Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h45, sortie samedi à 17h59.

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Judaïsme, christianisme, Islams : les mêmes racines, une seule et même logique (celle d’Aristote)
C’est une étrange ironie que « l’académicienne » Jacqueline de Romilly soit décédée le même jour que les « assises contre l’islamisation. »
En effet, ces « assises » prétendaient défendre la culture « judéo-chrétienne » face à l’Islam, et Jacqueline de Romilly était une des grandes « hellénistes », une spécialiste de la Grèce antique (bardée de tous les diplômes et de tous les titres honorifiques possibles !).
Sauf que, et justement, la culture « judéo-chrétienne » n’existerait aujourd’hui comme elle existe sans la Grèce antique… ni sans l’Islam !
Car quiconque connaît l’histoire des idées sait que le judaïsme, le christianisme et l’Islam ont tous une démarche commune, à savoir de véritablement se fonder sur les écrits d’Aristote (et dans une moindre mesure de son maître Platon).
C’est cela le véritable paradoxe, mais aussi l’escroquerie intellectuelle tant des « nationalistes » que des penseurs religieux musulmans : les premiers défendent « l’Europe » et les seconds feignent de rejeter la décadence de celle-ci, mais en réalité leurs modes de pensée ont ni plus ni moins les mêmes bases !
Et plutôt que dire : « sans l’Islam », disons : « sans (les) Islams », plus précisément, car contrairement aux thèses bourgeoises et religieuses, il y autant d’Islams que de variétés de christianisme…
Dressons ici un petit panorama historique, afin de bien cerner ce qu’il en est, et voyons comment le marxisme-léninisme-maoïsme – tel que le PCMLM le comprend – permet de se sortir de ce qui apparaît comme « incompréhensible. »
Première étape : Platon
Platon veut écrire les sages conseils de son maître Socrate, qui lui n’a jamais écrit. Mais il est dans l’ombre de deux penseurs : Héraclite et Parménide.
Selon Héraclite, on ne peut pas se baigner deux fois dans un même fleuve. Tout change tout le temps. On est, dans la logique de Platon, condamné à parler sans cesse, sans pouvoir dire vraiment des choses, donc.
Selon Parménide, tout est un, et rien ne change jamais. Cela aussi n’est pas utile pour Platon, qui une fois qu’il aurait dit ce qu’il a dit, devrait se taire.
Platon a donc combiné les deux systèmes. Le schéma pourrait être le suivant :
1
—
m
où 1 représente ce qui ne change jamais (=>Parménide) et le « m » ce qui est en mouvement et change tout le temps (=>Héraclite). Ce qui est sur notre planète change tout le temps, mais dans les cieux, il y a les « idées » : l’idée de la chaise parfaite, l’idée du mur parfait, l’idée du couteau parfait, etc.
Ce sont ces idées « pures » qui permettent de parler des choses toutes différentes sur notre planète (rappelons de plus qu’à l’époque tout est artisanal, ou presque!). Ces idées existent sans exister vraiment, dans une sorte d’au-delà.
Il est facile de voir que ce développement de la notion de « concept » universel permettant de choses particulières… va de pair avec l’affirmation d’un « 1 » suprême dans le ciel. Le monothéisme trouve sa théorie.
Chez l’égyptien Akhénaton, le monothéisme n’existait que comme tentative de centraliser les anciens et nouveaux territoires (conquis) dans un grand tout, sous une même bannière religieuse. Avec Platon par contre (dont la pensée est issu de l’Egypte), il y a un véritable justificatif théorique.
Seconde étape : Aristote
Aristote est un des plus grands penseurs historiques de l’humanité ; en fait, lui et Marx ont posé les deux seuls grands systèmes de pensée cohérents. Marx avait comme prédécesseur notamment Hegel et comme successeur notamment Mao Zedong ; Aristote avait notamment comme prédécesseur Platon et comme successeur les trois grandes religions monothéistes.
En effet, Aristote considérait qu’il était possible de parler de la science. Or, le monde des « idées » est inaccessible. Aristote a donc descendu le « 1 » de Platon, pour le mettre sur le même plan matériel que le « m. »
Mais restait alors la question de savoir pourquoi les choses sont en mouvement. Chez Platon, il y a un mouvement de haut en bas (permettant, pour les successeurs « néo-platoniciens », d’affirmer qu’on peut donc retourner en haut, ou bien rester ici et « voler » de l’énergie descendant du ciel : c’est l’origine de la « magie. »)
Mais Aristote, en mettant « 1 » et « m » sur le même plan, avait besoin d’une source d’énergie… il l’a donc tout simplement appelé le moteur. Voici le schéma conforme à la pensée « aristotélicienne » :
moteur
—
1 / m
Et qu’est-ce que le « 1 » aussi matériel que nous ? Eh bien pour Aristote, ce sont les planètes, et c’est le fondement de l’astro-logie : le mouvement des planètes est parallèle à notre mouvement, et tant les planètes que nous bougeons par l’énergie apportée par le « premier moteur » (qui n’est qu’un moteur).
Troisième étape : judaïsme, christianisme et Islam se fondent sur Aristote
Nous avons ici un moment clef très important. Lorsque le christianisme se développe depuis la Palestine vers l’Europe, les penseurs favorables à Platon et Aristote se font rejeter comme « païens », ce qu’ils étaient, sans aucun doute.
Ceux-ci se sont donc réfugiés en « Orient » et voilà que leurs études ont été totalement assimilés par les penseurs locaux, arabes, perses et juifs notamment. Par la suite, toute cette gigantesque production intellectuelle va arriver dans l’Europe et faire sortir celle-ci du Moyen-Âge. C’est grâce la pensée orientale que les textes d’Aristote reviennent en Europe!
Précisons ici quelque chose de central, toujours oublié malheureusement en France. Le judaïsme ne se résume pas à « l’ancien testament », le christianisme au « nouveau testament » et l’Islam au « Coran. » Cette vision est totalement fausse.
La base de ces religions, c’est aussi et surtout l’étroit appareil juridique écrit par des hommes et encadrant précisément l’activité religieuse. Dans le judaïsme, il y a ainsi les Talmuds et la littérature midrashique; dans le catholicisme, il y a le catéchisme de l’Eglise catholique (défini par le Vatican) ; dans l’Islam, il y a les hadiths (les actes et dires du Prophète qui sont racontés dans ces textes) et une innombrable littérature de jurisprudence qui va avec.
Voici par exemple une carte des jurisprudences principales dans l’Islam, montrant bien qu’il faut parler des islams et nullement de l’islam comme religion centralisée comme le serait le catholicisme.
Et on peut voir que les grandes figures intellectuelles à la base des questionnements religieux s’appuient tous sur Aristote. On dit ainsi du penseur juif Maïmonide (1138-1204), né à Cordoue en Espagne, qu’il a pensé en grec, prié en hébreu et écrit en arabe.
Mais cette centralité d’Aristote se retrouve dans l’Islam, avec notamment les deux figures titanesques qu’ont été Ibn Sînâ (Avicenne, 980-1037) et Ibn Rushd (Averroès, 1126-1198).
Maïmonide et Ibn Rushd appelaient al-Farabi (842-950) le « Second instituteur de l’intelligence », le premier étant… Aristote.
Le christianisme sera la dernière religion à sauter le pas, et également à approfondir sa théologie là aussi en partant d’Aristote, par l’intermédiaire du travail de Thomas d’Aquin (1228-1274).
Citons ici un historien, Georges Vajda, dans son ouvrage sur le penseur Isaac Albalag, pour asseoir cette compréhension du retard de l’Europe:
« A l’époque où nous sommes (dans le 3è tiers du XIIIè siècle), le savant chrétien dispose, en plus des Ecritures Saintes et de la documentation profane, patristique et scolastique léguée par le XIIè, d’un nombre considérable de versions latines d’Aristote, d’Avicenne, d’Averroès et de Maïmonide, ainsi que d’autres Grecs et Arabes.
Le savant juif, lui, surtout s’il sait l’arabe, ce qui est encore assez souvent le cas, peut travailler, outre la Bible et la littérature rabbinique, sur presque toute la documentation gréco-arabe qui comprend aussi des textes que son homologue chrétien n’aura pas la possibilité de consulter, car ils ne seront traduits que beaucoup plus tard.
Ce que la littérature en langue latine offrait en plus n’avait pas, pour le philosophe juif, un grand intérêt, puisqu’il en possédait à peu près l’équivalent dans sa propre tradition religieuse. »
Quatrième étape : la construction intellectuelle religieuse à partir d’Aristote
Comme nous sommes des disciples de Karl Marx, regardons en quoi consiste le point commun de ces religions. Ne revenons pas sur Aristote, dont nous avons déjà précisé la pensée relativement en détail, mais regardons la construction intellectuelle religieuse.
Ce qu’il faut voir, c’est que le judaïsme et l’Islam, mais également le christianisme, se veulent une forme de sagesse au quotidien. Aristote est, pour ces trois religions, considérés en quelque sorte comme un ancêtre !
Voici ce qu’écrit Ibn Rushd (Averroès):
« Ce qui sera conforme à la vérité, nous le recevrons d’eux (les Grecs) avec joie et reconnaissance; ce qui ne sera pas conforme à la vérité nous le signalerons pour qu’on s’en garde, tout en les excusant. »
La construction intellectuelle religieuse est donc la suivante : Dieu relève de la métaphysique, sa nature est totalement inaccessible et les écrits sont des dogmes. C’est le « premier moteur. »
Néanmoins, à côté de cela, l’existence humaine (= le « m ») obéit à des principes qui sont dérivés du premier moteur, par l’intermédiaire du « 1. » La religion doit donc établir des principes stricts concernant la pensée et les actes, légiférer sur la vie quotidienne, etc.
La pénitence des chrétiens ou le djihad de l’Islam ont le même sens : il s’agit d’organiser sa propre vie par rapport aux lois divines. Les religions sont des philosophies, des idéologies.
Mais c’est également de ce « 1 » présent sans être présent qui a donné naissance aux « anges », aux « signes », à la présence divine qui se manifesterait ici et là, etc.
Cinquième étape : religions et nations
Suite au développement du féodalisme et avec les débuts du capitalisme, la nation commence à émerger dans les pays européens. Le christianisme implose et donne naissance aux variétés chrétiennes nationales, le plus souvent protestantes.
Le parcours de l’Islam est très similaire, puisqu’il prend systématiquement une forme nationale. L’Islam du Bangladesh n’a rien à voir avec celui d’Arabie Saoudite, car un mystique itinérant fumant du haschich est très éloigné du rigorisme saoudien.
Mais alors pourquoi les « assises contre l’islamisation » et toute la propagande impérialiste sur la question islamique depuis le 11 septembre 2001 ?
Pour la simple raison que l’Islam, ou plutôt les islams contemporains, sont des créations nouvelles. Leurs penseurs viennent des universités impérialistes. Le Pakistan est un projet né dans les universités d’Angleterre ; les islamistes afghans ont été appuyés par les USA contre l’URSS.
L’histoire des penseurs musulmans du 20ème siècle ne se laisse aucunement comprendre si on ne voit pas l’influence majeure des pensées réactionnaires européennes sur eux (notamment Schopenhauer et Kierkegaard, Nietzsche et Heidegger, Deleuze, Derrida et Foucault).
Le penseur musulman Tariq Ramadan bien connu en France est… né à Genève, en Suisse, où il a fait ses études. Il a fait un doctorat… sur Nietzsche !
Ismail al-Faruqi a étudié aux USA, tout comme Hossein Nasr, Akbar Ahmed, Feisal Abdul Rauf…
Syed Zafarul Hasan et Muhammad Iqbal ont étudié en Allemagne et en Angleterre ; Muhammad Hamidullah avait étudié en Allemagne et en France…
Ali Shariati, l’idéologue de la révolution iranienne de 1979, avait étudié en France… C’est lui qui avait traduit en persan les « Damnés de la Terre » de Frantz Fanon ainsi que le gros pavé illisible qu’est « L’être et le néant » de Sartre !
Là, on peut aisément comprendre pourquoi l’impérialisme ne rentre pas en contradiction avec ces penseurs. Si l’impérialisme parle de « l’Islam », c’est qu’il veut qu’on s’y intéresse comme étant la seule idéologie « contestataire. » On aurait d’un côté la « modernité » impérialiste, de l’autre le « fondamentalisme » révolutionnaire.
L’islam serait « révolutionnaire », serait l’idéologie des « dépossédés » dont le but est de ne plus « boire du Coca-Cola. »
Conclusion : les classiques MLM contre le « postmodernisme »
1.Il y a donc d’un côté la science MLM, de l’autre l’anticapitalisme romantique qui part en défense des « dépossédés. »
Cet anticapitalisme romantique est « postmoderne » et se pose comme un fondamentalisme, un romantisme : son idéal est dans le passé. Cet anti-capitalisme romantique ne dérange pas l’impérialisme ; il en est le pendant.
2.L’islam « radical » n’a ainsi pas de base sociale réelle, mais est une importation par en haut, par des penseurs ouvertement influencés par des penseurs européens de l’époque impérialiste.
En ce sens, les « assises contre l’islamisation » ne visent pas à tant à contrer leur prétendu « ennemi »… qu’à contribuer à sa fabrication.
Il n’y a en effet pas un seul Islam, mais une foule d’islams divisés selon des questions théologiques et juridiques, sans parler des congrégations. Et l’Islam même pris abstraitement comme concept n’est pas du tout en contradiction avec le judaïsme et le christianisme…
3.Il ne faut donc pas être dupe de cette logique culturelle impérialiste. Penseurs radicaux islamiques, « identitaires » européens et critiques de « l’islamophobie » font tous partie d’un même moule impérialiste, et se fondent tous sur un « Islam » sans aucune base réelle.
Les religions sont nées à l’époque féodale, à cette époque elles étaient en partie culture, en partie idéologie dominante.
Le second aspect disparaît au fur et à mesure que la féodalité disparaît dans le monde, alors que le premier vient s’ajouter à la culture historique, s’intégrant au patrimoine de l’humanité de manière universaliste, depuis les films indiens universalistes de Bollywood, produits par une industrie où est très présente des personnes de culture musulmane, jusqu’aux révolutionnaires démocratiques universalistes du Maghreb!
Derrière la critique de « l’Islam » il y a donc la critique du communisme en tant que proposition d’un autre mode de vie, en tant que philosophie exigeante de la vie quotidienne, comme nous l’avions déjà remarqué en 2006 avec « l’affaire Redeker. »
L’obsession (en positif ou en négatif) sur l’Islam est improductif; il faut dépasser Aristote, toutes les religions et la pensée bourgeoise en général… La culture… La morale… c’est le communisme, c’est le PCMLM!

Entrée vendredi à 16h39, sortie samedi à 17h53.
Dans les grandes métropoles américaines, aussi bien sur la côte Ouest que sur la côte Est, les communautés juives mettent un point d’honneur à perpétuer une tradition « ancestrale » à Noël : aller au cinéma et manger au restaurant chinois !
Au-delà du dilemme entre aller au cinéma d’abord ou aller manger chinois d’abord (ce qui dépend des coutumes locales suivant les quartiers ou les villes), cette « tradition » en dit long sur le rapport des personnes juives à la culture américaine dominante.
En effet, il y a ici un élément de compréhension sur comment l’immigration juive s’est intégrée culturellement aux USA : Christmas est une fête nationale donc il convient de « marquer le coup », mais sans toutefois se nier et s’effacer.
Cette « tradition » juive américaine est certainement vieille de plusieurs dizaines d’années, puisque l’humoriste Jerry Seinfeld y faisait déjà référence au début des années 1990 comme étant une coutume établie et connue même de personnes non-juives.
Mais pourquoi le restaurant chinois, au juste ? Déjà parce que ces restaurants sont souvent ouverts à Noël puisqu’ils ne célèbrent pas cette fête.
Sans doute aussi qu’il s’agit, par la nourriture d’une autre minorité nationale, de contourner un certain « blocage » concernant les plats traditionnels dominants, considérés comme encore moins Kasher que la cuisine chinois, qui est assez souvent végétarienne voire végétalienne.
C’est le même ressort culturel qui fait que, ici en France, des personnes ne mangeant pas Kasher se refusent catégoriquement à goûter au cadavre de cochon.
Enfin, il faut également savoir que cela fait certainement depuis les années 1950 que les communautés juives des métropoles américaines sont très friandes de cuisine chinoise.
Pourquoi ? Difficile à expliquer, mais sans doute que les juifs américains se sentent plus « chez eux » dans une autre minorité nationale plutôt que dans la culture américaine dominée par les standards « White Anglo-Saxon Protestant » (WASP). Il peut exister le même phénomène en France… mais c’est une autre histoire !
Nous mettons ici en lien le clip d’une chanson sortie il y a 3 ans, et qui a connu un relatif succès sur Internet : « Chinese Food On Christmas ». La chanson vaut ce qu’elle vaut, mais on y retrouve en tout cas un certain humour aigre-doux… typiquement juif américain.
Voilà, c’en est fini du volet judiciaire de l’assassinat d’Ilan Halimi, le 13 février 2006. Vendredi soir au tribunal de Créteil, le verdict est tombé pour les 17 personnes jugées en appel depuis la fin octobre.
Comme par hasard, la cour a réussi comme au premier procès à rendre son verdict après l’entrée du Shabbat, vers 19h, ce qui fait que la famille d’Ilan n’a pu assister à ce moment crucial pour elle. Il ne s’agirait tout de même pas qu’une famille meurtrie interfère dans une machine judiciaire si bien huilée…
Ainsi, seule Stéphanie la fiancée d’Ilan a pu être présente. Elle s’est d’ailleurs exprimée – certainement pour la première fois – devant les caméras de télévision, c’est-à-dire à visage découvert, marquant ainsi un nouveau départ dans sa vie, ou en tout cas la fin d’un deuil bien trop long.
Concernant le verdict lui-même, les peines ont été alourdies de 1 à 3 ans de prison pour 7 des complices de Youssouf Fofana. Quant aux autres, leurs peines sont restées identiques, y compris pour les deux personnes mineures au moment des faits : l’appât qui a ciblé Ilan, et un geôlier ayant torturé Ilan avec la circonstance aggravante d’antisémitisme.
Nous recopions ici le verdict tel qu’il apparaît sur le blog d’Elsa Vigoureux. Il va de soi que les pseudonymes, les verbes au conditionnel et certaines tournures sont très parlants et sont de la responsabilité d’Elsa Vigoureux, de même que l’impasse faite sur l’antisémitisme avéré de « Jicé » (Jean-Christophe Gavarin).
Alcino R. (père d’un des geôliers, il n’a pas dénoncé les faits) : 8 mois de prison, comme en première instance.
Jérémy P. (a prêté sa voiture à Youssouf Fofana, a participé une tentative d’enlèvement) : 3 ans de prison, acquitté dans l’affaire Ilan Halimi, comme en première instance.
Franco L. (poursuivi pour sa participation à trois tentatives d’enlèvement, et pour associations de malfaiteurs): 5 ans de prison, acquitté pour cinq infractions sur six, comme en première instance.Nour (l’appât, mineure à l’époque des faits) : 9 ans de prison, avec diminution de peine compte tenu de sa minorité, comme en première instance.
Gilles S. (le gardien d’immeuble qui a donné les clefs des lieux de séquestration) : 10 ans de réclusion criminelle, contre 9 ans en première instance.
Jérôme R. (geôlier, qui a abandonné au cinquième jour de séquestration) : 10 ans de réclusion criminelle, comme en première instance.Tifenn G. (« rabatteuse » de plusieurs appâts) : 11 ans de réclusion criminelle, contre 9 ans en première instance.
Christophe M. (aurait entre autre conduit l’appât à son rendez vous avec Ilan Halimi, et participé à plusieurs tentatives d’enlèvement) : 12 ans de réclusion criminelle, acquitté sur une tentative d’enlèvement, contre 10 ans de réclusion criminelle en première instance.
Yahia K. (geôlier intermittent) : 11 ans de réclusion criminelle, comme en première instance.Fabrice P. (geôlier sur la fin de la séquestration) : 12 ans de réclusion criminelle, contre 11 ans en première instance.
Cédric B-S-Y (geôlier sur la fin de la séquestration) : 12 ans de réclusion criminelle, contre 11 ans en première instance.
Nabil M. (geôlier) : 14 ans de réclusion criminelle, contre 13 ans en première instance.Jicé (geôlier, mineur à l’époque des faits) : 15 ans de réclusion criminelle, malgré la diminution de peine liée à sa minorité, comme en première instance.
Samir (aurait assuré le lien entre les geôliers, les ravisseurs, le gardien d’immeuble et Youssouf Fofana, dont il aurait été le bras droit) : 18 ans de réclusion criminelle, soit trois années de plus qu’en première instance.
Jean-Christophe S. (ravisseur d’Ilan Halimi) : 18 ans de réclusion criminelle, comme en première instance.

Chez Hapoel, nous sommes les premiers à penser que ce n’est pas sur les peines qu’il faut se concentrer, mais sur l’impact de l’affaire Halimi dans les masses, puisque c’est en définitive cela qui restera dans la mémoire populaire.
Mais là, que voit-on ? On voit qu’avec le huis-clos, avec le silence des médias et sans aucune campagne démocratique autour de ce procès en appel, il ne restait finalement pour la famille Halimi qu’à espérer des peines plus lourdes qu’en première instance. Ce qui justement n’a pas été le cas.
Et à ce titre, on comprend le désarroi de la famille Halimi quand on voit que les deux personnes mineures au moment des faits n’ont pas vu leur peine alourdie, alors que l’appât a eu comme consigne de cibler des juifs, et que le geôlier mineur a été suffisamment clair sur les motivations antisémites de ses brutalités.
C’est au final un terrible sentiment d’amertume qui entoure pour nous ce procès en appel.
L’État français et sa « justice » ont réussi à faire exactement ce qu’ils entendaient faire : ils se sont « préservés » en maintenant le status quo et en empêchant délibérément par le huis-clos toute prise de conscience antiraciste.
Comme l’a toujours dit Hapoel, le huis-clos a été une redoutable arme antidémocratique, qui arrangeait finalement bien l’État, ainsi que la police française qui a abandonné Ilan à ses ravisseurs.
L’État français a joué très finement, cela est indéniable, et à l’inverse il doit être affirmé nettement que dans ce procès en appel, c’est le peuple qui a subi une défaite. Le peuple est passé à côté d’un moment important pour se forger une indispensable conscience antifasciste.
Car sans aucune campagne autour de ce procès autre que celle des antisémites, il a été au final terriblement facile de noyer l’assassinat d’Ilan, de noyer sa signification aux implications trop importantes dans l’esprit des masses.
Ainsi les médias ont pu parler pendant tout le week-end de la neige plutôt que du verdict du procès après deux mois de blackout total, et en tout cas rien n’a jamais dépassé pour eux la dimension d’un fait divers, rien n’a jamais été expliqué.
Ainsi les avocats de la défense ont pu faire des déclarations absolument scandaleuses après la tombée du verdict : Françoise Cotta a expliqué que ce verdict prouvait que la justice française était « indépendante » et que l’on pouvait « s’opposer au pouvoir », tandis que son collègue Antonowicz a poussé la provocation jusqu’à clamer que… « la mémoire d’Ilan Halimi méritait mieux que ça » !
Et ainsi le déroulement du procès a été ce qu’il a été, les peines ont été ce qu’elles ont été, et demain l’assassinat d’Ilan notre frère sera incompris et oublié – au mieux…
Dans cet échec, dans ce rendez-vous manqué, la responsabilité des institutionnels juifs est patente. À aucun moment les institutions n’ont voulu mobiliser, tout comme au premier procès. Les institutions juives ont montré ici leur servilité envers l’État français et ses intérêts.
On voit d’ailleurs que les institutions ont délibérément laissé le terrain aux « sionistes radicaux » de la LDJ, qui a certes mobilisé au début et à la fin du procès en appel, mais pour ainsi dire « à l’arrache » et sans aucun contenu.
Un certain nombre de jeunes étaient ainsi venus au tribunal avec les stickers de la LDJ, mais la seule impression que l’on en retire, c’est que tout cela a été fait pour les caméras de télé – notamment la sortie « bruyante » du tribunal au moment du Shabbat.
Bref, une sorte de mise en scène où la jeunesse juive sert de « figurante » aux sionistes identitaires pour se vendre le plus cher possible au Front National.
En comparaison avec la LDJ qui n’a rien dit et qui n’a rien à dire, même l’institutionnel Gil Taïeb (responsable de l’Association de Bien-Être du Soldat Israélien…) a eu des mots étonnamment justes :
« Une page se tourne certes, mais Ilan est devenu l’enfant de tous. On ne l’oubliera pas. On ne l’oubliera jamais. Il faut rester vigilants… Avec la montée de l’extrême-droite aujourd’hui, il faut se dire qu’Ilan peut demain aussi bien être musulman que juif. Nous devons faire de ce cas le symbole de l’horreur du racisme. »
La vérité, c’est que sans contenu il est impossible de soulever la pression démocratique des masses populaires, juives ou pas ; il est impossible d’établir un rapport de force non théâtralisé qui aurait servi à construire quelque chose, à forger la conscience antiraciste.
Et impossible, en vérité, de faire le deuil véritable d’Ilan Halimi, un deuil digne et déterminé qui aurait servi à ce que demain, il n’y ait pas d’autre Ilan.
Ilan, les juifs ne t’oublient pas, le peuple t’oublie pas !
On peut arracher un Arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !

Entrée vendredi à 16h36, sortie samedi à 17h50.
C’est finalement aujourd’hui, au bout de sept semaines, que se clôt le procès en appel des assassins d’Ilan Halimi. Le verdict devrait tomber semblerait-il d’ici 15h30, c’est-à-dire avant l’entrée du Shabbat.
Rendez-vous est donc donné aujourd’hui à 13h au tribunal de grande instance de Créteil dans le 94. Pour s’y rendre en transports en commun, il faut descendre au métro Créteil Université, ligne 8.
Voici donc le programme de l’après-midi à Créteil :
13h : rendez-vous à l’intérieur du tribunal de Créteil ;
14h : émission spéciale de Radio J en direct du tribunal ;
15h30 : heure attendue du verdict ;
16h15 : allumage de bougies pour la mémoire d’Ilan ;
16h36 : entrée du Shabbat, dispersion du rassemblement.
Pour Ilan Halimi notre frère, un seul mot d’ordre : dignité, détermination, justice !
On peut arracher un Arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !

Ce vendredi se clôt le procès en appel des assassins d’Ilan Halimi, notre frère, notre fils. Un procès qui n’a été l’occasion d’aucune mobilisation de la part des institutionnels juifs ni des « para-institutionnels », ce qui laisse forcément un goût amer à toutes celles et tous ceux qui exigent la justice pour Ilan.
Néanmoins, il y a pour ce vendredi 17 décembre un appel à mobilisation au tribunal de Créteil (métro Créteil Université), impulsé par Radio J :
Procès en appel du « Gang des Barbares » : Radio J émettra Vendredi 17 décembre 2010 en direct du Palais de Justice de Créteil
Radio J émettra Vendredi 17 décembre 2010 en direct du Palais de Justice de Créteil. A l’approche du verdict du procès du Gang dit “des Barbares”, toute l’équipe de Radio J s’est mobilisée depuis le 25 octobre pour communiquer coûte que coûte sur ce procès en appel à huis-clos, en soutien et hommage à la famille Halimi.
Rendez-vous à Créteil, ce vendredi 17 décembre, pour la mémoire d’Ilan (zal)
Michel Zerbib, Directeur de l’Information Radio J
Comme heure de rendez-vous, il a été parlé par certains de 13h, par d’autres de 14h, et quoi qu’il en soit il faut espérer que le verdict tombera avant Shabbat. Hapoel confirmera donc l’horaire d’ici vendredi, et ne peut entretemps qu’inviter à surveiller les appels à mobilisation sur Facebook.
Justice pour Ilan ! Solidarité avec la famille Halimi !
On peut arracher un Arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !

Aujourd’hui s’ouvre donc la dernière semaine du procès en appel des assassins d’Ilan Halimi.
Jusqu’à mercredi, ce sont les avocats de la défense qui plaident. Puis vendredi 17 décembre, on connaîtra enfin le verdict final, presque 5 ans après l’assassinat d’Ilan.
La semaine qui vient de s’écouler, quant à elle, a été très chargée. Mercredi, ce sont en effet les avocats des parties civiles qui ont plaidé, c’est-à-dire les avocats de la famille Halimi, de la fiancée d’Ilan, de la famille Douieb, du jeune Marc Krief, etc.
Puis jeudi c’est l’avocat général qui a exposé son réquisitoire… pendant près de 8 heures ! Un réquisitoire où il était explicitement fait allusion au « climat d’antisémitisme » dans lequel baignait le « Gang des Barbares ».
Jeudi vers 19h, les réquisitions sont tombées. Les réquisitions les plus lourdes sont globalement plus élevées qu’au procès en première instance, tandis que les réquisitions les moins lourdes sont globalement allégées, établissant ainsi une certaine hiérarchie des responsabilités.
Voici la liste des réquisitions pour les 17 personnes rejugées en appel :
Jean-Christophe Soumbou : 20 ans (18 ans en première instance) ;
Samir Aït-Abdelmalek : 20 ans (20 ans en première instance) ;
Jean-Christophe Gavarin : 18 ans, avec prise en compte de la motivation antisémite et sans diminution de peine due à la minorité au moment des faits (15 ans en première instance) ;Nabil Moustapha : 16 ans (13 ans en première instance) ;
Cédric Birot-Saint-Yves : 14 ans (12 ans en première instance) ;
Fabrice Polygone : 13 ans (12 ans en première instance) ;Tifenn Gourret : 12 à 13 ans (10 ans en première instance) ;
Emma Arbalzadek-Hashémi : 12 à 13 ans, sans diminution de peine due à la minorité au moment des faits (10 à 12 ans en première instance) ;
Christophe Martin-Vallet : 12 ans (8 à 10 ans en première instance) ;Yahia Kaba : 12 ans (12 ans en première instance) ;
Gilles Serrurier : 10 ans (10 ans en première instance) ;
Jérôme Ribeiro : 10 ans (12 ans en première instance) ;Franco Louise : 7 ans (8 à 10 ans en première instance) ;
Jérémy Pastisson : 5 ans dont 2 ans avec sursis (7 ans en première instance) ;
Sabrina Fontaine : 5 ans dont 2 ans avec sursis (5 ans en première instance) ;Alcino Ribeiro : 1 an (1 an avec sursis en première instance) ;
Alhassane Diallo : acquittement (5 ans avec sursis en première instance).
Les avocats des parties civiles ont salué ce réquisitoire, considérant que la hiérarchie des responsabilités dans l’assassinat d’Ilan avait été respectée. Quant à Ruth, la mère d’Ilan, on comprend le soulagement qu’elle peut avoir face à ce réquisitoire, mais aussi son appréhension face au verdict véritable.
Tout cela est bien. Mais malgré tout, il y a un problème dans tout cela, un problème de taille qui concerne l’ensemble des masses en France.
Car finalement, à l’issue de ce procès en appel, on n’en sait pas beaucoup plus sur les circonstances qui ont mené à l’enlèvement d’Ilan, à sa séquestration, à son calvaire, à sa liquidation.
Au-delà de la quête de justice de la famille Halimi, il fallait profiter de ce procès pour servir l’ensemble du peuple de France, pour montrer comment on en arrive à une telle barbarie à cause du racisme « acceptable » qu’est l’antisémitisme.
Mais le huis-clos a fait son œuvre ; et si l’horreur de l’assassinat d’Ilan a éclaté au cours du procès (notamment quand ont été exposées les photos de l’autopsie d’Ilan, ou quand ont été diffusés des enregistrements téléphoniques qui n’avaient pas été diffusés en première instance), elle a malheureusement éclaté dans le silence pesant du huis-clos.
Dans ces conditions, il était inévitable qu’on en arrive à une situation où le seul écho régulier du procès Halimi était une chronique matinale sur Radio J, ce qui est clairement très insuffisant par rapport à la signification profonde de l’assassinat d’Ilan, mais aussi par rapport à ce que les masses méritaient de savoir et de connaître.
Et il était tout aussi inévitable, dans les conditions du huis-clos, que les avocats de la défense puissent mener leurs campagnes médiatiques librement, en faisant filtrer leur version des faits, leur version du procès, leur point de vue, etc.
Ainsi, comme c’était prévisible et prévu, le blog judiciaire de la journaliste Elsa Vigoureux est devenu une simple tribune des avocats les plus médiatiques de la défense : Didier Seban, Françoise Cotta, William Bourdon, etc.
Par exemple, Hapoel avait parlé de la campagne que mèneraient inévitablement ces avocats pour faire comparaître Michèle Alliot-Marie devant la cour d’assises de Créteil.
Début novembre, le président de la cour s’était plus ou moins défaussé, et laissé la responsabilité à MAM de venir au procès ou pas. Et comme prévu depuis avant même le début du procès, MAM a refusé de comparaître, mettant en avant le culte de la hiérarchie et de l’État bourgeois.
Les avocats de la défense ont donc sorti un document contenant les questions qu’ils souhaitaient poser à MAM selon une obscure procédure judiciaire, et qui est disponible… uniquement sur le blog d’Elsa Vigoureux.
Un document qui contient des questions très nettement hors-sujet du style « N’avez-vous pas le sentiment par votre intervention d’avoir pris le risque de nourrir l’antisémitisme ? » ou bien « Existe-t-il à votre connaissance des liens entre Nicolas Sarkozy ou son entourage et Bernard-Henri Lévy ? ».
Et la provocation a été poussée jusqu’à menacer d’un troisième procès si MAM ne comparaissait pas, alors même qu’il s’agissait pour les avocats de la défense de contester le deuxième procès. Tout simplement indécent…
Ainsi, quand on s’intéresse au procès Halimi, on se retrouve nécessairement coincé entre d’un côté une campagne jouant avec le feu de l’antisémitisme en profitant du huis-clos, et de l’autre côté un État bourgeois et antidémocratique qui au fond souhaitait tout autant le huis-clos.
C’est difficile et malheureux à dire, mais du point de vue des masses populaires de France, le deuxième procès Halimi est un échec. Un échec car rien n’a été fait pour mettre en avant sa valeur dans la lutte contre le racisme.
Et dans cette lutte, ce n’est certainement pas sur la « justice » française qu’il fallait compter, qui par sa logique cartésienne, formaliste et procédurière, isole les faits entre eux au lieu de les remettre dans le contexte d’une société traversée par le racisme de part en part, au lieu de proclamer l’absolue priorité de la bataille antiraciste.
Il ne fallait pas davantage compter sur l’État français, qui ne voyait pas d’inconvénient au huis-clos étant donnée la responsabilité de sa police dans la mort d’Ilan, et étant donné surtout l’écho qu’aurait eu un procès public parmi les masses populaires de France, juives ou pas.
Bref, il reste aujourd’hui à attendre vendredi pour connaître le verdict final du procès. Vendredi… en toute logique après la tombée de la nuit, empêchant ainsi cruellement Ruth Halimi d’assister à la fin du procès comme cela avait déjà été fait en juillet 2009 (où de plus Shabbat débute bien plus tard qu’en décembre…).
Aujourd’hui plus que jamais, justice pour Ilan !
Solidarité jusqu’au bout avec la famille Halimi !

Entrée vendredi à 16h35, sortie samedi à 17h48.
Quand éclate la seconde guerre mondiale, la Tunisie abrite une population juive d’environ 90.000 âmes, habitant essentiellement entre Tunis et la Goulette, ainsi qu’à Djerba, Sfax, etc.
L’Europe et les champs de batailles ont beau paraître loin, mais le colonisateur français occupe la Tunisie, qui subit dès octobre 1940 les lois antisémites de Vichy, comme en Algérie.
Les mesures antisémites sont diversement appliquées en Tunisie, pas toujours comme Vichy l’aurait voulu. Ainsi, le port de l’étoile jaune n’est pas obligatoire à Tunis, mais seulement à Souss et Sfax.
Fait notable, de larges couches des féodaux tunisiens s’opposent aux mesures antisémites, ne serait-ce que pour réaffirmer face à Vichy leur autorité sur la Tunisie et tous les « sujets » du Bey – parmi lesquels la minorité juive de Tunisie, donc.
Ainsi, dès son intronisation en juin 1942, Moncef Bey s’opposera à l’antisémitisme de Vichy, et cachera des juifs pendant toute l’occupation à titre personnel, en poussant beaucoup de figures de la féodalité à faire de même. Les exemples en ce sens sont très nombreux.
Mais suite aux avancées des Alliés en Afrique du Nord, les nazis décident d’organiser la défense sur place, et débarquent en Tunisie le 8 novembre 1942. C’est alors que s’ouvre la période de l’occupation nazie en Tunisie, ce qui est unique en Afrique du Nord.
Pour la minorité juive, les persécutions antisémites franchissent un cap, et deviennent semblables à celles qui règnent en Europe : étoiles jaunes, rationnements, spoliations, réquisitions militaires, énormes amendes collectives, travail forcé en public ou dans des camps, jusqu’à la déportation.
Le 8 décembre 1942, les forces nazies d’occupation exigent à la communauté juive, représentée par Moïse Borgel, un contingent de travailleurs forcés : il leur faut 3000 jeunes adultes juifs pour le lendemain à l’aube.
Mais le lendemain matin, il y a seulement 120 « volontaires » à la caserne Foch de Tunis. Ce sont donc les SS qui vont se charger du travail, et qui vont opérer une rafle sans doute déjà prévue : c’est la rafle de Tunis, le 9 décembre 1942.
Ainsi, les SS occupent l’école de l’Alliance et « cueillent » les personnes qui arrivent. Les nazis iront jusqu’à rafler dans les synagogues, notamment la grande synagogue de Tunis. De plus, ils enlèvent de nombreux « notables » de la communauté juive, qui serviront comme otages.
Les 4000 juifs raflés ce 9 décembre 1942 iront soit en camp de travail, soit sur les fronts allemands en Europe.
Ce seront au total 5000 juifs de 18 à 50 ans qui iront trimer dans 32 camps de travail en Tunisie dans des conditions de travail extrêmes, principalement vers Bizerte mais aussi dans les environs de Tunis. À noter que le financement et les ravitaillements des camps devaient être assurés par la communauté juive elle-même…
De ces camps, quelques centaines de personnes ne reviendront pas, que ce soit à cause des conditions de vie extrêmement dures ou bien à cause des exécutions sommaires. De même, une soixantaine de très jeunes adultes juifs trouveront la mort sur les fronts allemands en Europe.
Sans parler d’un convoi de déportés juifs qui, la mer étant quadrillée par les Anglais, partira en avril 1943 en avion en direction des camps de Pologne et d’Autriche. De cette déportation, 17 personnes ne reviendront pas – en plus de déportés « individuels » parmi les résistants.
Face aux avancées des forces Alliées, les nazis déserteront les camps de travail en avril 1943, et fuiront la Tunisie en mai 1943. Peu après, les mesures antisémites seront abrogées.
Les six mois d’occupation allemande de la Tunisie ont été trop courts pour mettre en œuvre les véritables plans nazis : l’extermination de la minorité juive de Tunisie, ni plus ni moins.
En effet, il existe des témoignages de cadres de la diplomatie nazie allant très clairement dans ce sens. Cependant, vu que la mer était sous contrôle allié, et que la déportation par avion n’était pas envisageable à l’époque, les SS avaient prévu de fusiller les personnes juives en Tunisie même.
Comme quoi l’antisémitisme nazi a une dimension totalement idéologique, jusqu’à aller chercher des personnes juives à génocider au-delà des mers.
Aujourd’hui, les juifs se souviennent, les juives se souviennent.
Quelle soirée, hier soir au stade Gerland de Lyon ! Comme annoncé, Hapoel Tel Aviv venait en France affronter l’OL en poules de Champions’ League. Les Rouges d’Hapoel Tel Aviv de retour en France, donc, pour la première fois depuis novembre 2006 et ses pogroms autour du Parc des Princes…
L’enjeu était simple : après la victoire écrasante d’Hapoel T"A au Bloomfield contre le Benfica, les « Adoumim » avaient une petite chance d’accrocher la 3ème place de la poule B de Champions’ League, synonyme de relégation en Europa League… mais synonyme tout de même de compétition européenne.
Pour cela, il fallait absolument que le Benfica Lisbonne perde à domicile contre Schalke 04… et surtout qu’Hapoel Tel Aviv vienne l’emporter à Lyon ! Coup de chance totalement improbable ? Certainement…
Sauf que voilà, Hapoel Tel Aviv nous a habituéEs aux miracles inespérés et aux retournements de situations magistraux. Et justement, c’est exactement ce qu’il s’est passé hier soir à Lyon… jusqu’à la 88ème minute.
Non seulement Schalke 04 est allé battre le Benfica à Lisbonne, mais de plus à Lyon, la victoire semblait acquise aux Rouges dès la 68ème minute : après un premier but de Lyon à la 62ème, Hapoel a égalisé à la 63ème par Sahar, et même pris l’avantage à la 68ème par un magnifique retourné acrobatique de Zahavi – qui récite aussitôt le Shema sur le terrain…
À ce moment là, Hapoel T"A était 3ème de son groupe, notamment grâce à son flamboyant gardien de but, le nigérian Enyeama. Et la vérité, c’est que Gerland a tremblé !
Mais à la 88ème minute, Lyon a égalisé, anéantissant les espoirs des « Adoumim » de croiser en Europa League… le PSG ?
Bref, tout le monde a voulu y croire jusqu’au bout – malheureusement en vain. Et la communauté de Lyon également, venue en masse à Gerland alors que des places pour le match se vendaient… jusqu’à la sortie des synas !
Sans parler bien entendu de la belle mobilisation de l’équipe antiraciste d’Hapoel Lyon, qui a eu la chance de rencontrer Hap T"A avant le match, ainsi que celle du club Maccabi Villeurbanne.
Mais voilà, que pouvait-on espérer par un froid pareil alors qu’en Israel il y a en ce moment même un Khamsin terrible, avec notamment l’incendie que l’on connaît autour de ‘Haifa ?
Et surtout, au-delà de notre mauvaise foi à la hauteur de la déception, il faut imaginer ce qu’aurait été la fin de soirée pour les personnes juives venues au stade, si seulement Hapoel Tel Aviv l’avait emporté…
Dommage pour cette fois, donc. Mais que cela ne nous empêche pas, après une si belle soirée, de clamer : Yallah Hapoel ! 'Am Hapoel 'Hai !

Dans l’idéologie antisémite telle qu’on la connaît en France, le juif est un étranger, en ce sens qu’il est étranger à la « terre » française, étranger à ses campagnes idéalisées avec le clocher au milieu du village. Et par conséquent, le juif est un étranger qui ne sera jamais tout à fait assimilé à la « Nation » – ni jamais tout à fait loyal. Voilà une idée sur laquelle Hapoel n’insistera jamais assez.
Alors quand on voit à l’heure actuelle la véritable déferlante de chauvinisme et de nationalisme entretenue par la bourgeoisie et relayée par la petite-bourgeoisie en crise, on comprend facilement qu’il va y avoir besoin de cibles à dénoncer. Et comme toujours dans l’esprit délateur français, la cible c’est le juif, c’est le rrom, ce sont les banlieues soi-disant « bling bling », etc.
Un exemple de tout cela, qui permet de sentir l’air du temps ? En France il y a désormais deux concours ultra-sexistes supposés définir la « beauté à la française » : Miss France et Miss Nationale. Rien que le nom de « Miss Nationale », qui n’a rien de particulièrement « glamour », est un signe de quelque chose.
Mais surtout, le concours Miss Nationale, présidé par l’indéboulonnable Geneviève de Fontenay, se pose explicitement comme le concours « légitime » contre le concours « légal » d’Endemol. Le « pays réel » contre le « pays légal », dans la grande tradition nationaliste française.
Ajoutez à cela la croix de Lorraine qui orne le ruban de Miss Nationale alors que Geneviève de Fontenay s’enorgueillissait de voter Arlette Laguiller, et on voit très bien la tendance lourde au chauvinisme, qui dans ce cas particulier est un appui culturel au néo-gaullisme.
Mais au-delà du véritable et inévitable psychodrame qui a été monté autour de cette histoire de Miss France, l’actualité récente regorge de revendications romantiques du « pays réel » et de promotions du chauvinisme.
Par exemple, aujourd’hui Éric Cantona appelle à vider les banques. Chaque « citoyen » est appelé à se présenter à son guichet de banque, à y retirer ses économies (sous-entendu évident chez les petits-bourgeois : pour celles et ceux qui en ont), et ainsi ce sera mécaniquement la révolution. Pas moins.
Cantona appelle cela « un coup à la Spaggiari » – du nom d’un truand de l’extrême-droite mafieuse niçoise lié à l’OAS et aux régimes fascistes d’Amérique du Sud – pour ce qui relève très clairement d’une critique fasciste de l’usure, avec l’équation anti-scientifique « capitalisme = capital bancaire ».
On voit ici les références, relayées bien évidemment par tout ce que la France compte de pseudo-anticapitalistes romantiques, qu’ils soient sociaux-démocrates ou proto-nazis… et qui finiront par happer ceux qui à l’extrême-gauche refusent la clarté idéologique et la démarche scientifique.
Dans la même veine, il y a tout le tapage fait autour de WikiLeaks, un site qui déclassifie des documents diplomatiques confidentiels. En France, la révélation de notes diplomatiques américaines sur Sarkozy a fait grand bruit. On a ainsi un Sarkozy décrit par les journaux comme « Sarkozy l’américain », avec des références faites à ses soi-disant origines juives, etc.
Il n’y a pas besoin de beaucoup insister, les lecteurs et les lectrices d’Hapoel comprennent immédiatement les implications de tout cela. Et comme une image peut être tout aussi parlante, on notera la couverture du numéro de décembre de « Fakir », un journal d’Amiens censé être « de gauche », dans le même esprit que ce qu’était « Siné Hebdo ».
Mais les exemples de ce style se comptent à la pelle, de l’extrême-droite à la « gauche radicale » en passant par les courants néo-socialistes ou néo-gaullistes.
Et à ce titre, il faudrait peut-être expliquer un jour à certains juifs racistes, prêts aux alliances les plus indignes, ce que l’intégralité de l’extrême-droite (y compris Marine Le Pen et les « Identitaires ») a toujours voulu dire par « mondialisme »…
Ainsi il y a actuellement en France une synthèse terrible entre un anticapitalisme purement romantique d’un côté, et un esprit nationaliste du « pays réel » de l’autre. Le « social » et le « national ».
Cette synthèse ultra-propagandiste va devenir la règle de l’idéologie dominante, c’est une véritable lame de fond, avec l’antisémitisme comme fond culturel commun qui ne demande qu’à surgir et s’exprimer.
Voilà la tendance de fond, voilà la mécanique infernale qui s’est enclenchée et qui va devenir de plus en plus dominante à l’approche des élections de 2012.
Et les populistes de gauche comme de droite qui aujourd’hui sèment le vent de l’anticapitalisme romantique et de son inévitable tendance à l’antisémitisme, ceux-là comptent bien un jour récolter la tempête des pogroms.
Face au tsunami antisémite qui s’annonce et dont on commence à voir précisément les contours, l’indispensable autodéfense juive ne suffira pas : il faut que ce soient les exigences politiques qui orientent l’activité antifasciste. Voilà pourquoi il est temps de prendre parti, de s’engager, et cela de manière politique !
Juif ! Juive ! Avec Hapoel, participe à la bataille antifasciste !
Si ce n’est toi, qui ? Si ce n’est maintenant, quand ?

Entrée vendredi à 16h37, sortie samedi à 17h49.
Les Red Lions 94 évoquent régulièrement l’actualité du Peuple Rroms qui est soumis à un véritable racisme aujourd’hui en France. Les Rroms sont parmi les principales victimes des délires racistes, nationalistes et haineux qui, à notre époque, prennent de plus en plus un caractère génocidaire. Afin de mieux connaitre le Peuple Rrom, nous avons posé quelques questions au collectif La voix des Rroms, qui se bat pour la dignité de son Peuple. Vous pouvez aussi consulter leur document « qui sont les Rroms » que nous avons mis en ligne depuis la rubrique textes du site. Connaitre le Peuple Rrom est une nécessitée majeur pour les Antifascistes sérieuses et sérieux qui se battent aujourd’hui en France.
A bas les frontières, a bas le racisme,
Vive le Peuple Rrom et vive la communauté humaine universelle !
Interview de la Voix des Rroms par les Red Lions 94 – novembre 2010.
Quelle est l’origine de l’association la voix des Rroms ? Quels sont vos combats ?
La voix des Rroms a été créée à Paris au printemps 2005 par quelques étudiants et intellectuels rroms qui en avaient assez du colonialisme. En effet, nous ne nous reconnaissions ni dans la description faite par les institutions, essentiellement répressives, ni dans celle faite par l’establishment dit associatif, essentiellement humanitaire ou faussement humaniste. Notre objectif était, et reste, une expression libre et juste de l’identité rromani, ce qui passe par la reconnaissance des Rroms pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire un peuple ni meilleur ni plus mauvais que n’importe quel autre peuple.
Beaucoup de personnes, notamment des journalistes mais aussi des gens qui veulent soutenir les Rroms, font une différence entre les Rroms venus récemment de Roumanie ou de Bulgarie et les Rroms vivant en France depuis très longtemps comme les Manouches ou les Gitans ? Comment interprétez-vous cela ?
Objectivement, il y a des différences. Celles-ci sont à mettre sur le compte de la diversité qui caractérise le peuple rrom et qui est une richesse, tout comme la cuisine normande et celle méditerranéenne fait partie de la diversité de la gastronomie française. Or, s’agissant du dernier exemple, la différence est considérée comme une partie de la diversité de la gastronomie française, sans qu’elle épuise la richesse de cette dernière. En ce qui nous concerne, la tendance est à la généralisation de détails, tous ces détails étant choisis parmi ceux qui font des Rroms une population à problèmes, que ces problèmes soient causés par les Rroms ou bien qu’ils les touchent particulièrement. Si on prend par exemple le cas du logement, la problématique est très loin de concerner les Rroms de Roumanie ou de Bulgarie ou bien ceux-ci et les Rroms français. Etrangement, les mêmes qui refusent de reconnaitre le peuple rrom, traitent en même temps cette question sociale en termes ethniques. Il s’agit alors de stigmatisation pure et simple, puisque, y compris en partant de bonnes intentions, ces gens ne font aucun cas des quelques centaines de milliers de Rroms en France pour qui le problème de logement ne se pose pas, ni de ceux, non-Rroms, pour qui il se pose. Enfin, la population rrom de France n’est pas constituée que de Manouches, de Gitans (qui sont tous Français) et de Rroms roumains ou bulgares.
Pensez vous qu’il y a une volonté de l’État français de lutter contre la culture rrom comme c’est le cas pour d’autre cultures, les cultures bretonne, basque ou arabe par exemple ?
Je ne sais pas s’il y a une volonté claire de lutter contre la culture rrom d’une manière globale, mais en tout cas il y a une résistance inexplicable à sa reconnaissance. A mon avis il y a là quelque chose d’instinctif, qui prend sa source dans les préjugés qui forment l’idée qu’on se fait des Rroms.
En revanche, sur des aspects particuliers de notre culture, comme p. ex. notre manière de travailler, d’habiter, de tisser et de maintenir les liens humains et sociaux, il y a souvent des attaques frontales. Par exemple, des Rroms qui se font arrêter pendant qu’ils récupèrent des métaux dans des poubelles, ou d’autres qui se font expulser des habitations qu’ils construisent eux-mêmes ou bien des lieux où ils installent des caravanes, autant d’exemples qui illustrent un combat de l’Etat contre tout ce qui ne s’intègre pas au système dominant qui nous mène vers le mur.Nous pensons que le peuple rrom vivant en France forme une minorité nationale, au même titre titre que la minorité juive ou bien la minorité arabe, et qu’il doit à ce titre bénéficier de droits démocratiques spécifiques, comme la reconnaissance de sa propre culture, l’apprentissage de celle ci à l’école, etc. D’après vous quels pourraient être ces droits pour la minorité rrom de France ?
Le concept de « minorité nationale » est une case institutionnelle dans laquelle les Rroms auraient du mal à entrer, bien que parfois ce soit le cas, comme en Roumanie. Ceci est du au fait que dans la conception dominante en Europe, la nation se confond avec l’Etat, dont les Rroms sont dépourvus. Ainsi, depuis quelques années un autre concept se développe, celui de « peuples sans territoire compact », qui correspond à tous les peuples dispersés et qui ne se réfèrent pas à un Etat. Le 5ème Congrès de l’Union rromani internationale, tenu en 2000 à Prague, a proclamé la nation rrom en tant que nation sans territoire compact et sans revendication territoriale. Partant de là, un réseau a travaillé sur une proposition d’un statut-cadre des Rroms dans l’Union européenne, qui a reçu l’aval de la présidence de l’Union rromani internationale. Le texte est accessible en plusieurs langues européennes sur le site www.rroma-europa.eu . Structurée en deux parties, cette proposition explicite d’abord la diversité des identités nationales dans le contexte européen, la place de l’identité nationale rromani dans ce même contexte, puis, dans une deuxième partie, propose des pistes d’action dans toute une série de domaines. Evidemment, une reconnaissance saine de la culture rromani est la base de toute autre action, celles portant sur les droits culturels plus particulièrement. Une des tendances les plus fâcheuses de notre époque est le détournement de la sémantique, qui souvent rend les propos démagogiques ou creux. Utilisant le vocabulaire approprié dans son sens réel, on peut cependant dire que les droits des Rroms, qu’on ne peut qualifier de « minorité » au vu de leur importance numérique et de leur longue histoire européenne, sont à reconnaitre et à rendre accessibles selon les principes d’égalité et d’unité dans la diversité. Nous sommes incontestablement un peuple européen et devrions par conséquent avoir accès à notre culture, à l’apprentissage de celle-ci et surtout de notre langue, qui lui sert de moteur, à l’école. Ceci étant dit, cette transmission ne doit pas se faire dans un ghetto, puisque nous vivons parmi d’autres peuples qui doivent aussi nous connaître et que nous devons mieux connaître dans le souci de la construction d’une société fondée sur le respect mutuel de ses composantes.
La conscience de l’appartenance au peuple rrom est-elle répandue chez tous les Rroms de France ou bien cette culture est-elle à faire vivre ?
Non, pas tous les Rroms ont cette conscience d’appartenance de manière spontanée, mais c’est là la preuve même d’une identité qui se vit de manière sereine. D’autres identités nationales ont connu des processus de construction longs, fortement appuyés par l’instruction mais aussi la force et la répression. La plupart du temps les résultats n’ont pas été convaincants. La manipulation récente de l’identité nationale française fournit une illustration parfaite de ce genre de processus. Une culture ou une appartenance nationale se vit librement et dans la renégociation perpétuelle, elle ne se décrète pas et ne s’impose pas. Le paradigme du corps et de l’esprit permet de mieux l’expliquer. La culture correspond à l’esprit et les règles et les institutions au corps. Lorsque l’esprit est sain et paisible, il n’y a pas besoin de changer d’aspect physique.
L’appartenance au peuple rrom, à la différence d’autres appartenances, n’est pas inculqué de manière institutionnelle, mais seulement familiale. Par conséquent, comme les Rroms sont divers, la transmission familiale de cette identité culturelle se fait de manière parcellaire et ne concerne que l’identité particulière de chaque famille ou de chaque groupe. L’ouverture vers d’autres groupes rroms ne dispose pas de moyens qui dépassent le cadre restreint d’un groupe. Cependant, de plus en plus des associations comme la nôtre assurent ce rôle en France, avec plus ou moins d’aide de structures extérieures. Dans d’autres pays, ce sont les institutions qui l’assurent. En Roumanuie p. ex., les programmes scolaires contiennent un enseignement en rromani et de la culture rrom qui dépasse le monde culturel de chaque élève.Que pensez du drapeau représentant une roue rouge sur fond bleu et vert, associé au peuple rrom ? Que signifie-t-il ? Le reconnaissez vous comme étant le drapeau rrom ?
Le drapeau rrom a été établi par le premier congrès international rrom à Londres en 1971. Le bleu représente le ciel, symbole de liberté, et le vert la terre fertile, mère nourricière. La roue rouge est le chakra, référence à l’origine indienne, qui représente la perfection et aussi le voyage depuis l’Inde, qui pour certains parmi les Rroms continue toujours. La couleur a été choisie car le rouge est la couleur préférée dans la culture rrom.
Nous reconnaissons ce drapeau comme le nôtre.En 1971 est née l’Union Rromani Internationale dans le but de représenter tous les Rroms dans le monde. Cette union existe-t-elle encore ? Si oui, la reconnaissez-vous ? Quel est son rôle ?
Oui, l’Union Rromani Internationale existe toujours et La voix des Rroms en fait partie. Son rôle est de faire reconnaître les Rroms et leurs droits dans le monde. Elle dispose d’un statut consultatif auprès de l’ONU et est souvent consultée par des organisations internationales.
En France, les Rroms font partie des principales victimes des haines raciales et des délires nationalistes qui prennent de plus en plus un caractère génocidaire : beaucoup de personnes n’hésitent plus à parler des Rroms comme de « parasites » desquels ils voudraient se « débarrasser ». Nous pensons que l’unité des masses populaires de France est une nécessité vitale face à l’inévitable montée du fascisme. Notre mot d’ordre est la construction du front populaire antifasciste, de la résistance de la culture métissée et populaire. Que pensez vous de cela, comment pensez vous que cela pourrait se matérialiser ? Et plus particulièrement pour le peuple rrom ?
La nécessité d’une telle démarche me paraît autant évidente que sa réalisation me semble difficile, mais cette difficulté ne doit pas nous décourager. Il faut prendre le travail à bras le corps. L’union dont il est question se fera entre personnes conscientes de la gravité de la situation et désireuses de faire barrage à sa progression.
Dans notre culture, comme dans beaucoup d’autres cultures populaires, on peut puiser un nombre considérable d’éléments permettant, sinon d’atteindre, au moins d’approcher le but. A mon avis, sa réalisation passe nécessairement par la création d’espaces d’échange d’idées aussi larges que possible. Nous devons créer ces espaces et y démasquer tous les phénomènes qui se développent actuellement et qui vont à l’encontre de la paix et de la cohésion sociales. En quelques mots, face aux démagogues, nous devons être pédagogues.En mai dernier vous avez célébré la fête de l’insurrection gitane, c’est à dire l’insurrection du 16 mai 1944 par des Rroms internés par les nazis. Dans votre appel que nous avons trouvé très poignant vous disiez que « l’assemblée des vivants rappellera que c’est par la révolte organisée, le poing levé, que la vie digne repousse les forces noires quand elles approchent et qui parfois sont déjà là. » Pour vous cette période de l’histoire du peuple rrom occupe un place importante semble-t-il ? Pouvez-vous nous parler rapidement du Samudaripen ?
C’est un sujet très vaste, qui a fait l’objet d’un excellent livre de l’historienne Claire Auzias : « Samudaripen, le génocide des tsiganes », publié chez l’Esprit frappeur et disponible aussi auprès de notre association. Aussi, dans l’impossibilité de le traiter dans son ensemble, je me limiterai à un seul de ses aspects : dans leur folie, les nazis étaient gênés par l’origine indienne (donc « aryenne ») des Rroms, qu’ils projetaient d’exterminer. Leurs théoriciens ont donc conclu que les Rroms avaient mêlé leur sang avec du sang slave, ou encore, qu’ils venaient certes de l’Inde, mais des intouchables. Il est bien connu que « la fin justifie les moyens », surtout chez les nazis. Sans parallèles exagérés, de nos jours nous nous élevons aussi contre les pseudo-historiens qui, partant de leurs préjugés sur nous, nous cherchent des origines d’exclus. L’exclusion d’une part trop importante de Rroms n’est pas un élément intrinsèque, et encore moins originel de notre culture, mais le résultat d’un racisme persistant à notre endroit.
Quant à la place que nous accordons au Samudaripen, elle est en proportion inversée de celle que lui accordent les médias et les autorités. Faire l’impasse sur ce génocide qui a fait au moins 500.000 victimes, relève de notre avis d’un silence coupable. Comme sur notre culture ou sur notre identité, nous sommes dans l’obligation d’essayer de pallier les carences, voire le vide. Là encore, nous ne désespérons pas, car nous n’en avons pas le droit, ne serait-ce que pour rester dignes des Rroms internés à Birkenau qui ont résisté aux SS avec des haches et des pioches un 16 mai 1944. Nous avons ce devoir de mémoire qui dépasse le rituel et les larmes plus ou moins hypocrites. L’histoire doit servir à un avenir meilleur, et c’est notre principe, comme c’est aussi le principe de Tony Gatlif, président d’honneur de La voix des Rroms, qui a traité le sujet d’une manière excellente dans son film récent « Liberté ». Le titre du film est le but a atteindre, et la connaissance de l’histoire est l’un des moyens pour y parvenir.Merci à la Voix des Rroms !
Ce soir commence le 25 Kislev, qui marque le premier des 8 jours de ‘Hanukkah ! Une fête de lumière, de résistance et d’espoir… qui est particulièrement attendue par les plus jeunes dans nos familles !
‘Hanukkah est une fête d’origine rabbinique. Celle-ci célèbre à la fois la victoire militaire de la révolte des Maccabim, la « victoire spirituelle » sur les « Juifs hellénisants », l’institution d’un royaume indépendant sur la Judée… autant d’éléments mis en avant par les nationalistes juifs. Mais surtout, ‘Hanukka célèbre le fameux « miracle de la fiole ».
Rappelons de quoi il s’agit : les Maccabim victorieux des « Juifs hellénisants » arrivent au Temple de Jérusalem, où la Menorah (à 7 branches, donc) doit briller en permanence. Mais ils n’y trouvent que quelques gouttes d’huile d’olive consacrée, qui auraient suffi à faire briller la Menorah un seul jour alors qu’il en faudrait huit pour refaire un stock d’huile.
Et c’est là que s’opère le miracle : les quelques gouttes d’huile d’olive parviennent à brûler pendant 8 jours de suite : « un grand miracle a eu lieu ici ».
Voilà donc l’origine de l’allumage pendant 8 jours de la ‘Hanukkiyah, ce chandelier à 9 branches qui porte 8 bougies, plus une bougie « principale », le Shamash, utilisée pour allumer les autres.
D’autres coutumes se sont greffées avec le temps. Ainsi, il est coutume de manger des Soufganiyot (des beignets fourrés), de donner de l’argent aux enfants (coutume qui s’est transformée soit en cadeaux, soit en médailles en chocolat), ou encore de faire tourner une toupie (« Sevivon, sov sov sov… »).
Voilà pourquoi ‘Hanukkah est une fête si attendue par les plus jeunes ! Mais aussi, donc, par celles et ceux d’entres nous qui ont des enfants, des neveux, des nièces encore jeunes.
Voici une série de courtes synthèses sur divers éléments liés à ‘Hannukah, plus culturels que religieux :
- Sevivon, sov sov sov
- ‘Hanukkah : allumer le feu !
- Recette de Soufganyot végétaliennes
Entretemps, Hapoel souhaite très chaleureusement une bonne fête à toutes les personnes qui la célèbrent.
'Hanukkah Samea'h ! – ! חנוכה שמח
Et en passant, un grand merci à l’ami d’Hapoel qui nous a fait partager ce tout nouveau clip de Matisyahu, « Miracle », sorti exprès pour ‘Hanukkah. Un clip très frais… dans tous les sens du terme.