Archives de janvier, 2012

Marine Le Pen chez les nazis autrichiens, le jour du souvenir de l’holocauste

Voici un article publié samedi dans le média révolutionnaire Voie Lactée, expliquant de manière très claire et détaillée la nature du « bal » auquel s’est rendue Marine Le Pen le vendredi 27 janvier. Entre-temps, Jean-Marie Le Pen a eu le temps d’affirmer que ce bal, auquel il s’est lui-même déjà rendu, « c’est Strauss, sans Kahn, si vous voulez ». La dimension antisémite saute bien entendu aux yeux, « Kahn » étant l’un des équivalents du nom « Cohen ».

Ainsi, quand il est parlé ici de nazis, c’est des nazis sérieux et « propres sur eux » de la haute-bourgeoisie autrichienne, pas du stéréotype du skinhead nazi alcoolisé que se plaisent à resservir tous ceux qui sont opposés, d’une manière ou d’une autre, à la lutte antifasciste. Stéréotype qui est de toute façon dépassé depuis longtemps par l’émergence sérieuse (du moins en Allemagne et en Europe de l’Est) des nazis « nationaux-autonomes ».

Or une fraction nazie de la bourgeoisie + un mouvement se présentant comme massif et pseudo-révolutionnaire = un mouvement politique fasciste ayant effectué sa synthèse, et historiquement mûr pour conquérir la société et l’appareil d’État.

Honte à ceux qui pactisent avec Marine Le Pen et le Front National. Honte à ceux qui refusent de prendre position et qui s’imaginent louvoyer avec le fascisme.

Marine Le Pen dans la valse de Vienne avec les nazis autrichiens, le jour du souvenir de l’holocauste

C’était prévu depuis quelques temps déjà, mais cela n’a été révélé qu’au dernier moment : Marine Le Pen est allé rejoindre un des nombreux bals qui se tiennent à Vienne en cette saison.

Ces bals, où l’on danse dans des habits d’apparats, se déroulent par corporations (par « métiers » organisés en syndicats corporatistes).

Cette tradition, relevant de l’idéologie aristocratique, puis catholique-corporatiste (appelé historiquement l’austro-fascisme), fait partie de la culture nationale-bourgeoise autrichienne ; elle a même été la semaine dernière intégrée dans la liste du « patrimoine immatériel » de l’Autriche par l’UNESCO (la section culturelle de l’ONU).

Mais elle a été enlevée aussi sec, car parmi les bals choisis, il y a un bal qui est celui… des nazis.

C’est à ce bal qu’est allé Marine Le Pen, « en douce » du côté français alors que sa venue est annoncée depuis plusieurs jours dans les milieux ultra-nationalistes et pangermanistes autrichiens.

Car le bal auquel a participé Marine Le Pen est celui des corporations étudiantes pangermanistes, c’est-à-dire pour parler clairement, national-socialiste.

Les personnes s’intéressant à l’histoire de l’Autriche peuvent consulter notre document « Fascisme et concurrence au sein de la bourgeoisie : schéma général de l’exemple autrichien. »

Sinon, pour faire court, la bourgeoisie autrichienne est divisée en deux fractions faisant face à la social-démocratie (qui elle a toujours contrôlé la ville ouvrière de Vienne, appelée ainsi « la rouge »).

La première fraction est catholique-cléricale, c’est l’austro-fascisme ; la seconde est pour le rattachement à l’Allemagne et soutient l’idéologie national-socialiste.

L’Autriche est dominée depuis 1945 par un compromis entre social-démocratie et les catholiques-cléricaux, mais la fraction national-socialiste a toujours été d’une force extrême.

Leur culture passe par des corporations étudiantes, qui fonctionnent comme des clubs de pensée et d’influence pangermaniste – national-socialiste.

Pour les intégrer, il faut bien entendu être « aryen » et passer par une étape obligée : un affrontement à l’épée, où les mains et le visage ne sont pas protégés.

Les cicatrices au visage font ainsi partie des signes de reconnaissance de l’appartenance historique à ces corporations, dont les traditions se perpétuent bien après les études, dans des clubs de « vieux monsieurs » qui forment le noyau dur de l’appareil idéologique national-socialiste.

Cet appareil n’est pas officiel car le national-socialisme et le pangermanisme sont interdits en Autriche, mais de par leur caractère grand bourgeois, cet appareil est absolument intouchable.

C’est l’un de ces « vieux messieurs » qui a invité Marine Le Pen à venir. Ancien de la corporation « Olympia », Martin Graf est l’un des principaux dirigeants de la formation d’extrême-droite FPÖ (qui peut tabler grosso modo sur un ¼ des voix aux élections).

Et il est la grande figure de l’extrême-droite du FPÖ…

Il n’aura pas le seul « ultra » au bal, puisqu’il s’agit d’une fête énorme de l’extrême-droite européenne, se déroulant d’ailleurs dans le plus grand palais historique de la monarchie autrichienne, la Hofburg, en plein centre de la ville, donnant d’ailleurs sur « La place des héros » qui est l’endroit où Hitler a tenu son discours après l’annexion de l’Autriche (« l’anschluss »).

Le Front National a tenté de se dédouaner dans un communiqué faisant suite à divers articles dans la presse française (qui a réagi promptement non pas tant par antifascisme que par tradition anti-allemande et anti-autrichienne).

Voici le communiqué du Front National :

Communiqué de Presse du Front National

Contrairement à plusieurs informations fantaisistes, Marine Le Pen à été invitée à un des plus célèbres et des plus traditionnels bals de Vienne. Les élucubrations répandues par certains médias relèvent de la diffamation pure et simple et se font le relais de l’extrême gauche autrichienne qui depuis des années cherche à faire interdire tous les bals viennois, symboles à leurs yeux, du respect des traditions autrichiennes. Participent à ce bal des personnalités et des élus de toutes origines. Des journalistes seront d’ailleurs présents à cette soirée mondialement connue.

Mais là où le Front National montre sa mauvaise foi (et la presse française son faux anti-fascisme), c’est par l’oubli que le 27 janvier est en Europe la journée de la mémoire de l’Holocauste (Auschwitz a été libéré par l’armée rouge le 27 janvier 1945). D’ailleurs, en Autriche, jamais la mobilisation n’a été aussi grande contre le bal des corporations, pour cette raison même.

Même les représentants officiels de la communauté juive, pourtant institutionnalisés, sont montés au créneau, et l’année prochaine le bal devra changer d’endroit (il y était depuis 1987, et existe depuis le lendemain de la seconde guerre mondiale impérialiste).

Certains pourront se demander alors pourquoi Marine Le Pen est allée à ce bal ? Officiellement, elle est allée en Autriche pour rencontrer des représentants de l’extrême-droite européenne (voir le communiqué du FN en annexe en bas de l’article).

Mais en fait, elle donne un signe très fort. De la même manière que Sarkozy est en relation avec Merkel pour un couple franco-allemand au sein de l’Union Européenne, Marine Le Pen montre qu’elle est pour un couple franco-allemand semi-indépendant et en-dehors de l’Union Européenne.

Marine Le Pen est l’envoyée de la bourgeoisie impérialiste française, en rupture claire ici avec la bourgeoisie traditionnelle. Aucun représentant de la bourgeoisie traditionnelle française n’est prêt à pactiser avec les ultras-impérialistes d’Allemagne et les pangermanistes d’Autriche.

Ceux qui ne voient pas en Marine Le Pen une réelle menace fasciste – soit toute l’extrême-gauche anarcho-trotskyste qui revendique ouvertement sa posture pro-syndicats et anti-antifasciste – sont totalement aveugles sur ce qui se passe.

Car la nature des soirées « rally » de la bourgeoisie (surtout parisienne) valent bien, de par leur dimension « ethniste » et idéologique, la logique de l’extrême-droite pangermaniste. Rien n’est plus absurde que de se moquer du caractère numériquement petit de l’extrême-droite, car derrière il y a toute une idéologie qui se diffuse et dans des milieux très fermés et très motivés. La haute bourgeoisie n’est pas dilettante quand il s’agit de ses intérêts !

La petite manifestation antifasciste contre le bal des corporations à Vienne n’aura d’ailleurs rassemblé que quelques centaines de personnes, les médias ayant balisé le terrain alors que ce sont les unités anti-terroristes qui encadraient le cortège (dans la tradition locale!).

L’antifascisme autrichien est empêtré dans une démarche petite-bourgeoise, universitaire et intellectuelle (notamment « queer ») alors que les masses sont bombardées par une ligne de masses d’extrême-droite (les quartiers populaires étant historiquement des bastions de l’idéologie ultra-populiste et marqués par la présence locale traditionnelle des groupes nazis).

Ce qui ne l’empêche pas de chercher une voie moderne et populaire. Ainsi, la soirée post-manifestation aura certainement un bon son, avec une flopée de DJ experts en leur domaine et un slogan communiste sympathique (et en français dans le texte) : « des rues de sucre à Vienne. »

Le lendemain (soit aujourd’hui), des antifascistes feront une visite guidée de la présence des corporations à Vienne pendant presque trois heures. Et le site du bal des corporations a été piraté, avec un drapeau communiste et l’hymne soviétique jouant en boucle.

Cependant, cela ne compense pas l’absence d’idéologie prolétarienne, et cela rend l’antifascisme dépendant de la social-démocratie, qui devient le dernier rempart face au vote massif pour les catholiques-cléricaux et l’extrême-droite pangermaniste.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 17h20, sortie samedi à 18h31.

Le 27 janvier, jour de libération

Le 27 janvier 1945, vers 15h, un détachement de l’Armée Rouge arrive à Auschwitz-Birkenau. Les soldats soviétiques découvrent là 7000 survivantEs, mais aussi 600 cadavres jonchant le sol du camp.

Dix jours auparant, les nazis avaient devancé l’arrivée des libérateurs soviétiques, et avaient fait évacuer 60000 personnes pour les « marches de la mort ».

Au total, 1300000 personnes ont été déportées à Auschwitz, 1100000 n’en sont pas revenues, parmi lesquelles 960000 étaient juives.

Quand les soldats soviétiques sont arrivés à Auschwitz, ils ont été tellement horrifiés par la vision de ces prisonniers squelettiques, par la vision de ces enfants qui pleuraient mais qui n’avaient pas de larmes, qu’ils ont immédiatement appelé ce camp « l’usine de la mort ».

À propos de la libération d’Auschwitz, on peut trouver de nombreuses et importantes informations ici.

Auschwitz-Birkenau a été le plus grand camp d’extermination nazi, c’est le « symbole » d’une extermination très concrète, et nombreuses sont les personnes parmi nous qui y ont perdu de la famille…

Voilà pourquoi c’est un devoir de célébrer le 27 janvier : en tant que symbole de la libération.

C’est un hommage aux millions de personnes que les nazis ont voulu anéantir de la mémoire humaine.

De nombreuses publications d’Hapoel ont déjà été consacrées depuis trois ans à Auschwitz en particulier et aux camps de la mort en général. Ils offrent une vision synthétique de ce que signifie Auschwitz, de ce que signifie une extermination systématique :

- Pas de 27 janvier en Catalogne ;
- Les trois Auschwitz ;
- Ces gens n’avaient pas de larmes… ;
- 2 août 1944 : la liquidation des tziganes d’Auschwitz ;
- « Pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka. » ;
- Le pillage à Auschwitz et le nihilisme de notre époque ;
- « Arbeit macht frei » et l’esclavage nazi ;
- La chanson « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat, une triste ambiguïté tristement révélatrice ;
- Les camps de la mort, un défi à la civilisation ;
- The Auschwitz Album – Yad Vashem ;
- Pourquoi étudier la Shoah aujourd’hui ? ;
- Incendie à Majdanek : des milliers de mémoires anéanties.

Les juifs n’oublient pas ! Les juives n’oublient pas !
Il n’y aura pas de nouvel holocauste !

« Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants, en majorité des Juifs de divers pays d’Europe, soit à jamais pour l’humanité un cri de désespoir et un avertissement. »

Le 20 janvier 1942, la conférence de Wannsee — Voie Lactée

Il y a 70 ans : la conférence de Wannsee

Il y a 70 ans, le 20 janvier 1942, se tenait la conférence de Wannsee, dans la banlieue de Berlin, en Allemagne nazie. Alors que l’extermination massive, par balles, des Juifs et Juives d’URSS avait déjà commencé, la conférence devait établir l’organisation industrielle de la destruction de la population juive d’Europe.

Cet événement, cette planification, cette organisation méthodique et systématique, est unique dans l’histoire : si les forces impérialistes et réactionnaires en général ont déjà mené des génocides, jamais ils n’ont organisé celui-ci à cette échelle, organisant l’ensemble du système politico-militaire et économique en ce sens.

L’antisémitisme est une idéologie raciste qui a un rôle extrêmement particulier dans l’histoire du capitalisme ; cela est la base de sa fonction dans l’impérialisme, et c’est cela qui donne à l’antisémitisme une puissante identité destructrice dans les pays capitalistes.

SeulEs les marxistes-léninistes-maoïstes authentiques ont compris cela et considèrent l’antisémitisme comme une réelle menace, alors que par définition tout ce qui ne se tient pas sur le terrain du marxisme authentique tombe inévitablement dans un idéalisme servant l’antisémitisme.

Il est facile de voir que l’extrême-gauche française est antisémite de fait ; les personnes juives ne peuvent rejoindre celle-ci, en raison de sa nature anarcho-trotskyste basculant dans un idéalisme forcément poreux à l’antisémitisme.

Les personnes juives qui ont rejoint le trotskysme présentent d’ailleurs cette particularité de nier leur culture juive et d’utiliser le trotskysme comme un moyen de « s’assimiler » en se niant. Quant à l’anarchisme (dans sa variante française naturelle, l’anarcho-syndicalisme et le syndicalisme révolutionnaire), historiquement il a toujours été d’une nature outrageusement petite-bourgeoise, économiste au point de nier l’antisémitisme.

La conférence de Wannsee est ainsi incompréhensible pour les anarcho-trotskystes, qui ont historiquement en France toujours été poreux à l’antisémitisme, au négationnisme, dont l’un des témoignages les plus abjects est la perpétuelle diffusion du texte « Auschwitz ou le grand alibi. »

Cela est logique, quand on y pense au fond. L’alternative est obligatoirement communisme ou fascisme. Mais les anarcho-trotskystes ne peuvent pas assumer une pensée systématique, ils ne peuvent pas assumer le communisme, alors ils basculent dans le systématique sous la forme fasciste.

La destruction de la population juive d’Europe, de par sa dimension systématique, n’est compréhensible qu’à la lumière du matérialisme dialectique ; les économistes nieront forcément, en définitive, l’antisémitisme, car ils ne peuvent pas comprendre que les nazis aient privilégié la destruction à la course au profit.

Le fait que les nazis aient tué, sans même utiliser comme esclave, des millions de personnes, est impossible à comprendre sans utiliser le matérialisme dialectique.

Et encore faut-il pour cela comprendre l’apport de Mao Zedong, sur le rôle et la fonction de l’idéologie, de l’appareil d’Etat.

C’est également ce qui fait que la compréhension de l’antisémitisme est un critère très important pour savoir qui est authentiquement marxiste et qui ne l’est pas.

Cette question de l’antisémitisme, dont la « solution finale » décidée à la conférence de Wannsee est l’expression impérialiste la plus poussée, est donc un des points importants qui fait que le PCMLM ne s’intéresse pas à l’extrême-gauche, petite-bourgeoise sur le plan social et largement poreuse à l’antisémitisme.

L’extrême-gauche française est, de fait, antisémite ; le fait que jamais il n’est parlé d’antisémitisme en est une preuve, parmi de nombreuses autres.

Toute personne juive en France le sait, comme elle sait que l’antisémitisme est un composante de l’identité de la société capitaliste. Par conséquent, elle doit savoir où est sa place : comme dans les années 1920-1930, comme à l’époque de Staline, dans les rangs communistes

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 17h09, sortie samedi à 18h22.

Les tâches antifascistes en Ile-de-France – Partisans IDF

Les nouvelles tâches des Antifascistes en Ile-de-France pour l’année 2012

L’année qui s’annonce va être décisif pour les antifascistes. A mesure que la crise du capitalisme se généralise, le mouvement fasciste renforce ses positions. On pense évidemment à Marine Le Pen bien sûr, mais il ne faut pas oublier non plus toutes les tendances du mouvement fasciste qui profitent également de la situation.

Ce qui nous intéresse à Partisans, c’est que la monté du fascisme signifie nécessairement une poussée de la résistance antifasciste, en retour.

Nous n’imaginons pas forcément des milliers de jeunes rejoindre euphoriquement le mouvement antifa -quoi qu’on est jamais sûr de rien pour ce genre de choses. Mais il va obligatoirement y avoir de nouvelles personnes qui vont se tourner vers cet horizon. Dont très certainement une forte proportion de personnes jeunes, voire très jeunes.

Ce qui est clair en tout les cas, c’est que de nouvelles situations se présentent pour les antifascistes, que de nouveaux espaces sont à conquérir. Autrement dit, il est plus que temps pour le mouvement antifa de se moderniser pour coller pleinement à la réalité quotidienne du peuple.

Les années 1990 et 2000 ont dû être assez pénibles pour les celle et ceux qui n’acceptaient la compromission avec le système et qui ne voulait ou ne pouvaient pas ignorer le fascisme. En Ile-de-France l’antifascisme s’est totalement marginalisé, replié sur lui même ; cela par nécessité certainement.

Il y a eu une scène antifasciste radicale, portée par une partie de la scène d’extrême-gauche de l’Est parisien, qui s’occupait surtout de ce que faisait les fascistes plutôt que de développer la culture antifasciste.

Également, s’est formée une micro-scène antifa, plus populaire et plus banlieusarde, autour de la tribune Auteuil du Parc-des-Prince, le stade de football. Elle est née plus par nécessité de se défendre contres les fascistes de la tribune Boulogne que par réel volonté politique ou culturelle.

Aujourd’hui, les derniers « antifa radicaux » de Paris peinent à ne pas disparaître et les quelques antifas du stade se sont fait étouffer par l’apolitisme ambiant de leur milieu et la répression qui a précédé la « modernisation » du PSG.

Maintenant, l’heure est à la reconstruction pour le mouvement antifasciste en Ile-de-France. Ce qu’il faudra absolument éviter – en tout les cas c’est ce que nous pensons- c’est de remonter une « scène », un milieu antifa, replié sur lui même, fermé aux préoccupation populaires quotidiennes.

Pour renaître, le mouvement antifasciste doit se diffuser dans le peuple et donner naissance à un foisonnement d’initiatives, de projets et d’actions ! Ce que nous espérons, et ce pourquoi nous continuerons à nous battre cette année, c’est la multiplication des groupes autonomes antifascistes partout dans la région.

Pour que cela fonctionne, il ne faudra oublier personne, prendre en compte toutes les réalités locales. En Ile-de-France, notre situation est particulière. Que l’on soit à Paris, en proche banlieue dans le 92, le 93 et le 94 ou bien en grande Banlieue dans le 77, 78, 91 ou 95, les situations sont totalement différentes.

Nous nous adresserons tout autant à ce prolétaire de culture reggae vivant dans un pavillon du 95, à cette jeune femme qui se dresse contre la pression patriarcale dans sa cité, à cette petite bande de hardstyleur du 91 qui n’apprécient pas trop la présence des nationalistes dans le milieu, à ce jeune intérimaire de Rungis qui met toujours du rap très fort dans ses écouteurs pour éviter d’entendre les horreurs racistes de certains de ses collègues, à cette étudiantes qui manque de détruire la télévision de son studio parisien à chaque fois qu’elle entend Eric Zemmour parler…

Nous nous tiendrons prêt à agir et réagir très vite pour se rendre utile si la question antifasciste devait tout à coup prendre une importance populaire énorme – nous pensons par exemple à ce qui pourrait se passer si Marine Le Pen se retrouvait au second tour des élections présidentielles…

En attendant, l’actualité, la tâche des antifascistes aujourd’hui, c’est de se reprendre en main, de se regrouper autour de soi, de compter ses forces, de réfléchir et d’agir. Agir, mais efficacement, sans perdre de temps dans des dépenses inutiles d’énergie.

Et il est indispensable d’avoir toujours à l’esprit cette réalité fondamentale : on n’arrêtera pas le fascisme avec de belles phrases entre nous mais en créant l’unité populaire autour de valeurs progressistes, positives qui s’opposent unilatéralement au fascisme !

En 2012 n’attend plus, monte ton groupe autonome antifa, mène la résistance de la culture métissée et populaire, rejoins l’Action Antifasciste!

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h59, sortie samedi à 18h12.

L’Aziza – Daniel Balavoine

« Ta couleur et tes mots, tout me va
Que tu vives ici ou là-bas
Danse avec moi
Si tu crois que ta vie est là
Ce n’est pas un problème pour moi
»

Le 14 janvier 1986, le chanteur Daniel Balavoine trouvait la mort dans un accident d’hélicoptère au Mali. L’an dernier, la France commémorait donc les 25 ans de sa disparition.

Que reste-t-il, aujourd’hui à l’époque de Marine Le Pen, de Daniel Balavoine et de son œuvre ? Est-ce qu’il en reste à peu près la même chose que des années Mitterrand et de SOS Racisme, c’est-à-dire pas grand-chose ?

Non, justement. De l’œuvre de Daniel Balavoine, il reste quelque chose qui à l’époque en avait fait un chanteur à part dans la variété française, aussi bien d’un point de vue musical avec sa recherche d’un son new wave exprimant de manière juste sa sensibilité, que du point de vue de sa conception du monde.

Malgré ses limites inévitables dues aux illusions des années Mitterrand ainsi qu’à son statut d’artiste, Daniel Balavoine avait rencontré un succès immense, car sa sensibilité individuelle l’avait amené à se reconnaître dans le cri sourd du peuple dans sa longue marche pour vivre libre – sans racisme, sexisme ni exploitation.

Les chansons « Vivre ou survivre » ou bien « Tous les cris les S.O.S. » témoignent justement de cet espoir, qui se fraie un chemin à travers l’oppression. Cette dernière chanson est précisément mise en avant avec une grande justesse dans cet article de Contre-Informations, comme étant « une synthèse du besoin du communisme, bien loin de la variété d’un Ferrat ».

Quant à la chanson « L’Aziza », elle était immédiatement devenue un classique populaire de l’antiracisme des années 1980. Et bien que le clip ait vieilli, ses paroles doivent encore nous parler aujourd’hui dans une époque bien plus sombre, au-delà de certains aspects qui sonnent aujourd’hui comme un peu « paternalistes ».

« L’Aziza » trouve au final son énergie dans le vécu de Balavoine, dans son union avec Corinne, sa femme d’origine marocaine juive. Mais ce vécu particulier, c’est aussi le vécu populaire des unions mixtes, du métissage, de la romance par-delà les barrières et les frontières.

Voici le clip de cette chanson (où dès les premières images, deux enfants s’échangent une Magen David et une Khamsa), clip que nous diffusons ici car « L’Aziza » doit nous parler si l’on veut sincèrement vivre libre de tout racisme.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h51, sortie samedi à 18h04.

Une carte de vœux de George Grosz : de 1932 à 2012

Ceci est une carte de vœux produite par l’artiste allemand George Grosz pour l’année 1932, c’est-à-dire il y a exactement 80 ans de cela. George Grosz était un artiste dadaïste et expressionniste ayant participé au soulèvement spartakiste de 1918 – 1919 ; il était un membre de la première heure du Parti Communiste d’Allemagne (KPD).

La qualité de la photographie est déplorable ; toutefois on peut distinguer sur les trois cartes en bas de la photo un drapeau républicain allemand (celui que l’on connaît aujourd’hui), une croix gammée, et le symbole communiste de la faucille et du marteau. Ces cartes à jouer sont surmontées d’un grand point d’interrogation et d’une main jouant aux dés.

L’esprit de cette carte de vœux est donc très amer. Si d’un côté il est souhaité « les meilleurs vœux pour la nouvelle année » („Die besten Wünsche zum neuen Jahr“), de l’autre côté l’avenir est présenté comme incertain, aléatoire, troublé : l’année 1932 verra-t-elle la prolongation du fragile statu quo républicain, l’avènement du nazisme et de la barbarie, ou bien l’espoir d’une nouvelle insurrection communiste ?

Aujourd’hui la France n’est évidemment pas encore dans la situation vécue en Allemagne au début des années 1930 : l’État français est stable, le sang ne coule pas dans les rues.

Mais il est certain que chaque année est pire que la précédente, que 2012 sera une année troublée, et que les prochaines années verront de grands bouleversements. La crise capitaliste fait rage, la bourgeoisie la plus agressive et la plus impérialiste exige la réorganisation et la réimpulsion de l’appareil capitaliste, et en arrière-plan la guerre se profile y compris sur le continent européen.

Sur le plan politique, le mouvement fasciste s’organise et s’unifie derrière le Front National avec l’appui volontaire ou « involontaire » de tout ce qu’il y a de plus chauvin dans la politique française, et la campagne pour les présidentielles va être un moment décisif dans la synthèse « sociale et nationale » du fascisme – avec tout « l’anticapitalisme romantique » et l’antisémitisme auquel il faut s’attendre.

Nous sommes convaincus qu’aujourd’hui plus que jamais, nous sommes « au seuil des années 1930 ». L’antifascisme doit devenir la priorité au sein de la minorité nationale juive, et l’unité avec l’ensemble masses populaires doit être le critère de vérité.

Contre le nationalisme et le chauvinisme, qui vont systématiquement de paire en France avec l’antisémitisme. Contre le projet impérialiste et authentiquement fasciste porté par le Front National de Marine Le Pen. Contre les « juifs de service » qui se vendent au mouvement fasciste et se feront broyer tôt ou tard.

Pour que cent groupes autonomes antifascistes s’épanouissent.
Pour l’unité antifasciste des masses populaires.
Pour la libération totale de l’humanité et de la planète.

Meilleurs vœux antifascistes pour 2012.