Shavua Tov – שבוע טוב


Entrée vendredi à 17h23, sortie samedi à 18h34.
Le 27 janvier 1945, vers 15h, un détachement de l’Armée Rouge arrive à Auschwitz-Birkenau. Les soldats soviétiques découvrent là 7000 survivantEs, mais aussi 600 cadavres jonchant le sol du camp.
Dix jours auparant, les nazis avaient devancé l’arrivée des libérateurs soviétiques, et avaient fait évacuer 60000 personnes pour les « marches de la mort ».
Au total, 1300000 personnes ont été déportées à Auschwitz, 1100000 n’en sont pas revenues, parmi lesquelles 960000 étaient juives.
Quand les soldats soviétiques sont arrivés à Auschwitz, ils ont été tellement horrifiés par la vision des prisonniers squelettiques, par la vision des enfants qui pleuraient mais qui n’avaient pas de larme, qu’ils ont immédiatement appelé ce camp « l’usine de la mort ».
À propos de la libération d’Auschwitz, on peut trouver de nombreuses et importantes informations ici.
Auschwitz-Birkenau a été le plus grand camp d’extermination nazi, c’est le « symbole » d’une extermination très concrète, et nombreuses sont les personnes parmi nous qui y ont perdu de la famille…
Voilà pourquoi c’est un devoir de célébrer le 27 janvier : c’est le symbole de la libération.
C’est un hommage aux millions de personnes que les nazis ont voulu anéantir de la mémoire humaine.
De nombreuses publications d’Hapoel ont déjà été consacrées à Auschwitz en particulier et aux camps de la mort en général. Ils offrent une vision synthétique de ce que signifie Auschwitz, de ce que signifie une extermination systématique :
- Pas de 27 janvier en Catalogne ;
- Les trois Auschwitz ;
- Ces gens n’avaient pas de larmes… ;
- 2 août 1944 : la liquidation des tziganes d’Auschwitz ;
- « Pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka. » ;
- Le pillage à Auschwitz et le nihilisme de notre époque ;
- « Arbeit macht frei » et l’esclavage nazi ;
- La chanson « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat, une triste ambiguïté tristement révélatrice ;
- Les camps de la mort, un défi à la civilisation ;
- The Auschwitz Album – Yad Vashem ;
- Pourquoi étudier la Shoah aujourd’hui ? ;
- Incendie à Majdanek : des milliers de mémoires anéanties.
Les juifs n’oublient pas ! Les juives n’oublient pas !
Il n’y aura pas de nouvel holocauste !

Entrée vendredi à 17h12, sortie samedi à 18h24.
Depuis hier soir et jusqu’à ce soir, nous célébrons la fête de Tou BiShvat. En effet le 15 du mois de Shvat marque le « Rosh HaShanah LaIlanot », c’est-à-dire la nouvelle année pour les arbres, où l’on consomme leurs fruits suite au « jugement » des arbres par D.ieu à Shavuot (d’après les religieux, évidemment).
En raison de cela, la tradition à Tou BiShvat est de consommer des fruits secs, dont des amandes, dattes, abricots secs, figues séchées, raisins secs, etc.
L’institution de Tou BiShvat est d’origine rabbinique et remonte à l’établissement de la Mishna il y a presque deux millénaires, mais on ne sait pas bien si Tou BiShvat était réellement célébré à l’époque (c’est-à-dire avec une pratique spécifique).
Il se peut au contraire que la pratique de Tou BiShvat soit plus récente, et remonte au 16ème siècle, à l’époque du grand kabbaliste Itz’hak Luria (de Tzfat en Palestine).
Son école kabbaliste aurait repris et développé la pratique ashkénaze de manger à cette occasion des fruits secs, en attribuant une importance particulière au symbole de l’arbre.
Car du point de vue de la Kabbale de Luria, comment ne pas voir le lien avec le concept mystique d’Arbre de la Vie, « ‘Etz ‘Haim », qui apparaît dans la Genèse et a été justement synthétisé par Itz’hak Luria ?
À cela s’ajoute le parallèle entre l’être humain et les arbres, parallèle qui revient plusieurs fois dans le Tanakh, d’après les principes « l’arbre du champ est l’homme lui-même » (Dvarim dans la Torah) ou bien « l’homme sera tel un arbre planté au bord de l’eau » (Yirmyahou HaNavi).
Ainsi, Tou BiShvat est au fond une fête agricole, qui ne célèbre ni un deuil, ni un événement particulier. C’est juste une fête qui, de manière populaire, célèbre la beauté du cycle de la nature et les signes précurseurs du printemps – essentiellement la floraison des amandiers.
Seulement cette année, les institutions juives françaises ont décidé de se faire un peu de pub autour de la date de Tou BiShvat, dans le cadre de la grande offensive qu’elles mènent tant bien que mal depuis octobre pour regagner un peu de crédibilité aux yeux des masses populaires juives.
En effet, en ce moment nous commémorons également les 5 ans de l’assassinat antisémite d’Ilan Halimi, le 13 février 2006… qui était la date de Tou BiShvat cette année là.
Coïncidence absolument terrible, quand on sait que « Ilan » signifie « arbre » en hébreu (d’où d’ailleurs le slogan qu’Hapoel met en avant depuis le premier procès Fofana : « on peut arracher un Arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps »).
Le grand rabbin Bernheim a donc appelé chaque communauté à planter des arbres hier soir en mémoire d’Ilan, sans doute pour rattraper le coup après que les institutions aient été totalement absentes des mobilisations pour Ilan Halimi aux deux procès.
Et pour montrer l’exemple, une cérémonie officielle avec la direction du Crif et du Consistoire a été organisée devant la mairie… du Raincy !
Pourquoi au Raincy ? Quel rapport avec Ilan, qui travaillait boulevard Voltaire à Paris, qui a été séquestré à Bagneux juste derrière le cimetière, et qui a été assassiné à Sainte-Geneviève-des-Bois ?
Aucun rapport, bien entendu… sauf apparemment pour le député-maire très à droite du Raincy, Éric Raoult, qui a tenu à ce que cette cérémonie se déroule dans sa ville. Éric Raoult, donc, qui ces derniers jours a soutenu de toutes ses forces la dictature de Ben Ali en Tunisie…
On voit donc bien au service de qui sont les institutionnels juifs du Crif et du Consistoire, on voit bien qui leur donne la direction idéologique, et on voit surtout comment ils se moquent aussi bien de Tou BiShvat que de la mémoire d’Ilan.
Si c’est ainsi que les institutions juives espèrent rendre un hommage digne à Ilan…
En ce jour de Tou BiShvat, gardons la mémoire d’Ilan dans nos esprits et dans nos cœurs – avec dignité et sans magouilles politiques avec des racistes comme Raoult.
Et en ce jour de Tou BiShvat, affirmons également : les arbres sont sacrés, la Terre est sacrée ! Aucun compromis dans la défense de la vie sur notre planète !


Entrée vendredi à 16h55, sortie samedi à 18h08.
« Ta couleur et tes mots, tout me va
Que tu vives ici ou là-bas
Danse avec moi
Si tu crois que ta vie est là
Ce n’est pas un problème pour moi »
Il y a exactement 25 ans, le chanteur Daniel Balavoine trouvait la mort dans un accident d’hélicoptère au Mali.
Que reste-t-il aujourd’hui de Daniel Balavoine, de son œuvre ? Est-ce qu’il en reste à peu près la même chose que des années Mitterrand et de SOS Racisme, c’est-à-dire pas grand-chose ?
Non, justement. De l’œuvre de Daniel Balavoine, il reste quelque chose qui à l’époque en avait fait un chanteur à part dans la variété française, aussi bien d’un point de vue musical avec sa recherche d’un son new wave exprimant de manière juste sa sensibilité, que du point de vue de sa conception du monde.
Malgré ses limites inévitables dues aux illusions des années Mitterrand ainsi qu’à son statut d’artiste, Daniel Balavoine avait rencontré un succès immense, car sa sensibilité individuelle l’avait amené à se reconnaître dans le cri sourd du peuple dans sa longue marche pour vivre libre – sans racisme, sexisme ni exploitation.
Les chansons « Vivre ou survivre » ou bien « Tous les cris les S.O.S. » témoignent justement de cet espoir, qui se fraie un chemin à travers l’oppression. Cette dernière chanson est précisément mise en avant avec une grande justesse dans cet article de Contre-Informations, comme étant « une synthèse du besoin du communisme, bien loin de la variété d’un Ferrat ».
Quant à la chanson « L’Aziza », elle était immédiatement devenue un classique populaire de l’antiracisme des années 1980. Et bien que le clip ait vieilli, ses paroles doivent encore nous parler aujourd’hui dans une époque bien plus sombre, au-delà de certains aspects qui sonnent aujourd’hui comme un peu « paternalistes ».
« L’Aziza » trouve au final son énergie dans le vécu de Balavoine, dans son union avec Corinne, sa femme d’origine marocaine juive. Mais ce vécu particulier, c’est aussi le vécu populaire des unions mixtes, du métissage, de la romance par-delà les barrières et les frontières.
Voici le clip de cette chanson (où dès les premières images, deux enfants s’échangent une Magen David et une Khamsa), clip que nous diffusons ici car « L’Aziza » doit nous parler si l’on veut sincèrement vivre libre de tout racisme.
Alors qu’Éric Zemmour passe en ce moment en procès pour incitation à la haine raciale, voici un document publié par Hapoel il y a tout juste un an. Il n’est pas difficile de voir que cette analyse s’est révélée correcte, et que le tapage autour de Zemmour est de même nature que celui autour de Marine Le Pen.
Aucun compromis ne peut être fait avec l’extrême-droite : quand les fascistes se rendront compte que, même en pogromant, leur monde capitaliste continue à s’effondrer, ils feront payer le prix aux juifs qui se sont vendus et qui ne leur serviront alors plus à rien.
Avec l’Action Antifasciste, participe à la résistance de la culture métissée et populaire !
Suite à la disparition du théoricien trotskyste Daniel Bensaïd, Hapoel a fait un bilan critique de sa démarche, de son style intellectuel, de son rapport à la culture.
Pour résumer, Bensa était une figure de l’intellectualisme « light » de la gauche radicale. Il était d’origine juive algérienne, mais oscillait entre négation et affirmation de son identité, sur des bases toujours abstraites et intellectuelles.
Eh bien Hapoel a trouvé le jumeau de Bensaïd, ou plutôt son « jumeau maléfique » : c’est Éric Zemmour !
Éric Zemmour aussi est d’origine juive algérienne, lui aussi a grandi dans un milieu populaire (à Drancy puis à Château Rouge), et lui aussi est un « intellectuel light » – non pas de la gauche radicale, mais de la droite radicale.
Par contre, ce « symétrique » de Daniel Bensaïd est bien plus médiatisé, ce qui en dit long sur deux aspects parallèles de la crise capitaliste : l’effondrement de la petite-bourgeoisie « de gauche », et la tendance au fascisme de la petite-bourgeoisie hystérique.
Ainsi, au lieu de se nier au profit de la gauche radicale, Éric Zemmour nie tout de sa culture juive pour pouvoir rentrer dans le moule du nationalisme français.
Idéologiquement, Zemmour est en effet un nationaliste français tout ce qu’il y a de plus classique.
Zemmour est élitiste, il considère les masses dans une posture purement consommatrice, il est anti-libéral, pour un État fort, pour les grands monopoles de l’impérialisme français, contre l’Europe et les États-Unis, considérant que l’impérialisme français doit faire cavalier seul.
Culturellement, Zemmour fonde tout cela sur la prétendue « grandeur » passée de la France de De Gaulle, ce qui en fait d’office un opposant à Sarkozy. De plus, il affirme que la culture française est supérieure aux autres, notamment à la culture américaine supposée porter la décadence libérale…
Concernant la question des minorités nationales en France, Éric Zemmour fait encore une fois figure de réactionnaire.
Dans sa perspective de nationalisme classique, il s’agit d’intégrer brutalement les minorités nationales, de les faire rentrer dans le giron de la république jacobine nationale-autoritaire.
Il est important d’insister sur ce point, car c’est un aspect qui n’est pas vu ou pas compris par de larges secteurs des masses juives, qui pourraient se laisser éblouir par les intervention de Zemmour à la télé – toujours très offensives et très « brillantes » du point de vue du nationalisme français.
La preuve absolue de sa négation brutale des minorités nationales, c’est qu’il n’a même pas fait le choix du sionisme. Autrement dit, quitte à ce que la minorité juive ait une idéologie nationaliste, Zemmour préfère que ce soit le nationalisme français plutôt que le sionisme.
En fait, Éric Zemmour constitue une « figure typique » : il incarne à merveille la figure du vendu, du juif plus français que français, plus blanc que blanc, et on pourrait même dire « plus royaliste que le roi »… puisqu’il a déjà donné une interview au journal de l’Action Française !
De même, il a déjà été interviewé par le magazine fasciste « Le Choc du Mois », et participé à une conférence organisée entre autres par les « identitaires ».
Dans sa tentative d’intégration au nationalisme français, Zemmour s’appuie sur un point doctrinal important : le nationalisme historique français n’est pas principalement racial (contrairement par exemple au national-socialisme allemand).
Dans cette doctrine, il peut donc exister certains éléments qui « transcendent leur race », ce qui explique par exemple la présence (très minoritaire) de personnes juives chez l’OAS, malgré le très fort antisémitisme des colons français en Algérie.
C’est dans cette brèche de la doctrine nationaliste française que s’engouffre Éric Zemmour, ce qui lui permet d’être adulé par l’Action Française d’aujourd’hui, alors que celle-ci est historiquement antisémite.
Et c’est justement là que s’est planté Zemmour, quand il expliquait très sérieusement sur Arte que « je suis de la race blanche, vous êtes de la race noire ». Car pour aucun fasciste racialiste, Zemmour ne ferait partie de la « race blanche »…
De même, dans une émission sur les maoïstes de France dans les années 1960 – 1970, Zemmour raille la soi-disant « névrose » des maos, expliquant que cela permettait que « les femmes veulent être des hommes », ou bien que… « le juif veut être un immigré » !
D’abord, Zemmour ne semble pas savoir que, si de nombreux intellectuels ont abandonné la révolution après la défaite de la Gauche Prolétarienne maoïste, la base ouvrière a quant à elle continué la lutte de manière plus diffuse, très loin de ce que Zemmour appelle une « mystique révolutionnaire », jusqu’à se fondre dans ce qui allait devenir l’autonomie offensive.
Ensuite, si on regarde Hapoel aujourd’hui, notre identité est tout le contraire de ce que prétend Zemmour : nous sommes bien pour la révolution, pour la révolution mondiale, mais notre existence même tient au fait que les minorités nationales sont une réalité objective (mais pas éternelle) que nous avons décidé d’assumer.
Enfin, et c’est là que c’est à mourir de rire, l’idée du « juif voulant devenir immigré » vient très précisément… d’un juif qui s’imagine tellement français qu’il dit « nous » quand il parle de l’époque de Napoléon !!!
Et cela est d’autant plus drôle que, justement, Zemmour ne supporte pas les gens qui s’assument, que ce soit culturellement, sexuellement, etc. Que surtout rien ne dépasse !
Mais exactement comme dans le cas de Daniel Bensaïd, la négation de soi se transforme paradoxalement en affirmation identitaire, mais abstraite et sans issue.
Dans le cas de Zemmour, cela se traduit par l’élaboration d’une stratégie ultra-réactionnaire visant à mobiliser les masses juives dans la voie de garage du fascisme, stratégie qui est synthétisée dans « Petit frère ».
« Petit frère » est un roman d’Éric Zemmour, sorti en 2008. Ce roman part d’un fait divers ressemblant étrangement à l’assassinat de DJ Lam.C, et met en scène un intellectuel juif « de gauche » qui va douter de son propre humanisme petit-bourgeois.
La thèse du livre, c’est en gros que l’antiracisme (qui pour Zemmour se résume idéologiquement à SOS Racisme) est une abdication de la France devant l’immigration (qui est en réalité une conséquence du pillage des pays opprimés par la France), et que la communauté juive est sacrifiée par lâcheté populiste et volonté de préserver la « paix sociale » (ce qui part d’une réalité, surtout dans l’affaire Lam.C).
La stratégie que propose Zemmour, c’est donc de raccrocher la minorité nationale juive à la remorque de la bourgeoisie bien française. Et même pas à la bourgeoisie traditionnelle de Sarkozy (comme le voudraient les sionistes, de l’UPJF à la LDJ), mais à la bourgeoisie française agressive, celle de De Gaulle hier et du fascisme demain.
Ce qui est terrifiant, c’est que cette proposition stratégique est l’exact symétrique de ce que disent Dieudonné, Soral et Gouasmi, le caractère totalement bouffon en moins…
En effet, eux aussi veulent raccrocher la minorité nationale arabe à l’impérialisme francais le plus agressif, en l’opposant à la minorité juive, et cela encore une fois au nom de la république française « éternelle » et du prétendu « anti-communautarisme ».
D’ailleurs comme par hasard, Soral et Zemmour ont au départ fait carrière dans l’anti-féminisme, et dans la justification intellectuelle du sexisme le plus barbare. Aussi, tous deux ont été des « intellectuels light », se présentant comme rebelles mais passant sans cesse à la télé – en bons produits de l’évolution réactionnaire française.
Le fascisme est un mouvement « protéiforme », où tout existe avec son « contraire ».
Les masses juives doivent donc comprendre que Zemmour, c’est un Soral pour les juifs ; et qu’il participe donc à l’encerclement idéologique et culturel de notre minorité par les fascistes, avec ses fantasmes ultra-républicains.
En fait, Zemmour est éloigné au possible de notre minorité nationale, par sa culture plus proche de Napoléon et De Gaulle que de n’importe quel élément culturel juif : qu’il se nie ou qu’il s’affirme juif, il reste abstrait et intellectuel.
Mais pour paraphraser le dicton populaire juif, Zemmour peut bien oublier qu’il est juif, les véritables fascistes se chargeront de le lui rappeler…
Feu sur Éric Zemmour, le vendu au nationalisme français !
Briser les tentatives d’intégration dans les mobilisations nationalistes !

Entrée vendredi à 16h47, sortie samedi à 18h01.
« Il y a trois choses qui sont trop merveilleuses pour moi, et même quatre que je ne comprends pas :
le chemin que suit l’aigle dans le ciel,
celui du serpent sur le rocher,
celui du navire en haute mer,
et celui de l’homme chez la jeune fille. »
La semaine dernière est paru en Israel un appel dans les milieux sionistes-religieux, signé par 27 femmes de rabbins. Cet appel incitait les jeunes filles juives à ne pas avoir de relations avec des arabes, notamment à ne pas faire leur Sherut Leumi (service civil à la place du service militaire ) avec des personnes arabes.
Et par dessus tout, par dessus tout… « il leur est fortement déconseillé d’avoir des relations sentimentales » avec des hommes arabes. Quant à une relation sentimentale avec une femme arabe, cela ne doit même pas être imaginable pour les sionistes-religieux.
Bien entendu, ce manifeste des 27 Rabbaniot ne s’adresse pas tant aux jeunes femmes qu’à leurs parents, frères, voisins, etc. En clair, il est surtout appelé de manière répugnante à accroître la surveillance des filles et de leurs fréquentations, ainsi qu’à diffuser en leur direction les préjugés racistes les plus outranciers tels qu’ils peuvent exister chez les sionistes-religieux.
Cet appel en particulier a été publié par le courant kahaniste, mais il faut voir qu’en ce moment, il y a une grande campagne franchement odieuse des milieux orthodoxes et sionistes-religieux en général autour des relations amoureuses des jeunes femmes juives.
Cela donne apparemment lieu à une certaine concurrence en Israel, puisqu’à côté de l’organisation ‘Haredit classique « Yad LeA’him » (« une main pour des frères ») qui s’oppose aux mariages mixtes et qui jouit d’une certaine publicité, on a donc la structure kahaniste Leava qui vient de publier le manifeste de 27 femmes de rabbins, mais aussi une structure sioniste-religieuse qui commence à se faire connaître, Hemla.
Ainsi depuis le mois de novembre, il y a en Israel une certaine agitation, dans les milieux francophones récemment immigrés, autour de cette structure de Hemla (voir ici son site) et de sa Rabbanit Ra’hel Baranès.
Celle-ci présente son foyer de jeunes filles comme une toute petite structure un peu bricolée, alors que dans le même temps elle prétend avoir le soutien des rabbins les plus connus d’Israel et pouvoir compter sur l’armée voire les services secrets dans les missions de « sauvetage » de jeunes filles dans les villages arabes.
La Rabbanit Baranès se plaint bien entendu de ne pas pouvoir révéler publiquement la terrible vérité autour du sort de 30.000 jeunes juives (c’est son chiffre) dans les villages arabes, car elle se ferait traiter de raciste par les partis gauchistes et arabes…
Bref, les sionistes-religieux appellent à la générosité pour sauver les filles juives amoureuses d’arabes, car « Ca n’arrive pas qu’aux autres ! », « Cela arrive tous les jours près de chez vous! », « Et si c’était votre fille? » (titres tirés du site Feminin.co.il, rubrique spéciale Hemla).
Il n’est pas question de rentrer dans un débat sur ce qui se passerait supposément dans les villages arabes, car ce qui nous intéresse c’est la France, c’est comment les sionistes-religieux veulent pourrir les esprits et la vie de la jeunesse juive ici en France par les mêmes méthodes qu’en Israel.
Pour ce qui en est de la situation là-bas, rappelons simplement que la domination des hommes sur les femmes n’est certainement pas exclusive aux « villages arabes », fantasmés par les racistes comme des pièges où les juives se font convertir de force à l’islam.
Que toute brutalité et oppression commence par une exploitation, que toute exploitation commence par un rapport de dépendance, et qu’en ce sens il est absurde de vouloir « sauver » une fille juive d’un homme arabe pour ensuite le marier au premier étudiant en yeshiva qui passe et en faire une femme au foyer.
Et que quand on comprend que c’est le rapport de dépendance qui est à la base de tout, toute la construction idéologique autour des hommes qui « respectent leur femme » se révèle être du mensonge et de l’hypocrisie : les femmes qui veulent vivre libres n’en veulent pas, de la domination « respectueuse ».
Ce qui est bien réel et vérifiable, par contre, c’est toute cette agitation relativement nouvelle, dont on peut se rendre compte avec cette couverture du numéro de novembre d’un magazine francophone (comme il en existe des dizaines en Israel), numéro dédiant sa une à cette association « chargée de délivrer ces Israéliennes d’un cauchemar bien réel » que serait cette « Intifada silencieuse » :

L’article consacré à Hemla est consultable dans la version en ligne du magazine. Mais il a également été repris aussitôt par des sites d’information juive en France, sous un titre autrement plus explicite, « L’islamisation de jeunes juives par "l’amour" » ; lui-même changé quelques jours plus tard en… « L’islamisation de jeunes juives par "l’amour", çà se passe aussi en France ! » (lire l’introduction en bleu).
Car il faut bien voir deux aspects importants dans toute cette agitation. Tout d’abord, cette agitation ne tombe pas du ciel, elle n’a rien de spontané ou « artisanal » ; c’est une campagne qui a été décidée par des idéologues religieux ou sionistes-religieux, appartenant à des courants tantôt alliés tantôt concurrents, et qui veulent chacun sa part de marché.
Et cette campagne ne s’adresse pas qu’aux familles françaises immigrées en Israel, elle s’adresse aussi aux personnes juives en France même ; elle a déjà commencé ici et va certainement prendre à partir de ces prochains mois une importance considérable dans l’agitation globale des sionistes « identitaires ».
Or ce qui doit retenir toute notre attention, c’est justement cette offensive raciste des sionistes-religieux en France même.
Ainsi on apprend que lundi prochain, à Raanana, aura lieu « en direct pour la première fois en Israel », le témoignage d’une « jeune francophone libérée d’un village arabe » sur « son calvaire ». Tout cela en présence de trois rabbins, pour bien se distancier de toute approche féministe. Il faut voir l’image qui accompagne la publicité, c’est édifiant de voir à quel point elle a été conçue par et pour des hommes :

Toujours est-il que le témoignage cette même « jeune francophone » a déjà été diffusé sur le site Feminin.co.il, lui-même relayé sur le site Juif.org !
C’est-à-dire sur un site qui agrège de nombreux autres sites d’information sioniste, et qui concentre donc un traffic internet assez important. Voici donc ce qu’énormément de monde a pu voir à la une de la partie « magazine » de ce site, et cela pendant plusieurs semaines de décembre :

Or il est clair que le public auquel cela est destiné, c’est un public juif français en France, nullement un public français en Israel. Et ce qui est attaqué, c’est très nettement la possibilité même de l’union mixte.
Il y a donc ici une « synthèse » idéologique menée par les sionistes-religieux, et dont vont se servir les « identitaires » juifs d’extrême-droite quand ils en ressentiront le besoin.
Et c’est là justement qu’il y a quelque chose d’incroyable et de dégueulasse : ainsi un courant idéologique qui n’existait même pas il y a 40 ans prétend dicter à la jeunesse juive ses choix de vies, ses amours, et en appelle de manière à peine voilée à la surveillance de l’entourage.
Mais malheureusement ce délire peut marcher dans certaines familles, au moins un temps, parce que la proposition sioniste-religieuse est une forme « modernisée » – certes de manière brutale et grossière – de quelque chose qui est très répandu chez nous et qui relève de la mentalité féodale.
Cette mentalité féodale, presque toute la jeunesse juive y a forcément été confrontée, filles et garçons, essentiellement quand la famille commence à aborder le sujet les relations amoureuses.
Bien entendu, la mentalité féodale ne s’exprime pas pareillement quand il s’agit de jeunes hommes ou de jeunes femmes. Pour les jeunes femmes, le ton est immédiatement autoritaire, on a directement l’isolement et l’enfermement, parfois la brutalité ; alors que pour les jeunes hommes, la relation avec une femme non-juive serait forcément une relation non sérieuse, provisoire, si ce n’est un piège.
Toute la jeunesse juive a vécu des moments comme cela, et si ce n’est pas avec ses parents, c’est avec ses grands-parents, ses oncles, ses tantes. Peut-être vaut-il mieux ne pas s’étendre là-dessus.
Que veut la jeunesse populaire juive ? Elle veut simplement vivre libre, s’épanouir, assumer son identité et sa place dans une société métissée où le racisme, le sexisme et le capitalisme auront disparu.
Elle veut simplement pouvoir choisir sa vie, vivre sa romance, construire quelque chose avec celui ou celle qu’on aime. Sans avoir à choisir parfois entre la famille et l’amour, ni de manière générale entre l’amour et les nécessités de la vie sous le capitalisme.
Seulement la mentalité féodale pèse sur les épaules de la jeunesse populaire juive, et en plus de cela, les sionistes-religieux arrivent avec leur agitation raciste et leur pression lourde et grossière.
Voilà la preuve que les racistes, les identitaires, les sionistes-religieux, l’extrême-droite ne comprennent strictement rien à la jeunesse juive, à ce qui peut se passer dans nos cœurs, et encore moins chez les jeunes juives ! Tout ce qui les intéresse c’est de recruter des « petits soldats » à vendre aux enchères à l’extrême-droite franco-française !
Naturellement chaque situation personnelle est en soi un cas particulier, mais quand on est engagéE dans une union mixte, dans une union métissée, il faut trouver la force de refuser toute la pression raciste, même quand parfois elle vient des personnes auxquelles on tient le plus.
Il faut savoir croire en la romance et en ce qu’elle a d’universel, contre le racisme et contre le repli, contre la mentalité féodale qui nous enferme et contre l’extrême-droite qui prétend dicter nos vies.
Voici au passage un clip récent de Grand Corps Malade, qui s’appelle « Roméo kiffe Juliette ». On a la droit d’aimer ou de trouver cela insupportable, on peut d’ailleurs se référer à la critique intéressante des Red Lions 94. Mais quoi qu’il en soit, il y a dans cette chanson une vérité.