ressemble notre monde : le profit amène le chaos, et continue tout de même son entreprise de destruction, comme si de rien n’était.

Il serait ainsi ridicule de penser que la France est à l’abri car étant plus centralisé et plus riche : d’abord il ne s’agit pas que de la France mais du monde. Toute vue chauvine ou simplement nationale est ici honteuse.

Ensuite, c’est le même profit qui domine, même si de manière plus « moderne. »

Dans tous les cas, la bataille pour la libération de la Terre est une urgence!

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 21h03, sortie samedi à 22h15.

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 21h14, sortie samedi à 22h26.

Libération animale, libération de la planète

Le véganisme, un choix moral qui se construit dans la confrontation [quatrième partie]

La mentalité féodale a une grande importance pour empêcher que se posent les questions démocratiques dans la minorité nationale juive.

Mais cette mentalité féodale n’est qu’un des deux aspects de la contradiction entre villes et campagnes, qui traverse historiquement, socialement et culturellement la plupart des minorités juives.

7. La culture urbaine aliénée et la nature

Les minorités juives sont structurées culturellement entre autres par la contradiction entre les villes et les campagnes, et il faut bien dire qu’il existe tout un pan de la culture juive qui est franchement abstrait, urbain, dénaturé.

Que ce soit à Vilna en Lituanie, à Vienne ou Budapest en Autriche-Hongrie, ou bien à New York aux États-Unis, la nature est historiquement totalement absente de la vie quotidienne d’une grande partie des personnes juives. Et quand elle est représentée, elle relève plutôt du fantasme comme chez les sionistes.

Cet éloignement de la nature pose un problème culturel de taille, notamment celui du rapport au corps humain. Le corps n’est pas appréhendé dans toute sa densité, la matière est escamotée au profit de l’intellect pur. Il est donc inévitable que le corps des animaux soit également abstrait, et par conséquent leur dignité aussi.

Il suffit de penser aux religieux végétariens aux États-Unis : leur culture est très largement juridique, et quand toutefois ils abordent plus concrètement la souffrance des animaux, on constate que les animaux n’existent à leurs yeux que par leurs souffrances, et non comme des êtres vivants « complets », avec leurs propres sensations et sentiments.

Dans ces conditions, la culture urbaine aliénée d’une partie des masses juives fait que la question animale ne se pose pas spontanément, et qu’en fait beaucoup d’autres questions morales ne se posent pas.

De plus, à cette question culturelle ancienne et profonde, se rajoute la situation concrète en France.

Pour des raisons historiques liées à l’immigration – que ce soit d’Europe de l’Est ou bien d’Afrique du Nord – la minorité juive de France est urbaine dans son écrasante majorité. Et les masses populaires juives, elles, sont concentrées dans certains quartiers des grandes villes et de leurs banlieues : cela est flagrant à Paris.

Dans ces conditions il n’y a pas de place pour les animaux et la nature, qui sont tout simplement inexistants. Pourtant cette réalité peut se retourner en son contraire.

En effet on peut penser à la situation en Israel : c’est un pays petit et récent, où même les campagnes sont modelées par rapport au développement urbain, et justement un grand mouvement pour les animaux s’y est développé, ancré assez à gauche.

Quand on y réfléchit un peu, ce n’est absolument pas étonnant : il faut bien voir le rôle de l’industrialisation fulgurante dans la naissance des luttes pour la planète. Car là où il y a dévastation et oppression, il y a compassion et résistance.

Il n’est pas impossible que, quand la question des animaux et de la planète se posera plus massivement en France, celle-ci aura d’autant plus de pertinence parmi la minorité juive de France,

8. Les animaux et le nihilisme moral du sionisme

Le sionisme est une pure expression idéologique de la contradiction entre les villes et les campagnes au sein des minorités juives.

Mais la manière dont le sionisme appréhende la nature – ou plus précisément la « terre » – est on ne peut plus urbaine. Et d’ailleurs, quoi de plus abstrait et artificiel que de prôner la fuite vers un pays étranger lui-même artificiel ?

La morale du sionisme est entièrement orientée vers la figure fantasmée de « l’Hébreu nouveau », en opposition aux minorités juives telles qu’elles existent en « diaspora ». Pour la morale sioniste, rien d’autre n’a de valeur.

Dans ce mythe de « l’Hébreu nouveau », la nature n’a donc aucune valeur en soi, et les animaux encore moins.

La nature ne prend une importance que sous deux formes. Soit en tant que « décor » psychologique pour la renaissance d’une mythique nation juive, qui en Europe ne disposait pas de paysages nationaux. Soit en tant que « terre » à travailler pour se réaliser nationalement et renouer avec son corps.

Bref, le rapport du sionisme à la nature est une grotesque caricature de romantisme national, qui s’invente des paysages et un ancrage historique.

Au-delà de l’idéologie sioniste elle-même, il faut bien voir que la morale du sionisme est finalement une morale nihiliste, où rien n’a de valeur à part l’engagement militaire nationaliste. Et plus on va vers l’extrême-droite, plus cela empire.

Que penser, par exemple, de juifs qui envisagent sans problème de soutenir un apéro à base de saucisson-pinard, c’est-à-dire qui acceptent le meurtre de cochons sans but autre que raciste ?

Que penser également de juifs qui, quand on leur parle d’interdire la fourrure en Israel, répondent en parlant du Streimel ?

Là on n’est plus du tout dans la mentalité féodale, mais bien dans la mentalité capitaliste la plus cynique, nihiliste et décadente. La « morale » du sionisme est en contradiction brutale avec la compassion envers les animaux.

Et d’ailleurs, ce n’est qu’après avoir tutoyé l’anéantissement que, parmi les personnes juives aux États-Unis, a pu se poser concrètement la question de la compassion avec les animaux.

Car comment supporter moralement les baraquements à la Auschwitz dans l’industrie de la fourrure ? Comment supporter en Ukraine les camionnettes où sont gazés les chiens errants en même temps qu’ils sont acheminés vers des fours crématoires, en vue de l’Euro 2012 ?

Autant de questions auxquelles le sionisme n’a pas de réponses, tout simplement parce que les animaux n’intéressent pas les nihilistes.

Juif ! Juive !
Pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka !
Fais le choix de la compassion, deviens vegan !

Le véganisme, un choix moral qui se construit dans la confrontation [troisième partie]

Hier nous avons vu rapidement quel était, dans la minorité juive, le poids de l’idéologie religieuse dans le rapport aux animaux et à la planète.

Mais on ne peut pas réduire la « mentalité religieuse » à simplement une idéologie, à une « loi » éternelle et abstraite telle qu’elle est comprise et mise en avant en avant par les rabbins eux-mêmes. La culture et l’idéologie ne flottent pas abstraitement au-dessus des rapports sociaux au sein de la minorité nationale juive.

Il faut donc, dans un premier temps, voir aussi ce qu’est concrètement l’encadrement culturel-religieux aujourd’hui en France, pas seulement « sur le papier », et comment il est incapable de se remettre en cause par rapport aux conditions de vie et de mort des animaux.

4. Qu’est-ce que le traditionnalisme ?

L’une des principales composantes de ce qu’Hapoel appelle la « mentalité féodale », c’est le traditionnalisme.

Le traditionnalisme ne se confond pas avec la démarche religieuse. Il correspond plutôt à la manière dont s’emparent les masses populaires juives des rituels religieux – des rituels essentiellement, et non de la religion comme idéologie cohérente.

Au grand dam des religieux les plus juridiques et formalistes, les masses populaires piochent comme elles l’entendent dans la pratique religieuse, selon leurs « petits arrangements » quotidiens avec la foi… et le plus souvent sans aucune cohérence apparente !

Ainsi une personne tunisienne peut respecter le Shabbat sans respecter la Kashrut, une personne marocaine peut respecter la Kashrut sans respecter le Shabbat… ou toute autre combinaison imaginable uniquement par le prolétariat « schizo-métropolitain ».

En fait le traditionnalisme n’est pas exactement de nature féodale, mais plutôt de nature « néo-féodale ».

C’est-à-dire qu’il correspond à la culture issue du contact entre d’une part les structures sociales des pays semi-féodaux d’Afrique du Nord, et d’autre part la vie en exil dans les grandes métropoles de l’impérialisme français.

La question du traditionnalisme est d’une importance extrême dans nos vies quotidiennes, elle est l’un des piliers de la psychologie de masse de la minorité juive, sans doute bien plus que la religion à proprement parler !

Le traditionnalisme est justement le pilier culturel qui empêche de poser les questions démocratiques au sein de notre minorité nationale : l’oppression et l’isolement de type féodal des femmes, l’enfermement dans le communautarisme, et enfin le rapport aux animaux et à la planète.

À ce titre, la culture néo-féodale du traditionnalisme est l’une des clés pour comprendre l’arriération par rapport à la question animale.

5. Le poids social et culturel des boucheries kasher

C’est peu dire que les bouchers voient d’un mauvais œil la question de la libération animale.

Hapoel a déjà parlé d’un point de vue matérialiste-historique des boucheries kasher au moment de l’exil d’Afrique du Nord.

Il était expliqué que dans les années 1960, les rapports sociaux d’Afrique du Nord ont en quelque sorte été « transplantés » en France, et que la petite-bourgeoisie commerçante des boucheries a conservé un certain degré de domination sociale.

Mais pour se maintenir dans cette situation nouvelle face au Consistoire et à ses règles plus strictes pour la Kashrut et la Sh’hita, la petite-bourgeoisie des boucheries a mené une « fronde » anti-consistoriale en mobilisant les masses populaires juives de banlieue.

Sur quelles bases ? Sur la base de la contradiction ashkénaze – séfarade, de la contradiction Paris – banlieue… et de la culture traditionnaliste !

La question de la Kashrut dans les années 1960 – 1980 est donc l’une des sources historiques du traditionnalisme tel qu’on le connaît aujourd’hui dans nos familles.

La mentalité féodale ou néo-féodale d’aujoud’hui est donc dès le départ conforme aux intérêts économiques des bouchers kasher, qui s’appuient sur le traditionnalisme.

Tout cela suinte dans la mentalité des bouchers kasher, qui est une mentalité de petits commerçants imbus d’eux-mêmes, comme s’ils étaient absolument indispensables dans la communauté, et comme si leur simple existence était presque une Mitzvah ou une Tovahfaveur ») en soi…

Il est impossible de faire avancer la question animale dans la minorité juive sans se confronter au poids social et culturel des boucheries kasher, car les boucheries constituent le dernier maillon entre l’industrie du meurtre et les assiettes de la minorité juive pratiquante.

C’est le maillon le plus concret et le plus quotidien de l’industrie du meurtre, et il est sans doute possible de le faire sauter en dénonçant le rapport qu’entretiennent les bouchers avec les clients et surtout les clientes.

D’une part ce rapport est un rapport malsain et hypocrite basé sur des calculs économiques qui sont la porte ouverte à toutes les arnaques, arnaques qui sont le plus souvent étouffées.

D’autre part ce rapport est déterminé par la position centrale et centralisatrice de la petite-bourgeoisie commerçante, qui tente, avec des sourires qui sonnent faux, de maintenir les masses populaires juives dans un rapport de dépendance économique.

Les bouchers assassinent les animaux, et asservissent les familles prolétaires juives – et encore plus les femmes. C’est de cette réalité qu’il faut partir pour faire progresser le véganisme parallèlement à l’autonomie de classe.

6. L’industrie de la viande kasher et le Consistoire

Les boucheries kasher sont certes le dernier maillon avant les assiettes des familles juives pratiquantes… mais derrière il y a l’industrie de la viande kasher.

Aujourd’hui en France, le marché de la viande kasher est partagé essentiellement entre une poignée de monopoles, comme André Krief et Emsalem Viandes pour la « production » de cadavres, Naouri et encore Emsalem pour la distribution (hors grande distribution), etc.

Qui décide de ce qui est kasher ou pas ? Ce sont le grand rabbinat et le Consistoire central qui supervisent l’attribution de certificats de Kashrut.

Or comment fonctionne économiquement le Consistoire ? Principalement avec l’argent de la taxe sur la viande kasher, justement !

On voit donc bien que c’est la porte ouverte à toutes les combines capitalistes, entre les monopoles de l’industrie du meurtre et les autorités religieuses… et tout cela avec la « transparence » légendaire qui caractérise le Consistoire…

Le mécanisme n’est pas difficile à comprendre : les monopoles de la viande kasher, comme n’importent quels capitalistes, recherchent le taux de profit maximal. Ils sont donc prêts à contourner les lois de la Kashrut pour des raisons économiques, pourvu que ces pratiques se noient dans le sang des abattoirs.

Ainsi l’année dernière on avait assisté au scandale des merguez à la cochenille, et il y a moins de trois mois, on a découvert des boyaux d’agneau non kasher dans les merguez de la marque André Krief.

Pourtant tout est censé être vérifié de bout en bout par la Rabbanout, alors comment expliquer ce genre de scandales ?

Là encore, ce n’est pas compliqué : logiquement, il y a des gens parmi les autorités religieuses qui ferment les yeux sur les pratiques quasi maffieuses des monopoles de la viande kasher.

Ainsi les monopoles de la viande kasher arnaquent, et le Consistoire les couvre, puisque la taxe sur la Kashrut est sa principale source de revenus. L’industrie du meurtre kasher tient donc une véritable place de « lobby » au sein des institutions bourgeoises de la communauté.

De plus, avec le progrès technologique global, il existe de plus en plus de problématiques « juridiques » autour de la Kashrut, et donc automatiquement autant de nouveaux marchés potentiels pour l’industrie de la Kashrut.

Ainsi, les capitalistes en profitent et jouent sur le ressort de la religion, ou bien celui du traditionnalisme pour avoir des débouchés plus larges et plus étendus, et cela main dans la main avec les autorités religieuses et l’encadrement petit-bourgeois traditionnaliste.

Autrement dit, aussi paradoxal que cela puisse paraître, les capitalistes profitent de la mentalité féodale et néo-féodale.

Très concrètement, si la question de la libération animale se pose de manière massive dans la minorité juive – et elle ne manquera pas de se poser – alors la réaction du Consistoire n’est pas difficile à prévoir : les institutions juives bourgeoises ne resteront pas sans rien faire.

Évidemment, tout cela est justifié après coup par les décisionnaires religieux, dont la « morale » s’effondre en même temps que le système capitaliste. Ainsi certains rabbins affirment que le colorant E120 ou la gélatine sont kasher, car ils ont été suffisamment transformés industriellement…

Au-delà de la Kashrut en soi, au-delà des immenses risques sanitaires que fait courir l’industrie de la viande, tout cela révèle un profond mépris pour la partie des masses populaires juives qui croit en D.ieu, et qui est suffisamment exigente et créative pour respecter la Kashrut.

Les rabbins dealent avec les capitalistes sur le dos des masses populaires juives : voilà la réalité sur laquelle on doit se baser pour liquider le légitimisme envers les autorités religieuses et la dépendance envers l’industrie du meurtre.

À suivre.

Le véganisme, un choix moral qui se construit dans la confrontation [deuxième partie]

Le camp de la libération animale doit mener une bataille culturelle pour s’imposer, et cette bataille doit trouver des angles d’attaque précis et concrets.

Voilà pourquoi Hapoel analyse la « psychologie de masse » de la minorité juive, montre les appuis culturels à l’exploitation animale, ainsi que les contradictions culturelles sur lesquelles le camp de la libération animale peut s’appuyer.

Dans un premier temps, passons rapidement en revue l’idéologie religieuse et son rapport aux animaux.

1. Le monothéisme et la nature

Le judaïsme est la plus ancienne des religions monothéistes. Dans les religions monothéistes, D.ieu est conçu comme une entité masculine toute-puissante (« Adonai Eloheinou ») et unique (« Adonai E’had »), qui met la nature à disposition de l’humanité.

Le monothéisme accompagne donc le mouvement historique de l’humanité qui apprend à dominer la nature – en même temps que les femmes et les enfants – et qui dans ce mouvement se dénature.

Jusqu’à aujourd’hui, toute l’idéologie selon laquelle la vie humaine est de valeur supérieure aux autres formes de vie est en définitive un produit de l’idéologie religieuse monothéiste – que ce soit dans le judaïsme, le christianisme ou l’islam.

Car du point de vue de la vie sur la planète, l’humanité est une espèce animale parmi d’autres, et lui accorder une valeur particulière suppose l’existence d’un juge tout-puissant qui décide que les hommes doivent dominer la nature.

2. Le judaïsme et la compassion avec les animaux

La religion juive et la culture juive sont historiquement traversées par des courants contradictoires, dont essentiellement un courant réactionnaire et très juridique, et un courant populaire et plus mystique.

Dans la compréhension juridique de la religion, la compassion n’a pas toute sa place en tant que telle, puisque la question des interdits alimentaires prend le pas sur la vie des animaux.

Ainsi il est courant d’entendre que de nombreux préceptes de la Torah et du Talmud vont dans le sens de la compassion, et que du point de vue de la religion il est interdit d’infliger des souffrances inutiles aux animaux – c’est ce qu’on appelle Tzaar Baalei ‘Haim.

Par exemple les multiples règles de l’abattage rituel seraient faites pour éviter les souffrances. Mais au bout du compte, ces règles ne changent rien du point de vue des animaux, qui finissent tout de même à l’abattoir…

Alors que pensent les religieux du refus de l’exploitation animale ? Certains religieux – et pas les pires – veulent bien accepter le végétarisme, mais stipulent explicitement qu’il ne doit surtout pas être motivé par la compassion, qui est alors considérée comme une hérésie.

Mais, comme toutes les religions, la foi religieuse chez les masses populaires juives a un caractère contradictoire, car le peuple n’est jamais passif dans sa longue marche vers la libération : il arrive donc que la religion reflète certaines valeurs populaires.

Dans la culture religieuse juive, cela s’exprime dans le mysticisme et dans le messianisme, qui se prolonge dans l’idée « progressiste » du Tikkun ‘Olam.

Par exemple la mise en avant des sept lois noahides, parmi lesquelles une loi concerne les animaux, est relativement récente et correspond au développement du mouvement Loubavitch. De même, le Tzaar Baalei ‘Haim peut également être compris dans ce sens de Tikkun ‘Olam.

Mais dans tous les cas, compassion ou pas, la vie des animaux ne se voit pas attribuer une valeur en soi : les animaux sont toujours considérés comme une propriété de l’espèce humaine, et non comme vivant pour eux-mêmes.

Sans comprendre que c’est là l’aspect principal, on accorde une valeur positive à la religion, qui en réalité nie systématiquement que les animaux n’existent pas par rapport aux humains.

Nous sommes en France en 2010, et devant l’ampleur et l’intensité de l’industrie du meurtre, prétendre refuser les « souffrances inutiles » en mangeant kasher n’est qu’une hypocrisie de plus.

Vouloir « réparer le monde » et accélérer l’avènement du « monde à venir », tout cela ne peut plus passer par la religion. Il faut du concret, il faut le véganisme.

3. Le poids de la pensée juridique

La mentalité religieuse juridique prend une place énorme dans la culture juive, populaire ou pas. De nombreux aspects sont incompréhensibles sans cette culture juridique, et voilà pourquoi nous insistons là-dessus.

Dans la Torah, la religion juive pose des règles sur ce qui est licite et ce qui ne l’est pas. Ce travail juridique est repris et poursuivi par toute la tradition rabbinique, du Talmud à toute la Halakhah actuelle.

Aujourd’hui l’industrie agroalimentaire est tellement gigantesque et lance tellement de nouveaux produits et procédés industriels dans sa recherche de profits, que la question se pose de savoir si tout cela est kasher ou non.

Les décisionnaires religieux sont donc confrontés à de nombreuses questions de ce type de la part de leurs fidèles, c’est-à-dire des questions relevant somme toute de la vie quotidienne, et leurs réponses sont débattues et redébattues sans fin par tout l’encadrement rabbinique.

Ainsi dans la mentalité féodale-juridique, il n’y a pas la place pour les animaux dans ce qu’ils ont de concret, il n’y a la place que pour « ceci tu as la droit, cela tu n’as pas le droit ».

Comme dit précédemment, la question de la compassion en tant que valeur est occultée par la mentalité féodale-juridique, qui résume tout cela à une question seulement alimentaire, encadrée par des interdits (portant sur quels animaux sont autorisés, sur l’élevage de ces animaux, sur leur abattage).

Mais paradoxalement, et bien que le véganisme soit une question morale et non juridique, cette mentalité juridique peut se retourner en une base d’appui pour le véganisme.

En effet chez les juifs, les « interdits » alimentaires ne choquent pas, ils ne remettent pas en question toute une culture « gastronomique » du saucisson-pinard comme en France. Cela est aussi valable pour les personnes de culture musulmane.

Au sein des masses populaires juives, les « interdits » alimentaires et les règles éthiques sont immédiatement compris, ne sont pas disqualifiés en tant que tels, et peuvent même être estimés, respectés.

À suivre.

Le véganisme, un choix moral qui se construit dans la confrontation [première partie]

Hapoel a des valeurs, Hapoel a une morale, Hapoel affirme qu’il faut faire des choix cohérents avec l’idée que l’on se fait du monde à venir.

Or Hapoel considère que le monde à venir est inimaginable sans un rapport différent aux animaux et à la planète, un rapport nouveau, qui aurait comme contenu la compassion, la bienveillance et la responsabilité.

Hapoel met donc en avant la valeur de compassion avec les animaux, et fait connaître la pratique quotidienne qui lui correspond : le refus de toute exploitation animale, le véganisme.

Mais pour les personnes juives qui aiment les animaux et qui seraient intéressées par l’idée de libération animale, il faut avoir conscience d’une réalité : le véganisme ne s’imposera pas tout seul.

Le véganisme n’est pas une « bonne idée », qui finira par convaincre les gens quand ils auront « ouvert les yeux ». S’imaginer cela, c’est la porte ouverte au découragement et aux désillusions.

La question de la libération animale est une question naissante, qui se construit donc dans la confrontation contre la morale ancienne et toutes ses variétés.

Cette morale ancienne correspond à l’idéologie et à la culture dominantes, qui sont celles d’un monde d’exploitation animale et de dévastation de la planète. Et ce monde n’a certainement pas l’intention de se remettre en cause et d’arrêter l’écocide.

Sans compter qu’aujourd’hui, les valeurs anciennes ne se contentent plus d’être « classiquement » réactionnaires : la « morale » ancienne s’effondre parallèlement à la crise capitaliste, et son cadavre en décomposition nourrit la barbarie de notre époque.

Les personnes intéressées par le véganisme sont des personnes qui ont choisi une démarche positive. Mais dans ce monde d’exploitation et d’oppression, les personnes qui ont une démarche positive se font éclabousser par l’idéologie et la culture dominantes, et parfois se laissent noyer sans rien ne voir venir.

Il n’y a donc malheureusement pas de place pour l’illusion comme quoi « les bonnes idées s’imposent toutes seules »… Et pour se réaliser en un puissant mouvement de masse, la bataille pour la libération animale doit se porter sur le plan culturel.

La question de la libération animale est une question nouvelle, moderne, radicale. Et par conséquent, la culture du monde à venir ne peut pas se développer et vaincre en faisant des compromis avec la culture de l’ancien monde.

Voilà pourquoi Hapoel dresse [ces prochains jours] une petite liste – ni exhaustive, ni très détaillée – des écueils culturels que peuvent rencontrer les personnes juives qui choisissent de devenir véganes.

Des écueils culturels qu’il faut apprendre à affronter en décortiquant leurs contradictions, pour ne pas se laisser engloutir par l’ancien monde.

Évidemment il ne s’agit surtout pas de faire l’impasse sur la culture de la société française en général, qui est véritablement catastophique dans son rapport aux animaux et à la planète (123).

Mais cette liste ne concerne que la « psychologie de masse » de la minorité juive, car Hapoel a le souci d’être concret et précis dans la véritable « guerre de positions » que doit mener le camp de la libération animale.

Ce document de travail donne des pistes pour comprendre quels sont les appuis culturels de l’exploitation animale, mais aussi en partie ce qu’est la « mentalité féodale » dont il est parlé dans le document Le racisme déforme ta vie.

Juif ! Juive !
Pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka !
Fais le choix de la compassion, deviens vegan !

À suivre.

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 21h23, sortie samedi à 22h38.

Shabat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 21h30, sortie samedi à 22h47.

Toujours dans le camp des animaux !

Bien que que le tatouage ne soit pas entièrement visible sur la photo, on peut lire en hébreu les mots « la guerre » (HaMil’hama).

Les deux clés entrecroisées sont un logo classique de l’ELF (Earth Liberation Front / Front de Libération de la Terre). Pour les actions revendiquées sous le label ALF – ELF, la référence est Bite Back.

Qu’est-que le véganisme ?

Hapoel a critiqué il y a quelques jours un article d’un religieux, intitulé « Être juif et végétarien ? », qui est en fait une réponse à une question sur le végétarisme originel dans la Torah.

Hapoel avait mis en avant la valeur de compassion avec les animaux, une valeur positive qui chez les religieux est soit catégoriquement rejetée, soit ne peut se réaliser pleinement (ne serait-ce qu’avec le cuir des Téfilines).

Seulement il y a un problème, dans toute la réponse du rabbin. Dans sa tête, la compassion avec les animaux est reliée à une pratique précise, une pratique d’ordre uniquement alimentaire : le végétarisme.

Mais voilà : cela est déjà faux en soi.

Car si l’on est conscientE de la situation catastrophique des animaux, on voit très rapidement que le végétarisme ne suffit pas.

Refuser de manger la chair des animaux, c’est bien. Mais qu’en est-il de tous les autres animaux, entassés, exploités, martyrisés et assassinés pour fournir des produits laitiers, des œufs, du miel, du cuir, de la laine, des cosmétiques, des produits ménagers, du travail, des « loisirs », etc. ?

Voilà pourquoi la compassion avec les animaux doit être reliée à une pratique précise, un « mode de vie », qui s’appelle le véganisme.

Le véganisme, c’est le refus de toute exploitation des animaux, c’est l’affirmation qu’il faut construire un monde où les animaux aussi pourraient vivre libre.

Concrètement dans la vie de tous les jours, cela signifie de refuser : la viande, le poisson, les crustacés, les œufs et leurs dérivés, le lait et ses dérivés, les graisses animales et leurs dérivés, le miel et la cire, certains additifs alimentaires, la chasse et la pêche évidemment, le cuir, la laine et évidemment la fourrure, certains produits cosmétiques ou ménagers issus d’animaux, les produits testés en laboratoire sur des animaux, les cirques, les zoos et évidemment les corridas, la maltraitance des animaux « de compagnie », les animaleries, l’extermination des animaux « errants », l’utilisation de la force des animaux dans la production, etc.

Mais aussi tout ce qui, dans la culture et l’idéologie, asservit les animaux et la planète.

À l’inverse, cela peut aussi signifier d’adopter et de s’occuper d’animaux qui allaient à une mort certaine, par exemple sauvés de refuges ou de laboratoires.

Il existe également une militance végane, qui peut aller de l’information au public jusqu’à des actions attaquant directement l’industrie du meurtre (et qui, rappelons-le clairement, sont répréhensibles par la loi).

Comme on le voit, le véganisme est au-delà du végétarisme, car il va au bout de la compassion envers les animaux. Le véganisme est aussi au-delà du végétalisme, puisque ce dernier refuse l’exploitation animale mais uniquement dans le domaine alimentaire.

De même, une personne végane mange kasher, par la force des choses. Mais le véganisme va bien au-delà de la Kashrut, rien que par la discipline de vie qu’il implique.

En effet, le véganisme n’est pas une pratique strictement alimentaire, ni une question « juridique » religieuse.

Car comment se présente la pratique de la Kashrut ?

Au quotidien, une personne religieuse – ou au moins traditionnaliste – qui mange kasher doit respecter un certain nombre de points, qui certes peuvent évoluer selon les décisionnaires, mais qui globalement sont spécifiés noir sur blanc.

Au bout du chemin, cette personne a une espérance de type religieux : soit être « récompensée » dans le monde à venir, soit hâter l’avènement de Mashia’h en respectant ses Mitzvot.

À l’inverse, comment se présente la pratique du véganisme ?

Le véganisme est la seule éthique qui corresponde à la perspective de la libération animale, c’est-à-dire la fin de l’exploitation des animaux par l’humanité.

En ce sens, il y a évidemment une « règle de base » à respecter, qui est le refus de tout produit issu de l’exploitation animale.

Mais cette « règle » n’est pas orientée par des décisionnaires religieux, mais par le critère de se mettre au service des animaux et de la planète. Le véganisme est un choix moral et culturel, pas « juridique », et sa pratique n’est pas une série de commandements négatifs : adopter un animal en détresse est tout sauf une démarche négative.

Quant au « bout du chemin »… il n’y en a pas ! Ou plutôt il est double : à la fois immédiat, à la fois dans la perspective d’un monde à venir.

Car d’une part, contrairement à une personne qui espère quelque chose dans un avenir incertain en respectant la Kashrut, une personne végane sait quelles souffrances très concrètes elle évite aux animaux en refusant de consommer tel ou tel produit.

Et d’autre part, le véganisme est une pratique qui correspond à la perspective de la libération animale. Or la libération animale suppose un gigantesque bouleversement du mode de production capitaliste et de la culture qui va avec, un bouleversement qui touche l’humanité dans ce qu’elle a de plus profond.

Le véganisme est une question concrète, une question de clairvoyance par rapport à la situation des animaux et de la planète.

Si aujourd’hui Hapoel parle du véganisme, c’est simplement pour dire que « cela existe ».

En effet beaucoup de personnes aiment les animaux, sont traumatisées quand elles découvrent le sort qui leur est réservé dans le capitalisme, mais se sentent impuissantes, ne savent pas par où commencer, ou bien font des choix malheureusement incohérents comme le végétarisme.

Voilà pourquoi nous expliquons aujourd’hui ce qu’est le véganisme : pour éviter de perdre du temps.

Quand on veut que cesse l’éternel Treblinka dont sont victimes les animaux, il faut dépasser le sentiment d’impuissance, il faut comprendre que le végétarisme est très insuffisant, et il faut savoir que seul le véganisme est un point de départ correct.

Pour aller plus loin, il existe une section Libération animale chez Hapoel, mais aussi et surtout l’excellent site La Terre D’abord, sur lequel on trouvera notamment des réponses à beaucoup de questions, ou bien une rubrique pratique.

Les religieux traitent d’hérésie la compassion envers les animaux !

Quelle surprise, tout récemment, de voir s’afficher à la une de JSS News un sujet sur le végétarisme !

Ainsi pouvait-on voir s’afficher en grand une image de petits pois, avec comme légende « Être juif et végétarien ? »… et peut-être cet article est-il encore à la une en ce moment.

Pourtant le site JSS News est un site d’information franchement de droite, très sioniste, et on se demande bien d’où peut sortir ce soudain élan de compassion…

Un supposé élan de compassion qui fait très décalé quand on voit le cynisme brutal qui prévaut dès qu’il est parlé de la Palestine… c’est-à-dire à longueur de journée.

Mais finalement quand on se penche bien sur l’article paru sur JSS News, plus aucune trace de compassion !

Quant aux commentaires qui suivent l’article, on voit qu’objectivement personne ne s’écoute, et cela part bien vite en recettes de cuisine tout sauf végétariennes, ou bien sur le mythe comme quoi Hitler aurait été végétarien.

Que dit cet article « Être juif et végétarien ? », alors ?

En vérité il s’agit d’une réponse à une question portant sur le régime alimentaire prescrit par D.ieu :

« Je lis dans la Tora (Genèse 1:29) :  » Et Di-eu dit: ‘Voici, Je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture.  » Ma question est : comment se fait-il que l’homme se soit mis à manger de la viande, alors que le premier commandement sur la nourriture relève, en quelque sorte, du végétarisme? »

À cela il est répondu que du temps d’Adam l’humanité était végétarienne, et même végétalienne puisque le commandement de D.ieu n’inclut pas les aliments issus de l’exploitation animale (lait, œufs, miel, etc.).

Mais à l’époque de Noa’h, après le déluge, les commandements ont changé, puisque D.ieu aurait permis à l’humanité de consommer « tout ce qui se meut », et donc de dominer sans état d’âme la planète entière.

Tout cela est expliqué par une obscure raison de « niveau spirituel » de l’humanité, mais on retrouve des explications tout aussi convaincantes chez nos amiEs de La Terre D’abord.

Et l’auteur de la réponse d’ajouter : « Le bœuf bourguignon, le hamburger et le steak tartare pouvaient désormais enrichir nos repas. ». Tant de détachement ironique par rapport à la souffrance animale fait presque froid dans le dos…

Car en vérité, les grands absents dans la culture des religieux, ce sont bel et bien… les animaux, purement et simplement passés à la trappe !

Ainsi on reste toujours dans le domaine ultra-juridique de la loi alimentaire, au lieu d’élargir l’horizon à la question des valeurs de l’humanité… avec à l’appui une référence un peu déplacée au Zohar :

« Placés devant une glace à la chantilly ou une pizza accompagnée de frites, il faut avouer qu’il devient difficile de rester concentré sur des idées élevées (au moins dans mon cas !). C’est sans doute pour cela qu’il est écrit dans le Zohar que chaque repas est une véritable guerre. »

C’est bien cela : l’aspect juridique desséché est privilégié à l’aspect moral, et le permis de tuer qui est accordé – selon les religieux – à l’humanité devient un devoir d’assassiner. C’est d’ailleurs là que cela commence à sérieusement estomaquer :

« Voici un aspect sur lequel notre esprit doit être clair : s’il est permis de ne pas manger de viande parce que cela ne nous tente pas ou parce que nous désirons manger peu d’aliments gras, il est strictement interdit de dire que nous ne mangeons pas de viande afin d’être compatissant envers la gente animale. Une telle attitude ressemble à une forme d’hérésie, celle qui consiste à s’opposer à la Volonté divine qui nous a autorisé à manger de la viande, sans énoncer de restrictions d’aucune forme. [...]

Une personne a tous les droits d’être végétarienne si cela la tente. Dans ce cas, elle doit simplement se garder de penser qu’elle affiche – par son attitude – son amour inconditionnel des animaux. »

Bref, un végétarisme sans compassion, d’où sont évacués les animaux dans ce qu’ils ont de plus concret. Et pour en rajouter, l’article se termine par un ridicule « Bon appétit »…

En fait cet article vient du blog d’un religieux français qui vit aujourd’hui en Israel, David Yits’haq Trauttman.

À noter la phrase d’accroche tout en haut du blog : « Avez-vous parlé à D-ieu aujourd’hui ? ». En fait cette phrase n’est pas anodine, puisque David Trauttman fait partie du courant Breslev (ou Breslov), où il existe une pratique de s’adresser directement à D.ieu une heure par jour.

Le courant Breslev est un courant religieux assez récent, très mystique, où il s’agit de sanctifier Hashem par la joie, la Sim’ha, et qui vénère le Rabbi Na’hman enterré à Uman en Ukraine.

Ce courant est vraiment très connu en Israel mais aussi en France, notamment par toute l’industrie qui s’est développée autour de son fameux « Na Na’h Na’hma Na’hman Meuman ». Par ici une parodie israelienne, vraiment à mourir de rire.

Mais cette approche religieuse pose un problème, un problème moral par rapport aux animaux.

Car s’il y a bien un courant religieux qui pourrait être ouvert à la compassion envers les animaux, ce sont bien les courants mystiques du type Loubavitch ou Breslev, comme on peut le constater avec les quelques articles qui avaient déjà été publiés sur ce blog « La pause-café » (1234).

Mais non, jamais aucune ouverture à la compassion. Là on a même tout le contraire : le végétarisme, à la rigueur… mais surtout pas de compassion ! Le végétarisme, à la limite… mais surtout sans les animaux !

La vérité, c’est qu’il existe au sein des masses populaires juives des aspirations positives et lumineuses, des aspirations pour construire un meilleur monde à venir.

Mais quand elles sont happées par la religion et par les religieux, aussi sincères et mystiques soient-ils, ces aspirations sont tronquées, pour ne pas dire trahies.

La négation de la question animale au profit de la question juridique alimentaire est en ce sens très symptomatique : les religieux nient toute valeur à la réalité, ils nient la « dignité du réel », ils nient que la souffrance animale est immédiate et concrète.

Et il n’y a pas besoin de Pilpoul pour savoir qu’il faut en finir avec toute l’exploitation animale !

À l’inverse des religieux qui n’arrivent pas à se dépêtrer de leurs contradictions, Hapoel met en avant des valeurs pour le monde à venir, des valeurs qui prennent chaque jour plus d’importance face à la destruction généralisée de la planète et de touTEs ses habitantEs.

Juif ! Juive !
Rejette les valeurs de destruction et d’auto-destruction !
Rejette l’exploitation animale et l’assassinat de la planète !
Rejette les prétentions des religieux, qui refusent de voir la réalité !

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 21h36, sortie samedi à 22h54.

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 21h39, sortie samedi à 22h59.

La vie l’emportera !

« Nous observons de temps en temps sur des espaces comparativement restreints une disparition de la vie végétale supérieure.

Un incendie de forêts, des embrasements de steppes, des champs remués, labourés, délaissés; des îles nouvellement formées, des courants de lave consolidée, des terrains dégagés de glaciers ou de bassins aqueux, de nouveaux sols formés sur des rochers arides par les lichens et les mousses : tous ces phénomènes et d’autres formes de manifestations infinies de la vie sur notre planète créent pour un certain temps des taches qui marquent l’absence d’herbes et d’arbres sur l’enveloppe verte de la terre ferme.

Mais ces taches ne restent pas longtemps. La vie recouvre rapidement ses droits, les herbes vertes, au bout d’un certain temps, les végétations d’arbres rentrent en possession des places perdues ou en occupent de nouvelles.

Cette végétation pénètre en partie du dehors avec les semences apportées par les organismes mobiles ou plus souvent encore par le vent ; d’autre part cette végétation est due aux fonds des semences qui gisent partout dans le sol à l’état latent en conservant parfois cette forme durant des siècles entiers. »

Vladimir Vernadsky, La Biosphère, 1926.

Shabbat Shalom – שבת שלום

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La Terre D’abord : religions vs animaux

Une présentation de La Terre D’abord, un blog qui met en avant le slogan « Libération animale et écologie radicale ». Il y a quelques inexactitudes mineures, mais la présentation est limpide.

La question se pose en ces termes : manger kasher pour un hypothétique monde à venir ? ou bien refuser la souffrance animale dans ce monde-ci ?

Pour le véganisme ! Pour la libération animale !

Judaïsme, christianisme et islam contre le véganisme

À partir du moment où Dieu est considéré comme ayant autorisé l’emploi des animaux (entre autres) comme nourriture, alors il n’est pas possible de remettre cela en cause.

Les choses sont donc très claires : le judaïsme, le christianisme et l’Islam considèrent que le véganisme ne peut pas remettre en cause la hiérarchie décidée par Dieu. Surtout que les différents rites et traditions comportent parfois l’utilisation des animaux !

En fait, les religions sont nées avec la domestication des animaux et le remplacement du matriarcat par le patriarcat. L’humanité part à la conquête de la nature et la religion justifie l’asservissement, que ce soit le judaïsme, le christianisme ou bien l’Islam.

Ces trois religions ont les mêmes fondements et on retrouve les mêmes principes principaux : tout d’abord que les animaux sont là pour servir les humains, et ensuite qu’en aucun cas le style de vie vegan ne peut être mis en avant comme mode de vie supérieur sur le plan éthique.

Bien entendu ces trois religions entretiennent un certain flottement par rapport à ce sentiment important qu’est la compassion, de par leur nature de religion.

Certains au sein de ces religions ont tenté de remettre en cause le rapport aux animaux, mais leur remise en cause a été catégoriquement rejetée, et est considérée comme contraire à l’esprit de la religion, ainsi qu’à ses lois.

La raison en est que la réalisation immédiate du « paradis » sur Terre est formellement rejetée (comme hérésie religieuse et surtout sociale).

Pour le judaïsme, le christianisme et l’Islam, il est bien souligné que le monde « idéal » appartient au passé (le jardin d’Éden) ou bien au futur (la fin des temps), et en aucun cas au présent.

La Bible, dans le texte appelé la Genèse (partie 1:29) et situé tout au début, explique ainsi que la nourriture n’est pas d’origine animale, tout en considérant que l’humanité doit dominer :

« Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme.

Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre.

Et Dieu dit : Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture.

Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Et cela fut ainsi. »

Mais un peu plus tard dans la Genèse toujours, suite à la sortie du jardin d’Éden puis au déluge, la situation a changé (de 9:2 à 9:5) : la domination reste, mais le rapport aux animaux est désormais lié à la mise à mort.

« Vous serez un sujet de crainte et d’effroi pour tout animal de la terre, pour tout oiseau du ciel, pour tout ce qui se meut sur la terre, et pour tous les poissons de la mer : ils sont livrés entre vos mains.

Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture : je vous donne tout cela comme l’herbe verte.

Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang.

Sachez-le aussi, je redemanderai le sang de vos âmes, je le redemanderai à tout animal ; et je redemanderai l’âme de l’homme à l’homme, à l’homme qui est son frère. »

La Bible explique que « tout ce qui se meut et qui a vie » doit servir de nourriture.

Et les religions juive et musulmane ont sur ce principe fondé une sorte de division entre ce qui est valable (casher, halal) et ce qui ne l’est pas. Dans le judaïsme, ce sont les rabbins qui ont défini les règles, tandis que dans l’Islam ces règles se rapportent au Coran et aux dires du prophète Mahomet.

Le christianisme, quant à lui, ne s’embarrassera pas de cela et considère que tous les animaux peuvent être mangés.

Jésus lui-même est présenté comme ayant mangé des animaux. Luc (24 :42 et 24 :43) raconte ainsi :

« Ils lui présentèrent du poisson rôti et un rayon de miel. Il en prit, et il mangea devant eux. »

Il y a dans le nouveau testament de nombreuses références positives à la consommation d’animaux (Jésus et l’agneau de Pâques, dans les Actes il est dit à Pierre qu’il a le droit de tuer car ce n’est pas « impur », etc.).

La consommation de viande est d’ailleurs totalement intégrée dans le mode de vie chrétien, au point qu’il y a le vendredi où l’on doit manger… du poisson, et le mardi-gras où l’on a le droit de nouveau de manger de la viande après le carême (d’où le terme de carnaval – venant de carne vale) qui est une période « maigre ».

Dans le judaïsme, dans le christianisme et dans l’Islam, la séparation n’est donc pas entre vegan et non-vegan, mais entre pur (casher, halal) et impur, ou bien il n’y a pas de séparation du tout (comme dans le christianisme).

Et ces trois religions soulignent le fait qu’il est interdit de remettre cela en question, et donc de faire une séparation entre vegan et non-vegan.

Dans le nouveau testament, dans les Romains, il est expressément affirmé qu’il n’y a pas le droit de revendiquer la non-utilisation des animaux :

« Faites accueil à celui qui est faible dans la foi, et ne discutez pas sur les opinions.

Tel croit pouvoir manger de tout : tel autre, qui est faible, ne mange que des légumes.

Que celui qui mange ne méprise point celui qui ne mange pas, et que celui qui ne mange pas ne juge point celui qui mange, car Dieu l’a accueilli. »

Le judaïsme fait de même. Les téfilines, réceptacles que les hommes doivent porter autour du bras pour la prière du matin durant la semaine, sont en cuir. Les parchemins qu’ils contiennent sont en peaux d’animaux.

Tout autre matière que la peau d’animal est considérée comme non casher. Les personnes religieuses juives sont ici devant une contradiction insoluble par rapport au véganisme. La seule « solution » qu’elles ont trouvé sont des téfilines faites par le Rabbi Rosenberg, faites à partir de peaux de bébés animaux morts lors de fausses couches.

On notera que les rouleaux de la Torah (les commandements religieux établis par les rabbins) dans la synagogue sont également écrits sur des peaux d’animaux comme les parchemins, tout comme les parchemins de la mezouzah qu’on met à côté des portes. Le chofar, instrument de musique utilisé lors des prières pour les grandes fêtes, est lui à fait à partir d’une corne de bélier (et n’a pas le droit d’être fait autrement).

L’Islam suit le même principe avec le festival du sacrifice, l’Eid, où un animal doit être égorgé. Cette fête est incontournable.

Tout comme le christianisme, l’Islam considère qu’il n’y a pas lieu d’opposer une alimentation fondée sur l’utilisation des animaux et une alimentation végane ; l’une vaut l’autre et aucune ne peut être considérée comme « supérieure ».

Shabbat Shalom – שבת סלום

Entrée vendredi à 20h46, sortie samedi à 22h00.

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h35, sortie samedi à 21h48.

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h25, sortie samedi à 21h36.

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h15, sortie samedi à 21h24.

Shabbat ‘Hol HaMo’ed – שבת חול המועד

Entrée vendredi à 20h03, sortie samedi à 21h13.

Shabbat HaGadol – שבת הגדול

Dernier Shabbat avant Pessa’h.
Entrée vendredi à 18h54, sortie samedi à 20h02.

C’est la guerre pour les animaux et la planète !

Le capitalisme mène une guerre contre les animaux et la planète !
Une seule solution : rejoindre le camp de la libération animale !

Bien que que le tatouage ne soit pas entièrement visible sur la photo, on peut lire en hébreu les mots « la guerre » (HaMil’hama).

Les deux clés entrecroisées sont un logo classique de l’ELF (Earth Liberation Front / Front de Libération de la Terre).

L’image vient de nos amiEs de La Terre D’abord.
Pour les actions revendiquées sous le label ALF – ELF, la référence est Bite Back.

Brigitte Bardot et la fourrure en Israel

Tout commence il y a un an, en février 2009 : la chaîne israelienne Arutz 10 diffuse un documentaire sur les animaux massacrés pour leur fourrure… Dans la foulée, une grande polémique naît en Israel, d’où ressort l’idée d’une loi interdisant la fourrure.

Quand on sait que ces animaux vivent dans des élevages dignes d’Auschwitz et sont bien souvent dépecés vivants, on ne peut qu’approuver cela.

Une première proposition de loi a donc été déposée par Nitzan Horowitz, membre de la Knesset faisant partie de Meretz, un parti se revendiquant social-démocrate. Cette proposition de loi a par la suite été reprise par Ronit Tirosh, une députée du parti Kadima fondé par Sharon.

Ce projet de loi prolongeait l’interdiction des peaux de chiens et de chats, et prévoyait l’interdiction de la production, de l’importation et de la vente de fourrure en Israel.

Il faut savoir qu’en Israel, le marché meurtrier de la fourrure est considéré comme « petit », avec un chiffre d’affaire de « seulement » de 500.000 à 1.000.000 $ par an.

Par contre, ce marché est bien plus important aux USA et au Canada, où les communautés religieuses sont plus riches qu’en Israel, et où bien entendu il fait moins chaud…

En gros dans l’État israelien, ce marché meurtrier est limité à 70 % aux ‘Haredim ashkénazes, qui ont pour tradition depuis le 18ème siècle de porter un Shtreimel en fourrure à Shabbat. Et encore, certaines sectes ‘Hassidiques tolèrent ou obligent l’utilisation de fourrure synthétique !

Le Shtreimel, c’est ce chapeau cylindrique en fourrure, qui est censé représenter une couronne pour sanctifier le Shabbat. Il est affirmé notamment que « Shabbat » est l’acronyme de « Shtreimel Bimkom Tefilin » (= Shtreimel au lieu des Tefs).

Les Shtreimlekh sont faits de queues d’animaux assassinés, essentiellement des zibelines, des visons ou des renards gris. Ces queues arrachées sont au nombre de 13 (pour les attributs du pardon de D.ieu), de 18 (pour ‘Hai) ou de 26 (pour Youd Heh Vav Heh).

Pour les cœurs bien accrochés, on peut voir une photo de ces queues chez un fier fourreur-assassin canadien par là.

Bref, tout cela pour dire que le projet de loi, qui devait initialement interdire toute la fourrure en Israel, avait été plusieurs fois ajourné, et a subi un amendement prévoyant une dérogation pour les religieux et leur Shtreimel

Mais vendredi dernier, on a appris que… la Knesset allait renoncer à faire passer cette loi !

Le prétexte : les pressions des députés religieux, menés par Mena’hem Moses, ainsi que du parti religieux séfarade Shass – alors qu’il n’est certainement pas dans la tradition juive-arabe de porter de la fourrure !

Alors, qu’est-ce qui se cache derrière ce refus de Shass, et cela tandis que la proposition avait déjà passé une lecture de la Knesset sans une telle opposition ?

Eh bien comme toujours : des intérêts capitalistes !

Car en effet, les députés ultra-religieux ont reçu une visite bien opportune : celle du vice-président du Fur Council of Canada, le conseil canadien de la fourrure !

Alan Herscovici a ainsi expliqué aux députés religieux que l’interdiction de la fourrure risquait d’être le premier pas vers l’interdiction de la Sh’hita, notamment en Europe, et a mis en avant ses intérêts économiques menacés au Canada.

L’industrie capitaliste barbare de la fourrure a parlé… et les rabbins se sont exécutés !

Herscovici a terminé en affirmant que :

« Israel devrait être le dernier à procéder à ce genre de législation, parce qu’Israel est en train d’être diabolisé en Occident de la même manière que l’industrie de la fourrure, et souvent par les mêmes gens et cercles. »

Que voit-on donc ?

Que le lobby de la fourrure est extrêment conscient de la portée de la question animale, qui si elle est reliée au refus de toute barbarie, doit mener à l’idée de la libération totale – qui englobe donc la libération nationale palestinienne.

Ou en tout cas bien plus conscient que certains « protecteurs des animaux » comme Brigitte Bardot, qui avait écrit une lettre d’encouragement à la Knesset il y a 3 semaines.

Le communiqué de la Fondation Bardot qui allait avec cette lettre se terminait ainsi :

« Israël a besoin aujourd’hui de notre soutien et nous, citoyens protecteurs des animaux de tous pays, avons besoin de cette loi qui, en créant un précédant, nous aidera à faire évoluer les mentalités et peut-être un jour bannir à jamais le commerce de la fourrure de nos propres pays ! »

Apparemment, l’industrie de la fourrure est plus lucide que Brigitte Bardot, et voit bien que la remise en cause de ses activités assassines va de pair avec la contestation générale de l’exploitation animale et avec la dénonciation des crimes sionistes.

Cela est même implicitement reconnu – et regretté – par Jeanne Halévy, la fondatrice de la Coalition Internationale Anti-Fourrure, qui pourtant a fait son Alyah au début des années 1990.

Bardot s’est d’autant plus ridiculisée que, dans son communiqué, elle parlait d’une « loi révolutionnaire, avant-gardiste, [qui] peut vraiment changer la face du monde ».

Une pseudo-radicalité qui s’est heurtée à la réalité de la société capitaliste, à la réalité de la domination d’Israel par les intérêts impérialistes nord-américains.

Ainsi il a suffi d’une intervention de l’industrie de la fourrure pour que les députés de la Knesset abandonnent cette loi… alors que 86 % de la population israelienne serait contre la fourrure !

Pour les animaux martyrisés et exterminés, il n’y aura jamais aucune avancée sans remise en cause de ce monde de mort dominé par le capitalisme, le racisme et le patriarcat !

Pas de libération animale sans libération totale, et pas de libération totale sans refus du sionisme et de ses crimes : voilà un fait qui échappe totalement à Brigitte Bardot et aux réformistes de la « protection animale ».

Et d’ailleurs, il suffit de voir l’attitude de la Ligue de Défense « Juive » à propos de toute cette affaire.

En effet, la LD"J" avait relayé le communiqué de la Fondation Bardot… en titrant « La Fondation Brigitte Bardot contre les Streimels » !

Cela paraît totalement surréaliste, et pourtant ! La LD"J" arrive bien à se focaliser sur une demi-ligne du communiqué de la Fondation Bardot, en se moquant totalement des millions d’animaux dépecés vivants pour leur fourrure !

Juif ! Juive ! Pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka !
Rejoins le camp de l’antifascisme et de la libération animale !

Brigitte Bardot et l’abattage rituel : une hypocrisie bien française

L’hypocrisie : voilà une caractéristique incontournable de la mentalité bourgeoise française.

N’importe quelle personne issue d’une minorité nationale a intégré cela depuis son enfance, car le racisme que l’on connaît en France se lit immédiatement dans les regards un peu gênés.

Cela est d’autant plus flagrant pour l’antisémitisme à la française, surtout devant des personnes juives religieuses.

L’hypocrisie est un trait national-bourgeois qui est indissociable du fait que la France ait été LE pays de la petite propriété, LE pays où le poids culturel de la féodalité a persisté dans les campagnes jusque dans l’après-guerre, LE pays des rumeurs et de la délation.

Dès lors en France, quand on refuse de dynamiter la vieille culture national-bourgeoise, on est nécessairement happéE par l’hypocrisie – étouffante, écrasante, tellement omniprésente qu’on ne la voit même plus.

C’est ce qui arrive à Brigitte Bardot.

Ou plutôt : c’est la clé culturelle pour comprendre Brigitte Bardot quand elle prétend défendre les animaux, car aux yeux des animaux torturés et massacrés, elle n’a jamais été autre chose qu’une hypocrite.

Il y a quelques jours, sa Fondation a ainsi rendu publique une lettre ouverte de Brigitte Bardot au ministre de l’Agriculture.

Il faut absolument lire cette lettre, car c’est un condensé lamentable du tempérament petit-bourgeois français. Tout y est : râlerie qui n’engage à rien, goût du scandale, mais au bout du compte hypocrisie sur toute la ligne.

Cette lettre parle de l’abattage rituel des animaux pour le marché de la viande kasher et hallal, dans la foulée de la polémique des Quick hallal.

Il faut savoir que la Fondation Brigitte Bardot fait depuis longtemps campagne contre l’abattage rituel, kasher ou hallal, afin de faire appliquer sans exception la loi française, qui impose d’étourdir l’animal avant de l’assassiner mais tolère l’abattage rituel.

Cela, n’importe quelle personne juive le sait, car tous les 6 mois, on reparle d’une éventuelle interdiction de la Sh’hita par l’Union Européenne.

Soyons clairs : l’abattage rituel est un traitement barbare et cruel des animaux.

Mais là où toute l’hypocrisie de Brigitte Bardot ressort, c’est quand on voit qu’elle mène campagne uniquement contre l’abattage rituel, et jamais contre les abattoirs en général !

Et pourtant, quelle est la différence du point de vue d’un animal assassiné ? Kasher ou pas, l’animal a vécu exactement les mêmes souffrances dans exactement la même « usine à animaux » !

C’est cela qu’il faut comprendre quand Bardot explique que l’abattage rituel « est un retour à la barbarie ». Comme si la barbarie avait un jour cessé dans les abattoirs !

En vérité, cette hypocrisie se retrouve dans tout le mouvement que l’on appelle la « protection animale » : il s’agit de limiter la souffrance animale sur des points très restreints, mais jamais de remettre en cause toute l’exploitation animale !

C’est la différence entre la « protection animale », totalement illusoire et hypocrite, et la libération animale, qui est la seule voie réaliste pour un jour vivre en paix avec les animaux et la planète.

Chez Hapoel, nous pensons que des gens qui n’ont pas une pratique qui correspond à la compassion envers les animaux n’ont aucune légitimité pour parler de cruauté envers les animaux.

La pratique qui va avec la libération animale, c’est le véganisme, c’est-à-dire le refus concret dans la vie quotidienne de toute exploitation animale : de la viande – kasher ou pas ! – au cuir en passant par le lait, les œufs, la vivisection, etc.

On pourrait nous répondre : Brigitte Bardot et la « protection animale » ont le même but, mais utilisent des moyens différents.

Cela est faux.

Sinon, pourquoi retrouverait-on sur le site de la Fondation Bardot une recette à base d’œufs ? Les poussins mâles gazés, broyés ou hâchés ont-ils moins le droit de vivre que les animaux assassinés pour faire de la viande kasher ou hallal ?

Un autre critère quand on sert les animaux, c’est les valeurs, c’est la culture.

Quand on prétend défendre les animaux, on n’utilise pas une expression comme « poule mouillée » dans une lettre ouverte au ministre de l’agriculture. Et cela n’est pas un point de détail, mais une question minimum de respect.

Alors que cache cette hypocrisie tellement française de la figure nationale Brigitte Bardot ?

Pas besoin d’aller chercher très loin, quand on sait que Bardot a été condamnée pour « incitation à la haine raciale » une demi-douzaine de fois !

Cela est un fait très connu – tout comme le fait qu’elle soit mariée à un cadre du Front National – et qui sert en permanence aux ennemis des animaux et de la planète à disqualifier la lutte pour la libération animale.

Il est donc absolument scandaleux de retrouver une défense de Brigitte Bardot sur un blog sioniste pour la « protection animale », une défense qui est d’ailleurs par moments un peu honteuse…

Quand enfin on sait que la critique uniquement contre l’abattage rituel n’est pas nouvelle, comme on a pu le voir dans le film nazi « Der ewige Jude » au moment même où les juifs d’Europe furent envoyés à l’abattoir, on comprend que la boucle est bouclée et où Brigitte Bardot veut en venir…

Alors que partout en Europe les fascistes partent à la conquête de la « protection animale », il n’y a plus de place pour l’ambiguïté !

Ou bien on choisit le camp de la libération animale et du véganisme, ou bien on refuse de se confronter au capitalisme qui assassine les animaux et la planète et on instrumentalise les animaux pour donner dans le racisme hypocrite français.

Hapoel a choisi son camp, et affirme qu’à notre époque il n’y a pas d’antifascisme sans libération animale, ni d’avancée pour les animaux sans valeurs progressistes claires.

Juif ! Juive ! Pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka !
Rejoins le camp de l’antifascisme et de la la libération animale !

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 18h43, sortie samedi à 19h51.

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Simon Casas, un faux humanisme de faux prophète – La Terre D’abord

[Un article absolument édifiant de La Terre D'abord, un site pour « la libération animale et l'écologie radicale ».]

La catastrophe naturelle d’Haïti ne cesse de susciter des actes de générosité plus ou moins sincères envers les sinistréEs. Plus ou moins sincères, car malheureusement, certains en profitent simplement pour en profiter en terme d’image.

Le summum de l’hypocrisie vient de l’organisateur de corridas, ancien matador, et directeur des arènes de Nîmes Simon Casas qui aurait demandé au matador Sébastien Castella, de se produire à Nîmes le 13 mai, afin de reverser les recettes de la corrida aux sinistrés d’Haïti.

Sachons lire entre les lignes et comprenons bien que cet acte se voulant charitable n’est qu’un gros coup de pub, qui se sert honteusement du drame d’Haïti afin de tenter de se donner une belle nouvelle image, mais surtout d’insuffler un nouvel essor à ces pratiques cruelles qui sont à bout de souffle.

En effet, face aux nombreuses interdictions de corridas dans les villes « taurines » (de France et d’Espagne) et aux protestations grandissantes face à cette barbarie, le milieu tauromachique en manque croissant de supporters, tente dorénavant de s’implanter en Chine. Une arène serait construite à Pékin afin de pratiquer 16 spectacles sanglants par an dès fin 2010.

Mais attention : il tente aussi de faire en sorte que la tauromachie devienne une valeur « identitaire » fournissant une base électorale aux notables.

Car Simon Casas est quelqu’un de très ambitieux : sa société dirige les arènes de Nîmes et d’Alicante, en étant associée à la gestion de celles de Malaga et de Mont-de-Marsan.

Arènes de Nîmes dont il a gagné en fait tout récemment la responsabilité pour les 5 prochaines années, en décembre 2009. Et les arrières-pensées politiques sont ouvertes, comme il le montre dans une interview, affirmant clairement l’importance « politique » de la tauromachie dans sa région.

Interview où il dit d’ailleurs dans un grand élan d’apologie de soi : « dans mon domaine, la tauromachie, je suis prophète sur l’ensemble du monde taurin international. »

Car pour Casas la tauromachie est une quête, dont la dimension doit bien être saisie. Casas est en effet un prophète, et évidemment un faux prophète.

Nous avions parlé du livre « Eternel Treblinka » ; eh bien la philosophie de Simon Casas est l’exact contraire.

S’il est fasciné par la tauromachie jusqu’à s’incruster dans l’Espagne franquiste pour pouvoir devenir torero, c’est pour satisfaire sa quête existentielle :

« Triompher de la mort. Celle de mon père. Une méthode pour affirmer mon identité. Celle de ma mère. Venger l’exil de mes ancêtres chassés d’Espagne. »

Lui, dont la mère est juive séfarade (juifs orientaux originaires surtout d’Espagne et exilés de ce pays en 1492), a donc décidé de « braver les interdits » et de prendre sa revanche individuelle.

C’est non seulement n’importe quoi, mais honteux. Son initiative se déroule alors que les antifascistes sont torturés et assassinés par la dictature franquiste, alors que la république espagnole avait aboli la corrida par le décret du 10 juillet 1937, et que justement l’Espagne franquiste avait fêté sa victoire sur la République par la « corrida de la Victoire » le 24 mai 1939…

Faisant de la corrida une composante de son identité culturelle catholique-réactionnaire.

Mais Simon Casas n’est intéressé que par une seule chose : lui-même. La corrida est pour lui un moyen de se transcender.

Rien de plus faux d’imaginer quelqu’un n’ayant pas une théorie profonde de sa propre activité. Simon Casas connaît tous les classiques de la théorie de la transgression ; dans son imaginaire il doit se considérer comme le Sade des temps modernes.

La position de Simon Casas est très élaborée intellectuellement : dans ce genre de pensée on trouve Leiris, Bataille, Lacan, dont se revendique bien entendu Simon Casas. Et évidemment de la « victoire sur le taureau » dans l’antiquité dont nous parlions récemment.

Dans une interview Casas dit ainsi :

« La corrida est un art, la rencontre de l’humain et de l’animal dans une magie que la société ne saurait organiser, un phénomène de transfert, au sens psychanalytique du terme, où je gagne de la bestialité et où la bête gagne de l’humain.

(…)

Si la corrida n’est pas pour vous un art, reconnaissez au moins qu’elle en est un support sublime : Picasso, Goya, grands interprètes de la culture et de l’humanité, s’en sont inspirés. Choisir ce sujet serait-il anecdotique ? Pour moi, lorsque je me retrouve face au taureau dans l’arène – et ici je me fais le porte-parole de tous les toreros -, je ne suis animé que par le souci de beauté. »

C’est là où la pensée de Simon Casas est perverse : il ne s’agit pas de quelqu’un qui nie la problématique posée par la question de « l’Eternel Treblinka ».

C’est quelqu’un qui pense exactement l’inverse.

Avec Simon Casas on est aux antipodes d’une réflexion sur la Shoah (voir ici sa critique par Hapoel) affirmant qu’il faut rejeter toute barbarie. On est dans une sorte d’affirmation mégalomane et absolue de son propre être, de sa toute puissance.

La quête du pouvoir : tel est le but de Simon Casas. Là où quelqu’un comme Isaac Bashevis Singer mettait au centre la compassion, Casas place le pouvoir. Là où l’un dit : tout le monde doit vivre, lui dit : je veux survivre et l’éprouver, par la mort (d’un autre) ou au moins la démonstration du pouvoir.

Casas peut ainsi se poser en humaniste : à propos d’une « poule paralytique et grabataire », il a affirmé ne pas vouloir « l’achever » :

« Je ne supporte pas la mort. Même pas celle du taureau, sauf si c’est un grand combattant, lorsqu’il a manifesté sa capacité à rêver sa vie. »

« Rêver sa vie » : dans son imaginaire, Casas accorde de la dignité à l’humain mais aussi à l’animal que l’humain élève en « dignité ». Un délire que Casas pousse jusqu’au bout ; il dit ainsi, très certainement de manière sincère :

« Si j’avais la conviction que le taureau souffre, je n’irais pas à la corrida. Certes, il meurt, mais son destin est des plus enviables. Il vit quatre ans alors que ses congénères disparaissent à deux ans, par paquets, dans les abattoirs. Le taureau de combat, lui, est reconnu. On sait quelle est sa lignée. Il est élevé dans les meilleurs pâturages, dans un environnement intact du point de vue écologique. Et puis il surgit un jour dans l’arène… »

Simon Casas se croit un vrai humaniste, il croit vraiment que la corrida est une transgression, une manière d’affirmer (dans le sang) son individualité humaine.

Tout cela est de la folie, l’expression d’une course en avant, ou plutôt d’une fuite.

Simon Casas a cru fuir la destruction en se créant un personnage, lui qui s’appelle en réalité Bernard Combs, né d’une mère séfarade et d’un père juif polonais.

Il a cru se recréer éternellement par la corrida.

Mais tout cela est fictif, idéaliste, vain, absurde. Tout comme son délire de prendre la nationalité espagnole, en raison de la présence de Le Pen au second tour de la présidentielle, en raison de ce « coup de corne à la République ».

C’est lui qui parle de la République, lui dont la culture de la corrida est celle de l’Espagne franquiste, dans le sang de la démocratie.

Quelle ironie qu’il soit d’ailleurs exactement de la génération de Pierre Goldman, autre juif polonais né en France (et demi-frère de Jean-Jacques), mais qui lui avait choisi l’engagement révolutionnaire des années 1970. Quelle différence de morale.

Quelle tristesse de le voir répandre son faux humanisme, mais vraie barbarie, alors qu’il aurait dû construire son identité dans la libération totale, en faisant face à l’éternel Treblinka que vivent les animaux !

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 17h25, sortie samedi à 18h35.