Festival des Cultures Juives du 13 au 28 juin
Depuis 5 ans, un festival des cultures juives se tient chaque été à Paris. Si l’année dernière le thème était la culture juive américaine (Hapoel en avait parlé), cette année le festival est consacré à la Russie.
Le festival des cultures juives est à l’initiative des institutionnels du Fonds Social (FSJU), et se déroulera à partir d’aujourd’hui, jusqu’au 28 juin, avec des pauses pour Shabbat.
Le site du festival est accessible par ici, et il faut absolument jeter un coup d’œil à la brochure du programme, dont la réalisation est comme chaque année très réussie.
Concrètement, ce festival consiste en des expositions, des concerts, du cinéma, du théâtre, des « rencontres », etc. dans des lieux comme les mairies du 3ème et 4ème arrondissements, le Mémorial de la Shoah, le centre Bernard Lazare, etc.
Il va de soi qu’une partie du festival sera consacrée à l’époque de l’URSS révolutionnaire. Ensuite il ne faut pas se faire d’illusion : le festival est organisé par les institutions juives, appuyées par la ville de Paris et même par l’État d’Israel.
La tonalité sera par conséquent très anticommuniste, très pro-sioniste, et il suffit de voir les présentations faites par les organisateurs du festival pour s’en rendre compte. Par contre on notera certains thèmes qui peuvent être passionnants :
- Mardi 15 juin aura lieu une conférence intitulée « Du Shtetl au Kolkhoze. Artisans et paysans du Yiddishland (1921-1938) », qui sera suivie du vernissage d’une exposition, « Artisans et paysans du Yiddishland (1921-1938) », à la mairie du 3ème. Cela tournera essentiellement autour de l’ORT, qui est un organisme russe à l’origine, mais qui a depuis très longtemps des écoles techniques en France.
Le programme explique : « L’exposition présente [...] un épisode relativement peu connu de l’histoire contemporaine des communautés juives : la création et le développement de « colonies agricoles juives » par les nouvelles autorités soviétiques, au début des années 1920. Implantées, entre autre, en Union soviétique, ces colonies ont pour objectif de « normaliser » la vie juive dans le cadre d’activités professionnelles considérées comme productives et de parvenir ainsi à résoudre la « question juive ». »
Comme quoi les travaux théoriques autour des contradictions ville / campagne et travail manuel / travail intellectuel ne sont ni hors-sujet, ni déconnectés d’un certain héritage historique !
- Dans le même esprit (de notre point de vue), il y aura une conférence sur « les relations entre Tolstoï et les Juifs dans la Russie tsariste ». Quand on connaît justement l’influence de Tolstoï sur la pensée « agraire » du sionisme, on voit qu’il faut passer par là pour comprendre A.D. Gordon.
- Lundi 21 juin à la mairie du 4ème, l’après-midi tournera autour du Birobidjan. Le Birobidjan, c’est une république soviétique créée par Staline en 1934 près de la frontière avec la Chine, et qui était la « région autonome juive » avec pour langue officielle le yiddish.
Difficile à comprendre quand on connaît l’opposition de l’URSS au sionisme… et pourtant, venant de Staline le spécialiste bolchevik des questions de minorités nationales, il y a certainement des points à approfondir sur cette « terre promise » soviétique !
Dans ce cadre un film sera projeté, un documentaire de 2005 nommé « À la recherche du bonheur ». Il faut savoir – et Hapoel est là pour faire savoir ce genre de détails – que ce titre fait référence à un film soviétique de 1934, « Les chercheurs de bonheur », qui était très en faveur de l’expérience du Birobidjan.
- Toujours lundi 21 dans le 4ème, une présentation d’An-ski, l’écrivain yiddish qui avait donné naissance à la pièce « Der Dybbuk, oder zwischen zwei Welten ». Il avait également écrit l’hymne du Bund, un parti de gauche, mais aux conceptions combattues par les révolutionnaires communistes.
- Mercredi 23 juin au Mémorial de la Shoah, on pourra (re)voir des films du cycle Kinojudaïca, sur « Le cinéma juif de Russie et d’Union soviétique (1910 – 1960) ».
Hapoel en avait déjà parlé en mars 2009, entre autres ici et là.
D’autres « animations » sont sans nul doute intéressantes, par exemple sur la Shoah. Mais chacunE peut se reporter directement au programme et aux informations pratiques !





