Shavua Tov – שבוע טוב


Entrée vendredi à 21h14, sortie samedi à 22h26.
Naftali Botwin était un jeune communiste polonais d’origine juive. En 1925 il exécuta un informateur de la police, et fut condamné à mort dans un procès sommaire. Son nom sera plus tard honoré par les Brigades Internationales en Espagne.
Le saviez-vous ?
Naftali Botwin est né dans une famille juive très pauvre de Lvov en 1907 – et non en 1905 comme l’indiquaient ses papiers officiels. Lvov est une ville polonaise proche de l’Ukraine, et sera occupée par l’Ukraine à partir de 1918.
Naftali Botwin était le 8ème enfant de la famille, est devenu très tôt orphelin de père, avait une santé assez fragile, et a reçu une instruction scolaire très courte. Il a commencé à travailler très jeune, et enchaînait les petits boulots.
Par sa condition de jeune ouvrier pauvre, il se politise très tôt et très à gauche. Ainsi en 1921 à l’âge de 13 ou 14 ans, Botwin rejoint un syndicat. Puis en 1922 le mouvement Tsukunft (« avenir »), le mouvement de jeunesse du Bund.
En 1923, il entre dans l’Union de la Jeunesse Communiste de Pologne, rompant donc avec le bundisme. Et enfin en 1925, il devient membre du Parti Communiste de Pologne et d’Ukraine occidentale.
Naftali Botwin est chargé par le Parti Communiste d’exécuter Józefa Cechnowski, un ancien communiste qui a retourné sa veste et a trahi en devenant informateur de la police.
Le 28 juillet 1925, c’est-à-dire il y a 85 ans presque jour pour jour, Naftali Botwin applique la justice prolétaire.
Seulement voilà, il est rattrapé par la police, et se fait arrêter. Son procès sera sommaire et sans pitié, et la cour refusera un procès régulier.
Au procès, Botwin défendu par l’avocat Maurice Aksner. En revanche aucune organisation juive ne s’impliquera dans sa défense, parce que la bourgeoisie légaliste et légitimiste juive ne s’intéresse pas aux ouvriers juifs, et encore moins aux ouvriers communistes.
Face au juge, Naftali Botwin défend l’honneur du Parti Communiste. Il déclare également qu’il regrette d’avoir tué un être humain, mais qu’il ne regrette pas du tout d’avoir exécuté une balance.
Finalement, le verdict tombe le 7 août 1925 : Naftali Botwin est condamné à mort. Le soir juste avant son exécution, on apprend également que la grâce présidentielle est rejetée.
Ce 7 août, Botwin est conduit à la prison de Lvov à 11h. Dans sa cellule, on lui envoie un rabbin, mais Botwin refuse. Puis le soir à 23h, il est conduit au poteau d’exécution, où il doit être fusillé.
L’attitude de Naftali Botwin face aux assassins est exemplaire et héroïque. Face au peloton d’exécution, il refuse d’avoir les yeux bandés, et entonne des chants communistes. Quand la sentence est lue, il s’écrie : « À bas la bourgeoisie ! Vive la révolution sociale ! », puis les tirs des fusils résonnent.
Naftali Botwin, en tant qu’exécuteur de la justice populaire et martyr de la répression, est l’honneur du mouvement communiste de Pologne.
Il lui sera d’ailleurs rendu un hommage en 1937, quand une compagnie des Brigades Internationales sera renommée Compagnie Naftali Botwin.
En effet en 1936, la République espagnole subit un soulèvement conduit par le général Franco, et soutenu par l’Italie de Mussolini et l’Allemagne de Hitler.
Aussitôt sont créées des brigades de volontaires venant du monde entier – du Canada à la Palestine, mais principalement d’Europe – pour défendre la République espagnole, sous la direction de l’Internationale Communiste : ce seront les Brigades Internationales.
En octobre 1936, des cercles communistes juifs de Paris proposent, sous l’impulsion d’Albert Nahumi (Arieh Weitz), de former une unité de combattants d’origine principalement juive.
L’idée mettra du temps à se concrétiser, mais le 12 décembre 1937 est établie la Compagnie Naftali Botwin, composée de 150 personnes juives de Pologne, de France, et même de Palestine.
Celle-ci dépendra du Bataillon Dombrowski composé essentiellement de personnes polonaises et russes, et dont les dirigeants étaient bien souvent des hauts cadres de l’Armée Rouge de Staline.
Il y sera parlé yiddish, et d’ailleurs le drapeau de la Compagnie Botwin sera marqué de la devise du Bataillon Dombrowski, « Pour votre liberté et la nôtre », en polonais et en yiddish.
Il faut savoir que sur environ 40000 combattants qui sont passés par les Brigades Internationales, presque 8000 étaient d’origine juive. Les survivants s’engageront pour la plupart également dans la résistance au nazisme.
La mentalité féodale a une grande importance pour empêcher que se posent les questions démocratiques dans la minorité nationale juive.
Mais cette mentalité féodale n’est qu’un des deux aspects de la contradiction entre villes et campagnes, qui traverse historiquement, socialement et culturellement la plupart des minorités juives.
7. La culture urbaine aliénée et la nature
Les minorités juives sont structurées culturellement entre autres par la contradiction entre les villes et les campagnes, et il faut bien dire qu’il existe tout un pan de la culture juive qui est franchement abstrait, urbain, dénaturé.
Que ce soit à Vilna en Lituanie, à Vienne ou Budapest en Autriche-Hongrie, ou bien à New York aux États-Unis, la nature est historiquement totalement absente de la vie quotidienne d’une grande partie des personnes juives. Et quand elle est représentée, elle relève plutôt du fantasme comme chez les sionistes.
Cet éloignement de la nature pose un problème culturel de taille, notamment celui du rapport au corps humain. Le corps n’est pas appréhendé dans toute sa densité, la matière est escamotée au profit de l’intellect pur. Il est donc inévitable que le corps des animaux soit également abstrait, et par conséquent leur dignité aussi.
Il suffit de penser aux religieux végétariens aux États-Unis : leur culture est très largement juridique, et quand toutefois ils abordent plus concrètement la souffrance des animaux, on constate que les animaux n’existent à leurs yeux que par leurs souffrances, et non comme des êtres vivants « complets », avec leurs propres sensations et sentiments.
Dans ces conditions, la culture urbaine aliénée d’une partie des masses juives fait que la question animale ne se pose pas spontanément, et qu’en fait beaucoup d’autres questions morales ne se posent pas.
De plus, à cette question culturelle ancienne et profonde, se rajoute la situation concrète en France.
Pour des raisons historiques liées à l’immigration – que ce soit d’Europe de l’Est ou bien d’Afrique du Nord – la minorité juive de France est urbaine dans son écrasante majorité. Et les masses populaires juives, elles, sont concentrées dans certains quartiers des grandes villes et de leurs banlieues : cela est flagrant à Paris.
Dans ces conditions il n’y a pas de place pour les animaux et la nature, qui sont tout simplement inexistants. Pourtant cette réalité peut se retourner en son contraire.
En effet on peut penser à la situation en Israel : c’est un pays petit et récent, où même les campagnes sont modelées par rapport au développement urbain, et justement un grand mouvement pour les animaux s’y est développé, ancré assez à gauche.
Quand on y réfléchit un peu, ce n’est absolument pas étonnant : il faut bien voir le rôle de l’industrialisation fulgurante dans la naissance des luttes pour la planète. Car là où il y a dévastation et oppression, il y a compassion et résistance.
Il n’est pas impossible que, quand la question des animaux et de la planète se posera plus massivement en France, celle-ci aura d’autant plus de pertinence parmi la minorité juive de France,
8. Les animaux et le nihilisme moral du sionisme
Le sionisme est une pure expression idéologique de la contradiction entre les villes et les campagnes au sein des minorités juives.
Mais la manière dont le sionisme appréhende la nature – ou plus précisément la « terre » – est on ne peut plus urbaine. Et d’ailleurs, quoi de plus abstrait et artificiel que de prôner la fuite vers un pays étranger lui-même artificiel ?
La morale du sionisme est entièrement orientée vers la figure fantasmée de « l’Hébreu nouveau », en opposition aux minorités juives telles qu’elles existent en « diaspora ». Pour la morale sioniste, rien d’autre n’a de valeur.
Dans ce mythe de « l’Hébreu nouveau », la nature n’a donc aucune valeur en soi, et les animaux encore moins.
La nature ne prend une importance que sous deux formes. Soit en tant que « décor » psychologique pour la renaissance d’une mythique nation juive, qui en Europe ne disposait pas de paysages nationaux. Soit en tant que « terre » à travailler pour se réaliser nationalement et renouer avec son corps.
Bref, le rapport du sionisme à la nature est une grotesque caricature de romantisme national, qui s’invente des paysages et un ancrage historique.
Au-delà de l’idéologie sioniste elle-même, il faut bien voir que la morale du sionisme est finalement une morale nihiliste, où rien n’a de valeur à part l’engagement militaire nationaliste. Et plus on va vers l’extrême-droite, plus cela empire.
Que penser, par exemple, de juifs qui envisagent sans problème de soutenir un apéro à base de saucisson-pinard, c’est-à-dire qui acceptent le meurtre de cochons sans but autre que raciste ?
Que penser également de juifs qui, quand on leur parle d’interdire la fourrure en Israel, répondent en parlant du Streimel ?
Là on n’est plus du tout dans la mentalité féodale, mais bien dans la mentalité capitaliste la plus cynique, nihiliste et décadente. La « morale » du sionisme est en contradiction brutale avec la compassion envers les animaux.
Et d’ailleurs, ce n’est qu’après avoir tutoyé l’anéantissement que, parmi les personnes juives aux États-Unis, a pu se poser concrètement la question de la compassion avec les animaux.
Car comment supporter moralement les baraquements à la Auschwitz dans l’industrie de la fourrure ? Comment supporter en Ukraine les camionnettes où sont gazés les chiens errants en même temps qu’ils sont acheminés vers des fours crématoires, en vue de l’Euro 2012 ?
Autant de questions auxquelles le sionisme n’a pas de réponses, tout simplement parce que les animaux n’intéressent pas les nihilistes.
Juif ! Juive !
Pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka !
Fais le choix de la compassion, deviens vegan !
Hier nous avons vu rapidement quel était, dans la minorité juive, le poids de l’idéologie religieuse dans le rapport aux animaux et à la planète.
Mais on ne peut pas réduire la « mentalité religieuse » à simplement une idéologie, à une « loi » éternelle et abstraite telle qu’elle est comprise et mise en avant en avant par les rabbins eux-mêmes. La culture et l’idéologie ne flottent pas abstraitement au-dessus des rapports sociaux au sein de la minorité nationale juive.
Il faut donc, dans un premier temps, voir aussi ce qu’est concrètement l’encadrement culturel-religieux aujourd’hui en France, pas seulement « sur le papier », et comment il est incapable de se remettre en cause par rapport aux conditions de vie et de mort des animaux.
4. Qu’est-ce que le traditionnalisme ?
L’une des principales composantes de ce qu’Hapoel appelle la « mentalité féodale », c’est le traditionnalisme.
Le traditionnalisme ne se confond pas avec la démarche religieuse. Il correspond plutôt à la manière dont s’emparent les masses populaires juives des rituels religieux – des rituels essentiellement, et non de la religion comme idéologie cohérente.
Au grand dam des religieux les plus juridiques et formalistes, les masses populaires piochent comme elles l’entendent dans la pratique religieuse, selon leurs « petits arrangements » quotidiens avec la foi… et le plus souvent sans aucune cohérence apparente !
Ainsi une personne tunisienne peut respecter le Shabbat sans respecter la Kashrut, une personne marocaine peut respecter la Kashrut sans respecter le Shabbat… ou toute autre combinaison imaginable uniquement par le prolétariat « schizo-métropolitain ».
En fait le traditionnalisme n’est pas exactement de nature féodale, mais plutôt de nature « néo-féodale ».
C’est-à-dire qu’il correspond à la culture issue du contact entre d’une part les structures sociales des pays semi-féodaux d’Afrique du Nord, et d’autre part la vie en exil dans les grandes métropoles de l’impérialisme français.
La question du traditionnalisme est d’une importance extrême dans nos vies quotidiennes, elle est l’un des piliers de la psychologie de masse de la minorité juive, sans doute bien plus que la religion à proprement parler !
Le traditionnalisme est justement le pilier culturel qui empêche de poser les questions démocratiques au sein de notre minorité nationale : l’oppression et l’isolement de type féodal des femmes, l’enfermement dans le communautarisme, et enfin le rapport aux animaux et à la planète.
À ce titre, la culture néo-féodale du traditionnalisme est l’une des clés pour comprendre l’arriération par rapport à la question animale.
5. Le poids social et culturel des boucheries kasher
C’est peu dire que les bouchers voient d’un mauvais œil la question de la libération animale.
Hapoel a déjà parlé d’un point de vue matérialiste-historique des boucheries kasher au moment de l’exil d’Afrique du Nord.
Il était expliqué que dans les années 1960, les rapports sociaux d’Afrique du Nord ont en quelque sorte été « transplantés » en France, et que la petite-bourgeoisie commerçante des boucheries a conservé un certain degré de domination sociale.
Mais pour se maintenir dans cette situation nouvelle face au Consistoire et à ses règles plus strictes pour la Kashrut et la Sh’hita, la petite-bourgeoisie des boucheries a mené une « fronde » anti-consistoriale en mobilisant les masses populaires juives de banlieue.
Sur quelles bases ? Sur la base de la contradiction ashkénaze – séfarade, de la contradiction Paris – banlieue… et de la culture traditionnaliste !
La question de la Kashrut dans les années 1960 – 1980 est donc l’une des sources historiques du traditionnalisme tel qu’on le connaît aujourd’hui dans nos familles.
La mentalité féodale ou néo-féodale d’aujoud’hui est donc dès le départ conforme aux intérêts économiques des bouchers kasher, qui s’appuient sur le traditionnalisme.
Tout cela suinte dans la mentalité des bouchers kasher, qui est une mentalité de petits commerçants imbus d’eux-mêmes, comme s’ils étaient absolument indispensables dans la communauté, et comme si leur simple existence était presque une Mitzvah ou une Tovah (« faveur ») en soi…
Il est impossible de faire avancer la question animale dans la minorité juive sans se confronter au poids social et culturel des boucheries kasher, car les boucheries constituent le dernier maillon entre l’industrie du meurtre et les assiettes de la minorité juive pratiquante.
C’est le maillon le plus concret et le plus quotidien de l’industrie du meurtre, et il est sans doute possible de le faire sauter en dénonçant le rapport qu’entretiennent les bouchers avec les clients et surtout les clientes.
D’une part ce rapport est un rapport malsain et hypocrite basé sur des calculs économiques qui sont la porte ouverte à toutes les arnaques, arnaques qui sont le plus souvent étouffées.
D’autre part ce rapport est déterminé par la position centrale et centralisatrice de la petite-bourgeoisie commerçante, qui tente, avec des sourires qui sonnent faux, de maintenir les masses populaires juives dans un rapport de dépendance économique.
Les bouchers assassinent les animaux, et asservissent les familles prolétaires juives – et encore plus les femmes. C’est de cette réalité qu’il faut partir pour faire progresser le véganisme parallèlement à l’autonomie de classe.
6. L’industrie de la viande kasher et le Consistoire
Les boucheries kasher sont certes le dernier maillon avant les assiettes des familles juives pratiquantes… mais derrière il y a l’industrie de la viande kasher.
Aujourd’hui en France, le marché de la viande kasher est partagé essentiellement entre une poignée de monopoles, comme André Krief et Emsalem Viandes pour la « production » de cadavres, Naouri et encore Emsalem pour la distribution (hors grande distribution), etc.
Qui décide de ce qui est kasher ou pas ? Ce sont le grand rabbinat et le Consistoire central qui supervisent l’attribution de certificats de Kashrut.
Or comment fonctionne économiquement le Consistoire ? Principalement avec l’argent de la taxe sur la viande kasher, justement !
On voit donc bien que c’est la porte ouverte à toutes les combines capitalistes, entre les monopoles de l’industrie du meurtre et les autorités religieuses… et tout cela avec la « transparence » légendaire qui caractérise le Consistoire…
Le mécanisme n’est pas difficile à comprendre : les monopoles de la viande kasher, comme n’importent quels capitalistes, recherchent le taux de profit maximal. Ils sont donc prêts à contourner les lois de la Kashrut pour des raisons économiques, pourvu que ces pratiques se noient dans le sang des abattoirs.
Ainsi l’année dernière on avait assisté au scandale des merguez à la cochenille, et il y a moins de trois mois, on a découvert des boyaux d’agneau non kasher dans les merguez de la marque André Krief.
Pourtant tout est censé être vérifié de bout en bout par la Rabbanout, alors comment expliquer ce genre de scandales ?
Là encore, ce n’est pas compliqué : logiquement, il y a des gens parmi les autorités religieuses qui ferment les yeux sur les pratiques quasi maffieuses des monopoles de la viande kasher.
Ainsi les monopoles de la viande kasher arnaquent, et le Consistoire les couvre, puisque la taxe sur la Kashrut est sa principale source de revenus. L’industrie du meurtre kasher tient donc une véritable place de « lobby » au sein des institutions bourgeoises de la communauté.
De plus, avec le progrès technologique global, il existe de plus en plus de problématiques « juridiques » autour de la Kashrut, et donc automatiquement autant de nouveaux marchés potentiels pour l’industrie de la Kashrut.
Ainsi, les capitalistes en profitent et jouent sur le ressort de la religion, ou bien celui du traditionnalisme pour avoir des débouchés plus larges et plus étendus, et cela main dans la main avec les autorités religieuses et l’encadrement petit-bourgeois traditionnaliste.
Autrement dit, aussi paradoxal que cela puisse paraître, les capitalistes profitent de la mentalité féodale et néo-féodale.
Très concrètement, si la question de la libération animale se pose de manière massive dans la minorité juive – et elle ne manquera pas de se poser – alors la réaction du Consistoire n’est pas difficile à prévoir : les institutions juives bourgeoises ne resteront pas sans rien faire.
Évidemment, tout cela est justifié après coup par les décisionnaires religieux, dont la « morale » s’effondre en même temps que le système capitaliste. Ainsi certains rabbins affirment que le colorant E120 ou la gélatine sont kasher, car ils ont été suffisamment transformés industriellement…
Au-delà de la Kashrut en soi, au-delà des immenses risques sanitaires que fait courir l’industrie de la viande, tout cela révèle un profond mépris pour la partie des masses populaires juives qui croit en D.ieu, et qui est suffisamment exigente et créative pour respecter la Kashrut.
Les rabbins dealent avec les capitalistes sur le dos des masses populaires juives : voilà la réalité sur laquelle on doit se baser pour liquider le légitimisme envers les autorités religieuses et la dépendance envers l’industrie du meurtre.
À suivre.
Le camp de la libération animale doit mener une bataille culturelle pour s’imposer, et cette bataille doit trouver des angles d’attaque précis et concrets.
Voilà pourquoi Hapoel analyse la « psychologie de masse » de la minorité juive, montre les appuis culturels à l’exploitation animale, ainsi que les contradictions culturelles sur lesquelles le camp de la libération animale peut s’appuyer.
Dans un premier temps, passons rapidement en revue l’idéologie religieuse et son rapport aux animaux.
1. Le monothéisme et la nature
Le judaïsme est la plus ancienne des religions monothéistes. Dans les religions monothéistes, D.ieu est conçu comme une entité masculine toute-puissante (« Adonai Eloheinou ») et unique (« Adonai E’had »), qui met la nature à disposition de l’humanité.
Le monothéisme accompagne donc le mouvement historique de l’humanité qui apprend à dominer la nature – en même temps que les femmes et les enfants – et qui dans ce mouvement se dénature.
Jusqu’à aujourd’hui, toute l’idéologie selon laquelle la vie humaine est de valeur supérieure aux autres formes de vie est en définitive un produit de l’idéologie religieuse monothéiste – que ce soit dans le judaïsme, le christianisme ou l’islam.
Car du point de vue de la vie sur la planète, l’humanité est une espèce animale parmi d’autres, et lui accorder une valeur particulière suppose l’existence d’un juge tout-puissant qui décide que les hommes doivent dominer la nature.
2. Le judaïsme et la compassion avec les animaux
La religion juive et la culture juive sont historiquement traversées par des courants contradictoires, dont essentiellement un courant réactionnaire et très juridique, et un courant populaire et plus mystique.
Dans la compréhension juridique de la religion, la compassion n’a pas toute sa place en tant que telle, puisque la question des interdits alimentaires prend le pas sur la vie des animaux.
Ainsi il est courant d’entendre que de nombreux préceptes de la Torah et du Talmud vont dans le sens de la compassion, et que du point de vue de la religion il est interdit d’infliger des souffrances inutiles aux animaux – c’est ce qu’on appelle Tzaar Baalei ‘Haim.
Par exemple les multiples règles de l’abattage rituel seraient faites pour éviter les souffrances. Mais au bout du compte, ces règles ne changent rien du point de vue des animaux, qui finissent tout de même à l’abattoir…
Alors que pensent les religieux du refus de l’exploitation animale ? Certains religieux – et pas les pires – veulent bien accepter le végétarisme, mais stipulent explicitement qu’il ne doit surtout pas être motivé par la compassion, qui est alors considérée comme une hérésie.
Mais, comme toutes les religions, la foi religieuse chez les masses populaires juives a un caractère contradictoire, car le peuple n’est jamais passif dans sa longue marche vers la libération : il arrive donc que la religion reflète certaines valeurs populaires.
Dans la culture religieuse juive, cela s’exprime dans le mysticisme et dans le messianisme, qui se prolonge dans l’idée « progressiste » du Tikkun ‘Olam.
Par exemple la mise en avant des sept lois noahides, parmi lesquelles une loi concerne les animaux, est relativement récente et correspond au développement du mouvement Loubavitch. De même, le Tzaar Baalei ‘Haim peut également être compris dans ce sens de Tikkun ‘Olam.
Mais dans tous les cas, compassion ou pas, la vie des animaux ne se voit pas attribuer une valeur en soi : les animaux sont toujours considérés comme une propriété de l’espèce humaine, et non comme vivant pour eux-mêmes.
Sans comprendre que c’est là l’aspect principal, on accorde une valeur positive à la religion, qui en réalité nie systématiquement que les animaux n’existent pas par rapport aux humains.
Nous sommes en France en 2010, et devant l’ampleur et l’intensité de l’industrie du meurtre, prétendre refuser les « souffrances inutiles » en mangeant kasher n’est qu’une hypocrisie de plus.
Vouloir « réparer le monde » et accélérer l’avènement du « monde à venir », tout cela ne peut plus passer par la religion. Il faut du concret, il faut le véganisme.
3. Le poids de la pensée juridique
La mentalité religieuse juridique prend une place énorme dans la culture juive, populaire ou pas. De nombreux aspects sont incompréhensibles sans cette culture juridique, et voilà pourquoi nous insistons là-dessus.
Dans la Torah, la religion juive pose des règles sur ce qui est licite et ce qui ne l’est pas. Ce travail juridique est repris et poursuivi par toute la tradition rabbinique, du Talmud à toute la Halakhah actuelle.
Aujourd’hui l’industrie agroalimentaire est tellement gigantesque et lance tellement de nouveaux produits et procédés industriels dans sa recherche de profits, que la question se pose de savoir si tout cela est kasher ou non.
Les décisionnaires religieux sont donc confrontés à de nombreuses questions de ce type de la part de leurs fidèles, c’est-à-dire des questions relevant somme toute de la vie quotidienne, et leurs réponses sont débattues et redébattues sans fin par tout l’encadrement rabbinique.
Ainsi dans la mentalité féodale-juridique, il n’y a pas la place pour les animaux dans ce qu’ils ont de concret, il n’y a la place que pour « ceci tu as la droit, cela tu n’as pas le droit ».
Comme dit précédemment, la question de la compassion en tant que valeur est occultée par la mentalité féodale-juridique, qui résume tout cela à une question seulement alimentaire, encadrée par des interdits (portant sur quels animaux sont autorisés, sur l’élevage de ces animaux, sur leur abattage).
Mais paradoxalement, et bien que le véganisme soit une question morale et non juridique, cette mentalité juridique peut se retourner en une base d’appui pour le véganisme.
En effet chez les juifs, les « interdits » alimentaires ne choquent pas, ils ne remettent pas en question toute une culture « gastronomique » du saucisson-pinard comme en France. Cela est aussi valable pour les personnes de culture musulmane.
Au sein des masses populaires juives, les « interdits » alimentaires et les règles éthiques sont immédiatement compris, ne sont pas disqualifiés en tant que tels, et peuvent même être estimés, respectés.
À suivre.
Hapoel a des valeurs, Hapoel a une morale, Hapoel affirme qu’il faut faire des choix cohérents avec l’idée que l’on se fait du monde à venir.
Or Hapoel considère que le monde à venir est inimaginable sans un rapport différent aux animaux et à la planète, un rapport nouveau, qui aurait comme contenu la compassion, la bienveillance et la responsabilité.
Hapoel met donc en avant la valeur de compassion avec les animaux, et fait connaître la pratique quotidienne qui lui correspond : le refus de toute exploitation animale, le véganisme.
Mais pour les personnes juives qui aiment les animaux et qui seraient intéressées par l’idée de libération animale, il faut avoir conscience d’une réalité : le véganisme ne s’imposera pas tout seul.
Le véganisme n’est pas une « bonne idée », qui finira par convaincre les gens quand ils auront « ouvert les yeux ». S’imaginer cela, c’est la porte ouverte au découragement et aux désillusions.
La question de la libération animale est une question naissante, qui se construit donc dans la confrontation contre la morale ancienne et toutes ses variétés.
Cette morale ancienne correspond à l’idéologie et à la culture dominantes, qui sont celles d’un monde d’exploitation animale et de dévastation de la planète. Et ce monde n’a certainement pas l’intention de se remettre en cause et d’arrêter l’écocide.
Sans compter qu’aujourd’hui, les valeurs anciennes ne se contentent plus d’être « classiquement » réactionnaires : la « morale » ancienne s’effondre parallèlement à la crise capitaliste, et son cadavre en décomposition nourrit la barbarie de notre époque.
Les personnes intéressées par le véganisme sont des personnes qui ont choisi une démarche positive. Mais dans ce monde d’exploitation et d’oppression, les personnes qui ont une démarche positive se font éclabousser par l’idéologie et la culture dominantes, et parfois se laissent noyer sans rien ne voir venir.
Il n’y a donc malheureusement pas de place pour l’illusion comme quoi « les bonnes idées s’imposent toutes seules »… Et pour se réaliser en un puissant mouvement de masse, la bataille pour la libération animale doit se porter sur le plan culturel.
La question de la libération animale est une question nouvelle, moderne, radicale. Et par conséquent, la culture du monde à venir ne peut pas se développer et vaincre en faisant des compromis avec la culture de l’ancien monde.
Voilà pourquoi Hapoel dresse [ces prochains jours] une petite liste – ni exhaustive, ni très détaillée – des écueils culturels que peuvent rencontrer les personnes juives qui choisissent de devenir véganes.
Des écueils culturels qu’il faut apprendre à affronter en décortiquant leurs contradictions, pour ne pas se laisser engloutir par l’ancien monde.
Évidemment il ne s’agit surtout pas de faire l’impasse sur la culture de la société française en général, qui est véritablement catastophique dans son rapport aux animaux et à la planète (1 – 2 – 3).
Mais cette liste ne concerne que la « psychologie de masse » de la minorité juive, car Hapoel a le souci d’être concret et précis dans la véritable « guerre de positions » que doit mener le camp de la libération animale.
Ce document de travail donne des pistes pour comprendre quels sont les appuis culturels de l’exploitation animale, mais aussi en partie ce qu’est la « mentalité féodale » dont il est parlé dans le document Le racisme déforme ta vie.
Juif ! Juive !
Pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka !
Fais le choix de la compassion, deviens vegan !
À suivre.

Entrée vendredi à 21h23, sortie samedi à 22h38.
Encore une découverte révoltante, ce jeudi matin peu avant 6 heures. Désormais il ne se passe plus un jour sans acte raciste ou antisémite.
Ainsi à Melun (77) dans le quartier de Montaigu, le mur de la synagogue ‘Etz ‘Haïm a été presque entièrement recouvert de tags nazis.
Pour se faire une idée, la synagogue est cernée par un long mur d’enceinte, sauf autour d’un des murs de la synagogue. Le mur d’enceinte fait 70 mètres de long.
Eh bien c’est tout ce mur d’enceinte et tout le mur de la synagogue « à découvert » qui ont été presque entièrement souillés de croix gammées et d’inscriptions nazies, comme « Mord au juif du monde » (sic), « Hitler reviens », « SIDA dehors », « C’est les youpins putain », etc.
Les inscriptions faisaient jusqu’à 70 cm de hauteur, et on apprend également qu’une inscription nazie viserait le peuple palestinien.
C’est la première fois que la communauté de Melun est confrontée à de tels actes antisémites.
On peut difficilement imaginer le traumatisme quand on apprend que des nazis traînent dans sa ville et attaquent directement la minorité juive – aujourd’hui sa dignité, demain sa sécurité.
Seulement cela est conforme à notre époque, où explosent le racisme et l’antisémitisme.
Le développement de l’antisémitisme est très prévisible, et il faut dès aujourd’hui se donner les moyens d’affronter une situation qui deviendra de plus en plus tendue.
L’État français ne peut pas et ne veut pas assurer notre sécurité !
Pour une autodéfense juive à la base !
Pour des groupes autonomes d’autodéfense juive !
Révoltante découverte, ce mardi à Wolfisheim.
En effet dans ce village du Bas-Rhin (67), juste à l’ouest de Strasbourg, des individus se sont introduits dans le cimetière juif, et ont profané de nombreuses tombes, tout à fait au fond du cimetière.
Ainsi ont-ils renversé les stèles de 27 tombes, parmi les plus anciennes. Certaines stèles se sont cassées, vraisemblablement dans leur chute. En revanche, aucun tag, aucune revendication de cet acte abject.
La presse locale rapporte même que dans certaines des tombes profanées reposaient des enfants…
Cela est d’autant plus révoltant que ce mardi, on célébrait la fête de Tisha BeAv, une fête religieuse de deuil.
C’est d’ailleurs à cette occasion qu’a été découverte la profanation, puisqu’une femme juive est allée se recueillir ce jour là dans ce cimetière.
Celle-ci a alerté aussitôt un responsable, qui a cependant tardé à prévenir la gendarmerie ; c’est pourquoi la macabre nouvelle a été rendue publique seulement hier.
On ne sait donc pas exactement quand cette profanation a été perpétrée. Vraisemblablement entre dimanche et la nuit de mardi… et très certainement comme une provocation antisémite pour Tisha BeAv.
Ce qu’il faut noter, c’est que le mode opératoire de cette profanation, bien que très classique, est le même que celui utilisé dans la profanation d’un carré musulman au nord de Strasbourg, il y a seulement trois semaines.
Et depuis le début de l’année, c’est la troisième profanation à caractère raciste d’un cimetière dans la région de Strasbourg.
En effet le 28 juin, c’était donc le carré musulman du cimetière de la Robertsau qui était profané, après le carré juif du cimetière de Cronenbourg le 27 janvier dernier – pour le 65ème anniversaire de la libération d’Auschwitz par l’Armée Rouge…
De plus cela se rajoute à la grave agression antisémite qui s’est produite le 30 avril en plein centre de Strasbourg, quand une personne portant une kippa s’était faite poignarder en plein jour dans un endroit très fréquenté.
Et dans le même temps, il y a seulement deux semaines, on a eu droit à un article absolument édifiant dans le journal gratuit Métro.
Dans ce journal, il était expliqué le plus sérieusement du monde que la majorité des profanations de cimetières en France était en réalité l’œuvre de satanistes, qui s’attaquaient à des tombes chrétiennes.
Et que par conséquent les profanations « anti-chrétiennes » étaient majoritaires de manière écrasante par rapport aux profanations anti-juives et anti-musulmanes… qui d’ailleurs « laissent entrevoir une baisse » d’après un organisme de l’État français !
Comme si le satanisme avait un rapport quelconque avec du « racisme » anti-chrétien, et comme si le satanisme était comparable au racisme et à l’antisémitisme !
Rien d’étonnant, donc, à ce qu’un site raciste et quasi pogromiste comme Fdesouche.com ait aussitôt repris cet article, avec un petit graphique à l’appui.
Malheureusement, la profanation de Wolfisheim vient rappeler à la réalité : le racisme et l’antisémitisme explosent, et l’actualité est à la lutte contre le fascisme.
Voilà un « dérapage » antisémite qui est passé franchement inaperçu.
C’est l’association antiraciste Mémorial 98 qui a ressorti cet incident, dans un article publié ce dimanche : « Qui manipule l’étoile jaune ? »
Cela s’est passé le 7 juin dernier, en plein conseil de la ville de Paris. Au cours d’un débat sur la construction de logements sociaux dans le 16ème arrondissement, Claude Goasguen s’est exclamé : « Et si vous voulez, monsieur le maire, je peux mettre une étoile jaune avec "16ème" ! »
Où est-ce que le maire UMP du 16ème veut en venir avec cette remarque sidérante ?
S’imagine-t-il vraiment qu’aujourd’hui, les riches du 16ème sont persécutés comme l’ont été les populations juives d’Europe pendant la guerre ?
S’imagine-t-il vraiment que demain, les riches du 16ème seront conduits à l’abattoir comme l’ont été 6 millions de personnes juives ?
La bourgeoisie du 16ème se croit vraiment tout permis, jusqu’à insulter la mémoire de millions de personnes juives qui ont porté l’étoile jaune et ont fait face à l’extermination.
Des millions de personnes juives qui pour la plupart vivaient autant dans l’oppression raciste que dans la misère économique, en tant qu’ouvriers ou artisans pauvres – et certainement pas en tant qu’industriels du 16ème.
L’exclamation de Claude Goasguen n’est absolument pas un « dérapage » : elle sonne comme un véritable cri du cœur, un cri du cœur sans ambiguïté sur l’antisémitisme.
D’ailleurs Goasguen s’est enfoncé immédiatement après, en rajoutant dans la foulée : « Ça vous arrange, puisque nous [les habitants du 16ème] sommes des pestiférés ! »
Seulement les mots ne sont pas innocents, et Claude Goasguen le sait très bien quand il fait référence à la peste noire.
Ou comme le fait très justement remarquer Mémorial 98 : « On appréciera l’association d’idées et d’images. Un tel "ami de la communauté juive" n’ignore sans doute pas que l’accusation de propager la peste noire a pesé sur le sort des communautés juives d’Europe, massacrées au nom de cette accusation. Ou peut-être, par un nouvel élan de retour du refoulé, évoquait-il la peste brune, lui qui a été membre du groupe réellement fasciste et antisémite "Occident". »
C’est sans compter que le matin même de ce « dérapage », Claude Goasguen avait parlé des « desiderata des puissances d’argent » et de « capital apatride » en évoquant les équipements sportifs de son arrondissement.
Ces expressions sont de grands classiques de ce que les communistes appellent « anticapitalisme romantique », qui a toujours été l’un des piliers du mouvement fasciste, et qui d’ailleurs se retrouve aussi bien à « gauche » en ce moment.
Un « anticapitalisme romantique » outrageusement faux, puisque Claude Goasguen est tout de même une figure de la bourgeoisie de l’ouest parisien à la Sarkozy.
Et justement, qui est Claude Goasguen ?
C’est le maire UMP du 16ème arrondissement de Paris et le député de la 14ème circonscription de Paris, qui recouvre essentiellement le quartier Auteuil dans le 16ème.
Politiquement, c’est l’un des représentants du courant ultra-libéral au sein de l’UMP, qui défend les intérêts de la bourgeoisie industrielle parisienne.
Claude Goasguen est aussi un ancien du groupe fasciste Occident dans les années 1960. Après avoir rejoint l’UDF, puis le parti Démocratie Libérale d’Alain Madelin, il appellera la droite à « sortir de l’impasse de la diabolisation du Front National ».
Mais ce n’est pas tout : Claude Goasguen est également le président du groupe parlementaire d’amitié France – Israel, et est un haut responsable de l’Association France – Israël. Il était notamment présent au rassemblement pour Gilad Shalit, il y a un mois au Trocadéro.
Ainsi donc, d’un côté Claude Goasguen est très pro-sioniste et prétend « défendre la communauté juive ». Mais de l’autre côté, Goasguen se lâche dans l’antisémitisme… sans même s’en rendre compte.
D’ailleurs ce n’est pas un cas unique : Bertrand Delanoë peut bien s’arroger le beau rôle en conseil municipal, mais au Parti Socialiste aussi, il existe ce genre de pro-sionistes véritablement antisémites.
Par exemple Georges Frêche, qui avait expliqué en janvier que Laurent Fabius avait « une tronche pas catholique ».
Puis, exactement comme Goasguen, Frêche s’était enfoncé en parlant de son « amitié pour Israël » et en la reliant à son « action en faveur de la communauté juive »… comme si les juifs de France étaient liés à l’État israelien.
Pourtant les sionistes – du Crif à la LDJ – avaient farouchement défendu l’antisémite Georges Frêche. Et depuis début juin, pas un seul mot sur le cas de Claude Goasguen.
Un silence complice qui en dit long sur les priorités des sionistes en France…
Et un silence qui prend tout son sens lorsque Goasguen lance à la fin de son intervention du 6 juin : « Si vous voulez que nous fassions des manifestations dans le 20ème ou dans le 19ème, ça serait aussi stupide que ce que vous êtes en train de dire sur le 16ème. »
Claude Goasguen ignore sans doute qu’il existe une importante minorité juive dans le 19ème et dans le 20ème, qu’il insulte doublement : non seulement en tant que personnes juives avec son délire sur l’étoile jaune, mais aussi en tant qu’habitants de ces arrondissements populaires de Paris.
La vérité, c’est que quand Goasguen se figure « défendre la communauté juive », il pense uniquement aux juifs bourgeois du 16ème, et jamais aux juifs du 19ème, jamais aux juifs des classes populaires.
Et c’est là qu’on voit toute l’hypocrisie du mouvement sioniste en France.
Car les sionistes prétendent s’adresser aux juifs du 19ème, qui sont victimes au quotidien de l’antisémitisme, et qu’ils veulent mobiliser dans leur obsession anti-arabe.
Mais au bout du compte, les sionistes sont prêts à n’importe quelle compromission dans les discrets salons du 16ème.
Juif ! Juive !
Comprends que ton destin est lié à celui des classes populaires en France, dans la lutte pour une société métissée où le capitalisme aura disparu.
[Une vidéo du « dérapage » de Goasguen est visionnable sur Dailymotion.]
Nous sommes aujourd’hui à la veille de Tisha BeAv, qui est la commémoration religieuse de nombreux deuils historiques.
Tisha BeAv, c’est-à-dire le 9 du mois de Av, est un jour de deuil et de lamentations, qui suit de 3 semaines le jeûne du 17 Tammuz. Ce jour est accompagné, chez les personnes religieuses, d’un jeûne de 25 heures comme à Kippour, qui débute donc ce soir à 21h45 et se termine demain à 22h34.
Traditionnellement, ce jeûne commémore les destructions du premier et second Temples de Jérusalem : d’abord par l’armée de Nabuchodonosor en 586 avant l’ère chrétienne, puis par les l’armée de Titus en l’an 70 de l’ère chrétienne. Il n’en reste aujourd’hui que le Mur des Lamentations, le Kotel HaMa’aravi.
Cependant, il existe toute une liste de catastrophes qui sont survenues un 9 Av aux différentes communautés juives dans le monde, qui va de l’époque de Moïse jusqu’aux persécutions du Moyen-Âge en Europe et même jusqu’à aujourd’hui.
En revanche, on raconte que le Melekh HaMashia’h naîtra un 9 Av, ce jour devenant donc un jour de réjouissance à la rédemption.
Qu’en est-il de la pratique des personnes religieuses ?
Dans la période du 17 Tammuz au 9 Av, il est interdit de se réjouir en célébrant des fêtes ou des mariages. Mais à Tisha BeAv, les restrictions sont plus sévères : interdit de s’embrasser, de manger, de boire, de se laver les mains, de respirer des épices, et même d’étudier la Torah puisque cela est censé être une réjouissance.
Pour l’aspect plus culturel et moins religieux de Tisha BeAv, il est amusant de constater que certaines communautés d’Afrique du Nord ont déformé au cours des siècles « Tisha BeAv » en judéo-arabe, pour donner des mots qui désignent les personnes trop sérieuses, voire sinistres…
À l’inverse, Hapoel est dans un état d’esprit différent, avec sans doute moins de « mortification » : Hapoel a juré fidélité à la vie.
Voilà pourquoi nous relayons aujourd’hui la vidéo suivante, une vidéo paradoxalement très émouvante sur laquelle on peut voir un grand-père australien, Adolek Kohn, qui danse avec ses petits-enfants sur l’air de « I will survive ».
Sauf que Adolek Kohn est un rescapé d’Auschwitz, et que la vidéo est précisément tournée dans divers endroits du camp !
Difficile de commenter cette initiative, car autant elle peut paraître choquante pour certainEs, même parmi les survivantEs, autant il s’agit justement d’un rescapé d’Auschwitz, et qui sommes-nous pour juger son vécu et sa façon de l’exprimer et de le vaincre ?
Bref, tout le contraire de l’esprit « passif » de Tisha BeAv, qui considère que les catastrophes s’enchaînent inévitablement, jusqu’à la rédemption finale.
Dans la nuit de lundi à mardi, vers 3 heures du matin, un terrible accident de voiture s’est produit à Frozes dans la Vienne (86). On l’a appris ce mercredi par un communiqué des Éclaireuses et Éclaireurs Israélites de France (EEIF).
En effet, la voiture percutée de plein fouet par un camion de 22 tonnes cette nuit-là transportait des membres des EEIF participant à un camp d’été à Latillé.
Dans le monospace, six « animos » (animateurs) âgés de 18 à 30 ans, et originaires du Val d’Oise et du Nord. Ceux-ci allaient s’assurer que tout allait bien pour une équipe d’une trentaine d’« éclais » qui passaient la nuit à Frozes.
Tous blessés, plus ou moins grièvement, sauf un : Jonathan Guyot, 18 ans, qui succombera dans la nuit à ses blessures. Un autre animo de Sarcelles, Benjamin Goldstein, 19 ans, s’est également retrouvé assez gravement blessé.
Aujourd’hui ce sont donc les parents et le jeune frère de Jonathan qui se retrouvent brutalement endeuillés, ainsi que ses amis et tout le Groupe Local Samy Klein de Sarcelles.
La faute à qui ?
À pas de chance ? Au camion qui n’a absolument pas freiné ? À la fatigue du chauffeur de la voiture des Zéis ? À la visibilité lamentable sur les routes de campagne, délaissées par l’État ? Au fait que dans ce monde où le stress et le chaos nous sont imposés, rien ne fonctionne comme il faudrait ?
Difficile à dire, sans doute un peu de tout cela… Mais les conséquences n’en sont pas moins tragiques, déchirantes, insoutenables.
Face à cette épreuve, Hapoel adresse ses condoléances les plus sincères à la famille de Jonathan, et se tient aux côtés des jeunes Zéis de Sarcelles.
L’enterrement de Jonathan a eu lieu jeudi au cimetière de Sarcelles, où un millier de personnes l’ont accompagné à sa dernière demeure.
Outre la famille, les amis et les camarades de Jonathan, on comptait dans la foule des responsables des EEIF, des élus du Val d’Oise, et même le grand rabbin Gilles Bernheim. En effet les EEIF sont une pièce « historique » du judaïsme institutionnel, en tant que membres du Crif et du FSJU.
La décence commanderait de ne pas en rajouter à cette tragique nouvelle, bouleversante pour une partie de la jeunesse juive de Sarcelles. Mais espérons sincèrement que c’est la dernière fois où Hapoel aura « l’occasion » de parler de prudence sur la route.
Quand nous disons « prudence sur la route », nous ne voulons évidemment pas parler des circonstances de l’accident de ce mardi, dont finalement nous ne savons rien. Nous voulons surtout parler de la prudence qui s’impose à scooter, dans les rues de Paris ou de banlieue.
Oui, les gens d’Hapoel se font du souci quand ils voient un jeune à scooter qui roule de manière inconsciente, ou, plus rarement, qui a oublié son casque.
Non, contrairement à l’extrême-droite, les gens d’Hapoel ne se sentent pas concernés quand une quasi barbouze fasciste est éliminée en Afghanistan.
Mais oui, les gens d’Hapoel sont touchés quand la vie d’un fils ou d’une fille du peuple est fauchée, dans leur rue ou dans la Vienne, alors qu’elle allait tout juste prendre son envol.
On n’a qu’une vie, on n’a qu’une mère, et il faut que cesse l’hémorragie.
Pour Jonathan, pour tous les assassinés de la route,
la jeunesse juive toujours prête !
[Dans la suite, le communiqué des EEIF du mercredi 14 juillet.]
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Entrée vendredi à 21h30, sortie samedi à 22h47.
Les 16 et 17 juillet 1942, la police française mène une énorme rafle de personnes juives, dans le cadre d’une opération européenne cyniquement appelée « Vent Printanier » par les nazis.
On estime que 4500 policiers participent à cette rafle, sans compter les bus réservés auprès de la régie de transports. Une rafle organisée à la demande des nazis, mais sans leur participation propre.
L’opération visait initialement seuls les hommes juifs immigrés, mais dans un accès de zèle, l’État français prend les devants en visant des familles entières, et pas « uniquement » juives immigrées.
Durant ces deux jours de traque pendant lesquels sont largement mis à profit les fichiers de recensement, plus de 13000 personnes juives sont arrêtées et emmenées avec le strict minimum sur soi : 3000 hommes, 6000 femmes, 4000 enfants.
Les familles sont séparées, si bien que pour beaucoup, c’est la dernière fois que les enfants voient leurs parents.
Environ la moitié des personnes raflées est envoyée à Drancy, tandis que l’autre moitié est retenue prisonnière au Vélodrome d’Hiver, dans le 15ème arrondissement de Paris. De là vient le nom de Rafle du Vél’ d’Hiv.
Ce sont donc 7000 personnes juives qui doivent survivre pendant cinq jours, à s’entasser dans les gradins sans nourriture et presque sans eau, en attendant d’être conduites dans un camp de transit (Drancy, Beaune-la-Rolande, Pithiviers).
Et dans la foulée des camp de transit, la déportation vers les camps de la mort…
Sur les 13000 personnes juives arrêtées lors de la rafle du Vél’ d’Hiv, une quarantaine seulement survivront à Auschwitz – parmi lesquelles ni femme ni enfant.
Aujourd’hui, la mémoire des personnes juives raflées au Vél’ d’Hiv est devenue un enjeu.
Pourquoi ? Parce que l’État français est directement engagé dans la rafle du Vél’ d’Hiv : celle-ci a été conduite exclusivement par la police française, sans aucun uniforme nazi.
Pour les nationalistes français, cette responsabilité de l’appareil d’État est encore inacceptable – pour le moment – et il est impératif pour eux d’attaquer et de souiller la mémoire.
Ce n’est pas pour rien que, depuis le début de l’année, Jean-Marie Le Pen a déjà insulté à deux reprises les personnes juives raflées au Vél’ d’Hiv, une fois en janvier pendant une « galette des rois » du Front National, une fois en avril… lors de la journée nationale de la déportation !
Et rappelons que suite à cette dernière déclaration négationniste, Marine Le Pen a gardé le silence un certain temps… avant d’expliquer que « [son] père connaît bien l’histoire ». Sans commentaires.
À l’inverse, il convient de respecter des initiatives comme le film « La Rafle », malgré ses limites culturelles de classe.
Pour information, la « journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France » aura lieu ce dimanche, avec toutes les commémorations semi-hypocrites de l’État français.
Et demain samedi 17 juillet aura lieu une soirée sur la chaîne de télé Direct 8, à partir de 20h40. Au programme de la soirée : deux téléfilms et un documentaire de Marek Halter.
Ni oubli, ni pardon ! Rejetter ses illusions sur l’État français !
Bien que que le tatouage ne soit pas entièrement visible sur la photo, on peut lire en hébreu les mots « la guerre » (HaMil’hama).
Les deux clés entrecroisées sont un logo classique de l’ELF (Earth Liberation Front / Front de Libération de la Terre). Pour les actions revendiquées sous le label ALF – ELF, la référence est Bite Back.
Hapoel a critiqué il y a quelques jours un article d’un religieux, intitulé « Être juif et végétarien ? », qui est en fait une réponse à une question sur le végétarisme originel dans la Torah.
Hapoel avait mis en avant la valeur de compassion avec les animaux, une valeur positive qui chez les religieux est soit catégoriquement rejetée, soit ne peut se réaliser pleinement (ne serait-ce qu’avec le cuir des Téfilines).
Seulement il y a un problème, dans toute la réponse du rabbin. Dans sa tête, la compassion avec les animaux est reliée à une pratique précise, une pratique d’ordre uniquement alimentaire : le végétarisme.
Mais voilà : cela est déjà faux en soi.
Car si l’on est conscientE de la situation catastrophique des animaux, on voit très rapidement que le végétarisme ne suffit pas.
Refuser de manger la chair des animaux, c’est bien. Mais qu’en est-il de tous les autres animaux, entassés, exploités, martyrisés et assassinés pour fournir des produits laitiers, des œufs, du miel, du cuir, de la laine, des cosmétiques, des produits ménagers, du travail, des « loisirs », etc. ?
Voilà pourquoi la compassion avec les animaux doit être reliée à une pratique précise, un « mode de vie », qui s’appelle le véganisme.
Le véganisme, c’est le refus de toute exploitation des animaux, c’est l’affirmation qu’il faut construire un monde où les animaux aussi pourraient vivre libre.
Concrètement dans la vie de tous les jours, cela signifie de refuser : la viande, le poisson, les crustacés, les œufs et leurs dérivés, le lait et ses dérivés, les graisses animales et leurs dérivés, le miel et la cire, certains additifs alimentaires, la chasse et la pêche évidemment, le cuir, la laine et évidemment la fourrure, certains produits cosmétiques ou ménagers issus d’animaux, les produits testés en laboratoire sur des animaux, les cirques, les zoos et évidemment les corridas, la maltraitance des animaux « de compagnie », les animaleries, l’extermination des animaux « errants », l’utilisation de la force des animaux dans la production, etc.
Mais aussi tout ce qui, dans la culture et l’idéologie, asservit les animaux et la planète.
À l’inverse, cela peut aussi signifier d’adopter et de s’occuper d’animaux qui allaient à une mort certaine, par exemple sauvés de refuges ou de laboratoires.
Il existe également une militance végane, qui peut aller de l’information au public jusqu’à des actions attaquant directement l’industrie du meurtre (et qui, rappelons-le clairement, sont répréhensibles par la loi).
Comme on le voit, le véganisme est au-delà du végétarisme, car il va au bout de la compassion envers les animaux. Le véganisme est aussi au-delà du végétalisme, puisque ce dernier refuse l’exploitation animale mais uniquement dans le domaine alimentaire.
De même, une personne végane mange kasher, par la force des choses. Mais le véganisme va bien au-delà de la Kashrut, rien que par la discipline de vie qu’il implique.
En effet, le véganisme n’est pas une pratique strictement alimentaire, ni une question « juridique » religieuse.
Car comment se présente la pratique de la Kashrut ?
Au quotidien, une personne religieuse – ou au moins traditionnaliste – qui mange kasher doit respecter un certain nombre de points, qui certes peuvent évoluer selon les décisionnaires, mais qui globalement sont spécifiés noir sur blanc.
Au bout du chemin, cette personne a une espérance de type religieux : soit être « récompensée » dans le monde à venir, soit hâter l’avènement de Mashia’h en respectant ses Mitzvot.
À l’inverse, comment se présente la pratique du véganisme ?
Le véganisme est la seule éthique qui corresponde à la perspective de la libération animale, c’est-à-dire la fin de l’exploitation des animaux par l’humanité.
En ce sens, il y a évidemment une « règle de base » à respecter, qui est le refus de tout produit issu de l’exploitation animale.
Mais cette « règle » n’est pas orientée par des décisionnaires religieux, mais par le critère de se mettre au service des animaux et de la planète. Le véganisme est un choix moral et culturel, pas « juridique », et sa pratique n’est pas une série de commandements négatifs : adopter un animal en détresse est tout sauf une démarche négative.
Quant au « bout du chemin »… il n’y en a pas ! Ou plutôt il est double : à la fois immédiat, à la fois dans la perspective d’un monde à venir.
Car d’une part, contrairement à une personne qui espère quelque chose dans un avenir incertain en respectant la Kashrut, une personne végane sait quelles souffrances très concrètes elle évite aux animaux en refusant de consommer tel ou tel produit.
Et d’autre part, le véganisme est une pratique qui correspond à la perspective de la libération animale. Or la libération animale suppose un gigantesque bouleversement du mode de production capitaliste et de la culture qui va avec, un bouleversement qui touche l’humanité dans ce qu’elle a de plus profond.
Le véganisme est une question concrète, une question de clairvoyance par rapport à la situation des animaux et de la planète.
Si aujourd’hui Hapoel parle du véganisme, c’est simplement pour dire que « cela existe ».
En effet beaucoup de personnes aiment les animaux, sont traumatisées quand elles découvrent le sort qui leur est réservé dans le capitalisme, mais se sentent impuissantes, ne savent pas par où commencer, ou bien font des choix malheureusement incohérents comme le végétarisme.
Voilà pourquoi nous expliquons aujourd’hui ce qu’est le véganisme : pour éviter de perdre du temps.
Quand on veut que cesse l’éternel Treblinka dont sont victimes les animaux, il faut dépasser le sentiment d’impuissance, il faut comprendre que le végétarisme est très insuffisant, et il faut savoir que seul le véganisme est un point de départ correct.
Pour aller plus loin, il existe une section Libération animale chez Hapoel, mais aussi et surtout l’excellent site La Terre D’abord, sur lequel on trouvera notamment des réponses à beaucoup de questions, ou bien une rubrique pratique.
La répression n’est pas l’extermination, les massacres ne sont pas le génocide : voilà un réalisme qui, dans l’ambiance actuelle de confusion et de relativisme, doit être réaffirmé.
Ainsi il n’est « malheureusement » pas possible de mettre sur le même plan la déportation en camp de concentration et la déportation en camp d’extermination, comme cela a longtemps été fait en France.
Car comme l’expliquait le communiste Dimitrov, « le fascisme allemand ce n’est pas seulement un nationalisme bourgeois, c’est un chauvinisme bestial. [...] C’est la barbarie médiévale et la sauvagerie. »
Sans voir que le fascisme est un défi aux valeurs de la civilisation, que le fascisme signifie la retombée dans la barbarie, on ne peut pas discerner aujourd’hui ce qu’est une conception ou un comportement de type génocidaire.
Et sans cette compréhension, on en arrive à proclamer ou bien que le fascisme ne serait plus une menace à notre époque, ou bien qu’il aurait « muté » pour devenir une simple formule du type « bouc-émissaire + répression ».
Or rien n’est plus faux que de sous-estimer l’aspect barbare du fascisme.
Le social-darwinisme, un laboratoire idéologique pour le génocide

Le 11 juillet 1995 à Srebrenica, l’armée serbe ultra-nationaliste de Bosnie déclenchait un massacre de masse. Hier, Hapoel a commémoré.
Durant une dizaine de jours, 8000 hommes de tous âges, qui fuient les zones de combat en ex-Yougoslavie, sont poursuivis et méthodiquement exécutés.
Leur seul crime : être bosniaques-musulmans.
Aujourd’hui, 15 ans après le massacre de Srebrenica, le responsable de l’Armée de la République serbe de Bosnie est encore « en cavale », si ce mot a un sens quand on est protégé par certains secteurs de l’État serbe.
En mars de cette année, le parlement serbe a voté une résolution reconnaissant le massacre ethnique de Srebrenica et s’en excusant au nom de la Serbie.
Bien. Mais il faut noter d’autre part que cette résolution ne fait aucune mention au caractère génocidaire de ce crime contre l’humanité.
Alors justement, comment considérons-nous ce qu’est un génocide ?
Hapoel disait dans un article récent :
« Évidemment dans une guerre impérialiste mondiale, l’État sioniste pourrait prendre un caractère génocidaire, mais on n’y est pas encore.
Les populations juives traquées par les nazis n’ont pas été « affamées et bombardées » : les nazis sont allés chercher des juifs jusqu’en Russie et ont fait passer certains impératifs de la guerre derrière leur extermination. »
Cette dernière phrase explique ce qu’est pour nous un génocide, car effectivement les nazis sont allés chercher des juifs de Bordeaux jusqu’à Amsterdam, de Salonique jusqu’à Minsk.
Un génocide, c’est lorsqu’ont lieu des massacres visant la liquidation systématique d’un groupe ethnique, de manière organisée et planifiée, les objectifs n’étant pas militaires mais bien civils.
Cela est extrêmement important, notamment quand on pense à l’ex-Yougoslavie : l’État serbe ne nie désormais plus les massacres, mais bien la dimension génocidaire, planifiée.
À l’inverse, si l’on dit que l’État israelien est aujourd’hui génocidaire, car il massacre mais de manière non systématique, alors on nie le principe de ce qu’est un génocide : la volonté de massacrer, et la planification de ce massacre.
Et dans ce cas, le génocide arménien passe également à la trappe, puisque là aussi les massacres sont reconnus par l’État turc, mais pas le caractère génocidaire.
Pire encore : si l’on dit que l’État israelien est génocidaire dès aujourd’hui, on vide le principe de génocide de son sens… et on aide grandement l’État israelien à magouiller sur la mémoire du génocide arménien, au gré de ses relations diplomatiques avec la Turquie !
Alors répétons-le : un génocide, ce n’est pas un massacre de civils. Il y a un ressort idéologique incontournable.
Notre définition est sans doute la seule qui permette une distinction claire entre ce qu’est un génocide, et ce qui consiste en des massacres localisés.
Notre définition est même plus précise que celle de l’ONU du 9 décembre 1948, qui considère qu’un génocide est « commis dans l’intention de détruire, tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux comme tel ».
Car si l’on prend les génocides au Rwanda et en ex-Yougoslavie, on voit bien également qu’il y a eu une préparation, une planification des massacres, pas forcément dans le détail, mais au moins sur un plan global.
En Arménie, en ex-Yougoslavie, dans les pays de l’Est européen, au Rwanda… le génocide a consisté à aller chercher les gens loin (des zones de combat), y compris donc les gens qui fuyaient, pour les anéantir.
Le fait que les gens qui fuient soient massacrés est symptomatique du génocide : dans une guerre, les civils qui s’enfuient ne sont pas des cibles systématiques.
Reconnaître précisément ce qu’est un génocide, c’est reconnaître l’entière dignité aux peuples martyrs, contre l’ombre et le silence !
Quelle surprise, tout récemment, de voir s’afficher à la une de JSS News un sujet sur le végétarisme !
Ainsi pouvait-on voir s’afficher en grand une image de petits pois, avec comme légende « Être juif et végétarien ? »… et peut-être cet article est-il encore à la une en ce moment.
Pourtant le site JSS News est un site d’information franchement de droite, très sioniste, et on se demande bien d’où peut sortir ce soudain élan de compassion…
Un supposé élan de compassion qui fait très décalé quand on voit le cynisme brutal qui prévaut dès qu’il est parlé de la Palestine… c’est-à-dire à longueur de journée.
Mais finalement quand on se penche bien sur l’article paru sur JSS News, plus aucune trace de compassion !
Quant aux commentaires qui suivent l’article, on voit qu’objectivement personne ne s’écoute, et cela part bien vite en recettes de cuisine tout sauf végétariennes, ou bien sur le mythe comme quoi Hitler aurait été végétarien.
Que dit cet article « Être juif et végétarien ? », alors ?
En vérité il s’agit d’une réponse à une question portant sur le régime alimentaire prescrit par D.ieu :
« Je lis dans la Tora (Genèse 1:29) : » Et Di-eu dit: ‘Voici, Je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture. » Ma question est : comment se fait-il que l’homme se soit mis à manger de la viande, alors que le premier commandement sur la nourriture relève, en quelque sorte, du végétarisme? »
À cela il est répondu que du temps d’Adam l’humanité était végétarienne, et même végétalienne puisque le commandement de D.ieu n’inclut pas les aliments issus de l’exploitation animale (lait, œufs, miel, etc.).
Mais à l’époque de Noa’h, après le déluge, les commandements ont changé, puisque D.ieu aurait permis à l’humanité de consommer « tout ce qui se meut », et donc de dominer sans état d’âme la planète entière.
Tout cela est expliqué par une obscure raison de « niveau spirituel » de l’humanité, mais on retrouve des explications tout aussi convaincantes chez nos amiEs de La Terre D’abord.
Et l’auteur de la réponse d’ajouter : « Le bœuf bourguignon, le hamburger et le steak tartare pouvaient désormais enrichir nos repas. ». Tant de détachement ironique par rapport à la souffrance animale fait presque froid dans le dos…
Car en vérité, les grands absents dans la culture des religieux, ce sont bel et bien… les animaux, purement et simplement passés à la trappe !
Ainsi on reste toujours dans le domaine ultra-juridique de la loi alimentaire, au lieu d’élargir l’horizon à la question des valeurs de l’humanité… avec à l’appui une référence un peu déplacée au Zohar :
« Placés devant une glace à la chantilly ou une pizza accompagnée de frites, il faut avouer qu’il devient difficile de rester concentré sur des idées élevées (au moins dans mon cas !). C’est sans doute pour cela qu’il est écrit dans le Zohar que chaque repas est une véritable guerre. »
C’est bien cela : l’aspect juridique desséché est privilégié à l’aspect moral, et le permis de tuer qui est accordé – selon les religieux – à l’humanité devient un devoir d’assassiner. C’est d’ailleurs là que cela commence à sérieusement estomaquer :
« Voici un aspect sur lequel notre esprit doit être clair : s’il est permis de ne pas manger de viande parce que cela ne nous tente pas ou parce que nous désirons manger peu d’aliments gras, il est strictement interdit de dire que nous ne mangeons pas de viande afin d’être compatissant envers la gente animale. Une telle attitude ressemble à une forme d’hérésie, celle qui consiste à s’opposer à la Volonté divine qui nous a autorisé à manger de la viande, sans énoncer de restrictions d’aucune forme. [...]
Une personne a tous les droits d’être végétarienne si cela la tente. Dans ce cas, elle doit simplement se garder de penser qu’elle affiche – par son attitude – son amour inconditionnel des animaux. »
Bref, un végétarisme sans compassion, d’où sont évacués les animaux dans ce qu’ils ont de plus concret. Et pour en rajouter, l’article se termine par un ridicule « Bon appétit »…
En fait cet article vient du blog d’un religieux français qui vit aujourd’hui en Israel, David Yits’haq Trauttman.
À noter la phrase d’accroche tout en haut du blog : « Avez-vous parlé à D-ieu aujourd’hui ? ». En fait cette phrase n’est pas anodine, puisque David Trauttman fait partie du courant Breslev (ou Breslov), où il existe une pratique de s’adresser directement à D.ieu une heure par jour.
Le courant Breslev est un courant religieux assez récent, très mystique, où il s’agit de sanctifier Hashem par la joie, la Sim’ha, et qui vénère le Rabbi Na’hman enterré à Uman en Ukraine.
Ce courant est vraiment très connu en Israel mais aussi en France, notamment par toute l’industrie qui s’est développée autour de son fameux « Na Na’h Na’hma Na’hman Meuman ». Par ici une parodie israelienne, vraiment à mourir de rire.
Mais cette approche religieuse pose un problème, un problème moral par rapport aux animaux.
Car s’il y a bien un courant religieux qui pourrait être ouvert à la compassion envers les animaux, ce sont bien les courants mystiques du type Loubavitch ou Breslev, comme on peut le constater avec les quelques articles qui avaient déjà été publiés sur ce blog « La pause-café » (1 – 2 – 3 – 4).
Mais non, jamais aucune ouverture à la compassion. Là on a même tout le contraire : le végétarisme, à la rigueur… mais surtout pas de compassion ! Le végétarisme, à la limite… mais surtout sans les animaux !
La vérité, c’est qu’il existe au sein des masses populaires juives des aspirations positives et lumineuses, des aspirations pour construire un meilleur monde à venir.
Mais quand elles sont happées par la religion et par les religieux, aussi sincères et mystiques soient-ils, ces aspirations sont tronquées, pour ne pas dire trahies.
La négation de la question animale au profit de la question juridique alimentaire est en ce sens très symptomatique : les religieux nient toute valeur à la réalité, ils nient la « dignité du réel », ils nient que la souffrance animale est immédiate et concrète.
Et il n’y a pas besoin de Pilpoul pour savoir qu’il faut en finir avec toute l’exploitation animale !
À l’inverse des religieux qui n’arrivent pas à se dépêtrer de leurs contradictions, Hapoel met en avant des valeurs pour le monde à venir, des valeurs qui prennent chaque jour plus d’importance face à la destruction généralisée de la planète et de touTEs ses habitantEs.
Juif ! Juive !
Rejette les valeurs de destruction et d’auto-destruction !
Rejette l’exploitation animale et l’assassinat de la planète !
Rejette les prétentions des religieux, qui refusent de voir la réalité !

Entrée vendredi à 21h36, sortie samedi à 22h54.
Hapoel a déjà insisté sur l’importance de ce qu’on appelle la « contradiction entre les villes et les campagnes » :
Sans comprendre la différence de culture, de « psychologie » et de structure économique et sociale entre le « juif des villes » et le « juif des champs », impossible de comprendre le sionisme dans son ensemble, impossible de comprendre les expressions culturelles d’une minorité nationale qui en France est somme toute très urbaine.
Voilà pourquoi, en appui des questionnements « théoriques » d’Hapoel sur la contradiction villes / campagnes, nous diffusons un document marxiste-léniniste-maoïste, qui part aussi bien d’un point de vue général que d’un point de vue très concret sur la France de 2010.
Difficile de ne pas faire le lien avec le sionisme quand on lit cela :
« Faut-il regretter le passé, se tourner vers lui ? Non, cela est une attitude romantique, cela est au cœur de l’idéologie fasciste.
Le fascisme a comme noyau idéologique le fait de contourner la contradiction entre travail manuel et travail intellectuel, en prétendant retourner en arrière au nom de la contradiction entre les villes et les campagnes. »
Bref, voici la « Parasha » de la semaine, à imprimer sur papier recyclé !
Hier est sorti au cinéma le film « Carlos » d’Olivier Assayas. Il s’agit en fait de la version condensée pour le cinéma d’un tryptique télévisuel de 5h30, diffusé et financé par Canal+.
Le film – tout comme la série diffusée en mai – jouit d’une hallucinante campagne de communication : publicités partout dans le métro, au cinéma, chez les distributeurs du type Fnac ou Virgin, etc. D’ailleurs le DVD de la série télé est sorti il y a peu.
Ce film est appuyé par les critiques comme « un grand moment de cinéma », « bluffant », « époustouflant », « un grand film d’action », etc. Bref, comme c’est parti, « Carlos » sera assurément le grand film français de l’été…
Carlos y est présenté comme un « révolutionnaire » qui aurait dérivé vers l’individualisme par narcissisme et égocentrisme. Il est présenté comme « typique » des luttes armées d’extrême-gauche des années 1970 – 1980.
Mais qui est réellement Carlos ?
Le saviez-vous ?
Ilich Ramírez Sánchez, alias Carlos, alias « le Chacal » (« El Jacal » en castillan) est né en 1949 à Caracas au Venezuela. Son père était un avocat communiste – d’où son prénom, Illich étant le deuxième prénom de Lénine.
Il s’engage très jeune dans la Jeunesse Communiste du Venezuela. Puis il part étudier à l’Université Patrice Lumuba de Moscou, dont le rôle était de siphonner les « élites » intellectuelles des pays nouvellement « indépendants » pour les placer dans l’orbite de l’impérialisme russe (ce que les maoïstes appellent « social-impérialisme »).
Mais le pire, c’est que Carlos arrive à se faire exclure de cette université en raison de son attitude assez alcoolisée… Une attitude nihiliste et décadente qui le suivra jusqu’à aujourd’hui.
Carlos s’engage ensuite dans les camps d’entraînement du Front Populaire pour la Libération de la Palestine – Opérations Extérieures (FPLP-OE) du célèbre Wadi Haddad, qu’il rejoint officiellement en 1973.
Il organise et participe à un certain nombre d’attaques au nom du FPLP-OE, principalement en France – y compris contre le magazine « L’Arche »…
Le 27 juin 1975, rue Toullier en plein Paris, Carlos abat deux membres de la DST et un de leurs indics. Pour ce triple meurtre, il sera en 1992 condamné à la perpétuité, mais par contumace.
Son fait d’arme le plus connu de cette époque est la prise d’otage de 11 ministres au siège de l’OPEP, le 21 décembre 1975 à Vienne. Il s’enfuit avec ses otages en avion, avec le soutien de Kadhafi, dans un parcours Vienne – Alger – Bagdad – Tripoli – Alger.
À la suite de cette action, Carlos se rend à un « débriefing » au Yémen, et là se fait exclure du FPLP-OE par Wadi Haddad. En effet il a désobéi à l’ordre d’exécuter deux ministres – un saoudien et un iranien – et aurait détourné une partie de la rançon pour lui-même.
Car il faut le dire, Carlos a un style de vie très individualiste, absolument pas progressiste, et qui en plus ne compte pas se plier à la discipline révolutionnaire.
Suite à son exclusion du FPLP, Carlos s’engage dans une sanglante carrière de mercenaire au service du social-impérialisme russe et de ses satellites, principalement la Lybie de Kadhafi et la Syrie d’Hafez El Assad.
Pendant les 10 ans qui suivent, son activité consistera surtout en du terrorisme pour faire libérer ses compagnons emprisonnés, à base d’attentats à la bombe contre des trains.
Puis à partir de 1985, Carlos se cachera avec sa femme en Syrie puis au Soudan, où il sera « kidnappé » par les les services secrets français en 1994. Depuis, il est en prison en France, en ce moment à la centrale de Poissy (78).
Au bout du compte, Carlos n’a jamais été d’extrême-gauche, il n’a jamais été révolutionnaire.
Carlos a toujours été un « individu » croyant pouvoir louvoyer en free-lance entre divers impérialismes (URSS fasciste, France aujourd’hui), diverses bourgeoisies bureaucratiques (Syrie, Libye, RDA, Venezuela aujourd’hui), tout en s’appropriant le prestige de la résistance palestinienne (FPLP).
Et si Carlos a été typique de quelquechose, c’est bien de la ligne objectivement fasciste de l’URSS des années 1970 – 1980, qui nourrissait et « utilisait » des pseudo-révolutionnaires afin de renforcer ses positions et celles de ses bourgeoisies bureaucratiques arabes…
En bref, un mercenaire fasciste mégalo au service du social-impérialisme russe.
Mais un mercenaire fasciste mégalo sur lequel les antisémites d’extrême-droite comme de la « gauche radicale » ont pu tripper allègrement depuis 15 ans…
Car idéologiquement, Carlos est à lui tout seul une synthèse historique de ce qu’est le soi-disant « nationalisme-révolutionnaire ».
D’abord parce qu’il a toujours combattu sur une ligne élitiste et nationaliste, et jamais au service du peuple en armes : sa ligne soi-disant « anti-impérialiste » se concentrait en fait surtout sur l’anti-américanisme et l’antisionisme, en accordant une valeur « positive » à l’impérialisme russe et à ses pions réactionnaires.
Puis parce qu’avec l’effondrement du bloc impérialiste de l’URSS et son incarcération, il a fallu une nouvelle synthèse idéologique, dans la continuité de ce « nationalisme-révolutionnaire ».
Il faut bien avoir en tête que Carlos est une figure typique d’une vaste tendance « anticapitaliste romantique », fascinée de manière morbide par le « héros » patriarcal qui se révolte « seul contre tous » et se « sacrifie ».
Cette idéologie fasciste a donc trouvé une cohérence dans l’Islam politique, mais dans sa version ultra-nationaliste et soi-disant « de gauche » (Carlos s’étant d’ailleurs converti dès 1975).
Ainsi, bien que lié aux bourgeoisies bureaucratiques arabes (Libye, Syrie, Soudan), Carlos accorde également une valeur « anti-impérialisme » à l’Iran, et en fait ses thèses sont très proche de l’idéologie de la « révolution » islamique.
Carlos a d’ailleurs écrit en prison un manifeste, « L’Islam révolutionnaire », dans lequel il développe une synthèse entre « nationalisme-révolutionnaire » et ce qu’on pourrait appeler « proto-islamisme »…
Rien d’étonnant, donc, à ce que toute l’histoire de Carlos soit indissociable de son profond antisémitisme déguisé en « antisionisme ».
Rien d’étonnant non plus à ce qu’il soit désormais proche de la fine fleur du négationnisme français…
Ainsi parmi les défenseurs passés et présents de Carlos, on retrouve Jacques Vergès, l’avocat du nazi Klaus Barbie, qui a servi d’intermédiaire au mercenaire pour publier de prison dans des revues « nationalistes-révolutionnaires ».
Ou bien Isabelle Coutant-Peyre, qui a défendu aussi bien le négationniste Roger Garaudy (et qui dirige sa revue « À contre-nuit ») que Kemi Seba… et même Youssouf Fofana, c’est dire le niveau sordide d’antisémitisme. Coutant-Peyre a d’ailleurs épousé Carlos en 2001.
Sans parler de sa proximité avec la négationniste Ginette Skandrani, qu’il a appelée de prison en mai 2009, en pleine réunion électorale de Dieudonné… pour apporter son soutien à la Liste « Anti-Sioniste » !
Carlos s’était alors franchement lâché dans l’antisémitisme brutal, en parlant de « cette bande de gitans et de juifs qui te taxent d’antisémitisme. Ces gens [...] sont protégés par l’anti-France, excusez-moi d’employer une expression vichyste, c’est l’anti-France. ».
Bref, un parcours finalement très logique, où la question révolutionnaire est systématiquement évacuée par Carlos au profit du « romantisme » antisémite.
En revanche, ce qui au fond est assez inquiétant, c’est que ce genre de fasciste est suffisamment « à la mode » en 2010 pour en faire une véritable saga cinématographique à l’image « hyper-radicale »…
En novembre 2007, deux adolescents avaient trouvé la mort en croisant la route de la police, à Villiers-le Bel (95).
Les quelques nuits qui ont suivi, la ville s’est enflammée, et la police a été dès le départ visée par des tirs d’arme à feu, qui ont fait de nombreux blessés dans les rangs des « forces de l’ordre ».
Autant dire que pour l’État français en panique, il était impératif de trouver des coupables… même dans les conditions les plus invraisemblables : témoins anonymes rémunérés qui se désistent, policiers qui se rappellent subitement de détails presque 3 ans après, etc.
Malgré le manque flagrant de preuves, les 5 accusés ont été finalement condamnés à des peines de prison ferme allant… de 3 à 15 ans !
Ou comme l’explique Hortefeux : « C’est un signal fort adressé aux délinquants, on ne tire pas impunément sur les forces de sécurité, on ne tire pas impunément sur ceux qui ont la responsabilité de la sécurité. »
Rappelons également le procédé abject utilisé par la police pour inventer des coupables : le témoignage anonyme rémunéré. Au final, seule une balance ne s’est pas désistée, et encore la « justice » l’a faite parler de manière à ce que rien ne soit vérifiable.
Oui, rien n’a changé, la France est bel et bien le pays de la délation.
Cela tient sans doute au poids historique de la petite propriété de campagne, du petit village de la France profonde, des commérages mesquins des petits notables locaux.
Au-delà, remarquons aussi le tapage fait par l’extrême-droite autour de ce procès, où l’un des accusés aurait été sur la liste UMP aux dernières élections municipales.
Évidemment l’extrême-droite insiste très lourdement sur le nom de la candidate UMP, Sylvie Noachovitch. Pourquoi ? Mystère. Mais en tout cas, les juifs d’extrême-droite devraient se le rentrer dans le crâne une fois pour toutes : il n’existe pas en France de racisme anti-noirs sans antisémitisme.
Et pour finir, comment accepter ce décalage français tellement criant : quand des gens sont arbitrairement désignés par les flics comme les ayant attaqués, ils sont condamnés à 15 ans de prison ; mais quand un antisémite assassine son voisin juif dans un parking de la rue Louis Blanc à Paris, il est reconnu comme pénalement irresponsable…
Justice pour Lakhamy et Mohsin ! Justice pour Villiers-le-Bel !
Nous diffusons ici un article des Red Lions 94 sur le dernier procès de Villiers-le-Bel, qui a été écrit quelques heures avant les condamnations.
Procès de villiers le bel, les délibérés sont en cours.
Ce soir les réquisitions de l’avocat général ont été faites contre les personnes accusées d’avoir tiré sur des policiers lors de la révolte populaire de Villiers-le-bel qui avait éclaté en 2007 suite aux meurtres de deux jeunes, Moushin et Laramy.
7, 15 et 20 ans ont été requis contre les différents accusés.
Le procès des cinq personnes incriminées est typique de l’état de pourissement et de la malhonnêteté des institutions capitalistes.
En effet, les accusations ont été faites sur la base de témoignages anonymes donnés par des personnes étant déjà des informateurs réguliers de la police.
C’est à dire des personnes qui collaborent activement avec les forces armées des capitalistes en échange du droit de continuer leurs crimes et leurs traffics. Voila ce que sont des informateurs.
Les informateurs réguliers sont des corrompus et des traîtres.
Les informateurs ce ne sont pas des personnes qui collaborent ponctuellement ou à contre-cœur, car ils et elles pensent que c’est le seul moyen que justice soit faite.
Non ! Les informateurs ce sont des personnes qui, en permanence, vivent dans le mensonge et la traitrise attirés par l’argent.
Sous la pression des menaces un seul témoin a décidé de témoigner et encore… derrière un rideau avec sa voix déformée !
Autant dire qu’on aurait pu faire dire n’importe quoi à n’importe qui. Voila la parodie de justice dans le système capitaliste.
La soi-disant démocratie ne vaut en fait que pour les bourgeois et a ses limites.
Pourquoi un tel acharnement de la part de l’État à vouloir trouver des coupables ?
Ce procès c’est le procès du Peuple et de la lutte armée. Voila la vérité !
Toute la classe des capitalistes tremble devant la colère du Peuple et de ce qu’il est capable de réaliser lorsque l’injustice est à son comble. La guerre des masses exploitées contre les classes dirigeantes, voila ce qui fait peur, voila la raison d’être de ce procès.
Déjà lors de la Révolte de 2005 l’État avait tremblé.
« Plus jamais ça ! », c’est ce que dit l’État en instruisant ce procès. Voila pourquoi il est prêt à sacrifier les vies de ces jeunes hommes sur la base de témoignages rémunérés. La bourgeoisie n’est pas à un crime près.
Car pour les capitalistes il est normal que la police tire sur le Peuple mais le contraire est impensable et terrifiant. Car quand les opprimés commencent à retourner leur violence contre les oppresseurs c’est toute la base de la société qui tremble
Ce procès est donc un message fort envoyé à nous, le Peuple.
Le message est « Regardez ce qui vous arrivera si vous prenez les armes contre les classes dirigeantes. »
Pour toutes ces raisons nous adressons, du fond du cœur et avec toute notre sincérité, notre soutien à Samuel Lambalamba, Mara Kanté, Ibrahima Sow, Abderhamane Kamara et Adama Kamara.
Pour une Justice pour le Peuple et par le Peuple.
Pour une véritable Démocratie Populaire.
Red Lions 94
Décidément, les fascistes ne peuvent s’empêcher de fantasmer sur le mythe nazi du « judéo-bolchevisme ».
Dernier exemple en date : le parti antisémite Égalité & Réconciliation, tout dévoué au culte d’Alain Soral, a publié hier un article sur l’Hashomer Hatzair et les trotskystes.
Un article intitulé « Hachomerite aiguë au NPA », qui est à moitié intéressant d’un point de vue documentaire, à moitié paranoïaque antisémite d’un point de vue antifasciste.
Les proto-nazis y reviennent sur les liens entre l’Hashomer Hatzair et les mouvements trotskystes, dans le grand bouillonnement révolutionnaire des années 1960 – 1970.
Mais là où cela devient délirant, c’est que les proto-nazis s’imaginent que c’est encore le cas aujourd’hui ! C’est ne strictement rien connaître à l’Hashomer !
L’Hashomer Hatzair est un très classique mouvement de jeunesse juive comme il en existe des dizaines (sans exagérer…), et qui se distingue des autres par son idéologie dite « sioniste socialiste ».
En Israel, on l’appelle aussi par son petit nom, le « Schmootz », qui est un jeu de mot en yiddish avec le mot « saleté ».
L’Hashomer Hatzair a été fondé en Pologne en 1913, ce qui lui fera bientôt un siècle d’existence. D’ailleurs tous les 10 ans, un énorme rassemblement a lieu en Israel pour fêter l’anniversaire de l’Hashomer. Parions que celui de 2013 sera mémorable.
L’Hashomer a gagné un grand prestige dans la résistance aux nazis, notamment par son rôle prépondérant dans l’insurrection du ghetto de Varsovie, dirigée par Mordechaj Anielewicz.
L’Hashomer est présent en France depuis 1933, quand la section de France s’est créée au sein de la jeunesse immigrée polonaise de Belleville.
Aujourd’hui il existe deux sections en France, celle de Paris qui regroupe environ 500 jeunes ‘Hani’him ve’Hani’hot, et celle de Lyon.
Quand nous disons que l’Hashomer est un très classique mouvement de jeunesse juive, cela veut dire que la vie du mouvement s’organise autour des activités éducatives et scoutistes du samedi après-midi dans son local (le Ken), ainsi que des camps de vacances (les Ma’hanot).
À Paris, le local de l’Hashomer se trouve au sous-sol du Cercle Bernard Lazare (rue Saint-Claude, métro Saint-Sébastien-Froissart), qui est en gros le centre du « sionisme de gauche » à Paris. On notera d’ailleurs une belle fresque avec un beau drapeau rouge.
De l’Hashomer sont sorties de nombreuses personnalités connues, d’Alexandre Arcady à Agnès Jaoui en passant par Élie Kakou.
Mais il ne faut pas se mentir : l’Hashomer a aussi été historiquement une véritable usine à trotskystes !
La liste est longue et assez impressionnante, puisqu’elle commence déjà avant la guerre avec Abraham Léon en Belgique (qui a écrit une brochure très utile sur la « Conception matérialiste de la question juive », et a été assassiné à Auschwitz) ou bien avec Tony Cliff en Palestine britannique (qui a fondé le SWP, parti trotskyste anglais qui a initié ce qu’on va appeler improprement « islamo-gauchisme »).
Il y eu également une génération de dirigeants trotskystes après la guerre, qui deviendra la génération des dirigeants plus expérimentés (et plus discrets) au moment de mai – juin 1968.
Certains sont passés par l’Hashomer, comme Boris Fraenkel en France (lambertiste, qui a formé politiquement Lionel Jospin), ou bien Ernest Mandel en Belgique (important théoricien trotskyste, et camarade d’Abraham Léon à l’Hashomer de Bruxelles).
Puis vient justement la génération des trotskystes juifs de 1968, dont nous avons déjà pas mal parlé au moment de la mort de Daniel Bensaïd.
Dans cette génération, plusieurs dirigeants de la Ligue Communiste Révolutionnaires ont commencé leur activité politique à l’Hashomer :
Henri Weber (juif tadjik, aujourd’hui eurodéputé socialiste), Jeannette Habel (« spécialiste » de Cuba), Charles Michaloux (qui s’est apparemment reconverti dans le business des comités d’entreprise…), ou Christian Picquet (qui est aujourd’hui encore moins d’extrême-gauche que le NPA…).
C’est de cette génération que parlent les antisémites d’Égalité & Réconciliation, en citant ce que disait Alain Krivine dans une émission de télé en octobre 2007… sur les chaînes de l’Assemblée nationale et du Sénat : pas très révolutionnaire, tout cela…
« Moi, le milieu juif ne m’a rien apporté pour ce qui est de la politique. Mais, pour beaucoup, c’est un fait central.
Jean-Charles Michaloux, Henri Weber… beaucoup sont passés par l’Hachomer Hatzaïr, qui a façonné une bonne partie de l’extrême-gauche française.
Lutte Ouvrière ne se comprend pas sans cela. Michel Rodinson, le fils de Maxime, directeur de la publication de LO, en vient aussi. Depuis les années 60, LO y faisait de l’entrisme et recrutait en force.
L’Hachomer avait une dimension militaire qui, je m’en souviens, fascinait les jeunes. Dans les camps, il y avait le salut au drapeau, des officiers venant de kibboutzim encadraient les jeunes et leur apprenaient les principes de l’organisation paramilitaire… »
Une dimension « paramilitaire » selon Krivine, ou encore « militaro-sioniste » comme le prétend Égalité & Réconciliation ? Pas exactement, plutôt une dimension « disciplinée » et « pionnière » typique du sionisme…
Mais pourquoi est-ce que les proto-nazis s’intéressent à l’Hashomer Hatzair ?
La réponse n’est pas très compliquée : en pointant le passé de certains dirigeants trotskystes à l’Hashomer, les antisémites veulent démontrer que ceux-ci ne peuvent pas réellement être solidaires avec la Palestine.
Comme si les fascistes en avaient quelque chose à faire du peuple palestinien, de son vécu, de sa culture…
Quant à l’Hashomer, soyons clairs : cela fait belle lurette que le mouvement n’est plus pour le socialisme, et ne fait que jouer sur son prestige.
D’ailleurs au printemps 2005, l’Hashomer de Paris avait initié un appel « contre les ratonnades anti-blancs », c’est dire…
Quand on est jeune, révolutionnaire, et qu’on veut du sérieux, on se rend donc bien vite compte des limites de l’Hashomer et du sionisme « de gauche »…
Juif progressiste ! Juive progressiste !
Avec Hapoel, place la politique antifasciste au cœur de la bataille !

Entrée vendredi à 21h39, sortie samedi à 22h59.
« Nous observons de temps en temps sur des espaces comparativement restreints une disparition de la vie végétale supérieure.
Un incendie de forêts, des embrasements de steppes, des champs remués, labourés, délaissés; des îles nouvellement formées, des courants de lave consolidée, des terrains dégagés de glaciers ou de bassins aqueux, de nouveaux sols formés sur des rochers arides par les lichens et les mousses : tous ces phénomènes et d’autres formes de manifestations infinies de la vie sur notre planète créent pour un certain temps des taches qui marquent l’absence d’herbes et d’arbres sur l’enveloppe verte de la terre ferme.
Mais ces taches ne restent pas longtemps. La vie recouvre rapidement ses droits, les herbes vertes, au bout d’un certain temps, les végétations d’arbres rentrent en possession des places perdues ou en occupent de nouvelles.
Cette végétation pénètre en partie du dehors avec les semences apportées par les organismes mobiles ou plus souvent encore par le vent ; d’autre part cette végétation est due aux fonds des semences qui gisent partout dans le sol à l’état latent en conservant parfois cette forme durant des siècles entiers. »
Vladimir Vernadsky, La Biosphère, 1926.
Cette fois-ci c’est le Canard Enchaîné qui nous l’apprend, ou plutôt qui nous le rappelle une énième fois : le Front National est un parti antisémite.
En effet l’édition d’hier attire l’attention sur un article d’un élu du Front National dans un journal de ce parti, qui qualifie les Protocoles des Sages de Sion de « livre prémonitoire ».
Ce fasciste, Yvan Benedetti, est un cadre du Front National, mais il milite aussi chez l’Œuvre Française, un groupe historique et franchement pétainiste de l’extrême-droite française.
Mais surtout, Yvan Benedetti est un élu FN au conseil municipal de Vénissieux dans la banlieue lyonnaise. En fait c’est une figure locale du FN, puisqu’il est secrétaire départemental adjoint dans le Rhône (69), et a été candidat aux législatives de 2007.
Rappelons que Lyon a été un mini-bastion des négationnistes français, et qu’aujourd’hui c’est une base d’appui au sein du Front National à Bruno Gollnisch, le numéro 2 de ce parti fasciste, qui est en lice pour la « succession » à Jean-Marie Le Pen.
Et justement, Yvan Benedetti a lancé en mars un mensuel, « La Droite Ligne », qui appuie ouvertement Gollnisch. C’est dans l’éditorial du numéro 4 de ce journal qu’Yvan Benedetti a été jusqu’à faire référence aux Protocoles des Sages de Sion.
Qu’est-ce qui y est dit, précisément ? La clé est dans ce passage :
« La politique d’immigration est le résultat de l’asservissement d’un système politique – dont la devise et l’idéologie dérivent de celles de la franc-maçonnerie – aux intérêts du gros capital et des financiers apatrides. Tout comme la suppression des frontières et des monnaies nationales, l’immigration massive et le métissage ont été annoncés dans un livre prémonitoire publié en 1905 : les Protocoles de sages de Sion. Une immigration qui est utilisée par les mondialistes pour faire sauter le verrou national en brisant l’homogénéité ethnique et par le gros-argent pour augmenter des profits toujours plus indécents. »
Décryptage : l’immigration des pays semi-coloniaux d’Afrique « colonise » la France, mais elle est décidée, organisée et utilisée par les « financiers apatrides », qui sont les mêmes que ceux dénoncés dans les Protocoles des Sages de Sion.
Bref, Yvan Benedetti y va « franco », si l’on ose dire. Rappelons que les Protocoles sont un pamphlet antisémite publié par les services secrets du Tsar de Russie en 1905 – 1906, c’est-à-dire au moment même où l’Empire russe était menacé par une insurrection révolutionnaire.
Ces Protocoles retranscrivent une soi-disant réunion au sommet entre les chefs de la « juiverie » mondiale, qui comploteraient pour dominer le monde. Il est évident qu’il s’agit d’un faux, qui s’est avéré en fait être un plagiat d’un pamphlet français contre Napoléon III.
La référence aux Protocoles des Sages de Sion est tout sauf anodine : c’est un monument idéologique de l’antisémitisme moderne, qui se retrouve jusque dans la charte de Hamas.
L’antisémitisme moderne est caractérisé précisément par le fantasme sur la domination d’un soi-disant « complot juif » de domination du monde, un complot qui est bien entendu invisible mais tout-puissant.
Et un complot qui ne peut être vaincu que par l’extermination raciale systématique, puisqu’il est si insaisissable.
L’antisémitisme moderne est la forme idéologique de l’antisémitisme qui est adaptée à l’époque où le capitalisme est pleinement développé en grands monopoles, et où il entame sa décadence et son agonie : c’est ce qu’on appelle l’époque de l’impérialisme.
L’idéologie antisémite qui est synthétisée dans les Protocoles des Sages de Sion est donc une sorte de « recombinaison génétique » du vieil antisémitisme médiéval chrétien, mais remise au goût des impératifs idéologiques du capitalisme moderne.
Le « pourquoi du comment » est développé entre autres par Moishe Postone, dont on a publié une présentation ce mardi.
Gollnisch peut bien déclarer après coup : « Yvan Benedetti est un garçon qui mène un combat extrêmement courageux, au conseil municipal de Vénissieux, qui a beaucoup de qualités, mais quand des gens ont de la sympathie pour moi ça ne veut pas dire que je réponds de tous leurs actes et de tous leur propos. »
Mais cela ne change rien à l’affaire : le FN est très clairement un parti antisémite, et il le sera jusqu’à son éradication complète par le peuple.
Et un juif qui soutient le FN en connaissance de cause doit être considéré pour ce qu’il est : un raciste complice de l’antisémitisme, si ce n’est pire.