Archives de décembre, 2011

Shanah Tovah – שנה טובה

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h44, sortie samedi à 17h58.

Joyeux Noël… à la Jew-Yorkaise !

Dans les grandes métropoles américaines, aussi bien sur la côte Ouest que sur la côte Est, les communautés juives mettent un point d’honneur à perpétuer une tradition « ancestrale » à Noël : aller au cinéma et manger au restaurant chinois !

Au-delà du dilemme entre aller au cinéma d’abord ou aller manger chinois d’abord (ce qui dépend des coutumes locales suivant les quartiers ou les villes), cette « tradition » en dit long sur le rapport des personnes juives à la culture américaine dominante.

En effet, il y a ici un élément de compréhension sur comment l’immigration juive s’est intégrée culturellement aux USA : Christmas est une fête nationale donc il convient de « marquer le coup », mais sans toutefois se nier et s’effacer.

Cette « tradition » juive américaine est certainement vieille de plusieurs dizaines d’années, puisque l’humoriste Jerry Seinfeld y faisait déjà référence au début des années 1990 comme étant une coutume établie et connue même de personnes non-juives.

Mais pourquoi le restaurant chinois, au juste ? Déjà parce que ces restaurants sont souvent ouverts à Noël puisqu’ils ne célèbrent pas cette fête.

Sans doute aussi qu’il s’agit, par la nourriture d’une autre minorité nationale, de contourner un certain « blocage » concernant les plats traditionnels dominants, considérés comme encore moins Kasher que la cuisine chinois, qui est assez souvent végétarienne (voire végane).

C’est le même ressort culturel qui fait que, ici en France, des personnes ne mangeant pourtant pas Kasher se refusent catégoriquement à goûter au cadavre de cochon.

Enfin, il faut également savoir que cela fait certainement depuis les années 1950 que les communautés juives des métropoles américaines sont très friandes de cuisine chinoise.

Pourquoi ? Difficile à expliquer, mais sans doute que les juifs américains se sentent plus « chez eux » dans une autre minorité nationale plutôt que dans la culture nationale-bourgeoise américaine dominée par les standards « White Anglo-Saxon Protestant » (WASP). Il peut exister dans une certaine mesure le même phénomène en France… mais c’est une autre histoire.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat ‘Hanukkah – שבת חנוכה

Entrée vendredi à 16h38, sortie samedi à 17h53.

‘Hanukkah Samea’h ! – ! חנוכה שמח

Ce soir commence le 25 Kislev, qui marque le premier des 8 jours de ‘Hanukkah ! Une fête de lumière, de résistance et d’espoir… qui est particulièrement attendue par les plus jeunes dans nos familles !

‘Hanukkah est une fête d’origine rabbinique. Celle-ci célèbre à la fois la victoire militaire de la révolte des Maccabim, la « victoire spirituelle » sur les « Juifs hellénisants », l’institution d’un royaume indépendant sur la Judée… autant d’éléments mis en avant par les nationalistes juifs. Mais surtout, ‘Hanukka célèbre le fameux « miracle de la fiole ».

Rappelons de quoi il s’agit : les Maccabim victorieux des « Juifs hellénisants » arrivent au Temple de Jérusalem, où la Menorah (à 7 branches, donc) doit briller en permanence. Mais ils n’y trouvent que quelques gouttes d’huile d’olive consacrée, qui auraient suffi à faire briller la Menorah un seul jour alors qu’il en faudrait huit pour refaire un stock d’huile.

Et c’est là que s’opère le miracle : les quelques gouttes d’huile d’olive parviennent à brûler pendant 8 jours de suite : « un grand miracle a eu lieu ici ».

Voilà donc l’origine de l’allumage pendant 8 jours de la ‘Hanukkiyah, ce chandelier à 9 branches qui porte 8 bougies, plus une bougie « principale », le Shamash, utilisée pour allumer les autres.

D’autres coutumes se sont greffées avec le temps. Ainsi, il est coutume de manger des Soufganiyot (des beignets fourrés), de donner de l’argent aux enfants (coutume qui s’est transformée soit en cadeaux, soit en médailles en chocolat), ou encore de faire tourner une toupie (« Sevivon, sov sov sov… »).

Voilà pourquoi ‘Hanukkah est une fête si attendue par les plus jeunes ! Mais aussi, donc, par celles et ceux d’entres nous qui ont des enfants, des neveux, des nièces encore jeunes.

Voici une série de courtes synthèses sur divers éléments liés à ‘Hannukah, plus culturels que religieux :

- Sevivon, sov sov sov
- ‘Hanukkah : allumer le feu !
- Recette de Soufganyot végétaliennes

On notera au passage que dans une chanson de ‘Hanukkah écrite par Bialik, le « poète officiel » du sionisme originel, la dernière strophe parle du Sevivon, qui serait en « plomb fondu » (‘Oferet Yetzukah). Or il s’agit précisément du nom officiel des opérations militaires à Gaza de l’hiver 2008 – 2009, qui avaient été déclenchées… exactement pour le Shabbat de ‘Hanukkah ! Ainsi, même ce qui se conçoit comme « apport culturel » dans « l’utopie » nationaliste sioniste se retrouve transformé en son contraire, dans un mépris absolument cynique et barbare de toute culture et de toute vie.

Entretemps, Hapoel souhaite très chaleureusement une bonne fête – de joie et de persévérance – à toutes les personnes qui la célèbrent.

'Hanukkah Samea'h ! – ! חנוכה שמח

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h36, sortie samedi à 17h49.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h35, sortie samedi à 17h48.

9 décembre 1942 : la grande rafle de Tunis

Quand éclate la seconde guerre mondiale, la Tunisie abrite une population juive d’environ 90.000 âmes, habitant essentiellement entre Tunis et la Goulette, ainsi qu’à Djerba, Sfax, etc.

L’Europe et les champs de batailles ont beau paraître loin, mais le colonisateur français occupe la Tunisie, qui subit dès octobre 1940 les lois antisémites de Vichy, comme en Algérie.

Les mesures antisémites sont diversement appliquées en Tunisie, pas toujours comme Vichy l’aurait voulu. Ainsi, le port de l’étoile jaune n’est pas obligatoire à Tunis, mais seulement à Souss et Sfax.

Fait notable, de larges couches des féodaux tunisiens s’opposent aux mesures antisémites, ne serait-ce que pour réaffirmer face à Vichy leur autorité sur la Tunisie et tous les « sujets » du Bey – parmi lesquels la minorité juive de Tunisie, donc.

Ainsi, dès son intronisation en juin 1942, Moncef Bey s’opposera à l’antisémitisme de Vichy, et cachera des juifs pendant toute l’occupation à titre personnel, en poussant beaucoup de figures de la féodalité à faire de même. Les exemples en ce sens sont très nombreux.

Mais suite aux avancées des Alliés en Afrique du Nord, les nazis décident d’organiser la défense sur place, et débarquent en Tunisie le 8 novembre 1942. C’est alors que s’ouvre la période de l’occupation nazie en Tunisie, ce qui est unique en Afrique du Nord.

Pour la minorité juive, les persécutions antisémites franchissent un cap, et deviennent semblables à celles qui règnent en Europe : étoiles jaunes, rationnements, spoliations, réquisitions militaires, énormes amendes collectives, travail forcé en public ou dans des camps, jusqu’à la déportation.

Le 8 décembre 1942, les forces nazies d’occupation exigent à la communauté juive, représentée par Moïse Borgel, un contingent de travailleurs forcés : il leur faut 3000 jeunes adultes juifs pour le lendemain à l’aube.

Mais le lendemain matin, il y a seulement 120 « volontaires » à la caserne Foch de Tunis. Ce sont donc les SS qui vont se charger du travail, et qui vont opérer une rafle sans doute déjà prévue : c’est la rafle de Tunis, le 9 décembre 1942.

Ainsi, les SS occupent l’école de l’Alliance et « cueillent » les personnes qui arrivent. Les nazis iront jusqu’à rafler dans les synagogues, notamment la grande synagogue de Tunis. De plus, ils enlèvent de nombreux « notables » de la communauté juive, qui serviront comme otages.

Les 4000 juifs raflés ce 9 décembre 1942 iront soit en camp de travail, soit sur les fronts allemands en Europe.

Ce seront au total 5000 juifs de 18 à 50 ans qui iront trimer dans 32 camps de travail en Tunisie dans des conditions de travail extrêmes, principalement vers Bizerte mais aussi dans les environs de Tunis. À noter que le financement et les ravitaillements des camps devaient être assurés par la communauté juive elle-même…

De ces camps, quelques centaines de personnes ne reviendront pas, que ce soit à cause des conditions de vie extrêmement dures ou bien à cause des exécutions sommaires. De même, une soixantaine de très jeunes adultes juifs trouveront la mort sur les fronts allemands en Europe.

Sans parler d’un convoi de déportés juifs qui, la mer étant quadrillée par les Anglais, partira en avril 1943 en avion en direction des camps de Pologne et d’Autriche. De cette déportation, 17 personnes ne reviendront pas – en plus de déportés « individuels » parmi les résistants.

Face aux avancées des forces Alliées, les nazis déserteront les camps de travail en avril 1943, et fuiront la Tunisie en mai 1943. Peu après, les mesures antisémites seront abrogées.

Les six mois d’occupation allemande de la Tunisie ont été trop courts pour mettre en œuvre les véritables plans nazis : l’extermination de la minorité juive de Tunisie, ni plus ni moins.

En effet, il existe des témoignages de cadres de la diplomatie nazie allant très clairement dans ce sens. Cependant, vu que la mer était sous contrôle allié, et que la déportation par avion n’était pas envisageable à l’époque, les SS avaient prévu de fusiller les personnes juives en Tunisie même.

Comme quoi l’antisémitisme nazi a une dimension totalement idéologique, jusqu’à aller chercher des personnes juives à génocider au-delà des mers. Aujourd’hui, les juifs se souviennent, les juives se souviennent.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h38, sortie samedi à 17h49.

« Le sport européen à l’épreuve du nazisme » au Mémorial de la Shoah

Exposition – Le sport européen à l’épreuve du nazisme

Jusqu’au 18 mars 2012 – Mémorial de la Shoah, Paris

Des JO de Berlin aux JO de Londres (1936-1948) – Le nazisme, le fascisme et les régimes de collaboration ne vouèrent pas un simple culte au corps athlétique et guerrier, ils utilisèrent le sport pour contrôler la jeunesse et les masses, justifier leurs idéologies xénophobes et racistes, et même infliger des supplices particuliers aux champions juifs déportés.

Quant au monde sportif, comment s’est-il comporté face aux politiques d’exclusion, face à l’application des lois antijuives jusque dans les stades, les gymnases et les piscines ?

Pour les minorités opprimées, pour les résistants, et même pour certains prisonniers des camps, à l’inverse, le sport a pu servir de refuge, voire de réarmement moral et corporel.

Cette exposition révèle, en contrepoint, comment les jeunesses juives de toute l’Europe se sont enthousiasmées pour les sports, investissant en particulier la lutte, la boxe, l’escrime et les sports de self-défense, et participant aux Maccabiades de Tel-Aviv en 1932 et 1935.

Relatant ces multiples facettes de l’histoire du sport en Europe entre 1936 et 1948 à travers de nombreux films, photographies, objets et documents d’archives, l’exposition retrace parallèlement l’itinéraire individuel d’une vingtaine de sportifs dont les carrières ont été bouleversées et les vies anéanties par la montée du nazisme.

Visiter le site Internet de l’exposition

Mémorial de la Shoah
17, rue Geoffroy-l’Asnier 75004 Paris
www.memorialdelashoah.org