Honneur aux insurgéEs du Ghetto de Varsovie !
C’était hier la célébration de l’insurrection du ghetto de Varsovie, qui fut déclenchée le 19 avril 1943. Suite au court hommage que nous avons rendu hier, voici un bref rappel historique. Il existe de plus un document de l’Action Antifasciste sur l’Organisation Juive de Combat (ŻOB).
À la veille de la guerre et de l’invasion nazie en septembre 1939, Varsovie abrite une forte minorité juive de 380 000 personnes, soit 30 % de la population varsovienne.
Le jour de Kippour 1940 est établi le ghetto, dans le centre-ville de Varsovie, cerné par un mur de 18 km de long, haut de plusieurs mètres et renforcé de barbelés.
C’est bien simple : la vie dans le ghetto, c’est l’antichambre de l’enfer sur Terre.
Misère extrême, famine permanente, froid glacial, maladies rongeant vieillards et enfants, cadavres dans les rues. Et l’incessante menace d’une Aktion nazie, où n’importe qui peut être torturéE, violéE, abattuE arbitrairement.
À l’été 1942 commence la déportation vers Treblinka.
La première vague de déportations vers les camps d’extermination, avec des rafles à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, ramène la population du ghetto de 450 000 à 70 000 âmes début 1943.
En janvier 1943, les organisations de résistance juive s’opposent militairement aux déportations, prenant le contrôle du ghetto.
Les forces d’occupation mettent un certain temps à réagir, mais le soir de Pessa’h 1943, les nazis entrent dans le ghetto, prévoyant de le prendre en trois jours.
Le 19 avril 1943, ce sont donc quelques centaines de jeunes combattantEs du ghetto qui choisissent de résister les armes à la main, et lancent l’insurrection du ghetto de Varsovie.
L’Organisation Juive de Combat (ŻOB) et l’Union Militaire Juive (ŻZW) tiendront 27 jours.
Jusqu’au 16 mai, avec l’incendie total du ghetto et la liquidation finale de la population juive de Varsovie par les nazis, marquée également par la destruction de la Grande Synagogue.
Environ 7 000 personnes juives sont tuées durant les combats, 6 000 autres sont brûlées vives ou gazées durant l’anéantissement du ghetto, et les survivantEs seront déportéEs à Treblinka et Majdanek.
L’insurrection du ghetto était vouée à la défaite militaire et à l’extermination. Les résistantEs le savaient. Mais ils et elles ont livré leur dernière bataille, refusant d’aller à l’abattoir.
Les martyrEs du ghetto de Varsovie sont l’honneur et la dignité des peuples martyrs. Aucun hommage ne sera jamais à la hauteur de leur courage.





