Archives de Antifascisme

Marine Le Pen chez les nazis autrichiens, le jour du souvenir de l’holocauste

Voici un article publié samedi dans le média révolutionnaire Voie Lactée, expliquant de manière très claire et détaillée la nature du « bal » auquel s’est rendue Marine Le Pen le vendredi 27 janvier. Entre-temps, Jean-Marie Le Pen a eu le temps d’affirmer que ce bal, auquel il s’est lui-même déjà rendu, « c’est Strauss, sans Kahn, si vous voulez ». La dimension antisémite saute bien entendu aux yeux, « Kahn » étant l’un des équivalents du nom « Cohen ».

Ainsi, quand il est parlé ici de nazis, c’est des nazis sérieux et « propres sur eux » de la haute-bourgeoisie autrichienne, pas du stéréotype du skinhead nazi alcoolisé que se plaisent à resservir tous ceux qui sont opposés, d’une manière ou d’une autre, à la lutte antifasciste. Stéréotype qui est de toute façon dépassé depuis longtemps par l’émergence sérieuse (du moins en Allemagne et en Europe de l’Est) des nazis « nationaux-autonomes ».

Or une fraction nazie de la bourgeoisie + un mouvement se présentant comme massif et pseudo-révolutionnaire = un mouvement politique fasciste ayant effectué sa synthèse, et historiquement mûr pour conquérir la société et l’appareil d’État.

Honte à ceux qui pactisent avec Marine Le Pen et le Front National. Honte à ceux qui refusent de prendre position et qui s’imaginent louvoyer avec le fascisme.

Marine Le Pen dans la valse de Vienne avec les nazis autrichiens, le jour du souvenir de l’holocauste

C’était prévu depuis quelques temps déjà, mais cela n’a été révélé qu’au dernier moment : Marine Le Pen est allé rejoindre un des nombreux bals qui se tiennent à Vienne en cette saison.

Ces bals, où l’on danse dans des habits d’apparats, se déroulent par corporations (par « métiers » organisés en syndicats corporatistes).

Cette tradition, relevant de l’idéologie aristocratique, puis catholique-corporatiste (appelé historiquement l’austro-fascisme), fait partie de la culture nationale-bourgeoise autrichienne ; elle a même été la semaine dernière intégrée dans la liste du « patrimoine immatériel » de l’Autriche par l’UNESCO (la section culturelle de l’ONU).

Mais elle a été enlevée aussi sec, car parmi les bals choisis, il y a un bal qui est celui… des nazis.

C’est à ce bal qu’est allé Marine Le Pen, « en douce » du côté français alors que sa venue est annoncée depuis plusieurs jours dans les milieux ultra-nationalistes et pangermanistes autrichiens.

Car le bal auquel a participé Marine Le Pen est celui des corporations étudiantes pangermanistes, c’est-à-dire pour parler clairement, national-socialiste.

Les personnes s’intéressant à l’histoire de l’Autriche peuvent consulter notre document « Fascisme et concurrence au sein de la bourgeoisie : schéma général de l’exemple autrichien. »

Sinon, pour faire court, la bourgeoisie autrichienne est divisée en deux fractions faisant face à la social-démocratie (qui elle a toujours contrôlé la ville ouvrière de Vienne, appelée ainsi « la rouge »).

La première fraction est catholique-cléricale, c’est l’austro-fascisme ; la seconde est pour le rattachement à l’Allemagne et soutient l’idéologie national-socialiste.

L’Autriche est dominée depuis 1945 par un compromis entre social-démocratie et les catholiques-cléricaux, mais la fraction national-socialiste a toujours été d’une force extrême.

Leur culture passe par des corporations étudiantes, qui fonctionnent comme des clubs de pensée et d’influence pangermaniste – national-socialiste.

Pour les intégrer, il faut bien entendu être « aryen » et passer par une étape obligée : un affrontement à l’épée, où les mains et le visage ne sont pas protégés.

Les cicatrices au visage font ainsi partie des signes de reconnaissance de l’appartenance historique à ces corporations, dont les traditions se perpétuent bien après les études, dans des clubs de « vieux monsieurs » qui forment le noyau dur de l’appareil idéologique national-socialiste.

Cet appareil n’est pas officiel car le national-socialisme et le pangermanisme sont interdits en Autriche, mais de par leur caractère grand bourgeois, cet appareil est absolument intouchable.

C’est l’un de ces « vieux messieurs » qui a invité Marine Le Pen à venir. Ancien de la corporation « Olympia », Martin Graf est l’un des principaux dirigeants de la formation d’extrême-droite FPÖ (qui peut tabler grosso modo sur un ¼ des voix aux élections).

Et il est la grande figure de l’extrême-droite du FPÖ…

Il n’aura pas le seul « ultra » au bal, puisqu’il s’agit d’une fête énorme de l’extrême-droite européenne, se déroulant d’ailleurs dans le plus grand palais historique de la monarchie autrichienne, la Hofburg, en plein centre de la ville, donnant d’ailleurs sur « La place des héros » qui est l’endroit où Hitler a tenu son discours après l’annexion de l’Autriche (« l’anschluss »).

Le Front National a tenté de se dédouaner dans un communiqué faisant suite à divers articles dans la presse française (qui a réagi promptement non pas tant par antifascisme que par tradition anti-allemande et anti-autrichienne).

Voici le communiqué du Front National :

Communiqué de Presse du Front National

Contrairement à plusieurs informations fantaisistes, Marine Le Pen à été invitée à un des plus célèbres et des plus traditionnels bals de Vienne. Les élucubrations répandues par certains médias relèvent de la diffamation pure et simple et se font le relais de l’extrême gauche autrichienne qui depuis des années cherche à faire interdire tous les bals viennois, symboles à leurs yeux, du respect des traditions autrichiennes. Participent à ce bal des personnalités et des élus de toutes origines. Des journalistes seront d’ailleurs présents à cette soirée mondialement connue.

Mais là où le Front National montre sa mauvaise foi (et la presse française son faux anti-fascisme), c’est par l’oubli que le 27 janvier est en Europe la journée de la mémoire de l’Holocauste (Auschwitz a été libéré par l’armée rouge le 27 janvier 1945). D’ailleurs, en Autriche, jamais la mobilisation n’a été aussi grande contre le bal des corporations, pour cette raison même.

Même les représentants officiels de la communauté juive, pourtant institutionnalisés, sont montés au créneau, et l’année prochaine le bal devra changer d’endroit (il y était depuis 1987, et existe depuis le lendemain de la seconde guerre mondiale impérialiste).

Certains pourront se demander alors pourquoi Marine Le Pen est allée à ce bal ? Officiellement, elle est allée en Autriche pour rencontrer des représentants de l’extrême-droite européenne (voir le communiqué du FN en annexe en bas de l’article).

Mais en fait, elle donne un signe très fort. De la même manière que Sarkozy est en relation avec Merkel pour un couple franco-allemand au sein de l’Union Européenne, Marine Le Pen montre qu’elle est pour un couple franco-allemand semi-indépendant et en-dehors de l’Union Européenne.

Marine Le Pen est l’envoyée de la bourgeoisie impérialiste française, en rupture claire ici avec la bourgeoisie traditionnelle. Aucun représentant de la bourgeoisie traditionnelle française n’est prêt à pactiser avec les ultras-impérialistes d’Allemagne et les pangermanistes d’Autriche.

Ceux qui ne voient pas en Marine Le Pen une réelle menace fasciste – soit toute l’extrême-gauche anarcho-trotskyste qui revendique ouvertement sa posture pro-syndicats et anti-antifasciste – sont totalement aveugles sur ce qui se passe.

Car la nature des soirées « rally » de la bourgeoisie (surtout parisienne) valent bien, de par leur dimension « ethniste » et idéologique, la logique de l’extrême-droite pangermaniste. Rien n’est plus absurde que de se moquer du caractère numériquement petit de l’extrême-droite, car derrière il y a toute une idéologie qui se diffuse et dans des milieux très fermés et très motivés. La haute bourgeoisie n’est pas dilettante quand il s’agit de ses intérêts !

La petite manifestation antifasciste contre le bal des corporations à Vienne n’aura d’ailleurs rassemblé que quelques centaines de personnes, les médias ayant balisé le terrain alors que ce sont les unités anti-terroristes qui encadraient le cortège (dans la tradition locale!).

L’antifascisme autrichien est empêtré dans une démarche petite-bourgeoise, universitaire et intellectuelle (notamment « queer ») alors que les masses sont bombardées par une ligne de masses d’extrême-droite (les quartiers populaires étant historiquement des bastions de l’idéologie ultra-populiste et marqués par la présence locale traditionnelle des groupes nazis).

Ce qui ne l’empêche pas de chercher une voie moderne et populaire. Ainsi, la soirée post-manifestation aura certainement un bon son, avec une flopée de DJ experts en leur domaine et un slogan communiste sympathique (et en français dans le texte) : « des rues de sucre à Vienne. »

Le lendemain (soit aujourd’hui), des antifascistes feront une visite guidée de la présence des corporations à Vienne pendant presque trois heures. Et le site du bal des corporations a été piraté, avec un drapeau communiste et l’hymne soviétique jouant en boucle.

Cependant, cela ne compense pas l’absence d’idéologie prolétarienne, et cela rend l’antifascisme dépendant de la social-démocratie, qui devient le dernier rempart face au vote massif pour les catholiques-cléricaux et l’extrême-droite pangermaniste.

Les tâches antifascistes en Ile-de-France – Partisans IDF

Les nouvelles tâches des Antifascistes en Ile-de-France pour l’année 2012

L’année qui s’annonce va être décisif pour les antifascistes. A mesure que la crise du capitalisme se généralise, le mouvement fasciste renforce ses positions. On pense évidemment à Marine Le Pen bien sûr, mais il ne faut pas oublier non plus toutes les tendances du mouvement fasciste qui profitent également de la situation.

Ce qui nous intéresse à Partisans, c’est que la monté du fascisme signifie nécessairement une poussée de la résistance antifasciste, en retour.

Nous n’imaginons pas forcément des milliers de jeunes rejoindre euphoriquement le mouvement antifa -quoi qu’on est jamais sûr de rien pour ce genre de choses. Mais il va obligatoirement y avoir de nouvelles personnes qui vont se tourner vers cet horizon. Dont très certainement une forte proportion de personnes jeunes, voire très jeunes.

Ce qui est clair en tout les cas, c’est que de nouvelles situations se présentent pour les antifascistes, que de nouveaux espaces sont à conquérir. Autrement dit, il est plus que temps pour le mouvement antifa de se moderniser pour coller pleinement à la réalité quotidienne du peuple.

Les années 1990 et 2000 ont dû être assez pénibles pour les celle et ceux qui n’acceptaient la compromission avec le système et qui ne voulait ou ne pouvaient pas ignorer le fascisme. En Ile-de-France l’antifascisme s’est totalement marginalisé, replié sur lui même ; cela par nécessité certainement.

Il y a eu une scène antifasciste radicale, portée par une partie de la scène d’extrême-gauche de l’Est parisien, qui s’occupait surtout de ce que faisait les fascistes plutôt que de développer la culture antifasciste.

Également, s’est formée une micro-scène antifa, plus populaire et plus banlieusarde, autour de la tribune Auteuil du Parc-des-Prince, le stade de football. Elle est née plus par nécessité de se défendre contres les fascistes de la tribune Boulogne que par réel volonté politique ou culturelle.

Aujourd’hui, les derniers « antifa radicaux » de Paris peinent à ne pas disparaître et les quelques antifas du stade se sont fait étouffer par l’apolitisme ambiant de leur milieu et la répression qui a précédé la « modernisation » du PSG.

Maintenant, l’heure est à la reconstruction pour le mouvement antifasciste en Ile-de-France. Ce qu’il faudra absolument éviter – en tout les cas c’est ce que nous pensons- c’est de remonter une « scène », un milieu antifa, replié sur lui même, fermé aux préoccupation populaires quotidiennes.

Pour renaître, le mouvement antifasciste doit se diffuser dans le peuple et donner naissance à un foisonnement d’initiatives, de projets et d’actions ! Ce que nous espérons, et ce pourquoi nous continuerons à nous battre cette année, c’est la multiplication des groupes autonomes antifascistes partout dans la région.

Pour que cela fonctionne, il ne faudra oublier personne, prendre en compte toutes les réalités locales. En Ile-de-France, notre situation est particulière. Que l’on soit à Paris, en proche banlieue dans le 92, le 93 et le 94 ou bien en grande Banlieue dans le 77, 78, 91 ou 95, les situations sont totalement différentes.

Nous nous adresserons tout autant à ce prolétaire de culture reggae vivant dans un pavillon du 95, à cette jeune femme qui se dresse contre la pression patriarcale dans sa cité, à cette petite bande de hardstyleur du 91 qui n’apprécient pas trop la présence des nationalistes dans le milieu, à ce jeune intérimaire de Rungis qui met toujours du rap très fort dans ses écouteurs pour éviter d’entendre les horreurs racistes de certains de ses collègues, à cette étudiantes qui manque de détruire la télévision de son studio parisien à chaque fois qu’elle entend Eric Zemmour parler…

Nous nous tiendrons prêt à agir et réagir très vite pour se rendre utile si la question antifasciste devait tout à coup prendre une importance populaire énorme – nous pensons par exemple à ce qui pourrait se passer si Marine Le Pen se retrouvait au second tour des élections présidentielles…

En attendant, l’actualité, la tâche des antifascistes aujourd’hui, c’est de se reprendre en main, de se regrouper autour de soi, de compter ses forces, de réfléchir et d’agir. Agir, mais efficacement, sans perdre de temps dans des dépenses inutiles d’énergie.

Et il est indispensable d’avoir toujours à l’esprit cette réalité fondamentale : on n’arrêtera pas le fascisme avec de belles phrases entre nous mais en créant l’unité populaire autour de valeurs progressistes, positives qui s’opposent unilatéralement au fascisme !

En 2012 n’attend plus, monte ton groupe autonome antifa, mène la résistance de la culture métissée et populaire, rejoins l’Action Antifasciste!

« Un fascisme mystique et romantique, et un fascisme planiste et technocratique »

« C’est aussi en France que l’on constate dans toute son ampleur ce phénomène-clef du fascisme : le passage de gauche à droite d’éléments socialement avancés, mais violemment opposés à l’ordre libéral. Car le fascisme est allé puiser tant dans la gauche que dans la droite et, parfois, dans certains pays, beaucoup plus dans la gauche que dans la droite.

Il ne s’agit point ici d’un phénomène spécifique à la France : le comportement du ministre travailliste Oswald Mosley, la pléiade de syndicalistes italiens autour de Mussolini ou l’accueil réservé au nazisme par Henri de Man recoupent les réactions des militants du Parti populaire français ou du Rassemblement national populaire.

Cependant, depuis les radicaux d’extrême gauche, au temps du boulangisme, jusqu’à Déat et Doriot et les milliers de militants socialistes et communistes qui gravitent autour d’eux, en passant par Sorel, Lagardelle et Hervé, nul autre pays que la France n’enregistre de revirements aussi nombreux et aussi spectaculaires. Nul autre parti ne perd en faveur d’un parti fasciste un tel nombre de membres de son bureau politique que le PCF.

Du boulangisme à la collaboration, la gauche française ne cesse d’alimenter les formations de droite et d’extrême droite, les mouvements préfascistes ou déjà pleinement fascistes.

C’est là une constante de la vie politique française ; c’est là un des éléments essentiels de l’explication de la genèse et de la nature du fascisme français.

Ce phénomène culmine, il importe d’y insister, bien avant la collaboration. [...] Au contraire, il constitue l’aboutissement logique et naturel d’une évolution politique et intellectuelle vieille déjà d’un demi-siècle.

Le fascisme français se présente ainsi comme un phénomène autonome, possédant ses propres racines et ne devant rien à l’étranger.

Si imitation il y a, c’est de la part des Italiens, y compris Mussolini, venu chercher l’inspiration chez les syndicalistes révolutionnaires et les nationalistes français.

Le fascisme français, héritier direct de Barrès et de Drumont, de Sorel et de Janvion, de Berth et de Biétry, se distingue aussi par la richesse de ses variantes et de ses courants.

C’est en France, plus encore qu’en Italie, que le fascisme présente une diversité qui permet mieux qu’ailleurs d’en dégager un paradigme, un « type idéal ».

Il contient notamment, d’une manière quasi parfaite, les deux courants majeurs du fascisme : un fascisme mystique et romantique, et un fascisme « planiste » et technocratique. »

Zeev Sternhell, « La droite révolutionnaire (Les origines françaises du fascisme, 1885 – 1914) »

Monte ton groupe autonome antifa ! — Partisans

Monte ton groupe autonome antifa !

Régulièrement, nous recevons des mails de personnes qui apprécient notre démarche et qui souhaitent rejoindre notre groupe ou bien simplement nous rencontrer. Nous devons donc préciser qu’elle est notre démarche concernant le développement d’un mouvement antifasciste.

Notre but n’est pas de grossir en tant que groupe. Ce que nous souhaitons, c’est un foisonnement d’initiatives, de projets et d’actions antifascistes, car nous pensons que c’est la seule façon d’abattre le fascisme.

Plutôt que de rejoindre notre structure, les personnes qui apprécient notre démarche doivent monter leur propre groupe autonome antifasciste avec des personnes de leur entourage !

Mais pour autant, continuez à nous écrire pour en parler avec nous si vous le souhaitez !

Voici quelques points essentiels qui expliquent comment monter son groupe antifa !

1/ La sécurité

Être antifasciste aujourd’hui, cela signifie prendre le risque de se confronter à la répression de l’État, mais aussi d’être poursuivi, recherché et combattu par les fascistes eux-mêmes.

Nous pensons que le meilleur moyen de faire face à cela est d’éviter la centralisation et les contacts inutiles entre les groupes antifa.

Un groupe autonome doit donc être constitué de quelques personnes qui se connaissent, s’apprécient et se font confiance.

Il est inutile de demander à rejoindre un groupe autonome antifasciste.

Un groupe antifa peut s’agrandir, mais uniquement depuis l’intérieur : ce sont les personnes du groupe qui proposent à un ou plusieurs individus de rejoindre le groupe s’ils ont confiance, mais jamais l’inverse.

Il faudra aussi toujours être ultra vigilant avec la sécurité :

ne jamais divulguer aucune info sur les antifa, flouter systématiquement les photos, ne pas parler avec la police, faire attention à ce que l’on raconte sur internet, etc.

2/ Le groupe antifa

Deux personnes suffisent à monter un groupe autonome. Suivant la situation, il se posera éventuellement la question de l’élargissement du groupe plus tard.

Ce qui compte pour un groupe antifa, c’est de savoir où intervenir, de chercher à s’implanter.

On peut par exemple choisir d’agir sur son lycée, sa fac, son lieu de travail ou bien directement dans son quartier ou sa ville.

Un groupe autonome antifasciste peut aussi choisir d’intervenir dans une communauté ou vis à vis d’un réseau de gens. Par exemple, des jeunes qui écoutent de la musique Hardstyle peuvent choisir d’avoir une démarche antifasciste qui vise la communauté Hardstyle.

Ce qui compte, c’est d’agir en fonction de ses propres sensibilités, vis-à-vis de ce qui nous touche personnellement.

Dans tout les cas, il est important d’être implanté là où l’on veut agir et d’y intervenir régulièrement afin d’acquérir une crédibilité.

3/ Mener des actions locales contre le fascisme

Être antifa, c’est avant tout lutter pour promouvoir la culture antifasciste. C’est s’opposer concrètement aux valeurs de la société capitaliste : discriminations, moqueries contre les personnes considérées comme « faibles », culte de l’individu et loi du plus fort, etc.

Pour cela, la seule limite est l’imagination des antifa ! On peut pas exemple faire des pochoirs, coller des stickers, distribuer des flyers antifa, faire des vidéos sur YouTube, etc.

Agir sur internet peut également être une activité intéressante, à condition de ne pas négliger la sécurité (surtout avec des sites comme Facebook par exemple).

Suivant la situation, un groupe antifa pourra aussi choisir d’intervenir publiquement s’il juge que cela ne nuit pas à sa sécurité.

Mais être antifa, c’est surtout une attitude et une exigence vis à vis de soi-même.

La meilleure façon d’intervenir pour un antifa, c’est dans sa vie quotidienne, autour de soi, en discutant, en proposant des choses, en véhiculant sa culture et ses valeurs antifascistes !

4/ Mener des actions locales contre les fascistes

Être antifa, c’est aussi lutter concrètement contre les activités fascistes.

Le travail de bases des antifa, c’est de lutter contre la propagande fasciste : arracher les affiches du FN, recouvrir les autocollants fascistes, etc.

Il est aussi nécessaire de se tenir au courant de l’activité des fascistes dans son secteur et agir en conséquence.

Les antifa cherchent également à informer la population des activités fascistes afin de les dénoncer.

5/ Étudier, comprendre, se mettre a jour

Comprendre le fascisme n’est pas une chose simple.

Les antifa doivent mener un gros travail d’étude et de réflexion afin de comprendre pourquoi les fascistes progressent à tel ou tel endroit et analyser leurs discours, pour mieux le contrer.

Le fascisme n’est pas une idéologie figée, c’est un mouvement qui regroupe des tas de réseaux avec des discours différents.

Les antifa doivent toujours se mettre à jour et connaître parfaitement leurs ennemis.

6/ Le front antifasciste

Les groupes autonomes antifascistes doivent chercher à s’unir entre eux et à répandre leur culture dans la population.

L’Action Antifasciste est justement un réseau qui permet aux groupes autonomes d’échanger leur infos, leur analyses et de s’entre aider lorsque cela est nécessaire.

Mais il ne faut jamais oublier que la meilleur arme contre le fascisme, c’est le Peuple lui même !

Le but des antifa est donc de lutter pour que la plus grande partie de la population devienne antifasciste !

Alors, n’attends plus, regroupe toi et monte ton groupe autonome antifasciste !

Dans tout les cas, n’hésite pas à prendre contact avec un groupe de l’Action Antifasciste pour discuter !

Pour nous écrire : partisans.antifa [at] hushmail.com

Si ce n’est toi, qui ? Rejoins ou fonde un groupe autonome antifasciste !

C’est quoi l’autonomie ? — AA Artois

Antifa, c’est quoi l’autonomie ?

On demande souvent aux membres de l’action antifasciste artois, lors de discussion en réel, ou par Email, pourquoi nous mettons en avant que nous sommes un groupe autonome. La question est « C’est quoi l’autonomie ? »

La question est excellente, et la réponse est complexe.

L’action politique en France, c’est surtout les manifestations. La pratique la plus répandue est celle d’une personne qui se sent concernée par une manifestation, et s’y rend seule, sans avoir rien préparé, sans y connaître personne. Sur place, cette personne rejoint le cortège d’une organisation politique ou d’un syndicat, avec qui elle partage certaines idées ou certaines pratiques. On lui donne alors un tract, une pancarte, et elle peut reprendre les slogans scandés par d’autres, tout en dansant au son de la sono… A la fin de la manifestation, on invite chacun à rentrer chez soi. Les personnes les plus radicales s’opposent alors souvent aux flics. Les individuEs isoléEs sont alors les proies des flics. On pourrait même croire qu’illes servent de bouclier aux « radicaux » organisés.

L’autonomie, c’est se grouper par affinité !

Un groupe autonome est composé de personnes décidées à agir ensemble. Leur organisation antifa devient alors ce groupe. Être dans un groupe autonome antifasciste, c’est donc agir avec son groupe contre l’offensive fasciste. Cela veut dire qu’on peut cesser de participer aux activités antifascistes étiquetées « PcF », « cnt » ou « Ras l’front », pour avoir le champs libre d’agir de façon autonome.

Le groupe autonome travaille sur son territoire pour repérer les activités des fascistes organisés, et comprendre pourquoi et comment le fascisme s’implante sur ce secteur. Le groupe décide également par quel moyen, et notamment avec quel niveau de violence, il faut lutter contre le fascisme. Le but est que le fascisme se casse les dents sur la culture métissée et populaire. Le plus important est que chacunE des membres du groupe se sente en parfaite confiance dans chaque action menée par le groupe. Par exemple, si la majorité du groupe décide de mener une action violente contre un groupe de fascistes, il ne faut pas négliger la voix de ceLLEux qui ne sentent pas le « coup ». Mieux vaut alors revoir ses plans pour intégrer tout le monde dans l’action à mener. Une même action peut avoir différents niveaux de dangerosité (ex : bombage / distribution dans les boites à lettres), le tout étant de n’écarter personne. Dans le cas où une action violente est quand même décidée, il faut que tous les membres du groupe soient au courant, afin que les plus pacifiquEs n’aient pas à subir les conséquences sans y être préparéEs. Un groupe autonome est un groupe de camarades, qui cultivent leurs affinités, savent qu’illes peuvent se faire confiance, et ne laissent personne derrière eLLEux.

L’autonomie, c’est être reliés pour atteindre des objectifs !

Bien sur, faire partie d’un groupe antifasciste autonome, ça ne veut pas dire être divisés, isolés des autres antifascistes. Un groupe autonome est un noyau dur, composé de personnes qui se font confiance et qui sont d’accord sur les actions à mener contre le fascisme. Bien souvent, les membres d’un groupe autonome sont aussi d’accord sur la ligne politique, c’est-à-dire qu’ils ont la même définition de ce qu’est le fascisme. On voit souvent des groupes composés que de communistes, d’autres sont composés exclusivement d’anarchistes. On comprend pourquoi : anarchistes et communistes n’ont pas les mêmes priorités dans la lutte contre le fascisme et les fascistes. Un groupe composé de personnes se reconnaissant de ces deux courants révolutionnaires voit ses réunions s’éterniser en débat intéressants, mais qui peuvent être infinis…

Pour autant, quand il s’agit de faire masse, comme pour les grands rassemblements de plusieurs régions, voir de plusieurs pays, comme les contre-sommets du G8, ou les rassemblements anti-OTAN, ou même simplement pour mener une action d’ampleur dans une ville, les groupes autonomes coordonnent les actions des groupes affinitaires. La masse des groupes a alors un objectif commun (par exemple, former un énorme black-block pour se rendre à un point déterminé), et chaque groupe autonome a un objectif une fois l’objectif commun atteint. Les groupes sont évidemment parfois amenés à se coordonner ensemble pour atteindre des sous-objectifs (comme désorganiser les brigades anti-émeute).

Les groupes autonomes sont donc reliés entre eux, pour échanger des informations, mettre des moyens en communs, et former une masse quasi-indestructible !

L’autonomie, c’est laisser libre court à l’expression.

Évidemment, ce que nous venons d’expliquer n’est pas neuf. Ce mode d’organisation décentralisée est pratiquée depuis fort longtemps. Il s’agit d’une stratégie qui a montré son efficacité pour la lutte contre le fascisme durant la seconde guerre mondiale en Europe, dans les guérilla en Amérique du sud, ou plus récemment dans les opérations bloc-G8. Nous ne mettons donc personne dans l’insécurité en expliquant ce mode de fonctionnement. Les flics aussi reçoivent des formations…

La force de cette organisation en groupes autonomes est qu’elle permet la multiplicité des initiatives antifascistes. Par l’existence de groupes autonomes antifascistes, un large front s’ouvre contre les fascistes : les groupes se multiplient, et avec eux les moyens de lutte, les expériences et les actions.

Toute les armes sont permises pour attaquer les racines du fascisme qui sont fichées dans le système capitaliste : affiches, stickers, graff, musique, vidéo, théâtre de rue, happening, perturbation de réunions publiques, démonstrations de masse. Tous les styles sont bons pour battre le racisme, le sexisme et le capitalisme qui nourrissent la « culture » fasciste.

Le peuple peut tout !

Action Antifasciste Artois,
Octobre 2011

Shavua Tov – שבוע טונ

Contre Le Pen et Mélenchon : étudier Zeev Sternhell est un devoir

Comme prévu depuis déjà longtemps par les antifascistes, la campagne à la présidentielle s’annonce comme un immense tourbillon de démagogie et de populisme, et comme une immense course au nationalisme et à la défense de la France « éternelle » et impérialiste.

De Jean-Luc Mélenchon jusqu’à Marine Le Pen, de Ségolène Royal et Arnaud Montebourg jusqu’à Dominique de Villepin, tous tentent de mobiliser les masses populaires derrière la bourgeoisie la plus agressive, et mettent donc en avant un « anticapitalisme » romantique complètement démago et surtout complètement nationaliste.

Inévitablement, tout ce petit monde sert la soupe pave la voie aux vrais « anticapitalistes » romantiques, les fascistes, qui se feront un plaisir de « dénoncer » les postures opportunistes et de surenchérir dans le « mix » faux et mensonger entre social et national.

Pourquoi ? Parce qu’on est en France, et que le fascisme en France a une histoire idéologique très fournie : le fascisme a été français, il sera de nouveau français.

Toute l’histoire – et toute l’imposture – du fascisme français comme anticapitalisme romantique consiste justement à mettre en avant le « social », la lutte contre « l’argent » (avec tout l’antisémitisme que l’on imagine) pour retomber sur ses pieds, c’est-à-dire sur le nationalisme, le racisme, la défense de l’impérialisme, la mobilisation pour la guerre.

Tout cela a été analysé par l’historien israélien Zeev Sternhell, dont l’œuvre est une véritable mine pour qui veut étudier le fascisme français, et le combattre en désarticulant ses initiatives et ses projets.

Sternhell a étudié le fascisme français tel qu’il a existé dans le passé, certes, mais les contours actuels du mouvement fasciste montrent que le fascisme français à venir ne peut exister que dans la même tradition anticapitaliste romantique, dans la même dialectique infernale.

Voilà pourquoi l’étude des analyses de Zeev Sternhell doit devenir un devoir. Car sans Sternhell, le projet authentiquement fasciste de Marine Le Pen est incompréhensible, ou bien analysé de manière petite-bourgeoise – et d’ailleurs l’extrême-gauche tombe systématiquement à côté de la plaque dès qu’il s’agit de combattre Marine Le Pen.

Ici sont proposées des « citations choisies » de Zeev Sternhell, compilées en format PDF par le média communiste Voie Lactée. Rappelons également le résumé par l’Action Antifasciste de la pensée de Sternhell.

Que cela augure une riche étude de la pensée antifasciste, une étude qui serve la stratégie et la tactique de l’antifascisme militant !

Ce qui est nécessaire, c’est un antifascisme par en bas — Voie Lactée

Les initiatives fascistes se multiplient, le Front National est à l’offensive, et il n’est plus possible aujourd’hui de faire comme si rien n’avait changé en France, comme si la crise n’était pas passée par là et n’avait pas bouleversé la vie quotidienne. De quoi a-t-on besoin, alors ? D’un antifascisme par en bas, comme l’expose cet article de « Voie Lactée », le nouveau média communiste des maoïstes.

Ce qui est nécessaire, c’est un antifascisme par en bas

La question antifasciste est désormais brûlante dans toute la France ; alors qu’il y a quelques années les anarchistes se moquaient du PCMLM qui affirmait que l’extrême-droite allait se reconstruire sur de solides bases, aujourd’hui, les faits ont suffisamment parlé pour qu’une telle attitude infantile et anti-communiste ne puisse plus exister.

Fini aussi les délires sur un « fascisme moderne » ou une France « occidentaliste » qui se construirait : le fascisme qui se développe est, à ne pas en douter, le fascisme tel qu’on l’a connu dans les années 1930, tel qu’il ne peut qu’exister, en tant fer de lance de la bourgeoisie impérialiste, agressive, militariste.

Cependant, force est de constater un problème patent : si l’antifascisme s’est revigoré dans de nombreux endroits, politiquement et culturellement il agit en réaction à la montée du fascisme. Il n’a pas de propositions à part le « social », il n’a pas de culture à part une sorte d’unité sans principes, c’est-à-dire jusqu’à l’acceptation revendiquée de la social-démocratie.

On est passé de l’antifascisme radical, prétexte à un discours anarchiste « ultra », à une revendication « antifa » se concevant comme une digue construite en urgence face aux initiatives violentes d’extrême-droite.

Cela peut être justifié théoriquement par la dangerosité d’une situation, comme à Lyon. Mais la prochaine initiative fasciste à Lille va montrer évidemment que l’extrême-droite gagne dans les masses par l’intermédiaire de sa critique de la social-démocratie.

Il y a là un dilemme que l’antifascisme doit affronter, s’il ne veut pas être anéanti, purement et simplement.

La solution est simple : ce qui est nécessaire, c’est un antifascisme par en bas, et non par en haut, un antifascisme porté par des groupes locaux, sur la base de leur réalité sociale et culturelle, un antifascisme où l’unité se fait lentement mais sûrement, sur une base démocratique.

L’antifascisme par en haut, qui impose des conceptions toutes faites (antifascisme radical, culture punk ou redskin etc.), prône le regroupement d’appareils (syndicaux notamment), ne peut tout simplement pas exister. Tendanciellement, il existe pourtant aujourd’hui, mais ses possibilités de développement sont nuls ; inévitablement la social-démocratie va phagocyter cela.

L’un des grands problèmes ici est que le Front populaire, ce magnifique antifascisme par en bas, a été dénoncé par les trotskystes comme un antifascisme « par en haut », ce qui est de la pure calomnie et totalement faux comme le prouvent les faits historiques (on peut voir cela dans l’historique du Parti Communiste français en PDF).

Il est vrai qu’il n’existe nullement des centaines de structures populaires de tendance socialiste et communiste, comme dans les années 1930 ; leur union a permis de générer le Front populaire, par en bas.

Ce qui montre la difficulté de la tâche antifasciste en France, et la nécessité d’impulser des regroupements locaux, sur une base affinitaire, travaillant localement, décidant eux-mêmes des orientations nécessaires.

Cela seulement est démocratique, et donc populaire, et donc productif.

Shavua Tov – שבוע טוב

Partisans Île-de-France, un nouveau groupe de l’Action Antifasciste

Un nouveau groupe de l’Action Antifasciste vient de voir le jour en Île-de-France : Partisans IDF. Il est issu de nos camarades et amis des Red Lions 94, qui annoncent donc leur dissolution dans un communiqué à retrouver à la suite de cette brève présentation.

Rien que ce communiqué de dissolution des RL94 est une contribution de premier ordre à ce que doit être l’antifascisme aujourd’hui en France, dans la région parisienne ou ailleurs. Un bilan clair et lucide de l’expérience vécue, des critères scientifiques pour une évaluation scientifique, un esprit enthousiaste et offensif : la détermination des Red Lions 94 – et désormais de Partisans – doit devenir un modèle pour toute personne antifasciste qui désire s’engager, aller quelque part, et savoir comment y aller, sur quelles bases et avec quels critères.

Apprendre de l’expérience des Red Lions. Faire sienne la démarche de Partisans.
Juif antifasciste, juive antifasciste : passe le mot et engage-toi !

Partisans, un nouveau groupe antifasciste en Ile-de-France !

Partisans est un nouveau groupe antifasciste. Il est né du regroupement entre des personnes qui formaient les Red Lions 94 avec des personnes proches du groupe mais qui ne pouvaient pas s’y retrouver totalement ainsi que d’autres antifas de la région parisienne.

Partisans rejoint le réseau Action Antifasciste, cela signifie que notre horizon est la construction d’un front culturel et populaire pour vaincre la progression de la barbarie issue de la décomposition du système capitaliste en crise : le fascisme.

Inconditionnellement féministe, plus que jamais écologiste et résolument moderne, Partisans est un groupe d’activistes agissant en Ile-de-France.

Notre but n’est pas de grossir en tant que groupe mais plutôt de participer à un foisonnement d’initiatives, de projets et d’actions !

Face à la crise et la barbarie du capitalisme, ne reste pas seulE, monte ton groupe autonome, rejoins l’Action Antifasciste!

Vive la résistance de la culture métissée et populaire !

Partisans, été 2011.

Communiqué de dissolution des Red Lions 94

Les RL94 fusionnent avec d’autres antifas et créent Partisans, un groupe de l’Action Antifasciste en Ile-de-France !

Il y a presque 3 ans que nous avons lancé les Red Lions 94 et aujourd’hui nous avons décidé de passer un cap. L’existence des Red Lions 94 a été une expérience très importante à nos yeux, et a
marqué une étape décisive dans le renouveau de l’antifascisme en France. Pour continuer d’avancer, nous pensons qu’il est aujourd’hui nécessaire de rejoindrece nouveau groupe.

Les RL94 vont donc fusionner avec d’autres personnes dans une démarche un peu plus large, tant culturellement que géographiquement. Le groupe Partisans, sera plus ouvert, et permettra on l’espère de lancer une nouvelle dynamique dans le développement de l’antifascisme en Ile-de-France !

Lorsque les RL94 se sont constitués, le but était de se développer localement, de poser la question de l’antifascisme dans la réalité concrète de la partie sud du 94, notre secteur.

Il faut bien le dire, la tâche était compliquée. D’abord parce que pour beaucoup de jeunes dans le 94, le fascisme « n’existe pas » ou alors il ne fait pas peur, les personnes niant sa force destructrice.

D’une certaine manière cela n’est pas totalement absurde, car il n’y a pas eu d’implantation fasciste structurée dans le 94 sud. Seul les identitaires ont essayé d’avancer, aux portes de Paris,
avec quelques stickers ou pochoirs à Ivry ou au Kremlin-Bîcetre, mais ils ont vite fait demi-tour (soit dans Paris, soit en grande banlieue).

Le MDI de Kemi Seba à sûrement eu une certaine influence sur des personnes dans le secteur, mais cela n’a jamais pris d’ampleur véritable et s’est effondré en même temps que Kemi Seba lui même.

L’autre difficulté à laquelle nous avons été confrontés, c’est la méfiance absolue qui règne dans la jeunesse populaire pour tout ce qui est politique, militant, tout ce qui apparaît encore comme « trop engagé ».

Enfin, il faut ajouter à tout cela le fait que nous devions partir de presque zéro, car l’antifascisme n’existait quasiment pas en région parisienne, à part dans une forme folklorique/tribale de totalement coupé de la réalité des masses populaires.

Lorsque l’on prend en compte tous ces éléments, notre bilan est plutôt positif. Bien sûr, nous aurions pu mieux faire, c’est évident. Et surtout nous avons commis un certain nombre
d’erreurs, comme le fait d’avoir été parfois trop sectaires sur certains sujets ou au contraire trop laxistes et opportunistes sur d’autres. Mais dans l’ensemble nous avons tout de même réussi un certain nombre de choses importantes :

- Même si cela n’a jamais débouché sur autre chose que de la sympathie, nous avons toujours eu un accueil positif et encourageant de la part des personnes qui nous intéressaient
(jeunes banlieusardEs issuEs de milieu populaires et au style progressiste) tout en étant rejetés par celles que l’on aimait pas (banlieusardEs élitistes, identitaires et/ou à l’attitude « anti-bolosse »)

- Nous avons développé une bonne connaissance de notre réalité locale et adapté notre style de travail

- Nous avons eu des centaines de lecteurs et lectrices pour notre blog et des échanges intéressants.

- Le terrain est balisé dans le 94, ce qui rend une implantation fasciste très difficile, bien que les valeurs fascistes percent encore comme ailleurs.

- Nous avons réussi à faire exister la proposition stratégique antifasciste dans le 94 sud. Il ne sera pas possible de faire de l’antifascisme ici sans prendre en compte le travail des RL94.

L’autre réussite des Red Lions 94, c’est d’avoir participé au développement du réseau Action Antifasciste, et c’est cela qui aura de l’importance dans les prochaines années.

Car l’Action Antifasciste, c’est un nouveau style de travail, c’est une culture moderne, populaire et métissée. L’existence du réseau Action Antifasciste signifie une élévation du niveau dans la
compréhension de ce qu’est le fascisme. Avant nous, les « antifa » en France se battaient contre « l’extrême droite » et tentaient d’éviter qu’elle « gangrène » la société.

Aujourd’hui être antifasciste, cela signifie construire une unité populaire autour de valeurs progressistes et démocratiques, mettre en avant une culture et un style de vie progressiste. Mais c’est aussi comprendre qu’il faut combattre le fascisme sur notre propre terrain c’est à dire le terrain révolutionnaire. Car le fascisme se présente comme une forme révolutionnaire et c’est comme cela qu’il progresse dans les masses, car il apparaît comme étant une perspective de changement concret et radical de la société.

Seulement, le fascisme n’est pas révolutionnaire car il a pour objectif de bloquer la révolution en enfermant les questions sociales derrière la question nationale. Nous par contre, nous
voulons vraiment la révolution ! Voilà la différence entre nous et les fascistes, et cette différence détermine tout le reste : nous
voulons une société nouvelle, qui aille de l’avant et dans laquelle chacune et chacun aura sa place, dans une mouvement de fusion, de métissage des cultures.

Les fascistes veulent l’inverse. Ils ont peur de l’avenir, alors ils se replient dans le passé, dans les « identités » et mettent en avant la question nationale, conception totalement dépassée en France qui barre la route à toute perspective de progrès.

Mais cela est vain ! Le fascisme vit ses dernières heures et sera enfoui sous les cendres de la vieille société capitaliste !

Aidons le à sombrer, ne laissons pas de place à la barbarie !

Aucun compromis avec le racisme, l’antisémitisme, le sexisme, l’homophobie, le mépris des « faibles », la destruction de la planète et le massacre des animaux !

Rejoins-nous, monte ton groupes autonomes,

Que vive l’Action Antifasciste !
Que se développe le style moderne et progressiste !
Que vive l’offensive de la culture métissée et populaire !

Les Red Lions 94, été 2011.

Présentation de la pensée de Zeev Sternhell

Cette présentation essentielle est issue d’une brochure « Antifascisme » où l’on trouvera une présentation de nombreux auteurs associée à leurs (différentes) analyses du fascisme (George Mosse, Charles Patterson, Georgi Dimitrov, Kurt Gossweiler, Antonio Gramsci, Mao Zedong, George Jackson, Ibrahim Kaypakkaya, Zeev Sternhell, Moishe Postone, etc.). On peut retrouver ce document ici.

Comprendre Sternhell est indispensable pour avoir une conception juste et lucide du fascisme tel qu’il se développe aujourd’hui en France, et espérer contrecarrer les projets fascistes à la Marine Le Pen. Le fascisme en France a été et sera un fascisme français.

Présentation

Zeev Sternhell, né en 1935, est un universitaire israélien né en Pologne. Il est connu en France pour avoir été le seul historien institutionnel à considérer que le fascisme a existé en France. Sternhell considère même que l’idéologie fasciste est née en France dans la seconde moitié du 19ème siècle, avant d’être adoptée dans d’autres pays, notamment en Italie.

La France comme laboratoire idéologique du fascisme

A l’opposé de l’interprétation de Gramsci, Sternhell considère que le fascisme est une idéologie extrêmement cohérente, qui s’est développée lentement et synthétise plusieurs courants d’idées. Historien universitaire, Sternhell a étudié la France de la fin du 19ème siècle, notamment l’oeuvre de Maurice Barrès, le principal intellectuel d’extrême-droite avec Charles Maurras. Barrès critiquait le « déracinement », la perte des valeurs nationales, identitaires, et a développé ainsi une critique « de droite » du capitalisme. Sternhell a de cette manière constaté que les conceptions du fascisme italien provenaient de France. Sternhell s’intéresse principalement à l’histoire des idées ; il analyse très peu les classes sociales ; ce qui l’intéresse, c’est l’idéologie. De là, il affirme que :

« Si l’Allemagne est la patrie de l’orthodoxie marxiste, la France est le laboratoire où se forgent les synthèses originales du XXème siècle.

C’est là que se livrent les premières batailles qui mettent aux prises le système libéral avec ses adversaires ; c’est en France que se fait cette première suture de nationalisme et de radicalisme social que fut le boulangisme ; c’est la France qui engendre aussi bien les premiers mouvements de masse de droite que ce premier gauchisme que représentent Hervé ou Lagardelle, gauchisme qui conduira finalement ses adeptes aux portes du fascisme. »

(Zeev Sternhell, « La droite révolutionnaire : les origines françaises du fascisme, 1885-1914 »)

Pour Sternhell en effet, le fascisme est le fruit d’un refus du marxisme par une partie de la gauche française. A la fin du 19ème siècle le courant syndicaliste révolutionnaire est très puissant en France, il domine la CGT et s’oppose à la social-démocratie. Rejetant le marxisme qu’ils assimilent au réformisme social-démocrate, les syndicalistes révolutionnaires vont chercher d’autres voies. Est alors élaboré par Georges Sorel (1847- 1922) le principe de la « grève générale » qui sert de mythe mobilisateur, avec la « violence créatrice » des masses organisées en syndicats.

« Le syndicat : tout l’avenir du socialisme réside dans le développement autonome des syndicats ouvriers. »

(Georges Sorel, Matériaux pour une théorie du prolétariat)

Mais les masses restant rétives au projet syndicaliste révolutionnaire, la déception amène l’adhésion massive à l’idéologie nationaliste. C’est en quelque sorte un retour à l’idéologie de Proudhon soutenu par Napoléon III, et la mise en avant du corporatisme : la société est divisée en corporations, le tout chapeauté par l’Etat. Les royalistes de l’Action française s’empresseront de reprendre cette idée, expliquant que le royalisme c’est « l’anarchie plus un » : le roi au milieu des corporations maintient la cohésion sociale. Et cela explique aussi pourquoi en 1914, les syndicalistes révolutionnaires s’engageront massivement dans l’Union sacrée, jusqu’à Emile Pouget qui expliquait avant celle-ci les valeurs du sabotage contre le capitalisme.

Comme le dit Sternhell :

« Incontestablement, certains syndicalistes révolutionnaires se considèrent comme une aristocratie nouvelle menant à la guerre – la guerre sociale – l’immense armée des prolétaires.

Comme Sorel et Berth, les autres théoriciens de ce syndicalisme subissent aussi l’influence de Nietzsche. Ils accueillent avec faveur son mépris de la mentalité bourgeoise et n’hésitent pas à faire un révolutionnaire de son surhomme.

Son concept de l’élite, l’importance qu’il attache à la violence, à l’héroïsme, au dynamisme et à la foi, à l’activisme en somme, vont fortement modifier le marxisme jusque-là professé par les syndicalistes. Dès lors, ceux-ci vont mettre l’accent sur la puissance créatrice de l’individu et sa capacité de changer le cours de l’histoire.

L’élan révolutionnaire devient ainsi fonction de foi et non plus conscience de l’évolution historique. Voilà pourquoi la rencontre avec l’Action française ne sera pas fortuite, mais le résultat d’une conception très proche du politique et des forces historiques. »

(Zeev Sternhell, « Ni droite ni gauche : l’idéologie fasciste en France »)

Le fascisme comme « refus de la vie commode »

Dans la logique de Sternhell, le fascisme est une idéologie quasi mystique, un idéalisme « anti- bourgeois », une version « révolutionnaire », anti-matérialiste. Le « refus de la vie commode » mis en avant par Mussolini est en quelque sorte une tentative de dépasser le pourrissement des institutions pour éviter que le dépassement ne soit fait par les marxistes. Le fascisme forme une nouvelle élite, aux valeurs de combat, capable de restaurer les valeurs, de créer des institutions nouvelles, s’exprimant par la guerre vue comme une « hygiène de vie. »

Sternhell analyse précisément cette idéologie qu’est le fascisme :

« Le sens de l’urgence d’une renaissance physique de la nation est alors extrêmement vif. Cette idolâtrie du sport et de l’activité physique, la vénération de la vie en plein air, mais aussi de la vie en groupe et de l’esprit d’équipe, permettent de creuser un fossé quasiment charnel entre la société libérale et bourgeoise, sédentaire, conformiste et individualiste, et le nouveau monde fasciste, viril, puissant, fondé sur l’exaltation de ces valeurs collectives par excellence que sont la nation et la race. « Une nation est une, exactement comme est une l’équipe sportive » écrit Brasillach… »

(Zeev Sternhell, « Ni droite ni gauche : l’idéologie fasciste en France »)

Mais l’historien souligne également de manière très nette l’aspect anti-matérialiste du fascisme. Le fascisme se pose comme anti- marxisme, comme anti-matérialisme ; pour lui la solution est dans l’idéalisme, dans le fait de transcender son être tel un aristocrate pour servir le grand tout qu’est la nation. Selon Sternhell, l’idéologie fasciste n’aurait pas pu naître de cette manière s’il n’y avait pas eu des syndicalistes révolutionnaires pour affirmer que le marxisme était faux, qu’il prétendait expliquer tout alors que ce n’était pas possible. Le fascisme se fonde sur une critique du marxisme faite au sein de la gauche.

« Les divers courants de la psychanalyse, les disciples et les vulgarisateurs de Freud ont abondamment développé les découvertes du maître pour en conclure l’impuissance de l’homme à changer son propre sort ou le cours de l’histoire. Selon eux, la condition humaine est fixée pour l’éternité par les impulsions de l’inconscient.

L’oeuvre de Le Bon [auteur de Psychologie des foules], de Tarde, de Freud, de Jung, favorise grandement la percée d’une pensée politique anti-intellectualiste, anti-rationaliste et déterministe.

Que Freud se doit lui-même défini comme conservateur n’est pas fortuit ; qu’il fut finalement très proche d’un Walras, d’un Pareto ou d’un Mosca n’est pas une coïncidence inexplicable.

Et ce n’est pas non plus l’effet du hasard si les Origines de la France contemporaine [de Taine] présentent des ressemblances avec Psychologie collective et analyse du moi [de Freud].

Toute cette convergence d’idées tient de l’essence d’une même idéologie marquée par la crainte de la foule, de la vile populace et des forces obscures mises à jour par la démocratie. »

(Zeev Sternhell, « Maurice Barrès et le nationalisme français »)

Le fascisme c’est donc le rejet de la démocratie en tant que telle : Sternhell n’est jamais ouvertement clair à ce sujet, mais il est évident de ce qu’il explique que le fascisme se combat par un front populaire. Et il est évident ici que ce front populaire doit avoir des valeurs antifascistes, c’est-à-dire anti-aristocratiques, anti-élitistes.

C’est seulement en France qu’existe cette image « progressiste » ou « créatrice » de Nietzsche, véhiculée par des philosophes français. En Allemagne comme dans tous les autres pays, Nietzsche a toujours été compris comme un ultra-conservateur élitiste, haïssant le peuple et appelant à la naissance des surhommes.

Le philosophe allemand de la fin du 19ème siècle (donc de la même époque que Marx) est ainsi presque un modèle pour comprendre les valeurs du fascisme :

« Son dégoût [à Nietzsche] de la réalité, de la société moderne et du progrès technique l’amènent, à la fin de sa vie, non seulement à dénoncer la civilisation de son temps, mais à souhaiter sa ruine et à annoncer l’avènement d’un âge nouveau, héroïque et viril.

Le nouveau type d’homme vivra dangereusement et sera fait pour dominer. L’humanité selon Nietzsche se divise en vile multitude et en élite : chacune de ces deux catégories remplit une fonction différente et a une morale différente.

L’élitisme nieztschéen n’est pas un phénomène isolé : il se rencontre avec l’élitisme de Renan et de Taine, avec les conceptions sociales de Dostoïevsky, ou encore avec l’élitisme que Mosca, Pareto et l’école italienne de sociologie politique ont érigé en un véritable système de gouvernement.

[...]

Bien sûr, la philosophie de Nietzsche n’a souvent que peu de chose à voir avec la légende nietzschéenne, ou même avec le nietzschéisme élémentaire qui se répand alors bien au-delà du cercle des lecteurs attentifs, dans la plupart des cas d’ailleurs dans un sens totalement opposé à celui que Nietzsche lui-même donnait à ses intentions.

C’est pourtant ce nietzschéisme là qui influencera si profondément la jeune génération européenne de la fin du siècle. C’est ce nietzschéisme qui, avec le message de Dostoïevsky dont le nationalisme russe rappelle parfaitement le pangermanisme de Treitschke et dont la haine de la civilisation scientifique et industrielle et du rationalisme occidental est soeur de la haine de Nietzsche, formera cette synthèse curieuse et qui devrait être plus tard terriblement explosive.

En condamnant le positivisme, cette synthèse ne s’attaque plus seulement à certaines structures sociales ou à la nature des institutions politiques, mais aussi à la civilisation occidentale en soi, considérée comme radicalement viciée. »

(Zeev Sternhell : « Maurice Barrès et le nationalisme français »)

Toute cette évolution explique paradoxalement pourquoi en France le fascisme a eu du mal à se développer, tout en conservant des bastions.

« Il convient de mentionner le niveau intellectuel tout à fait exceptionnel de la littérature et de la pensée fascistes [en France]. L’oeuvre de Gentile mis à part, il n’existe nulle part en Europe d’idéologie fasciste de qualité comparable. Il importe ensuite de souligner que, parallèlement à l’aspect mystique et irrationnel, romantique et émotionnel, le fascisme français s’est donné aussi une dimension planiste, technocratique et « manageriale », serait-on tenté de dire. Cet aspect essentiel, et souvent méconnu, du fascisme provient de la crise du socialisme d’alors, elle-même résultat de l’impuissance de la pensée marxiste à répondre au défi que présente la crise du capitalisme.

Plus qu’ailleurs, c’est en France que fleurissent toutes les chapelles du fascisme, tous les clans et groupuscules possibles et imaginables.

Ce foisonnement de tendances et d’écoles est certes pour beaucoup dans l’impuissance politique du fascisme français. Mais il atteste aussi de sa richesse idéologique et de son potentiel. L’imprégnation fasciste dans ce pays fut bien plus profonde et les milieux touchés bien plus nombreux qu’on ne l’imagine ou qu’on ne le reconnaît d’ordinaire. »

(Zeev Sternhell, Ni droite ni gauche : l’idéologie fasciste en France).

La LDJ soutient Marine Le Pen dans un vrai psychodrame à la Anders Breivik

La « Ligue de Défense Juive » soutient Marine Le Pen dans un vrai psychodrame à la Anders BreivikContre-Informations

La pensée d’Anders Breivik, l’idéaliste réactionnaire norvégien auteur des attentats d’Oslo, existe en France… Car depuis quelques années, les courants « identitaires » se développent donc, non seulement à l’extrême-gauche, mais y compris dans les masses populaires, notamment dans les minorités.

C’est la dialectique du racisme ; le capitalisme monte les peuples les uns contre les autres. Seule une vue anti-dialectique peut concevoir un seul racisme, principal, venant « d’en haut » ou de la « majorité. »

Les haines fratricides de l’ex-Yougoslavie hier ou de l’Inde aujourd’hui montrent très bien que le racisme n’a justement pas de frontières sociales… à part celui de la classe ouvrière comprenant sa propre nature révolutionnaire.

On a eu ainsi les « Indigènes de la République » propageant le racisme contre les « blancs » avec le terme de « souchiens » pour désigner des « Français de souche » (alors que par définition historiquement tout est mélange, mais ici il s’agit de construire une « identité » ennemie).

On a eu Kemi Seba racontant que les Blancs sont un sous-produit des Noirs.

On a les « nationalistes autonomes », dont une part importante est d’origine immigrée européenne.

Et là on a la « Ligue de Défense Juive » qui construit une identité ennemie : « l’islamiste. »

Et là on voit que justement les islamistes fantasment que cette identité existe, tout comme les racistes « blancs » fantasment qu’existe une identité « française de souche. »

Tout cela relève de la construction idéologique, afin de diviser pour régner ! Et on a ici un exemple parlant, avec ce texte de la « Ligue de Défense Juive » qui soutient Marine Le Pen ( » une partie notable de la communauté juive apporte ou apportera son soutien à Marine Le Pen »).

Le texte, que nous reproduisons ici, est subtil : il explique cela indirectement, en prétendant constater un soutien… « futur » de la communauté juive à Marine Le Pen !

On l’aura compris, on reconnaît ici la démarche de la « Ligue de Défense Juive », initiative portée par des personnes juives intégrées à la bourgeoisie en France, et qui après avoir manipulé des jeunes personnes juives (quasi lumpen) des quartiers populaires, tentent de lancer un projet militant raciste à la Anders Breivik.

Un projet fantasmatique, qui ne pourra qu’échouer devant l’unité des masses dans le processus révolutionnaire. Quel fantasme raciste que de s’imaginer qu’en France les personnes juives vont rejoindre les fascistes pour lutter contre « la colonisation de peuplement et l’islamisation » !

Faut-il que ces racistes soient capables de fantasmes pour penser que la minorité nationale juive en France va se soumettre aux quelques bourgeois juifs de Neuilly tentant de sauver leur peau de bourgeois par l’alliance avec la bourgeoisie impérialiste !

D’ailleurs, finalement la « Ligue de Défense Juive » a enlevé dans un premier temps ce texte de son site internet… Par souci tactique de ne pas tomber le masque trop tôt, puisqu’officiellement cette organisation se veut en lutte contre la « haine » et le racisme… Exactement comme Anders Breivik qui disait qu’il ne fallait pas assumer l’idéologie raciste, car les masses n’en voulaient pas, et qu’il faudrait être « tactique »…

Farid Smahi reviendra-t-il au Front National ?
Publié le 14 juillet 2011 par administrateur

La question peut au premier abord sembler saugrenue. Il y a maintenant plus de six mois, l’ancien conseiller régional FN (1998-2004) avait claqué la porte du parti qui fit de lui un homme politique connu (à défaut d’être reconnu), accusant Marine Le Pen d’être « financé par l’Etat d’Israël pour faire de l’anti-islamisme ».

Bigre ! Alors pourquoi diable évoquer l’hypothèse d’un retour au bercail de celui que les frontistes aimaient présenter comme un « Français musulman patriote » et qui en matière de patriotisme fit venir au Front National Nouari Khiari, un islamiste notoire mis en examen par le juge Bruguière ?

L’union sacrée contre l’« ennemi commun » (suivez mon regard) fut la source de bien des surprises…Toujours est-il que le sieur Smahi fait des pieds et des mains en ce moment pour revenir auprès de Marine. On aurait mal compris ses propos (encore une manipulation sioniste ?)

Dernièrement on a pu apercevoir Smahi accueilli comme un roi dans une des fédérations de la région Bourgogne. Hasard si le FN est dans cette région représenté par le très antisioniste Edouard Ferrand (qu’on pouvait apercevoir en grande conversation avec les sieurs Alain Soral et Marc George, depuis converti à l’Islam, au Paquebôt le 1er mai 2008) ?

A l’heure ou nous écrivons ces lignes, Smahi se prévaut du soutien d’un des dirigeants du parti dont nous tairons le nom.

Soyons clairs : une partie notable de la communauté juive apporte ou apportera son soutien à Marine Le Pen.

N’en déplaise au CRIF et autres instances prétendument représentatives des « Juifs de France », ce n’est ni le PS ni l’UMP qui seront à même de résoudre les problèmes des « Juifs d’en bas » (ce que ne sont certes pas les dirigeants du CRIF n’est ou n’a été originaire de Sarcelles, de Créteil ou d’Aubervilliers, là ou précisément ont lieu les agressions antisémites) mais bien le seul parti qui à ce jour ose évoquer l’immigration/colonisation de peuplement et l’islamisation.

Pour autant, nous ne sommes pas naïfs et n’oublions pas la nébuleuse « antisioniste » qui de Soral à Penninque en passant par Chatillon évolue autour de Marine Le Pen. Un soutien certes, parce que la situation catastrophique et l’incurie des élites juives ou non, nous y oblige. Mais un soutien vigilant.

Puis, dans un second temps, car évidemment une telle initiative ne saurait fonctionner malgré tous les rêves réactionnaires de la « Ligue de Défense Juive », il y a eu un second communiqué, en forme de dénégation, mais également d’appel du pied:

Petite mise au point concernant un article récent sur la LDJ[ Communiqué ]

Publié le 22 juillet 2011 par Administrateur

La Ligue de Défense Juive n’apporte pas son soutien au Front National. A l’heure qu’il est, la communauté juive ne peut se sentir representé par aucun des partis en présence. Bien que la prise de position faites par le FN à l’encontre de l’islamisation reste un pas significatif dans les urgences politiques de notre pays.

Il faut se souvenir de cet épisode comme d’un argument quant à la nature de la « Ligue de Défense Juive. » Non seulement un article est mis, est enlevé, sans explication, mais ensuite même la « LDJ » doit s’apercevoir que cet article a fait grand bruit, et le rejette sans le rejeter, etc.

Aucune identité, à part le « mouvementisme » afin d’amener les personnes juives dans les filets fascistes… Dans une idéologie anti-universaliste à la Anders Breivik!

La LDJ complètement soumise à Marine Le Pen

S’il y a une chose sur laquelle Hapoel a toujours insisté, c’est sur le fait que la « Ligue de Défense Juive » n’est pas vraiment sioniste : elle est un projet purement identitaire, cherchant à mobiliser les masses juives dans le racisme anti-arabe afin de se vendre chèrement à l’extrême-droite franco-française.

Ainsi, après avoir longuement tourné autour du pot tout en laissant aisément comprendre son intention, la LDJ a exprimé il y a quelques jours son soutien à Marine Le Pen, de manière claire et explicite, dans un article intitulé « Farid Smahi reviendra-t-il au Front National ? ».

Cet article s’interrogeait de manière faussement naïve sur un retour du fasciste Smahi au Front National, après avoir théâtralement « claqué la porte » au congrès du FN en janvier dernier, au moment où Marine Le Pen avait été élue à sa tête (et au moment où Jean-Marie Le Pen s’était fendu d’un énième commentaire sur le nez d’un journaliste d’origine juive…). L’article de la LDJ concluait ainsi :

« Soyons clairs : une partie notable de la communauté juive apporte ou apportera son soutien à Marine Le Pen. N’en déplaise au CRIF et autres instances prétendument représentatives des « Juifs de France », ce n’est ni le PS ni l’UMP qui seront à même de résoudre les problèmes des « Juifs d’en bas » (ce que ne sont certes pas les dirigeants du CRIF n’est ou n’a été originaire de Sarcelles, de Créteil ou d’Aubervilliers, là ou précisément ont lieu les agressions antisémites) mais bien le seul parti qui à ce jour ose évoquer l’immigration/colonisation de peuplement et l’islamisation.

Pour autant, nous ne sommes pas naïfs et n’oublions pas la nébuleuse « antisioniste » qui de Soral à Penninque en passant par Chatillon évolue autour de Marine Le Pen. Un soutien certes, parce que la situation catastrophique et l’incurie des élites juives ou non, nous y oblige. Mais un soutien vigilant. »

Bien entendu il était facile de voir que cela se terminerait ainsi, et cela était prévu de longue date. Toutefois cette position n’est pas si facile que cela à tenir pour la « Ligue de Défense Juive », et d’ailleurs cet article a été retiré de son site, montrant bien qu’il s’agit là d’une sorte de « faux départ » dans la campagne de l’extrême-droite « sioniste » en faveur de Marine Le Pen.

À la place, la LDJ a émis hier vendredi ce communiqué très laconique, en forme de dénégation sans trop nier non plus…

« Petite mise au point concernant un article récent sur la LDJ [Communiqué]

La Ligue de Défense Juive n’apporte pas son soutien au Front National. A l’heure qu’il est, la communauté juive ne peut se sentir representé par aucun des partis en présence. Bien que la prise de position faites par le FN à l’encontre de l’islamisation reste un pas significatif dans les urgences politiques de notre pays. »

Il y a en effet dans la prise de position pro-Front National une contradiction flagrante et explosive. Les cadres de la LDJ en ont conscience car ils savent très bien ce qu’ils font, et résument cela dans la formule de « soutien vigilant » en espérant faire illusion, et en espérant surtout qu’arriveront un jour des « garanties » de la part du FN pour pouvoir se vendre officiellement.

En effet, s’il s’agit d’un côté pour la LDJ de mobiliser la jeunesse populaire juive dans le nationalisme français sous couvert d’autodéfense, il s’agit surtout de soutenir un parti à la longue histoire antisémite, et qu’il est inimaginable de soutenir du point de vue de l’identité juive historique en France.

La LDJ est donc enferrée dans un paradoxe insurmontable, puisque son projet fasciste repose entièrement et exclusivement sur une mystification, sur un mensonge à visée purement propagandiste auquel la LDJ a certainement fini par croire elle-même. Cette mystification, c’est celle qui consiste à s’imaginer que le fascisme français puisse ne pas être antisémite.

Une thèse extrêmement dangereuse, surtout au moment où le Front National se transforme sous la houlette de Marine Le Pen en authentique parti fasciste, c’est-à-dire « anticapitaliste romantique », avec tout l’antisémitisme que cela charrie de manière inévitable – et il est évident que la faillite des États européens donnera un énorme boost au nationalisme « social » de Mélenchon, Villepin, Royal ou Le Pen.

Dans leur délire anti-arabe, les identitaires « sionistes » s’imaginent que Marine Le Pen serait une « occidentaliste », dépassant Sarkozy par la droite, prête à s’allier avec les USA et leur pion sioniste dans un grand élan raciste. Rien n’est plus faux.

Marine Le Pen est une fasciste, une vraie, au service exclusif de la bourgeoisie impérialiste français et de ses intérêts stratégiques – notamment donc au Proche et Moyen-Orient, comme le découvriront tôt ou tard les sionistes. Tout le reste est de la schizophrénie, de l’auto-intoxication.

À ce titre quelques rappels sur la figure de Marine Le Pen s’imposent. Il s’agit de simples faits sur lesquels il n’y a pas besoin de s’étendre, mais qui donnent une idée de ce qui attend les juifs qui se vendront au Front National :

- Marine Le Pen doit sa ligne « sociale et nationale » au proto-nazi Alain Soral, à l’époque pas si lointaine où celui-ci jugeait pouvoir faire carrière au FN.

- Pour imprimer son matériel lors de campagne pour la présidence du Front National, Marine Le Pen utilisait les services d’une boîte dirigée par Frédéric Châtillon, un ancien du GUD très proche du régime fasciste syrien.

- Parmi les gens qui sont entrés aux FN pour soutenir Marine Le Pen, on on trouve Christian Bouchet, la grande figure française du « nationalisme-révolutionnaire », qui passe tranquillement ses vacances… en Iran.

- De même pour Alain de Benoist, le principal théoricien fasciste des 30 dernières années au niveau international, pour qui il existe une « race » indo-européenne irréductible aux autres « races »…

Au passage, il faut noter l’ironie complète qui entoure la pseudo-stratégie de la LDJ : tout en soutenant Marine Le Pen, Christian Bouchet et Alain de Benoist ont aussi parlé de « soutien critique », de « soutien vigilant » ! Et il faut parier que Farid Smahi lui-même (puisque la LDJ en parle dans son article) doit aussi être désormais sur cette ligne de « soutien vigilant » !

Finalement il n’y a pas que certains juifs « de gauche » qui jouent le rôle de « juifs de service » : la LDJ aussi ! Mais ici au service du Front National, tout comme Farid Smahi est la figure ultime de « l’arabe de service ». Le parallèle est saisissant : la LDJ comme Smahi s’imaginent influencer le Front National vers tel ou tel racisme, mais au final c’est le FN qui manipule tous ces fascistes des minorités comme des pantins.

En effet il n’est pas difficile de voir que, si aujourd’hui ce sont les arabes qui sont explicitement ciblés, demain ce sera les juifs… comme cela a toujours été le cas, même de manière « codée ». Et symétriquement en ce qui concerne les gesticulations de Farid Smahi au FN : d’abord les juifs, mais ensuite les arabes.

Dans tous les cas on a évidemment la stratégie de « diviser pour mieux régner », avec une ambiance – propre à la crise capitaliste – de fuite en avant hystérique dans le racisme.

Là est le tragique de la situation. Les identitaires « sionistes » mobilisent de manière manipulatrice la jeunesse juive dans le racisme, en priorité la jeunesse juive la plus pauvre, celle du 19ème, de Sarcelles, Pantin, Aulnay, Créteil, etc. Mais systématiquement la LDJ s’aveugle sur la nature de l’extrême-droite française, qui est trop contente de manipuler des juifs et qui s’en débarrassera dès que possible.

Voilà la contradiction centrale de la LDJ, qui en fait est totalement coincée au niveau de sa stratégie : pour se vendre elle a besoin de mobiliser les couches juives les plus populaires ; mais plus elle mobilise, plus sa contradiction de prendre parti politiquement pour des antisémites devient inacceptable, insurmontable, et se retourne contre elle.

Inévitablement, un tel projet ne peut qu’exploser en vol, dans des convulsions politiques qui ne donneront certainement rien de bon et qu’il ne vaut peut-être mieux pas imaginer.

Quoi qu’il en soit, ce sera comme toujours la jeunesse juive la plus prolétaire qui restera sur le carreau, avec la gueule de bois devant la trahison des sionistes, et avec une capacité de riposte contre l’antisémitisme émoussée par des années de manipulation fasciste… sous couvert de « soutien vigilant ».

Social-darwinisme & génocide [mars 2010]

La répression n’est pas l’extermination, les massacres ne sont pas le génocide : voilà un réalisme qui, dans l’ambiance actuelle de confusion et de relativisme, doit être réaffirmé.

Ainsi il n’est « malheureusement » pas possible de mettre sur le même plan la déportation en camp de concentration et la déportation en camp d’extermination, comme cela a longtemps été fait en France.

Car comme l’expliquait le communiste Dimitrov, « le fascisme allemand ce n’est pas seulement un nationalisme bourgeois, c’est un chauvinisme bestial. [...] C’est la barbarie médiévale et la sauvagerie. »

Sans voir que le fascisme est un défi aux valeurs de la civilisation, que le fascisme signifie la retombée dans la barbarie, on ne peut pas discerner aujourd’hui ce qu’est une conception ou un comportement de type génocidaire.

Et sans cette compréhension, on en arrive à proclamer ou bien que le fascisme ne serait plus une menace à notre époque, ou bien qu’il aurait « muté » pour devenir une simple formule du type « bouc-émissaire + répression ».

Or rien n’est plus faux que de sous-estimer l’aspect barbare du fascisme.

Par exemple, il suffit d’aller sur Facebook pour constater l’explosion d’une mentalité quasi génocidaire envers les personnes handicapées, comme en Italie dernièrement, avec un scandaleux groupe Facebook appelant à utiliser les individus trisomiques comme cibles mobiles des stands de tirs.

À quoi un tel phénomène tient-il ?

Il relève d’un point idéologique qui s’appelle le social-darwinisme.

Le social-darwinisme, c’est une conception qui remonte à la fin du 19ème siècle, et qui prétend transposer les théories darwiniennes de l’évolution à la société dans son ensemble.

La vie sociale est alors vue comme une « lutte pour la survie », où il serait normal que les individus supposés les plus faibles soient éliminés au profit des individus supposés les plus forts.

Évidemment dans notre société, les individus « les plus forts », cela signifie concrètement : riche, homme, hétérosexuel, blanc, en bonne santé, de culture dominante, et se vivant malgré tout cela comme un aventurier « politiquement incorrect » en lutte pour la domination.

Le programme du fascisme, c’est la restructuration complète du Capital par et pour la guerre impérialiste.

Aux yeux du fascisme, il est donc intolérable de voir en vie des individus que le capitalisme considère comme soi-disant « improductifs », et qui seraient par conséquent des « parasites » en temps de guerre.

Le social-darwinisme est donc une idéologie qui doit permettre au fascisme de liquider les « parasites », de relancer la productivité capitaliste, et d’avoir les mains libres pour déclencher une guerre d’agression et la gagner.

Autrement dit, le social-darwinisme c’est « la guerre de tous contre tous », c’est la guerre impérialiste permanente entre individus « à l’intérieur » pour permettre la guerre impérialiste entre monopoles « à l’extérieur ».

Ainsi historiquement, il a existé sous le Reich nazi un programme de véritable extermination des personnes mentalement ou physiquement handicapées, connu aujourd’hui comme Aktion T4 (mais cyniquement désigné à l’époque comme « Euthanasie Aktion »).

Ce programme a précédé la « Solution Finale » nazie, c’est-à-dire la liquidation finale systématique des populations juives et tziganes d’Europe – et a d’ailleurs été la première occasion pour le nazisme d’utiliser le gaz comme arme d’assassinat de masse.

Or dès 1935, Hitler avait annoncé au Reichsärzteführer (en gros, le chef de l’ordre des médecins) que la soi-disant « euthanasie » serait plus facile à mettre en œuvre pendant une guerre, et qu’il voulait « en cas de guerre résoudre radicalement le problème des asiles ».

Cela confirme encore une fois la thèse communiste comme quoi la barbarie fasciste prend un tour génocidaire et exterminateur dans la guerre impérialiste.

Voilà pourquoi le cynisme et la barbarie du social-darwinisme répondent parfaitement au cynisme et à la barbarie des « éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier ».

Voilà pourquoi le social-darwinisme est, sous une forme ou sous une autre, une composante idéologique incontournable du fascisme.

Et voilà pourquoi en vérité, le social-darwinisme est une idéologie qui ouvre la voie à l’extermination en général, et au génocide en particulier.

Juif ! Juive ! Il n’y aura pas de nouvel holocauste !
Socialisme ou retombée dans la barbarie !

HaPoel HaAntifashisti, mars 2010.

Antifa ! – ! אנטיפא

ּ

John Demjanjuk, Louis Renault : la « justice » bourgeoise contre la mémoire du peuple

[Note du 1er juillet 2011 :

Dans cet article, il manque des extraits à quatre reprises. Ces trous sont dus à la famille Renault, qui a menacé Hapoel de procès en « diffamation », et qui a fait pression sur notre hébergeur au nom de la « confiance en l'économie numérique ».

Les trous dans ce document correspondent donc aux extraits incriminés dans le courrier de l'avocat de la famille Renault à notre hébergeur. Ou plutôt ils correspondent aux limites de ce qu'on ne peut pas dire en France sans risquer des poursuites judiciaires coûteuses en temps, en argent et en énergie.

Pour plus de détails, voir l'article d'explication suivant : Hapoel ciblé par la famille Renault : défendre la mémoire et la vérité historique !]

Putréfaction fasciste à l’époque de la crise générale: les cas de John Demjanjuk et de l’action en justice des petits-enfants de Louis Renault

La société bourgeoise pourrit sur pied du fait de la crise générale du capitalisme, ce qui profite au fascisme pour répandre sa culture de mort, jusqu’à s’attaquer au  souvenir de la barbarie nazie !

Cette charge du fascisme contre les verrous légaux qui empêche à sa barbarie de pleinement s’exprimer a commencé en France par une offensive en profondeur au nom de la « liberté d’expression » contre la Loi Gayssot. Comme nous le disions au mois d’Aout 2010 :

Il est nécessaire de comprendre que l’abrogation de la loi Gayssot, qui interdit la négation de crimes contre l’humanité, est l’obsession des fascistes qui pensent qu’il est temps désormais de débrider leur barbarie génocidaire.

La loi Gayssot a été adoptée sous la pression des masses, mais elle ne constitue qu’un faible verrou, faible car intégré dans le dispositif du légalisme bourgeois. De plus, dans le contexte des contradictions grandissantes au sein de la bourgeoisie, la loi Gayssot subit les assauts de la bourgeoisie impérialiste, porteuse du fascisme, qui supplante progressivement la bourgeoisie industrielle.

Dans le même esprit, le 9 Mai dernier, les sept petits-enfants de l’industriel collaborateur Louis Renault ont porté plainte contre l’Etat français pour faire annuler le décret-loi de « nationalisation-sanction » qui avait été promulguée en 1945 par le gouvernement provisoire issu de la Résistance.

[voir la note en début d'article]

en bénéficiant de la bienveillance des médias bourgeois, comme en témoigne le journal de 20h de France 2, le 2 mars dernier :

« Le 3 mars 1942, l’usine est bombardée par les alliés. Il y a 463 morts et des centaines de blessés. De nouveaux raids aériens ont lieu en 1943. En réalité, Louis Renault cherche à freiner l’appétit allemand. Pendant la guerre, il ne vend pas plus de véhicules que Citroën ou Peugeot, Renault n’a jamais fabriqué de chars pour l’occupant. Il s’agit donc d’une collaboration passive qui n’a rien à voir avec L’Oréal ou Air Liquide ».

Les héritiers du collaborateur Louis Renault nient les rapports étroits qui existaient avant-guerre entre lui et les nazis. Ils ont même réussi à faire retirer du musée d’Oradour-sur-Glane une photo de leur grand-père en compagnie de de Hitler et Goering à un salon de l’automobile à Munich, au prétexte que cette image daterait de 1938, soit une date antérieure à l’occupation et la collaboration!

Pourtant, cette photo (effectivement prise au salon de l’automobile de Munich mais en février 1939) n’est pas le fruit du hasard. En effet, Louis Renault, comme une très grande partie de la bourgeoisie industrielle française, avait clairement choisi le camp du rapprochement avec le nazisme bien en amont du déclenchement de la guerre et finançait généreusement les ligues fascistes de la Cagoule et des Croix de feu (interdites par le Front Populaire).

[voir la note en début d'article]

ils vont même jusqu’à nier que l’entreprise Renault ait construit des chars, parmi les plus modernes, et des bombes incendiaires pour l’Armée nazie.

Ils nient ces faits d’autant plus facilement que l’histoire officielle de la bourgeoisie les aide amplement. En effet, la collaboration de la bourgeoisie industrielle est quasiment passé sous silence dans l’historiographie officielle concoctée par la bourgeoisie qui nie également le rôle central de l’Armée Rouge dans l’écrasement du fascisme.

Renault a bel et bien fabriqué des chars pour l’Armée nazie en énormes quantité, au point de faire l’objet de bombardement spécifiques par les Alliés pour bloquer l’effort de guerre nazi.

[voir la note en début d'article]

cette mesure de « nationalisation-sanction » aurait été prise pour « faire plaisir aux communistes ».

Il est vrai que la juste confiscation de Renault aurait été encore plus juste dans le cadre d’un Etat socialiste, si le Parti Communiste, fort de son rôle dans la Résistance et son appui dans les masses, était parti à l’assaut du pouvoir plutôt que de vouloir s’intégrer aux institutions !

Et dans un Etat socialiste, un collaborateur zélé comme Louis Renault aurait été fusillé, sans même passer par la prison, tout comme les autres complices de la barbarie nazie.

Un Etat socialiste dirigé par les masses en armes aurait exigé une réquisition sans contrepartie des biens de la bourgeoisie et une épuration d’une ampleur autrement plus importante qu’elle ne l’a été en réalité, laissant la grande masse de collabos passer entre les mailles du filet.

Il ne faut pas s’en laisser compter :  Louis Renault est bien une des figures les plus évidentes de la bourgeoisie industrielle collaboratrice !

[voir la note en début d'article]

En fait, ce que l’on voit ici, c’est une proposition de réconciliation d’une partie de la bourgeoisie industrielle avec la bourgeoisie impérialiste.

En effet, la bourgeoisie impérialiste française était avec De Gaulle lors de la Seconde Guerre Mondiale alors que la bourgeoisie industrielle a elle largement collaboré avec l’impérialisme allemand. Cette proposition de réconciliation montre que la bourgeoisie a bien compris dans quel sens souffle le vent, que l’impérialisme français ne saurait tarder à s’émanciper totalement et décréter la mobilisation générale pour une stratégie martiale de « cavalier seul ».

Cette ambiance de mort et de pourriture s’exhale de toute la société bourgeoise, comme le révèle un autre fait juridique récent.

Le 12 Mai, John Demjanjuk (de son vrai nom Ivan Mikolaïevitch Demïaniouk) a finalement été condamné pour une infime partie des crimes qu’il a commis lors de la Seconde Guerre Mondiale. Condamné à seulement 5 ans de prison et en prime … libéré immédiatement !

John Demjanjuk était un collaborateur actif à l’occupation de l’URSS par les nazis et un membre actif du génocide des juifs et rroms.

John Demjanjuk a choisi déserter l’Armée Rouge et de collaborer à l’oppression et la barbarie nazie. A la même époque, une guerre héroïque était menée par les partisans communistes dans toute l’Ukraine. Après avoir servi fidèlement le nazisme dans toute l’Europe occupée, il a réussi à émigrer aux USA en 1950.

Il a fini par être retrouvé en 1970 par des « chasseurs de nazis » et reconnu par 18 des survivants du camp d’extermination de Treblinka comme étant « Ivan le Terrible », un gardien de camps tortionnaire qui dirigeait les opérations de gazage des personnes juives.

Il a été extradé en Israël puis condamné à mort pour ces faits. Mais il a fini par être libéré en 1988 au prétexte d’un « doute raisonnable » dû au fait que dans les archives du KGB il est dit que « Ivan le terrible pourrait s’appeller Ivan Marchenko ».

Il est du coup retourné aux USA, puis il a été démontré lors d’un nouveau procès qu’il a servi au moins dans les camps d’extermination de Treblinka, Sobibor et Maidanek, dans le camps de concentration de Flossenbürg et le camp de travaux forcés de Trawniki.

Il finira par être extradé vers l’Allemagne en 2009 pour répondre aux accusations de « crimes de guerre » (et non crime contre l’Humanité) pour avoir « participé à l’extermination de 29 000 personnes juives dans le camp de Sobibor ».

Tout ça pour finir par être condamné à seulement 5 ans de prison et libéré au bénéfice de son âge « avancé » (il a 91 ans et est malade).

En France, on se souvient que Maurice Papon, protégé pendant tout l’après-guerre, notamment après le coup d’Etat gaulliste de 1958, avait bénéficié d’une libération pour les mêmes raisons, malgré sa condamnation à 10 ans de prison pour complicité de crimes contre l’humanité. Soi-disant « grabataire », il avait quitté la prison à pied…

En ce qui concerne John Demjanjuk, 5 ans de prison pour le génocide de 29 000 personnes juives, voilà la « morale » de la justice bourgeoise !

Et ce alors que la défense du nazi Demjanjuk est tout à fait lamentable. Oser se cacher derrière le fait qu’il aurait été « forcé » en tant que prisonnier de guerre à perpétrer ces crimes est totalement abject.

Alors que le nazi Demjanjuk choisissait de perpétrer des crimes barbares, des centaines de milliers de prisonniers de l’Armée Rouge étaient réduits en esclavage dans les camps de concentration. La plupart de ces héros s’insurgeait dès qu’ils le pouvaient et quand ils réussissaient à s’évader allaient rejoindre les rangs des partisans qui menaient une des plus grande guerilla de l’Histoire.

Prétendre qu’il n’avait « pas le choix » alors que 20 millions de soviétiques ont donné leur vie dans cette lutte pour sauver la civilisation est tout bonnement indécent.

Ce verdict minable montre bien le fonctionnement de la « justice » bourgeoise. C’est une justice de comptable, une justice de « code » qui refuse la morale, qui refuse la dignité du réel et en ce qui concerne cette affaire qui refuse de prendre en compte les souffrances des masses.

Par ailleurs, cela révèle clairement que le sionisme est une illusion tragique pour les masses juives. Le sionisme ment en se prétendant être le seul capable de protéger les masses juives d’un nouveau génocide, il ment en prétendant défendre les intérêts des masses juives.

Le poste avancé de l’impérialisme U.S qu’est l’Etat sioniste récupère honteusement la mémoire des personnes massacrées mais n’est même pas capable de la faire respecter concrètement, il n’est même pas capable de condamner un tortionnaire. Ainsi, aux témoignages de souffrances de dizaines de survivants, le sionisme préfère les archives !

Signe des temps et révélateur de l’ambiance de pourrissement des sociétés impérialistes, on entend déjà nombre d’intellectuels bourgeois et de journalistes soutenir à mi-mots le nazi Demjanjuk.

Dans les médias français, il est systématiquement mis en avant que tout cela pourrait être une manipulation des soviétiques et des associations juives (ce qui est l’axe de défense de Demjanjuk).

Il est aussi systématiquement mis en avant l’idée que le nazi Demjanjuk ne serait condamné que comme « symbole » (idée entretenue par la faiblesse de la peine qui lui est infligée). Il est ainsi répété qu’un grand nombre d’anciens gardiens de camps ont vécu leur vie tranquillement et en toute liberté.

Ceci est vrai mais tout aussi  lamentable ! Ceci montre à quel point les puissances capitalistes ont traité les souffrances des masses juives, rroms, homosexuelles par-dessus la jambe. Car oui, pour nous, communistes, toutes ces personnes auraient dû être fusillées !

Nous, communistes, considérons qu’aucun acte d’oppression ne doit rester sans conséquences pour ses auteurs. Nous, communistes, voulons faire que règne enfin la justice, la justice populaire, celle qui part de la dignité du réel, des besoins et des souffrances des masses.

Shavua Tov – שבוע טוב

8 et 9 mai 1945 : guerre à la guerre impérialiste !

« Pour qu’il n’y ait plus de fusils, il faut prendre le fusil ! »

La nuit du 8 au 9 mai 1945 à Berlin, l’Allemagne nazie signait sa capitulation devant l’Armée Rouge, après avoir signé la veille sa reddition sur le front occidental. Avec cette capitulation se terminait la deuxième guerre mondiale en Europe.

Mais pour des raisons historiques plutôt anecdotiques, c’est le 9 mai qui a été retenu en Union Soviétique (mais aussi en Israel…) pour célébrer le Jour de la Victoire. C’est donc aussi le 9 mai que les antifascistes d’Allemagne célèbrent la défaite de leur État, et c’est dans cette tradition révolutionnaire que prétend s’inscrire Hapoel.

Ainsi le camp antifasciste célèbre aujourd’hui le 9 mai l’anniversaire de la victoire des peuples contre l’Allemagne nazie et ses alliés.

La seconde guerre mondiale a été une immense boucherie, et on estime aujourd’hui qu’elle a fait plus de 60 millions de victimes dans le monde, dont 40 millions de civilEs.

En particulier les peuples d’Union Soviétique ont payé un héroïque mais très lourd tribut de plus de 20 millions de mortEs dans la guerre antifasciste, et la Chine a également été saignée dans des proportions comparables par l’impérialisme japonais.

Quant aux minorités juives d’Europe, les persécutions d’avant-guerre ont pris un caractère génocidaire avec la guerre impérialiste, et les nazis et leurs alliés ont méthodiquement assassiné 6 millions de personnes juives, soit les 3/4 de la population juive d’Europe.

La Shoah a été une amputation terrible pour les minorités juives, de la Pologne à la Grèce en passant par les Pays-Bas. Les cicatrices ne sont pas refermées, pour les survivantEs les cauchemars ne sont pas éteints, les juifs et les juives n’oublient pas.

La seconde guerre mondiale n’a pas été seulement une boucherie, elle a été une boucherie impérialiste. Car il faut bien avoir en tête le contexte de l’époque, qui consiste en la crise générale du capitalisme dans un cycle allant de 1929 à 1945 en passant par 1938.

Devant cette crise, la guerre a été une porte de sortie pour les capitalistes les plus agressifs de toutes les grandes puissances, afin de : relancer la production et l’accumulation du capital après une phase de destructions, repartager le monde entre puissances impérialistes rivales, et enfin régler le « problème » que posait l’existence de l’URSS aux classes dominantes européennes.

Aujourd’hui, 65 ans après la victoire anti-nazie, le capitalisme est de nouveau dans une phase de crise générale, les contradictions entre impérialismes s’aiguisent, et d’ailleurs il n’y a pas eu un seul jour de paix dans le monde depuis 1945.

Ce qu’il faut, c’est une démarche scientifique et visionnaire, une démarche réaliste qui dit que la crise frappe fort et frappera encore plus fort, et que la marche à la guerre impérialiste est inéluctable. En témoignent les interventions françaises en Afghanistan, Libye, Côte-d’Ivoire.

Ce qui se profile à l’horizon, c’est bien la guerre impérialiste, son cortège de destructions, de morts et de génocides. Ce qui se profile, c’est l’assaut de la bourgeoisie financière la plus agressive contre toute l’économie et tout le pouvoir d’État : le fascisme.

Aujourd’hui comme il y a 66 ans, guerre à la guerre impérialiste !
Il n’y aura pas de nouvelle boucherie ! Il n’y aura pas de nouvel holocauste !

8 et 9 mai 1945 : Game Over, Nazis !

Contre le 1er mai de Marine Le Pen : solidarité ouvrière par delà les frontières !

Il est écrit en hébreu :

Vive le 1er mai
journée de solidarité internationale des forces de travail ! [= travailleuses travailleurs]

Pour l’unité des forces de travail [= travailleuses travailleurs]
dans la lutte pour [illisible], la paix, le pain et le travail, pour la démocratie et le progrès social !
Vive la paix, vive le socialisme !

Le parti communiste israelien.

Génocide arménien, génocide juif : nos mémoires n’ont pas de frontières !

« Qui se souvient encore du massacre des Arméniens ? »
Adolf Hitler, août 1939.

Aujourd’hui est un jour particulier : le 24 avril est le jour de commémoration du génocide arménien de 1915, mais cette année c’est aussi – par pure coïncidence – la Journée de la Déportation organisée par l’État français pour les « Héros et Héroïnes de la Déportation » : personnes juives, tziganes, homosexuelles, communistes, résistantes.

L’idée de cette coïncidence vaut pour nous toutes les explications et tous les hommages.

Aujourd’hui on commémore ainsi le génocide arménien, qui a fait 1,5 millions de victimes arméniennes, 500 000 victimes assyro-chaldéennes-syriaques, 350 000 victimes grecques, ainsi que des centaines de milliers de victimes kurdes, utilisées puis trahies par les génocidaires turcs.

Ce 24 avril, chaque personne juive doit affirmer et réaffirmer sa solidarité avec la mémoire arménienne, le peuple arménien, et les communautés arméniennes issues de l’exil – de Marseille à Jérusalem en passant par Alfortville.

Le fascisme turc ne s’y trompe pas, et a bien compris que la solidarité internationaliste est une arme pour les peuples martyrs, pour les peuples épris de justice.

Car aujourd’hui, l’État fasciste turc est négationniste, et cela de manière ouverte et officielle : sa terminologie consacrée parle du « prétendu génocide arménien », sa « justice » condamne pour « insulte à l’identité nationale turque », ses mercenaires fascistes assassinent les défenseurs de la mémoire arménienne (souvenons-nous de Hrant Dink).

En fait, les négationnistes turcs usent exactement des mêmes procédés que les négationnistes de la Shoah :

- ils parlent de « prétendu génocide arménien », de « massacres », des « événements de 1915-1917 survenus en Anatolie orientale durant la Première Guerre Mondiale » (nous n’inventons rien…) ;
- ils minimisent le nombre de victimes de la barbarie fasciste turque, et contestent systématiquement tous les chiffres afin de jeter le trouble ;
- ils prétendent que la Turquie n’a fait que se défendre contre le terrorisme arménien, et vont jusqu’à parler sans honte de « la négation banalisée des atrocités arméniennes ».

Dans sa propagande haineuse, le fascisme turc a le soutien de certaines couches de la bourgeoisie française (mais on retrouve les mêmes négationnistes aux USA). Ainsi, le social-démocrate Jack Lang avait pu tenir des propos immondes, en parlant du « génocide arménien entre guillemets » et en prétendant que « la loi [reconnaissant le génocide arménien] a été adoptée en raison de préoccupations électorales ».

Mais le fascisme turc profite également du soutien historique de l’État israelien, qui nie la réalité du génocide arménien en tant que génocide. Ainsi l’État sioniste avait expliqué dans un communiqué que : « Israël reconnaît la tragédie vécue par les Arméniens. Cependant, ces événements ne peuvent être comparés à un génocide. ».

La frange d’extrême-droite du fascisme turc, traditionnellement antisémite, appelle donc subitement à ne pas faire d’« amalgame » entre la Shoah et le génocide arménien. Elle est aidée en cela par le « prix Nobel de la paix » Shimon Peres, qui avait déclaré à un journal turc : « Nous rejetons les tentatives de créer une similarité entre l’Holocauste juif et les allégations arméniennes. Rien de comparable à l’Holocauste n’a eu lieu. Ce qu’ont enduré les Arméniens est une tragédie mais pas un génocide. ».

La position de l’État sioniste revient ni plus ni moins à du négationnisme, et cela n’a en réalité rien de surprenant quand on connaît ses liens économiques et militaires avec l’État turc.

Bien pire : dans la foulée du massacre sur le bateau turc Mavi Marmara, de nombreuses voix sionistes, parfois même assez haut placées, s’étaient élevées pour demander enfin la reconnaissance par Israel du génocide arménien.

Mais où étaient ces hypocrites pendant des dizaines d’années ? De quel droit osent-ils utiliser la mémoire arménienne tour à tour comme moyen de marchandage et moyen de pression contre l’État turc ?

Pourtant, pour toute personne juive, pour toute personne consciente de ce qu’est un génocide, il est naturel de défendre le peuple frère arménien contre les tentatives de travestir la réalité, de salir la mémoire.

Cela doit impérativement passer par la mise en avant de nos mémoires sœurs, par la solidarité entre peuples ayant tutoyé l’anéantissement.

Par exemple, Hapoel avait mis à disposition il y a deux ans un assez long historique du génocide arménien. Pour mieux connaître et comprendre l’histoire du génocide arménien, nous conseillons entre autres le site Imprescriptible.

Mais notons surtout une initiative annuelle qui tient demain (lundi de Pâques) à Paris pour la 7ème fois : la Journée de sensibilisation aux génocides et à leur négation.

De 10h à 20h, une exposition se tiendra en plein air sur le Parvis de Notre-Dame. Cette expo s’intitule : « 1915/2011 – Le négationnisme ne connaît pas la crise », est organisée par le Collectif VAN, et met en avant les mémoires arménienne, juive, tutsie, darfourie, ainsi que de toutes les minorités d’Anatolie. Pour la première fois, l’Institute on the Holocaust and Genocide de Jérusalem s’associe à cette manifestation.

On ne peut qu’encourager celles et ceux qui peuvent à se rendre devant Notre-Dame et à apporter leur soutien à cette initiative.

Au nom de Missak Manouchian et de Joseph Epstein, que vive la fraternité antifasciste ! Nos mémoires n’ont pas de frontières !

Déclaration de l’Organisation Juive de Combat, avril 1943

« Sachez donc qu’aujourd’hui comme hier,
chaque seuil du Ghetto sera une forteresse.

Sachez que nous tous,
nous voilà prêts à mourir au combat,
et sans jamais nous rendre !

Comme vous, nous désirons la revanche,
nous voulons le châtiment de tous les crimes perpétrés par l’ennemi commun.

Nous nous battons pour notre liberté et la vôtre,
pour notre honneur et pour le vôtre,
pour notre dignité humaine, sociale, nationale et pour la vôtre !

Vengeons les crimes d’Auschwitz, de Treblinka, de Belzec, de Majdanek !

Vive la fraternité d’âme et de sang de la Pologne combattante !

Morts aux bourreaux, mort aux tortionnaires !

Vive le combat à vie et à mort contre l’occupant ! »

Organisation Juive de Combat, 23 avril 1943.

Dieudonné chez Kadhafi – Contre-Informations

Dieudonné chez Kadhafi : tout un symbole

Lorsque nous avons expliqué que l’histoire récente de la France était marquée (également) par la contradiction entre la bourgeoisie industrielle et la bourgeoisie financière, cela pouvait sembler abstrait.

Désormais, les progrès du Front National – un parti bourgeois anti-bourgeois, et donc résultat d’une certaine contradiction – parlent d’eux-mêmes.

Et on en a un exemple très parlant aussi avec le voyage impromptu de Dieudonné en Libye. La Libye est une zone de guerre, l’espace aérien est contrôlé par l’OTAN mais Dieudonné parvient tout de même à aller en Libye pour soutenir Kadhafi.

C’est déjà la preuve de l’existence d’un bon réseau. Un réseau inévitablement poussé par la bourgeoisie impérialiste française, nullement intéressée par l’alliance de la bourgeoisie industrielle avec l’impérialisme américain (une alliance historique et anti-gaulliste, voir le document de travail : La bataille pour le pouvoir en France entre les bourgeoisies industrielle et financière 1940-2006).

Et on ne sera pas étonné ici de savoir qu’à ses côtés on a la « militante écologiste et pro-palestinienne » Ginette Skandrani ainsi que Maria Poumier, deux figures de la liberté d’expression du… négationnisme.

Rappelons-nous ici que disait Dieudonné dans une interview au journal d’extrême-droite Rivarol, au début de ce mois de mars 2011  :

Ce qui m’a intéressé, c’est l’infréquentabilité de Robert Faurisson. On m’a dit : Faurisson, si tu le croises, tu es mort. Donc la première chose que j’ai faite, c’est de trouver son numéro de téléphone pour voir à qui j’avais affaire. J’ai rencontré ce personnage, on a discuté, je lui ai remis le prix de l’infréquentabilité et j’ai été condamné pour cela. Avec Robert on est devenu amis et l’on a fait plein de choses ensemble, dont des sketches. Robert Faurisson est un homme particulièrement courageux.

De son travail on ne peut parler car il y a des lois qui interdisent d’en discuter. Je ne sais même pas si on a le droit de dire : je m’en fiche des chambres à gaz. Et pourtant il y a beaucoup de gens qui n’en ont rien à faire. C’est pourquoi on fait des films, des pèlerinages, qu’on remet cela sur le tapis. La Shoah est un sujet brûlant. On le voit avec l’énième pleurnicherie de la SNCF !

C’est hallucinant de voir la puissance d’un lobby communautaire mettre à genoux les institutions.

Il y aura un jour un film sur les chambres à gaz, une comédie musicale  !

Mais ce n’est pas pour tout de suite. En Iran il y a des humoristes qui y travaillent mais ce ne sera pas distribué.

Le révisionnisme est un vrai sujet mais pour l’heure il y a des gendarmes qui veillent, il y a même un homme qui est en prison en ce moment, Vincent Reynouard, père de famille nombreuse. C’est étonnant de se dire qu’au moment où l’on remet en liberté des pédophiles qui tuent des jeunes filles à Saint-Nazaire, on enferme un père de famille qui n’a rien fait. Je suis scandalisé par cette incarcération, j’ai d’ailleurs signé la pétition de Paul-Eric Blanrue.

Nous avions parlé de Blanrue lors de la scandaleuse affaire de la librairie parisienne « Résistance », affaire soulignant comment le poison antisémite s’est massivement diffusé à l’extrême-gauche. Au point que sur un forumcensé être d’extrême-gauche (et antifasciste), on peut lire récemment cela au sujet du négationniste Reynouard  :

Un mec comme cette saloperie de Reynouard, il a quand même rien à faire en taule… Il a buté personne à ce que je sache. De plus il est évident que le négationnisme n’existerai pas sans la répression qui va autour. Ce crétin de Faurisson ne s’est forgé une réputation que lors des multiples procès qui lui ont été intenté.

Non seulement la petite-bourgeoisie qui infeste l’extrême-gauche nie l’antisémitisme, non seulement elle n’est pas pour la dictature la plus implacable du prolétariat contre les réactionnaires (notamment de ce type là), mais en plus elle fait semblant d’être naïve et de penser que ce serait la répression qui donnerait de l’élan aux négationnistes.

Mensonge ! Mauvaise foi ! Véritable complaisance avec le fascisme !

Car les propos cités ici sont politiquement très claires, ils affirment sur un forum d’extrême-gauche (interdit aux « staliniens » bien sûr) que les nazis ont droit à la parole ! Et ce forum, en acceptant de manière libérale de tels propos (voire en étant d’accord avec eux) montre la nullité de son positionnement antifasciste.

Le point de vue prolétarien est lui par contre très clair  : c’est la putréfaction du capitalisme qui pousse le fascisme, et par conséquent il faut être implacable. Rappelons ici la leçon de Staline :

« Le chauvinisme national et racial est une survivance des mœurs misanthropiques propres à la période du cannibalisme. L’antisémitisme, comme forme extrême du chauvinisme racial, est la survivance la plus dangereuse du cannibalisme.

L’antisémitisme profite aux exploiteurs, comme paratonnerre afin que le capitalisme échappe aux coups des travailleurs. L’antisémitisme est un danger pour les travailleurs, car c’est une fausse route qui les égare hors du droit chemin et les conduit dans la jungle. Aussi les communistes, en tant qu’internationalistes conséquents, ne peuvent être que les ennemis jurés et intransigeants de l’antisémitisme.

En URSS, la loi punit avec la plus grande sévérité l’antisémitisme comme phénomène opposé au régime soviétique. Selon les lois de l’URSS, les antisémites actifs sont condamnés à la peine de mort. »

Staline, Réponse à une question télégraphique de l’Agence juive d’Amérique, 31 janvier 1931.

C’est autre chose que la position anarchiste. Le point de vue anarchiste n’a aucun sens par rapport au fascisme, de par le refus de la dictature du prolétariat.

Car que Dieudonné arrive à aller jusqu’à Tripoli est la démonstration que le fascisme progresse, que demain il liquidera les progressistes… à moins que cela soit, comme il se devrait, l’inverse. Mais pour cela, il faut avoir conscience des enjeux de notre époque !

Et être dialectique : la contradiction entre Sarkozy (agent de la bourgeoisie industrielle, traditionnelle) et Dieudonné (agent de la bourgeoisie impérialiste, de type néo-gaulliste) doit être comprise, et pour vaincre ces deux types d’ennemis il faut saisir le programme communiste du PCMLM : Socialisme ou retombée dans la barbarie !

Marine Le Pen invitée puis annulée sur Radio J : refuser le projet fasciste qu’elle incarne !

Ethno-différentialisme : derrière Marine Le Pen, les ombres d’Alain de Benoist et de Christian BouchetContre-Informations

L’annulation hier de la visite de Marine Le Pen à Radio J, une radio liée à la communauté juive institutionnelle, est tout un symbole : le fascisme ne peut pas se passer de l’antisémitisme. Non seulement Marine Le Pen a été propulsé par les médias… mais déjà revient la question juive !

Comme on le voit, le fond pourri de la société française revient à la surface à grande vitesse. Et les personnes juives en France sont confrontées à une situation terrible, car les sionistes ont conquis une hégémonie dans une communauté juive pourtant historiquement liée au camp progressiste.

Or, les sionistes disent la même chose que Marine Le Pen, sans l’assumer ouvertement ; la « ligue de défense juive » ne s’en cache elle même pas, ce qui est logique puisqu’il ne s’agit pas d’une structure sioniste « classique » (prônant le départ dans l’Etat d’Israel) mais d’une structurepro-sioniste ultra-réactionnaire.

L’idée des sionistes « new school » est qu’ils peuvent se fondre dans le mouvement de Marine Le Pen ; la conception qu’il y a derrière est celle d’un parti « occidentaliste », sur une base raciste où l’Islam fait office de « menace » et où les Etats-Unis sont des alliés « objectifs. »

Sauf que les sionistes n’ont rien compris à la situation, tout comme les penseurs petit-bourgeois, y compris « d’extrême-gauche. » Marine Le Pen ne représente en rien une droite « dure » s’opposant au fascisme « old school. »

La vérité c’est que Marine Le Pen est au coeur d’un large dispositifauthentiquement fasciste. Nous en avions présenté les contours généraux, précisions ici la position inévitable de Marine Le Pen sur la question juive.

En effet, l’antisémitisme joue un rôle très important dans l’anticapitalisme romantique. La « menace » islamique ne peut pas jouer ce rôle, car l’Islam a été systématiquement refoulé historiquement du territoire national français, sauf depuis une date récente liée à l’immigration (elle-même produit du colonialisme et du néo-colonialisme).

L’opposition idéaliste réactionnaire à l’Islam sert bien entendu la dimension délirante « anti-invasion » et sur ce plan les sionistes, les ultra-réactionnaires juifs… peuvent s’y retrouver facilement.

Mais l’antisémitisme reste incontournable pour autant, car l’antisémitisme permet une mobilisation contre « l’ennemi de l’intérieur. » Ici, il faut connaître l’histoire de l’antisémitisme en France, qui s’appuie sur une critique de « l’usure », de « l’argent », des « éléments juifs » dans la communauté nationale « pure », etc.

L’antisémitisme, c’est l’appel à la mobilisation contre « l’ennemi invisible » – par opposition à « l’envahisseur » arabe « visible. »

Et ici, on doit impérativement connaître deux théoriciens français, qui justement travaillent sans relâche pour Marine Le Pen.

Le premier est Alain de Benoist, théoricien fasciste dont la renommée internationale est énorme ; il s’agit duprincipal théoricien fasciste de la seconde moitié du 20ème siècle.

Le second est Christian Bouchet, la figure principale du « courant nationaliste révolutionnaire. » Grand amateur des théories satanistes, il est désormais un cadre du Front National, après avoir écumé l’extrême-droite la plus « radicale. »

Ce qu’il faut voir ici, c’est que s’il y a deux personnes en France, voire en Europe, voire dans le monde, qui dans le camp fasciste sont de véritables connaisseurs de l’idéologie nationale-socialiste, ce sont Alain de Benoist et Christian Bouchet.

Ces deux auteurs sont des intellectuels de très grande envergureleur activité consiste depuis des décennies à faire passer le message fasciste de manière « indirecte » (ce que les fascistes appellent la « métapolitique »).

Alain de Benoist et Christian Bouchet sont ainsi les stratèges de l’extrême-droite – ou tout au moins jouent un rôle absolument capital dans la pose des fondations de l’anticapitalisme romantique.

Prenons par exemple les dernières activités d’Alain de Benoist. Ce dernier multiplie les déclarations de sympathie envers Marine Le Pen, mais surtout propose des axes stratégiques pour prendre le pouvoir (tout en restant faussement dans la figure bourgeoise de l’intellectuel « au dessus de ça »).

Par exemple, il a pu déclarer ceci : « [il faut que le Front National devienne] une force de transformation sociale dans laquelle puissent se reconnaître des couches populaires au statut social et professionnel précaire et au capital culturel inexistant, pour ne rien dire de ceux qui ne votent plus. »

Selon lui, le FN doit « se poser véritablement comme le parti du peuple, en devenant le porte-parole des classes populaires, qui font aujourd’hui les frais de la crise, et des classes moyennes menacées de déclassement et de paupérisation. » Pour résumer, pour Alain de Benoist le FN doit devenir un vrai parti fasciste !

Christian Bouchet est ici complémentaire d’Alain de Benoist. Dans la logique des choses, il devrait rejeter Marine Le Pen comme vendu aux forces capitalistes – sionistes. La domination de « Washington et Tel Aviv » est son obsession. En pratique, il est pourtant rentré au FN dans le but annoncé de faire gagner Marine Le Pen dans la campagne interne pour la présidence de ce parti…

Ce qui est cohérent avec notre interprétation de ce qu’est le FN, et inexplicable pour les commentateurs petit-bourgeois (à part par l’idée de « carriérisme », comme si un intellectuel de cette envergure retournait sa veste aussi facilement).

Que propose Christian Bouchet, dont le rôle a une grande signification avec Marine Le Pen dirigeante du Front National?

Sa ligne politico-stratégique peut se résumer aux points suivants : mettre en avant une perspective « progressiste » en se fondant essentiellement sur une attitude « anti-impérialiste » et principalement « anti-sioniste » (en fait anti-américaine et antisémite).

Toute l’histoire de son activité politique s’appuie sur cette logique « anti-impérialiste . » Cela va de pair avec une incessante activité vers les pays arabes, l’Iran, la Russie. Sur le fond, Bouchet prône d’ailleurs la mise en avant du projet « eurasiste », c’est-à-dire l’unification de l’Europe de « Brest à Vladivostok » (comme l’avait déclaré Jean-Marie Le Pen) au sein d’un empire.

Ici, on retombe sur Alain de Benoist. En effet, c’est Alain de Benoist qui a modernisé l’extrême-droite à partir des années 1970, en introduisant de nouveaux concepts « méta-politiques » permettant d’avoir l’air de porter un discours « nouveau », « progressiste. »

C’est lui par exemple qui est à l’origine de la mise en avant et de la théorisation du concept « d’ethno-différencialisme », de celui « d’Identité », du concept « d’enracinement. »

Alain de Benoist permet au racisme de se poser comme « relativisme », voire comme « anti-raciste » (« toutes les races sont supérieures. Toutes ont leur génie propre. Je m’explique. Une race humaine n’est pas seulement une unité zoologique. C’est aussi un devenir, c’est-à-dire un passé, une culture, une histoire, un destin. »)

Il n’est pas difficile de voir qu’ici le succès est total. Ces concepts sont partagés par toute l’extrême-droite, en passant par les « identitaires » et le Front National, mais également par la petite-bourgeoisie nationaliste (Indigènes de la République, régionalistes-nationalistes, etc.).

Tout ce petit monde s’imagine progressiste, en proposant une alternative « locale », relativiste, anti-universaliste, internationaliste. Leur vision du monde est pannationaliste, panrégionaliste (« l’Europe des cent drapeaux », etc.).

Et voilà donc pourquoi l’antisémitisme est incontournable pour le Front National. Il sert de moteur à la « critique » du capitalisme qui va de pair avec l’appel à « unifier » la nation. A côté du « national », l’antisémitisme fait office de ligne « socialiste. »

Le fascisme c’est à la fois une ligne face au monde extérieur (le nationalisme) et un appel à la fusion organique intérieure (le prétendu « socialisme », en fait antisémitisme).

Nous avons déjà souligné le caractère éminemment antisémite de la déclaration d’investiture à la direction du Front National de Marine Le Pen. Si on étudie les positions de Christian Bouchet et d’Alain de Benoist, on retrouve aisément leurs concepts.

La critique du « juif » est la critique de l’élément intérieur qui est « impur » et qu’il faut conditionner pour qu’il retourne dans le « droit chemin. »

Les fascistes ne sont pas tous d’accord sur la méthode ; le Front National se veut « éducateur » brutal, tandis que d’autres groupes ouvertement prônent l’extermination, d’autres encore se voulant « assimilationniste » de manière quasi sauvage, etc.

Mais dans l’idée, que ce soit dans le racisme « démocratique », anti-xénophobe d’Alain de Benoist, ou bien le mysticisme fasciste de Christian Bouchet, ou le nationalisme du Front National, on retrouve les fondamentaux du national-socialisme : la théorie comme quoi existent différents peuples irréductibles les uns aux autres.

Et dans ce schéma, le « juif » est le modèle du « cosmopolite » à éliminer, tout comme le « rom. » Et le communiste est l’ennemi absolu, de par son affirmation de l’universalisme.

Voilà pourquoi la question juive est, et restera, aussi explosive au Front National. Voilà pourquoi les personnes juives doivent comprendre les enjeux de notre époque, et rejoindre le mouvement pour la communauté universelle, seule perspective existante face au fascisme exterminateur. La seule alternative est: socialisme ou retombée dans la barbarie!

Éric Zemmour ou l’intégration dans le nationalisme français [janvier 2010]

Alors qu’Éric Zemmour passe en ce moment en procès pour incitation à la haine raciale, voici un document publié par Hapoel il y a tout juste un an. Il n’est pas difficile de voir que cette analyse s’est révélée correcte, et que le tapage autour de Zemmour est de même nature que celui autour de Marine Le Pen.

Aucun compromis ne peut être fait avec l’extrême-droite : quand les fascistes se rendront compte que, même en pogromant, leur monde capitaliste continue à s’effondrer, ils feront payer le prix aux juifs qui se sont vendus et qui ne leur serviront alors plus à rien.

Avec l’Action Antifasciste, participe à la résistance de la culture métissée et populaire !

Suite à la disparition du théoricien trotskyste Daniel Bensaïd, Hapoel a fait un bilan critique de sa démarche, de son style intellectuel, de son rapport à la culture.

Pour résumer, Bensa était une figure de l’intellectualisme « light » de la gauche radicale. Il était d’origine juive algérienne, mais oscillait entre négation et affirmation de son identité, sur des bases toujours abstraites et intellectuelles.

Eh bien Hapoel a trouvé le jumeau de Bensaïd, ou plutôt son « jumeau maléfique » : c’est Éric Zemmour !

Éric Zemmour aussi est d’origine juive algérienne, lui aussi a grandi dans un milieu populaire (à Drancy puis à Château Rouge), et lui aussi est un « intellectuel light » – non pas de la gauche radicale, mais de la droite radicale.

Par contre, ce « symétrique » de Daniel Bensaïd est bien plus médiatisé, ce qui en dit long sur deux aspects parallèles de la crise capitaliste : l’effondrement de la petite-bourgeoisie « de gauche », et la tendance au fascisme de la petite-bourgeoisie hystérique.

Ainsi, au lieu de se nier au profit de la gauche radicale, Éric Zemmour nie tout de sa culture juive pour pouvoir rentrer dans le moule du nationalisme français.

Idéologiquement, Zemmour est en effet un nationaliste français tout ce qu’il y a de plus classique.

Zemmour est élitiste, il considère les masses dans une posture purement consommatrice, il est anti-libéral, pour un État fort, pour les grands monopoles de l’impérialisme français, contre l’Europe et les États-Unis, considérant que l’impérialisme français doit faire cavalier seul.

Culturellement, Zemmour fonde tout cela sur la prétendue « grandeur » passée de la France de De Gaulle, ce qui en fait d’office un opposant à Sarkozy. De plus, il affirme que la culture française est supérieure aux autres, notamment à la culture américaine supposée porter la décadence libérale…

Concernant la question des minorités nationales en France, Éric Zemmour fait encore une fois figure de réactionnaire.

Dans sa perspective de nationalisme classique, il s’agit d’intégrer brutalement les minorités nationales, de les faire rentrer dans le giron de la république jacobine nationale-autoritaire.

Il est important d’insister sur ce point, car c’est un aspect qui n’est pas vu ou pas compris par de larges secteurs des masses juives, qui pourraient se laisser éblouir par les intervention de Zemmour à la télé – toujours très offensives et très « brillantes » du point de vue du nationalisme français.

La preuve absolue de sa négation brutale des minorités nationales, c’est qu’il n’a même pas fait le choix du sionisme. Autrement dit, quitte à ce que la minorité juive ait une idéologie nationaliste, Zemmour préfère que ce soit le nationalisme français plutôt que le sionisme.

En fait, Éric Zemmour constitue une « figure typique » : il incarne à merveille la figure du vendu, du juif plus français que français, plus blanc que blanc, et on pourrait même dire « plus royaliste que le roi »… puisqu’il a déjà donné une interview au journal de l’Action Française !

De même, il a déjà été interviewé par le magazine fasciste « Le Choc du Mois », et participé à une conférence organisée entre autres par les « identitaires ».

Dans sa tentative d’intégration au nationalisme français, Zemmour s’appuie sur un point doctrinal important : le nationalisme historique français n’est pas principalement racial (contrairement par exemple au national-socialisme allemand).

Dans cette doctrine, il peut donc exister certains éléments qui « transcendent leur race », ce qui explique par exemple la présence (très minoritaire) de personnes juives chez l’OAS, malgré le très fort antisémitisme des colons français en Algérie.

C’est dans cette brèche de la doctrine nationaliste française que s’engouffre Éric Zemmour, ce qui lui permet d’être adulé par l’Action Française d’aujourd’hui, alors que celle-ci est historiquement antisémite.

Et c’est justement là que s’est planté Zemmour, quand il expliquait très sérieusement sur Arte que « je suis de la race blanche, vous êtes de la race noire ». Car pour aucun fasciste racialiste, Zemmour ne ferait partie de la « race blanche »…

De même, dans une émission sur les maoïstes de France dans les années 1960 – 1970, Zemmour raille la soi-disant « névrose » des maos, expliquant que cela permettait que « les femmes veulent être des hommes », ou bien que… « le juif veut être un immigré » !

D’abord, Zemmour ne semble pas savoir que, si de nombreux intellectuels ont abandonné la révolution après la défaite de la Gauche Prolétarienne maoïste, la base ouvrière a quant à elle continué la lutte de manière plus diffuse, très loin de ce que Zemmour appelle une « mystique révolutionnaire », jusqu’à se fondre dans ce qui allait devenir l’autonomie offensive.

Ensuite, si on regarde Hapoel aujourd’hui, notre identité est tout le contraire de ce que prétend Zemmour : nous sommes bien pour la révolution, pour la révolution mondiale, mais notre existence même tient au fait que les minorités nationales sont une réalité objective (mais pas éternelle) que nous avons décidé d’assumer.

Enfin, et c’est là que c’est à mourir de rire, l’idée du « juif voulant devenir immigré » vient très précisément… d’un juif qui s’imagine tellement français qu’il dit « nous » quand il parle de l’époque de Napoléon !!!

Et cela est d’autant plus drôle que, justement, Zemmour ne supporte pas les gens qui s’assument, que ce soit culturellement, sexuellement, etc. Que surtout rien ne dépasse !

Mais exactement comme dans le cas de Daniel Bensaïd, la négation de soi se transforme paradoxalement en affirmation identitaire, mais abstraite et sans issue.

Dans le cas de Zemmour, cela se traduit par l’élaboration d’une stratégie ultra-réactionnaire visant à mobiliser les masses juives dans la voie de garage du fascisme, stratégie qui est synthétisée dans « Petit frère ».

« Petit frère » est un roman d’Éric Zemmour, sorti en 2008. Ce roman part d’un fait divers ressemblant étrangement à l’assassinat de DJ Lam.C, et met en scène un intellectuel juif « de gauche » qui va douter de son propre humanisme petit-bourgeois.

La thèse du livre, c’est en gros que l’antiracisme (qui pour Zemmour se résume idéologiquement à SOS Racisme) est une abdication de la France devant l’immigration (qui est en réalité une conséquence du pillage des pays opprimés par la France), et que la communauté juive est sacrifiée par lâcheté populiste et volonté de préserver la « paix sociale » (ce qui part d’une réalité, surtout dans l’affaire Lam.C).

La stratégie que propose Zemmour, c’est donc de raccrocher la minorité nationale juive à la remorque de la bourgeoisie bien française. Et même pas à la bourgeoisie traditionnelle de Sarkozy (comme le voudraient les sionistes, de l’UPJF à la LDJ), mais à la bourgeoisie française agressive, celle de De Gaulle hier et du fascisme demain.

Ce qui est terrifiant, c’est que cette proposition stratégique est l’exact symétrique de ce que disent Dieudonné, Soral et Gouasmi, le caractère totalement bouffon en moins…

En effet, eux aussi veulent raccrocher la minorité nationale arabe à l’impérialisme francais le plus agressif, en l’opposant à la minorité juive, et cela encore une fois au nom de la république française « éternelle » et du prétendu « anti-communautarisme ».

D’ailleurs comme par hasard, Soral et Zemmour ont au départ fait carrière dans l’anti-féminisme, et dans la justification intellectuelle du sexisme le plus barbare. Aussi, tous deux ont été des « intellectuels light », se présentant comme rebelles mais passant sans cesse à la télé – en bons produits de l’évolution réactionnaire française.

Le fascisme est un mouvement « protéiforme », où tout existe avec son « contraire ».

Les masses juives doivent donc comprendre que Zemmour, c’est un Soral pour les juifs ; et qu’il participe donc à l’encerclement idéologique et culturel de notre minorité par les fascistes, avec ses fantasmes ultra-républicains.

En fait, Zemmour est éloigné au possible de notre minorité nationale, par sa culture plus proche de Napoléon et De Gaulle que de n’importe quel élément culturel juif : qu’il se nie ou qu’il s’affirme juif, il reste abstrait et intellectuel.

Mais pour paraphraser le dicton populaire juif, Zemmour peut bien oublier qu’il est juif, les véritables fascistes se chargeront de le lui rappeler…

Feu sur Éric Zemmour, le vendu au nationalisme français !
Briser les tentatives d’intégration dans les mobilisations nationalistes !

Interview du collectif « La Voix des Rroms » par les Red Lions 94

Les Red Lions 94 évoquent régulièrement l’actualité du Peuple Rroms qui est soumis à un véritable racisme aujourd’hui en France. Les Rroms sont parmi les principales victimes des délires racistes, nationalistes et haineux qui, à notre époque, prennent de plus en plus un caractère génocidaire. Afin de mieux connaitre le Peuple Rrom, nous avons posé quelques questions au collectif La voix des Rroms, qui se bat pour la dignité de son Peuple. Vous pouvez aussi consulter leur document « qui sont les Rroms » que nous avons mis en ligne depuis la rubrique textes du site. Connaitre le Peuple Rrom est une nécessitée majeur pour les Antifascistes sérieuses et sérieux qui se battent aujourd’hui en France.

A bas les frontières, a bas le racisme,
Vive le Peuple Rrom et vive la communauté humaine universelle !

Interview de la Voix des Rroms par les Red Lions 94 – novembre 2010.

Quelle est l’origine de l’association la voix des Rroms ? Quels sont vos combats ?

La voix des Rroms a été créée à Paris au printemps 2005 par quelques étudiants et intellectuels rroms qui en avaient assez du colonialisme. En effet, nous ne nous reconnaissions ni dans la description faite par les institutions, essentiellement répressives, ni dans celle faite par l’establishment dit associatif, essentiellement humanitaire ou faussement humaniste. Notre objectif était, et reste, une expression libre et juste de l’identité rromani, ce qui passe par la reconnaissance des Rroms pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire un peuple ni meilleur ni plus mauvais que n’importe quel autre peuple.

Beaucoup de personnes, notamment des journalistes mais aussi des gens qui veulent soutenir les Rroms, font une différence entre les Rroms venus récemment de Roumanie ou de Bulgarie et les Rroms vivant en France depuis très longtemps comme les Manouches ou les Gitans ? Comment interprétez-vous cela ?

Objectivement, il y a des différences. Celles-ci sont à mettre sur le compte de la diversité qui caractérise le peuple rrom et qui est une richesse, tout comme la cuisine normande et celle méditerranéenne fait partie de la diversité de la gastronomie française. Or, s’agissant du dernier exemple, la différence est considérée comme une partie de la diversité de la gastronomie française, sans qu’elle épuise la richesse de cette dernière. En ce qui nous concerne, la tendance est à la généralisation de détails, tous ces détails étant choisis parmi ceux qui font des Rroms une population à problèmes, que ces problèmes soient causés par les Rroms ou bien qu’ils les touchent particulièrement. Si on prend par exemple le cas du logement, la problématique est très loin de concerner les Rroms de Roumanie ou de Bulgarie ou bien ceux-ci et les Rroms français. Etrangement, les mêmes qui refusent de reconnaitre le peuple rrom, traitent en même temps cette question sociale en termes ethniques. Il s’agit alors de stigmatisation pure et simple, puisque, y compris en partant de bonnes intentions, ces gens ne font aucun cas des quelques centaines de milliers de Rroms en France pour qui le problème de logement ne se pose pas, ni de ceux, non-Rroms, pour qui il se pose. Enfin, la population rrom de France n’est pas constituée que de Manouches, de Gitans (qui sont tous Français) et de Rroms roumains ou bulgares.

Pensez vous qu’il y a une volonté de l’État français de lutter contre la culture rrom comme c’est le cas pour d’autre cultures, les cultures bretonne, basque ou arabe par exemple ?

Je ne sais pas s’il y a une volonté claire de lutter contre la culture rrom d’une manière globale, mais en tout cas il y a une résistance inexplicable à sa reconnaissance. A mon avis il y a là quelque chose d’instinctif, qui prend sa source dans les préjugés qui forment l’idée qu’on se fait des Rroms.
En revanche, sur des aspects particuliers de notre culture, comme p. ex. notre manière de travailler, d’habiter, de tisser et de maintenir les liens humains et sociaux, il y a souvent des attaques frontales. Par exemple, des Rroms qui se font arrêter pendant qu’ils récupèrent des métaux dans des poubelles, ou d’autres qui se font expulser des habitations qu’ils construisent eux-mêmes ou bien des lieux où ils installent des caravanes, autant d’exemples qui illustrent un combat de l’Etat contre tout ce qui ne s’intègre pas au système dominant qui nous mène vers le mur.

Nous pensons que le peuple rrom vivant en France forme une minorité nationale, au même titre titre que la minorité juive ou bien la minorité arabe, et qu’il doit à ce titre bénéficier de droits démocratiques spécifiques, comme la reconnaissance de sa propre culture, l’apprentissage de celle ci à l’école, etc. D’après vous quels pourraient être ces droits pour la minorité rrom de France ?

Le concept de « minorité nationale » est une case institutionnelle dans laquelle les Rroms auraient du mal à entrer, bien que parfois ce soit le cas, comme en Roumanie. Ceci est du au fait que dans la conception dominante en Europe, la nation se confond avec l’Etat, dont les Rroms sont dépourvus. Ainsi, depuis quelques années un autre concept se développe, celui de « peuples sans territoire compact », qui correspond à tous les peuples dispersés et qui ne se réfèrent pas à un Etat. Le 5ème Congrès de l’Union rromani internationale, tenu en 2000 à Prague, a proclamé la nation rrom en tant que nation sans territoire compact et sans revendication territoriale. Partant de là, un réseau a travaillé sur une proposition d’un statut-cadre des Rroms dans l’Union européenne, qui a reçu l’aval de la présidence de l’Union rromani internationale. Le texte est accessible en plusieurs langues européennes sur le site www.rroma-europa.eu . Structurée en deux parties, cette proposition explicite d’abord la diversité des identités nationales dans le contexte européen, la place de l’identité nationale rromani dans ce même contexte, puis, dans une deuxième partie, propose des pistes d’action dans toute une série de domaines. Evidemment, une reconnaissance saine de la culture rromani est la base de toute autre action, celles portant sur les droits culturels plus particulièrement. Une des tendances les plus fâcheuses de notre époque est le détournement de la sémantique, qui souvent rend les propos démagogiques ou creux. Utilisant le vocabulaire approprié dans son sens réel, on peut cependant dire que les droits des Rroms, qu’on ne peut qualifier de « minorité » au vu de leur importance numérique et de leur longue histoire européenne, sont à reconnaitre et à rendre accessibles selon les principes d’égalité et d’unité dans la diversité. Nous sommes incontestablement un peuple européen et devrions par conséquent avoir accès à notre culture, à l’apprentissage de celle-ci et surtout de notre langue, qui lui sert de moteur, à l’école. Ceci étant dit, cette transmission ne doit pas se faire dans un ghetto, puisque nous vivons parmi d’autres peuples qui doivent aussi nous connaître et que nous devons mieux connaître dans le souci de la construction d’une société fondée sur le respect mutuel de ses composantes.

La conscience de l’appartenance au peuple rrom est-elle répandue chez tous les Rroms de France ou bien cette culture est-elle à faire vivre ?

Non, pas tous les Rroms ont cette conscience d’appartenance de manière spontanée, mais c’est là la preuve même d’une identité qui se vit de manière sereine. D’autres identités nationales ont connu des processus de construction longs, fortement appuyés par l’instruction mais aussi la force et la répression. La plupart du temps les résultats n’ont pas été convaincants. La manipulation récente de l’identité nationale française fournit une illustration parfaite de ce genre de processus. Une culture ou une appartenance nationale se vit librement et dans la renégociation perpétuelle, elle ne se décrète pas et ne s’impose pas. Le paradigme du corps et de l’esprit permet de mieux l’expliquer. La culture correspond à l’esprit et les règles et les institutions au corps. Lorsque l’esprit est sain et paisible, il n’y a pas besoin de changer d’aspect physique.
L’appartenance au peuple rrom, à la différence d’autres appartenances, n’est pas inculqué de manière institutionnelle, mais seulement familiale. Par conséquent, comme les Rroms sont divers, la transmission familiale de cette identité culturelle se fait de manière parcellaire et ne concerne que l’identité particulière de chaque famille ou de chaque groupe. L’ouverture vers d’autres groupes rroms ne dispose pas de moyens qui dépassent le cadre restreint d’un groupe. Cependant, de plus en plus des associations comme la nôtre assurent ce rôle en France, avec plus ou moins d’aide de structures extérieures. Dans d’autres pays, ce sont les institutions qui l’assurent. En Roumanuie p. ex., les programmes scolaires contiennent un enseignement en rromani et de la culture rrom qui dépasse le monde culturel de chaque élève.

Que pensez du drapeau représentant une roue rouge sur fond bleu et vert, associé au peuple rrom ? Que signifie-t-il ? Le reconnaissez vous comme étant le drapeau rrom ?

Le drapeau rrom a été établi par le premier congrès international rrom à Londres en 1971. Le bleu représente le ciel, symbole de liberté, et le vert la terre fertile, mère nourricière. La roue rouge est le chakra, référence à l’origine indienne, qui représente la perfection et aussi le voyage depuis l’Inde, qui pour certains parmi les Rroms continue toujours. La couleur a été choisie car le rouge est la couleur préférée dans la culture rrom.
Nous reconnaissons ce drapeau comme le nôtre.

En 1971 est née l’Union Rromani Internationale dans le but de représenter tous les Rroms dans le monde. Cette union existe-t-elle encore ? Si oui, la reconnaissez-vous ? Quel est son rôle ?

Oui, l’Union Rromani Internationale existe toujours et La voix des Rroms en fait partie. Son rôle est de faire reconnaître les Rroms et leurs droits dans le monde. Elle dispose d’un statut consultatif auprès de l’ONU et est souvent consultée par des organisations internationales.

En France, les Rroms font partie des principales victimes des haines raciales et des délires nationalistes qui prennent de plus en plus un caractère génocidaire : beaucoup de personnes n’hésitent plus à parler des Rroms comme de « parasites » desquels ils voudraient se « débarrasser ». Nous pensons que l’unité des masses populaires de France est une nécessité vitale face à l’inévitable montée du fascisme. Notre mot d’ordre est la construction du front populaire antifasciste, de la résistance de la culture métissée et populaire. Que pensez vous de cela, comment pensez vous que cela pourrait se matérialiser ? Et plus particulièrement pour le peuple rrom ?

La nécessité d’une telle démarche me paraît autant évidente que sa réalisation me semble difficile, mais cette difficulté ne doit pas nous décourager. Il faut prendre le travail à bras le corps. L’union dont il est question se fera entre personnes conscientes de la gravité de la situation et désireuses de faire barrage à sa progression.
Dans notre culture, comme dans beaucoup d’autres cultures populaires, on peut puiser un nombre considérable d’éléments permettant, sinon d’atteindre, au moins d’approcher le but. A mon avis, sa réalisation passe nécessairement par la création d’espaces d’échange d’idées aussi larges que possible. Nous devons créer ces espaces et y démasquer tous les phénomènes qui se développent actuellement et qui vont à l’encontre de la paix et de la cohésion sociales. En quelques mots, face aux démagogues, nous devons être pédagogues.

En mai dernier vous avez célébré la fête de l’insurrection gitane, c’est à dire l’insurrection du 16 mai 1944 par des Rroms internés par les nazis. Dans votre appel que nous avons trouvé très poignant vous disiez que « l’assemblée des vivants rappellera que c’est par la révolte organisée, le poing levé, que la vie digne repousse les forces noires quand elles approchent et qui parfois sont déjà là. » Pour vous cette période de l’histoire du peuple rrom occupe un place importante semble-t-il ? Pouvez-vous nous parler rapidement du Samudaripen ?

C’est un sujet très vaste, qui a fait l’objet d’un excellent livre de l’historienne Claire Auzias : « Samudaripen, le génocide des tsiganes », publié chez l’Esprit frappeur et disponible aussi auprès de notre association. Aussi, dans l’impossibilité de le traiter dans son ensemble, je me limiterai à un seul de ses aspects : dans leur folie, les nazis étaient gênés par l’origine indienne (donc « aryenne ») des Rroms, qu’ils projetaient d’exterminer. Leurs théoriciens ont donc conclu que les Rroms avaient mêlé leur sang avec du sang slave, ou encore, qu’ils venaient certes de l’Inde, mais des intouchables. Il est bien connu que « la fin justifie les moyens », surtout chez les nazis. Sans parallèles exagérés, de nos jours nous nous élevons aussi contre les pseudo-historiens qui, partant de leurs préjugés sur nous, nous cherchent des origines d’exclus. L’exclusion d’une part trop importante de Rroms n’est pas un élément intrinsèque, et encore moins originel de notre culture, mais le résultat d’un racisme persistant à notre endroit.
Quant à la place que nous accordons au Samudaripen, elle est en proportion inversée de celle que lui accordent les médias et les autorités. Faire l’impasse sur ce génocide qui a fait au moins 500.000 victimes, relève de notre avis d’un silence coupable. Comme sur notre culture ou sur notre identité, nous sommes dans l’obligation d’essayer de pallier les carences, voire le vide. Là encore, nous ne désespérons pas, car nous n’en avons pas le droit, ne serait-ce que pour rester dignes des Rroms internés à Birkenau qui ont résisté aux SS avec des haches et des pioches un 16 mai 1944. Nous avons ce devoir de mémoire qui dépasse le rituel et les larmes plus ou moins hypocrites. L’histoire doit servir à un avenir meilleur, et c’est notre principe, comme c’est aussi le principe de Tony Gatlif, président d’honneur de La voix des Rroms, qui a traité le sujet d’une manière excellente dans son film récent « Liberté ». Le titre du film est le but a atteindre, et la connaissance de l’histoire est l’un des moyens pour y parvenir.

Merci à la Voix des Rroms !

L’antisémitisme vient du centre de la société… L’antifascisme vient d’ailleurs !

« Spock est donc l’incarnation parfaite de la schizophrénie des personnes juives immigrées d’Europe de l’Est en Amérique du Nord.

[...]

De là à dire que dans l’imaginaire collectif américain, les juifs sont des « extraterrestres »… Eh bien justement !

On peut par exemple penser à Superman, qui vit parmi les humains mais vient de la planète Krypton. Lui aussi vit une véritable schizophrénie entre Clark Kent et Superman, et doit nier ses sentiments.

Il faudrait même aller plus loin, en remarquant qu’aussi bien Spock que Superman sont des humanoïdes qui ont d’ailleurs la peau blanche. Ces extraterrestres forment donc une « minorité » qui peut se fondre dans la société américaine de manière « invisible »… ou presque, ce qui est justement le fondement de leur psychologie.

Autant il est possible d’affirmer que certains extraterrestres sont le reflet culturel des formes de vie incomprises sur Terre (autrement dit les animaux), autant certains autres extraterrestres symbolisent des minorités nationales, et pas seulement juive d’ailleurs – il suffit de penser à Petit Cœur dans Dragon Ball Z.

En vérité, il est même possible d’affirmer que cette correspondance entre extraterrestres et personnes juives est l’un des fondamentaux de l’antisémitisme aux État-Unis ! À ce titre, il y a un grand travail culturel à faire concernant le film « Invasion of the Body Snatchers » (1956) et ses nombreux remakes, ou bien certains films de John Carpenter. »

Source : Spock de Star Trek, ou la figure du juif schizophrène, formaliste, étranger

L’avocat de Faurisson, Dieudonné et Blanrue attaque le Forum Antifasciste !

Le Forum Antifasciste hébergé par le site de l’Action Antifasciste a été fermé hier soir. La raison ? L’avocat John Bastardi-Daumont a décidé d’attaquer le forum auprès de son hébergeur.

Rappelons que John Bastardi-Daumont est un avocat niçois qui avait été invité par la CAPJPO-Europalestine au rassemblement de solidarité après l’attaque de sa librairie en juillet 2009. Bastardi-Daumont s’était alors posé comme une figure jeune, fédératrice, et surtout inconnue.

Seulement voilà, John Bastardi-Daumont allait devenir l’avocat de Faurisson en septembre 2009, ce qui a été révélé par le Forum Antifasciste [1 - 2 - 3]. Ont aussitôt suivi des menaces de procès en diffamation, un piratage du Forum Antifasciste, etc.

Face à cela, l’Action Antifasciste et Hapoel ont assumé sur toute la ligne… et ont eu raison de le faire.

Ainsi une carrière de « sous-marin » fasciste a été grillée, la gauche « radicale » a été placée devant ses responsabilités, l’Action Antifasciste et Hapoel ont fait preuve de fermeté et de crédibilité… et tout cela, Bastardi-Daumont ne peut toujours pas le digérer.

À cela s’ajoute bien entendu la campagne actuelle de l’extrême-droite contre la loi Gayssot, qui est un objectif stratégique de tous les antisémites [1 - 2]. Une campagne dont se dégage la figure de Paul-Éric Blanrue, dont l’avocat est justement… John Bastardi-Daumont.

Ainsi l’extrême-droite antisémite a compris que sur son chemin allait se trouver inévitablement l’Action Antifasciste, et voilà pourquoi le Forum Antifasciste est aujourd’hui ciblé.

Une telle attaque appelle une forte solidarité antifasciste de la part de toutes les personnes voulant s’opposer au développement de l’extrême-droite.

Hapoel et l’Action Antifasciste ont mérité la haine des antisémites, cela est aujourd’hui très clair, et désormais il faut choisir son camp, prendre position, s’engager.

Œil pour œil, dent pour dent, les antisémites paieront !
Juif ! Juive ! L’Action Antifasciste est ton organisation !

[Ci-dessous, le texte d'explication que l'on trouve sur la page d'accueil du Forum Antifasciste.]

Si vous vous retrouvez sur cette page au lieu de sur le forum, c’est pour une raison très simple : c’est le prolongement de l’offensive d’extrême-droite contre la loi Gayssot.

Comme vous le savez en effet certainement, les groupes de notre réseau, tout comme les individus y participant ou étant proches, accordent une grande valeur aux questions de culture et d’idéologie.

Or, la loi Gayssot bloque justement l’extrême-droite, en raison du fait qu’elle les frappe (théoriquement du moins) justement sur le plan de la culture et de l’idéologie, en les empêchant de pouvoir assumer de manière claire les idées.

Évidemment, l’extrême-droite a appris à contourner cela, en s’exprimant de manière différente (en utilisant l’expression « ethno-différentialisme » au lieu de racisme, par exemple).

Mais cela n’empêche que casser la loi Gayssot est, à terme, un objectif stratégique de grande valeur pour l’extrême-droite, si elle veut vraiment se développer.

Et justement, face à cette campagne contre la loi Gayssot présentée comme « liberticide », nos groupes (de manière relative) et le forum (de manière claire) ont joué le rôle de trouble-fête.

Alors pourquoi le forum ferme-t-il ?

La chose se passe comme suit : l’avocat John Bastardi Daumont, connu lors de l’affaire de la librairie Résistances à Paris, a envoyé une lettre de plusieurs pages à l’hébergeur, affirmant que son cabinet d’avocats subit une campagne de dénigrement.

Il y a ici une grande subtilité. Cet avocat ne vise pas un ou plusieurs messages précis, qui le viserait lui particulièrement.

Cela, il ne l’a pas pu à l’époque, et c’est une réussite. D’ailleurs, notons que le délai de prescription est passé….

Donc, il a changé son fusil d’épaule, et maintenant il accuse l’ensemble du forum de dénigrer son cabinet d’avocats, en s’appuyant par exemple sur ces deux articles juridiques :

Art. 1382 : Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le réparer.
Art. 1383 : Chacun est responsable du dommage qu’il a causé non seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou par son imprudence.

Comme on l’aura compris, c’est très intelligent : c’est une manière de dépolitiser la question (dénigrement au lieu de remarques antifascistes), de lui enlever une dimension personnelle (cabinet d’avocat exerçant « simplement » son activité, au lieu d’une personne ayant pris position politiquement)…

Mais aussi de viser non pas une ou deux personnes ayant posté des messages particuliers, mais l’ensemble des gens qui postent en général, comme s’il s’agissait d’une sorte d’association tentaculaire, d’une seule et même entité.

Voilà pourquoi le forum ferme, et pourquoi nous vous engageons, encore une fois, à former vos groupes antifascistes autonomes, et à participer à notre réseau.

En effet, si la machine judiciaire se met en branle, il y a peu de chances qu’une criminalisation réussisse. Toutefois, il est évident que cela causerait une perte de temps et des soucis matériels non négligeables. Des gens ayant simplement posté quelques messages risqueraient de se retrouver dans une situation désagréable.

Le principe de l’action antifasciste serait noyé dans une activité administrative, forcément démotivante.

De cela, il ne saurait être question. Il y a bien mieux à faire… Comme faire vivre une multitude de groupes antifascistes autonomes !

Actionantifasciste.fr [Mailinglist : ici]

Un seul mot d’ordre : non au racisme

Un nouveau groupe au sein de l’Action Antifasciste : vive le CVA 62 !

Souhaitons chaleureusement la bienvenue au Comité de Vigilance Antifasciste 62, groupe antifasciste autonome du Pas-de-Calais. Salutations antifascistes à elles et eux ! Voici leur présentation :

Le CVA62 rejoint l’Action Antifasciste

C’est officiel, le CVA fait désormais partie de l’Action Antifasciste! Nous avons pris cette décision car l’organisation en réseau de groupes autonomes correspond à notre conception de l’antifascisme. C’est comme ça que nous construirons un front antifasciste, métissé et populaire.

Notre groupe rassemble des personnes de diverses tendances : communistes, anarchistes, libertaires, ne-sait-pas… Nous assumons cette diversité que nous considérons comme une richesse. Ce qui nous rassemble, c’est que :

- Nous sommes tous d’accord sur le fait que le fascisme est la conséquence du capitalisme en crise.

- Nous voulons combattre le fascisme au quotidien, de façon autonome, c’est à dire indépendamment des partis politiques de « gauche » : ceux-ci sont pris dans des logiques d’appareil et des échéances électorales totalement incompatibles avec l’antifascisme.

- Nous nous reconnaissons dans la lutte contre la « triple oppression » qui est à la base de l’Action Antifasciste : anti-racisme, anti-sexisme et anti-capitalisme.

- Enfin, nous sommes d’accord sur la nécessité d’affronter aussi les fascistes  sur le terrain des idées et de la culture. Les fascistes ne prennent pas seulement le pouvoir par les armes ou par les urnes. Ils ont gagné quand leurs idées et leurs valeurs deviennent dominantes dans la société. C’est pourquoi nous devons faire en sorte que nos idées, nos valeurs, deviennent culturellement hégémoniques!

Contre la tendance au pogrom, la résistance est possible !

Avec la crise, chacun le sait, chacun le sent : l’antisémitisme travaille la société française au plus profond de ses entrailles.

De larges mouvements de fond agitent la société, et quand la tendance à l’antisémitisme passe soudainement à une nouvelle étape, cette tendance se « cristallise » de manière très nette.

Ainsi depuis des mois et des mois, nous ne cessons de répéter que les attaques antisémites se font de plus en plus fréquentes, de plus en plus brutales, et il faudrait rajouter : de plus en plus collectives.

La liste est longue ces derniers mois : tentative d’assassinat en plein centre-ville de Strasbourg en heure de pointe, agression à la sortie d’une synagogue à Nîmes, tentatives d’attaquer des lieux juifs à Strasbourg et Grenoble dans les manifestations pour Gaza en juin, descente antisémite sur le boulevard Voltaire à Paris, grave agression dans le 13ème arrondissement de Paris, attaques antisémites visant la jeunesse juive comme au Blanc-Mesnil ou dans le 18ème, etc.

À cela s’ajoutent bien entendu les profanations continues et les tags clairement nazis de Melun à Marmande en passant par l’Alsace, ainsi que les menaces antisémites incessantes comme des lettres de menaces à la synagogue de Drancy accompagnées de cartouches de revolver, ou bien les grenades retrouvées à deux pas d’une synagogue de Lyon – une intimidation qui joue sans ambiguïté sur le traumatisme de Copernic, il y a 30 ans.

Les faits parlent donc d’eux-mêmes, pour peu que l’on ose se confronter lucidement à la réalité : la France est entrée dans l’époque des pogroms.

Cela, nous avons été les premiers à prendre le risque politique de l’affirmer ; et d’ailleurs nous sommes encore les seuls à en parler comme d’une tendance concrète, et pas comme une incantation angoissée ou, pire, un slogan manipulateur.

Ainsi dans deux ou trois ans, il se peut que le printemps 2010 soit communément admis comme étant la fin d’un cycle, en quelque sorte un moment-clé où l’on est passé à une nouvelle étape dans l’antisémitisme, celle du pogrom.

Sans doute également que les sionistes feront remonter cela plus précisément à juin 2010, c’est-à-dire aux manifestations contre l’attaque de la flottille pour Gaza. Car dans leur esprit borné et mécaniste, il y a ce schéma simpliste : crimes sionistes = réactions de révolte = vague d’antisémitisme.

Pour les antifascistes, la réalité est toute autre : l’antisémitisme en France est une question française, et les étapes du développement de l’antisémitisme sont déterminées par les mouvements de fond de la société française – comme un terrible écho.

Voilà comment Hapoel avait pu pressentir avec précision la tendance au pogromisme, et cela dès avril 2010, notamment avec les réactions au meurtre à Bobigny de Saïd, un vigile d’origine marocaine. D’un point de vue antifasciste, les événements de juin n’ont donc été qu’une « confirmation » d’une tendance de fond.

Seulement voilà, quand on parle de tendance au pogrom, il y a des conséquences politiques qui en découlent immédiatement, et qui peuvent s’avérer plus pressantes que prévu…

Les masses populaires juives ont besoin de s’organiser pour l’antifascisme. Elles ont besoin d’une véritable autodéfense juive antifasciste, formée de groupes autonomes d’autodéfense à la base. Autrement dit, des petits noyaux réactifs d’hommes et de femmes, qui se coordonnent « de bas en haut ».

Mais une telle organisation ne peut voir sérieusement le jour tant que subsistera le poids culturel énorme du fatalisme, du légitimisme, de l’angoisse, de l’impuissance, de la mentalité féodale.

Nous n’avons pas besoin de fatalisme mais de détermination. Nous n’avons pas besoin de légitimisme mais de lutte pour la justice. Pas besoin d’angoisse mais de lucidité. Pas besoin d’impuissance mais de conquérir notre dignité. Et nous n’avons pas besoin du poids de la mentalité féodale, mais bien de libérer toutes les énergies !

Juif ! Juive !
Contre la tendance au pogrom, la résistance est possible – ici et maintenant !
Avec l’Action Antifasciste, participe à la bataille contre l’antisémitisme !

La bataille pour la mémoire des nôtres n’est pas un dîner de gala !

Un pro-sioniste qui appuie une initiative pro-négationniste ? Cela a quelque chose de… dérangeant. Pourtant c’est la « mésaventure » qui est arrivée à Yann Moix, le petit protégé de BHL.

Qui est Yann Moix ? C’est un écrivain et cinéaste français dont nous avons déjà parlé très brièvement à propos du nationaliste Éric Zemmour. Yann Moix est très pro-sioniste, au point que la LDJ avait pu le qualifier de « vrai ami du peuple juif et d’Israël ».

Ainsi on ne sera pas étonnéE de retrouver Yann Moix parmi les signataires d’un appel contre le boycott de l’État israelien dans les colonnes du Monde – quoi que chacunE puisse penser de ce boycott.

Seulement voilà, Yann Moix est tellement friand de pétitions… qu’il en arrive à signer celle de Paul-Éric Blanrue, qui milite pour l’abrogation de la loi Gayssot !

Rappelons que ce Blanrue gravite autour des proto-nazis et des négationnistes, de Dieudonné à Poumier en passant par Faurisson. Sa pétition contre la loi Gayssot avait été lancée à l’occasion de l’incarcération d’un nazi notoire, Vincent Reynouard, qui est explicitement cité dans la pétition.

Rappelons également que « l’altermondialiste » Noam Chomsky soutient cette pétition (cf. le point de vue des maoïstes par ici), après avoir déjà soutenu le négationniste Faurisson. De même Monseigneur Gaillot a signé cette pétition de Blanrue, avant de se rétracter.

Yann Moix a donc rejoint la liste des signataires de cette pétition, une liste à faire peur et que l’on peut retrouver classée par « catégories » sur ce blog au ton très « journalistique ».

Entretemps, Yann Moix a perdu sa naïveté et a enfin changé d’avis. Ainsi, sur son blog hébergé par la revue de BHL, l’écrivain fait une « mise au point » où il déclare ceci :

« Comme il arrive souvent avec les pétitions, on ne peut jamais deviner à l’avance qui en seront les cosignataires. J’ai été contacté il y a quelques jours au sujet d’une pétition contre la loi Gayssot dont Robert Badinter devait être le signataire vedette. On m’a promis un Robert (Badinter) mais, hélas, j’ai découvert un tout autre Robert, in fine, sur la liste : Faurisson !

Bien que n’étant pas favorable à cette loi [...] je n’admettrai d’aucune manière, ni aujourd’hui ni demain, que mon nom figure sur une pétition signée par M. Faurisson ou par quelques autres sires de moindre notoriété mais de même acabit.

Je n’accepterai jamais, ni aujourd’hui ni demain, que mon nom soit associé à quelque démarche visant, de quelque manière que ce soit, à réhabiliter ou banaliser le révisionnisme. C’est pourquoi je déclare ici, fermement et officiellement, ne pas faire partie des signataires de la pétition circulant actuellement contre la loi Gayssot. »

Avant de rajouter, pour celles et ceux qui n’auraient pas compris :

« Quiconque propagera ou insinuera le contraire à partir d’aujourd’hui devra, par conséquent, savoir qu’il diffuse une information erronée, injurieuse, calomniatrice – et en supporter les conséquences. »

Yann Moix intimide, Yann Moix menace, mais sa « mésaventure » ne tient qu’à sa propre démarche, une démarche d’intellectuel bourgeois recherchant le « buzz » pour pouvoir prétendre à la relève de BHL.

Parce que prétendre, en parlant d’une pétition contre la loi Gayssot, que « on ne peut jamais deviner à l’avance qui en seront les cosignataires »… c’est se foutre de la gueule du monde.

D’autant plus que ce n’est pas ce qu’expliquait Yann Moix quelques jours auparavant… En effet le 28 octobre, Yann Moix avait publié un article sur le site de la revue de BHL, où il expliquait « Pourquoi je suis contre la loi Gayssot ».

L’article est long et pompeux, il s’est retrouvé dès le lendemain dans des revues de presse de sites d’actualité sionistes… mais il aurait très bien pu passer pour un article de pro-négationniste « malin ».

Sauf que voilà, dans cet article Yann Moix expliquait qu’il a « signé une pétition [...] sur laquelle figurent évidemment, figurent logiquement, [ses] pires ennemis et les ordures les plus avérées ». Ce qui n’a donc rien à voir avec sa défense actuelle, et notons ici que cette phrase a sauté suite au retournement de veste de Moix.

Notons également que cet article a été publié le 28 octobre… c’est-à-dire exactement le même jour où la liste des signataires de la pétition a été rendue publique par Paul-Éric Blanrue ! On ne peut pas être plus naïf politiquement, et on ne peut pas mieux rentrer dans l’agenda politique de l’extrême-droite antisémite !

Pour en revenir à l’article de Yann Moix, sa thèse n’est pas très compliquée à résumer : les négationnistes sont diabolisés et réduits au silence, alors que pour faire émerger la vérité il faut les affronter « au grand jour » par des arguments historiques. C’est bien la peine d’en faire des tonnes, avec des arguments aussi plats et bourgeois…

Ainsi Yann Moix conçoit la lutte contre le négationnisme comme une joute rhétorique, comme une aventure individuelle chevaleresque, comme un dîner de gala. Yann Moix contre les négationnistes, c’est Don Quichotte contre les pires pervers idéologiques.

Moix s’est cru le plus malin, mais bien entendu à la fin les pervers gagnent… sans même avoir à se battre. Dans dix ans, les Blanrue, les Bastardi-Daumont, les Faurisson, les Reynouard rigoleront encore de cette histoire, autour d’un verre au siège de leur futur parti nazi.

Yann Moix est un bourgeois égocentrique, il est presque aussi pompeux que BHL, il se croit un être unique, indispensable à la marche de ce monde, au point qu’il se sent obligé d’apposer sa signature sur n’importe quelle pétition.

Et comme tous les « intellectuels » bourgeois, il a avec Paul-Éric Blanrue un point commun énorme : il s’aime. Pendant que Blanrue étale ses photos de lui sur Internet, Yann Moix s’écoute parler, il s’écoute disserter sur la prétendue liberté d’expression.

Au final, Yann Moix rejoint la liste des « vrais amis du peuple juif et d’Israël » qui ne comprennent rien à ce qu’est l’antisémitisme, aux côtés de Frêche, Marine Le Pen, Goasguen, Rioufol, etc. Mais qui s’étonnera des amitiés malsaines de l’extrême-droite sioniste ?

Cette « mésaventure » qui arrive à Moix pourrait prêter à la moquerie devant tant de naïveté, mais la vérité c’est qu’elle est insultante pour la mémoire des nôtres, pour la mémoire de tous les peuples martyrisés.

Yann Moix s’inscrit ici dans la longue tradition française des intellectuels bourgeois cultivant la polémique purement formelle, qui au fond n’engage à rien et n’a aucun sens des réalités – et d’ailleurs dans son article, Moix se revendique de cette tradition…

Sauf que pour les survivantEs de la Shoah, le négationnisme est perçu comme une attaque directe contre leur dignité, en mettant en cause des témoignages de personnes qui ont côtoyé l’anéantissement.

La mémoire est la dernière identité de 6 millions de personnes juives, et c’est cette mémoire que Yann Moix propose de laisser insulter librement, alors même qu’en septembre, l’un des trois derniers survivants de Treblinka est décédé.

Hapoel n’a cessé de le répéter depuis des mois et des mois, voire depuis l’été 2009 : les antisémites partent en guerre contre la loi Gayssot, c’est une de leur principales campagnes du moment, ce n’est pas difficile de le voir :

Oui, pour l’identité et la dignité des personnes exterminées par le fascisme, il faut savoir mener la guerre, car en face les nazis sont prêts à tout, et se sentent terriblement en confiance dans l’époque qui s’ouvre. [...]

La perversité négationniste ne se renforce pas avec le temps, elle se renforce avec le développement du fascisme parallèlement à la crise capitaliste. [...]

Aujourd’hui le camp fasciste dans le monde entier se lance à l’assaut de la mémoire de la Shoah, et on peut le voir en France avec la campagne actuelle animée par Dieudonné – Faurisson – Blanrue, et des fascistes qui tournent autour comme Skandrani, Thion, Poumier, Bastardi-Daumont, Bricmont, et désormais le média « de gauche » Bellaciao.

Les négationnistes ne sont pas « des historiens qui s’égarent » comme le prétend Yann Moix. Non, les négationnistes font de la politique, de la politique de fascistes et d’antisémites.

Penser comme Moix et Badinter qu’on peut s’opposer au tsunami antisémite uniquement avec des arguments d’historien, c’est une illusion bourgeoise et dangereuse. Le négationnisme est fondamentalement irrationnel, et les négationnistes profitent ainsi de la décadence complète de la société et de l’explosion d’irrationalisme qui va avec.

C’est une tendance lourde et massive de notre époque, qu’aucun « débat éclairé » n’arrêtera.

Et en vérité, la loi Gayssot non plus n’arrêtera pas le tsunami antisémite. L’État français est incapable de s’opposer au fascisme… mais le veut-il seulement ?

Pour défendre la mémoire des nôtres ici et maintenant, il faut réprimer le fascisme, il faut réprimer les négationnistes et les nazis, pour qu’ils comprennent concrètement ce qu’a été la Shoah.

Notre mémoire ne sera pas souillée par les négationnistes… ni relativisée par des intellectuels libéraux bourgeois ! Les juifs n’oublient pas, et les négationnistes s’en souviendront !

Rejoins Hapoel ! Rejoins l’Action Antifasciste !

Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ?
Et si je ne suis que pour moi, qui suis-je ?
Et si pas maintenant, quand ?

Shavua Tov – שבוע טוב

Sous les drapeaux de l’Action Antifasciste !

[Drapeau antifasciste à Hamburg (Allemagne), dans les tribunes d'Hapoel Tel Aviv.]

« Lorsqu’on considère que les problèmes fondamentaux ne sont pas économiques, on peut commencer à glisser vers le fascisme. »

[Cet entretien avec Zeev Sternhell, mené par Nicolas Zomersztajn, a été une première fois publié dans la revue juive belge « Regards », à Bruxelles en l'an 2000. On retrouve cet entretien sur le site RésistanceS.be. On retrouve également dans la brochure « Antifascisme » une présentation de Zeev Sternhell.]

Zeev Sternhell a consacré de nombreux travaux au fascisme qui ont suscité de violentes polémiques en raison de la thèse originale de l’auteur : « c’est dans la France des années 1885 – 1914 qu’il faut chercher les racines idéologiques du fascisme ». À l’occasion de la réédition de trois ouvrages sous la forme d’une trilogie « La France, entre nationalisme et fascisme » (chez Fayard), nous avons rencontré cet historien israélien.

Vous considérez que le fascisme n’est pas une parenthèse de l’histoire qui n’appartiendrait qu’à l’entre-deux-guerres…

Je conçois le fascisme comme la forme extrême d’un phénomène idéologique et culturel qui se manifeste par la révolte contre l’héritage de la Révolution française, contre le matérialisme et le rationalisme, contre les principes du libéralisme et contre la conception utilitariste de la société et de l’État.

En outre, il faut bien préciser que c’est en France que se trouvent les véritables origines idéologiques du fascisme. Il est le fruit d’une rencontre entre le nationalisme intransigeant et la révision anti-matérialiste du marxisme qui se produit au cours des années 1885 – 1914.

Le fascisme consiste en une idéologie de rupture qui se dresse contre le libéralisme et le marxisme, une troisième voie qui entend jeter les bases d’une nouvelle civilisation anti-individualiste, seule capable d’assurer la pérennité d’une collectivité humaine où seraient parfaitement intégrées toutes les couches et toutes les classes de la société.

Comment expliquez-vous que la révision anti-matérialiste du marxisme soit le filon fondamental de l’émergence de l’idéologie fasciste ?

C’est ici qu’intervient George Sorel (1847 – 1922).

Ce socialiste français joue un rôle essentiel dans la poussée de la synthèse fasciste en ce qu’il est le premier à lancer une révision « révolutionnaire » du marxisme. Il préconise une révolution en dehors de la matrice marxiste traditionnelle. Puisque le capitalisme ne s’effondre pas et que les masses ne marchent pas à coups de raisonnements, Sorel remplace le contenu rationaliste et matérialiste du marxisme par le culte de l’énergie, l’intuition et la violence. Il entend donc corriger le marxisme en y introduisant des éléments irrationnels.

La destruction du régime de démocratie libérale est aussi un fondement de la révision sorélienne : il faut bien comprendre que ce courant révisionniste se dresse autant contre le libéralisme que contre le marxisme, car ce sont des systèmes de pensée matérialistes qui considèrent la société comme un simple agrégat d’individus.

Enfin, il ne reste plus aux disciples de Sorel qu’à remplacer par la Nation le prolétariat défaillant dans le combat contre la décadence démocratique et rationaliste. Ainsi s’ouvre progressivement la voie vers le fascisme.

Peut-on en déduire que le socialisme mène au fascisme comme on l’entend parfois dans certains milieux de droite ?

Le socialisme ne mène pas au fascisme ! En revanche, c’est par le biais d’une révision anti-matérialiste du marxisme que des socialistes démocrates, comme Marcel Déat en France et Henri de Man en Belgique, glissent vers le fascisme.

Pour de Man, l’exploitation est conçue comme une catégorie psychologique et non comme un problème économique. Dans ce cas, l’individu est exploité s’il se sent exploité. Mais s’il sent qu’il est au service d’une grande cause, au service de la patrie par exemple, il sentira qu’il fait partie intégrante de la communauté nationale.

Lorsqu’on considère, comme de Man, que les problèmes fondamentaux ne sont pas économiques, on peut commencer à glisser vers le fascisme.

Après Faurisson, Noam Chomsky soutient le nazi Reynouard – PCMLM

Faut-il aller plus loin que la loi Gayssot et fusiller les fascistes, ou bien s’allier à l’extrême-droite sous prétexte de rejeter l’État ?

A l’époque de l’affaire Dreyfus, une partie plus que significative du camp révolutionnaire avait sombré dans le je m’en foutisme et l’antisémitisme, sous prétexte que la condamnation d’un officier de l’armée française ne les concernait pas, même si l’accusation était un coup monté.

Aujourd’hui, on constate exactement le même phénomène avec la loi Gayssot. Au nom du refus de l’État et surtout du refus du « totalitarisme », la petite-bourgeoisie soit disant « révolutionnaire » se fait objectivement l’alliée des manoeuvres fascistes.

L’une de leurs grandes figures, Noam Chomsky, vient d’ailleurs de prendre fait et cause… contre la loi Gayssot. Voici ici deux documents : l’un présentant la loi Gayssot d’un point de vue antifasciste (conséquent), l’autre exprimant le point de vue de Noam Chomsky.

Voici la présentation tirée du site de l’Action antifasciste:

Aujourd’hui l’extrême-droite mène systématiquement campagne contre la loi Gayssot. Cette loi, qui a comme nom celle du député qui l’a portée, a été adoptée par l’Assemblée nationale le 13 juillet 1990. Elle frappe la contestation de l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité définis par l’article 6 du Statut du Tribunal militaire international de Nuremberg.

Pourquoi cette loi existe-t-elle ? En raison de la pression anti-raciste des masses, particulièrement attentives au néo-nazis. Dans les années 70, les antisémites vont se servir de la façade historique pour diffuser l’idée que les chambres à gaz n’auraient pas existé ou que le génocide des populations juives n’aurait pas eu lieu (avec par exemple la thèse comme quoi les chambres à gaz existaient mais qu’elles servaient uniquement à éradiquer les poux des déportés).

Or à l’époque, les textes juridiques sont insuffisants pour sanctionner le négationnisme, car le négationnisme n’appelle pas directement à la haine raciale. Il est plus diffus, exactement comme « les protocole des sages de Sion » n’appelaient pas à l’extermination des juifs, mais ont été largement instrumentalisés à cette fin.

Cet ouvrage de propagande antisémite dévoilant un prétendu programme mis au point par un « conseil de sages juifs » a été écrit pour servir le tsarisme ; il diffuse l’idée d’un « complot juif international » pour contrôler le monde. Ce faux a attisé l’antisémitisme, jusqu’à aujourd’hui. Le « protocole des sages de Sion » est interdit de diffusion par un arrêté du 25 mai 1990 sur le fondement du décret-loi du 6 mai 1939.

Car les lois contre le racisme ont déjà existé, sous la pression antifasciste. La première loi date du 21 avril 1939, elle réprimait les discriminations raciales, et est aussi connue sous le nom de « décret-Loi Marchandeau ». Ce texte prévoyait des poursuites « lorsque la diffamation ou l’injure, commise envers un groupe de personnes appartenant, par leur origine, à une race ou à une religion déterminée, aura eu pour but d’exciter à la haine entre les citoyens ou les habitants ».

Il a été évidemment abrogé par le gouvernement de Vichy, le 16 août 1940 ; le 3 octobre le régime de Vichy adopte la loi fixant le statut des Juifs et les bannissant des emplois publics.

Le décret-loi Marchandeau sera rétabli par l’intermédiaire de la loi « Pleven » le 1er juillet 1972. Cette loi reprend les délits de diffamations et injures, mais vient aussi incriminer les actes racistes et antisémites. Le législateur offrira aussi la possibilité aux associations d’agir en justice sur ce fondement.
Le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) a eu une influence importante dans l’adoption de ce nouveau cadre légal.

La loi Gayssot complète le tableau, en permettant de bloquer, au moins un peu, la diffusion d’une partie de la propagande fasciste. D’où l’activité fasciste pour faire disparaître cette loi, et évidemment pour empêcher sa généralisation (notamment de la part des fascistes turcs, qui veulent continuer à nier le génocide arménien).

Source : Actionantifasciste.fr

Voici maintenant le point de vue de Noam Chomsky, figure anarchiste et ô combien petite-bourgeoise, qui a déjà par le passé défendu le droit à la parole du négationniste Faurisson:

« J’apprends que Vincent Reynouard a été condamné et mis en prison au nom de la loi Gayssot et qu’une pétition circule pour protester contre ces mesures. Je ne connais rien à propos de Monsieur Reynouard, mais je considère la loi Gayssot comme complètement illégitime et en contradiction avec les principes d’une société libre, tels qu’ils ont été compris depuis les Lumières.

Cette loi a pour effet d’accorder à l’Etat le droit de déterminer la vérité historique et de punir ceux qui s’écartent de ses décrets, ce qui est un principe qui nous rappelle les jours les plus sombres du stalinisme et du nazisme.

Si la justification de la loi Gayssot est d’interdire les « opinions abominables » ou de faire respecter le droit « de ne pas craindre de vivre dans un climat » de préjugés et de racisme, alors il devrait être évident que, si de telles lois étaient appliquées de façon impartiale, elles rendraient illégales une grande partie des propos exprimés publiquement qui, même si on peut les considérer comme ignobles, devraient certainement être autorisés dans une société libre et qui, en fait, le sont, sans même que cela ne soulève la moindre question.

Par conséquent, je souhaite exprimer mon soutien à la pétition contre l’application de cette loi dans le cas de Monsieur Reynouard (ou dans tout autre cas).

Le 5 septembre 2010. »

Le point de vue de Chomsky est typiquement libéral et petit-bourgeois, et rappelle que seule la classe ouvrière peut mener la lutte antifasciste, pour la simple raison que seule la classe ouvrière va jusqu’au bout des choses de manière conséquente.

Comme nous le disions dans l’article « Avec le sang des fascistes, rendre plus rouges nos drapeaux », face au fascisme aucun compromis n’est possible, ni même d’ailleurs avec les réactionnaires en général.

Nous avons besoin d’une dictature de classe s’exerçant sur la bourgeoisie et les réactionnaires, nous avons besoin d’un État socialiste réprimant les activités anti-populaires, nous avons besoin d’écraser le fascisme… et les fascistes!

Que valent les agitations de BHL et Dieudonné ? – PCMLM

Que valent les agitations bourgeoises de BHL et Dieudonné sur le cas de Sakineh ?

Dieudonné devrait se rendre aujourd’hui en Iran afin de, selon ses propres termes, « demander la clémence pour Sakineh ». Dieudonné inscrit son déplacement dans le cadre d’un combat général contre la peine de mort.

Une telle position relève du relativisme qu’affectionnent les bourgeois. En effet, Sakineh Mohammadi Ashtiani a été condamnée à la lapidation, un châtiment atroce qui punit les personnes ayant eu des relations adultères. Ce mode d’exécution ne peut donc être dilué dans la question générale de la peine de mort.

La lapidation, qui implique une participation collective de personnes jetant des pierres sur les condamnéEs, est conçue comme un châtiment censé montrer la réprobation morale de la société patriarcale envers le « pêché » de non respect du lien sacré du mariage.

La lapidation est donc liée à l’ordre patriarcal où la femme est censée appartenir à l’homme qu’elle a épousé. Dans la vision patriarcale, les femmes constituent des possessions pour les hommes. D’ailleurs, même si la lapidation est prévue pour les hommes adultères également, elle est appliquée dans les faits beaucoup plus souvent aux femmes.

La relation entre lapidation et patriarcat est par conséquent évidente et seule la mauvaise foi peut la ranger au rang de peine de mort « comme les autres ».

Or, la dimension patriarcale de la lapidation est ignorée par les agitations bourgeoises, que ce soit autour de Bernard-Henri Lévy (jouant sur le registre purement émotionnel) ou de Dieudonné (jouant sur le relativisme pour semer la confusion).

En fait, en récupérant le cas de Sakineh, Dieudonné espère gagner à tous les coups.

Si la condamnation à mort de Sakineh est abrogée, il apparaîtra alors que tout le mérite lui en revient, alors que Dieudonné est un complice revendiqué du régime fasciste de l’Iran coupable tous les jours d’atrocités.

En Iran, les tortures, les coups de fouets, les pendaisons d’homosexuels, la répression criminelle des personnes révolutionnaires et progressistes font partie des affaires courantes du régime fasciste.

Dans le cas où Sakineh serait exécutée, l’image – fabriquée par la petite-bourgeoisie social-chauvine – de l’Iran comme pays résistant au « nouvel ordre mondial dirigé par les Etats-Unis » s’en trouverait renforcée de manière extrêmement perverse. Dieudonné pourra alors continuer de jouer la carte du relativisme le plus mesquin en soulignant que la peine de mort est aussi appliquée aux Etats-Unis.

Il faut ici rappeler que l’Iran, à l’instar du Vénézuela ou de Cuba, est considéré positivement, selon une perspective clairement chauvine, car « résistant » à l’impérialisme américain. Ce point de vue sert bien entendu les intérêts de l’impérialisme français qui est lui-même idéalisé par la bourgeoisie comme un pôle de résistance à l’impérialisme US.

Le PCMLM, lui, défend le point de vue scientifique du marxisme-léninisme-maoïsme, à savoir que l’Iran est un pays semi-féodal semi-colonial sous la coupe de puissances impérialistes, dont fait partie l’impérialisme français.

Et c’est là que l’on voit à quel point la mobilisation bourgeoise autour de BHL ou le coup médiatique de Dieudonné ne sont que des mascarades immondes : elles n’évoquent absolument jamais le rôle essentiel de l’impérialisme français dans les actes barbares commis en Iran.

Voilà pourquoi le PCMLM brandit le drapeau de l’internationalisme qui unit tous les prolétaires dans le but commun d’écrasement de l’impérialisme vecteur d’oppressions, de guerres, de génocide, d’écocide…

Contre-Informations possède ainsi des archives fournies d’organisations communistes du monde entier et avait publié en 2008 un texte du Parti Communiste d’Iran.

Le PCMLM déclare clairement : la libération et l’émancipation de toutes les femmes, homosexuels, enfants oppriméEs par le patriarcat ne résident pas dans les concerts médiatiques orchestrées par la bourgeoisie, mais dans la guerre populaire menée sous l’étendard MLM par les masses en armes !

Red Lions 94 : nouvelle année, nouvel envol !

Nos camarades antifascistes des Red Lions 94 connaissent des avancées militantes et s’y adaptent. Leur site vient d’être modernisé, leurs positions sont toujours plus concrètes, locales, lucides.

Hapoel tient à attirer l’attention sur un de leurs documents fondamentaux, qui est d’une grande pertinence dans la question des minorités nationales en France : Pour les droits démocratiques de la minorité nationale arabe en France et à propos du concept d’islamophobie.

Salutations antifascistes aux Red Lions 94 !
En avant dans la construction du rempart antifasciste des masses !
En avant dans la production d’une ligne antifasciste populaire, réaliste, radicale !

Les Red Lions 94 aussi font leur rentrée !

Cela va bientôt faire deux ans que les Red Lions 94 existent. Le développement de notre groupe ne s’est pas fait en ligne droite. Nous nous sommes longtemps cherchés et en se confrontant à la réalité, nous avons beaucoup changé, laissant de nombreuses choses de coté tout en assumant petit à petit de nouvelles valeurs et idées.

Finalement les deux points constitutifs de notre identité et qui n’ont cessé de se renforcer depuis la naissance de notre groupe sont d’une part la volonté de s’ancrer véritablement dans la partie sud du Val de Marne (de Créteil à Arcueil, de Orly à Ivry) ainsi que la mise en avant d’une culture antifasciste moderne et populaire.

Les échanges que nous pouvons avoir en ce moment, que cela soit en tant que Red Lions ou bien à titre individuel nous montrent que notre ligne est correcte. Notre discours est globalement bien reçu chez les personnes assez jeunes (16/25ans) vivant en banlieue, plutôt des femmes ou des hommes qui ne sont pas des gros « machos », et issues des classes populaires. Parallèlement, nos positions irritent systématiquement des personnes de milieux plus aisés, des universitaires, des associatifs ou des militantEs de la vieille êxtreme gauche.

Tout ceci est positif, surtout vu les difficultés auxquelles nous avons eu à faire. Nous nous sommes crées avec l’idée en tête que les fascistes sont bien plus développés que nous ; que l’extrême gauche française est moribonde et culturellement arriérée et surtout qu’il n’y a pas en France de dynamique organisé qui rompt avec le capitalisme.

Toutefois cela met en lumière notre extrême retard par rapport à l’urgence de la situation. L’actualité récente nous montre que, même si la route est la bonne nous ne sommes qu’au début du chemin. Que cela soit la guerre ouverte menée contre les Rroms par l’Etat raciste (avec en autre l’expulsion récente des familles des bidonvilles de Choisy), l’explosion des actes racistes et des discours pogromistes, la dégradation fulgurante des conditions de vie des masses populaires ou l’aggravation sans précédent de la crise écologique, tout cela fait que nous devons redoubler de force et de détermination dans notre combat quotidien.

Le but des Red Lions 94 n’est pas d’intégrer de nouvelles personnes dans notre groupe mais plutôt de favoriser le foisonnement d’initiatives antifascistes, populaires et autonomes. Notre site internet à donc une fonction très importante à nos yeux. Il s’agit d’abord d’un outil formidable pour participer à l’émergence d’une nouvelle culture populaire en rupture complète avec le vieux monde capitaliste. C’est aussi un moyen de lutter concrètement au quotidien en diffusant des documents pratiques et des analyses, ainsi qu’en traitant de l’actualité du 94.

Nous avons donc décidés d’entamer la « saison » 2010/2011 en se dotant d’un nouveau site internet dans un style moins « blog amateur » mais plus sérieux. Il s’agit pour nous de passer un cap, d’assumer un saut qualitatif.

Nous allons proposer plus de documents concrets en lien avec la réalité locale. Notre but est aussi de mettre en place un outil qui aura pour but de de résoudre la contradiction entre le fait que de nombreuses personnes soient intéressées par ce que l’on fait mais ne se lancent pas pour autant matériellement dans la bataille.

Nous allons donc changer d’hébergeur web. Ainsi, il se peux que durant quelques jours, plus rien ne s’affiche à l’adresse redlions94.fr Toutefois l’ancienne version du site sera toujours visible à l’adresse redlions94.over-blog.org et cela même une fois que notre nouveau site sera hébergé à l’adresse redlions94.fr

N’aie pas peur de te lancer dans la bataille,

Organise toi, monte ton groupe autonome et lutte !

Vive l’autonomie populaire, pour le pouvoir à la base !

Red Lions 94, septembre 2010.

Face à l’antisémitisme, rejeter les illusions institutionnelles !

Le scandale autour de Karel De Gucht continue, et implique désormais clairement les institutions de l’Union Européenne.

Pour rappel, le belge Karel De Gucht est commissaire européen au commerce, au « développement » et à « l’aide humanitaire ». Le 2 septembre, il avait accordé une interview à une radio flamande de Belgique, et avait proféré des propos franchement antisémites.

En effet, à la question de savoir si les nouveaux « pourparlers de paix » en Palestine allaient aboutir, Karel De Gucht avait déclaré qu’il « ne faut pas sous-estimer l’emprise du lobby juif sur la politique américaine ».

Puis il était allé plus loin en attaquant explicitement toutes les personnes juives, religieuses ou pas, en affirmant : « Il y a en effet chez la plupart des Juifs une foi – je pourrais difficilement décrire cela autrement – qu’ils ont raison. »

Les propos de Karel De Gucht sont retranscrits dans notre article « Allemagne, Belgique… Derrière l’antisémitisme se cache la finance européenne ! ».

Ce que l’on constate, c’est que Karel De Gucht est un représentant émérite de ce qu’on appelle la bourgeoisie financière belge, tellement émérite qu’il est devenu commissaire européen chargé de secteurs clés de l’impérialisme : commerce européen, exportation des capitaux dans les pays semi-coloniaux sous couvert d’« aide au développement », etc.

Or quand on parle d’impérialisme, il faut bien voir à l’échelle mondiale la concurrence féroce à laquelle se livrent les différents pays impérialistes, notamment les bourgeoisies financières d’Europe contre celle des États-Unis.

Par conséquent, rien d’étonnant à ce que Karel De Gucht attaque le rôle hégémonique des États-Unis dans les soi-disant « pourparlers de paix » en Palestine, qui ne sont qu’une manipulation pour dissoudre la résistance du peuple palestinien.

Le financier européen attaque les États-Unis, rien de plus normal, et il le fait conformément à l’idéologie de la bourgeoisie financière en crise : l’anti-américanisme va toujours de pair avec l’antisémitisme.

Mais malgré son « dérapage » antisémite, il était évident que Karel De Gucht serait défendu par les institutions européennes, car critiquer les États-Unis y est toujours payant.

D’abord dans la presse belge, on a pu lire des choses hallucinantes. Ainsi dans Le Soir, autoproclamé « quotidien progressiste indépendant », un article était consacré à l’interview antisémite, avec pour titre… « Karel De Gucht brave les tabous » !

Mais surtout, il était illusoire de s’imaginer que Karel De Gucht serait obligé de démissionner de la Commission Européenne. Avec sa sortie sur le « lobby juif » aux USA, il est en plein dans l’idéologie montante de l’impérialisme, et pas du tout « à la marge ».

D’ailleurs, la représentante de la Commission Européenne pour les affaires étrangère, Catherine Ashton, a aussitôt pris la défense de Karel De Gucht, en se disant « persuadée qu’il n’avait aucune intention d’offenser quiconque ». Difficile à croire, puisqu’il est parlé explicitement du « Juif moyen qui ne vit pas en Israël » dans les déclarations de De Gucht…

De plus, on a appris avant-hier par la voix d’un porte-parole européen que José Manuel Barroso, le président de la Commission Européenne, couvrait également la sortie antisémite de son collègue, « sur base des réassurances apportées par Karel De Gucht auprès du président Barroso ».

Pour ceux qui s’imaginent combattre l’antisémitisme en s’intégrant au sein des institutions, qu’elles soient européennes ou françaises, l’échec est clair.

Les institutions étatiques ne sont pas neutres, elles sont des outils au service des classes dominantes, et dans ces classes dominantes, la tendance est au racisme et à la barbarie. Le rôle de la crise capitaliste est à comprendre de manière urgente.

Ceux qui, comme le Crif en France ou le CCOJB en Belgique, s’adressent aux institutions étatiques quand leurs dirigeants dévoilent leur racisme, finissent donc par tomber des nues : non seulement l’antisémitisme s’exprime dans les institutions, mais en plus il se retrouve couvert par les plus hauts cadres de l’impérialisme.

Et pourtant, les institutions juives persistent dans leurs illusions, en faisant notamment confiance à un raciste comme Hortefeux quand, à l’occasion de Rosh HaShana, il prétend combattre l’antisémitisme.

Bien entendu, les illusions bourgeoises sont dans la nature même des institutions juives, qui sont des organismes adoubés par l’État français pour quadriller et maintenir son hégémonie sur la minorité nationale juive.

Voilà pourquoi il est en vérité incorrect de parler d’illusions bourgeoises à propos des institutions juives, du moins à propos de leurs cercles dirigeants : il ne s’agit pas d’illusions, mais bien de ce qu’on appelle une « proposition stratégique » précise, qui s’oppose à d’autres voies dans la bataille contre l’antisémitisme.

Le problème, c’est bien que les institutionnels juifs profitent de leur hégémonie, en distillant le poison du légitimisme et de la confiance en l’État.

Les institutions juives espèrent ainsi instaurer un rapport de dépendance des masses populaires juives envers l’État français, et se posent en intermédiaires incontournables.

Alors quand les illusions institutionnelles volent en éclats de par leur échec annoncé, il ne reste que l’idéologie du repli pour espérer faire face à l’antisémitisme – là encore de façon totalement illusoire.

Les illusions institutionnelles et le « sionisme radical » sont au final deux aspects de la même réalité sociale : la mise en dépendance des masses populaires juives envers la bourgeoisie.

L’idéologie des institutions prétend encadrer les masses juives « par en haut » et est en plein effondrement, tandis que le « sionisme radical » prétend encadrer les masses juives « par en bas » et finira par exploser en vol.

Si elle ne se place pas du point de vue des couches populaires de la minorité juive, la critique (finalement très répandue) des institutions juives ne sait plus à quoi se rattacher, et tombe fatalement dans l’idéologie illusoire du repli : communautarisme, sionisme, racisme, alliance avec l’extrême-droite, etc.

Voilà pourquoi Hapoel met en avant le principe stratégique de l’autonomie populaire, de l’autonomie de classe.

Car l’antisémitisme explose, parallèlement à la crise capitaliste et avec l’appui de la bourgeoisie impérialiste ; et de ce fait, toute proposition stratégique qui ne comprend pas ce que sont le capitalisme et sa crise générale est nécessairement vouée à l’échec.

Face à la tendance historique à l’antisémitisme, les initiatives populaires contre l’antisémitisme ne doivent se soumettre ni aux institutions de l’État, ni aux institutions de la communauté, ni à l’idéologie populiste du repli.

Les initiatives contre l’antisémitisme doivent partir de la base en se constituant en groupes autonomes, puis s’unir et s’organiser. Elles doivent compter sur leurs propres forces, sur les forces et la créativité infinie des masses populaires.

Juif ! Juive !
Rejette le légitimisme et les illusions institutionnelles !
Rejette son jumeau, l’idéologie du repli « sioniste radical » !
Rejoins la bataille pour l’autonomie populaire, contre l’antisémitisme !

Pas de compromis contre le racisme, pas de discussion !

Le fascisme, une invention française – Zeev Sternhell

« C’est aussi en France que l’on constate dans toute son ampleur ce phénomène-clef du fascisme : le passage de gauche à droite d’éléments socialement avancés, mais violemment opposés à l’ordre libéral. Car le fascisme est allé puiser tant dans la gauche que dans la droite et, parfois, dans certains pays, beaucoup plus dans la gauche que dans la droite.

Il ne s’agit point ici d’un phénomène spécifique à la France : le comportement du ministre travailliste Oswald Mosley, la pléiade de syndicalistes italiens autour de Mussolini ou l’accueil réservé au nazisme par Henri de Man recoupent les réactions des militants du Parti populaire français ou du Rassemblement national populaire.

Cependant, depuis les radicaux d’extrême gauche, au temps du boulangisme, jusqu’à Déat et Doriot et les milliers de militants socialistes et communistes qui gravitent autour d’eux, en passant par Sorel, Lagardelle et Hervé, nul autre pays que la France n’enregistre de revirements aussi nombreux et aussi spectaculaires. Nul autre parti ne perd en faveur d’un parti fasciste un tel nombre de membres de son bureau politique que le PCF.

Du boulangisme à la collaboration, la gauche française ne cesse d’alimenter les formations de droite et d’extrême droite, les mouvements préfascistes ou déjà pleinement fascistes.

C’est là une constante de la vie politique française ; c’est là un des éléments essentiels de l’explication de la genèse et de la nature du fascisme français.

Ce phénomène culmine, il importe d’y insister, bien avant la collaboration. [...] Au contraire, il constitue l’aboutissement logique et naturel d’une évolution politique et intellectuelle vieille déjà d’un demi-siècle.

Le fascisme français se présente ainsi comme un phénomène autonome, possédant ses propres racines et ne devant rien à l’étranger.

Si imitation il y a c’est de la part des Italiens, y compris Mussolini, venu chercher l’inspiration chez les syndicalistes révolutionnaires et les nationalistes français.

Le fascisme français, héritier direct de Barrès et de Drumont, de Sorel et de Janvion, de Berth et de Biétry, se distingue aussi par la richesse de ses variantes et de ses courants.

C’est en France, plus encore qu’en Italie, que le fascisme présente une diversité qui permet mieux qu’ailleurs d’en dégager un paradigme, un « type idéal ».

Il contient notamment, d’une manière quasi parfaite, les deux courants majeurs du fascisme : un fascisme mystique et romantique, et un fascisme « planiste » et technocratique.

Un fascisme qui est une révolte contre les bassesses de la vie bourgeoise, contre ses valeurs et son régime, et un fascisme qui découle en droite ligne d’une crise du socialisme, provenant elle-même de l’impuissance du marxisme à répondre au défi que présente la crise du capitalisme.

La littérature fasciste de l’entre-deux guerres – Drieu, Brasillach, Rebatet ou Céline – n’a que fort peu de choses à ajouter aux thèmes développés par Barrès, Le Bon, Drumont, Berth ou Sorel. Mis à part le motif ancien combattant et les références à Rome ou à Berlin, on croirait avoir sous lyeux une version modernisée du Testament d’un antisémite ou des Cahiers du Cercle Proudhon.

Comme le mouvement de révolte du tournant du siècle, comme le syndicalisme révolutionnaire, le fascisme puise son dynamisme dans son refus total de la société bourgeoise, de ses structures politiques et sociales, de ses valeurs morales.

Il se veut générateur d’une civilisation nouvelle qui remplacerait complètement la civilisation libérale et bourgeoise, rationaliste et individualiste.

Reprenant mot pour mot – probablement sans le savoir – les critiques que formulait déjà la génération de 1890, Marcel Déat remonte à la source du mal, telle que la percevaient déjà les hommes de la fin du siècle.

Il s’attaque au « libéralisme économique qui est un matérialisme bourgeois auquel fera pendant le matérialisme ouvrier du marxisme, tous deux incontestablement fils du rationalisme » ; il stigmatise ce rationalisme « bardé de fer et chargé de catastrophes » qui est un « refus de tout aristocratisme, négation de la hiérarchie, négation de la personne, négation de l’État en tant qu’outil de la communauté ».

C’est contre ce vieux monde des droits naturels, de l’individualisme, des menaces anarchiques, de la matière et de la raison que se lève le fascisme. »

Zeev Sternhell, « La droite révolutionnaire (Les origines françaises du fascisme, 1885 – 1914) »

La barbarie vient du « centre de la société » – PCMLM

Les actes de barbarie et les humiliations prennent leur source dans le capitalisme et se multiplient à l’époque de la crise générale

L’actualité offre de multiples occasions de s’apercevoir très concrètement de la logique mécanique de la bourgeoisie soulignée par Contre-Informations.

La bourgeoisie a un esprit segmentant qui constate simplement la répétition d’évènements sordides. Dans l’idéologie dominante du capitalisme, chaque cas de barbarie qui sort dans l’actualité existe en lui-même et leur répétition crée une dynamique réactionnaire favorable au « retour à l’ordre ».

Ce retour à l’ordre s’interprète dans un une logique sociale-démocrate (le mythe du « capitalisme à visage humain », de la « paix sociale » évitant les actes de barbarie) ou dans la logique terroriste et punitive du fascisme appuyant une dictature ouverte de la bourgeoisie via la police et l’armée. Et il est facile de voir que ces deux tendances se renforcent l’une l’autre et que les « débats » proposés par la « démocratie » bourgeoise se résument à un aller-retour entre ces deux pôles qui sont les deux aspects de la même dynamique réactionnaire.

Face à cet opportunisme des frères jumeaux social-démocrate et fasciste qui vise au final à pérenniser l’ordre horrible du capitalisme, la science MLM affirme que le capitalisme lui-même engendre inévitablement la barbarie dont témoignent les faits d’actualité.

Par exemple, deux jeunes femmes (16 et 27 ans) ont été placées en détention provisoire et trois autres  adolescentes (14, 15 et 17 ans) mises sous contrôle judiciaire car elles sont soupçonnées d’avoir brutalisé une femme de 29 ans à son domicile à Saint-Quentin (Aisne).

Cette dernière a subi des tortures et d’ignobles sévices sexuels avec une volonté manifeste d’humiliation. Elle a ainsi été forcée d’ingurgiter un tampon usagé et ses agresseuses lui ont mis un balai WC dans la bouche. La victime a également été violée avec des objets.

Cette femme aurait subi ce déchaînement de barbarie pour être devenue la nouvelle petite amie de l’ancien compagnon  de la tortionnaire la plus âgée.

Il est évident que ces humiliations ne sont pas déconnectées de l’enfer capitaliste. Les humiliations revêtent un caractère sexuel très prononcé qui porte la marque flagrante du patriarcat.

Ainsi, le viol avec objet renvoie à la négation de la sexualité des gays considérée comme « repoussante » par le patriarcat et constitue un signe de domination volontairement avilissant dans un rapport fasciste de « fort » à « faible » (voir cet article de Révolution).

Les humiliations recourant aux déjections (urine, excrément) ou, de manière encore plus flagrante, au sang menstruel, sont des composantes de l’idéologie patriarcale qui exacerbe la compétition individualiste avec la volonté de soumettre une personne dominée, rabaissée à un « rang » inférieur.

Ce genre d’humiliations fait donc partie prenante de l’idéologie dominante du capitalisme et sont même intégrées dans les institutions de l’Etat bourgeois comme rituel initiatique légitimant son acceptation dans un clan d’ « élite », selon une conception tribale qui peut ensuite se traduire par les copinages mafieux et les « services » rendus entre bourgeois.

C’est ainsi que les grandes écoles où se forment les « élites » bourgeoises possèdent très fréquemment des journées de bizutage, parfois rebaptisées WEI (week-end d’intégration), où l’obsession sexuelle joue un rôle fondamental. Il s’agit bien à chaque fois de ramener le « nouveau » à son statut « inférieur » et établir ainsi une hiérarchie verticale basée sur l’obéissance, comme dans le modèle fasciste.

On peut aussi penser à la mise à nu et au toucher rectal pratiqués abusivement en garde-à-vue pour traumatiser et tenter de briser la résistance à l’ordre inique du capitalisme.

Les actes de barbarie et les humiliations représentent donc une partie intrinsèque du capitalisme lui-même qui se multiplient avec la progression du fascisme concomitante de la crise générale.

Ainsi, le procès de Jean-Pierre Planqueel (32 ans), Franck Julien (39 ans), Arnaud Frapech (30 ans), Barbara Jean-Louis (28 ans) et Aurélie Piteux (24 ans) s’est ouvert lundi pour le meurtre barbare de William Modolo en 2006 à Saint-Cannat, à une vingtaine de kilomètres d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

William Modolo, un jeune homme de 21 ans, avait été tabassé pendant plusieurs jours, violé, brûlé à plusieurs endroits, subi l’arrachage de 15 dents avant d’être tué par lapidation (le gang des tortionnaires ayant voté pour son exécution).

William était un peu gros et considéré comme « trop gentil », c’est-à-dire « faible » selon la mentalité patriarcale où le fait d’écraser les autres et de se montrer cassant est valorisé car il faut survivre dans une optique social-darwiniste.

Cette barbarie naît au cœur du capitalisme et se révèle encore plus avec la montée du fascisme. Le capitalisme est tellement immonde dans son indifférence à l’humain qu’un membre de l’élite bourgeoise comme Eric Woerth se permet même de manipuler de justes émotions à son avantage en se déclarant lundi victime d’une « sorte de lapidation médiatique ».

Woerth sait pertinemment que le mot de « lapidation » est dans l’actualité en raison de l’ouverture du procès de William Modolo et du cas de Sakineh Mohammadi-Ashtiani. Son utilisation opportuniste de ce terme révèle toute l’indécence et l’indignité de la bourgeoisie complice de la barbarie capitaliste.

Les actes de barbarie et les humiliations sont les expressions du capitalisme qui ne cesseront qu’avec la victoire de la révolution socialiste.

De la révolution socialiste émergera une société sans compétition et cruautés, où l’amour est un sentiment vrai qui n’est pas l’objet de concurrence, une société  d’humains libres de toute exploitation, « une communauté humaine universelle, formant une société d’artistes et de savants, qui vivent en harmonie avec la biosphère, célébrant la vie et se considérant comme les enfants du soleil ».

George Mosse et la culture « völkisch »

George Mosse (1918 – 1999) était un historien américain d’origine allemande juive, qui a mené ses travaux sur les origines idéologiques du national-socialisme et sur l’antisémitisme. Ce texte est extrait de la présentation qui lui est consacrée dans la brochure « Antifascisme », disponible en PDF.

La culture a joué un énorme rôle dans le triomphe du fascisme, cela se voit particulièrement si l’on compare les pays où il a triomphé avec les pays où il a, à l’opposé, été écrasé. Mosse a particulièrement étudié la culture « völkisch », le terme « Volk » signifiant « peuple » en langue allemande et le suffixe « isch » marquant l’adjectif.

« Völkisch » ne signife donc pas « populaire », mais en quelque sorte relevant du peuple, issu du peuple ; en pratique il s’agit d’un mélange de folklore, de mysticisme et d’idéologie. Le folklore a su garder une place majeure dans les sociétés germanophones, et l’idéologie völkisch tente d’intégrer celui-ci dans une véritable vision du monde mêlant le corps et « l’esprit ».

Selon les théoriciens völkisch, la nature de l’âme d’un peuple est déterminée par son paysage d’origine, qui a façonné son ethnie. Les Juifs sont ainsi vus comme venant du désert et par conséquent superficiels, « secs », sans « profondeur » ni « créativité », alors que les Allemands seraient naturellement liés aux forêts sombres et brumeuses, donnant un esprit profond, « mystérieux ».

Pour certains théoriciens nazis, on retrouve l’image du jour sacré et du soleil chez tous les « Aryens », car ils viennent du grand Nord où le jour se fait attendre quasiment toute l’année en raison de la nuit polaire. Pareillement, selon le philosophe Heidegger, les Allemands ont pris le relais des Grecs et sont le peuple « métaphysique » par excellence : il faut (soi-disant) être et penser en allemand pour « être » vraiment.

Mosse a bien vu que cette culture völkisch, en Allemagne et en Autriche (et ce par ailleurs jusqu’à aujourd’hui), a un caractère de masse ; elle forme un courant idéologique clairement présent parallèlement à la culture folklorique.

On retrouve par ailleurs le même genre de conceptions chez Rudolf Steiner, un des grands « penseurs » mystiques de cette période et créateur de l’anthroposophie, ou encore chez les « théosophes ».

En Allemagne, le mouvement autonome (antifasciste) a longtemps travaillé cette problématique du « milieu [ou centre] de la société », ces valeurs diffuses « socialement acceptables » et contrôlées par les fascistes. Dans cette perspective similaire de travail sur la culture, Mosse repère toute la littérature allemande du 19ème siècle particulièrement marquée par un antisémitisme forcené.

« L’évolution de ce sentiment, ainsi que le changement dans la façon de percevoir la nature du Juif, apparaissaient avec éclat dans la littérature populaire. L’expression la plus célèbre de ce stéréotype apparaît dans « Débit et crédit » de Freytag (1855).

Veitel Itzig incarnait toutes les qualités associées au Juif par la pensée « völkisch ». Celui-ci était laid, avare et dépourvu de toute humanité. Être déraciné, il gravissait impitoyablement les échelons de la réussite par des procédés déloyaux. Face à Itzig se trouvait l’apprenti allemand qui conservait sa droiture en se frayant son chemin dans le monde et dont l’enracinement était démontré par son honnêteté et son sens des responsabilités. »

(Les racines intellectuelles du Troisième Reich)

Mosse a bien compris que le message antisémite des nazis avait eu un terreau fertile profitant de dizaines d’années de propagande, voire même des siècles avec l’antisémitisme religieux du christianisme. Le « meurtre rituel » est un thème revenant souvent dans la propagande antisémite en Allemagne et en Autriche ; l’antisémitisme a de fait toujours été présent et la culture völkisch ne fait que généraliser culturellement un préjugé déjà là.

« La déshumanisation du Juif est peut-être l’un des développements les plus importants dans l’évolution de l’idéologie « völkisch ». [...] On se demandait si, le Juif étant dépourvu d’une âme véritable, il pouvait être considéré comme un être humain. [...]

C’est ainsi que, dans toute une série de romans populaires, les personnages juifs étaient dépourvus de toute qualité humaine et subissaient un sort misérable, victimes de leurs pulsions égocentriques pour le pouvoir. La personnification du mal dans le Juif à travers ses caractéristiques profondes fut renforcée par l’accent mis sur son apparence extérieure. La race, après tout, était un critère absolu. Les propriétés physiques du Juif furent donc opposées à l’idéal de beauté germanique ; une silhouette tordue, corpulente, avide et sensuelle, reposant sur des jambes courtes, et, bien sûr, le « nez juif », étaient comparés à la silhouette esthétiquement proportionnée de l’homme nordique.

Certes, de tels stéréotypes existaient depuis les XVIème et XVIIème siècles, mais à l’époque ils n’étaient pas aussi déterminants. Au cours des siècles précédents, le Juif était encore représenté comme un personnage comique, quoique grotesque. Dans l’image que mettait en avant la pensée « völkisch », il menaçait de maintenir les Allemands en servitude. »

(Les racines intellectuelles du Troisième Reich)

Juifs et Roms, au-delà des nations

[Un extrait d'un document de 2004 du Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste (PCMLM).]

Avec le développement de la production marchande et de l’échange, le clergé lui-même se livra à l’usure pour laquelle l’Église se montra de plus en plus indulgente.

La question de l’usure est importante, car l’Église a permis la naissance et le développement de l’antisémitisme. Les communautés juives ghettoïsées se virent en effet attribuer le rôle d’usuriers, interdit aux chrétiens.

L’image antisémite du Juif capitaliste provient de là. Historiquement cette image s’est mélangée avec celle du « peuple responsable de la mort du Christ » diffusée par l’Église. Par la suite vint l’image du « Juif communiste », qui se rajoutera au cliché antisémite.

En revendiquant une nationalité et une culture par-delà les frontières des pays et des classes, c’est-à-dire en définissant une communauté humaine en dehors des États nationaux, les communautés juives ont été une cible principale des idéologies bourgeoises nationales.

Cela a été particulièrement fort là où les États nationaux n’avaient pas encore atteint leur unité.

Dans la conception nazie de l’État capitaliste centralisé, les communautés « transnationales » juives, roms et sintis (« tziganes ») apparaissaient comme internationalistes et proches du communisme dans leurs principes communautaires.

Ce phénomène de liquidation de populations apparaissant comme des obstacles à l’unification nationale selon les principes capitalistes – parce qu’elles ont conservé des traits communautaires antérieurs au capitalisme – n’est pas un phénomène exceptionnel.

Il est lié aux contradictions du rapport entre féodalité et capitalisme ; il est ainsi encore d’actualité pour la majorité des peuples du monde, encore prisonniers des rapports féodaux.

Il a pris et prend souvent un caractère génocidaire : liquidation des Juifs d’Espagne ; liquidation des communautés samis (« lapones ») en Europe du Nord ; liquidation des Native Americans en Amérique du Nord ; liquidation des communautés indiennes en Amérique centrale et du Sud, etc.

Blanrue lance une pétition pro-négationniste – PCMLM

Offensive fasciste : la pétition de Paul-Éric Blanrue pour l’abrogation de la loi Gayssot et la libération d’un nazi

Paul-Éric Blanrue a lancé vendredi une pétition, largement diffusée sur le net, pour l’abrogation de la loi Gayssot et la libération du négationniste Vincent Reynouard. Cette pétition intervient une semaine exactement après la publication d’un billet de Blanrue en faveur de ce même Vincent Reynouard.

Nous reviendrons sur le texte de la pétition dans un deuxième temps, car il est d’abord nécessaire de rappeler  certaines caractéristiques du fascisme à l’époque de la crise générale du capitalisme, en commençant par le cas révélateur de Paul-Éric Blanrue.

Blanrue est un fasciste dans la veine social-chauvine « de gauche », un peu à l’image du maire de Vénissieux André Gérin, membre du P « C » F (Blanrue serait lui-même membre du P « C » F ce qui n’est pas étonnant). Dans une attitude typiquement fasciste, Blanrue se targue d’être un rebelle détenteur d’une vérité qui « dérange » le pouvoir mais adopte une position totalement soumise envers l’idéologie bourgeoise républicaine et l’impérialisme français.

Dans sa pétition, Blanrue construit ainsi tout son argumentaire autour de l’idée fantasmée de liberté d’expression, sorte d’héritage sacrée de la Révolution et de la République.

De même, Blanrue est connu pour son livre « Sarkozy, Israël et les juifs » dont la soi-disante interdiction de publication à la sortie lui a permis opportunément de se faire une gigantesque publicité en se présentant de manière populiste comme une victime du « système ». Il va de soi, bien sûr, que le livre a été publié depuis et se trouve très facilement dans toutes les librairies.

Il faut bien saisir que, loin d’être muselés, les fascistes profitent au contraire à fond de la crise générale du capitalisme et du soutien de la bourgeoisie impérialiste.

Paul-Éric Blanrue, comme tous les fascistes, se présente en « électron libre », en « esprit indépendant », mais n’est en vérité rien d’autre qu’un lèche-botte servile de l’impérialisme français. Il est donc fort logique que Blanrue exprime son admiration pour de Gaulle, la grande figure de la bourgeoisie impérialiste française.

Sans surprise, Blanrue est adepte de l’argumentaire anti-américain typiquement français défendant une France forte, souveraine et indépendante, comme au temps de de Gaulle selon une vision fétichiste de l’histoire.

Ce néo-gaullisme est une option stratégique de la bourgeoisie impérialiste qui, à l’époque de la crise générale du capitalisme, prend inévitablement le pas sur sa concurrente, la bourgeoisie industrielle, comme nous l’avons expliqué à de nombreuses reprises (par exemple : 123).

Blanrue est à ce point affilié à l’impérialisme français qu’il soutient, au même titre qu’un Dieudonné, le régime fasciste d’Ahmadinejad en Iran, pays semi-colonial semi-féodal soumis aux intérêts de l’impérialisme français.

Les fascistes, dépourvus de toute science dialectique et englués dans le nationalisme, s’enfoncent inévitablement dans une vision binaire des plus primaires. Ainsi, les fascistes conçoivent la France comme un pôle idéal de résistance face aux Etats-Unis.

Cette vision du monde binaire se reflète par exemple dans les propos de Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch se rendant  à Tokyo au sanctuaire Yasukuni dédié en partie à la mémoire de fascistes japonais responsables d’atrocités lors de la conquête impérialiste d’une partie de l’Asie (on peut citer par exemple le massacre de Nankin).

Citant au passage le collaborateur Robert Brasillach (« le sang qui a coulé est toujours un sang pur »), Le Pen et Gollnisch ont évoqué les bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki, ce dernier déclarant : « Il y a les bons et les mauvais criminels de guerre. Les bons criminels de guerre, ceux-là qui sont pardonnés, sont les vainqueurs. C’est ceux qui ont bombardé et fait éclater sous des chaleurs de trois mille degrés les femmes, les vieillards, les enfants, de Hiroshima, de Nagasaki, de Dresde ou d’ailleurs. Ca, ce sont les bons. Et puis il y a les mauvais, c’est dans le camp des vaincus ».

On voit très bien que le fascisme, dans sa vision nationaliste binaire, oppose Japon et Etats-Unis, renvoyant dos à dos les atrocités commises pendant la guerre.

Contrairement à cette articulation binaire de la pensée, la science dialectique du marxisme-léninisme-maoïsme comprend que les atrocités de l’impérialisme japonais et de l’impérialisme US sont deux versants de la même réalité ignoble de l’impérialisme et le produit des contradictions entre puissances impérialistes. Tout comme l’attitude de de Gaulle correspond à une opposition stratégique de la bourgeoisie impérialiste française à l’impérialisme allemand nuisible à ses intérêts, et non à la lutte à mort idéologique contre le fascisme et le nazisme menée par les partisans communistes et l’Armée rouge.

Comme nous avons analysé la logique binaire (totalement ignorante de la dialectique) des fascistes et leur dévouement envers l’impérialisme français, nous pouvons maintenant revenir à la pétition de Blanrue pour l’abrogation de la loi Gayssot et la libération du négationniste Vincent Reynouard.

Le texte de Blanrue se veut une défense de la liberté d’expression, mise en danger selon lui par la condamnation à un an de prison ferme du nazi Reynouard niant dans une brochure la réalité du génocide perpétré par les nazis contre les juifs et les Roms.

Pour Blanrue, nier la réalité d’un crime et insulter la mémoire de populations exterminées (juifs, roms, homosexuels, handicapés mentaux…) relève donc d’une « liberté » de s’exprimer. On voit bien là que Blanrue est un bourgeois au service de l’exploitation capitaliste qui, à l’époque de la crise générale, se mue en fascisme.

En effet, la société capitaliste est une guerre de tous contre tous où s’exercent la domination et l’oppression entre les êtres humains, et l’exploitation de la classe dirigeante bourgeoisie sur le prolétariat.

La brochure de Vincent Reynouard n’est ainsi en rien l’expression d’une liberté mais un acte d’oppression, une déclaration de guerre à la dignité humaine, à la vie elle-même.

Le capitalisme souille l’idée même de « liberté ». A cette période de putréfaction totale du capitalisme dans laquelle ils prospèrent, les fascistes comme Blanrue sèment la confusion en faisant passer un acte d’oppression pour une liberté.

Le capitalisme pervertit et saccage tout à l’époque de sa décadence complète : il est donc logique que la liberté perde son sens de libération et devienne synonyme d’oppression, de terreur, de haine, d’humiliation, de domination.

La « liberté » qu’affichent fallacieusement les capitalistes et les fascistes comme Blanrue n’est rien moins que la possibilité revendiquée pour les exploiteurs capitalistes d’opprimer le peuple, d’en terroriser une partie en s’ouvrant le chemin du génocide !

Les fascistes sont du côté des exploiteurs capitalistes pour continuer plus que jamais à diviser le peuple, à l’asservir !

Il est nécessaire de comprendre que l’abrogation de la loi Gayssot, qui interdit la négation de crimes contre l’humanité, est l’obsession des fascistes qui pensent qu’il est temps désormais de débrider leur barbarie génocidaire.

La loi Gayssot a été adoptée sous la pression des masses, mais elle ne constitue qu’un faible verrou, faible car intégré dans le dispositif du légalisme bourgeois. De plus, dans le contexte des contradictions grandissantes au sein de la bourgeoisie, la loi Gayssot subit les assauts de la bourgeoisie impérialiste, porteuse du fascisme, qui supplante progressivement la bourgeoisie industrielle.

Le peuple ne s’en remet pas au légalisme d’un capitalisme de plus en plus croupi car seule la révolution socialiste est capable d’incarner ses aspirations à une vie libérée.

La liberté du peuple est celle de se débarrasser des exploiteurs capitalistes et de leurs engeances fascistes.

La liberté ne peut se concevoir sous le joug barbare du capitalisme et de son avatar fasciste, voilà pourquoi la révolution socialiste l’anéantira impitoyablement !

Ne laisse plus rien passer !

Expulsion de Roms à Montreuil – PCMLM

Voynet tente de se racheter, encore une fois aux dépens des Roms !

C’est à un acte typiquement social-démocrate de piraterie politique auquel on peut assister.

Dominique Voynet a affirmé hier :

« On peut parler de déchéance morale de la part du président de la République, il est totalement irresponsable de montrer du doigt de la sorte des communautés entières sans faire la moindre distinction. »

« Ces familles ne choisissent pas, en général, de se rabattre sur des squats, encore moins dans des camps de fortune. L’Etat a l’obligation de trouver des solutions de relogement lorsqu’il expulse, il ne peut pas se reposer sur les villes. »

Pourquoi raconte-t-elle cela ? Pour une raison simple : son masque est tombé en novembre 2009.

Il faut se souvenir pour cela l’expulsion des Roms dans la ville de Montreuil dont Dominique Voynet est maire, à l’occasion… du salon du livre et de la presse de la jeunesse, en novembre 2009.

L’entrée des VIP se situait juste en face du terrain vague où se trouvaient les Roms…. On peut voir une explication de tout cela sur cette page.

On peut aussi voir Voynet dans une vidéo alors qu’elle est interpellée au Salon du Livre de la jeunesse, se défausser sur le propriétaire du terrain. Mais on voit clairement qu’elle se défausse, elle ne fait preuve d’aucune compassion assumée, ne soutient pas la solidarité…

Tout comme lors du discours d’inauguration (voir la vidéo, à partir de la 5ème minute), où elle tente de se justifier en disant qu’elle ne pouvait rien régler, en appelant même « au secours ! » l’État !!!

Tout en assumant que des enfants aient à dormir dehors la nuit… et en laissant le service d’ordre expulser le contradicteur !!!

Les Roms se sont par la suite vuEs évacuer plusieurs fois. Dans un communiqué tardif qu’elle a publié, Voynet se défausse sur l’Etat, car les municipalités ne peuvent pas tout. C’est une tactique social-démocrate éprouvée, visant à faire en sorte que le peuple soutienne la social-démocratie pour que celle-ci parvienne au gouvernement.

Dans ses propos d’hier, Voynet fait pareil, mais justement en tentant de se racheter !

En effet, des Roms évacuées à Montreuil donc se sont alors installéEs dans une maison abandonnée de Montreuil, avant d’être expulsé ce vendredi 30 juillet.

Cette fois donc, Voynet organise une conférence de presse, où elle accuse l’État de ne rien faire.

En jouant sur deux tableaux :

a) comme quoi la social-démocratie elle au moins est humaniste :

« A Montreuil, nous travaillons depuis près de deux ans à l’insertion d’environ 350 Roms, au travers de camps d’insertion qui coûtent quasiment un million d’euros à la ville chaque année. Cette politique n’est pas toujours facile à expliquer et le discours tenu au sommet de l’Etat ces derniers jours la met clairement en danger. »

b) comme quoi il faut respecter la propriété:

« Les propriétaires sont Montreuillois et voulaient détruire le pavillon pour en construire un nouveau et s’y installer, c’est légitime, en revanche ce qui l’est moins c’est de ne pas offrir de solution pérenne de relogement aux familles expulsées. »

Nous, communistes, nous disons : des gens qui ont les moyens de procéder à une destruction et une construction ont les moyens de se préoccuper de sorts de familles expulsées ! Mais on reconnaît la morale digne du Far West des propriétaires.

Et des gens comme Voynet pourraient organiser la solidarité, mais ils n’ont ni l’envie, ni la culture, et ils méprisent le peuple en qui ils n’ont aucune confiance (contrairement à l’Etat bourgeois, bien entendu).

Voynet est une social-démocrate : au lieu de lancer un appel internationaliste à l’échelle du peuple, elle joue du populisme par rapport à l’Etat… Et encore une fois sur le dos des Roms !

Les Roms sont clairement victimes du fascisme, et la social-démocratie n’est qu’une autre facette de la même médaille réactionnaire !

Que vive la solidarité internationaliste avec les Roms, sur une base de classe, une base populaire et antifasciste ! Adopte le mot d’ordre du PCMLM : « Il n’y aura pas de nouvel holocauste ! »