« Comme les 5 doigts de la main »

Aujourd’hui sort au cinéma le nouveau film d’Alexandre Arcady, « Comme les 5 doigts de la main ».

D’office, on peut penser que la référence très évidente à la khamsa est peut-être un peu lourde…

À l’affiche du film, on retrouve entre autres Patrick Bruel, Vincent Elbaz, Pascal Elbé, Eric Caravaca et Mathieu Delarive. Pour Patrick Bruel, c’est la 5ème fois qu’il travaille pour Alexandre Arcady, qui l’avait lancé à 20 ans dans « Le coup de sirocco ».

« Comme les 5 doigts de la main » raconte l’histoire à Marseille des cinq frères Hayoun, ou plutôt des quatre frères, puisque le cadet est absent et resurgit dans la vie de la famille avec une balle dans le ventre…

Pour avoir une petite idée du film, il suffit de regarder la bande-annonce, qui est franchement explicite, ou bien de lire le synopsis :

Ils sont 5 frères, semblables et pourtant différents, élevés par une mère devenue veuve trop tôt. L’un d’eux, qui s’était éloigné, resurgit. Poursuivi par des trafiquants, il se réfugie parmi les siens et leur révèle un secret. Ensemble, ils feront tout pour se défendre et venger la mémoire de leur père assassiné.

Bien entendu, on pense immédiatement à une transposition marseillaise du « Grand Pardon », où les valeurs familiales l’emportent à travers la vengance du frère enlevé et surtout de la figure du père.

En fait, il faut remarquer qu’il y a une certaine dimension autobiographique dans ce film, évidemment pas dans son aspect film-noir-d’action-à-Marseille-avec-des-snipers, mais dans son aspect comédie-dramatique-familiale-avec-une-mère-juive-algérienne.

Dans cette intéressante interview d’Alexandre Arcady, on apprend en effet que lui aussi est issu d’une famille de cinq frères, et que les tempéraments des frères Hayoun font diversement écho à la famille Egry – de son vrai nom.

On y apprend également que sa fratrie est plutôt marquée à gauche : l’un des frères est engagé à l’extrême-gauche, un autre dans la gauche sioniste, etc.

Et d’ailleurs, il faut remarquer que même dans les films « algériens » d’Arcady, il y a souvent une dimension critique et autocritique : soldat déserteur en Algérie joué par Arcady dans « Avoir 20 ans dans les Aurès », critique du racisme entre juifs et arabes dans « Le Grand Pardon » ou dans « L’union sacrée », critique de la famille « féodale » dans « Mariage mixte », etc.

Naturellement, tout cela est enrobé de nostalgie et de sentimentalisme – parfois touchant si on y met de la bonne volonté…

Par contre dans « Comme les 5 doigts de la main », on ne voit pas trop où pourrait être la dimension critique, à part dans une certaine forme d’autodéfense apolitique un peu musclée et très déterminée.

Et de fait, la bande-annonce laisse surtout penser à un repli sur la famille présentée comme le seul refuge sûr dans un monde brutal.

Pour celles et ceux qui iront voir ce film d’Alexandre Arcady, envoyez-nous vos critiques !