Tisha BeAv – I will survive

Nous sommes aujourd’hui à la veille de Tisha BeAv, qui est la commémoration religieuse de nombreux deuils historiques.

Tisha BeAv, c’est-à-dire le 9 du mois de Av, est un jour de deuil et de lamentations, qui suit de 3 semaines le jeûne du 17 Tammuz. Ce jour est accompagné, chez les personnes religieuses, d’un jeûne de 25 heures comme à Kippour, qui débute donc ce soir à 21h45 et se termine demain à 22h34.

Traditionnellement, ce jeûne commémore les destructions du premier et second Temples de Jérusalem : d’abord par l’armée de Nabuchodonosor en 586 avant l’ère chrétienne, puis par les l’armée de Titus en l’an 70 de l’ère chrétienne. Il n’en reste aujourd’hui que le Mur des Lamentations, le Kotel HaMa’aravi.

Cependant, il existe toute une liste de catastrophes qui sont survenues un 9 Av aux différentes communautés juives dans le monde, qui va de l’époque de Moïse jusqu’aux persécutions du Moyen-Âge en Europe et même jusqu’à aujourd’hui.

En revanche, on raconte que le Melekh HaMashia’h naîtra un 9 Av, ce jour devenant donc un jour de réjouissance à la rédemption.

Qu’en est-il de la pratique des personnes religieuses ?

Dans la période du 17 Tammuz au 9 Av, il est interdit de se réjouir en célébrant des fêtes ou des mariages. Mais à Tisha BeAv, les restrictions sont plus sévères : interdit de s’embrasser, de manger, de boire, de se laver les mains, de respirer des épices, et même d’étudier la Torah puisque cela est censé être une réjouissance.

Pour l’aspect plus culturel et moins religieux de Tisha BeAv, il est amusant de constater que certaines communautés d’Afrique du Nord ont déformé au cours des siècles « Tisha BeAv » en judéo-arabe, pour donner des mots qui désignent les personnes trop sérieuses, voire sinistres…

À l’inverse, Hapoel est dans un état d’esprit différent, avec sans doute moins de « mortification » : Hapoel a juré fidélité à la vie.

Voilà pourquoi nous relayons aujourd’hui la vidéo suivante, une vidéo paradoxalement très émouvante sur laquelle on peut voir un grand-père australien, Adolek Kohn, qui danse avec ses petits-enfants sur l’air de « I will survive ».

Sauf que Adolek Kohn est un rescapé d’Auschwitz, et que la vidéo est précisément tournée dans divers endroits du camp !

Difficile de commenter cette initiative, car autant elle peut paraître choquante pour certainEs, même parmi les survivantEs, autant il s’agit justement d’un rescapé d’Auschwitz, et qui sommes-nous pour juger son vécu et sa façon de l’exprimer et de le vaincre ?

Bref, tout le contraire de l’esprit « passif » de Tisha BeAv, qui considère que les catastrophes s’enchaînent inévitablement, jusqu’à la rédemption finale.