Archives de septembre, 2010
Quelques questions et quelques pistes autour du procès en appel pour Ilan Halimi
Voilà, c’est dans un mois qu’aura lieu le procès en appel des assassins d’Ilan Halimi. En effet ce procès s’étalera du 25 octobre au 17 décembre, à Créteil, devant la cour d’assises des mineurs du Val-de-Marne (94).
Rappelons rapidement le contexte : le 10 juillet 2009 se terminait le procès des assassins d’Ilan. Youssouf Fofana avait été condamné à perpétuité ; quant au reste du verdict, il avait été globalement inférieur aux peines requises.
Un appel du ministère de la « justice » a donc été effectué, pour des raisons qui ont été analysées à l’époque dans quelques documents d’Hapoel : « Que se cache-t-il derrière l’appel au procès Ilan Halimi ? », « Enfin l’UJFP évoque Ilan ».
Le procès en appel aura donc lieu dans un mois. Sur les 27 personnes accusées, 19 passeront en appel. Fofana lui-même avait fait appel, puis s’était rétracté en février, une semaine avant le 4ème anniversaire de la mort d’Ilan.
Parmi ces 19, on retrouve des complices qui étaient mineures quand Ilan a été assassiné, ce qui avait justifié le huis-clos du premier procès.
La première question qui se pose inévitablement est : l’appel se déroulera-t-il cette fois-ci de manière publique ? C’est une première revendication qu’il faut avoir, mais qui ne se suffit néanmoins pas à elle-même.
En effet la cour d’assises des mineurs de Créteil n’est pas un tribunal du peuple, où c’est le peuple qui mène l’enquête, pose ses propres questions, oriente le débat selon sa propre conception du monde, etc.
La cour d’assises de Créteil est un tribunal établi par les classes dominantes, et même si le procès est public, tout ce qui en pourrait en sortir serait conforme au mode de fonctionnement, aux préjugés, au déni de démocratie des classes dominantes.
Rappelons simplement ici les mots justes et dignes de Ruth Halimi :
« Si jamais le débat est public, la France et les Français sauront ce qui est arrivé à un jeune qui a été enlevé, séquestré, torturé et tué parce qu’il était juif et que l’antisémitisme est là et qu’il ne faut absolument pas ignorer ce fait… c’est très dangereux parce qu’aujourd’hui c’est l’antisémitisme, demain c’est le racisme total à l’égard des autres, il faut absolument être vigilant là-dessus. »
La deuxième question qui se pose est : du point de vue d’une justice du peuple, que méritent les complices de Fofana ?
Car concernant Youssouf Fofana, la revendication qui est ressortie depuis 2006 au sein des masses populaires juives est très simple : c’est la peine capitale.
Il ne s’agit pas là d’une surenchère répressive comme elle existe chez les sionistes pour apparaître très « radicaux » et pour mobiliser dans le racisme, alors qu’ils ne font que soutenir l’état des choses tel qu’il existe actuellement.
Non, c’est une question de justice du peuple, dans un système où le peuple aurait le pouvoir, et où il serait confronté à des ennemis, à des tentatives de division, à des survivances barbares, etc. C’est la question d’un système où la division raciste du peuple serait un chef d’accusation inscrit en noir sur blanc dans le code pénal.
Dans un système où c’est le peuple qui applique sa justice, un individu qui enlève un juif spécifiquement parce qu’il est juif, puis le torture pendant trois semaines, et le liquide en brûlant son corps près d’une voie de chemin de fer (quels symboles insupportables !), un tel individu a un caractère de génocidaire et doit être réprimé comme tel.
Le cas particulier de Fofana est donc très simple, de même que celui des barbares qui ont massacré William Modolo (1 – 2) trois mois seulement après l’assassinat d’Ilan Halimi.
Sauf que voilà, Fofana n’est justement pas partie prenante de ce procès en appel, et il ne reste plus que des « complices ». Et ce qui est plus « complexe », c’est précisément le cas de ces complices.
Ce n’est pas une question qui peut se résoudre par « décret », c’est une question de justice dont le peuple doit s’emparer, et dont il s’emparera.
Car justement, ce qui est le plus affreux et le plus sordide, c’est qu’il y avait une trentaine de personnes qui ont été impliquées d’une manière ou d’une autre dans l’assassinat d’Ilan, et qu’aucune n’a rien dit, aucune n’a voulu sauver Ilan.
Parmi ces « complices », il y avait des gens qui savaient qu’Ilan était juif mais qui n’ont rien dit, il y avait des antisémites comme ce geôlier qui a torturé et humilié Ilan car il était juif et qui n’a pris que 15 ans de prison, il y avait une personne qui possédait de la propagande nazie, etc.
En définitive, ce sont aussi le silence, la lâcheté et l’indifférence qui ont tué Ilan. La barbarie ne va pas sans la dissimulation, le génocide ne va pas sans l’anéantissement des corps.
Bien entendu il y a une vérité fondamentale que la « justice » française est incapable de comprendre, voire seulement d’imaginer : le peuple ne balance pas aux flics.
Seulement, dans la justice du peuple, comment doivent être jugées des personnes qui savaient mais qui n’ont pas protesté ? Comment juger des personnes qui abandonnent toute morale prolétarienne par indifférence, par lâcheté ou, pire, pour de l’argent ?
Comment doivent être jugées des personnes indifférentes aux tentatives de division raciste du peuple ? Ou bien, pour les personnes qui étaient au courant mais qui pensaient à un énième réglemement de comptes, comme juger la lâcheté face aux guerres fratricides qui ravagent une partie de la jeunesse populaire ?
Hapoel ne prétend pas avoir de réponse, car Hapoel n’a pas l’intention de donner dans le populisme et la démagogie. Il s’agit là de la question profonde de savoir quelle justice le peuple doit mettre en œuvre quand il prendra le pouvoir, car demain se construit aujourd’hui.
Hapoel prétend simplement rappeler un principe sacré, un principe qui doit animer toute personne qui place l’amour du peuple au-dessus de toute autre valeur :
Oui, le peuple a un droit de regard sur ce qui se passe dans ses quartiers ! Oui, le peuple a le droit de se mêler de ce qui, d’après la morale individualiste, ne le « regarde pas » !
Car si ce n’est pas le peuple qui veille sur les siens et les siennes, si ce n’est pas le peuple qui applique sa justice d’après la morale prolétarienne, alors ce sera la police, la justice et les prisons de l’État français qui enfermeront et assassineront des fils et des filles du peuple !
Or justement, parmi ceux qu’il faut désigner comme complices de l’assassinat d’Ilan, il y a également la police française, qui dans la gestion de l’enlèvement n’a rien pris au sérieux, malgré les photos terribles qui parvenaient à la famille Halimi.
Une police française complice de la barbarie, en préférant finalement abandonner Ilan, notre frère, notre fils.
Aujourd’hui plus que jamais, justice pour Ilan !
Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 19h27, sortie samedi à 20h30.
Contacter Hapoel
Hapoel est un outil au service des masses populaires juives. Son objectif : devenir un point de repère, une « base » stratégique à laquelle se rattacher, à laquelle rattacher son activisme.
Autrement dit : assumer un rôle de média dans l’activité antifasciste, un média parmi d’autres au sein de l’Action Antifasciste.
Hapoel doit donc être facile à contacter, afin d’assurer une liaison ininterrompue. Dès lors Hapoel change d’adresse mail, et on peut désormais nous contacter à cette adresse-ci :
*** contact STRUDEL hapoel.fr ***
L’ancienne adresse mail (hapoel STRUDEL hushmail.com) reste en service, notamment s’il est question d’établir un contact sécurisé.
Il va ainsi de soi qu’il vaut mieux contacter Hapoel à partir d’une adresse mail qui ne mentionne pas votre nom, et qui n’est pas liée à votre fournisseur d’accès internet.
Juif ! Juive ! Rejoins Hapoel !
Rejoins l’Action Antifasciste !

‘Hag Souccot Samea’h ! – ! חג סכות שמח

Entrée mercredi à 19h31, sortie vendredi à 20h33.
Nouvelle année, nouvelle étape, nouvelles perspectives !
C’est la rentrée, les grandes fêtes viennent de passer, et la France vit actuellement un moment clé. Quelle est exactement la situation ?
L’actualité est à l’explosion de l’antisémitisme et du racisme. Plusieurs aspects différents de l’antisémitisme sont présents, et on assiste à leur développement en parallèle, un développement inévitable car lié à la crise.
Ainsi les agressions deviennent de plus en plus fréquentes et de plus en plus violentes ; l’antisémitisme pogromiste progresse dans les esprits et cible les juifs en vue de violences de masse ; et tout cela avec l’appui d’une frange de plus en plus large et affirmée des classes dominantes, que ce soit en dehors ou au sein même des institutions actuelles.
À ce titre, il faut bien saisir que la loi Gayssot devient l’un des thèmes de campagne majeurs du mouvement fasciste, et lui permet de synthétiser une identité et de s’unifier. Une grande attention doit être accordée aux manœuvres des négationnistes, qui veulent éduquer et renforcer l’activisme directement antisémite.
Face à cette tendance, quelles sont les voies qui se présentent à soi, quand on est juif, juive, d’origine populaire et qu’on refuse le fatalisme et la résignation ?
Les institutions juives apparaissent de plus en plus vaines, inefficaces, corrompues et bourgeoises. Leur soumission à tels ou tels intérêts au sein de l’État français devient de plus en plus flagrante. Les institutions ne se soucient pas des masses populaires juives, qui pourtant sont en première ligne face au déchaînement de l’antisémitisme.
Les « sionistes radicaux », eux, ont décidé de recruter en lançant une partie de la jeunesse juive dans un activisme effréné. Cela va fonctionner un temps, quelques années tout au plus, mais les contradictions sur la nature pogromiste et d’extrême-droite de ce projet vont devenir trop insurmontables, et le « sionisme radical » va exploser en vol.
La « gauche radicale » juive, elle, est définitivement en décadence : elle n’a plus rien à dire, elle ne produit plus rien, elle ne fait que « réagir » et encore. Bien pire : par refus de se mettre au service des masses populaires juives, la « gauche radicale » juive finit par baigner en plein milieu des antisémites et des négationnistes, et elle ne s’en rend même pas compte.
Quant à la religion, elle s’avère tout simplement décalée par rapport à la crise et à toute la barbarie qu’elle charrie. La culture des rabbins est juridique, fataliste, légitimiste, et elle exclut l’énergie débordante des femmes : à quoi serviront des prières quand les fascistes lanceront des milices ?
Aucune de ces voies ne comprend correctement l’époque dans laquelle nous entrons, et toutes semblent donc dérisoires ou illusoires, ne serait-ce que face à la dimension de l’enjeu écologique.
De l’autre côté, où en est Hapoel aujourd’hui après un an et demi d’existence ?
Hapoel a produit un certain nombre d’analyses, pour certaines totalement nouvelles, et a ainsi donné quelques bases d’économie politique, de critique culturelle, d’histoire, de théorie antifasciste.
Hapoel a aussi et surtout produit une identité, une culture, qui se veut à la fois réaliste et radicale, métissée et populaire.
Certes, ce travail n’est pas terminé, car Hapoel est une quête, une recherche : il existe encore d’innombrables pistes à explorer, pour trouver les clés qui permettraient aux masses juives les plus larges de s’engager contre l’antisémitisme et le fascisme.
Mais en tout cas, Hapoel a relevé un défi, a ouvert une perspective juive antifasciste pour la première fois en France depuis 60 ans.
Car au fond, qu’est-ce qu’Hapoel ?
Hapoel est un outil au service des masses populaires qui se reconnaissent comme juives, et qui veulent vivre libres.
Séfarades, ashkénazes ou personnes métisses ; jeunesse qui refuse les demi-mesures contre les antisémites et contre tous les racistes ; prolétaires qui voient que le communautarisme veut les enfermer et briser leurs aspirations ; personnes progressistes qui voient bien qu’elles ne sont pas à leur place dans la « gauche » française ; femmes qui n’en peuvent plus de l’oppression quotidienne et qui veulent enfin s’exprimer sans contrainte ; individus qui ont des valeurs morales et qui chérissent la vie par-dessus tout, mais qui comprennent que la religion n’a rien à leur offrir…
Toutes et tous ont leur place dans la bataille pour vaincre et vivre !
Ainsi Hapoel est un outil. Mais un outil, il faut se l’approprier, et il est de notre devoir de permettre à chacun et chacune de se reconnaître dans le projet d’Hapoel.
Voilà pourquoi nous croyons qu’il est temps pour l’équipe d’Hapoel de passer à l’étape suivante, celle que l’on pourrait appeler la « contraction ».
Désormais Hapoel laissera une plus grande place, un plus grand espace pour s’engager, pour contribuer à la bataille antifasciste, pour s’approprier des perspectives nouvelles.
Les masses populaires juives doivent prendre la parole, et Hapoel doit devenir un outil calibré en fonction de leurs exigences.
Il se peut donc que la production théorique et idéologique d’Hapoel se transforme en production davantage culturelle, avec un rythme moins soutenu que depuis la fondation d’Hapoel.
Bien entendu il existe une demande d’analyses antifascistes, qui sont indispensables pour orienter son activité et prévoir les évolutions du mouvement fasciste.
Mais il faut considérer que celles et ceux qui sont en demande de théorie ont désormais toutes les clés en main pour apporter leur pierre au patrimoine antifasciste de France, en apportant des conceptions nouvelles, issues d’expériences différentes, avec des angles d’attaque différents.
Bien entendu encore, l’actualité la plus importante sera traitée comme il se doit. Mais il ne s’agira plus de « suivre » l’actualité, de débusquer le « scoop ».
L’attitude de « réagir » à l’actualité est en quelque sorte un piège dont il est difficile de sortir, vue la masse énorme des blogs juifs d’information, qui s’alimentent les uns les autres en continu, et dont certains sont « incontournables » dans la communauté.
C’est un piège dans lequel s’empêtrent aussi bien les « sionistes ultra » que la « gauche juive » : pour les uns l’actualité c’est Obama et Ahmadinejad, pour les autres c’est Lieberman et Sarkozy.
Seulement le peuple est à la fois plus concret et plus profond que cela, car il sait qu’en ce moment se jouent l’avenir de la civilisation et l’avenir de la planète.
Et quand on a conscience de cela, on voit bien qu’on n’a plus le choix : Hapoel a mis en place une culture, une identité, une théorie, une conception du monde… mais maintenant il faut se lancer et s’approprier l’antifascisme !
Et cela même si l’on n’est pas d’accord sur tout : certains n’oseront pas immédiatement affronter les religieux, d’autres les petits commerçants, d’autres encore l’antisémitisme « de gauche », d’autres enfin ont de la famille en Israel et n’envisagent pas d’abandonner une certaine certaine forme de sionisme.
Mais voilà, tout cela est secondaire par rapport à la situation en France en 2010. Et dans le grand mouvement pour la libération, il y a la place pour tous les vécus, et pour une grande diversité de sensibilités, de projets et d’initiatives.
Voilà ce que signifie pour nous la « contraction » : donner la parole, libérer les énergies, laisser s’exprimer la créativité et la rage.
Chez Hapoel il n’y a pas de place pour la stagnation, pour la nostalgie : il faut que le nouveau l’emporte ! Car désormais la priorité absolue est à la bataille politique, à la bataille politique antifasciste !
Juif ! Juive ! Défends ta culture et ta vie !
Si ce n’est toi, qui ? Si ce n’est maintenant, quand ?
L’Action Antifasciste est ton organisation !

« Lorsqu’on considère que les problèmes fondamentaux ne sont pas économiques, on peut commencer à glisser vers le fascisme. »
[Cet entretien avec Zeev Sternhell, mené par Nicolas Zomersztajn, a été une première fois publié dans la revue juive belge « Regards », à Bruxelles en l'an 2000. On retrouve cet entretien sur le site RésistanceS.be. On retrouve également dans la brochure « Antifascisme » une présentation de Zeev Sternhell.]
Zeev Sternhell a consacré de nombreux travaux au fascisme qui ont suscité de violentes polémiques en raison de la thèse originale de l’auteur : « c’est dans la France des années 1885 – 1914 qu’il faut chercher les racines idéologiques du fascisme ». À l’occasion de la réédition de trois ouvrages sous la forme d’une trilogie « La France, entre nationalisme et fascisme » (chez Fayard), nous avons rencontré cet historien israélien.
Vous considérez que le fascisme n’est pas une parenthèse de l’histoire qui n’appartiendrait qu’à l’entre-deux-guerres…
Je conçois le fascisme comme la forme extrême d’un phénomène idéologique et culturel qui se manifeste par la révolte contre l’héritage de la Révolution française, contre le matérialisme et le rationalisme, contre les principes du libéralisme et contre la conception utilitariste de la société et de l’État.
En outre, il faut bien préciser que c’est en France que se trouvent les véritables origines idéologiques du fascisme. Il est le fruit d’une rencontre entre le nationalisme intransigeant et la révision anti-matérialiste du marxisme qui se produit au cours des années 1885 – 1914.
Le fascisme consiste en une idéologie de rupture qui se dresse contre le libéralisme et le marxisme, une troisième voie qui entend jeter les bases d’une nouvelle civilisation anti-individualiste, seule capable d’assurer la pérennité d’une collectivité humaine où seraient parfaitement intégrées toutes les couches et toutes les classes de la société.
Comment expliquez-vous que la révision anti-matérialiste du marxisme soit le filon fondamental de l’émergence de l’idéologie fasciste ?
C’est ici qu’intervient George Sorel (1847 – 1922).
Ce socialiste français joue un rôle essentiel dans la poussée de la synthèse fasciste en ce qu’il est le premier à lancer une révision « révolutionnaire » du marxisme. Il préconise une révolution en dehors de la matrice marxiste traditionnelle. Puisque le capitalisme ne s’effondre pas et que les masses ne marchent pas à coups de raisonnements, Sorel remplace le contenu rationaliste et matérialiste du marxisme par le culte de l’énergie, l’intuition et la violence. Il entend donc corriger le marxisme en y introduisant des éléments irrationnels.
La destruction du régime de démocratie libérale est aussi un fondement de la révision sorélienne : il faut bien comprendre que ce courant révisionniste se dresse autant contre le libéralisme que contre le marxisme, car ce sont des systèmes de pensée matérialistes qui considèrent la société comme un simple agrégat d’individus.
Enfin, il ne reste plus aux disciples de Sorel qu’à remplacer par la Nation le prolétariat défaillant dans le combat contre la décadence démocratique et rationaliste. Ainsi s’ouvre progressivement la voie vers le fascisme.
Peut-on en déduire que le socialisme mène au fascisme comme on l’entend parfois dans certains milieux de droite ?
Le socialisme ne mène pas au fascisme ! En revanche, c’est par le biais d’une révision anti-matérialiste du marxisme que des socialistes démocrates, comme Marcel Déat en France et Henri de Man en Belgique, glissent vers le fascisme.
Pour de Man, l’exploitation est conçue comme une catégorie psychologique et non comme un problème économique. Dans ce cas, l’individu est exploité s’il se sent exploité. Mais s’il sent qu’il est au service d’une grande cause, au service de la patrie par exemple, il sentira qu’il fait partie intégrante de la communauté nationale.
Lorsqu’on considère, comme de Man, que les problèmes fondamentaux ne sont pas économiques, on peut commencer à glisser vers le fascisme.
Shabbat Kippour – שבת כפור

Entrée vendredi à 19h41, sortie samedi à 20h45.
Gmar ‘Hatima Tova ! – ! גמר חתימה טובה
« Aujourd’hui, tous les juifs pardonnent à ceux qui leur ont fait du mal. Tous les juifs, sauf un : moi ! Moi, je pardonne pas. »
« Le Grand Pardon », Alexandre Arcady, 1982.
Ce soir, c’est Erev Yom Kippour. Le jeûne commencera donc vers 19h10, la fête elle-même à 19h41, et ceci pendant 25 heures jusqu’à samedi à 20h45 au son du Shoffar.
Pour les religieux, Yom Kippour est le jour du « grand pardon », pendant lequel on est absous par D.ieu des péchés de l’année. Il intervient à la fin des Yamim Noraim, les dix « Jours Terribles / Redoutables » qui séparent Rosh HaShana du 10 Tishri, et marque donc la fin des Sli’hot, séfarades comme ashkénazes.
C’est sans doute le jour le plus solennel de l’année pour les personnes religieuses, et d’ailleurs il est coutume pour les hommes de s’habiller en blanc. Mais c’est aussi un jour où les familles juives, même moins pratiquantes, se retrouvent ensemble à la synagogue, puisqu’on peut légalement poser un jour au travail.
Dans la tradition, il est dit que les portes du Ciel s’ouvrent à Erev Yom Kippour pour laisser monter les prières et les demandes de grâce, et se referment le lendemain soir. Pour accéder au « Pardon » du point de vue des religieux, il faut cependant respecter le jeûne de 25 heures, et respecter tous les commandements du Shabbat, Yom Kippour étant désigné comme un « Shabbat des Shabbatot ».
Il existe également une coutume – répandue uniquement dans les familles les plus orthodoxes – de faire tourner un poulet mort ou vivant au-dessus des têtes des convives, pendant le repas faste qui précède Kippour, afin qu’il prenne les péchés sur lui. Cette coutume est une marque de barbarie, car les animaux sont de ce monde et n’ont certainement pas à être sacrifiés pour une quelconque tradition religieuse.
Pour l’office de ce soir, les religieux commencent par le Kol Nidré, une prière spécifique à Kippour. La fête se termine demain par un Kaddish, la prière pour les morts, et la sonnerie du Shoffar. Kippour est également la seule fête où les hommes se couvrent du Talith, en couvrant en même temps les enfants.
Gmar ‘Hatima Tova ! – ! גמר חתימה טובה
Mike Brant, une comète qui n’en finit pas de fasciner…
Ce soir a lieu la première d’une « pièce musicale » de Gadi Inbar au théâtre Comédia à Paris. Le titre : « Mike, Laisse-nous t’aimer ».
L’affiche, elle, est impossible à rater, dans le métro ou dans la rue, et cela depuis ce printemps. En effet, ce 25 avril on commémorait le 35ème anniversaire de la fin tragique de Mike Brant.
Le saviez-vous ?
Mike Brant était un crooner israelien qui a connu le succès principalement en France.
Ses parents étaient tous deux polonais, rescapés de la destruction des juifs d’Europe : sa mère avait survécu à Auschwitz, son père était résistant. Alors qu’il émigrent en Palestine britannique, leur bateau est refoulé et redirigé vers Chypre. C’est là que naîtra Moshe Brand en 1947.
Sa jeunesse, Moshe la passera de manière assez chaotique, entre le kibbutz, les quartiers ouvriers de ‘Haifa, les cours du théâtre de ‘Haifa, l’apprentissage de la réparation de frigos ou de voitures, la vente au marché, etc.
Bien qu’il n’ait commencé à parler que très tard et qu’il ait une santé assez fragile, Moshe commence à chanter assez jeune et se fait remarquer dès ses 15 ans à ‘Haifa. À 17 ans, il prendra le pseudonyme de Mike Brant, et tournera dans les hôtels avec le groupe qu’il a formé avec son frère.
Son ascension se poursuit, il chante jusqu’en Afrique ou en Australie, ou encore à Téhéran où il se fait remarquer par Sylvie Vartan et Carlos. Ceux-ci lui proposent de les rejoindre en France.
C’est chose faite quelques mois plus tard, en 1969, alors qu’il ne parle pas un mot de français. On écrit aussitôt une chanson pour lui, qu’il interprétera pour le réveillon de 1970 : « Laisse-moi t’aimer ».
Le succès est immédiat… malgré son fort accent israelien et le fait que Mike Brant ne comprend pas ce qu’il chante… C’est le début de 5 ans de succès, de fascination, d’hystérie.
Au hit-parade, des tubes tels que « Laisse-moi t’aimer », « Mais dans la lumière », « À corps perdu », « Qui saura ? », « C’est ma prière », « Rien qu’une larme », « Tout donné, tout repris », « Serre les poings et bats-toi », « Qui pourra te dire ? », « C’est comme ça que je t’aime », jusqu’à « Dis-lui », un titre enregistré quelques jours avant sa mort.
Mike Brant aura été le chanteur le plus adulé des années 1970 – 1975, jusqu’à devancer Claude François. Mais malgré le succès, Mike est épuisé, affecté par un traumatisme crânien mal soigné suite à un accident de voiture… et surtout, il est très sensible et se sent au fond terriblement seul.
En novembre 1974, le crooner fait sa première tentative de suicide, et se brise les jambes. Mike Brant se remet à la musique, mais le 25 avril 1975, il se jettera de la fenêtre à l’âge de seulement 28 ans.
La cérémonie religieuse rassemblera une foule immense, à la synagogue de la Victoire, et Mike sera enterré le 7 mai à ‘Haifa, sans autopsie.
De nombreuses raisons ont été évoquées pour expliquer le mal-être de Mike Brant : épuisement, harcèlement des fans, embrouilles avec son producteur controversé, effets du LSD, jusqu’à l’assassinat prémédité ou bien une obscure histoire avec le Mossad…
Mais en vérité, il faut bien comprendre le traumatisme qu’a été la Shoah dans la famille Brand. Un traumatisme très difficile à expliquer, puisque tout est dans le non-dit, dans la pression et la culpabilité de ceux qui sont vivants et qui « auraient dû » ne pas l’être.
Ce n’est pas pour rien que le jeune Moshe Brand ne prononcera son premier mot qu’à 4 ans, et que plus tard sa nièce aura également une enfance muette.
Si l’on ajoute à cela la perte de son père à seulement 19 ans alors qu’il commençait tout juste à connaître la notoriété en Israel, on voit l’importance de ses parents dans la vie de Mike Brand, qui donnera d’ailleurs des chansons comme « Elle a gardé ses yeux d’enfants » ou « Toi, mon enfant ».
Toujours est-il que, 35 ans plus tard, un certain aura entoure encore la vie et la mort de Mike Brant, dans une fascination qui dépasse simplement sa voix ou son physique de « beau gosse ».
Il y a ici quelque chose de très étrange : au-delà de l’individu, si Mike Brant a connu un succès si fulgurant et si hystérique, c’est que dans ses interprétations il avait réussi à capter quelque chose de la psychologie de masse en France…
Or précisément, ce n’est pas en France – ni même vraiment en Israel – que Mike Brant a puisé et synthétisé son tempérament à la fois sensible, mélodramatique et tourné vers la vie.
C’est un point culturel qu’il faudrait creuser, tant Mike Brant a trouvé de l’écho dans la musique populaire en France… au moment même où l’extrême-gauche (Gauche Prolétarienne, Ligue Communiste, etc.) a connu son apogée et s’est cramée les ailes.
Un Israelien qui se consume comme une comète, avec des chansons d’amour dont il ne comprend pas les paroles…
On se dit que l’extrême-gauche a raté quelque chose sur le plan culturel, et que ce rendez-vous manqué donnera dans les années 1980 la culture française du journal Libération plutôt que la révolte froide de la chanson populaire en Angleterre ou en Allemagne…
Après Faurisson, Noam Chomsky soutient le nazi Reynouard – PCMLM
Faut-il aller plus loin que la loi Gayssot et fusiller les fascistes, ou bien s’allier à l’extrême-droite sous prétexte de rejeter l’État ?
A l’époque de l’affaire Dreyfus, une partie plus que significative du camp révolutionnaire avait sombré dans le je m’en foutisme et l’antisémitisme, sous prétexte que la condamnation d’un officier de l’armée française ne les concernait pas, même si l’accusation était un coup monté.
Aujourd’hui, on constate exactement le même phénomène avec la loi Gayssot. Au nom du refus de l’État et surtout du refus du « totalitarisme », la petite-bourgeoisie soit disant « révolutionnaire » se fait objectivement l’alliée des manoeuvres fascistes.
L’une de leurs grandes figures, Noam Chomsky, vient d’ailleurs de prendre fait et cause… contre la loi Gayssot. Voici ici deux documents : l’un présentant la loi Gayssot d’un point de vue antifasciste (conséquent), l’autre exprimant le point de vue de Noam Chomsky.
Voici la présentation tirée du site de l’Action antifasciste:
Aujourd’hui l’extrême-droite mène systématiquement campagne contre la loi Gayssot. Cette loi, qui a comme nom celle du député qui l’a portée, a été adoptée par l’Assemblée nationale le 13 juillet 1990. Elle frappe la contestation de l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité définis par l’article 6 du Statut du Tribunal militaire international de Nuremberg.
Pourquoi cette loi existe-t-elle ? En raison de la pression anti-raciste des masses, particulièrement attentives au néo-nazis. Dans les années 70, les antisémites vont se servir de la façade historique pour diffuser l’idée que les chambres à gaz n’auraient pas existé ou que le génocide des populations juives n’aurait pas eu lieu (avec par exemple la thèse comme quoi les chambres à gaz existaient mais qu’elles servaient uniquement à éradiquer les poux des déportés).
Or à l’époque, les textes juridiques sont insuffisants pour sanctionner le négationnisme, car le négationnisme n’appelle pas directement à la haine raciale. Il est plus diffus, exactement comme « les protocole des sages de Sion » n’appelaient pas à l’extermination des juifs, mais ont été largement instrumentalisés à cette fin.
Cet ouvrage de propagande antisémite dévoilant un prétendu programme mis au point par un « conseil de sages juifs » a été écrit pour servir le tsarisme ; il diffuse l’idée d’un « complot juif international » pour contrôler le monde. Ce faux a attisé l’antisémitisme, jusqu’à aujourd’hui. Le « protocole des sages de Sion » est interdit de diffusion par un arrêté du 25 mai 1990 sur le fondement du décret-loi du 6 mai 1939.
Car les lois contre le racisme ont déjà existé, sous la pression antifasciste. La première loi date du 21 avril 1939, elle réprimait les discriminations raciales, et est aussi connue sous le nom de « décret-Loi Marchandeau ». Ce texte prévoyait des poursuites « lorsque la diffamation ou l’injure, commise envers un groupe de personnes appartenant, par leur origine, à une race ou à une religion déterminée, aura eu pour but d’exciter à la haine entre les citoyens ou les habitants ».
Il a été évidemment abrogé par le gouvernement de Vichy, le 16 août 1940 ; le 3 octobre le régime de Vichy adopte la loi fixant le statut des Juifs et les bannissant des emplois publics.
Le décret-loi Marchandeau sera rétabli par l’intermédiaire de la loi « Pleven » le 1er juillet 1972. Cette loi reprend les délits de diffamations et injures, mais vient aussi incriminer les actes racistes et antisémites. Le législateur offrira aussi la possibilité aux associations d’agir en justice sur ce fondement.
Le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) a eu une influence importante dans l’adoption de ce nouveau cadre légal.La loi Gayssot complète le tableau, en permettant de bloquer, au moins un peu, la diffusion d’une partie de la propagande fasciste. D’où l’activité fasciste pour faire disparaître cette loi, et évidemment pour empêcher sa généralisation (notamment de la part des fascistes turcs, qui veulent continuer à nier le génocide arménien).
Source : Actionantifasciste.fr
Voici maintenant le point de vue de Noam Chomsky, figure anarchiste et ô combien petite-bourgeoise, qui a déjà par le passé défendu le droit à la parole du négationniste Faurisson:
« J’apprends que Vincent Reynouard a été condamné et mis en prison au nom de la loi Gayssot et qu’une pétition circule pour protester contre ces mesures. Je ne connais rien à propos de Monsieur Reynouard, mais je considère la loi Gayssot comme complètement illégitime et en contradiction avec les principes d’une société libre, tels qu’ils ont été compris depuis les Lumières.
Cette loi a pour effet d’accorder à l’Etat le droit de déterminer la vérité historique et de punir ceux qui s’écartent de ses décrets, ce qui est un principe qui nous rappelle les jours les plus sombres du stalinisme et du nazisme.
Si la justification de la loi Gayssot est d’interdire les « opinions abominables » ou de faire respecter le droit « de ne pas craindre de vivre dans un climat » de préjugés et de racisme, alors il devrait être évident que, si de telles lois étaient appliquées de façon impartiale, elles rendraient illégales une grande partie des propos exprimés publiquement qui, même si on peut les considérer comme ignobles, devraient certainement être autorisés dans une société libre et qui, en fait, le sont, sans même que cela ne soulève la moindre question.
Par conséquent, je souhaite exprimer mon soutien à la pétition contre l’application de cette loi dans le cas de Monsieur Reynouard (ou dans tout autre cas).
Le 5 septembre 2010. »
Le point de vue de Chomsky est typiquement libéral et petit-bourgeois, et rappelle que seule la classe ouvrière peut mener la lutte antifasciste, pour la simple raison que seule la classe ouvrière va jusqu’au bout des choses de manière conséquente.
Comme nous le disions dans l’article « Avec le sang des fascistes, rendre plus rouges nos drapeaux », face au fascisme aucun compromis n’est possible, ni même d’ailleurs avec les réactionnaires en général.
Nous avons besoin d’une dictature de classe s’exerçant sur la bourgeoisie et les réactionnaires, nous avons besoin d’un État socialiste réprimant les activités anti-populaires, nous avons besoin d’écraser le fascisme… et les fascistes!
Seule l’autonomie de classe déjouera les pièges populistes !
Hapoel avait évoqué avant Rosh HaShana une grave agression antisémite, qui avait eu lieu début septembre, en plein Paris et en plein jour. Rappelons rapidement les faits.
Le vendredi 3 septembre, deux amis d’une trentaine d’années se retrouvent en fin d’après-midi dans le parc de Choisy, dans le 13ème arrondissement de Paris.
Là, les deux amis demandent à un groupe d’une dizaine d’adolescents de faire moins de bruit, ce qui déclenche un début d’altercation.
La tension monte, jusqu’à ce que l’un des adolescents remarque la Magen David que porte l’un des deux trentenaires.
Alors, les insultes antisémites fusent et les coups se déchaînent, avec un acharnement particulier sur Alex, l’individu identifié comme juif par ses agresseurs.
L’un des jeunes finit même par sortir son couteau, et tente de poignarder Alex, qui sera blessé à l’avant-bras en tentant de se protéger.
Les deux amis ont néanmoins réussi à se réfugier dans un commerce. Puis les secours et la police ont été alertés, ce qui a dissuadé les agresseurs de s’acharner encore.
Voilà donc où on en est, en cette rentrée 2010 : une personne identifiée comme juive peut se faire agresser au couteau en plein Paris et en plein jour, simplement parce qu’elle est juive.
Alex l’aura dramatiquement appris à ses dépens, lui qui a justement quitté sa Russie natale en raison de l’ambiance antisémite suffocante et de la progression continue des néonazis.
Pourquoi est-ce que Hapoel revient aujourd’hui sur cette attaque antisémite, alors que nous en avions déjà parlé ?
Principalement à cause des suites judiciaires de cette agression, qui illustrent bien ce qu’Hapoel expliquait à propos des illusions en les institutions et pourquoi elles sont dangereuses.
En effet, peu après l’agression, trois jeunes ont été arrêtés par la police, trois mineurs de 15, 16 et 17 ans qui ont été reconnus par les deux victimes ainsi que par des témoins.
Ces trois adolescents ont été placés en détention provisoire par décision du parquet des mineurs, qui, rappelons-le, dépend du ministère de la justice.
Seulement voilà, quelques jours plus tard, un juge des libertés et de la détention (JLD) a décidé de relâcher les agresseurs et de leur imposer une « mesure éducative de liberté surveillée ». Ce qui, concernant des personnes mineures, n’a franchement rien d’exceptionnel…
Mais le lendemain, c’est-à-dire mercredi dernier, le parquet a fait appel de cette décision, en voulant retenir des adolescents en détention. Ce sera donc à la cour d’appel de Paris de trancher sur la détention provisoire.
Au-delà de l’aspect « technique » de la procédure judiciaire, on voit encore ici comment on peut très vite être pris en étau par les institutions, quand on veut combattre l’antisémitisme mais qu’on n’a pas de perspectives d’autonomie de classe.
Car d’un côté, la « justice » relâche les agresseurs, des agresseurs antisémites qui n’hésitent pas à sortir le couteau. L’indignation est alors compréhensible, et quoi qu’il en soit, on voit bien qu’il n’y a aucune confiance à accorder aux institutions judiciaires.
Et de l’autre côté, le ministère de la « justice » se place clairement dans une optique populiste en jouant la surenchère pénale, avec pour objectif d’enfermer la minorité juive dans la dépendance envers l’État français.
Aux classes dominantes, le populisme ne coûte rien : l’État renforce les institutions juives et le légitimisme envers les forces de répression, tout en restant finalement indifférent au résultat judiciaire. Le populisme est une posture.
C’est une posture, car en définitive c’est le capitalisme et sa crise qui favorisent l’explosion de l’antisémitisme, l’augmentation des agressions antisémites et leur tendance à la barbarie. Et face à la crise, l’État capitaliste est essentiellement impuissant.
Pour voir à quel point l’État français est hypocrite, il suffit de se souvenir de comment la police s’était imaginée très futée en abandonnant Ilan Halimi, ou bien de comment l’assassinat antisémite de Sébastien Sellam avait été étouffé.
On voit donc le piège qui se tend : la justice contre les racistes et les antisémites est une exigence populaire indispensable ; mais l’État français manipule cette revendication sans difficulté, afin de maintenir à bout de bras des illusions bourgeoises qui chaque jour se craquèlent davantage.
Ce piège est un véritable poison pour la minorité nationale juive, et il ne peut pas être brisé en restant dans le cadre des institutions (judiciaires, répressives, idéologiques) de l’État.
La seule issue de sortie, c’est l’autonomie de classe, c’est l’autodéfense antifasciste et l’unité populaire.
Il n’y aura aucune avancée contre l’antisémitisme tant que les classes dominantes conserveront leur hégémonie au sein de notre minorité nationale, tantôt par les institutions juives, tantôt par les pseudo-contestataires d’extrême-droite.
Ce sont les masses qui sont la force véritable contre le racisme, pas la police.
Que valent les agitations de BHL et Dieudonné ? – PCMLM
Que valent les agitations bourgeoises de BHL et Dieudonné sur le cas de Sakineh ?
Dieudonné devrait se rendre aujourd’hui en Iran afin de, selon ses propres termes, « demander la clémence pour Sakineh ». Dieudonné inscrit son déplacement dans le cadre d’un combat général contre la peine de mort.
Une telle position relève du relativisme qu’affectionnent les bourgeois. En effet, Sakineh Mohammadi Ashtiani a été condamnée à la lapidation, un châtiment atroce qui punit les personnes ayant eu des relations adultères. Ce mode d’exécution ne peut donc être dilué dans la question générale de la peine de mort.
La lapidation, qui implique une participation collective de personnes jetant des pierres sur les condamnéEs, est conçue comme un châtiment censé montrer la réprobation morale de la société patriarcale envers le « pêché » de non respect du lien sacré du mariage.
La lapidation est donc liée à l’ordre patriarcal où la femme est censée appartenir à l’homme qu’elle a épousé. Dans la vision patriarcale, les femmes constituent des possessions pour les hommes. D’ailleurs, même si la lapidation est prévue pour les hommes adultères également, elle est appliquée dans les faits beaucoup plus souvent aux femmes.
La relation entre lapidation et patriarcat est par conséquent évidente et seule la mauvaise foi peut la ranger au rang de peine de mort « comme les autres ».
Or, la dimension patriarcale de la lapidation est ignorée par les agitations bourgeoises, que ce soit autour de Bernard-Henri Lévy (jouant sur le registre purement émotionnel) ou de Dieudonné (jouant sur le relativisme pour semer la confusion).
En fait, en récupérant le cas de Sakineh, Dieudonné espère gagner à tous les coups.
Si la condamnation à mort de Sakineh est abrogée, il apparaîtra alors que tout le mérite lui en revient, alors que Dieudonné est un complice revendiqué du régime fasciste de l’Iran coupable tous les jours d’atrocités.
En Iran, les tortures, les coups de fouets, les pendaisons d’homosexuels, la répression criminelle des personnes révolutionnaires et progressistes font partie des affaires courantes du régime fasciste.
Dans le cas où Sakineh serait exécutée, l’image – fabriquée par la petite-bourgeoisie social-chauvine – de l’Iran comme pays résistant au « nouvel ordre mondial dirigé par les Etats-Unis » s’en trouverait renforcée de manière extrêmement perverse. Dieudonné pourra alors continuer de jouer la carte du relativisme le plus mesquin en soulignant que la peine de mort est aussi appliquée aux Etats-Unis.
Il faut ici rappeler que l’Iran, à l’instar du Vénézuela ou de Cuba, est considéré positivement, selon une perspective clairement chauvine, car « résistant » à l’impérialisme américain. Ce point de vue sert bien entendu les intérêts de l’impérialisme français qui est lui-même idéalisé par la bourgeoisie comme un pôle de résistance à l’impérialisme US.
Le PCMLM, lui, défend le point de vue scientifique du marxisme-léninisme-maoïsme, à savoir que l’Iran est un pays semi-féodal semi-colonial sous la coupe de puissances impérialistes, dont fait partie l’impérialisme français.
Et c’est là que l’on voit à quel point la mobilisation bourgeoise autour de BHL ou le coup médiatique de Dieudonné ne sont que des mascarades immondes : elles n’évoquent absolument jamais le rôle essentiel de l’impérialisme français dans les actes barbares commis en Iran.
Voilà pourquoi le PCMLM brandit le drapeau de l’internationalisme qui unit tous les prolétaires dans le but commun d’écrasement de l’impérialisme vecteur d’oppressions, de guerres, de génocide, d’écocide…
Contre-Informations possède ainsi des archives fournies d’organisations communistes du monde entier et avait publié en 2008 un texte du Parti Communiste d’Iran.
Le PCMLM déclare clairement : la libération et l’émancipation de toutes les femmes, homosexuels, enfants oppriméEs par le patriarcat ne résident pas dans les concerts médiatiques orchestrées par la bourgeoisie, mais dans la guerre populaire menée sous l’étendard MLM par les masses en armes !
Red Lions 94 : nouvelle année, nouvel envol !
Nos camarades antifascistes des Red Lions 94 connaissent des avancées militantes et s’y adaptent. Leur site vient d’être modernisé, leurs positions sont toujours plus concrètes, locales, lucides.
Hapoel tient à attirer l’attention sur un de leurs documents fondamentaux, qui est d’une grande pertinence dans la question des minorités nationales en France : Pour les droits démocratiques de la minorité nationale arabe en France et à propos du concept d’islamophobie.
Salutations antifascistes aux Red Lions 94 !
En avant dans la construction du rempart antifasciste des masses !
En avant dans la production d’une ligne antifasciste populaire, réaliste, radicale !
Les Red Lions 94 aussi font leur rentrée !
Cela va bientôt faire deux ans que les Red Lions 94 existent. Le développement de notre groupe ne s’est pas fait en ligne droite. Nous nous sommes longtemps cherchés et en se confrontant à la réalité, nous avons beaucoup changé, laissant de nombreuses choses de coté tout en assumant petit à petit de nouvelles valeurs et idées.
Finalement les deux points constitutifs de notre identité et qui n’ont cessé de se renforcer depuis la naissance de notre groupe sont d’une part la volonté de s’ancrer véritablement dans la partie sud du Val de Marne (de Créteil à Arcueil, de Orly à Ivry) ainsi que la mise en avant d’une culture antifasciste moderne et populaire.
Les échanges que nous pouvons avoir en ce moment, que cela soit en tant que Red Lions ou bien à titre individuel nous montrent que notre ligne est correcte. Notre discours est globalement bien reçu chez les personnes assez jeunes (16/25ans) vivant en banlieue, plutôt des femmes ou des hommes qui ne sont pas des gros « machos », et issues des classes populaires. Parallèlement, nos positions irritent systématiquement des personnes de milieux plus aisés, des universitaires, des associatifs ou des militantEs de la vieille êxtreme gauche.
Tout ceci est positif, surtout vu les difficultés auxquelles nous avons eu à faire. Nous nous sommes crées avec l’idée en tête que les fascistes sont bien plus développés que nous ; que l’extrême gauche française est moribonde et culturellement arriérée et surtout qu’il n’y a pas en France de dynamique organisé qui rompt avec le capitalisme.
Toutefois cela met en lumière notre extrême retard par rapport à l’urgence de la situation. L’actualité récente nous montre que, même si la route est la bonne nous ne sommes qu’au début du chemin. Que cela soit la guerre ouverte menée contre les Rroms par l’Etat raciste (avec en autre l’expulsion récente des familles des bidonvilles de Choisy), l’explosion des actes racistes et des discours pogromistes, la dégradation fulgurante des conditions de vie des masses populaires ou l’aggravation sans précédent de la crise écologique, tout cela fait que nous devons redoubler de force et de détermination dans notre combat quotidien.
Le but des Red Lions 94 n’est pas d’intégrer de nouvelles personnes dans notre groupe mais plutôt de favoriser le foisonnement d’initiatives antifascistes, populaires et autonomes. Notre site internet à donc une fonction très importante à nos yeux. Il s’agit d’abord d’un outil formidable pour participer à l’émergence d’une nouvelle culture populaire en rupture complète avec le vieux monde capitaliste. C’est aussi un moyen de lutter concrètement au quotidien en diffusant des documents pratiques et des analyses, ainsi qu’en traitant de l’actualité du 94.
Nous avons donc décidés d’entamer la « saison » 2010/2011 en se dotant d’un nouveau site internet dans un style moins « blog amateur » mais plus sérieux. Il s’agit pour nous de passer un cap, d’assumer un saut qualitatif.
Nous allons proposer plus de documents concrets en lien avec la réalité locale. Notre but est aussi de mettre en place un outil qui aura pour but de de résoudre la contradiction entre le fait que de nombreuses personnes soient intéressées par ce que l’on fait mais ne se lancent pas pour autant matériellement dans la bataille.
Nous allons donc changer d’hébergeur web. Ainsi, il se peux que durant quelques jours, plus rien ne s’affiche à l’adresse redlions94.fr Toutefois l’ancienne version du site sera toujours visible à l’adresse redlions94.over-blog.org et cela même une fois que notre nouveau site sera hébergé à l’adresse redlions94.fr
N’aie pas peur de te lancer dans la bataille,
Organise toi, monte ton groupe autonome et lutte !
Vive l’autonomie populaire, pour le pouvoir à la base !
Red Lions 94, septembre 2010.
Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 19h56, sortie samedi à 21h01.
Face à l’antisémitisme, rejeter les illusions institutionnelles !
Le scandale autour de Karel De Gucht continue, et implique désormais clairement les institutions de l’Union Européenne.
Pour rappel, le belge Karel De Gucht est commissaire européen au commerce, au « développement » et à « l’aide humanitaire ». Le 2 septembre, il avait accordé une interview à une radio flamande de Belgique, et avait proféré des propos franchement antisémites.
En effet, à la question de savoir si les nouveaux « pourparlers de paix » en Palestine allaient aboutir, Karel De Gucht avait déclaré qu’il « ne faut pas sous-estimer l’emprise du lobby juif sur la politique américaine ».
Puis il était allé plus loin en attaquant explicitement toutes les personnes juives, religieuses ou pas, en affirmant : « Il y a en effet chez la plupart des Juifs une foi – je pourrais difficilement décrire cela autrement – qu’ils ont raison. »
Les propos de Karel De Gucht sont retranscrits dans notre article « Allemagne, Belgique… Derrière l’antisémitisme se cache la finance européenne ! ».
Ce que l’on constate, c’est que Karel De Gucht est un représentant émérite de ce qu’on appelle la bourgeoisie financière belge, tellement émérite qu’il est devenu commissaire européen chargé de secteurs clés de l’impérialisme : commerce européen, exportation des capitaux dans les pays semi-coloniaux sous couvert d’« aide au développement », etc.
Or quand on parle d’impérialisme, il faut bien voir à l’échelle mondiale la concurrence féroce à laquelle se livrent les différents pays impérialistes, notamment les bourgeoisies financières d’Europe contre celle des États-Unis.
Par conséquent, rien d’étonnant à ce que Karel De Gucht attaque le rôle hégémonique des États-Unis dans les soi-disant « pourparlers de paix » en Palestine, qui ne sont qu’une manipulation pour dissoudre la résistance du peuple palestinien.
Le financier européen attaque les États-Unis, rien de plus normal, et il le fait conformément à l’idéologie de la bourgeoisie financière en crise : l’anti-américanisme va toujours de pair avec l’antisémitisme.
Mais malgré son « dérapage » antisémite, il était évident que Karel De Gucht serait défendu par les institutions européennes, car critiquer les États-Unis y est toujours payant.
D’abord dans la presse belge, on a pu lire des choses hallucinantes. Ainsi dans Le Soir, autoproclamé « quotidien progressiste indépendant », un article était consacré à l’interview antisémite, avec pour titre… « Karel De Gucht brave les tabous » !
Mais surtout, il était illusoire de s’imaginer que Karel De Gucht serait obligé de démissionner de la Commission Européenne. Avec sa sortie sur le « lobby juif » aux USA, il est en plein dans l’idéologie montante de l’impérialisme, et pas du tout « à la marge ».
D’ailleurs, la représentante de la Commission Européenne pour les affaires étrangère, Catherine Ashton, a aussitôt pris la défense de Karel De Gucht, en se disant « persuadée qu’il n’avait aucune intention d’offenser quiconque ». Difficile à croire, puisqu’il est parlé explicitement du « Juif moyen qui ne vit pas en Israël » dans les déclarations de De Gucht…
De plus, on a appris avant-hier par la voix d’un porte-parole européen que José Manuel Barroso, le président de la Commission Européenne, couvrait également la sortie antisémite de son collègue, « sur base des réassurances apportées par Karel De Gucht auprès du président Barroso ».
Pour ceux qui s’imaginent combattre l’antisémitisme en s’intégrant au sein des institutions, qu’elles soient européennes ou françaises, l’échec est clair.
Les institutions étatiques ne sont pas neutres, elles sont des outils au service des classes dominantes, et dans ces classes dominantes, la tendance est au racisme et à la barbarie. Le rôle de la crise capitaliste est à comprendre de manière urgente.
Ceux qui, comme le Crif en France ou le CCOJB en Belgique, s’adressent aux institutions étatiques quand leurs dirigeants dévoilent leur racisme, finissent donc par tomber des nues : non seulement l’antisémitisme s’exprime dans les institutions, mais en plus il se retrouve couvert par les plus hauts cadres de l’impérialisme.
Et pourtant, les institutions juives persistent dans leurs illusions, en faisant notamment confiance à un raciste comme Hortefeux quand, à l’occasion de Rosh HaShana, il prétend combattre l’antisémitisme.
Bien entendu, les illusions bourgeoises sont dans la nature même des institutions juives, qui sont des organismes adoubés par l’État français pour quadriller et maintenir son hégémonie sur la minorité nationale juive.
Voilà pourquoi il est en vérité incorrect de parler d’illusions bourgeoises à propos des institutions juives, du moins à propos de leurs cercles dirigeants : il ne s’agit pas d’illusions, mais bien de ce qu’on appelle une « proposition stratégique » précise, qui s’oppose à d’autres voies dans la bataille contre l’antisémitisme.
Le problème, c’est bien que les institutionnels juifs profitent de leur hégémonie, en distillant le poison du légitimisme et de la confiance en l’État.
Les institutions juives espèrent ainsi instaurer un rapport de dépendance des masses populaires juives envers l’État français, et se posent en intermédiaires incontournables.
Alors quand les illusions institutionnelles volent en éclats de par leur échec annoncé, il ne reste que l’idéologie du repli pour espérer faire face à l’antisémitisme – là encore de façon totalement illusoire.
Les illusions institutionnelles et le « sionisme radical » sont au final deux aspects de la même réalité sociale : la mise en dépendance des masses populaires juives envers la bourgeoisie.
L’idéologie des institutions prétend encadrer les masses juives « par en haut » et est en plein effondrement, tandis que le « sionisme radical » prétend encadrer les masses juives « par en bas » et finira par exploser en vol.
Si elle ne se place pas du point de vue des couches populaires de la minorité juive, la critique (finalement très répandue) des institutions juives ne sait plus à quoi se rattacher, et tombe fatalement dans l’idéologie illusoire du repli : communautarisme, sionisme, racisme, alliance avec l’extrême-droite, etc.
Voilà pourquoi Hapoel met en avant le principe stratégique de l’autonomie populaire, de l’autonomie de classe.
Car l’antisémitisme explose, parallèlement à la crise capitaliste et avec l’appui de la bourgeoisie impérialiste ; et de ce fait, toute proposition stratégique qui ne comprend pas ce que sont le capitalisme et sa crise générale est nécessairement vouée à l’échec.
Face à la tendance historique à l’antisémitisme, les initiatives populaires contre l’antisémitisme ne doivent se soumettre ni aux institutions de l’État, ni aux institutions de la communauté, ni à l’idéologie populiste du repli.
Les initiatives contre l’antisémitisme doivent partir de la base en se constituant en groupes autonomes, puis s’unir et s’organiser. Elles doivent compter sur leurs propres forces, sur les forces et la créativité infinie des masses populaires.
Juif ! Juive !
Rejette le légitimisme et les illusions institutionnelles !
Rejette son jumeau, l’idéologie du repli « sioniste radical » !
Rejoins la bataille pour l’autonomie populaire, contre l’antisémitisme !
Shana Tova OuMetouka – שנה טובה ומתוקה

Entrée mercredi à 20h00, sortie vendredi à 19h56.
Une bonne et douce année 5771 !
Ce soir une nouvelle année pointe le bout de son nez !
En effet, nous célébrons dès ce soir Rosh HaShanah, littéralement la « tête de l’année », qui s’étend sur deux jours en « diaspora ». Nous entrerons donc dans la nouvelle année 5771 ce soir à 20h00 ; Rosh HaShana se terminera vendredi à 19h56, et on enchaînera immédiatement sur le Shabbat.
La coutume pour Rosh HaShanah est de consommer notamment des graines de grenade (qui seraient supposément au nombre de 613, comme les Mitzvot), ou des quartiers de pommes trempés dans le miel (à remplacer avantageusement par du sirop d’agave, de datte, voire d’érable), ou encore des poissons morts. Sur le plan religieux, l’office de ce soir est l’occasion de sonner le Shoffar, une corne arrachée à un bélier.
Hapoel tient aujourd’hui à souhaiter une très bonne fête à toutes les personnes juives – mais aussi non juives, notamment celles qui célèbrent la fin du Ramadan.
Malheureusement, comme l’a rappelé Hapoel, chaque année à venir semble systématiquement plus tendue que celle qui vient de passer : d’un côté la crise qui s’aggrave et la misère qui se généralise, de l’autre l’antisémitisme qui explose au quotidien.
On ne peut s’empêcher de penser aux lettres de menaces qu’ont reçues les synagogues de Drancy et Stains, accompagnées de cartouches d’armes à feu.
De même, impossible de passer sous silence l’agression au couteau de deux hommes par une dizaine de jeunes, ce vendredi dans le parc de Choisy dans le 13ème arrondissement de Paris… simplement parce que l’un d’eux portait une Magen David.
Rappelons donc pour cette période de fêtes les trop classiques précautions d’usage : ne pas aller et venir toutE seulE à la synagogue ; ne pas s’éterniser à la sortie après l’office ; prévenir de tout détail qui pourrait sembler suspect ; avoir l’esprit lucide et disponible, vigilant mais sans céder à la panique ; avoir l’esprit de responsabilité et d’initiative, etc.
Mais comme chaque année, il ne faut baisser ni la garde, ni les bras, et jurer fidélité à la vie !
Shanah Tova OuMetouka !
! שנה טובה ומתוקה
Une bonne et douce année !
La croyance en le mauvais œil, une exigence populaire de sincérité
Derrière toute superstition populaire, il y a une raison objective, une base matérielle. Et quand cette superstition est commune à toutes les cultures de la Méditerranée voire d’ailleurs, il est absurde de ne pas l’étudier.
C’est justement le cas du « mauvais œil », ou « ‘Ayin HaRa » en hébreu, ou encore « El Ayin » en arabe.
Le saviez-vous ?
Le mauvais œil consiste en un mauvais sort jeté par un simple regard envieux, parfois sans même s’en rendre compte. Ainsi, une personne peut faire vous faire des compliments, mais avec des arrières-pensées (avouées ou pas) de jalousie… et hop, elle vous a « jeté l’œil ».
Les enfants, les animaux, les moyens de transport sont particulièrement sensibles à l’Ayin, et il est donc traditionnel, après des éloges, de répondre par une invocation du type « D.ieu préserve » (les personnes musulmanes superstitieuses répondront elles « Mash’allah », « c’est ce que veut D.ieu »).
Une fois atteinte par le mauvais œil, une personne perd son dynamisme et son appétit, semble plus fatiguée, et peut cumuler les maladresses et autres poisses…
Les amulettes sont un moyen traditionnel de se protéger de l’œil. Le fil rouge au poignet gauche (trop souvent en laine animale) est ainsi censé éloigner le mauvais œil, mais il est spécifique aux personnes juives. Plus généralement, on pensera à la Khamsa (= « cinq » en arabe, pour les cinq doigts de la main), voire à une amulette en forme… d’œil justement, le plus souvent bleue.
D’ailleurs, les yeux peints sur les bateaux de l’Antiquité, qu’ils soient grecs, égyptiens ou phéniciens, montrent à quel point cette superstition est ancienne et répandue autour de la Méditerranée.
Il faut également savoir que le mauvais œil existe également chez les ashkénazes, qui pour contrer le mauvais œil s’exclameront « Keyn Ayn Ra »… avec l’accent yiddish évidemment.
En effet, la Torah elle-même parle de ‘Ayin HaRa, déjà à propos de Sarah qui était stérile et jalouse de sa servante Hagar, mais aussi à propos du roi Shaoul qui est jaloux du futur roi David. Le Talmud en parle également, et va jusqu’à préciser que les poissons sont insensibles au mauvais œil.
Voilà pour quelques éléments rapides à propos du mauvais œil.

Mais pourquoi cette superstition est-elle encore aujourd’hui si vivace ? Il faut en fait comprendre que quand on est « déboussolé » par ce qui est nouveau, on se fait happer par l’ancien, qui peut être très ancien…
C’est pourquoi la croyance au mauvais œil est encore très ancrée chez les masses populaires arabes de France, qu’elles soient juives ou musulmanes, qui sont souvent passées brutalement d’Afrique du Nord en France, des campagnes aux villes, de la féodalité à l’impérialisme.
Le mauvais œil est donc une trace culturelle de la féodalité, qui n’est sans doute pas près de disparaître, tellement la vie quotidienne dans le capitalisme peut être absurde, incompréhensible, et tellement nos relations humaines sont déformées par la concurrence… donc par la jalousie qui est justement la base du mauvais œil.
La persistance de cette superstition est encore plus flagrante chez les femmes. En effet, les femmes marquées par tout le poids du féodalisme interprètent les « coups du sort » comme des processus mystérieux, hors de leur portée, car elles subissent une énorme oppression supplémentaire : à tous les niveaux de leur vie, les hommes s’interposent entre les femmes et la pratique sociale, comme des ombres.
Pour finir, pourquoi est-ce que la croyance au mauvais œil reflète la vie des masses populaires ?
Tout simplement parce que cette peur reflète la situation d’oppression, de concurrence et d’isolement, qui est le sort des individus exilés dans les métropoles inhumaines du capitalisme. En réaction – évidemment irrationnelle – à cette situation, la lutte contre le mauvais oeil reflète un refus sans compromis de toute hypocrisie, jalousie et mesquinerie.
Le peuple n’en peut plus de la concurrence malsaine, le peuple exige la sincérité ! Seulement sans drapeau rouge, la lutte contre l’aliénation prend elle-même une forme aliénée !
Le fascisme, une invention française – Zeev Sternhell
« C’est aussi en France que l’on constate dans toute son ampleur ce phénomène-clef du fascisme : le passage de gauche à droite d’éléments socialement avancés, mais violemment opposés à l’ordre libéral. Car le fascisme est allé puiser tant dans la gauche que dans la droite et, parfois, dans certains pays, beaucoup plus dans la gauche que dans la droite.
Il ne s’agit point ici d’un phénomène spécifique à la France : le comportement du ministre travailliste Oswald Mosley, la pléiade de syndicalistes italiens autour de Mussolini ou l’accueil réservé au nazisme par Henri de Man recoupent les réactions des militants du Parti populaire français ou du Rassemblement national populaire.
Cependant, depuis les radicaux d’extrême gauche, au temps du boulangisme, jusqu’à Déat et Doriot et les milliers de militants socialistes et communistes qui gravitent autour d’eux, en passant par Sorel, Lagardelle et Hervé, nul autre pays que la France n’enregistre de revirements aussi nombreux et aussi spectaculaires. Nul autre parti ne perd en faveur d’un parti fasciste un tel nombre de membres de son bureau politique que le PCF.
Du boulangisme à la collaboration, la gauche française ne cesse d’alimenter les formations de droite et d’extrême droite, les mouvements préfascistes ou déjà pleinement fascistes.
C’est là une constante de la vie politique française ; c’est là un des éléments essentiels de l’explication de la genèse et de la nature du fascisme français.
Ce phénomène culmine, il importe d’y insister, bien avant la collaboration. [...] Au contraire, il constitue l’aboutissement logique et naturel d’une évolution politique et intellectuelle vieille déjà d’un demi-siècle.
Le fascisme français se présente ainsi comme un phénomène autonome, possédant ses propres racines et ne devant rien à l’étranger.
Si imitation il y a c’est de la part des Italiens, y compris Mussolini, venu chercher l’inspiration chez les syndicalistes révolutionnaires et les nationalistes français.
Le fascisme français, héritier direct de Barrès et de Drumont, de Sorel et de Janvion, de Berth et de Biétry, se distingue aussi par la richesse de ses variantes et de ses courants.
C’est en France, plus encore qu’en Italie, que le fascisme présente une diversité qui permet mieux qu’ailleurs d’en dégager un paradigme, un « type idéal ».
Il contient notamment, d’une manière quasi parfaite, les deux courants majeurs du fascisme : un fascisme mystique et romantique, et un fascisme « planiste » et technocratique.
Un fascisme qui est une révolte contre les bassesses de la vie bourgeoise, contre ses valeurs et son régime, et un fascisme qui découle en droite ligne d’une crise du socialisme, provenant elle-même de l’impuissance du marxisme à répondre au défi que présente la crise du capitalisme.
La littérature fasciste de l’entre-deux guerres – Drieu, Brasillach, Rebatet ou Céline – n’a que fort peu de choses à ajouter aux thèmes développés par Barrès, Le Bon, Drumont, Berth ou Sorel. Mis à part le motif ancien combattant et les références à Rome ou à Berlin, on croirait avoir sous lyeux une version modernisée du Testament d’un antisémite ou des Cahiers du Cercle Proudhon.
Comme le mouvement de révolte du tournant du siècle, comme le syndicalisme révolutionnaire, le fascisme puise son dynamisme dans son refus total de la société bourgeoise, de ses structures politiques et sociales, de ses valeurs morales.
Il se veut générateur d’une civilisation nouvelle qui remplacerait complètement la civilisation libérale et bourgeoise, rationaliste et individualiste.
Reprenant mot pour mot – probablement sans le savoir – les critiques que formulait déjà la génération de 1890, Marcel Déat remonte à la source du mal, telle que la percevaient déjà les hommes de la fin du siècle.
Il s’attaque au « libéralisme économique qui est un matérialisme bourgeois auquel fera pendant le matérialisme ouvrier du marxisme, tous deux incontestablement fils du rationalisme » ; il stigmatise ce rationalisme « bardé de fer et chargé de catastrophes » qui est un « refus de tout aristocratisme, négation de la hiérarchie, négation de la personne, négation de l’État en tant qu’outil de la communauté ».
C’est contre ce vieux monde des droits naturels, de l’individualisme, des menaces anarchiques, de la matière et de la raison que se lève le fascisme. »
Zeev Sternhell, « La droite révolutionnaire (Les origines françaises du fascisme, 1885 – 1914) »
Shabbat Shalom – שבת שלום

Dernier Shabbat de l’année.
Entrée vendredi à 20h11, sortie samedi à 21h16.
Allemagne, Belgique… Derrière l’antisémitisme se cache la finance européenne !
Pour Hapoel, l’antisémitisme ne tombe pas du ciel. Il est le produit de certaines classes sociales, qui diffusent leur idéologie à l’ensemble de la société.
À l’époque de la crise générale du capitalisme, l’antisémitisme moderne naît au sein des classes dominantes les plus modernes, et prend une forme qui correspond à cette modernité : pseudo-science, racialisme, ambiance hystérique allant avec la crise.
Or la classe dominante la plus moderne, c’est la bourgeoisie impérialiste, celle des immenses monopoles et du capital financier, celle qui absorbe le capital industriel grâce à la crise, celle qui se partage le monde et le plonge dans la guerre, celle qui en 1933 soutenait Hitler.
Justement, cette semaine ont eu lieu plusieurs manifestations d’antisémitisme dans les plus hautes sphères des États d’Europe de l’Ouest, et systématiquement… dans des milieux financiers !
1. En Allemagne, c’est Thilo Sarrazin, un très haut cadre de la banque fédérale (la Bundesbank), qui a publié ce lundi un livre particulièrement raciste.
Ce livre s’appelle « L’Allemagne se détruit » (Deutschland schafft sich ab), et rien que ce titre en dit très long sur la panique qui s’est emparée des classes dominantes confrontées à la crise générale du capitalisme.
Naturellement, ce livre profite d’une grande publicité dans les médias allemands, et cela fait deux semaines que Thilo Sarrazin fait campagne pour en assurer la promotion.
Ainsi, dimanche dernier il a donné une interview à l’édition du dimanche du journal Die Welt, une interview où il a pu expliquer sans très sérieusement que « tous les Juifs partagent un gène particulier, les Basques ont des gènes particuliers, qui diffèrent des autres ».
Si la situation se prêtait à faire de l’humour juif, on répondrait : mais pourquoi les Basques ?
Sauf que là, on a une expression ultra-moderne de l’antisémitisme, qui se traduit par une conception génétique et racialiste des êtres humains. Une conception au fond totalement irrationnelle, mais qui s’appuie sur une prétention pseudo-scientifique : cela est typique du fonctionnement de la bourgeoisie, et se retrouve également dans l’idéologie de la vivisection.
D’ailleurs ce lundi, Thilo Sarrazin a confirmé ses propos dans l’interview du dimanche, en s’appuyant soi-disant sur « deux études publiées dans des journaux », à savoir Nature et American Journal of Human Genetics. « C’est un fait », assène-t-il dans les médias.
Il faut comprendre la portée de cette affirmation racialiste.
En effet, les personnes juives d’Allemagne comme les personnes basques sont « européennes », et sont souvent impossibles à « repérer » facilement. Les juifs sont invisibles, certes, mais s’ils ont un gène commun, alors il y a tout de même un moyen scientifique de les ficher et de les traquer. C’est là que mènent les conceptions racialistes.
Parallèlement à cela, Thilo Sarrazin s’est également fait connaître par de nombreuses sorties racistes contre les personnes d’origine turque en Allemagne, expliquant qu’elles ne s’intégraient pas, qu’elles faisaient chuter le « niveau d’intelligence », qu’elles vivaient aux crochets de l’État, etc.
Là encore, les mêmes prétentions à une science ultra-moderne avec la notion de « l’intelligence moyenne », mais une pseudo-science qui ne cache que le racisme le plus irrationnel.
Mais qui est donc ce Thilo Sarrazin, qui met en garde contre une « déculturation de l’Allemagne » ? Est-ce un nationaliste d’extrême-droite ?
En réalité pas du tout, Thilo Sarrazin est un social-démocrate du SPD, l’équivalent allemand du PS français ! Une sorte de Georges Frêche, en somme.
Mais pas exactement non plus, car Georges Frêche n’est pas un haut cadre des institutions financières allemandes.
Thilo Sarrazin, lui, est est haut fonctionnaire de l’État fédéral allemand depuis 35 ans, et il est membre du directoire de la banque fédérale allemande depuis mai 2009. Auparavant il était le responsable des finances de la ville de Berlin depuis 2002, après avoir été secrétaire d’État aux finances du Land du Rheinland-Pfalz.
Bref, toute une carrière de social-démocrate au sein de l’État allemand, au service de la finance allemande.
Seulement voilà, les propos de Thilo Sarrazin passent très mal au sein de la banque fédérale allemande, pour une raison pas très difficile à comprendre : le directeur de la Bundesbank est en lice pour la succession de Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque Centrale Européenne en 2011.
Les propos racistes de Sarrazin sont donc pour l’instant inacceptables pour les institutions financières allemandes, qui en couple avec les financiers françaises, comptent dominer l’Europe entière.
C’est pourquoi le directoire de la Bundesbank a voté hier le limogeage de Thilo Sarrazin, ou plutôt la demande de limogeage, puisque seul le président de la république fédérale peut le démettre de ses fonctions.
2. Hier en Belgique, Karel De Gucht, un très haut fonctionnaire européen, est intervenu le matin à la radio flamande, en déclarant grosso modo… que le lobby juif tenait la politique américaine.
Voici une traduction de son intervention, inspirée de celle d’un blog d’information de tendance sioniste :
« Il ne faut pas sous-estimer par exemple le lobby juif à Capitol Hill, le parlement américain. C’est le groupe de pression le mieux organisé qui y existe. En d’autres termes, il ne faut pas sous-estimer l’emprise du lobby juif sur la politique américaine. Que ce soit dans le camp démocrate ou républicain, cela change vraiment peu.
Il ne faut pas non plus sous-estimer l’opinion – en dehors du lobby – du Juif moyen qui ne vit pas en Israël. Il y a en effet chez la plupart des Juifs une foi – je pourrais difficilement décrire cela autrement – qu’ils ont raison. Et la foi est quelque chose qu’on peut difficilement combattre avec des arguments rationnels. Cela ne dépend pas du fait si ces Juifs sont croyants ou pas. Même les Juifs laïques partagent la même croyance d’avoir effectivement raison. Il n’est donc pas facile, même avec un Juif modéré, d’avoir une discussion sur ce qui se passe au Moyen-Orient. C’est une question particulièrement émotionnelle. »
Quand on lit cela, on décèle un tempérament s’imaginant « raisonnable », « cartésien », ce qui lui donnerait le droit de dire « certaines vérités » sans devoir être soupçonné d’antisémitisme.
Pourtant, l’antisémitisme, on est en plein dedans avec ces déclarations. On a ici une vision antisémite de type complotiste, là encore irrationnelle, mais correspondant parfaitement à l’idéologie de l’antisémitisme moderne.
De plus, qu’est-ce qu’un « Juif modéré » ? Modéré par rapport à quoi ? Par rapport à la religion ? au sionisme ? ou au fait d’être juif ?
Là encore, qui est donc ce Karel de Gucht ? C’est un haut cadre de l’État belge, de la communauté flamande, et appartenant au parti libéral flamand VLD.
Depuis les années 2000, Karel de Gucht fait carrière dans un domaine clé de l’impérialisme belge : les affaires étrangères et la « coopération ».
Les affaires étrangères on comprend… mais qu’est-ce que la « coopération » ? Hapoel en avait déjà parlé à propos de Dov Zerah, le fulgurant président du Consistoire de Paris.
En vérité, la « coopération » c’est le maintien des semi-colonies (essentiellement ici la république « démocratique » du Congo) dans un état de dépendance envers les prétendues « aides au développement ».
La « coopération » consiste en l’organisation de l’exportation du capital financier, afin d’investir dans des productions qui répondent aux exigences de l’impérialisme.
Ainsi Karel de Gucht a été ministre des affaires étrangères de Belgique de juillet 2004 à juillet 2009, et a été en même temps vice-premier ministre pendant ses six derniers mois, ce qui montre bien le poids des « affaires étrangères » dans le capitalisme belge.
Karel de Gucht est d’ailleurs allé tellement loin dans les services rendus aux financiers et aux impérialistes… qu’aujourd’hui il est commissaire européen au « développement » et à « l’aide humanitaire » ! Des secteurs clés de l’impérialisme !
Karel de Gucht développe ainsi des conceptions antisémites, finalement assez classiques, et il est évident que cela a à voir avec le fait qu’on nage en plein dans les milieux de la bourgeoisie financière.
Karel de Gucht nage d’ailleurs tellement bien dans les milieux financiers, qu’il se retrouve accusé d’avoir revendu ses titres dans la banque belge Fortis… juste avant sa faillite avec la crise des subprimes ! Avec la crise, Karel de Gucht a donc trouvé l’occasion de s’enrichir…
Tout cela, nous sommes les seuls à être capables de le voir et de l’analyser.
Et l’Action Antifasciste est la seule structure à voir et analyser la tendance historique qui s’en dégage : la tendance à l’antisémitisme, distillé par la bourgeoisie financière, avec comme base de masse la petite-bourgeoisie broyée par la crise générale du capitalisme.
L’antisémitisme moderne naît en même temps que l’impérialisme, et au sein même de la bourgeoisie financière. Et il va de soi qu’avec la crise, les contradictions s’exacerbent, et l’irrationnel l’emporte sur toute la ligne.
L’antisémitisme se fera donc de plus en plus central dans les doctrines de l’impérialisme, et surtout se fera de moins en moins discret. Et cela, sans économie politique et sans démarche scientifique, on est incapable de le voir venir.
Ainsi les sionistes ne voient pas la bourgeoisie et donc prennent les manifestations d’antisémitisme comme des faits sans signification historique en particulier ; les sociaux-démocrates ne font que fantasmer la bourgeoisie financière, et tombent dans le nationalisme comme Thilo Sarrazin ; et la majorité de l’extrême-gauche s’imagine que la bourgeoisie ne connaît pas de contradictions internes, et est de toute façon incapable de voir l’antisémitisme.
Pour approfondir la question de l’économie politique, Hapoel avait produit un document relativement clair et accessible : L’ambassadeur iranien, les proto-nazis, l’impérialisme français.
La crise s’accélère, la bourgeoisie déraille littéralement dans l’antisémitisme, et il faut savoir à quoi s’attendre. Étudie et diffuse les analyses sur l’antisémitisme moderne et sa nature impérialiste.
Derrière l’antisémitisme et le fascisme se cache la bourgeoisie impérialiste !
La barbarie vient du « centre de la société » – PCMLM
Les actes de barbarie et les humiliations prennent leur source dans le capitalisme et se multiplient à l’époque de la crise générale
L’actualité offre de multiples occasions de s’apercevoir très concrètement de la logique mécanique de la bourgeoisie soulignée par Contre-Informations.
La bourgeoisie a un esprit segmentant qui constate simplement la répétition d’évènements sordides. Dans l’idéologie dominante du capitalisme, chaque cas de barbarie qui sort dans l’actualité existe en lui-même et leur répétition crée une dynamique réactionnaire favorable au « retour à l’ordre ».
Ce retour à l’ordre s’interprète dans un une logique sociale-démocrate (le mythe du « capitalisme à visage humain », de la « paix sociale » évitant les actes de barbarie) ou dans la logique terroriste et punitive du fascisme appuyant une dictature ouverte de la bourgeoisie via la police et l’armée. Et il est facile de voir que ces deux tendances se renforcent l’une l’autre et que les « débats » proposés par la « démocratie » bourgeoise se résument à un aller-retour entre ces deux pôles qui sont les deux aspects de la même dynamique réactionnaire.
Face à cet opportunisme des frères jumeaux social-démocrate et fasciste qui vise au final à pérenniser l’ordre horrible du capitalisme, la science MLM affirme que le capitalisme lui-même engendre inévitablement la barbarie dont témoignent les faits d’actualité.
Par exemple, deux jeunes femmes (16 et 27 ans) ont été placées en détention provisoire et trois autres adolescentes (14, 15 et 17 ans) mises sous contrôle judiciaire car elles sont soupçonnées d’avoir brutalisé une femme de 29 ans à son domicile à Saint-Quentin (Aisne).
Cette dernière a subi des tortures et d’ignobles sévices sexuels avec une volonté manifeste d’humiliation. Elle a ainsi été forcée d’ingurgiter un tampon usagé et ses agresseuses lui ont mis un balai WC dans la bouche. La victime a également été violée avec des objets.
Cette femme aurait subi ce déchaînement de barbarie pour être devenue la nouvelle petite amie de l’ancien compagnon de la tortionnaire la plus âgée.
Il est évident que ces humiliations ne sont pas déconnectées de l’enfer capitaliste. Les humiliations revêtent un caractère sexuel très prononcé qui porte la marque flagrante du patriarcat.
Ainsi, le viol avec objet renvoie à la négation de la sexualité des gays considérée comme « repoussante » par le patriarcat et constitue un signe de domination volontairement avilissant dans un rapport fasciste de « fort » à « faible » (voir cet article de Révolution).
Les humiliations recourant aux déjections (urine, excrément) ou, de manière encore plus flagrante, au sang menstruel, sont des composantes de l’idéologie patriarcale qui exacerbe la compétition individualiste avec la volonté de soumettre une personne dominée, rabaissée à un « rang » inférieur.
Ce genre d’humiliations fait donc partie prenante de l’idéologie dominante du capitalisme et sont même intégrées dans les institutions de l’Etat bourgeois comme rituel initiatique légitimant son acceptation dans un clan d’ « élite », selon une conception tribale qui peut ensuite se traduire par les copinages mafieux et les « services » rendus entre bourgeois.
C’est ainsi que les grandes écoles où se forment les « élites » bourgeoises possèdent très fréquemment des journées de bizutage, parfois rebaptisées WEI (week-end d’intégration), où l’obsession sexuelle joue un rôle fondamental. Il s’agit bien à chaque fois de ramener le « nouveau » à son statut « inférieur » et établir ainsi une hiérarchie verticale basée sur l’obéissance, comme dans le modèle fasciste.
On peut aussi penser à la mise à nu et au toucher rectal pratiqués abusivement en garde-à-vue pour traumatiser et tenter de briser la résistance à l’ordre inique du capitalisme.
Les actes de barbarie et les humiliations représentent donc une partie intrinsèque du capitalisme lui-même qui se multiplient avec la progression du fascisme concomitante de la crise générale.
Ainsi, le procès de Jean-Pierre Planqueel (32 ans), Franck Julien (39 ans), Arnaud Frapech (30 ans), Barbara Jean-Louis (28 ans) et Aurélie Piteux (24 ans) s’est ouvert lundi pour le meurtre barbare de William Modolo en 2006 à Saint-Cannat, à une vingtaine de kilomètres d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
William Modolo, un jeune homme de 21 ans, avait été tabassé pendant plusieurs jours, violé, brûlé à plusieurs endroits, subi l’arrachage de 15 dents avant d’être tué par lapidation (le gang des tortionnaires ayant voté pour son exécution).
William était un peu gros et considéré comme « trop gentil », c’est-à-dire « faible » selon la mentalité patriarcale où le fait d’écraser les autres et de se montrer cassant est valorisé car il faut survivre dans une optique social-darwiniste.
Cette barbarie naît au cœur du capitalisme et se révèle encore plus avec la montée du fascisme. Le capitalisme est tellement immonde dans son indifférence à l’humain qu’un membre de l’élite bourgeoise comme Eric Woerth se permet même de manipuler de justes émotions à son avantage en se déclarant lundi victime d’une « sorte de lapidation médiatique ».
Woerth sait pertinemment que le mot de « lapidation » est dans l’actualité en raison de l’ouverture du procès de William Modolo et du cas de Sakineh Mohammadi-Ashtiani. Son utilisation opportuniste de ce terme révèle toute l’indécence et l’indignité de la bourgeoisie complice de la barbarie capitaliste.
Les actes de barbarie et les humiliations sont les expressions du capitalisme qui ne cesseront qu’avec la victoire de la révolution socialiste.
De la révolution socialiste émergera une société sans compétition et cruautés, où l’amour est un sentiment vrai qui n’est pas l’objet de concurrence, une société d’humains libres de toute exploitation, « une communauté humaine universelle, formant une société d’artistes et de savants, qui vivent en harmonie avec la biosphère, célébrant la vie et se considérant comme les enfants du soleil ».
Une prof d’histoire suspendue car elle aurait trop enseigné la Shoah…
Catherine Pederzoli, 58 ans, est prof d’histoire dans un lycée public de Nancy. Du moins elle l’était, car elle va être suspendue de ses fonctions pour une durée de 4 mois.
Pourquoi ? Parce qu’elle aurait « trop » enseigné la Shoah.
C’est en tout cas ce que semble dire un rapport de juillet des inspecteurs de l’Éducation Nationale, qui pointe des « manquements aux obligations de réserve, de neutralité et de laïcité ».
En effet, Catherine Pederzoli organise depuis des années des voyages scolaires à Auschwitz-Birkenau. Et évidemment, un tel voyage se doit d’être correctement préparé si, une fois sur place, on veut comprendre quelque chose de manière rationnelle.
C’est entre autres cela que l’Éducation Nationale lui reproche : de « trop » préparer un voyage scolaire à Auschwitz.
Pourtant le rectorat de Metz-Nancy prétend que « l’Éducation Nationale est très attaché à la transmission de l’histoire et de la mémoire de la Shoah ». Alors pourquoi parle-t-il d’un « temps non négligeable de préparation étant consacré au projet » ?
D’ailleurs comment l’Éducation Nationale peut-elle prétendre cela, alors qu’en parallèle, le nombre d’élèves participant à ces voyages à Auschwitz-Birkenau avait été divisé par deux ?
Naturellement, l’Éducation Nationale compte bien noyer le contenu de cet « incident » en déballant tout son jargon administratif, et en évitant soigneusement de mentionner à quel point la question est politique.
Car, en plus du caractère politique de l’enseignement de ce qui touche au fascisme, il faut savoir que des élèves ont organisé une protestation quand le ministre de l’éducation s’est déplacé dans ce lycée en décembre dernier.
Une protestation apparemment trop bruyante, puisque les inspecteurs de l’Éducation Nationale accusent Catherine Pederzoli de l’avoir manipulée en sous-main…
C’est pourquoi ces inspecteurs reprochent à cette professeure dans leur rapport de juillet des « lavages de cerveaux » pour « instrumentaliser des élèves ».
Seulement voilà, cette « appréciation » prend une toute autre dimension quand on sait que… la prof en question est d’origine juive.
On retombe donc ici dans la réflexion antisémite comme quoi les juifs parleraient « trop » de la Shoah, et surtout en feraient des « lavages de cerveaux ».
Et puis surtout, que penser de cette expression de « lavages de cerveaux » dans une controverse autour de l’enseignement de la Shoah ?
On voit tout de suite où mène la pseudo-neutralité bourgeoise : au relativisme, à la minimisation, à « l’oubli » du développement de la propagande négationniste.
Car est-ce un « manquement à la neutralité » de dire que la Shoah n’a rien de neutre ? Est-ce un « manquement à la laïcité » de dire que des personnes juives ont été exterminées de manière systématique parce qu’elles étaient juives ?
Et est-ce que le contenu de plus en plus chauvin des programmes d’histoire est neutre ? Est-ce que les calomnies anticommunistes sont neutres ? Est-ce que le projet d’enseigner le « rôle positif de la colonisation » était neutre ?
Et surtout, quel rapport avec la laïcité ? Quel rapport avec un quelconque prosélytisme religieux ?
Dès que l’on mentionne que la Shoah a ciblé les personnes juives, tziganes, handicapées et homosexuelles de manière systématique, on touche à l’idéologie républicaine qui veut que rien ne dépasse, et on se voit accusé de « manquement à la laïcité »…
Tout cela montre bien une chose : qu’il n’y a aucune confiance à avoir en l’État, en l’Éducation Nationale, en l’idéologie républicaine. Tout ce que la bourgeoisie touche, elle le transforme et le dénature, voire le calomnie.
Et cela concerne également la mémoire de la Shoah, car sans une compréhension minimale du capitalisme et de ce qu’il charrie (antisémitisme moderne, abattoirs, social-darwinisme, fascisme, guerre), on ne peut malheureusement pas aller au-delà des généralités sur la compréhension de la Shoah.
En tout cas, ce n’est pas l’idéologie républicaine de l’Éducation Nationale qui ouvrira les yeux sur la tendance actuelle au fascisme, et sur l’utilité concrète de comprendre la Shoah aujourd’hui.










