Archives de octobre, 2011

Shavua Tov – שבוע טונ

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 18h19, sortie samedi à 19h25.

Monte ton groupe autonome antifa ! — Partisans

Monte ton groupe autonome antifa !

Régulièrement, nous recevons des mails de personnes qui apprécient notre démarche et qui souhaitent rejoindre notre groupe ou bien simplement nous rencontrer. Nous devons donc préciser qu’elle est notre démarche concernant le développement d’un mouvement antifasciste.

Notre but n’est pas de grossir en tant que groupe. Ce que nous souhaitons, c’est un foisonnement d’initiatives, de projets et d’actions antifascistes, car nous pensons que c’est la seule façon d’abattre le fascisme.

Plutôt que de rejoindre notre structure, les personnes qui apprécient notre démarche doivent monter leur propre groupe autonome antifasciste avec des personnes de leur entourage !

Mais pour autant, continuez à nous écrire pour en parler avec nous si vous le souhaitez !

Voici quelques points essentiels qui expliquent comment monter son groupe antifa !

1/ La sécurité

Être antifasciste aujourd’hui, cela signifie prendre le risque de se confronter à la répression de l’État, mais aussi d’être poursuivi, recherché et combattu par les fascistes eux-mêmes.

Nous pensons que le meilleur moyen de faire face à cela est d’éviter la centralisation et les contacts inutiles entre les groupes antifa.

Un groupe autonome doit donc être constitué de quelques personnes qui se connaissent, s’apprécient et se font confiance.

Il est inutile de demander à rejoindre un groupe autonome antifasciste.

Un groupe antifa peut s’agrandir, mais uniquement depuis l’intérieur : ce sont les personnes du groupe qui proposent à un ou plusieurs individus de rejoindre le groupe s’ils ont confiance, mais jamais l’inverse.

Il faudra aussi toujours être ultra vigilant avec la sécurité :

ne jamais divulguer aucune info sur les antifa, flouter systématiquement les photos, ne pas parler avec la police, faire attention à ce que l’on raconte sur internet, etc.

2/ Le groupe antifa

Deux personnes suffisent à monter un groupe autonome. Suivant la situation, il se posera éventuellement la question de l’élargissement du groupe plus tard.

Ce qui compte pour un groupe antifa, c’est de savoir où intervenir, de chercher à s’implanter.

On peut par exemple choisir d’agir sur son lycée, sa fac, son lieu de travail ou bien directement dans son quartier ou sa ville.

Un groupe autonome antifasciste peut aussi choisir d’intervenir dans une communauté ou vis à vis d’un réseau de gens. Par exemple, des jeunes qui écoutent de la musique Hardstyle peuvent choisir d’avoir une démarche antifasciste qui vise la communauté Hardstyle.

Ce qui compte, c’est d’agir en fonction de ses propres sensibilités, vis-à-vis de ce qui nous touche personnellement.

Dans tout les cas, il est important d’être implanté là où l’on veut agir et d’y intervenir régulièrement afin d’acquérir une crédibilité.

3/ Mener des actions locales contre le fascisme

Être antifa, c’est avant tout lutter pour promouvoir la culture antifasciste. C’est s’opposer concrètement aux valeurs de la société capitaliste : discriminations, moqueries contre les personnes considérées comme « faibles », culte de l’individu et loi du plus fort, etc.

Pour cela, la seule limite est l’imagination des antifa ! On peut pas exemple faire des pochoirs, coller des stickers, distribuer des flyers antifa, faire des vidéos sur YouTube, etc.

Agir sur internet peut également être une activité intéressante, à condition de ne pas négliger la sécurité (surtout avec des sites comme Facebook par exemple).

Suivant la situation, un groupe antifa pourra aussi choisir d’intervenir publiquement s’il juge que cela ne nuit pas à sa sécurité.

Mais être antifa, c’est surtout une attitude et une exigence vis à vis de soi-même.

La meilleure façon d’intervenir pour un antifa, c’est dans sa vie quotidienne, autour de soi, en discutant, en proposant des choses, en véhiculant sa culture et ses valeurs antifascistes !

4/ Mener des actions locales contre les fascistes

Être antifa, c’est aussi lutter concrètement contre les activités fascistes.

Le travail de bases des antifa, c’est de lutter contre la propagande fasciste : arracher les affiches du FN, recouvrir les autocollants fascistes, etc.

Il est aussi nécessaire de se tenir au courant de l’activité des fascistes dans son secteur et agir en conséquence.

Les antifa cherchent également à informer la population des activités fascistes afin de les dénoncer.

5/ Étudier, comprendre, se mettre a jour

Comprendre le fascisme n’est pas une chose simple.

Les antifa doivent mener un gros travail d’étude et de réflexion afin de comprendre pourquoi les fascistes progressent à tel ou tel endroit et analyser leurs discours, pour mieux le contrer.

Le fascisme n’est pas une idéologie figée, c’est un mouvement qui regroupe des tas de réseaux avec des discours différents.

Les antifa doivent toujours se mettre à jour et connaître parfaitement leurs ennemis.

6/ Le front antifasciste

Les groupes autonomes antifascistes doivent chercher à s’unir entre eux et à répandre leur culture dans la population.

L’Action Antifasciste est justement un réseau qui permet aux groupes autonomes d’échanger leur infos, leur analyses et de s’entre aider lorsque cela est nécessaire.

Mais il ne faut jamais oublier que la meilleur arme contre le fascisme, c’est le Peuple lui même !

Le but des antifa est donc de lutter pour que la plus grande partie de la population devienne antifasciste !

Alors, n’attends plus, regroupe toi et monte ton groupe autonome antifasciste !

Dans tout les cas, n’hésite pas à prendre contact avec un groupe de l’Action Antifasciste pour discuter !

Pour nous écrire : partisans.antifa [at] hushmail.com

Si ce n’est toi, qui ? Rejoins ou fonde un groupe autonome antifasciste !

C’est quoi l’autonomie ? — AA Artois

Antifa, c’est quoi l’autonomie ?

On demande souvent aux membres de l’action antifasciste artois, lors de discussion en réel, ou par Email, pourquoi nous mettons en avant que nous sommes un groupe autonome. La question est « C’est quoi l’autonomie ? »

La question est excellente, et la réponse est complexe.

L’action politique en France, c’est surtout les manifestations. La pratique la plus répandue est celle d’une personne qui se sent concernée par une manifestation, et s’y rend seule, sans avoir rien préparé, sans y connaître personne. Sur place, cette personne rejoint le cortège d’une organisation politique ou d’un syndicat, avec qui elle partage certaines idées ou certaines pratiques. On lui donne alors un tract, une pancarte, et elle peut reprendre les slogans scandés par d’autres, tout en dansant au son de la sono… A la fin de la manifestation, on invite chacun à rentrer chez soi. Les personnes les plus radicales s’opposent alors souvent aux flics. Les individuEs isoléEs sont alors les proies des flics. On pourrait même croire qu’illes servent de bouclier aux « radicaux » organisés.

L’autonomie, c’est se grouper par affinité !

Un groupe autonome est composé de personnes décidées à agir ensemble. Leur organisation antifa devient alors ce groupe. Être dans un groupe autonome antifasciste, c’est donc agir avec son groupe contre l’offensive fasciste. Cela veut dire qu’on peut cesser de participer aux activités antifascistes étiquetées « PcF », « cnt » ou « Ras l’front », pour avoir le champs libre d’agir de façon autonome.

Le groupe autonome travaille sur son territoire pour repérer les activités des fascistes organisés, et comprendre pourquoi et comment le fascisme s’implante sur ce secteur. Le groupe décide également par quel moyen, et notamment avec quel niveau de violence, il faut lutter contre le fascisme. Le but est que le fascisme se casse les dents sur la culture métissée et populaire. Le plus important est que chacunE des membres du groupe se sente en parfaite confiance dans chaque action menée par le groupe. Par exemple, si la majorité du groupe décide de mener une action violente contre un groupe de fascistes, il ne faut pas négliger la voix de ceLLEux qui ne sentent pas le « coup ». Mieux vaut alors revoir ses plans pour intégrer tout le monde dans l’action à mener. Une même action peut avoir différents niveaux de dangerosité (ex : bombage / distribution dans les boites à lettres), le tout étant de n’écarter personne. Dans le cas où une action violente est quand même décidée, il faut que tous les membres du groupe soient au courant, afin que les plus pacifiquEs n’aient pas à subir les conséquences sans y être préparéEs. Un groupe autonome est un groupe de camarades, qui cultivent leurs affinités, savent qu’illes peuvent se faire confiance, et ne laissent personne derrière eLLEux.

L’autonomie, c’est être reliés pour atteindre des objectifs !

Bien sur, faire partie d’un groupe antifasciste autonome, ça ne veut pas dire être divisés, isolés des autres antifascistes. Un groupe autonome est un noyau dur, composé de personnes qui se font confiance et qui sont d’accord sur les actions à mener contre le fascisme. Bien souvent, les membres d’un groupe autonome sont aussi d’accord sur la ligne politique, c’est-à-dire qu’ils ont la même définition de ce qu’est le fascisme. On voit souvent des groupes composés que de communistes, d’autres sont composés exclusivement d’anarchistes. On comprend pourquoi : anarchistes et communistes n’ont pas les mêmes priorités dans la lutte contre le fascisme et les fascistes. Un groupe composé de personnes se reconnaissant de ces deux courants révolutionnaires voit ses réunions s’éterniser en débat intéressants, mais qui peuvent être infinis…

Pour autant, quand il s’agit de faire masse, comme pour les grands rassemblements de plusieurs régions, voir de plusieurs pays, comme les contre-sommets du G8, ou les rassemblements anti-OTAN, ou même simplement pour mener une action d’ampleur dans une ville, les groupes autonomes coordonnent les actions des groupes affinitaires. La masse des groupes a alors un objectif commun (par exemple, former un énorme black-block pour se rendre à un point déterminé), et chaque groupe autonome a un objectif une fois l’objectif commun atteint. Les groupes sont évidemment parfois amenés à se coordonner ensemble pour atteindre des sous-objectifs (comme désorganiser les brigades anti-émeute).

Les groupes autonomes sont donc reliés entre eux, pour échanger des informations, mettre des moyens en communs, et former une masse quasi-indestructible !

L’autonomie, c’est laisser libre court à l’expression.

Évidemment, ce que nous venons d’expliquer n’est pas neuf. Ce mode d’organisation décentralisée est pratiquée depuis fort longtemps. Il s’agit d’une stratégie qui a montré son efficacité pour la lutte contre le fascisme durant la seconde guerre mondiale en Europe, dans les guérilla en Amérique du sud, ou plus récemment dans les opérations bloc-G8. Nous ne mettons donc personne dans l’insécurité en expliquant ce mode de fonctionnement. Les flics aussi reçoivent des formations…

La force de cette organisation en groupes autonomes est qu’elle permet la multiplicité des initiatives antifascistes. Par l’existence de groupes autonomes antifascistes, un large front s’ouvre contre les fascistes : les groupes se multiplient, et avec eux les moyens de lutte, les expériences et les actions.

Toute les armes sont permises pour attaquer les racines du fascisme qui sont fichées dans le système capitaliste : affiches, stickers, graff, musique, vidéo, théâtre de rue, happening, perturbation de réunions publiques, démonstrations de masse. Tous les styles sont bons pour battre le racisme, le sexisme et le capitalisme qui nourrissent la « culture » fasciste.

Le peuple peut tout !

Action Antifasciste Artois,
Octobre 2011

Shavua Tov – שבוע טונ

Shabbat Shalom – שבת שלום

Sortie de Sim’hat Torah et entrée dans le Shabbat vendredi à 18h32, sortie de Shabbat samedi à 19h37.

La libération du tankiste Gilad Shalit

La libération du tankiste Gilad ShalitVoie Lactée

La libération du franco-israélien Gilad Shalit occupe tous les médias, et il n’est pas difficile de voir que tous les médias ne s’intéressent qu’à lui, et aucunement à l’histoire personnelle des 477 personnes palestiniennes libérées par l’Etat israélien en échange.

Gilad Shalit, citoyen d’honneur de la Ville de Paris depuis 2008, n’a pourtant pas été enlevé en tant que civil, mais il a été capturé suite à l’attaque du tank, dont il était au poste de commande du tir !

Ce qui n’empêchera pas son père de déposer plainte en juin 2011 à… Paris, une plainte contre X devant le procureur de Paris, pour enlèvement et séquestration !

Du grand n’importe quoi, que les médias trouvent très bien, bien entendu.

De la même manière, le franco-palestinien Salah Hamouri est emprisonné par l’État israélien depuis 2005 pour appartenance présumée au Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), sans que jamais les médias ne parlent de sa situation.

On voit aisément que pour les médias français, il vaut mieux être un militaire israélien en partie français capturé qu’un étudiant palestinien en partie français, civil arrêté…

Sauf que justement on est pas quelque chose « en partie. »

Là est un grand problème. Les gens en France ne connaissent que leur situation nationale, c’est une réalité historique. De ce fait, ils ne peuvent que se tenir à l’écart de ces questions qu’ils ne comprennent pas, et seuls des éléments conscientisés peuvent être actifs.

Si la « cause » de Gilad Shalit est connue en France, c’est donc en raison de la vigueur très grande des organisations sionistes en France ; la mairie du 16ème arrondissement avait ainsi sur sa façade une photo de Shalit, appelant à sa libération.

Gilad Shalit en tant qu’individu n’intéressait pas les sionistes, il était par contre très utile comme porte-drapeau. Il a servi de prétexte pour mobiliser sur une base sioniste contre le « terrorisme ».

La cause de Salah Hamouri pourrait, elle, tout autant être connue en France, si culturellement et politiquement il y avait un ancrage dans les masses, or il est bien connu que la cause palestinienne est pourrie par un antisémitisme tellement marqué, un nationalisme anti-américain tellement français, ce qui ne permet pas un tel ancrage.

D’ailleurs, la cause de Salah Hamouri est devenue une « cause » du Parti « Communiste » français, et si l’on peut regarder avec sympathie le FPLP qui est la principale organisation de gauche en Palestine, il faut en voir les limites très nombreuses et notamment son idéologie versatile (s’adaptant à l’interlocuteur, et officiellement en rapport avec le NPA d’ailleurs).

Or, les communistes ne pratiquent pas un « anti-impérialisme » généraliste, mais l’internationalisme prolétarien, et il n’y a ici pratiquement pas d’espace pour le mettre en avant.

Si l’on a pas cela au centre de ses préoccupations culturelles et politiques, alors on ne peut arriver à rien ; le cosmopolitisme renforce même le fascisme, car les masses françaises comprendront les questions de travers, ou bien s’indigneront qu’on oublie leur propre situation, qui inévitablement pour elles représente l’aspect principal.

On voit même ici comment cet « anti-impérialisme » peut empêcher justement l’émergence de cette question principale. Quand on voit que des initiatives révolutionnaires françaises parlent en grande majorité de la Palestine alors qu’elles prétendent changer les choses en France, il y a là un cosmopolitisme masquant un idéalisme complet et le refus de se confronter la société française.

Il ne s’agit d’ailleurs que du pendant du sionisme, le sionisme qui met en avant un pays de « rêve » dans un grand élan romantique totalement coupé de la réalité, une chimère en laquelle même la société israélienne – pour autant qu’elle existe en tant que telle, de manière unie – ne croit plus.

La mise en avant de Gilad Shalit est même une caricature de sionisme, un sionisme ultra qui ne revendique même plus la « justice » mais carrément la guerre. Mettre en avant une personne aux commandes des tirs d’un tank, capturé en pleine opération, cela montre le degré de « morale » du sionisme et de ses partisans.

L’idéal mis en avant ici c’est celui du fascisme, ni plus ni moins, un fascisme dont le sionisme est un avatar avec son idéologie du surhomme.

Concluons ici pour souligner à quel point il faut rejeter clairement tout autant le sionisme que l’antisémitisme ; qu’à l’extrême-gauche, on va trouver dans sa quasi totalité des gens qui critiquent l’un, mais pas l’autre, et cela est très révélateur.

Que montre la prise d’otage dans un Pôle Emploi par un informaticien au chômage ?

« Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la deuxième fois comme farce. »

Karl Marx, « Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte »

En juillet dernier, la Norvège avait été secouée par un massacre dans un camp d’été de l’organisation de jeunesse du parti social-démocrate au pouvoir. Plus de 70 personnes avaient trouvé la mort dans l’attaque par un fasciste armé jusqu’aux dents, se prenant pour un chevalier de l’Europe, et ayant auparavant rédigé un manifeste de 1500 pages où il mettait en avant une Chrétienté médievale fantasmée.

Avant-hier à Paris, on a eu un remake de ce scénario barbare, mais bien entendu dans une version factice, grotesque, théâtralisée, lâche, pathétique. En deux mots : so French

En effet, un informaticien au chômage longue durée a pris en otage ce lundi vers midi deux cadres d’un Pôle Emploi du 11ème arrondissement de Paris (à la limite du 3ème arrondissement).

Le preneur d’otage a aussitôt appelé la rédaction du journal internet pseudo-radical Rue89 (ici l’article écrit en direct), et a formulé ses revendications dans un « manifeste » de 20 pages – rien à voir avec les 1500 pages du vrai bourgeois fasciste en Norvège. L’essentiel de la conversation téléphonique était retranscrit sur Twitter par le rédacteur-en-chef complètement voyeur de Rue89, trop content d’être « sur le coup ».

L’informaticien au chômage a ainsi expliqué au téléphone qu’il n’avait pas l’intention d’utiliser ses otages comme boucliers humains (à quoi bon cette mise en scène, alors ?), mais qu’il utiliserait son arme de poing pour se défendre (arme s’avérant finalement factice, comme prévisible dès le départ), et qu’il voulait juste faire passer ses « revendications »… au journal de TF1 et de France 2 !

Comme cela était là encore prévisible dès le départ, le preneur d’otage a libéré les cadres du Pôle Emploi au bout de quelques heures, s’est rendu à la police… et le journal télévisé n’a même pas parlé de ses revendications.

En réalité, l’informaticien n’avait pas envisagé une seule seconde d’aller jusqu’au bout, montrant bien la véritable valeur de la petite-bourgeoisie française en crise, qui met en scène sa « révolte » jusqu’à croire à son propre cinéma.

Alors finalement, en quoi consistent les « revendications » de cet informaticien, écrites dans son « manifeste » ?

Dans les 5 premières pages le preneur d’otage parle de son parcours de chômeur – très, trop classique. Un parcours qui passe certainement par le déclassement en tant qu’informaticien (un secteur qui soi-disant ne connaît pas la crise), l’attente de réponses qui n’arrivent jamais, le chômage qui s’installe dans la durée, la morosité, la précarité, l’invisibilité, la désocialisation, la fin de droits, la pauvreté, le désespoir, la haine de soi.

Mais sur les 20 pages que comporte son « manifeste », l’informaticien au chômage en consacre une quinzaine à revendiquer… « la dissolution des groupuscules sionistes violents » !

S’il est certain que les initiatives violentes des groupements ultra-sionistes restent relativement impunies par la « justice » de ce pays, il ne s’agit clairement pas de la priorité numéro en France quand on veut abolir l’ordre des choses existant et vivre libre. Ne serait-ce que pour la raison que les agissement des brutes ultra-sionistes ne dépassent pas Paris et sa proche banlieue.

Et si l’on voit qu’une prise d’otage dans un Pôle Emploi a pu être considérée avec un minimum de sympathie dans les masses populaires, la revendication soi-disant « antisioniste » a facilité la ridiculisation de ce « coup d’éclat » individualiste, effectivement ridicule et coupé de toute culture de révolte prolétaire.

Tout ce qui bouge n’est pas rouge, loin de là, surtout dans la France de 2011 avec sa masse de petits-bourgeois déclassés par la brutalité de la crise capitaliste et se raccrochant hystériquement à un passé révolu.

Crise capitaliste, spécificités françaises des masses petites-bourgeoises, antisémitisme se faisant passer pour de « l’antisionisme », mix infernal entre « social » et « national », anticapitalisme romantique version fasciste : voilà le cocktail explosif de la petite-bourgeoisie basculant dans le fascisme derrière les fractions les plus chauvines, agressives et impérialistes de la classe dominante.

Et au fond, quand on y pense, la base sociale des altermondialistes d’hier et des « Indignés » parisiens d’aujourd’hui (ou encore du rappeur Orelsan) n’est pas très différente de celle de l’informaticien preneur d’otages : la petite-bourgeoisie en proie à la crise, et qui aimerait continuer « comme avant » la fin de l’âge d’or de l’impérialisme.

Pas étonnant, donc, qu’on ait pu assister à des infiltrations fascistes de haut niveau dans ce mouvement des « Indignés » parisiens, et que leur peu d’économie politique soit complètement poreuse à l’anticapitalisme romantique.

Pourtant, la revendication antisémite de l’informaticien preneur d’otage ne tombe pas du ciel.

Demander de façon faussement naïve « pourquoi on traite différemment la vie d’un Noir, d’un Arabe et celle d’un juif », parler de « types protégés par la justice, la police et les médias », de « la puissance de cette communauté », et conclure au téléphone que « oui, aujourdhui, je suis antisémite »… tout cela n’a strictement rien de « spontané », et encore moins de révolté.

L’antisémitisme est profondément ancré dans la société française, certes, mais insister sur « la dissolution des groupuscules sionistes violents » (y compris un organisme bourgeois comme le Crif !) comme unique revendication politique est tout sauf innocent : cette revendication est bel et bien issue de l’agitation politique concrète des antisémites.

La réalité, c’est que les fascistes ont lancé ce mot d’ordre comme objectif « stratégique » il y a deux ans, avec une pétition dans la foulée de l’attaque sioniste contre la librairie d’Europalestine… et que toute la « gauche radicale » leur avait à l’époque emboîté le pas.

Cette agitation passe, dans le même mouvement, par les initiatives des antisémites au moment de la mort de Saïd à Bobigny, avec toujours Europalestine aux commandes.

Et c’est comme cela qu’on se retrouve à la rentrée 2011 avec un petit-bourgeois antisémite précarisé qui se met en scène dans une prise d’otage bidon, et qui appelle un journal internet soi-disant « radical » pour relayer ses revendications pseudo-antisionistes.

Mais au fond, rien d’étonnant quand on se souvient que c’est dans les colonnes de Rue89 qu’Esther Benbassa, une intellectuelle proche de l’UJFP, avait pu tenir quasiment les mêmes propos que ceux de l’informaticien preneur d’otage :

« Le Crif fait régner sa loi à l’intérieur de la communauté juive, bannissant l’un, qui n’obéit pas à ses injonctions, l’autre, qui publie un livre non conforme, un troisième encore qui ose critiquer la politique d’Israël. [...]

Mais le Crif fait aussi la loi à l’extérieur de la communauté, accusant qui ils veulent d’antisémitisme, suscitant des procès contre tel journaliste, contre tel intellectuel, contre tel militant. Le Crif, en un mot, terrorise psychologiquement certains Juifs et tous les non-Juifs au nom de la défense d’Israël. »

Rien n’est spontané, tout est politique, et l’antisémitisme ne tombe pas du ciel : il a ses professionnels, et eux-même leurs complices…

Par ailleurs, si l’on se souvient des réactions des antisémites au drame de Bobigny, on peut facilement imaginer les réactions frisant la pornographie de certains « antisionistes » si la prise d’otage avait « mal » tourné…

Mais heureusement on est en France, le pays où rien ne va jusqu’au bout. Pour l’instant.

Il y a 50 ans, on noyait les Algériens

Il y a 50 jans jours pour jour, le soir du 17 octobre 1961, plusieurs manifestations ont lieu à Paris et en banlieue, organisées par le Front de Libération Nationale (FLN) d’Algérie.

En effet, les quelques mois précédents avaient vu une intensification de la guerre entre le FLN et l’État français sur le sol de la « métropole », et donc de la « sale guerre » de la police et de ses supplétifs contre les travailleurs immigrés d’Afrique du Nord.

C’est dans ce contexte que la préfecture de police de Paris impose un couvre-feu le 5 octobre 1961, sous ces termes : « Il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs algériens de s’abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement entre 20h30 et 5h30 du matin. »

La préfecture de police de Paris ? Oui, celle tenue par Maurice Papon depuis 1958… Ce même Maurice Papon qui avait été secrétaire général de la préfecture de Gironde sous Vichy, qui a été l’un des responsables des 11 convois de 1600 personnes juives partis de Bordeaux entre juillet 1942 et juin 1944 – direction Auschwitz.

Le 3 octobre, aux obsèques d’un policier attaqué par le FLN, Papon avait déjà déclaré : « Pour un coup donné, nous en porterons dix. ». Dans la même journée, il avait fait une tournée des commissariats, en autorisant informellement les policiers et leurs supplétifs à tirer contre tout « Français musulman d’Algérie », en promettant que la préfecture de police les couvrirait.

La terreur coloniale et raciste prend donc une dimension militaire sur le sol français, et c’est à cela que l’organisation émigrée du FLN réagit en appelant (au dernier moment, pour des raisons de sécurité) à manifester le 17 octobre 1961 au soir, afin de braver le couvre-feu.

Plusieurs rassemblements ont lieu à Paris ou en proche banlieue, suivant la provenance géographique des 30000 manifestantEs. La consigne du FLN est très stricte : aucune arme le 17 octobre, et tenue vestimentaire « digne ». Il est également prévu de prolonger la journée d’action par une grève des commerces tenus par des Algériens, ainsi que des manifestations de femmes contre la répression (prévisible).

Seulement voilà, cette répression de l’État français s’avère être d’une férocité sans nom, et tourne rapidement au massacre.

Les affrontements avec la police atteignent un rare niveau de violence, principalement au Pont de Neuilly (où était bloqué le cortège venant de Nanterre, Colombes, Bezons, etc.) et au Pont Saint-Michel. La police tire, tabasse, rafle, et précipite les Algériens dans la Seine.

Les rafles continuent sur plusieurs jours, et remplissent le stade Coubertin ainsi que la cour de la préfecture de police à Saint-Michel. La torture y fait rage pendant plusieurs jours (sous les yeux de Papon), les corps étant rejetés à la Seine toute proche, et plusieurs véritables charniers prennent place dans les rues de Paris.

Certains historiens estiment le nombre de travailleurs algériens assassinés à environ 300 sur ces quelques jours de répression coloniale et de terreur raciste. Beaucoup de personnes détenues seront « reconduites » en Algérie.

Entre Vichy et le régime gaulliste, il existe ainsi sous certains aspects une véritable continuité de l’État français, qui est incarnée par Maurice Papon, l’assassin des Juifs et des Algériens.

C’est à ce titre qu’il est important pour nous de commémorer le crime d’État du 17 octobre 1961, et de rendre hommage aux martyrs de la libération nationale algérienne – arabes, kabyles, juifs.

Shavua Tov – שבוע טונ

Shabbat Shalom – שבת שלום

Sortie de Soukkot et entrée dans le Shabbat vendredi à 18h45, sortie de Shabbat samedi à 19h49.

Contre Le Pen et Mélenchon : étudier Zeev Sternhell est un devoir

Comme prévu depuis déjà longtemps par les antifascistes, la campagne à la présidentielle s’annonce comme un immense tourbillon de démagogie et de populisme, et comme une immense course au nationalisme et à la défense de la France « éternelle » et impérialiste.

De Jean-Luc Mélenchon jusqu’à Marine Le Pen, de Ségolène Royal et Arnaud Montebourg jusqu’à Dominique de Villepin, tous tentent de mobiliser les masses populaires derrière la bourgeoisie la plus agressive, et mettent donc en avant un « anticapitalisme » romantique complètement démago et surtout complètement nationaliste.

Inévitablement, tout ce petit monde sert la soupe pave la voie aux vrais « anticapitalistes » romantiques, les fascistes, qui se feront un plaisir de « dénoncer » les postures opportunistes et de surenchérir dans le « mix » faux et mensonger entre social et national.

Pourquoi ? Parce qu’on est en France, et que le fascisme en France a une histoire idéologique très fournie : le fascisme a été français, il sera de nouveau français.

Toute l’histoire – et toute l’imposture – du fascisme français comme anticapitalisme romantique consiste justement à mettre en avant le « social », la lutte contre « l’argent » (avec tout l’antisémitisme que l’on imagine) pour retomber sur ses pieds, c’est-à-dire sur le nationalisme, le racisme, la défense de l’impérialisme, la mobilisation pour la guerre.

Tout cela a été analysé par l’historien israélien Zeev Sternhell, dont l’œuvre est une véritable mine pour qui veut étudier le fascisme français, et le combattre en désarticulant ses initiatives et ses projets.

Sternhell a étudié le fascisme français tel qu’il a existé dans le passé, certes, mais les contours actuels du mouvement fasciste montrent que le fascisme français à venir ne peut exister que dans la même tradition anticapitaliste romantique, dans la même dialectique infernale.

Voilà pourquoi l’étude des analyses de Zeev Sternhell doit devenir un devoir. Car sans Sternhell, le projet authentiquement fasciste de Marine Le Pen est incompréhensible, ou bien analysé de manière petite-bourgeoise – et d’ailleurs l’extrême-gauche tombe systématiquement à côté de la plaque dès qu’il s’agit de combattre Marine Le Pen.

Ici sont proposées des « citations choisies » de Zeev Sternhell, compilées en format PDF par le média communiste Voie Lactée. Rappelons également le résumé par l’Action Antifasciste de la pensée de Sternhell.

Que cela augure une riche étude de la pensée antifasciste, une étude qui serve la stratégie et la tactique de l’antifascisme militant !

‘Hatima Tova ! – ! חתימה טובה

Gmar ‘Hatima Tova ! – ! גמר חתימה טובה

« Aujourd’hui, tous les juifs pardonnent à ceux qui leur ont fait du mal. Tous les juifs, sauf un : moi ! Moi, je pardonne pas. »
« Le Grand Pardon », Alexandre Arcady, 1982.

Entrée dans Yom Kippour et début du jeûne le vendredi à 19h00, sortie le samedi à 20h03. Gmar ‘Hatima Tova ! – ! גמר חתימה טובה

David Bensamon, un fils du peuple assassiné par la prison

Déjà un an. Déjà un an que David Bensamon nous a quittés à l’âge de 30 ans, dans la nuit du 6 au 7 octobre 2010 à l’hôpital de Valence (Drôme). Quelques nuits auparavant, c’était dans l’ombre de la prison de Valence que s’était noué le drame.

À peine rentré en maison d’arrêt le 30 septembre, David avait été rejoint en détention par un codétenu de 20 ans, Sofien Ben Bouazza, en attente de comparution immédiate. Agité et violent, il a donc été « logiquement » placé avec David, réputé plus calme.

Mais à peine quelques nuits plus tard, David est retrouvé étranglé avec un drap. Privé d’oxygène pendant plus de 20 minutes, on imagine que le coma de David a été irréversible.

Avec sa famille à ses côtés pour ses derniers moments, David Bensamon s’est éteint il y a tout juste un an, en laissant derrière lui deux enfants, 8 et 10 ans, et une famille et inconsolable révoltée.

La tragédie de David et de la famille Bensamon est le cruel rappel d’une réalité trop souvent étouffée au sein de notre minorité, que ce soit à cause de la « honte » familiale qui entoure les « déviants », ou bien, pire, à cause du déni du vécu de la jeunesse prolétaire juive par la mentalité servile et hypocrite des « notables » juifs.

Pourtant, des juifs en prison il y en a, des jeunes et des moins jeunes. Certes, bien souvent pour des histoires tournant autour des poisons de la drogue, ou bien des violences sexistes – comme c’était le cas pour David Bensamon à Crest (Drôme), qui avait d’ailleurs déjà fait de la détention avant d’être finalement assassiné par la prison.

Assassiné par la prison, car dans la même maison d’arrêt de Valence, exactement le même scénario s’était déroulé deux ans auparavant : le jeune Jérémy Martinez, 19 ans, avait été tué par son codétenu Raphaël Loubières, lui aussi détenu dangereux en préventive.

Dans ces affaires, l’administration pénitentiaire est responsable : c’est la prison qui a tué Jérémy, c’est la prison qui a tué David. Car pour l’administration pénitentiare, miser sur la division entre prisonniers est un véritable mode de gestion de la surpopulation carcérale dans les maisons d’arrêt. L’administration pénitentiaire fait exprès de placer ensemble des détenus « incompatibles », pour casser toute solidarité et toute sociabilité.

Ce qui est certain, en tout cas, c’est qu’on n’entre pas en prison pour y être tué.

Mais voilà, la prison est une zone d’ombre, d’où rien ne doit filtrer pour l’État capitaliste. Et ceux qui propagent la mentalité de servilité et de déni sont complices du silence imposé par l’État, complices de l’omerta complète qui entoure la jeunesse prolétaire – juive ou non – pour qui l’ombre de la prison est un spectre quotidien. Et ce ne sont certainement pas les quelques rabbins qui prônent la soumission religieuse et la passivité en prison qui y changeront quelque chose.

La prison assassine les fils et les filles du peuple : justice pour David !
La justice méprise le peuple, sa dignité, ses résistances : honneur à la famille Bensamon !

Ce qui est nécessaire, c’est un antifascisme par en bas — Voie Lactée

Les initiatives fascistes se multiplient, le Front National est à l’offensive, et il n’est plus possible aujourd’hui de faire comme si rien n’avait changé en France, comme si la crise n’était pas passée par là et n’avait pas bouleversé la vie quotidienne. De quoi a-t-on besoin, alors ? D’un antifascisme par en bas, comme l’expose cet article de « Voie Lactée », le nouveau média communiste des maoïstes.

Ce qui est nécessaire, c’est un antifascisme par en bas

La question antifasciste est désormais brûlante dans toute la France ; alors qu’il y a quelques années les anarchistes se moquaient du PCMLM qui affirmait que l’extrême-droite allait se reconstruire sur de solides bases, aujourd’hui, les faits ont suffisamment parlé pour qu’une telle attitude infantile et anti-communiste ne puisse plus exister.

Fini aussi les délires sur un « fascisme moderne » ou une France « occidentaliste » qui se construirait : le fascisme qui se développe est, à ne pas en douter, le fascisme tel qu’on l’a connu dans les années 1930, tel qu’il ne peut qu’exister, en tant fer de lance de la bourgeoisie impérialiste, agressive, militariste.

Cependant, force est de constater un problème patent : si l’antifascisme s’est revigoré dans de nombreux endroits, politiquement et culturellement il agit en réaction à la montée du fascisme. Il n’a pas de propositions à part le « social », il n’a pas de culture à part une sorte d’unité sans principes, c’est-à-dire jusqu’à l’acceptation revendiquée de la social-démocratie.

On est passé de l’antifascisme radical, prétexte à un discours anarchiste « ultra », à une revendication « antifa » se concevant comme une digue construite en urgence face aux initiatives violentes d’extrême-droite.

Cela peut être justifié théoriquement par la dangerosité d’une situation, comme à Lyon. Mais la prochaine initiative fasciste à Lille va montrer évidemment que l’extrême-droite gagne dans les masses par l’intermédiaire de sa critique de la social-démocratie.

Il y a là un dilemme que l’antifascisme doit affronter, s’il ne veut pas être anéanti, purement et simplement.

La solution est simple : ce qui est nécessaire, c’est un antifascisme par en bas, et non par en haut, un antifascisme porté par des groupes locaux, sur la base de leur réalité sociale et culturelle, un antifascisme où l’unité se fait lentement mais sûrement, sur une base démocratique.

L’antifascisme par en haut, qui impose des conceptions toutes faites (antifascisme radical, culture punk ou redskin etc.), prône le regroupement d’appareils (syndicaux notamment), ne peut tout simplement pas exister. Tendanciellement, il existe pourtant aujourd’hui, mais ses possibilités de développement sont nuls ; inévitablement la social-démocratie va phagocyter cela.

L’un des grands problèmes ici est que le Front populaire, ce magnifique antifascisme par en bas, a été dénoncé par les trotskystes comme un antifascisme « par en haut », ce qui est de la pure calomnie et totalement faux comme le prouvent les faits historiques (on peut voir cela dans l’historique du Parti Communiste français en PDF).

Il est vrai qu’il n’existe nullement des centaines de structures populaires de tendance socialiste et communiste, comme dans les années 1930 ; leur union a permis de générer le Front populaire, par en bas.

Ce qui montre la difficulté de la tâche antifasciste en France, et la nécessité d’impulser des regroupements locaux, sur une base affinitaire, travaillant localement, décidant eux-mêmes des orientations nécessaires.

Cela seulement est démocratique, et donc populaire, et donc productif.

Shavua Tov – שבוע טונ