Shavua Tov – שבוע טוב


Entrée vendredi à 18h17, sortie samedi à 19h23.
Presque 5 ans ont passé, et pourtant la cicatrice est toujours à vif dans les cœurs et les consciences.
Ilan Halimi était un fils du peuple, un jeune juif de 23 ans d’origine marocaine. Un fils du peuple avec la vie qui va avec : son amour, ses projets, sa mère qui le trouvait « trop gentil », ses sœurs, ses amis Karim et Jérémy, ses passions, etc.
Mais aussi bien entendu son travail dans un magasin de téléphonie mobile, ses parents séparés, sa lucidité sur l’antisémitisme en France, ses quelques perspectives de partir d’ici.
Bref, c’est sur Ilan que la barbarie s’est abattue simplement parce qu’il était juif… mais cela aurait pu être n’importe qui d’autre.
Et la jeunesse juive sait que cela n’est pas une affirmation en l’air. Chaque jeune juif de Paris et de sa banlieue sud sait qu’en ces jours glaciaux de janvier – février 2006, il aurait pu être à la place d’Ilan.
La preuve en est que seulement deux semaines avant l’enlèvement d’Ilan, c’était Mickael Douieb d’Antony qui avait été ciblé par le gang de Fofana, tabassé, insulté de « sale juif », laissé pour mort, baignant dans son sang dans un hall d’immeuble de Bagneux.
Mickael Douieb a échappé au kidnapping uniquement parce que Fofana le croyait déjà mort. Il a dû subir de nombreuses interventions chirurgicales depuis, mais a surtout dû affronter le mépris de la police, qui n’a tenu compte d’aucune de ses indications sur le gang de Fofana. Des indications qui auraient peut-être pu sauver Ilan.
C’est sur cette réalité que se fonde la conscience d’une partie de la jeunesse juive. En 2006, un certain état d’esprit et un certain niveau de conscience avaient été atteints, avec évidemment des illusions, des impasses, etc.
Voilà pourquoi, chez Hapoel comme chez beaucoup de jeunes juifs et juives, le souvenir d’Ilan est au cœur de notre identité.
L’assassinat barbare d’Ilan Halimi est une réalité terriblement concrète, et c’est au cœur de cette réalité que se construit une conscience, une identité. Car tout est là, tout est dans ce drame en particulier.
L’antisémitisme. Ilan a été ciblé, enlevé, torturé en tant que juif, et il a été liquidé parce que juif. Un rabbin a même été contacté pour payer la rançon. Les préjugés racistes tuent.
La prédation. Dans l’esprit de l’antisémitisme le plus barbare, les juifs sont des fantômes, ils n’ont rien de concret. Plus rien n’empêche donc qu’ils soient traqués, soumis à la merci de leurs bourreaux, et enfin liquidés.
Le caractère génocidaire. Ilan a vécu 24 jours de torture et de terreur, incertain de son sort. Puis un jour il a été tondu, « lavé » à l’acide, brûlé vif, retrouvé près d’une voie de chemin de fer. Il n’y a malheureusement pas besoin d’insister sur toute cette symbolique.
Le silence. La barbarie génocidaire va toujours de pair avec la dissimulation, avec le silence. Une quarantaine de personnes savaient à Bagneux, et aucune n’a réagi. C’est ce même silence qui a pesé et pèse encore dans le huis clos des deux procès.
La division du peuple. Ilan et ses assassins auraient bien pu être voisins, mais le fait qu’il soit juif en a fait une proie. L’indifférence, l’absence de solidarité et de conscience de classe ont permis qu’Ilan soit séquestré aussi longtemps, sans réaction.
La police. Elle a été en-dessous de tout, elle s’est crue infaillible, elle ne mérite que le mépris. La police n’a pas écouté Mickael Douieb, elle ne s’adressait qu’au père d’Ilan au détriment de sa mère, elle a nié l’antisémitisme, et à la fin elle a abandonné Ilan à ses assassins.
C’est sur la base de ces quelques éléments que peut et doit se forger une conscience antifasciste au sein de la minorité juive.
Les antisémites saisissent très bien la portée de l’assassinat d’Ilan, voilà pourquoi ils attaquent la conscience des masses populaires juives, leur compréhension du fait que c’est l’antisémitisme qui a tué Ilan.
Ainsi pendant des années, il a fallu supporter le discours prétendant que le meurtre d’Ilan serait simplement crapuleux, qu’Ilan aurait certes été visé parce que juif mais qu’au fond viser des juifs n’est pas de l’antisémitisme (qu’est-ce que c’est alors ?), ou bien que cela aurait pu être n’importe qui d’autre.
Pendant des années, il a fallu supporter le discours ultra-populiste sur les « deux poids deux mesures », repris en avril dernier à l’occasion de la mort de Saïd, vigile à Bobigny.
Le nazi Dieudonné n’avait alors pas tardé à faire un « sketch » où il scandait « Libérez Fofana » et où il déclarait que les bénéfices de ses spectacles iraient à Fofana, avec des paroles à glacer le sang comme : « cette chance qu’a eue Ilan d’être accueilli et de mourir quand même dans les bras fraternels des secouristes ».
De même pour la sénatrice bourgeoise Alima Boumediene-Thiery, qui chaque jour se révèle plus antisémite. Ainsi dans les manifestations pour Saïd, elle avait opposé Ilan à Saïd, en niant l’antisémitisme, en parlant des médias (pourquoi ?), etc. Même logique chez la CAPJPO-Europalestine, qui déjà en 2006 tenait un discours répugnant.
De même, enfin, pour l’UJFP, non seulement pour sa position lâche en 2006, non seulement pour sa réaction incroyable au moment de l’appel, mais aussi pour son exploitation insupportable du thème antisémite du « deux poids deux mesures » et sa quasi justification de pogroms au moment de la mort de Saïd.
Il ne faut pas que la mémoire d’Ilan soit souillée par les antisémites, qui ont très bien compris où cette mémoire pouvait nous mener. Il ne faut pas que le souvenir d’Ilan retombe dans le silence du huis clos.
Voilà pourquoi, pour l’ouverture du procès en appel ce lundi, Hapoel a rassemblé ses publications concernant Ilan notre frère, ce qui permettra également de suivre le procès tant que possible, ainsi que les mobilisations.
Les textes rassemblés permettent de se faire des idées assez précises sur de nombreux points, et sont accessibles directement par l’adresse internet justicepourilan.hapoel.fr, ou encore en cliquant sur le bouton correspondant dans la colonne de droite :
D’autres sites couvriront également le procès en appel jusqu’en décembre. Il y a par exemple le blog d’Elsa Vigoureux, journaliste au Nouvel Observateur, qui avait déjà couvert le premier procès dans ce blog – de manière parfois trop « neutre ».
Juif ! Juive !
Forge ta conscience antifasciste dans le souvenir d’Ilan !
Les antisémites paieront ! Justice pour Ilan !
Le procès en appel des assassins d’Ilan Halimi s’est finalement ouvert hier matin, au palais de justice de Créteil (métro Créteil Université, ligne 8).
Le cadre du procès en appel est donc assez différent de celui du premier procès : du palais de justice situé à Paris de manière on ne peut plus centrale et ouvert aux touristes, on passe à celui de Créteil (94), dans le style « moderne » des années 1970…
Un palais de justice qui sera ultra quadrillé par la police, aussi bien à l’intérieur du tribunal qu’à l’extérieur, avec le renfort de la gendarmerie mobile et des CRS, et cela jusqu’à la fin du procès Halimi le 17 décembre.
Maintenant que l’ambiance est posée, venons-en aux faits.
1. Le procès s’est ouvert hier à 10h, avec les formalités d’usage. Puis dans l’après-midi, il a été débattu de la tenue du huis clos – sans illusions de la part de la famille Halimi et de la fiancée d’Ilan. En définitive, c’est effectivement le huis clos qui a été retenu, comme tout le monde pouvait malheureusement s’y attendre.
Au-delà de l’aspect purement juridique ou « technique », il faut bien voir que la publicité des débats aurait imposé une pression démocratique sur la cour, une pression à laquelle la justice bourgeoise veut se soustraire tant que possible, comme Hapoel avait expliqué il y a un mois.
L’avocat de Mony Yin, la fiancée d’Ilan, a ainsi déclaré de manière très juste : « II ne faut pas qu’Ilan Halimi soit mort pour rien, il faut que le peuple exerce un contrôle démocratique sur la décision à venir. »
« II ne faut pas qu’Ilan soit mort pour rien » : c’est aussi dans cet état d’esprit que Mony aborde ce procès, presque 5 ans après l’enlèvement d’Ilan. Voici une interview émouvante diffusé à la radio :
2. Youssouf Fofana pourrait encore faire des siennes. Rappelons qu’au départ, il devait faire appel, puis s’était rétracté en février dernier. Seulement Fofana regrette, et aimerait pouvoir faire appel, ce qui n’est de fait pas possible juridiquement.
Toujours est-il que Youssouf Fofana sera cité comme témoin, puisque c’est bien lui qui est au centre du « Gang des barbares ». Il devrait être appelé à témoigner à partir de la semaine prochain, le 2 novembre, et probablement pendant tout le mois de novembre.
C’est malheureux, mais une grande partie du procès dépendra encore une fois de l’attitude de Fofana. Voudra-t-il sortir de sa cellule pour témoigner ? Si oui, s’adonnera-t-il aux mêmes provocations antisémites qu’au premier procès ? Servira-t-il à nouveau de « fusible » pour tous les autres accusés, empêchant ainsi de connaître la vérité ?
Impossible de savoir… Mais ce qui est certain, en revanche, c’est que Youssouf Fofana n’a pas agi seul, et qu’il est trop facile d’éluder la responsabilité des 18 accuséEs dans l’assassinat d’Ilan.
3. Le procès Halimi ne doit pas devenir une tribune pour avocats en quête de publicité, ni un laboratoire pour l’antisémitisme !
Hapoel avait parlé vendredi de la démarche des avocats de certains accusés de citer comme témoin Michèle Alliot-Marie, pour l’interroger soi-disant sur les raisons qui l’ont poussée à faire appel.
Finalement MAM a bien été citée comme témoin, et celle-ci a expliqué dans une lettre à la cour d’assises de Créteil qu’elle était prête à s’expliquer devant la cour, mais qu’elle ne pouvait apporter aucun élément sur les faits eux-mêmes.
Quoi qu’il en soit, il faut savoir qui est derrière cette manœuvre. Il y a bien entendu l’avocate Françoise Cotta, dont nous avons déjà parlé. Mais en première ligne, il y a également l’avocat William Bourdon qui ce lundi a dénoncé avec Françoise Cotta « une intrusion violente du politique ».
William Bourdon, donc, qui est engagé dans les grandes causes internationales, qui roule pour Europe Écologie, et qui est aussi… l’avocat quasi officiel des intérêts lybiens en France ! Mais avouons que cela a moins de « panache » que la défense de Youssouf Fofana, qui avait compté parmi ses défenseurs Isabelle Coutant-Peyre (avocate de Garaudy, avocate et épouse de Carlos, soutien de Dieudonné) ou encore Emmanuel Ludot (avocat de Saddam Hussein)…
Pour terminer, affirmons simplement notre solidarité avec la famille Halimi, avec ses parents Ruth et Didier, avec ses sœurs, avec sa fiancé, avec tous ses proches. Espérons que ce procès permettra de connaître la vérité, toute la vérité, et qu’il puisse conclure un deuil bien trop long.
Tout au long du procès, Hapoel relaiera les actualités importantes et les appels à mobilisation, s’il y en a.
Justice pour Ilan ! Il ne faut pas qu’Ilan soit mort pour rien !

Entrée vendredi à 18h30, sortie samedi à 19h34.
Comme Hapoel le rappelle régulièrement depuis deux mois – et nous avons été les seuls à le faire -, ce lundi s’ouvre à Créteil le procès en appel des assassins d’Ilan Halimi, ou plus précisément des « complices » de Youssouf Fofana.
Puisque deux des « complices » étaient mineures quand Ilan a été enlevé, séquestré, torturé et liquidé, et puisque ces deux personnes n’ont pas jugé utile de permettre au procès en appel de se tenir publiquement, celui-ce se tiendra encore une fois à huis clos.
Quand on parle de « huis clos », entendons-nous bien : ce seront uniquement les audiences qui ne seront pas publiques, car pour le reste, il y en a qui ne se gêneront pas pour se faire mousser dans la presse tout en profitant du grand flou entretenu autour du procès…
Ainsi, dans les colonnes de Libération et du Nouvel Observateur, l’avocate Françoise Cotta a donné le coup d’envoi il y a une semaine pour les grandes manœuvres antisémites.
Qui est cette Françoise Cotta ? C’est l’avocate de Gilles Serrurier, le gardien d’immeuble de Bagneux qui a fourni – en connaissance de cause – les clefs de l’appartement puis du local technique où Ilan a été séquestré. Par ailleurs, elle représente également en ce moment des associations de défense des Rroms.
Toujours est-il que, dans la presse, Françoise Cotta a affirmé son intention de citer comme témoin Michèle Alliot-Marie, la garde des Sceaux, qui avait décidé de faire appel du verdict prononcé en juillet 2009. Françoise Cotta ajoute que la plupart des avocats de la défense lui emboîteront le pas.
Alliot-Marie comme témoin à ce procès ? Quel rapport ? Certes la police a été en-dessous de tout et, à la fin, elle a carrément abandonné Ilan à son sort… Mais dans ce cas, il faudrait citer comme témoin le ministre de l’Intérieur de l’époque… Nicolas Sarkozy.
Mais non, c’est bien MAM que la défense veut faire interroger au procès en appel. Pourquoi donc ?
Françoise Cotta l’explique : « Trois jours après le délibéré et alors qu’elle venait d’être nommée garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie demandait au parquet de faire appel du jugement. Cet appel a donc clairement été effectué sous la pression d’une partie civile. [...] Je veux donc que Michèle Alliot-Marie explique ses motivations pour réclamer cet appel. »
Poutant, on a beau le retourner dans tous les sens, mais il est difficile de voir en quoi une explication de MAM pourrait bien faire avancer quoi que ce soit pour comprendre le calvaire d’Ilan.
L’initiative de Françoise Cotta est donc purement tactique. Non seulement elle lance une contre-offensive absolument indécente pour déplacer le « centre de gravité » du procès et faire oublier que c’est d’un assassinat raciste qu’il s’agit.
Mais en plus, et c’est impossible de l’expliquer autrement, Françoise Cotta espère apparemment lancer une « mobilisation » pseudo-démocratique afin de faire pression sur le procès… et cela alors qu’elle soutient le huis clos, qui est par nature anti-démocratique au possible !
Alors dans cette tentative de mobilisation et de pression, quelle est l’arme de la défense ? Très clairement : l’antisémitisme, avec tout ce qu’il a en France de subtil et d’hypocrite.
Ainsi Françoise Cotta parle-t-elle sans cesse de « groupes de pression », elle explique que « cet appel a été fait à l’exigence expresse d’un groupe de pression », etc. Une thèse ridicule partagée par tous les antisémites… mais aussi chez l’UJFP.
La réalité est plus « prosaïque » : comme l’avait expliqué Hapoel, l’appel a été fait pour renforcer les positions du Crif au sein de la communauté, alors que celui-ci avait cassé toutes les mobilisations populaires pendant le procès en 2009.
Le raciste Hortefeux, du clan Sarkozy, appuie bien l’UPJF (Union des Patrons et Professionnels Juifs de France)… alors qu’est-ce qui empêche Alliot-Marie, à la charnière des clans Sarkozy et De Villepin, de préférer plutôt le Crif historique ? Les institutions juives sont au service de telle ou telle fraction des classes dominantes, c’est la règle du jeu et voilà tout.
D’ailleurs dans la logique de Françoise Cotta, l’avocat de la famille Halimi, Francis Szpiner, est-il un « groupe de pression » à lui tout seul ? Évidemment non. Alors où veut-elle en venir ?
Ce n’est pas très difficile à deviner : l’antisémitisme traditionnel français fonctionne par insinuations, et il fonctionne tellement bien que Françoise Cotta n’est même pas obligée de le formuler explicitement. Ce qui compte, ce n’est pas ce qu’elle dit mais ce qui est compris – et Cotta le sait très bien, elle est avocate.
Voilà pourquoi elle joue très finement sur la culture profondément enracinée de l’antisémitisme hypocrite : il suffit de parler de « groupes de pression », et tout le monde comprend le message.
Seulement tout devient limpide, incontestable, quand l’avocate déclare : « Il s’agit d’une décision idéologique et d’opportunité prise sous l’influence de groupes de pression. Si à chaque fois par exemple que le Consistoire, les autorités musulmanes ou l’extrême droite font pression pour dicter la loi à la place du peuple français, la justice ne sera plus laïque ni indépendante. »
Il n’y a pas à dire, en France l’antisémitisme est très fin, très subtil, au point d’ailleurs d’utiliser le même ressort que la fameuse blague avec « les juifs et les coiffeurs »…
Seulement les procédés rhétoriques de Cotta ne trompent personne. Tout le monde a parfaitement compris où elle veut en venir, et pourquoi elle en arrive à renvoyer dos-à-dos le Consistoire (même pas le Crif) et… l’extrême-droite !
Françoise Cotta joue un jeu très dangereux, elle le sait, et elle sait même que les chances pour que Michèle Alliot-Marie s’exprime au procès sont infimes.
Le but de sa manœuvre est donc ailleurs, et en vérité ce but est très clair : assimiler la minorité nationale juive aux « puissants » et au « pouvoir », mobiliser dans l’antisémitisme pseudo-anticapitaliste au moment même où le gouvernement est particulièrement haï.
C’est-à-dire en fait que l’avocate met en avant la même culture que celle qui a mené à l’enlèvement d’Ilan en tant que juif, et à sa liquidation en tant que juif.
Personne ne sait comment cela se terminera, mais Françoise Cotta a consciemment ouvert la boîte de Pandore, tant l’antisémitisme « social » français fonctionne sur le mode de l’emballement.
Les grandes manœuvres antisémites autour du procès pour Ilan Halimi commencent donc, et il faut bien saisir leur portée beaucoup plus large.
En effet, quand Hapoel affirme que la campagne des présidentielles de 2012 sera une immense course à l’antisémitisme, bien au-delà de l’extrême-droite, c’est exactement à ce genre de manœuvres qu’il faut penser.
L’antisémitisme se généralise, il se généralisera encore davantage avec l’approfondissement de la crise, et il faut voir que le populisme va en profiter dans des proportions inimaginables.
Pour la campagne de 2012, l’un des grands thèmes sera donc très certainement « la France bradée au parti de l’étranger », et les figures de Sarkozy et de Strauss-Kahn seront violemment attaquées, dans un style populiste répugnant dépassant largement l’extrême-droite à la Dieudonné.
De l’extrême-droite « sociale » de Marine Le Pen à la social-démocratie « radicale » de Mélenchon, en passant par le néo-gaulliste De Villepin et la néo-socialiste Royal, tout le monde tentera de rafler la mise du nationalisme et de l’inévitable antisémitisme qui va avec.
Françoise Cotta s’imagine donc très « rebelle », mais elle est exactement dans le sens du vent et dans l’esprit de notre époque. Des sorties comme la sienne à propos du procès Halimi, il va falloir s’y attendre dans la période qui s’ouvre – en bien pire et bien plus massif.
Voici donc ce qui risque de se produire durant les deux prochains mois : sous l’impulsion des avocats de la défense qui roulent pour la gauche « radicale » populiste, le procès en appel pour Ilan Halimi pourrait bien se transformer en véritable laboratoire de l’antisémitisme français soi-disant « anti-système »… tout cela dans l’optique de 2012.
Espérons de tout cœur qu’Hapoel se trompe. Car sinon, pour les parents et les sœurs d’Ilan, pour Stéphanie sa fiancée, ces deux mois en quête de justice deviendraient deux mois insoutenables, où les 24 jours de calvaire d’Ilan seraient étouffés dans les manipulations antisémites les plus perverses.
Les juifs n’oublient pas, les juives n’oublient pas !
Jusqu’au bout, défendre la mémoire d’Ilan !
Les antisémites paieront ! Justice pour Ilan !
On peut arracher un arbre, mais on ne peut pas
arrêter la marche du printemps ! Justice pour Ilan !


Cela fait aujourd’hui presque deux semaines que David Bensamon est décédé à l’hôpital de Valence (Drôme), après avoir été étranglé avec un drap dans sa cellule de prison par son codétenu dangereux.
Ce vendredi, la famille Bensamon a été reçue par la direction de la maison d’arrêt de Valence en présence de leur avocat. De plus la famille a enfin pu emporter le corps de leur fils, de leur frère, afin d’enterrer David et pour qu’il puisse enfin reposer en paix.
À propos de la rencontre à la prison, on peut lire l’article suivant dans la presse locale, à savoir dans le Dauphiné Libéré de samedi :
VALENCE / APRÈS LA MORT DE DAVID BENSAMON EN PRISON
« Nous voulons un procès. Dire qu’il est fou, ce serait trop facile. »La famille Bensamon comprend aujourd’hui un peu mieux les tragiques faits de la nuit du 2 au 3 octobre, à défaut de les accepter. Hier, le directeur de la maison d’arrêt de Valence a reçu la mère et les sœurs de David Bensamon avec leur avocat Me Ivan Flaud. « Sofien Ben Bouazza présentait un risque suicidaire au moment de son incarcération. David Bensamon a alors été désigné comme son “ange gardien”. Et il est en fait devenu sa victime », expliquait hier Me Flaud lors d’une conférence de presse. David Bensamon avait été retrouvé inanimé dans sa cellule, il présentait des marques de strangulation. Il est décédé après plusieurs jours de coma.
Une expertise psychiatrique urgente avait été demandée
Le conseil pointait du doigt les carences du système pénitentiaire qui ont conduit selon lui, à ce qu’un détenu doive assurer la sécurité d’un autre. Me Flaud regrettait aussi que l’ordonnance du juge des libertés et de la détention au sujet de M. Ben Bouazza, qui préconisait une expertise psychiatrique urgente, n’ait pas été suivie : « il a été incarcéré vendredi soir. C’était peut-être difficile de faire venir un psy mais on pouvait peut-être aussi taper du poing sur la table. Aujourd’hui David Bensamon est décédé parce qu’il était en cellule avec un homme dangereux ».
Sofien Ben Bouazza a été mis en examen pour homicide volontaire. Incarcéré à Corbas (69), il faisait de nouveau parler de lui en agressant un surveillant avec une lame de rasoir la semaine dernière. Son avocate a la conviction qu’il relève davantage de la psychiatrie que de la justice. Une idée qui irrite d’ores et déjà la famille Bensamon : « Nous voulons un procès. Dire qu’il est fou, ce serait trop facile. Il n’était pas fou pour le juge, quand il l’a mis en cellule avec David ».
Par la rédaction du DL le 16/10/2010 à 05:51
À la lecture de ce (court) article du Dauphiné Libéré, plusieurs remarques peuvent venir à l’esprit. Bien entendu, Hapoel n’a rien à dire sur la stratégie choisie par l’avocat de la famille Bensamon. Sur les manipulations du Dauphiné Libéré, par contre, il y a beaucoup à redire…
Tout d’abord, l’article du Daubé commence déjà très mal. Car où est-ce que le journal veut en venir quand il écrit : « La famille Bensamon comprend aujourd’hui un peu mieux les tragiques faits [...] à défaut de les accepter » ?
Il y a ici l’idée à peine voilée que, quand on fait partie du peuple, « on ne peut pas tout avoir » : pour les classes dominantes, le peuple ne pourrait pas avoir à la fois la vérité et la justice.
Vérité et justice : voilà pourtant deux revendications centrales pour espérer pouvoir faire le deuil de David, deuil d’autant plus difficile que son corps est resté sans tombe une bonne dizaine de jours.
Ainsi donc, le « Daubé » démarre son article par une remarque qui est d’un profond paternalisme… mais uniquement dans la forme ! Car dans le fond, ce n’est pas du paternalisme : c’est de l’intimidation.
En effet ce qui est sous-entendu, c’est bien que : le directeur de la prison a expliqué ce que, dans sa logique, la famille Bensamon avait le droit de savoir… mais il ne faudrait surtout pas qu’elle ose insister jusqu’à obtenir justice, n’est-ce pas, car elle risquerait alors de tout perdre…
Ce n’est pas jouer sur les mots que de dire que, dans un article aussi court, « comprendre à défaut d’accepter » n’est pas équivalent à « comprendre mais ne pas accepter ».
« Comprendre à défaut d’accepter » : cela veut bien dire qu’en définitive, il faudra à un moment se résigner, lâcher l’affaire, capituler.
Tout cela se confirme à la toute fin de l’article : « L’avocate [de Sofien Ben Bouazza] a la conviction qu’il relève davantage de la psychiatrie que de la justice. Une idée qui irrite d’ores et déjà la famille Bensamon. »
« Une idée qui irrite » ? On croit vraiment halluciner ! Non seulement la terrible absence de David n’est pas une simple « idée », mais en plus, parler d’une famille qui vient de perdre son fils en la présentant comme « d’ores et déjà irritée », cela est véritablement révoltant !
La manœuvre est ici très claire : le Daubé fait littéralement son « casting », dans un film qui a déjà été joué et rejoué… le film des morts de la prison.
Ainsi la justice a soi-disant tiré la sonnette d’alarme, comme d’habitude. La prison est comme toujours victime de « carences » et de « défaillances », pour reprendre les mots de l’avocat de la famille Bensamon. Les matons, de Valence à Corbas, apportent la charge dramatico-pathétique indispensable pour une diffusion sur TF1. Et l’avocate de l’assassin, elle, est parfaitement dans son rôle en récitant la tirade terriblement classique des « troubles psychiatriques ».
Quant à la fin du téléfilm, elle est déjà toute trouvée : soit l’affaire est enterrée, comme la justice a tenté de le faire dans le cas de Jérémy Martinez, tué en mars 2008 dans la même prison et dans les mêmes circonstances que David ; soit l’assassin est jugé pénalement irresponsable, comme dans le cas de Sébastien Sellam après 6 ans de procédures…
Il ne reste donc au Daubé qu’à intégrer la famille Bensamon dans son téléfilm, en la présentant comme… « d’ores et déjà irritée ». Une manière plus que cynique de dire que le scénario est joué d’avance… Chaque partie est dans son « rôle » habituel, et doit s’y cantonner.
Seulement la famille de David n’entend pas en rester à la fatalité toute tracée par l’administration pénitentiaire, la justice et la presse locale. Et c’est cette mécanique faite de cynisme et de mépris qui est brisée quand la famille Bensamon affirme, avec des mots clairs et justes :
« Nous voulons un procès. Dire qu’il est fou, ce serait trop facile. Il n’était pas fou pour le juge, quand il l’a mis en cellule avec David. »
Le Dauphiné Libéré se rend-il au moins compte qu’avec son article, il rend service d’avance à la maison d’arrêt de Valence ? Est-ce ainsi que ce journal imagine soutenir la famille de David ?
Quand on pense à Jérémy et à Lam.C, on se dit qu’avec une presse locale aussi lamentablement au service de l’administration pénitentiaire, la bataille pour obtenir la justice risque de paraître très longue…
De la première phrase à la dernière, l’article du Dauphiné Libéré donne nettement le ton, concernant la couverture des suites de l’affaire David Bensamon : tout est joué d’avance, mais il faudrait faire semblant d’y croire, avant de capituler en silence.
Objectif de la presse ? Décourager les solidarités, isoler la famille de David, pousser à la résignation.
Cela ne doit pas se passer ainsi. L’État français ne parviendra pas à replonger David et Jérémy dans l’ombre et le silence des prisons.
Vérité et justice pour David !

Entrée vendredi à 18h43, sortie samedi à 19h47.
En début de semaine nous avons parlé du jeune Ilan, agressé dans son lycée pro du Blanc-Mesnil (93).
Cette attaque avait une dimension antisémite très nette, au point que même l’Éducation nationale a dû se rendre à l’évidence…
Voici ce que la mère d’Ilan disait après l’agression de la semaine dernière : « [Les agresseurs] se sont posés la question de sa religion car il s’appelle Ilan, ils ont pensé à Ilan Halimi, ils ont alors fouillé son sac mardi et ont trouvé une kippa, et ont commencé les brimades, jusqu’au passage à tabac vendredi. »
Le jeune Ilan, 15 ans, agressé par derrière dans le vestiaire de sport de son lycée, a eu un pouce et un poignet cassés. Ilan a reçu une interruption de travail d’un mois entier, il est traumatisé.
Sur le plan judiciaire, quatre jeunes du même âge scolarisés également au LP Aristide Briand ont été placés en garde-à-vue ce mercredi matin. Aucun n’était « connu des services de police ».
Deux de ces jeunes ont été relâchés le soir même, ce qui, rappelons-le, n’est pas une indication sur leur implication ou non dans l’agression d’Ilan. Quant aux deux autres, ils ont été mis en examen pour violences volontaires avec circonstances aggravantes pour leurs motivations antisémites, et devaient passer hier devant la justice pour enfants.
La question qui se pose aujourd’hui est : que se passera-t-il quand Ilan sera en état de retourner en classe ? Retournera-t-il dans le même lycée, là où il s’est fait agresser un mois seulement après la rentrée ?
À ce propos il faut noter que le proviseur adjoint du lycée a informé les parents d’Ilan que celui-ci devait faire face à des provocations antisémites depuis la rentrée. Est-ce normal d’attendre une grave agression antisémite pour en parler aux parents, alors qu’apparemment cela se savait ?
Nous diffusons à la suite de cet article une interview de la mère d’Ilan publiée par le site Le Post.
D’ailleurs, un extrait de l’interview est cité dans le titre de l’interview : « Mon fils se demande : "pourquoi moi ?" ». Voilà un trait incontournable de la « psychologie de masse » de la minorité juive : « pourquoi moi ? »
La réponse n’est pas compliquée : parce qu’on est juif et que cela suffit. Voici en passant ce qu’Hapoel disait en juin :
Il n’y aura pas d’autodéfense juive à la hauteur tant qu’on n’aura pas dépassé le stade juridique-religieux du « Mais qu’est-ce qu’on a fait pour mériter cela ? », tant qu’on n’aura pas liquidé le légitimisme par rapport aux institutions.
Ce passage est tiré de notre document « Juif ! Juive ! Le racisme déforme ta vie ! ». Un document ancré dans la réalité de la jeunesse juive, et qu’il faut assimiler en urgence tant les actes antisémites se sont développés depuis cet été.
Enfin, il semblerait que des agressions antisémites se soient déroulées hier après-midi, à la sortie d’une école juive du 18ème arrondissement de Paris. Une jeune juive du même âge qu’Ilan a été attaquée par un groupe d’autres jeunes qui, semblerait-il, seraient venus exprès devant cette école juive.
Que réserve l’avenir à cette génération qui a grandi avec la flambée d’antisémitisme des années 2000 ? Tout le monde le sait très bien, voilà pourquoi il faut rejeter les illusions et être prêts pour se défendre – contre le racisme.
[Dans la suite, l'interview de la mère d'Ilan.]
Rappelons que, comme aujourd’hui pour le meurtre en prison de David Bensamon, l’assassin antisémite de Sébastien Sellam avait joué sur le registre de la démence et de la schizophrénie… et avait fini par être jugé pénalement irresponsable en janvier 2010 (1 – 2 – 3 – 4).
Avec tout notre cœur, tout notre désir de justice, toute notre aspiration à la dignité, souhaitons que la famille de David n’ait pas à revivre le même calvaire que la famille de Lam.C.
Rappelons également que le procès en appel des assassins d’Ilan Halimi s’ouvrira dans deux semaines à Créteil : Quelques questions et quelques pistes autour du procès en appel pour Ilan Halimi.
Justice pour Lam.C, Ilan et David !
Les juifs n’oublient pas ! Le peuple n’oublie pas !

Rapide revue des actes antisémites de la semaine passée.
1. Dimanche dernier au matin, à Schiltigheim dans la proche banlieue de Strasbourg. Sur le domicile d’Israël Nisand sont retrouvées des inscriptions néo-nazies : sigle « SS », croix gammées, slogan « Mort à ZOG ».
Rappelons que « ZOG » signifie en anglais « Zionist Occupied Government », c’est-à-dire « gouvernement sous occupation sioniste ». L’idéologie néo-nazie est donc revendiquée sans équivoque, et il n’est pas possible de parler de « jeunes désœuvrés »…
Israël Nisand est un gynécologue-obstétricien connu, militant pour un accès simplifié à la contraception, notamment pour les adolescentes. Il est notoirement proche de la gauche, et affirme être « profondément athée mais fier de [ses] origines ».
Son frère Raphaël Nisand est d’ailleurs maire socialiste de Schiltigheim, et lui aussi avait été victime de graffitis antisémites sur son domicile, qui n’ont pas été rendus publics. De même pour un autre élu socialiste habitant dans la même rue qu’Israël Nisand, celui-ci étant noir de peau.
Auparavant, le domicile d’un directeur de cinéma d’origine turque, Faruk Günaltay, avait été attaqué de nuit par des néo-nazis : des graffitis là encore, mais aussi deux voitures incendiées qui ont failli très mal tourner… mais peut-être était-ce le but.
Ces attaques racistes récurrentes en Alsace ont été fortement médiatisées… notamment parce qu’elles concernaient des « personnalités » connues : médecin, avocat, directeur de cinéma… D’ailleurs le maire socialiste de Strasbourg en a profité pour lancer ses manœuvres politiciennes pour un soi-disant « front républicain »…
Les bourgeois croyaient pouvoir être à l’abri du racisme, seulement l’antisémitisme se généralise et ils découvrent ce que cela veut dire.
2. C’est évidemment une bonne chose que ces actes antisémites soient connus, et qu’ils soient reconnus en tant que tels.
Mais malheureusement, il y a en France des attaques antisémites beaucoup plus brutales et traumatisantes qui, elles, ne sont ni médiatisées, ni reconnues pour ce qu’elles sont.
Le racisme au sein du peuple n’intéresse pas les médias, les juifs du peuple n’intéressent pas la « gauche » social-démocrate.
Ainsi au Blanc-Mesnil (93), un jeune juif de 15 ans a été tabassé dans les vestiaires de son collège, ce vendredi à 8h30 du matin, avant même que son cours d’EPS n’ait commencé.
Le jeune Ilan D. a été attaqué par derrière par trois camarades de classe qui ont utilisé sa capuche pour lui couvrir les yeux puis l’ont agressé violemment.
Ilan a été tabassé devant toute sa classe dans les vestiaires presque sans réaction, et le lynchage s’est arrêté seulement quand deux autres jeunes sont allés alerter le prof de sport.
Ilan a été conduit aux urgences, il a le poignet droit et un doigt cassés, et est ressorti traumatisé, le bras dans le plâtre.
La mère d’Ilan explique l’attaque ainsi : « [Les agresseurs] se sont posés la question de sa religion car il s’appelle Ilan, ils ont pensé à Ilan Halimi, ils ont alors fouillé son sac mardi et ont trouvé une kippa, et ont commencé les brimades, jusqu’au passage à tabac vendredi. »
Ainsi les agresseurs antisémites ont attendu le cours d’EPS et le passage au vestiaire pour lyncher Ilan, mais Ilan avait certainement déjà imaginé depuis mardi comment cela se terminerait.
Cette brutale attaque antisémite aurait pu être évitée, mais rien n’a été fait au collège pour enrayer la mécanique du lynchage antisémite.
Bien évidemment, la préfecture de Seine-Saint-Denis et le parquet de Bobigny évitent à tout prix de parler d’antisémitisme…
Quel avenir pour Ilan alors qu’il s’est fait agresser un mois seulement après la rentrée ? Quel avenir pour la jeunesse juive des banlieues parisiennes, cette génération qui a grandi avec la flambée d’antisémitisme des années 2000 ?
3. Les juifs de banlieue n’intéressent pas l’État, les médias et la social-démocratie… pas plus que les juifs en prison.
Ainsi on lit aujourd’hui dans la presse un bref communiqué : un maton de la prison de Corbas (banlieue lyonnaise) a été agressé par un détenu à coups de rasoir, vendredi dernier en fin d’après-midi pendant la distribution des repas. Le maton a reçu 20 jours d’interruption du travail.
Sauf qu’au détour de ce communiqué, il est précisé que ce même détenu avait déjà tué son codétenu à la maison d’arrêt de Valence dans la Drôme.
Ce codétenu, c’était David Bensamon, 33 ans, père de deux enfants.
David Bensamon avait déjà connu la détention, comme toute une partie de la jeunesse prolétaire pour qui l’ombre de la prison plane au-dessus de la vie quotidienne.
Cette fois-ci, David venait tout juste d’être condamné le 30 septembre, et était entré à la maison d’arrêt de Valence pour y effectuer une peine de quelques semaines – pour des violences conjugales…
À peine entré, David est rejoint par un jeune codétenu de 20, Sofien Ben Bouazza, qui attend sa comparution immédiate pour « faits de violence aggravée ». Celui-ci est agité, violent, supposé suicidaire, et est donc « logiquement » placé avec David, réputé plus calme.
Seulement voilà, dans la nuit de samedi à dimanche, David est étranglé avec un drap par son codétenu. Il est privé d’oxygène pendant plus de 20 minutes, ce qui le plonge dans un coma irréversible.
David Bensamon succombera à l’hôpital de Valence dans le nuit du mercredi 6 au jeudi 7 octobre, laissant derrière lui deux enfants et une famille inconsolable et révoltée.
Pour sa mère et sa sœur, le meurtre de David est incompréhensible : on n’entre pas en prison pour y être tué, expliquent-elles, en rajoutant que David purgeait une courte peine, qu’il n’aurait pas pris de risques en détention.
Pour la famille Bensamon, les choses sont claires : c’est l’administration pénitentiaire qui est responsable. C’est la prison qui a tué David.
Que l’assassinat soit motivé par l’antisémitisme ou pas, tout le monde au sein du peuple sait que l’administration pénitentiaire fait exprès de placer ensemble des détenus « incompatibles ».
Car pour l’administration pénitentiare, miser sur la division entre prisonniers est un véritable mode de gestion de la surpopulation carcérale dans les maisons d’arrêt. Celle de Valence, justement, enfermait 184 personnes au 1er septembre, alors qu’elle a une capacité théorique de 137 places…
De plus, cette maison d’arrêt avait déjà été témoin d’une autre tragédie très semblable : le jeune Jérémy Martinez, 19 ans, avait été assassiné par son codétenu en mars 2008. Jérémy était entré lui aussi pour une courte peine, et son assassin était lui aussi un détenu dangereux en préventive, Raphaël Loubières, 19 ans lui aussi.
La famille de Jérémy avait déposé plainte contre la prison pour non-assistance à personne en danger, plainte qui a débouché sur un non-lieu. Un appel a été fait, et le dossier sera rouvert ce 20 octobre.
Ainsi en presque trois ans, rien n’a changé à Valence, et la famille de David sait désormais à quoi s’attendre : à se faire balader par l’administration pénitentiaire et par la justice, avec tout le mépris dont l’État français est capable contre les fils et les filles du peuple.
Car la prison est une zone d’ombre, d’où rien ne doit filtrer pour l’État capitaliste. Rien que ce week-end, il y a eu trois suicides en prison, à Colmar, Lutzelhouse et Rouen. Là aussi, il faudra des années pour les familles pour espérer savoir ce qu’il s’est passé…
La justice méprise et enferme le peuple : honneur à la famille Bensamon !
La prison assassine les fils et les filles du peuple : justice pour David !
L’antisémitisme prend un tournant très clair : les agressions sont à la fois plus fréquentes et plus brutales, et les conséquences sont d’autant plus traumatisantes voire tragiques.
L’arbre préfère le calme, mais le vent continue de souffler… Avec Hapoel et l’Action Antifasciste, lance-toi dans la bataille contre l’antisémitisme !

Entrée vendredi à 18h57, sortie samedi à 20h01.
À Cauchy-à-la-Tour, les fascistes célèbrent chaque année Pétain l’antisémite.
Pétain et le statut des juifs : c’est le document qu’a révélé hier l’avocat et chasseur de nazis Serge Klarsfeld. Ce texte démontre que le chef de l’état français s’est impliqué personnellement, en modifiant le texte de sa main, dans l’élaboration de la loi durcissant le statut anti juif. Cette révélation n’est pas surprenante, elle fait de Pétain un antisémite parmi les antisémites.
Ainsi donc, les nostalgiques de Pétain, jeunes ou vieux, qui voient en lui celui qui a évité le pire « aux français« , ne peuvent plus tenir cette position sans être considérés comme des négationnistes. Il en va donc ainsi de l’association de défense du Maréchal Pétain (ADMP), qui revendique plusieurs milliers de membres dont une cinquantaine célèbre chaque année une messe en latin en son honneur, dans sa maison natale de cauchy-à-la-tour.
En effet, dire comme l’ADMP que « Si Philippe Pétain fut glorieux en 14-18, il fut grand dans les années 40, où sacrifiant son prestige et sa tranquillité, après une vie bien remplie au service de la Patrie, il remit tout en question en acceptant de faire le don de sa personne à la France, pour atténuer son malheur« , c’est faire négation de la vérité historique, notamment du génocide des juifs.Mais Hubert Massol, président de l’ADMP, est négationniste, et est donc un fervent opposant de la loi Gayssot. Il compte sur les membres de son association pour « privilégier le travail en profondeur dans la population et jusque dans les écoles. (…) actualiser notre discours et (…) moderniser notre action. Sans prosélytisme, sans sectarisme, mais fidèles à l’Histoire, il convient d’exposer les faits dans leur vérité, sans concession, car les faits sont têtus. »
Les faits sont têtus en effet : les fascistes d’aujourd’hui sont dans la ligne de ceux d’hier, une ligne revue, modernisée dans la forme, mais pas dans le fond. L’ADMP, dans la logique de la bourgeoisie la plus réactionnaire, considère que ce sont les grands hommes qui font l’histoire. L’ADMP célèbre la Terre des Morts. Le fascisme est toujours la proposition d’un ordre nouveau, barbare et criminel, mis au service de la bourgeoisie impérialiste.
On pourrait se dire que ce genre de position négationniste disparaitra avec les derniers témoins de cette période du 20ème siècle. Malheureusement, il n’en sera rien. En effet, l’ADMP attire de plus en plus de jeunes gens. C’est peut être parce que les célébrations de Cauchy-à-la-Tour se déroulent dans un lieu privé et entre parisiens, que les habitantEs du village ne montrent aucune hostilité. C’est peut être aussi parce que la municipalité P »c »F se veut rassurante et, en bonne soce-dem, reste neutre en jouant la carte du respect des lois républicaines, en l’absence de trouble à l’ordre public.
Il est de notre devoir d’antifascistes de défendre la mémoire du prolétariat du bassin minier qui s’est dressé massivement contre le fascisme, notamment durant la seconde guerre mondiale. Il est également de notre devoir de nous préparer à une nouvelle guerre contre le fascisme. Le front populaire antifasciste, dont les groupes autonomes de l’AA sont les embryons, est seul à même de faire face à la barbarie.
Voici donc un événement culturel qui vaut certainement un coup d’œil : ce samedi est organisée une soirée à Paris, avec un concert du groupe Blik suivi d’une session du DJ David Guettabitbol.
Cette soirée est organisée par les équipes de deux blogs de culture juive, plutôt ashkénazes, à savoir Bortch.com et Jewpop.
Deux blogs plutôt ashkénazes, donc, mais attention ! Ashkénazes… à la new-yorkaise ! Voilà qui en France est pour le moins intrigant…
La soirée elle-même s’appelle « Shmeck The Party », et se déroulera samedi soir à 20h30 au Select à Paris. L’entrée est à 15 €, et il faut au préalable s’inscrire par ici.
Esprit new-yorkais exigé, la direction se réserve le droit etc.
Scoop exclusif : Pétain était antisémite !
On aurait pu croire à de l’humour juif, cynique et autodestructeur à souhait… mais non ! Une certaine France semble réellement découvrir, à l’occasion de l’anniversaire du statut des Juifs du 3 octobre 1940, que Pétain était antisémite !
Ou plutôt elle feint de le découvrir, car au fond le tabou français autour de la figure de Pétain l’arrange bien…
Ainsi on apprend dans la presse qu’a été découvert le document original établissant le statut des juifs en octobre 1940. Celui-ci a été remis par un donateur anonyme au Mémorial de la Shoah, et a été authentifié.
Sur ce document de 5 pages portant la mention « Document confidentiel », on retrouve les annotations qui ont été apportées de la main de Pétain, suite au conseil des ministres du 1er octobre 1940.
Dans le document original, on découvre que finalement, c’est Pétain qui a été le plus loin dans l’antisémitisme.
Ainsi, tandis qu’une mention épargnait « les descendants de juifs nés français ou naturalisés avant 1860 », Pétain va rayer cette ligne, contredisant donc le mensonge comme quoi Pétain aurait « sacrifié » les juifs étrangers pour « sauver » les juifs français.
De plus, Pétain étend la liste des tribunaux et juridictions d’où sont exclus les juifs, et leur interdit de siéger à « toute assemblée issue de l’élection ». Il élargit l’interdiction d’exercer à « tous les membres du corps enseignant », et plus seulement à certaines fonctions dirigeantes.
À cela s’ajoute le souci très administratif et très français du détail, puisque Pétain rectifie les numéros des paragraphes : l’article 3 devient le paragraphe 6 de l’article 2, et se charge lui-même de renuméroter tous les articles suivants.
Les annotations de Pétain seront intégralement suivies dans la version publiée au Journal Officiel, le 18 octobre 1940 – qui porte entre autres la signature du trotskyste Paul Cognet…
Ainsi donc, on découvre que Pétain était un antisémite parmi les antisémites.
Auparavant, à propos du rôle personnel de Pétain dans le statut des juifs, on ne disposait que d’un témoignage de l’ancien ministre des affaires étrangères de Vichy, Paul Baudouin, dans ses mémoires publiés en 1946.
Il y affirmait que, lors du conseil des ministres du 1er octobre 1940, le gouvernement avait étudié « pendant deux heures le statut des Israélites ». Avant d’ajouter : « C’est le Maréchal qui se montre le plus sévère. Il insiste en particulier pour que la justice et l’enseignement ne contiennent aucun Juif. »
Voilà donc un document qui confirme cela de manière irréfutable.
Un document qui confirme que Pétain était antisémite ? Oui, cela peut paraître surréaliste, car ce n’est pas forcément le genre de questions que se posent les personnes juives qui ont survécu à l’extermination, celles qui ont échappé aux rafles, ou bien celles dont la famille a été décimée pendant la guerre…
Pourtant Le Pen joue très régulièrement sur ce registre, en prétendant que Vichy ne fut « pas si terrible » pour les juifs français.
Ainsi, lors de la journée nationale de la déportation en avril, Jean-Marie Le Pen avait enchaîné les provocations et les mensonges, jusqu’à déclarer :
« Feindre de croire que le maréchal Pétain était responsable de la persécution des juifs pendant la guerre, c’est une pensée scandaleuse. Adolphe Hitler ne demandait pas l’autorisation à Philippe Pétain de faire ce qu’il voulait faire. »
Voilà un mensonge qui aujourd’hui vole définitivement en éclats, et que même Marine Le Pen devra reconnaître, elle qui avait expliqué au lendemain de ces déclarations fascistes que « [son] père connaît bien l’Histoire »…
Alors pourquoi la publication d’un tel document a-t-elle aujourd’hui un tel écho en France ? Pourquoi un tel « choc » ?
Il faut bien voir que dans ce pays, il existe un véritable mythe national, celui de la « France éternelle » et « innocente », qui fait que la défense de Pétain reste encore très tenace en France.
Quand on est juif ou juive, on reste toujours un peu sceptique par rapport à l’écho véritable de ce mythe, parce qu’il ne nous « parle pas », ne nous a jamais parlé, et ne parlera jamais qu’à une frange de racistes juifs qui ont abandonné toute dignité.
On est sceptique, donc, mais c’est sous-estimer la dimension de ce mythe national.
Car sans l’idéologie de la « France éternelle », on ne peut comprendre ni l’image de Pétain en tant que chef militaire de la boucherie de Verdun, ni pourquoi Mitterrand faisait fleurir sa tombe le 11 novembre.
On ne peut pas non plus comprendre la prétention comme quoi Pétain « protégeait » la France de la barbarie « allemande » en attendant que De Gaulle la libère, prétention qui s’appuie sur la conception de la France comme « idée » éternelle qui crée sa propre histoire en s’incarnant dans de « grands hommes », aussi opposés soient-ils.
Pas plus qu’on ne peut comprendre que, suite à l’attentat meurtrier contre la synagogue de la rue Copernic le 3 octobre 1980, le soir de Sim’hat Torah, Raymond Barre parle de « cet attentat qui a fait trois victimes innocentes » (sous-entendu : non juives). La notion d’innocence est ici centrale.
Enfin on ne peut pas non plus comprendre aujourd’hui la portée nationale d’une figure comme De Villepin, qui, dans ses manœuvres politiques, joue à fond sur le côté « France éternelle », ainsi que sur le côté « homme providentiel »… car immaculé et innocent. Là aussi, il y a un aspect « don de sa personne à la France »…
C’est sur ce mythe de la France « innocente et éternelle » que se fonde la double hypocrisie française : celle qui établit une distinction entre la France et Vichy d’une part, et entre Vichy et Pétain d’autre part.
La première distinction est dans la plus pure tradition gaulliste… mais cela fait longtemps que ce mensonge ne fait plus illusion.
Pourquoi ? Parce que Papon. Parce que la déportation des juifs puis la répression des Algériens.
Reste alors le deuxième mensonge national, celui qui fait de Pétain une figure innocente au milieu du déshonneur. Mensonge qui s’effondre donc, avec la découverte du document original sur le statut des juifs.
Pourtant il va de soi qu’au fond, personne en France ne croyait réellement que Pétain n’était pas antisémite…
Seulement voilà, la France est le pays du « raisonnable » et du légitimisme étriqué. En France, les mensonges ne volent pas en éclats. Non, les mensonges sont seulement « écornés », « fissurés », et ils peuvent ainsi rester en place sans un bruit.
La France fait appel à « la raison » pour ne pas faire de vagues, pour que rien ne dépasse, pour continuer à croire aux mythes… ou au moins à faire semblant. Il faudrait même remarquer que ce « recul » par rapport aux mythes nationaux n’est pas seulement toléré au sein des classes dominantes, il est même implicitement valorisé.
Ainsi, au nom d’une idée réactionnaire de la France, il faut faire comme si de rien n’était. Il faut qu’après le « choc » hypocrite autour de Pétain, tout rentre en ordre. Malgré Auschwitz.
Finalement, la presse parle aujourd’hui du statut des juifs, mais demain tout sera oublié, et après-demain le mythe de la France « innocente et éternelle » n’en sera que renforcé.
Un mythe national qui a de beaux jours devant lui, vue l’évolution politique qui est à prévoir ces prochaines années.
Et un mythe qui deviendra de plus en plus offensif quand il s’agira de jeter l’ombre sur la mémoire des juifs de France, car en France quand le « raisonnable » échoue, c’est le psychodrame et l’hystérie qui prennent le relai.

Entrée vendredi à 19h12, sortie samedi à 20h15.
Alors que le procès en appel pour Ilan Halimi commence dans moins d’un mois, un « fait divers » sordide a ranimé des souvenirs douloureux.
C’est la radio RTL qui a révélé ce fait divers ce matin : un jeune juif a été enlevé mardi soir, alors qu’il rentrait chez lui après le travail. Puis il a été séquestré dans un coffre de voiture pendant 48 heures. Ce n’est qu’hier soir que Jérémy, 28 ans, a pu être libéré par la police.
En effet, les ravisseurs avaient demandé une rançon d’un million d’euros à la famille de Jérémy. À partir de d’interceptions téléphoniques, de surveillances et de filatures, la police a pu retrouver la voiture dans laquelle était enfermé Jérémy.
Certains des kidnappeurs ont été arrêtés alors qu’ils roulaient dans le 9ème arrondissement à Paris, avec Jérémy dans le coffre. Deux autres complices ont été interpelés tôt ce matin, mais le commanditaire est toujours recherché.
Retrouvé en état de choc, Jérémy a été conduit à l’hôpital hier soir, après 48 heures de frayeur pour sa famille.
Un jeune juif enlevé ? Séquestré ? Avec une demande de rançon ?
Aucune personne juive en France ne peut oublier le sort d’Ilan Halimi, notre frère, notre fils… d’autant plus que Jérémy aurait travaillé dans le même magasin de téléphonie qu’Ilan, boulevard Voltaire.
Aucune personne juive… à part peut-être cette poignée de voyous maffieux qui a orchestré cet enlèvement.
Il semblerait en effet que le commanditaire de l’enlèvement soit lui-même d’origine juive, et qu’il aurait ciblé Jérémy parce que son frère aurait contracté une dette auprès de lui. Une dette qui, d’après ces voyous, justifie d’enlever quelqu’un qui n’a rien à voir avec l’affaire.
Rappelons qu’il y a à peine plus de deux semaines, le 14 septembre, c’était un commerçant juif qui avait été abattu par deux hommes à moto, Porte Maillot dans le 17ème arrondissement.
Deux règlement de compte en deux semaines, en pleine période des fêtes de début d’année… voilà qui est une véritable honte, et il faut que cela soit dit clairement.
L’antisémitisme est de plus en plus palpable au quotidien, les agressions deviennent de plus en plus fréquentes et de plus en plus violentes, la campagne électorale pour les présidentielles de 2012 va être une immense course à l’antisémitisme…
Et pendant ce temps, il y a des petits maffieux égoïstes qui rêvent de devenir de gros maffieux.
Pendant ce temps, il y a des voyous sans aucune mémoire qui ont « oublié » le sort d’Ilan au point d’imiter le gang de Fofana.
Pendant ce temps, il y a des voyous sans aucune morale qui ne trouvent rien de mieux que de faire pleurer nos mères.
Les masses populaires juives savent ce que c’est, les « affaires ». Presque chaque jeune homme juif a un frère, un cousin, un ami qui baigne ou a baigné – même peu, même de loin – dans de telles activités, quand ce n’est pas lui-même.
Seulement cette situation n’est plus supportable pour la moitié des masses populaires juives : les femmes juives sont systématiquement réduites au silence par l’isolement, les rapports de dépendance, la brutalité.
Face au racisme qui touche l’ensemble du peuple, face à l’antisémitisme qui touche en premier lieu les masses populaires juives, il faut que cessent les guerres fratricides.
Les temps vont être durs, très durs, bien plus durs qu’aujourd’hui, et il n’y a plus de place pour l’égoïsme et la brutalité au sein du peuple. Il va falloir du sérieux et de la discipline, il va falloir de l’unité et de la détermination.
Tout le reste n’est qu’illusions de petits voyous qui s’imaginent grands capitalistes.