Archives de avril, 2010

Shabbat Shalom – שבת סלום

Entrée vendredi à 20h46, sortie samedi à 22h00.

Contre l’ombre et le silence, savoir reconnaître le négationnisme !

Cela s’est passé dimanche dernier à Parthenay dans les Deux-Sèvres.

Une cérémonie se tenait pour la journée nationale du souvenir et de la déportation, organisée par l’État français. Une classe de 3ème devait lire à cette occasion une lettre écrite par une rescapée d’Auschwitz.

Mais cette lettre n’a pas été lue.

Cette rescapée, c’est Ida Grinspan, une femme qui avait été déportée à Auschwitz à l’âge de 14 ans. Depuis une vingtaine d’années, elle accompagne des voyages scolaires à Auschwitz. Elle a également co-écrit en 2002 un livre avec B. Poirot-Delpech, « J’ai pas pleuré ».

Pourquoi la lettre d’Ida Grinspan n’a-t-elle pas été lue ?

Parce qu’elle a été censurée par la mairie de Parthenay.

Ida Grinspan a eu le tort de dire la vérité : qu’elle a été arrêtée par trois gendarmes français, soumis aux autorités françaises.

C’est cela que le maire de Parthenay (Xavier Argenton, centre-droit) a voulu censurer, en expliquant à son adjoint ancien gendarme : « Ne stigmatisons pas une catégorie professionnelle qui dans ces temps troubles avait obéi aux ordres de l’autorité légitime. »

Qu’en dit Ida Grinspan, à qui l’État français refuse donc la dignité en niant son histoire, sa mémoire ?

« Je suis scandalisée et triste que ces enfants n’aient pas pu lire mon texte. C’est une forme de révisionnisme. Ce texte n’avait pas de haine, n’était pas agressif… Je raconte simplement que j’ai été arrêtée par trois gendarmes, tout est vrai et tout est vérifiable. Dire que j’ai été arrêtée ne discrédite pas toute la gendarmerie. »

Justement, si. Ida Grinspan a eu le tort de croire que l’enfer qu’elle a vécue – aussi bien en France qu’à Auschwitz – n’entrait pas en confrontation directe avec l’État français, avec la barbarie des produits du capitalisme que sont les camps de la mort.

Ida Grinspan parle de « révisionnisme » : ce n’est pas à Hapoel d’expliquer à une ancienne déportée à quel point elle a raison.

Il faudrait peut-être même affirmer : cette censure du maire de Parthenay relève de la même démarche que le négationnisme de la Shoah.

Les nazis ont voulu faire disparaître les populations juives d’Europe, et ont voulu dissimuler les traces de l’extermination : fours crématoires, Sonderkommandos régulièrement liquidés, dynamitage des camps de la mort à l’approche de l’Armée Rouge de Staline.

Les négationnistes, eux, veulent faire disparaître la mémoire même du génocide, et ainsi achever en quelque sorte la Shoah.

Seulement voilà, il existe des témoins qui ont survécu, et les négationnistes se heurtent à la cruelle réalité des témoignages. La démarche des négationnistes consiste donc soit à « oublier » les témoignages, soit encore pire : à contester systématiquement la crédibilité de personnes encore vivantes.

Le maire de centre-droit de Parthenay n’est pas exactement négationniste : il n’est peut-être pas assez pervers pour cela, ou alors il n’est tout simplement pas assez futé.

Mais sa démarche est identique : au lieu de remettre en cause le témoignage d’Ida Grinspan, il préfère expliquer que ce témoignage serait secondaire par rapport aux exigences bassement corporatistes des gendarmes – ce qui revient finalement au même !

Et d’ailleurs les propos du maire de Parthenay sont très clairs : selon lui, la lette d’Ida Grinspan « n’est pas de nature à apaiser les ressentiments à une époque où le repentir est malheureusement mis en exergue » !

L’État français a participé à l’extermination des populations juives d’Europe, et maintenant il aimerait bien « apaiser les ressentiments » en baillonnant la mémoire ! La mémoire de personnes vivantes à l’existence très concrète !

Non, il n’y aura pas de soi-disant « apaisement des ressentiments » tant que des représentants de l’État français nieront toute dignité à des personnes qui connaissent mieux que toute autre la valeur d’une vie.

Il est très important de noter que la démarche du maire de Parthenay n’est absolument pas nouvelle dans l’appareil de l’État français, et à une échelle bien plus large que dimanche dernier à Parthenay.

Car depuis sa sortie en 1956 jusqu’aux années 1990, l’État français avait censuré un détail du film « Nuit et Brouillard : un uniforme de gendarme français au camp de Pithiviers. Cela est une réalité extrêmement grave, mais à laquelle il faut savoir se confronter.

On ne dira jamais assez à quel point les victimes de la Shoah sont obligées de batailler pour leur dignité, y compris au cœur de l’État sioniste.

Les nazis ont voulu transformer les personnes juives en des fantômes, ils ont voulu extirper leur nom en leur imposant un numéro d’identité sur le bras gauche.

On ne dira jamais assez l’importance des témoignages et des noms, car les personnes exterminées étaient des personnes en chair et en os, et pas des ombres ni des fantômes. C’est ce que signifie littéralement « Yad VaShem » : un mémorial et un nom.

Et de fait, on peut remarquer que « Yad » signifie également la « main », qui tient lieu de symbole pour ce que le corps a de matériel, dense, concret et sensible (même si dans la conception religieuse, il s’agit uniquement du corps qui dispose d’une main, c’est-à-dire le corps humain, les singes étant oubliés).

À la volonté de faire vivre la mémoire et d’arracher la dignité, le maire de Parthenay oppose les exigences les plus mesquines de l’État français.

Honneur à Ida Grinspan !
Savoir reconnaître le négationnisme !
Lutter contre l’ombre et le silence !

Spock de Star Trek, ou la figure du juif schizophrène, formaliste, étranger

Ce qui suit est un remaniement d’une présentation parue en février 2009 juste après le lancement d’Hapoel, et qui permet de voir Spock sous une lumière différente d’à l’époque.

Ce remaniement est justifié par le travail d’Hapoel sur le « formalisme » et le « baroque » dans la culture juive (populaire ou pas), travail qui avait commencé dans un article sur le nouvel an Loubavitch.

Sans saisir cette contradiction entre formalisme et baroque, on passe à côté de la « psychologie de masse » de la minorité nationale juive, et on passe à côté de l’antifascisme populaire concret.

Le saviez-vous ? Spock est juif !

Enfin, pas exactement… mais en tout cas son « salut vulcain » est calqué sur la Birkat HaKohanim, la bénédiction bien connue des Kohanim !

De fait, la série originelle de Star Trek est truffée de références culturelles à la mystique juive, et est globalement assez progressiste pour les États-Unis de l’époque.

Ainsi, ce fameux salut vulcain a été « importé » par Leonard Nimoy, l’acteur de Spock en personne.

Ce dernier racontait dans son autobiographie (bien après la série, donc) qu’étant enfant il avait été emmené par son grand-père dans une synagogue ultra-orthodoxe, qu’il avait bravé l’interdiction religieuse de regarder les Kohanim pendant leur bénédiction (sous peine de cécité, d’après la superstition…), et qu’il avait été fortement impressionné par ce rituel.

En fait ce signe, effectué des deux mains tendues en avant, mime la lettre Shin (ש), pour le mot « Shaddai » (שדי). Shaddai veut dire « le Tout-Puissant », mais c’est aussi l’abréviation de « Shomer Dlatot Israel » (= gardien des portes d’Israel), d’où le Shin des Mezuzot…

On peut par exemple retrouver ce signe sur les tombes de Kohanim (ce qui atteste alors qu’on vient d’une famille de Cohen). Ainsi sur cette photo prise dans un cimetière juif de Lodz en Pologne, on peut retrouver les deux mains faisant le « salut vulcain » (gros plan par ici).

Plus globalement, la mystique juive a imprégné d’autres références de Spock.

Par exemple, dans un épisode de la première série où il doit rester alité à l’hôpital, Spock s’ennuie et lit un livre – évidemment en tournant les pages à toute vitesse. À la fin, on voit son air satisfait, puis la couverture du livre : il s’agit de Spinoza ! Il faut savoir que le philosophe libéral hollandais Spinoza était d’origine juive, et selon certaines thèses il aurait été adepte de la Kabbalah…

Rappelons aussi que l’acteur qui jouait Captain Kirk était aussi juif, et que c’est dans cette série de Star Trek qu’a eu lieu le premier baiser « inter-racial » à la télé américaine – ce qui était très progressiste à la fin des années 60.

Enfin, une petite touche psychologique : Spock est un personnage schizophrène, étant semi-humain et semi-vulcain.

Son côté vulcain le pousse à la logique la plus froide, tandis qu’il lutte contre ses propres sentiments issus de son côté humain. D’où cette citation très drôle dans le tout premier épisode, jouant sur les sentiments refoulés de Spock :

Kirk : « Je veux que sa fin soit citée en exemple. Il n’avait pas demandé ce qui lui est arrivé. »
Spock : « Je suis désolé pour lui… »
Kirk : « Je crois qu’après tout, il y a de l’espoir pour vous, Monsieur Spock. »

Spock est donc l’incarnation parfaite de la schizophrénie des personnes juives immigrées d’Europe de l’Est en Amérique du Nord.

Face à la misère extrême et aux pogroms, ces personnes ont fuit les shtetls et se sont retrouvées dans le pays des gratte-ciels : il y a de quoi devenir fou devant cette contradiction entre les communautés campagnardes et les métropoles modernes…

D’autant plus quand il s’agit de s’assimiler à la société américaine tout en gardant sa culture d’origine : là encore, il y a de quoi devenir schizophrène quand on porte un nom de famille totalement distordu pour correspondre aux noms américains courants…

Ce qu’il faut par conséquent remarquer, c’est que l’aspect semi-vulcain de Spock correspond parfaitement à l’image des talmudistes juifs, en particulier ashkénazes : intellectuels, abstraits, sans joie. En un mot : formalistes.

L’allusion à la bénédiction des Kohanim est donc tout à fait frappante, puisqu’elle provient du côté vulcain de Spock !

De là à dire que dans l’imaginaire collectif américain, les juifs sont des « extraterrestres »… Eh bien justement !

On peut par exemple penser à Superman, qui vit parmi les humains mais vient de la planète Krypton. Lui aussi vit une véritable schizophrénie entre Clark Kent et Superman, et doit nier ses sentiments.

Il faudrait même aller plus loin, en remarquant qu’aussi bien Spock que Superman sont des humanoïdes qui ont d’ailleurs la peau blanche. Ces extraterrestres forment donc une « minorité » qui peut se fondre dans la société américaine de manière « invisible »… ou presque, ce qui est justement le fondement de leur psychologie.

Autant il est possible d’affirmer que certains extraterrestres sont le reflet culturel des formes de vie incomprises sur Terre (autrement dit les animaux), autant certains autres extraterrestres symbolisent des minorités nationales, et pas seulement juive d’ailleurs – il suffit de penser à Petit Cœur dans Dragon Ball Z.

En vérité, il est même possible d’affirmer que cette correspondance entre extraterrestres et personnes juives est l’un des fondamentaux de l’antisémitisme aux État-Unis ! À ce titre, il y a un grand travail culturel à faire concernant le film « Invasion of the Body Snatchers » (1956) et ses nombreux remakes, ou bien certains films de John Carpenter.

Spock avec nous !

« Comme les 5 doigts de la main »

Aujourd’hui sort au cinéma le nouveau film d’Alexandre Arcady, « Comme les 5 doigts de la main ».

D’office, on peut penser que la référence très évidente à la khamsa est peut-être un peu lourde…

À l’affiche du film, on retrouve entre autres Patrick Bruel, Vincent Elbaz, Pascal Elbé, Eric Caravaca et Mathieu Delarive. Pour Patrick Bruel, c’est la 5ème fois qu’il travaille pour Alexandre Arcady, qui l’avait lancé à 20 ans dans « Le coup de sirocco ».

« Comme les 5 doigts de la main » raconte l’histoire à Marseille des cinq frères Hayoun, ou plutôt des quatre frères, puisque le cadet est absent et resurgit dans la vie de la famille avec une balle dans le ventre…

Pour avoir une petite idée du film, il suffit de regarder la bande-annonce, qui est franchement explicite, ou bien de lire le synopsis :

Ils sont 5 frères, semblables et pourtant différents, élevés par une mère devenue veuve trop tôt. L’un d’eux, qui s’était éloigné, resurgit. Poursuivi par des trafiquants, il se réfugie parmi les siens et leur révèle un secret. Ensemble, ils feront tout pour se défendre et venger la mémoire de leur père assassiné.

Bien entendu, on pense immédiatement à une transposition marseillaise du « Grand Pardon », où les valeurs familiales l’emportent à travers la vengance du frère enlevé et surtout de la figure du père.

En fait, il faut remarquer qu’il y a une certaine dimension autobiographique dans ce film, évidemment pas dans son aspect film-noir-d’action-à-Marseille-avec-des-snipers, mais dans son aspect comédie-dramatique-familiale-avec-une-mère-juive-algérienne.

Dans cette intéressante interview d’Alexandre Arcady, on apprend en effet que lui aussi est issu d’une famille de cinq frères, et que les tempéraments des frères Hayoun font diversement écho à la famille Egry – de son vrai nom.

On y apprend également que sa fratrie est plutôt marquée à gauche : l’un des frères est engagé à l’extrême-gauche, un autre dans la gauche sioniste, etc.

Et d’ailleurs, il faut remarquer que même dans les films « algériens » d’Arcady, il y a souvent une dimension critique et autocritique : soldat déserteur en Algérie joué par Arcady dans « Avoir 20 ans dans les Aurès », critique du racisme entre juifs et arabes dans « Le Grand Pardon » ou dans « L’union sacrée », critique de la famille « féodale » dans « Mariage mixte », etc.

Naturellement, tout cela est enrobé de nostalgie et de sentimentalisme – parfois touchant si on y met de la bonne volonté…

Par contre dans « Comme les 5 doigts de la main », on ne voit pas trop où pourrait être la dimension critique, à part dans une certaine forme d’autodéfense apolitique un peu musclée et très déterminée.

Et de fait, la bande-annonce laisse surtout penser à un repli sur la famille présentée comme le seul refuge sûr dans un monde brutal.

Pour celles et ceux qui iront voir ce film d’Alexandre Arcady, envoyez-nous vos critiques !

Le Pen, les cathos intégristes, Novopress… et les juifs schizophrènes d’extrême-droite

Il existe en France des juifs qui vivent dans une intense schizophrénie.

Ces juifs schizophrènes soutiennent l’extrême-droite franco-française, sous couvert de guerre de l’occident soi-disant « judéo-chrétien » contre le monde arabe.

Heureusement, Jean-Marie Le Pen pense à eux !

Car depuis la campagne des élections régionales, il ne se passe plus un mois sans que le chef du Front National ne fasse une déclaration antisémite tonitruante, pour ne pas perdre la main dans la course à l’antisémitisme.

Ainsi on a eu droit ce dimanche soir à des affirmations franchement négationnistes de la part de Le Pen.

En commentant le déplacement du grand rabbin Bernheim à Vichy pour la journée nationale de la déportation, Le Pen a osé dire : « Il l’a peut-être fait aussi en remerciement de l’action du gouvernement de Vichy. »

Avant d’ajouter que « les juifs français ont bénéficié, somme toute, d’une indulgence que leur a valu l’action du gouvernement français ». Le Pen est donc en train d’expliquer que les personnes qui ont perdu de la famille pendant la guerre devraient presque remercier Vichy.

Il est de plus carrément pervers, en introduisant une distinction entre les personnes juives françaises et les personnes juives de nationalité étrangère – alors que pour les bouchers génocidaires, même un bébé juif devait être liquidé.

Jean-Marie Le Pen déclare enfin : « Feindre de croire que le maréchal Pétain était responsable de la persécution des juifs pendant la guerre, c’est une pensée scandaleuse. Adolphe Hitler ne demandait pas l’autorisation à Philippe Pétain de faire ce qu’il voulait faire. »

Le Pen feint d’ignorer que pendant la Rafle du Vél d’Hiv, les personnes juives enlevées, parquées, déportées et assassinées n’ont pas vu un seul uniforme allemand. Pourtant, le chef du Front National est un spécialiste de la Rafle du Vél d’Hiv.

À cela, Jean-Marie Le Pen répond que la Rafle du Vél d’Hiv « n’a pas été d’initiative française ». C’est oublier les rafles de Vichy en zone « libre », qui ont suivi immédiatement les grandes rafles en zone occupée. Ainsi à la fin août 1942, ce sont 6500 personnes juives qui furent raflées en zone « libre ».

Le Pen joue donc dans le registre du négationnisme pur et simple, en pleine journée du souvenir des populations déportées par les nazis et leurs alliés. Et quoi qu’en diront les juifs d’extrême-droite, leur idole Marine Le Pen n’a toujours pas réagi.

On n’est pas là dans une nostalgie du pétainisme, mais dans un antisémitisme très actuel, qui se revendique comme ancré dans l’histoire du fascisme français. Bref, un antisémitisme opérationnel car traditionnel.

Et justement à propos d’antisémitisme traditionnel, un documentaire sera diffusé sur France 2, ce soir à 22h55. Il s’agit d’un reportage des Infiltrés sur les catholiques intégristes de Bordeaux, en lien avec le mouvement national-catholique Dies Irae.

Les fascistes ont mené une intense campagne contre la diffusion de ce documentaire. Toute cette affaire est résumée sur le site de l’Action Antifasciste.

Quoi qu’il en soit, on voit dans ce documentaire des enfants scolarisés dans une école catholique intégriste de Bordeaux, et l’un d’eux déclare franchement au journaliste infiltré : « Mon voyage de noces, je le ferai à Auschwitz. »

Là encore, le fantasme de « l’occident judéo-chrétien » des juifs d’extrême-droite en prend un sérieux coup…

Pour finir, la palme de la schizophrénie et de l’hypocrisie revient peut-être en ce moment… au Crif !

En effet, à propos de la conférence de l’ambassadeur iranien dans une brasserie d’extrême-droite, le Crif reprend dans son fil d’actualité un compte-rendu de Novopress, qui est en gros l’agence de presse du courant fascistes des « Identitaires ».

Le Crif reprend donc un compte-rendu venant de l’extrême-droite, et ce faisant, il laisse entendre que les fascistes Identitaires ne seraient pas antisémites.

Pourtant sur la page d’accueil de Novopress Paris, on trouve directement un article intitulé « Gad Elmaleh : courageux mais pas téméraire ».

On peut penser ce qu’on veut de Gad Elmaleh, notamment après que TF1 ait plus ou moins massacré son spectacle samedi soir, mais là, les fascistes réagissent au « soutien » de Gad à « l’humoriste » Stéphane Guillon :

« Personne n’a le souvenir d’avoir entendu Gad Elmaleh prendre la défense d’un autre « collègue », autrement plus « menacé » que l’histrion Guillon puisque véritablement chassé des médias et agressé physiquement. Il s’agit bien sûr du paria Dieudonné. Un « oubli » à sa belle et courageuse profession de foi auquel le « comique préféré des français » ne manquera pas, n’en doutons pas, de remédier. »

On est là en plein dans l’attaque antisémite pleine de sous-entendus.

Ainsi donc, le fil d’information du Crif reprend des articles venant de l’extrême-droite antisémite, sans un seul mot d’explication ou de clarification.

Les juifs schizophrènes d’extrême-droite prétendent lutter contre l’antisémitisme, mais la vérité c’est que ce sont des gens inconséquents, empêtrés dans des contradictions profondes.

Au vu de tout cela, leur existence peut paraître surprenante. Mais elle est en fait très logique : la bourgeoisie juive est intégrée au sein de la bourgeoisie française, et leurs intérêts de classe se confondent.

Le véritable problème, c’est que l’extrême-droite juive est propagandiste à l’extrême, et que son agitation permanente peut toucher des secteurs populaires au sein de la minorité nationale juive.

Les personnes juives qui tombent dans les délires de l’extrême-droite franco-française sont perdues pour la lutte contre l’antisémitisme, elles servent le fascisme assassin.

Car le fascisme est un mouvement, un mouvement protéiforme où tout existe avec son contraire. Croire que l’on peut tirer profit d’une alliance avec certains fascistes contre d’autres, c’est renforcer le mouvement fasciste dans son ensemble.

Dans l’extrême-droite franco-française, il n’existe pas de fascistes qui ne soient pas antisémites : cela peut aller de l’antisémitisme hypocrite « qui s’ignore » à l’antisémitisme exterminateur, en passant par l’antisémitisme propagandiste ou pogromiste.

La seule voie pour briser l’antisémitisme et vivre libres, c’est d’abattre les projets fascistes de division du peuple, c’est d’abattre la triple oppression : racisme, sexisme, capitalisme.

Juif ! Juive ! Rejette l’extrême-droite juive schizophrène !
Assume une lutte franche et conséquente contre l’antisémitisme !
L’Action Antifasciste est ton organisation !

Un couple homosexuel enterré vivant – PCMLM

Un couple d’homosexuels enterrés vivants : la barbarie est une réalité de la crise générale du capitalisme

Luc Amblard et Guy Bordenave, un couple d’homosexuels de Couy, un village du Cher, ont été enlevés, ligotés, bâillonnés et enterrés dans un trou creusé à l’intérieur d’un bois de La Charité-sur-Loire (Nièvre). Leurs corps avaient été retrouvés le 4 juin 2009.

Une des deux personnes mises en examen pour ce crime révèle maintenant que Luc et Guy ont été enterrés vivants, ce que corrobore l’autopsie et l’enquête.

A la lecture de cette acte ignoble, on comprend pourquoi le mot d’ordre du PCMLM « Socialisme ou retombée dans la barbarie ! » est celui qui correspond à notre époque de crise générale du capitalisme et de montée du fascisme en parallèle.

Bertrand Delanoë réagit sur son blog en parlant de « triste période de régression silencieuse » et la descente inexorable d’ « une nouvelle chape de plomb ».

On voit bien que cette position se résume à une constatation passive d’un phénomène inexplicable.

Pourtant, la progression de l’homophobie est tout à fait explicable car directement liée à l’idéologie dominante du patriarcat qui crache de plus en fort son fascisme à mesure que la crise du capitalisme s’amplifie.

Ainsi, Contre-Informations a été le seul média expliquant la connexion entre les agressions homophobes et la crise générale du capitalisme.

C’est la seule manière de comprendre la situation présente et la nécessité de préparer la révolution socialiste pour abattre le patriarcat et ses relents fascistes de plus en plus affirmés.

Seule une compréhension scientifique du monde peut mener le peuple à triompher de l’idéologie de mort du capitalisme et du fascisme produisant l’idéologie patriarcale.

Et le PCMLM a justement expliqué que le capitalisme se fondait sur le darwinisme social suivant une logique génocidaire qui liquide, extermine et dissimule les corps, comme pour Marina ou Luc et Guy.

Au sujet du génocide, il faut souligner, à l’approche de la journée nationale du souvenir de la déportation ce dimanche, que le motif de déportation vers les camps de concentration pour les homosexuels n’est toujours pas mentionné et que les associations homosexuelles sont diversement acceptées lors des cérémonies.

Dans les camps de concentration, les homosexuels étaient les cibles privilégiés des tortures, des humiliations et d’atroces expérimentations « médicales » conduites par les nazis.

Le site du Mémorial de la déportation homosexuelle comporte notamment le bouleversant témoignage de Pierre Seel, déporté en raison de son homosexualité, condamné pour une grande partie de sa vie à rester dans l’ombre.

Avec le PCMLM, assumons et diffusons les mots d’ordre révolutionnaires :

Luttons contre l’ombre et le silence !

Socialisme ou retombée dans la barbarie !

Il n’y aura pas de nouvel Holocauste !

Les pom-pom girls d’Hapoel Jerusalem, et ce qu’elles révèlent sur la culture française

Parfois une actualité en révèle davantage sur celles et ceux qui la relaient, que sur celles et ceux qui en sont protagonistes. C’est justement le cas avec cette nouvelle, qui nous vient du basket israelien, et qui est relayée… presque uniquement en France !

Hapoel Jerusalem est une grande équipe israelienne de basketball, qui ces dernières années a franchement bien joué. Surtout quand on connaît l’hégémonie historique du Maccabi Tel Aviv en Israel (et même dans le basket européen).

Mais en France, il n’est quasiment jamais parlé du sport dans l’État sioniste, à part pour les défaites à répétition du PSG contre des clubs israeliens. Et même Hapoel préfère ne plus en parler depuis notre autocritique sur la nature du football capitaliste.

Bref, il n’y avait pas de raison de relayer cette actualité plus qu’une autre… Et pourtant !

Venons-en aux faits.

La Ligue Nationale de Basketball en Israel a récemment décidé de rendre obligatoires les pom-pom girls dans les matchs du championnat de basket.

Vous avez bien lu : obligatoires. C’est-à-dire que chaque équipe du championnat a le devoir de former une équipe de « cheerleaders » pour soi-disant « divertir » les spectateurs masculins pendant les pauses, sous peine d’avoir une amende !

Seulement voilà, Jérusalem est de fait une ville très particulière, et un tiers de sa population est religieuse. Ce qui fait que Hapoel Jerusalem a protesté contre la décision de la Ligue, en arguant que cela pourrait choquer le public religieux.

Résultat, les pom-pom girls de Hap J’lem se sont résignées à faire leur show vêtues dans une tenue plus « modeste », comme on dit chez les religieux.

Voilà ce qu’on peut lire dans plusieurs revues de presse en France, suite à un assez long article de l’AFP en Israel : « No sexiness, we’re Holy City cheerleaders ».

Et bien entendu, cette dépêche de l’AFP a été immédiatement reprise en France, ce qui est extrêmement révélateur de l’idéologie national-bourgeoise française. Et, ce qui est encore plus révélateur, c’est qu’elle a été relayée presque uniquement en France ! C’est-à-dire que de fait, les agences de presse autres que l’AFP n’ont pas jugé utile de faire une dépêche sur cela.

Car quel est l’intérêt de relayer cette information en France, si ce n’est pour se moquer des religieux juifs, en sous-entendant à côté que les Français au moins ne seraient pas « coincés » ?

Cela a été analysé à la veille de Noël de manière très précise et très juste par les marxistes-léninistes-maoïstes, dans ce document : « Le concept de laïcité révèle l’aspect culturel social-féodal de la France ». Il y est affirmé :

L’importance de la religion hypocritement masquée par la l’idéologie républicaine explique aussi la domination extrêmement visible dans la population d’un sentiment général de pessimisme et de passéisme, contre-révolutionnaire par essence.

En effet, les classes dominantes en France diffusent largement l’image d’un pays « résistant » à l’ordre capitaliste ambiant, autrement dit « la mondialisation », mais irrémédiablement isolé dans un monde « qui ne le comprend pas », ce qui participe aussi au chauvinisme à l’intérieur et au préjugé très répandu d’arrogance à l’extérieur.

Le sentiment religieux joue précisément sur cet aspect social-féodal d’un État bourgeois paternaliste, un « modèle » dont la France serait le dernier représentant et qui se délite peu à peu (d’où le pessimisme et le passéisme).

À notre époque, celle de la putréfaction capitaliste favorable, les fascistes s’appuient sur le social-féodalisme pour alimenter l’image d’une France si unique dans le monde (notamment concernant le concept de laïcité), menacée de disparaître si elle ne renoue pas avec son « glorieux passé ».

Ce qui est encore pire, c’est quand on voit la manière dont sont traitées en France les féministes qui ont protesté contre la décision de la Ligue israelienne de basket.

Car il faut savoir que 19 associations féministes se sont révoltées contre le sexisme de la Ligue capitaliste de basket, ce qui est une démarche plus que légitime : comment accepter la dégradation de la dignité des femmes qui est présupposée pour que le sport capitaliste impose des spectacles pour machos ?

Mais non, la presse française se moque également du féminisme, en faisant entendre que les féministes et les religieux seraient finalement autant « coincéEs » les unEs que les autres. Autrement dit, les féministes progressistes et les religieux réactionnaires seraient sur le même plan.

La palme de l’antiféminisme revient tout de même au magazine « féminin » Elle, qui passe purement sous silence la contestation féministe, pour ne retenir qu’une sorte de lutte entre d’une part celles qui voudraient s’habiller comme elles veulent sur le playground, et d’autre part les religieux juifs rétrogrades.

La presse bourgeoise française se moque, donc.

On a donc comme toujours droit aux habituels jeux de mots bien français : le journal suisse Le Matin titre « Jérusalem: les pom pom girls priées d’être casher », tandis que l’hebdomadaire gratuit Sport surenchérit « Des pom-pom girls pas du tout Hapoel ».

Tout cela est tout simplement pitoyable, et d’ailleurs ce dernier jeu de mot a déjà été fait contre HaPoel HaAntifashisti sur un forum nationaliste bien franchouillard, bien gras, et bien antisémite.

En une dépêche sur le basket israelien, on a donc un panorama de tout ce qui constitue la culture national-bourgeoise française : croyance chauvine en la supériorité de la pseudo-laïcité à la française, jeux de mots antisémites, dénigrement de la dignité des femmes. Voilà pour le contenu.

Quant à la forme, elle n’est pas moins franco-française : moquerie, beauferie, et surtout conviction d’être un « esprit libre » et pas « coincé »…

Alors que depuis le départ, c’est le sport capitaliste qui a décidé d’imposer un spectacle sexiste pendant les matchs de basket ! Voilà ce que vaut l’esprit « libre » franco-français : la complicité avec les capitalistes le plus machos !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h35, sortie samedi à 21h48.

Faire vivre la mémoire du génocide arménien

« Qui se souvient encore du massacre des Arméniens ? »
Adolf Hitler, août 1939.

Demain samedi 24 avril, on commémorera le génocide arménien, qui a fait 1,5 millions de victimes arméniennes, 500 000 victimes assyro-chaldéennes-syriaques, 350 000 victimes grecques, ainsi que des centaines de milliers de victimes kurdes, utilisées puis trahies par les génocidaires turcs.

Ce 24 avril, chaque personne juive doit affirmer et réaffirmer sa solidarité avec la mémoire arménienne, le peuple arménien, et les communautés arméniennes issues de l’exil – de Marseille à Jérusalem en passant par Alfortville.

Le fascisme turc ne s’y trompe pas, et a bien compris que la solidarité internationaliste est une arme pour les peuples martyrs, pour les peuples épris de justice.

Car aujourd’hui, l’État fasciste turc est négationniste, et cela de manière ouverte et officielle : sa terminologie consacrée parle du « prétendu génocide arménien », sa « justice » condamne pour « insulte à l’identité nationale turque », ses mercenaires fascistes assassinent les patriotes arménienNEs.

Dans sa propagande haineuse, le fascisme turc a le soutien de certaines couches de la bourgeoisie française, mais aussi de l’État sioniste, qui nie encore et toujours la réalité du génocide arménien en tant que génocide.

Pour toute personne juive, pour toute personne consciente de ce qu’est un génocide, il est tout naturel de défendre le peuple frère arménien contre les tentatives de travestir la réalité, de salir la mémoire.

Cela doit impérativement passer par la mise en avant de nos mémoires sœurs, par la solidarité entre peuples ayant tutoyé l’anéantissement.

L’année dernière, Hapoel avait ainsi mis à disposition un assez long historique du génocide arménien. Pour mieux connaître et comprendre l’histoire du génocide arménien, nous conseillons entre autres le site Imprescriptible.

Enfin, de nombreuses initiatives ont lieu dès aujourd’hui pour commémorer le 95ème anniversaire du génocide arménien. On en trouve la liste sur le site du Collectif VAN. Nous ne pouvons qu’encourager les ParisienNEs à aller dimanche sur le parvis de Notre-Dame.

Faire vivre la mémoire du génocide arménien, contre tous les négationnistes !
Au nom de Missak Manouchian et de Joseph Epstein, vive la fraternité antifasciste !

Ronda prolétarienne !

La Ronda, un jeu populaire marocain

Le saviez-vous ?

La Ronda ou Rounda est un jeu de cartes très populaire au Maroc, si ce n’est le plus populaire, et qui est donc aussi répandu parmi les familles marocaines d’origine juive.

1. D’où vient la Ronda ?

Il est assez difficile de savoir où et quand est née la Ronda.

A-t-elle été introduite par le colonisateur espagnol au début du 20ème siècle ? Ou bien plus tôt par l’exil des populations juives puis arabes « morisques » d’Espagne ? Ou encore est-ce un jeu d’origine arabe qui a été joué avec les cartes espagnoles quand elles ont été introduites ?

Certaines sources affirment que c’est la deuxième hypothèse qui est correcte, et celle-ci n’est d’ailleurs pas farfelue, mais la première est peut-être plus vraisemblable.

En effet, bien qu’il existe des termes arabes pour les règles du jeu, ce sont bien plus souvent les termes espagnols / castillans qui sont utilisés, notamment dans les familles juives qui ont été exilées (et dont les usages ont donc été « figés »).

De plus, la Ronda est extrêmement populaire au Nord du Maroc, dans une ceinture qui va de Tanger et Tétouan jusqu’à Oujda en passant par les colonies espagnoles de Ceuta et Melilla. Or le Nord du Maroc et le Rif ont été colonisés par l’État espagnol.

Aussi faut-il savoir que la Ronda est très proche dans la forme du jeu espagnol de l’Escoba (ou Quinta), ainsi que du jeu italien de la Scopa (avec des cartes italiennes) : c’est principalement le système de comptage des points qui diffère.

Cela n’est pas réellement un argument contre l’hypothèse de l’importation morisque de la Ronda, mais quand on sait qu’il existe en Tunisie et dans l’Est algérien la Chkobba / Chkouba, qui est proche de la Scopa italienne et qui se joue avec des cartes italiennes, on se dit qu’il est possible que la Ronda a été importée au Maroc par le commerce avec l’Espagne, comme la Chkobba l’a été en Tunisie avec les migrants d’Italie.

2. Avec quoi se joue la Ronda ?

Tout d’abord, avec un jeu de 40 cartes espagnoles. Les cartes espagnoles se comptent de 1 à 12, avec les 10, 11 et 12 qui sont incarnés par un valet, un cavalier et un roi. Avec quatre couleurs, cela fait 48 cartes.

Pour avoir un jeu de Ronda, il faut enlever les 8 et les 9 : on passe donc directement de 7 à 10 (cela a son importance pour la Ronda !).

Les cartes espagnoles se répartissent en quatre couleurs : Oros (ou Dhab ou Dinar en arabe : les pièces d’or ou deniers), Copas (la coupe), Esapadas (ou Chbada en arabe : les épées), et Bastos (ou Khal en arabe : les bâtons).

Les cartes espagnoles ressemblent aux cartes italiennes, et leur signification est d’ailleurs intéressante : Oros pour la bourgeoisie, Copas pour le clergé, Espadas pour la noblesse, et Bastos pour la paysannerie.

Les cartes espagnoles affirment donc l’existence de classes sociales… mais pour mieux nier les luttes de classes dans la féodalité ! Que chaque classe sociale reste à sa place !

Puis à part les cartes, il faut aussi des joueurs et des joueuses !

On peut jouer à deux, trois, quatre (= deux couples) ou six (= trois couples), qui sont les diviseurs de 12, d’après ce calcul rapide : (40-4)/3=12. Attention ! Les seuils de points à la fin de chaque tour changent, suivant qu’on joue à 2 ou 4, ou bien à 3 ou 6.

Justement, pour compter les scores il faut des jetons (de 1, 5 et 10 points), ou bien, comme cela se faisait… des pois chiches (crus !) pour les points et autre chose pour les 5 points.

Et enfin, particulièrement pour la cas fréquent où l’on joue à deux contre deux, il faut s’armer de beaucoup d’acharnement… et d’une bonne dose de mauvaise foi !

3. Comment se joue la Ronda ?

La Ronda se joue tour à tour, le but étant de « ramasser » le plus de cartes sur le tapis en formant des couples avec les cartes qu’on a dans la main, et d’arriver donc le plus vite à un certain nombre de points. Il existe des points qui proviennent des cartes qu’on a ramassées, et des points qui s’obtiennent au cours de chaque manche, suivant certaines règles.

Il existe un certain nombre de variantes de Ronda, suivant de là où on vient au Maroc, et les mots consacrés durant le jeu peuvent aussi varier, avec diverses combinaisons entre l’espagnol, l’arabe et le français. Nous allons donc expliquer uniquement la Ronda à quatre joueurs, qui est la plus fréquente, mais surtout celle avec le meilleur rapport amusement / mauvaise foi / durée de jeu.

On se place à quatre autour d’une table, et les équipes sont formées des personnes se faisant face. À chaque manche, la personne qui mélange les paquet et qui donne les cartes change.

Au premier tour de chaque manche, on distribue trois cartes à chaque personne, et on pose quatre cartes découvertes sur la table. S’il y a des répétitions parmi ces dernières cartes, on les change en les replaçant au milieu du paquet de cartes.

Voici le fonctionnement de base du jeu : au tour à tour, chacunE pose une carte sur la table. Si cette carte est déjà sur la table, la personne ramasse toutes les cartes qui la suivent dans l’ordre des numéros. Sinon notre carte vient s’ajouter à celles qui sont sur la table.

Par exemple s’il y a sur la table les cartes 5 – 6 – 7 – 10 et que l’on pose un 6, notre équipe ramassera 6 – 7 – 10. Mais si l’on pose un 2, il reste sur la table.

Quand les trois cartes de la main sont épuisées, on redistribue trois cartes à chacunE (sans rien ajouter sur la table), et cela jusqu’à la fin du talon de cartes. On comprend donc bien que la Ronda est un jeu où il vaut mieux avoir une bonne mémoire des cartes qui sont déjà passées.

La manche s’arrête après cette dernière main, la personne qui distribue doit annoncer qu’il n’y a plus de cartes, celles qui restent sur la table à la fin vont à l’équipe qui a fait le dernier pli, et on procède au décompte de points.

Chaque équipe compte le nombre de cartes qu’elle a ramassées, et prend un point par carte au-delà du seuil des 20 cartes (sachant qu’il y a 40 cartes). Par exemple si une équipe a ramassé 17 cartes, l’autre équipe doit en avoir 23, et cette dernière obtient 3 points.

Le but du jeu est d’arriver les premiers à 41 points. Mais 41 points, cela fait 21 + 20, et de fait on reverse les jetons ou les pois chiches une fois arrivés à l’étape intermédiaire des 21 points. Il faut donc obtenir 21 points, puis à nouveau 20 points.

Voilà les règles de base de la Ronda.

Aux points que l’on gagne à la fin de chaque manche, s’ajoutent les points que l’on gagne durant les phases de jeu.

Quand on ne joue pas en équipes, on peut prendre ces points là en échangeant les cartes qu’on a déjà ramassées : soit une personne donne une carte de son tas à une autre, soit tout le monde donne une carte à une certaine personne, etc.

Le problème est qu’au début de chaque manche, on n’a pas ramassé de cartes. De plus, cela suppose que l’on encaisse ces points uniquement à la fin de la manche lorsque l’on compte les cartes, et que l’on ne peut pas gagner en plein milieu du jeu : cela enlève du piquant à la Ronda.

Mieux vaut donc se baser sur des jetons ou des pois chiches que l’on gagne au fur et à mesure, ce qui est aussi certainement moins compliqué quand on joue en équipes…

Comme première occasion de gagner des points, il y a la « Ronda », c’est-à-dire quand on a deux fois la même carte dans sa main. La Ronda s’annonce aussitôt les cartes distribuées, et donne droit à 1 point. S’il y a plusieurs Rondas, les points sont mis en balance jusqu’à la fin de la main, et c’est la Ronda la plus forte qui emporte tous les points. S’il y a égalité, chaque équipe remporte ses points propres.

Dans le même esprit, il existe aussi la Tringla, qui correspond à trois fois la même carte dans sa main. La Tringla fait gagner 5 points, avec les mêmes règles en cas de plusieurs Tringlas, et surtout supériorité de la Tringla sur la Ronda : si quelqu’unE a Tringla et quelqu’unE d’autre une Ronda, la Tringla prend 6 points dès le début.

Quand une personne lève toutes les cartes qui sont sur la table, on dit qu’elle a fait Missa, et son équipe gagne 1 points. Cela peut arriver quand il n’y a qu’une carte sur la table, ou bien quand il y a une suite.

Et enfin, la dernière règle qui est sans doute la plus amusante en pratique : la règle de la Caida ou du « Tapé » (ou encore Bouah’d en arabe). Les points de la Caida se cumulent avec ceux de la Missa : on peut donc faire « Tapé Missa » ou bien « Bouah’d ouMissa ouJouj » en arabe (= Caida et Missa et 2 points).

Ainsi quand quelqu’unE pose une carte sur la table sans rien ramasser, et que la personne suivante dans le tour de jeu a la même carte dans sa main, elle peut « taper » en ramassant immédiatement la nouvelle carte : son équipe gagne alors 1 point.

Mais attention ! Si le joueur suivant / la joueuse suivante a la même carte, elle peut encore « taper », et faire gagner 5 points à son équipe. En arabe, on dit B’khamsa, pour les 5 points gagnés.

Mais attention attention ! Si la dernière personne dans le tour a encore la même carte (cela arrive vraiment !!!), elle « sur-tape » et elle obtient 10 points, ainsi que la haine éternelle de l’équipe adverse.

Voilà en gros quelles sont les règles de la Ronda à quatre joueurs / joueuses. Mais la règle d’or est bien entendu de garder son sang-froid !

Honneur aux insurgéEs du Ghetto de Varsovie !

C’était hier la célébration de l’insurrection du ghetto de Varsovie, qui fut déclenchée le 19 avril 1943. Suite au court hommage que nous avons rendu hier, voici un bref rappel historique. Il existe de plus un document de l’Action Antifasciste sur l’Organisation Juive de Combat (ŻOB).

À la veille de la guerre et de l’invasion nazie en septembre 1939, Varsovie abrite une forte minorité juive de 380 000 personnes, soit 30 % de la population varsovienne.

Le jour de Kippour 1940 est établi le ghetto, dans le centre-ville de Varsovie, cerné par un mur de 18 km de long, haut de plusieurs mètres et renforcé de barbelés.

C’est bien simple : la vie dans le ghetto, c’est l’antichambre de l’enfer sur Terre.

Misère extrême, famine permanente, froid glacial, maladies rongeant vieillards et enfants, cadavres dans les rues. Et l’incessante menace d’une Aktion nazie, où n’importe qui peut être torturéE, violéE, abattuE arbitrairement.

À l’été 1942 commence la déportation vers Treblinka.

La première vague de déportations vers les camps d’extermination, avec des rafles à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, ramène la population du ghetto de 450 000 à 70 000 âmes début 1943.

En janvier 1943, les organisations de résistance juive s’opposent militairement aux déportations, prenant le contrôle du ghetto.

Les forces d’occupation mettent un certain temps à réagir, mais le soir de Pessa’h 1943, les nazis entrent dans le ghetto, prévoyant de le prendre en trois jours.

Le 19 avril 1943, ce sont donc quelques centaines de jeunes combattantEs du ghetto qui choisissent de résister les armes à la main, et lancent l’insurrection du ghetto de Varsovie.

L’Organisation Juive de Combat (ŻOB) et l’Union Militaire Juive (ŻZW) tiendront 27 jours.

Jusqu’au 16 mai, avec l’incendie total du ghetto et la liquidation finale de la population juive de Varsovie par les nazis, marquée également par la destruction de la Grande Synagogue.

Environ 7 000 personnes juives sont tuées durant les combats, 6 000 autres sont brûlées vives ou gazées durant l’anéantissement du ghetto, et les survivantEs seront déportéEs à Treblinka et Majdanek.

L’insurrection du ghetto était vouée à la défaite militaire et à l’extermination. Les résistantEs le savaient. Mais ils et elles ont livré leur dernière bataille, refusant d’aller à l’abattoir.

Les martyrEs du ghetto de Varsovie sont l’honneur et la dignité des peuples martyrs. Aucun hommage ne sera jamais à la hauteur de leur courage.

19 avril 1943 : honneur aux combattants du ghetto de Varsovie !

« Sachez donc qu’aujourd’hui comme hier,
chaque seuil du Ghetto sera une forteresse.

Sachez que nous tous,
nous voilà prêts à mourir au combat,
et sans jamais nous rendre !

Comme vous, nous désirons la revanche,
nous voulons le châtiment de tous les crimes perpétrés par l’ennemi commun.

Nous nous battons pour notre liberté et la vôtre,
pour notre honneur et pour le vôtre,
pour notre dignité humaine, sociale, nationale et pour la vôtre !

Vengeons les crimes d’Auschwitz, de Treblinka, de Belzec, de Majdanek !

Vive la fraternité d’âme et de sang de la Pologne combattante !

Morts aux bourreaux, mort aux tortionnaires !

Vive le combat à vie et à mort contre l’occupant ! »

Organisation juive de combat, 23 avril 1943.

Drame de Bobigny : où veut en venir l’U"J"FP ?

En ce moment, n’importe quelle personne juive issue du peuple est confrontée à ce pressentiment : une nouvelle époque est en train de s’ouvrir, là, sous nos yeux.

Une époque difficile où l’antisémitisme de type pogromiste, jusque là souterrain et longtemps nié à gauche, va pouvoir refaire surface et frapper de manière imprévisible.

Et peut-être que le tapage des fascistes et des quasi-islamistes autour de la mort de Saïd B. à Bobigny est l’un des premiers frémissements de cet antisémitisme pogromiste.

À propos de la récupération du drame de Bobigny par les antisémites, Hapoel a donc posé plusieurs affirmations lourdes de sens :

« Quand on observe par exemple l’attitude de la CAPJPO-Europalestine, on voit la tendance à l’antisémitisme pogromiste, qui ronge son frein et n’attend qu’une rumeur raciste pour passer à l’acte. »

« Les fascistes sont capables eux-mêmes de mobiliser directement dans l’antisémitisme : la tendance est au pogrom. »

« On est là dans la logique du pogrom, dans un antisémitisme directement pogromiste, car tout homme juif est « suspect », et pas seulement un « lobby » tout-puissant mais invisible. »

Voilà un positionnement radical, un positionnement exclusif aux antifascistes, puisque seul le camp antifasciste est capable d’analyser les tendances dans la crise capitaliste.

La bonne nouvelle, c’est que l’U"J"FP semble aussi avoir compris cette tendance au pogrom – enfin !

La mauvaise nouvelle, c’est que cela ne semble pas émouvoir l’U"J"FP.

Ainsi l’U"J"FP a émis un communiqué il y a une semaine, c’est-à-dire deux semaines après la mort de Saïd B. : « Sur le meurtre de Saïd Bourarach: Un silence assourdissant! ».

Ce communiqué s’ouvre sur une longue introduction, où de manière très « prudente », il n’est jamais clairement affirmé si le drame de Bobigny est un crime raciste ou pas, même si plusieurs formulations peuvent le laisser entendre : « Il semble difficile d’exclure toute idée de guet-apens à caractère criminel et raciste. »

Mais immédiatement dans la suite, l’U"J"FP se vautre dans la thématique antisémite à la mode du « deux poids deux mesures », en expliquant : « Force est de constater que tous les précédents dont les victimes étaient juives, ont par contre suscité d’immédiates et nombreuses réactions de toute la classe politique, avec un relai médiatique extraordinaire. »

Les juifs, la « classe politique », le « relai médiatique extraordinaire » : tout y est, et il est très logique que ce discours se retrouve à l’extrême-droite en ce moment.

D’ailleurs à propos de la tendance au pogrom, il y a un signe qui ne trompe pas : le discours des fascistes a justement changé.

Ou bien on est directement dans l’antisémitisme pogromiste comme chez Dieudonné (ce qui est « nouveau » chez lui) ; ou bien on a droit à un discours plus « soft » qu’auparavant, qui se présente comme étant « de bon sens », et qui précisément joue sur le « deux poids deux mesures » : le cas le plus typique est celui du proto-nazi Christian Bouchet.

Dans ce deuxième cas, on peut lire entre les lignes une grande confiance, une confiance dans le fait que l’antisémitisme pogromiste fonctionne sur le mode de l’emballement, et qu’il suffirait donc d’appuyer au bon endroit au bon moment.

Mais alors que voit-on ?

Que malheureusement, la position de l’U"J"FP est exactement celle des antisémites quand ils parviennent à jouer sur une démagogie suffisamment finaude.

À l’appui du thème antisémite de ce que l’U"J"FP appelle le « deux poids deux mesures », on a l’éternelle référence à « la triste affaire du RER ou [à] l’incendie du foyer social juif », que tout le monde connaît.

Mais très finement, l’U"J"FP ne parle pas de l’assassinat antisémite d’Ilan Halimi – contrairement à de nombreuses réactions au drame de Bobigny, y compris au sein de la « gauche » antisémite.

Car faut-il rappeler ce que disait l’U"J"FP en février 2006 ?

Elle expliquait : « L’assassinat d’Ilan Halimi est un crime barbare et l’U"J"FP tient à exprimer son émotion et son indignation. Pour autant, le caractère antisémite de cet acte n’est pas avéré. »

Un soi-disant grand « recul », qui apparemment n’est plus autant de mise aujourd’hui… Rappelons qu’Ilan Halimi était un fils du peuple qui a été ciblé, enlevé, torturé et liquidé parce qu’il était juif.

Plus loin dans le communiqué de février 2006, il était également affirmé à propos de l’assassinat d’Ilan : « [L'UJFP] déplore que certains accréditent d’office la thèse du crime antisémite. Une telle attitude est porteuse d’une logique d’affrontements communautaires. »

Alors qu’aujourd’hui, l’U"J"FP déclare de manière scandaleuse : « Il ne peut que cultiver un sentiment de frustration et de colère. [...] Et si la colère devait exploser, serait-il alors opportun de hurler au banditisme, et au racisme …arabe? »

Où est-ce que l’U"J"FP veut en venir en disant cela ? Est-ce une justification intellectuelle de la tendance au pogrom, comme l’avait fait Maurice Rajsfus au moment des massacres de Gaza ?

Où vivent donc les personnes qui ont écrit ce communiqué, pour se permettre de déclarer cela ? Comment réagirait l’U"J"FP si la minorité juive de Pantin était effectivement visée par des violences racistes organisées ?

L’U"J"FP s’adresse-elle aux masses populaires juives, ou bien sert-elle de détestable « caution juive » aux antisémites « de gauche » ?

Ces dernières années et particulièrement en 2009, on est passé de l’antisémitisme comme fond culturel, à l’antisémitisme comme thème propagandiste de type « anticapitaliste romantique » – autrement dit fasciste.

En ce moment précis en France, on est en train d’amorcer un nouveau saut qualitatif : de thème propagandiste, on passera à brève échéance à un antisémitisme de type pogromiste.

Et que trouve l’U"J"FP à faire, dans sa décadence la plus complète ?

Elle nie plus que jamais la question de l’antisémitisme. Elle crache son mépris aux masses populaires juives. Elle panique devant l’exigence d’autodéfense juive. Et elle justifie d’avance les pogroms.

Si l’on comprend l’actualité de l’antisémitisme pogromiste, si l’on comprend que la seule question qui se pose en ce moment est Stalingrad ou Auschwitz, alors comment juger celles et ceux qui poussent les masses populaires juives dans les bras du sionisme ?

Comment juger celles et ceux qui, par leur nullité lamentable et leur mépris des exigences populaires juives, écartent la jeunesse de la voie de l’antifascisme ?

Très clairement : comme des complices de l’antisémitisme. C’est le sens de la thèse antifasciste révolutionnaire comme quoi « le fascisme et la social-démocratie sont les deux faces d’une même médaille ».

Nous espérons simplement pour la direction de l’U"J"FP qu’elle n’aura pas à affronter elle-même l’antisémitisme de type pogromiste… ni à rendre de comptes aux masses populaires juives, ce qui serait encore plus redoutable !

Il est temps aujourd’hui d’étudier deux documents datant de juillet 2009 : « L’U"J"FP : de caution juive à complice de l’antisémitisme » ; « Enfin l’U"J"FP évoque Ilan ».

Juif ! Juive ! Assimile le mot d’ordre « Stalingrad ou Auschwitz » !
Balaie les traîtres, rejette le sionisme, rejoins l’Action Antifasciste !

Concurrence au sein de la bourgeoisie : l’exemple historique du nazisme

Fascisme et concurrence au sein de
la bourgeoisie : schéma général
de l’exemple allemand
, PCMLM.

L’attention qu’il faut porter en France à la concurrence au sein des fractions de la bourgeoisie est d’un intérêt certain pour la révolution.

Les mouvements de la contre-révolution, la progression du fascisme, puisent leur source dans les mouvements de fond de l’infrastructure de la société capitaliste ; l’antifascisme, pour être concret, doit comprendre les tendances générales de l’époque, et voir comment le fascisme tente de grandir.

L’exemple allemand apporte beaucoup de leçons ; il aide à comprendre que non seulement la démagogie fasciste mute en fonction des situations, ce que l’on sait dès qu’on étudie le fascisme, mais également pourquoi il mute.

De plus, certains moments clefs de l’histoire de la concurrence au sein de la bourgeoisie allemande sont relativement connus en France : la nuit des longs couteaux surtout, mais aussi la tentative de putsch contre Hitler en 1944.

Il y a donc lieu de s’intéresser à l’histoire de la concurrence au sein de la bourgeoisie allemande, même sommairement.

1. La situation avant 1933

À la suite de l’effondrement du régime monarchique et de l’instauration de la république de Weimar, la bourgeoisie impérialiste n’a qu’un seul but : la réinstauration de la monarchie.

Différentes tentatives sont faites, la plus grande étant le putsch mené par Wolfgang Kapp et Walther von Lüttwitz en 1920, putsch échouant devant la résistance populaire.

La bourgeoisie impérialiste mit alors en avant un parti politique, le DNVP (parti populaire national-allemand) d’Alfred Hugenberg. Le DNVP prônait le retour à la monarchie, mettait en avant le nationalisme, son idéologie était ultra-conservatrice et sur le plan culturel, le populisme et l’idéologie « völkisch » prédominaient.

Sur le plan électoral, le DNVP n’a atteint au maximum qu’un peu plus de 20 %, mais il faut voir que le DNVP est une structure putschiste : son but restait le coup d’État.

Le parti nazi, qui est alors également subventionné par la bourgeoisie impérialiste, vise à compenser la faiblesse du DNVP, en obtenant une base de masse aux dépens des socialistes et des communistes.

Avec la crise de 1929, le parti nazi va devenir prépondérant, et en 1931 le front de Harzbourg réunit les organisations nationalistes, avant que le NSDAP n’obtienne l’hégémonie à l’extrême-droite.

2. La « fraction américaine » et la fraction « parcours en solitaire »

Le principal historien antifasciste d’Allemagne de l’est, Kurt Gossweiler (qui s’est opposé historiquement au révisionnisme, même si de manière imparfaite), a étudié justement les fractions existant au sein de la bourgeoisie impérialiste allemande entre 1918 et 1933.

Il constate la présence de deux fractions principales.

La « fraction américaine » est tournée vers un accord avec les USA (et l’Angleterre) ; elle est composée principalement de la Danat-Bank (Darmstädter- und Nationalbank) et la Dresdner Bank, son représentant est Hjalmar Schacht, président de la banque du Reich.

Elle a également une composante industrielle, celle du konzern Thyssen, représenté par Fritz Thyssen et actif dans l’acier.

La fraction « parcours en solitaire » est elle représentée par les monopoles de la chimie. Elle vise l’indépendance absolue de l’Allemagne, son autarcie et une stratégie indépendante des autres puissances.

3. Le « second livre » d’Hitler

Une conséquence de ce conflit sera l’écriture par Hitler, en 1928, d’une suite à « Mein Kampf ». Cette suite, connue sous le nom de « second livre d’Hitler », ne sera jamais publiée ; la direction nazie cachera les manuscrits, considérant que la stratégie nazie était trop révélée.

Hitler y met en effet en avant des choix qui sont celles d’une partie de la bourgeoisie impérialiste: celle partisane de la lutte « en solo ». Dans ce « second livre », Hitler met ainsi l’accent sur la conquête de « l’espace vital » (absolument nécessaire pour la politique impériale en solitaire), mais aussi sur l’opposition aux USA.

Voilà pourquoi, contrairement à dans « Mein Kampf », dans ce « second livre » les USA étaient présentés par Hitler comme un pays puissant, concurrent, présentant la particularité d’être « aryen », donc « efficace », tout en étant dominé par une « ploutocratie » juive.

Hitler présente alors les USA comme le second ennemi avec l’URSS, le combat final devant même se dérouler contre eux, autour de 1980, après que l’Allemagne ait soumis l’Europe et ait réussi à s’allier à l’Angleterre.

4. L’offensive d’IG Farben

IG Farben, entreprise de chimie et l’un des principaux monopoles dans le monde alors, envisageait non pas un putsch militaire, mais une dictature populiste profitant de la social-démocratie, ainsi que des « nationaux révolutionnaires ».

Le programme économique devant servir de fondement à cette dictature consistait en un populisme aux dépens d’autres fractions de la bourgeoisie impérialiste, principalement par la nationalisation de l’industrie de l’acier (aux dépens de gens comme Thyssen) et de la Dresdner Bank.

Sur le plan stratégique, IG Farben pose donc une ligne aux dépens de la « fraction américaine », et d’ailleurs prône une alliance avec la France.

Les choses s’accélèrent alors avec les élections du 6 novembre 1932, où le parti nazi recule sur le plan électoral. Il est alors évident que ce n’est que le début du reflux et que les nazis vont perdre du terrain.

Hitler accepte alors la nomination comme vice-chancelier de Gregor Strasser. Mais Thyssen et Schacht interviennent pour empêcher cela : Strasser représente le courant national-révolutionnaire, subordonné à IG Farben.

Les différentes composantes de la bourgeoisie impérialiste firent alors un compromis, car ou Hitler était mis en avant, ou le parti nazi s’effondrait. Hitler fut donc mené chancelier.

Mais si la première étape était la liquidation des structures communistes et socialistes, la prise du pouvoir par Hitler devait forcément être accompagnée d’un second moment : celui de l’affrontement des différentes fractions de la bourgeoisie impérialiste.

5. La nuit des longs couteaux

Cette expression désigne une opération de liquidation de représentants nazis, par l’État nazi lui-même, le 30 juin 1934 ; il s’agit d’une opération directement menée contre la fraction représentant les intérêts d’IG Farben.

Sont éliminés tous les cadres pouvant servir à l’établissement du projet de dictature populiste mis en avant par IG Farben : Röhm le chef des sections d’assaut (les SA), Edmund Heines le numéro 2 des SA, Gregor Strasser ancien idéologue de la « gauche » nazie et des SA, le général von Schleicher chancelier pendant un mois juste avant Hitler, Erich Klausener le dirigeant de l’action catholique, Herbert von Bose un important dirigeant de la « révolution conservatrice », etc.

Le 2 août 1934, Hindenburg meurt et le statut d’Hitler passe de celui de chancelier à celui de « Führer ». Le régime national-socialiste est définitivement mis en place, et il est également organisé avec l’intégration par la force des 4 millions de SA.

C’est une victoire pour la fraction américaine en ce qui concerne la forme de l’État, mais également de la fraction ultra-conservatrice de l’appareil d’État, représentée par les Junkers, les grands propriétaires terriens. Cette fraction de la bourgeoisie impérialiste est systématiquement oubliée, or son existence est très importante, puisqu’elle a joué un rôle important dans la liquidation des SA.

6. L’hégémonie temporaire de la « fraction américaine »

À la suite de la nuit des longs couteaux, Schacht dirige alors en pratique l’économie, organisant la relance, notamment par l’industrie de guerre. L’Allemagne est alors ouverte au capital américain: on retrouve Ford, IBM, Coca Cola (la marque Fanta sera par la suite en Allemagne « l’ersatz » du Coca Cola durant la guerre).

Mais l’accumulation capitaliste lancée par cette fraction de la bourgeoisie impérialiste montre rapidement ses limites. Le régime a pourtant besoin, et cela de manière impérative, d’une vague de fond permettant de galvaniser une large partie des masses : il en va de la survie du régime.

Les partisans du « parcours en solitaire » reprennent alors le dessus, cette fois par l’intermédiaire de Göring (proche d’IG Farben) et de Himmler (avec le « cercle d’amis » du Reichsführer SS).

À ceci près que les partisans du « parcours en solitaire » doivent faire avec un type de régime dont ils n’étaient pas partisans : ils doivent accepter le régime tel quel, ce qui n’est pas sans friction. On a ainsi l’affaire Blomberg – Fritsch, où les deux plus hauts gradés de l’armée sont éjectés au profit de l’hégémonie de l’équipe de Hitler pour la guerre à venir. De même, Fritz Thyssen, qui a largement participé à financer le parti nazi, quitte l’Allemagne en 1939 (arrêté en France, il sera interné en Allemagne).

Ici la préparation à la guerre impérialiste est inévitable et prend le dessus dans tout l’appareil d’État : le seul moyen de sauver le régime, c’est la fuite en avant.

7. L’attentat du 20 juillet 1944

À partir de la victoire soviétique de Stalingrad, il est clair pour la bourgeoisie impérialiste que la défaite de l’Allemagne nazie est inévitable.

L’armée surtout était dans une position difficile : elle avait accepté la prise du pouvoir par Hitler au lieu du retour à la monarchie, en échange de son indépendance. Le lancement de la guerre, tel qu’il était proposé, avait posé des soucis à certaines fractions de l’armée. Mais là, avec la chute du régime, c’est toute la tradition des Junkers qui risquait de disparaître.

Une fraction de l’armée a donc tenté de mener un putsch, afin d’essayer d’obtenir un accord avec les États capitalistes, en se présentant comme essentielle en tant qu’avant-poste anticommuniste. Il existait de fait de nombreux cercles (comme celui de Kreisau) qui faisaient du « brainstorming » pour préparer l’après-Hitler.

C’est en ce sens également, par rapport à l’après-guerre, qu’il faut comprendre le meurtre en 1944 des derniers dirigeants révolutionnaires encore emprisonnés, dont Ernst Thälmann. La bourgeoisie agit en fait selon des impulsions historiques.

Ce putsch du 20 juillet 1944 a échoué, mais de fait cette stratégie a réussi : c’est ainsi qu’est née la République Fédérale Allemande. La RFA a largement profité de l’appareil d’État nazi et n’a pas mené de rupture avec l’ancien régime, si ce n’est en façade et au niveau institutionnel.

La bourgeoisie allemande, totalement affaiblie, a réagi à l’impulsion de l’impérialisme US et s’est placée sous sa protection.

8. Le PCMLM, parti de la science

Mao Zedong a parfaitement analysé la nature du capitalisme bureaucratique, de type compradore, dans les pays opprimés par l’impérialisme.

Ces leçons de Mao Zedong permettent de comprendre avec plus de profondeur comment la bourgeoisie est organisée, avec son État, dans les pays impérialistes. Il est possible de voir avec plus de finesse les tendances générales, et de voir concrètement le mouvement historique de la bourgeoisie, comment elle subit la loi de la contradiction.

Pourquoi ? Parce qu’on profite de l’exemple de la bourgeoisie bureaucratique dans les pays colonisés, on peut voir comment elle réagit aux impulsions de l’impérialisme, se plaçant sous sa protection.

De la même manière, les tendances historiques au monopolisme, inévitables dans le capitalisme, font que les différentes fractions de la bourgeoisie subissent elles aussi des impulsions irrésistibles.

Cela permet de déchiffrer les mouvements de la bourgeoisie, tant au niveau économique qu’au niveau idéologique. Voilà une démarche précieuse, portée par le PCMLM.

Révolution #21, février 2010.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h25, sortie samedi à 21h36.

Encore sur l’ambassadeur iranien et sur l’économie politique

Hier nous parlions de la rencontre entre l’ambassadeur iranien et les représentants du courant fasciste « nationaliste-révolutionnaire ».

En fait, cela fait partie d’une très longue et très logique série de rencontres : présence de Le Pen au 30ème anniversaire de la révolution islamique, lien étroits entre Yahia Gouasmi et l’Iran, entre l’ancien gudard Frédéric Chatillon et la Syrie, visites de Christian Bouchet ou de Dieudonné à Téhéran, etc. etc.

Et il est certain que ces liens concrets entre les proto-nazis et l’Iran sont même quasi historiques : on se souviendra ainsi du financement secret de la librairie nazie Ogmios par l’amabassade d’Iran en 1987.

Seulement voilà, une telle collusion n’a pas la même valeur en 2010 qu’en 1987.

Pourquoi ? Parce que la crise capitaliste s’est grandement aggravée, et que la tendance historique est au fascisme et à la guerre. C’est-à-dire que les nazis de 1987 n’ont pas la même signification que ceux de 2010, qui ont le vent en poupe et gagnent en assurance.

Hier, nous avons donc insisté sur le fait que les liens entre le courant fasciste « nationaliste-révolutionnaire » et le fascisme iranien ne pouvaient se comprendre qu’à la lumière de la concurrence au sein même du capitalisme français.

Et cela aussi bien entre bourgeoisie industrielle « traditionnelle » et bourgeoisie financière « agressive », qu’entre secteurs de la bourgeoisie la plus agressive (l’aspect principal restant aujourd’hui la contradiction entre industriels et financiers).

Voici donc un point sur lequel on aimerait revenir très brièvement.

Par sa nature, la bourgeoisie est incapable de « calculer » à long terme, et tel ou tel courant fasciste n’est pas favorisé par « choix » stratégique. Seuls les intérêts de telle ou telle fraction de la bourgeoisie permettent d’expliquer pourquoi certains capitalistes préfèrent les nationaux-catholiques, d’autres les identitaires, et d’autres encore les proto-nazis.

Cela n’est pas une thèse nouvelle : c’est la thèse classique de l’Internationale Communiste (1919 – 1943), dont l’histoire se confond précisément avec celle de la lutte contre le fascisme et le nazisme.

Ainsi, le dirigeant communiste Georgi Dimitrov définissait le fascisme comme « la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier ».

Il est parlé du capital financier. Sous-entendu : le capital n’est pas que financier. De même il est parlé de certains éléments du capital financier. Sous-entendu : même le capital financier n’est pas unifié, et ce n’est pas le mouvement fasciste dans son ensemble qui exerce sa dictature.

De manière plus explicite, Dimitrov explique également :

« Le fascisme arrive ordinairement au pouvoir dans une lutte réciproque, parfois aiguë, avec les vieux partis bourgeois ou une portion déterminée d’entre eux, dans une lutte qui se mène même à l’intérieur du camp fasciste et qui en arrive parfois à des collisions armées, comme nous l’avons vu en Allemagne, en Autriche, et dans d’autres pays. »

Pour résumer :
- Il existe une intense concurrence au sein des partis de la bourgeoisie, fascistes inclus, parallèle à l’intense concurrence au sein de la bourgeoisie française.
- Il existe une intense concurrence au sein du mouvement fasciste, parallèle à l’intense concurrence au sein du capital financier.
- La contradiction principale aujourd’hui est celle au sein de la bourgeoisie française, entre financiers « agressifs » et industriels « traditionnels ».

Pour mieux comprendre cette question, on peut se référer à l’exemple historique du nazisme, et des différents courants qui existaient au sein du NSDAP. Cela est développé dans un document du PCMLM : Fascisme et concurrence au sein de la bourgeoisie : schéma général de l’exemple allemand.

Pour une analyse d’Hapoel sur le lien entre les monopoles capitalistes français et les proto-nazis, on peut se référer à : Soral, Dieudonné, l’impérialisme.

Enfin à propos du fascisme iranien en particulier, et de ses liens avec l’impérialisme français et le fascisme français, voici deux textes d’Hapoel :
Le fascisme iranien, principal exportateur d’antisémitisme
L’ambassadeur iranien, les proto-nazis, et l’impérialisme français

Bref, pour servir concrètement l’antifascisme il faut se mettre à niveau sur le plan de l’économie politique, et savoir à quoi accorder son attention en comprenant les tendances de notre époque.

L’ambassadeur iranien, les proto-nazis, et l’impérialisme français

Ce mardi 13 avril, l’ambassadeur iranien en France a donné une petite conférence devant des figures du courant fasciste « national-révolutionnaire » (antisémite, anti-américain, à prétention « sociale »).

Cette conférence se tenait dans un bar bourgeois tenu par Charles-Alban Schepens (candidat en 2009 sur la liste Dieudonné, soutien du mouvement fasciste serbe).

Étaient entre autres présents les fascistes Alain de Benoist (« Nouvelle Droite », GRECE), Marc Georges (Égalité & Réconciliation jusqu’à récemment), Jacques Bordes (« nationaliste-révolutionnaire », lié aux bourgeoisies arabes vendues à l’impérialisme français), Thomas Werlet (Parti Solidaire Français), Pierre Panet (candidat en 2004 sur la liste Europalestine et en 2009 sur la liste Dieudonné, proche des négationnistes).

Cette information est révélée par le blog Droites Extrêmes, qui est tenu par deux journalistes du Monde. Ce blog a la particularité toute bourgeoise de parler de l’extrême-droite, mais jamais avec une approche antifasciste ! L’article en question est repris à la suite du nôtre.

Quoi qu’il en soit, ce type de rencontre entre le courant « nationaliste-révolutionnaire » et l’ambassadeur de l’État fasciste iranien est très révélateur.

Révélateur du lien entre la bourgeoisie impérialiste française, la bourgeoisie bureaucratique iranienne, et le développement du fascisme et de l’antisémitisme – ici et maintenant.

Mais cela, on ne peut pas le comprendre sans économie politique, sans comprendre qu’il existe en France une lutte acharnée entre la bourgeoisie industrielle « traditionnelle » de Sarkozy et la bourgeoisie financière « agressive » de Villepin et Le Pen.

Et d’ailleurs, cela se voit très clairement quand l’ambassadeur iranien déclare : « Soyez raisonnables. Les États-Unis veulent vous empêcher de coopérer avec l’Iran. Vous avez 140 milliards de déficit et des dizaines de milliers de chômeurs de plus par mois. Nous avons en Iran pour 500 milliards de projets industriels qui sont prêts. »

Qu’est-ce que cela signifie en clair ? Hapoel décrypte :

C’est la crise générale du capitalisme. Pour ne pas couler dans la concurrence avec l’impérialisme américain, la bourgeoisie financière doit investir et dominer les pays dépendant de l’impérialisme français – comme l’Iran depuis 30 ans.

Seulement voilà, la bourgeoisie financière n’est jamais assez libre de mouvement, à cause des loi économiques du capitalisme en crise. De plus, c’est pour l’instant la bourgeoisie « traditionnelle » de Sarkozy qui tient les manettes en France.

Or cette bourgeoisie industrielle « traditionnelle » est même prête à s’allier à l’impérialisme américain pour torpiller en France le poids et la concurrence des financiers. C’est ce que l’ambassadeur iranien veut dire par : « Les États-Unis veulent vous empêcher de coopérer avec l’Iran. »

La bourgeoisie des monopoles financiers doit donc prendre le contrôle total de l’économie et de l’appareil d’État. Et comme l’expliquait Lénine, la tendance à la domination des monopoles est irrésistible.

Or la forme étatique adaptée à la domination absolue des éléments les plus chauvins et les plus impérialistes du capital financier, c’est le fascisme. Il s’agit donc de dégager un parti fasciste qui puisse assumer la prise du pouvoir, et qui serve l’impérialisme français de manière agressive.

Le pouvoir iranien actuel y voit son intérêt, car il est dépendant de l’impérialisme français. Voilà pourquoi l’ambassadeur iranien soutient le courant proto-nazi du fascisme français, qui a déjà de nombreux liens concrets avec la Syrie, l’Iran, Hizbollah, etc.

Car en proposant à ces fascistes de financer des projets industriels en Iran, la diplomatie iranienne indique à ses maîtres – la bourgeoisie impérialiste française – que ce courant fasciste servirait sérieusement leurs intérêts s’il était demain propulsé au pouvoir.

Voilà ce qu’il faut impérativement comprendre avec cette rencontre entre l’ambassadeur iranien en France et les proto-nazis : derrière les fascistes se cachent les secteurs les plus impérialistes du capital financier !

Pour une analyse plus concrète du fascisme iranien, qui est très complémentaire de notre courte explication sur la marche au fascisme, Hapoel a déjà publié un document à l’occasion de Durban 2 : Le fascisme iranien, principal exportateur d’antisémitisme.

Juif ! Juive !
Étudie l’économie politique de la marche au fascisme et à la guerre !
Contre la dictature des monopoles, rejoins l’Action Antifasciste !

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The Auschwitz Album – Yad Vashem

Montrer le camp d’Auschwitz dans ce qu’il avait de plus concret et de plus immédiat, voilà le but de cette vidéo produite par l’Institut Yad Vashem et sous-titrée : « Les preuves visuelles du meurtre de masse à Auschwitz-Birkenau ». Nizkor !

L’idéologie sioniste nie l’existence des victimes de la Shoah !

C’était hier Yom HaShoah.

Il faut savoir que Yom HaShoah est une journée qui a été instituée par l’État israelien quelques années après son établissement, et dont le nom complet est en réalité « Yom HaZikaron LaShoah VeLaGvura », qui signifie « jour du souvenir de la Shoah et de l’héroïsme / de la bravoure ».

Dans l’idéologie sioniste, la référence à la « bravoure » n’est jamais gratuite. Et d’ailleurs, Yom HaShoah se tenait originellement le 15 du mois religieux de Nissan, pour célébrer l’insurrection du ghetto de Varsovie.

Petit problème : le 15 Nissan c’est déjà le premier jour de Pessa’h, et effectivement les nazis voulaient entrer dans le ghetto de Varsovie exprès pour Pessa’h.

Yom HaShoah a finalement été déplacé au 27 Nissan, une semaine avant Yom Ha’Atzmaout : cette date a donc été choisie uniquement par rapport à la création d’Israel !

Qu’est-ce que tout cela signifie ?

Que l’idéologie sioniste aimerait bien « oublier » les victimes de la Shoah !

L’idéologie sioniste est un nationalisme typiquement européen, dans lequel la notion fasciste de « régénérer la nation » est omniprésente. Et derrière cette idée se trouvent naturellement la mystique nationale guerrière et le mythe fasciste de « l’Hébreu nouveau », du « pionnier-soldat ».

Par conséquent, les victimes de la Shoah qui ne correspondent pas à ce mythe sioniste doivent vite être « diluées » dans l’héroïsme de celles et ceux qui se sont dresséEs l’arme à la main et ont résisté à la barbarie nazie.

Et tout en bas de l’échelle de valeur de l’idéologie sioniste, on retrouve les personnes qui sont passées par l’enfer des camps mais qui ont survécu. À ces personnes là, il est implicitement reproché soit de ne pas avoir résisté, soit de ne pas avoir été exterminées.

Cela revient au fond à nier que les nazis et leur alliés voulaient anéantir tout individu qui était né juif, et pas seulement ceux qui « voulaient simplement ne plus vivre à genoux » comme le chantait Jean Ferrat.

Les nazis ont voulu nous anéantir très concrètement, et l’idéologie sioniste a rendu abstraites les victimes de cette extermination : soit des fantômes, soit des icônes.

Au fond, l’idéologie sioniste nie ce qu’a été la Shoah.

Pour comprendre cela, il suffit de voir à quel point l’existence même des rescapéEs a été niée en Israel.

Par exemple jusqu’à très récemment, l’État israelien ne versait aucune indemnité aux rescapéEs des camps, considérant notamment que les indemnités allemandes suffisaient largement. Pourtant, beaucoup parmi les 200.000 survivantEs en Israel vivent aujourd’hui dans une misère noire…

De même il faut connaître le déni qui entoure – et pas seulement en Israel – les personnes rescapées qui sont devenues folles, hantées par le traumatisme absolu de la déshumanisation et du génocide.

Nous reproduisons dans la suite un article très dur, qui parle d’un « hôpital psychiatrique » dédié aux victimes de la Shoah. L’article est paru dans la presse bourgeoise canadienne et ne remet donc pas en cause l’enfermement psychiatrique, mais il faut le lire et reconnaître cette réalité insupportable.

Ainsi l’État sioniste a très longtemps refusé toute dignité aux survivantEs – voire simplement toute existence.

Et ce n’est que maintenant qu’arrive la reconnaissance de leur souffrance. Évidemment bien trop tard.

Cela peut paraître une banalité mais ce n’en est pas une : les antifascistes reconnaissent la « dignité du réel », et affirment que toutes les victimes du génocide ont été des individus en chair et en os – et plus en os qu’en chair.

Les antifascistes connaissent la valeur du mot « barbarie », et reconnaissent – à défaut de pouvoir l’imaginer – la souffrance de tous les individus qui ont fait face à la Shoah.

Les juifs n’oublient pas ! Les juives n’oublient pas !
Il n’y aura pas de nouvelle Shoah !

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65 ans après la libération des camps : Nizkor !

Depuis hier soir, Yom HaShoah commémore les 6 millions de victimes juives de la barbarie nazie.

6 millions de personnes qui ne sont pas revenues pour la seule et unique raison qu’elles étaient nées juives.

6 millions de personnes passées par l’enfer des ghettos, des exécutions devant une fosse commune, des camps de concentration, et par l’horreur des camps de la mort.

La Shoah a consisté en la destruction systématique des populations juives d’Europe, et en ce sens elle porte une spécificité irréductible.

Car très concrètement, on a voulu anéantir les nôtres. Et même de manière prioritaire sur l’effort de guerre nazi, à des centaines de kilomètres du Reich.

La Shoah n’est pas une idée abstraite. Elle est l’aboutissement historique et planifié de la barbarie fasciste.

En ce Yom HaShoah, 65 ans après la libération des camps, nos pensées vont – à travers les membres de nos familles qui ont été victimes de la barbarie nazie ou qui y ont réchappé – à toutes les victimes du nazisme.

Il est indispensable d’affronter la réalité de ce qu’a été l’extermination des populations juives d’Europe. Chaque personne, d’origine juive ou pas, doit comprendre la portée de la Shoah, et comprendre que le mot barbarie n’est pas une simple incantation.

Voilà pourquoi il est également indispensable de connaître l’histoire des génocides en Namibie, en Arménie, des Rroms et Sintis en Europe, au Bangladesh, au Burundi, au Kurdistan, en Bosnie, au Rwanda, au Congo, au Darfour, au Sri Lanka.

Car malheureusement, rien ne crée plus de solidarité que d’avoir tutoyé les abîmes et le néant.

Ami, amie, l’oubli est un deuxième anéantissement.
Souvenons-nous. Nizkor.

Respecter la mémoire de Saïd, un fils du peuple ! Démasquer les manipulations antisémites !

Hier après-midi a eu lieu à Paris une manifestation revendiquant la vérité et la justice pour Saïd B., le prolétaire mort à Bobigny il y a bientôt deux semaines.

Cette manifestation a posé une sorte de dilemme moral à certainEs individuEs d’extrême-gauche, qui ne savaient plus sur quel pied danser :

- d’un côté la démarche semble correcte, populaire, en tant que dénonciation d’une mort avec un fond raciste très probable ;

- de l’autre côté la mobilisation autour de la mort de Saïd B. a été dès le départ trustée par les réactionnaires religieux et les antisémites.

Mais alors, entre ces deux réalités, quel est l’aspect principal ?

Pour voir dans quel sens va la mobilisation, il faut un critère, un critère qui déterminerait la sincérité de telle ou telle initiative.

Ce critère existe, il n’est pas très compliqué – mais il n’est naturellement pas suffisant ! Ce critère, c’est :

Est-ce qu’il est parlé concrètement de la vie de Saïd ?

Car force est de constater qu’à quelques exceptions près, la vie de Saïd B. est totalement passée à la trappe.

Pour les fascistes et les islamistes, « Saïd » n’est plus qu’un nom abstrait : celui de leurs fantasmes antisémites et pogromistes.

Saïd est parti, et au lieu de le rendre immortel, les antisémites l’ont transformé en fantôme.

Quant aux antifascistes, ils et elles affirment : Saïd B. avait une vie très concrète de prolétaire arabe.

Une vie très concrète que des voyous certainement racistes n’ont pas jugée digne d’être sauvée, quand Saïd se débattait dans le canal de l’Ourcq.

Saïd était originaire de Berkane, une petite ville de l’Est marocain qui entretient une rivalité un peu ridicule avec sa voisine Oujda. C’est là que son corps sera rapatrié et enrobé d’un linceul pour être porté en terre.

Saïd était marié à Nathalie, avec qui il avait eu un fils aujourd’hui âgé de 3 ans ; de plus Nathalie était déjà mère d’une fille. La famille vivait à Dijon, mais Saïd avait été obligé d’aller en région parisienne pour trouver du boulot.

Saïd était vigile au magasin Batkor de Bobigny. Il avait des relations cordiales avec ses collègues de travail – ses frères et sœurs de classe qui le regrettent amèrement.

Saïd était de plus très attaché à Diana, la chienne qui lui servait – hélas – d’outil de travail. Hapoel avait dès le début insisté sur ce point, ce qui a certainement déstabilisé quelques antisémites :

« Réfugié dans son magasin, le vigile serait ressorti pour sauver son chien, menacé de mort par les agresseurs. [...] Quant au chien « outil de travail », il est heureusement sain et sauf. »

Affirmer que Saïd B. a risqué sa vie pour sauver celle de sa chienne, cela dépasse complètement les antisémites. Rappelons d’ailleurs que l’on a retrouvé Diana dans le canal, sans doute à la recherche de Saïd.

Cela prouve une seule chose : que les antisémites méprisent l’individu qu’a été Saïd !

Les antisémites préfèrent toujours les prolétaires arabes mortEs plutôt que vivantEs.

Il est franchement sidérant de constater qu’aussi peu de monde ne parle de la vie de Saïd B. Et Hapoel est écœuré de voir la récupération de sa mort par les antisémites, qui rejettent tout principe de respect.

Chez Hapoel, ce principe de respecter la mémoire des filles et des fils du peuple ne tombe pas du ciel.

Il est facile de se faire une idée : pour Ilan Halimi, nous avions par exemple relayé une interview bouleversante de sa petite amie ; pour Sébastien Sellam, nous avions mis en ligne un extrait de sa compilation de New Jack Swing. Bref, nous avons mis en avant leur vie et leurs passions.

Cela est une question impérative de dignité.

Et ce n’est pas tout : Hapoel a toujours systématiquement rappelé qu’Ilan et Lam.C étaient des fils du peuple.

C’est-à-dire que la barbarie raciste est bien souvent une auto-mutilation au sein du peuple.

Cela aussi est complètement passé à la trappe par les antisémites, et encore plus par l’encadrement musulman petit-bourgeois qui travestit le racisme assassin anti-arabe en prétendue « islamophobie ».

Hapoel est dans le camp de la vie, dans le camp de la rage de vivre, et Hapoel réaffirme : Saïd B. avait une vie très concrète de prolétaire arabe.

Et ceux qui « oublient » de rappeler cette vérité fondamentale ne font que bafouer la mémoire et la dignité de Saïd, avec des buts de division raciste du peuple.

Contre le racisme assassin, contre les réactionnaires cléricaux et les antisémites pogromistes, vive l’unité antiraciste du peuple ! Vérité et justice pour Saïd !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h15, sortie samedi à 21h24.

L’affaire de Bobigny, Dieudonné et Fofana

… et ce que les antifascistes devraient
en conclure sur la situation en France.

Depuis une semaine, il y a une certaine agitation autour de « l’affaire de Bobigny ». Hapoel a déjà fait un court résumé de l’affaire dans notre article « Un prolétaire mort à Bobigny : sa mémoire déjà bafouée par les antisémites ».

Mais là, un cap est franchi dans le nihilisme glauque et antisémite : Dieudonné poursuit sa récupération du drame de Bobigny, en ayant publiant une vidéo sur Dailymotion intitulée… « Libérez Fofana » !

Quel rapport entre Saïd B., le vigile mort à Bobigny et Youssouf Fofana, le bourreau et assassin d’Ilan Halimi ? Aucun, à part pour les antisémites.

Pour celles et ceux qui n’aurait pas la patience ou le courage de supporter cette vidéo antisémite de bout en bout, nous en faisons ici un résumé rapide :

La vidéo commence par des personnes scandant « Libérez Fofana », puis on voit Dieudonné dans le cadre habituel de son théâtre privé de la Main d’Or.

Il explique que la France a dépénalisé les crimes racistes, pour ajouter immédiatement : « La dépénalisation des crimes racistes ne concernera dans un premier temps que les crimes commis contre les goyim : les noirs, les arabes, le blanc chrétien, la merdasse. Les crimes contre les juifs resteront eux passibles évidemment de la perpétuité incompressible. ».

Après une référence ignoble à « Shoananas », Dieudonné affabule totalement sur la mort de Saïd B. : alors qu’on ne sait presque rien de ce qui s’est passé, Dieudonné assène une version des faits qu’il présente comme évidente et avérée.

Concernant les personnes qui ont poursuivi Saïd B. et qui ne l’ont pas secouru quand il s’est noyé dans le canal de l’Ourcq, Dieudonné parle de « six jeunes barbares juifs, six jeunes intégristes surexcités animés par la haine viscérale du goyim » (sic).

Il enchaîne même sur le grand classique de l’antisémitisme moderne, qui compare les personnes juives à des rats, animaux haïs dans la culture réactionnaire : « les six rats du canal de l’Ourcq », « le gang des rats », « les yeux rouges de six gros rats ».

Puis c’est là que culmine la nausée, quand Dieudonné ose minimiser le calvaire et la mort d’Ilan Halimi : « Contrairement au jeune Ilan Halimi, Saïd ne sera pas abandonné encore vivant sur les rails d’un chemin de fer. [...] Saïd n’aura pas droit à cette chance qu’a eue Ilan d’être accueilli et de mourir quand même dans les bras fraternels des secouristes. »

Tout simplement horrifiant.

Ilan a été torturé pendant 24 jours et liquidé parce que juif. Il est absolument odieux que Dieudonné ose bafouer sa mémoire, en même temps qu’il parasite celle de Saïd B. de manière aussi sordide.

Dans la suite de la vidéo, Dieudonné parle rapidement de Zemmour et de Thierry Lévy, qu’il a croisé sur le plateau de « Ce soir ou jamais » sur France 3.

Puis Dieudonné explique que « la puissance du lobby juif fera taire toute réaction politique ou médiatique » à la mort de Saïd B. On ne peut pas être plus clair.

Dieudonné enchaîne ensuite sur Gilles Bernheim, « grand rabbin de mes couilles », avant de rebondir sur Pascal Bernheim, « ce riche producteur juif » (dont nous avons déjà parlé).

Enfin, Dieudonné évoque la mise en place d’une pétition pour la libération de Fofana, et annonce que les recettes de son prochain spectacle iront à Youssouf Fofana.

Simple provocation ? Toujours est-il que la vidéo se termine par le geste récurrent de la « quenelle », qui ressemble décidément de plus en plus à un salut nazi.

En clair : Dieudonné se lâche totalement.

Dieudonné a eu une actualité pendant ces derniers mois, et pourtant Hapoel n’en a pas forcément parlé, à part en reprenant une analyse marxiste-léniniste-maoïste récente.

Alors pourquoi parlons-nous en particulier de cette vidéo de Dieudonné ? Essentiellement pour quatre raisons.

1. Pendant ces derniers mois, Dieudonné a expliqué qu’il s’était « calmé », « assagi ». Il a donc pu tourner dans son « Dieudobus » sans rencontrer d’opposition, a reçu de la publicité de certains journaux locaux, a publié un livre d’entretiens avec Bruno Gaccio des Guignols de l’Info, et a été invité à la télé chez Taddéï (qui est un important soutien propagandiste au fascisme).

Il faut noter tout cela, car il s’agit d’une question de stratégie, aussi bien pour le mouvement fasciste que pour celles et ceux qui le combattent.

Dieudonné semble avoir pour l’instant abandonné la stratégie de blitzkrieg qui caractérisait sa campagne aux élections européennes l’année dernière, c’est-à-dire la concentration massive et localisée de ses forces à un moment donné.

Le courant fasciste autour de Dieudonné semble avoir compris qu’il fallait donner des gages à la bourgeoisie française la plus agressive. Là où Dieudonné menait aux élections européennes une agitation de type blitzkrieg pour conquérir une certaine hégémonie rapidement, aujourd’hui il préfère avancer lentement mais sûrement.

Et cela est très inquiétant : alors qu’aux élections européennes il s’agissait « seulement » de mener une agitation et d’imposer une présence politique, là ce courant fasciste pose la question de la « crédibilité » – et donc du pouvoir.

Comme l’expliquaient les marxistes-léninistes-maoïstes : « La quasi totalité des « commentateurs » d’extrême-gauche explique depuis plusieurs mois que Dieudonné, « c’est fini ». C’est le contraire qu’il faut considérer : ce n’est le début de la fin, mais la fin du début. »

Car d’un point de vue antifasciste, il faut distinguer entre le fascisme comme mouvement protéiforme où chaque tendance veut conquérir les financements de la bourgeoisie impérialiste, et le fascisme au pouvoir comme parti plus ou moins unifié avec une discipline quasi militaire.

Autant le fascisme au pouvoir a pour stratégie le blitzkrieg, autant le fascisme comme mouvement est un gigantesque laboratoire où règne la concurrence entre courants, et la stratégie des fascistes peut souvent être différente.

2. Ce qui est encore plus inquiétant que le changement de stratégie de Dieudonné, c’est qu’à aucun moment dans sa vidéo il ne parle de « sionistes » !

La référence à Ilan Halimi est d’ailleurs parlante : Ilan n’a pas été torturé et assassiné en tant que « sioniste », mais en tant que juif.

Dieudonné prétend donc s’être « assagi », mais il parle directement de « puissance du lobby juif », de « gang des rats », et de toutes sortes de références qui relèvent de l’antisémitisme européen moderne.

Ce que nous voulons dire en soulignant cela, ce n’est pas que Dieudonné est menteur ou hypocrite : cela est juste une évidence.

Ce que nous voulons dire, c’est qu’on en est à un moment où Dieudonné sent qu’il peut se permettre l’antisémitisme le plus direct et le plus explicite, tout en trouvant cela finalement suffisamment « soft » pour passer à la télé…

Nous sommes dans une époque de nihilisme et de décadence, et Dieudonné se sent apparemment très à l’aise dans l’ambiance pourrie qui règne en France.

3. Le troisième point est d’une grande importance : la mobilisation autour de la mort de Saïd B. a immédiatement été portée par les religieux (ce qui est malheureusement logique), mais aussi par les antisémites, et cela quasiment sans « phase intermédiaire ».

Chaque personne juive doit comprendre que la lutte contre le fascisme est en quelque sorte une course contre la montre, une course où le peuple est le seul juge. Une deuxième chose à comprendre impérativement, c’est que le racisme au sein du peuple n’est pas « spontané », mais qu’il est impulsé à partir de l’extérieur du peuple.

Or que voit-on ici ? Que les antisémites, de Dieudonné à Europalestine, n’en sont plus à venir « récupérer » une mobilisation populaire qui revendiquerait la vérité et la justice pour un prolétaire mort pour rien.

Les antisémites en sont à impulser directement cette mobilisation, avec de plus une image « radicale ». Cette mobilisation charrie inévitablement des personnes qui désirent sincèrement lutter pour la justice, mais qui sont alors fourvoyées dans l’antisémitisme.

On est donc vraiment ici dans la course contre la montre : les fascistes ont l’initiative, ils ont la main, et ils mobilisent sur des sujets à la fois d’actualité et qui intéressent directement une partie du peuple.

Ce troisième point résume à lui tout seul la situation actuelle, qui est absolument catastrophique au niveau de l’antisémitisme.

4. Le dernier point est lié au fait que, comme nous venons de voir, les fascistes sont capables eux-mêmes de mobiliser directement dans l’antisémitisme : la tendance est au pogrom.

Le premier rassemblement pour Saïd B. avait eu lieu à Bobigny à l’initiative de l’encadrement religieux musulman local. C’est à ce rassemblement que les dirigeants d’Europalestine étaient venus faire leurs colonialistes antisémites, comme nous l’avons fait remarquer.

Mais le deuxième rassemblement, sur la Place de la République à Paris, a quant à lui déjà charrié un antisémitisme monstrueux comme on peut le voir sur cette vidéo. On peut d’ailleurs y apercevoir Dieudonné en personne. Et quand on regarde cette vidéo, on se dit que si par malheur un juif religieux « ostensible » était passée par là, cela aurait pu très vite tourner au lynchage.

On est là dans la logique du pogrom, dans un antisémitisme directement pogromiste, car tout homme juif est « suspect », et pas seulement un « lobby » tout-puissant mais invisible. Et c’est très précisément ce dont rêvent les antisémites.

Les fascistes ont donc trouvé un « maillon faible » dans la chaîne de l’antisémitisme, et ils comptent bien l’exploiter jusqu’au bout. On peut donc prévoir que cette agitation continuera pendant plusieurs semaines – et on préfère ne pas imaginer comment elle se terminera…

Concrètement, cette campagne autour du drame de Bobigny peut faire progresser l’antisémitisme de type pogromiste et propulser les fascistes au moins autant que les trois mois de campagne de Dieudonné pour les élections européennes.

Voilà pourquoi les antifascistes doivent y accorder une très grande attention, et ne pas prendre ce sujet à la légère.

Car dans quelques mois ou années, cette « affaire » sera sans doute considérée comme un jalon dans la série des mini-tempêtes antisémites qui conduisent aux exactions racistes.

Juif ! Juive ! Contre l’antisémitisme pogromiste, participe à la bataille pour l’unité populaire ! Rejoins l’Action Antifasciste !

Gay & Lesbian Liberation Front !

Tobaron Waxman, entre « théorie queer », tradition religieuse et formalisme artistique

Ce soir a lieu à Paris une « performance » d’un artiste juif américain, Tobaron Waxman.

Tobaron Waxman est ce qu’il appelle un « FTM », l’abréviation pour « Female To Male » : il est biologiquement une femme, mais se reconnaît dans une « identité genrée » d’homme. En gros, il est un peu le contraire de Dana International.

Cette « performance » s’intitule « GenderfluXXXors Uncoded : an FTM supornova », et a lieu au Palais de Tokyo sur l’initiative du séminaire « queer » « F*uck My Brain ». La présentation de cet événement est par ici.

1. Qu’est-ce que la « théorie queer » ?

« Identité genrée » ? « Supornova » ? « Séminaire queer » ? À première vue, tout cela est juste incompréhensible.

Et en fait ça l’est, à moins de savoir ce qu’est la « théorie queer ».

La question de la sexualité est une question extrêmement épineuse, où les révolutionnaires doivent faire preuve d’un grand matérialisme, c’est-à-dire d’une part garder le sens des réalités, connaître les oppressions à abattre, et d’autre part reconnaître à sa valeur correcte le vécu de chaque individuE.

Hapoel n’a pas vocation à être spécialisé dans les questions de sexualité, même si nous avons déjà abordé notamment le féminisme ou bien l’homosexualité masculine – comme dernièrement avec Ivri Lider, l’exemple même du « gay pacifié ».

Cela dit, on ne peut pas contourner la question de la « théorie queer » si l’on parle de cette performance de Tobaron Waxman. Voici ce que nous en avons compris, sans aucune prétention à être complets ni même consensuels…

La « théorie queer » est une construction intellectuelle d’universitaires expliquant qu’au fond, rien n’a de sens à part le « désir » et l’ « identité » de l’individu. La « théorie queer » remet en question les sexes et préfère parler de « genres », un concept fourre-tout qui se base sur le refus même des définitions.

Le sexisme et le patriarcat consisteraient, quant à eux, en une hiérarchie « socialement construite » entre différentes « identités genrées », hiérarchie qu’il faudrait « déconstruire » pour se libérer. Autrement dit, le patriarcat ne serait pas une oppression concrète qu’il faut abattre, mais une sorte de fantôme qu’il suffirait de nommer pour qu’il disparaisse.

Il n’est donc pas difficile de voir que la « théorie queer » est une forme s’opposant quant au fond au féminisme matérialiste et révolutionnaire (comme mis en avant par le groupe Pélénop de l’Action Antifasciste), en étant ouvert à la pornographie ou à la prostitution…

Et il n’est pas non plus difficile de voir que la « théorie queer » n’a rien de populaire, et tout du petit-bourgeois en pleine décadence : le séminaire « F*uck My Brain » est un regroupement d’universitaires et d’artistes bobos, et la performance de ce soir a lieu au Palais de Tokyo dans le 16ème arrondissement de Paris.

L’idéologie de la classe ouvrière est limpide comme le cristal et tranchante comme l’acier, et il suffit de lire le début de la présentation Wikipédia pour voir qu’une théorie qui rejette toute définition limpide et tranchée n’a strictement rien de révolutionnaire. Une présentation qui apparemment se veut incompréhensible :

« Considérant le genre comme un construit et non comme un fait naturel, la théorie queer est avant tout une possibilité de repenser les identités en dehors des cadres normatifs d’une société envisageant la sexuation comme constitutive d’un clivage binaire entre les humains, ce clivage étant basé sur l’idée de la complémentarité dans la différence et censé s’actualiser principalement par le couple hétérosexuel. »

Une critique claire et accessible de la « théorie queer » est faite par le Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste (PCMLM) : « Le queer, une idéologie fétichiste nihiliste et anti-féministe ».

2. Quel rapport entre « queer » et tradition religieuse juive ?

Rien n’est clair sur le site du séminaire « F*uck My Brain », car le nom de la performance (« GenderfluXXXors Uncoded: an FTM supornova ») n’a rien à voir avec ce qui en est dit.

Ce qui est décrit sur la page de présentation de l’événement de ce soir, c’est plutôt la performance « Opshersnish », qui est d’ailleurs intéressante à analyser en deux mots.

Rappelons que Tobaron Waxman est une femme qui se reconnaît dans une « identité » d’homme. Dans sa performance « Opshersnish », il fait donc le parallèle entre d’une part sa transformation de femme en homme – pas nécessairement chirurgicale, d’ailleurs – et d’autre part le rituel juif orthodoxe de l’Upsherin.

L’Upsherin, c’est ce « rite de passage » pour les jeunes garçons de 3 ans qui consiste à se faire couper les cheveux pour la première fois.

L’Upsherin est une tradition relativement récente du judaïsme orthodoxe – tout au plus 300 ans – mais qui a dû être popularisée dans l’ancien foyer juif de Palestine depuis plus longtemps, sous l’impulsion des maîtres kabbalistes de Tzfat.

Dans la tradition de la Kabbale, l’arbre est un symbole plus que récurrent – comme nous l’avons déjà rappelé à Tou BiShvat – d’après le principe que « l’arbre du champ est l’homme lui-même » (Dvarim dans la Torah).

Or dans la juridiction agricole religieuse (dans VaYikra, évidemment…), les arbres sont « Orlah » jusqu’à l’âge de 3 ans, c’est-à-dire qu’il est interdit d’en récolter les fruits. Il n’y a donc qu’un pas à franchir chez les orthodoxes pour interdire de couper les cheveux avant l’âge de 3 ans !

Qu’est-ce que Tobaron Waxman doit y voir, avec sa « théorie queer » ? Que la cérémonie de l’Upsherin est l’acte marquant la « construction du genre » de l’enfant. Peut-être même plus, pour Tobaron Waxman, que la Brith Milah…

C’est-à-dire qu’avant les 3 ans, il n’y a pas de différences entre filles et garçons, mais qu’après les orthodoxes coupent les cheveux des garçons, qui doivent alors porter la kippa. C’est donc à ce moment que les garçons « deviennent » garçons, et que par défaut les filles « deviennent » filles.

3. L’art « conceptuel » de Tobaron Waxman, un art ultra-formaliste prisonnier de la religion

Tobaron Waxman fait donc le parallèle avec sa transformation « identitaire » de femme en homme dans sa performance, qui a eu lieu au musée juif de San Francisco – haut lieu du « queer » s’il en est ! – en s’étant laissé pousser les cheveux depuis la première fois où il a effectué cette performance (à Chicago en 2000).

Dans cette performance, Tobaron Waxman se fait en effet accrocher les cheveux longs avec des câbles fixés au plafond, et se les fait couper par le public. Un peu comme dans le rituel de l’Upsherin, donc.

De plus, il faut savoir que la performance de San Francisco fin 2009 avait lieu dans le cadre d’une exposition « Reinventing Ritual », c’est-à-dire la démarche typique du judaïsme libéral, qui vit en permanence une véritable schizophrénie entre la tradition juridique du judaïsme et les aspirations « modernistes » d’un clergé qui se veut « éclairé »…

Ainsi, le mode de raisonnement est ici l’analogie… voire l’analogie bancale…

Cela est un point essentiel à comprendre, puisque cela est typique de la pensée juive midrashique, d’après le principe du « Remez », de « l’indice », c’est-à-dire le niveau allusif de l’exégèse. Tobaron Waxman sombre donc dans le formalisme rabbinique, qui est un mode de pensée plus que dépassé depuis la dialectique de Hegel puis de Marx – Engels.

Cela montre bien l’ironie de la situation.

D’une part on a une performance en apparence très « branchée », une théorie en apparence très « radicale ». De plus, en se laissant aller à un « délire d’interprétation » (si on a la patience avec ce genre d’art bobo), on peut éventuellement lire une critique vaguement antisexiste de la religion.

Mais d’autre part et de façon très ironique, Tobaron Waxman ne comprend même pas à quel point il est prisonnier du mode de pensée religieux réactionnaire, tout en se croyant très radical avec son nihilisme « queer » !

Si l’on rajoute à cela le fait qu’au fond, Tobaron Waxman n’a pas grand’chose à dire avec une performance longue de 10 ans, on voit bien à quel point tout cela se résume à de la pure forme, à de la pure apparence de modernité et de « radicalité ».

Ainsi, la forme de la performance est donc purement intellectuelle, et en plus à tendance bobo franchement insuppportable…

Bref, l’art « conceptuel » de Tobaron Waxman est du pur formalisme qui n’a rien à dire… et qui ne s’adresse certainement pas au peuple, seul créateur de la culture universelle positive à notre époque !

Il suffit d’ailleurs de voir ses autres travaux artistiques, comme « Le’hem Oni / Prusa » qui consiste en un empilement de savons et de Matzot, qui est censé rappeler les empilements de cadavres retrouvés dans les camps de la mort à leur libération.

Cela est simplement odieux, d’autant plus quand il est expliqué que cela est fait « avec l’intention de critiquer le mauvais usage de l’Holocauste comme moyen de biaiser l’opinion publique ».

Si Tobaron Waxman comprenait quelque chose à la Shoah au lieu de la « parodier » de façon ultra-formaliste, il serait dans le camp de la libération animale – d’autant plus parmi la minorité juive des USA !

Et pourtant, force est de constater que les animaux sont totalement absents. De même la nature n’existe tout simplement pas pour Tobaron Waxman. Très exactement comme dans la tradition rabbinique talmudiste, qui est éloignée au possible de la nature !

C’est bien la peine de se la jouer ultra-radical avec la théorie « queer » pour ne rien comprendre à la libération animale et à la libération de la planète…

Ainsi, même ce qui est censé être de la « contestation » est transformé en quelque chose d’abstrait et d’intellectuel, où toute rage est évacuée au profit d’un formalisme pacifié.

En bref, c’est de l’art de petit-bourgeois pour d’autres petits-bourgeois, qui se croient très radicaux alors qu’ils ne font que nier le féminisme, et qu’ils ne voient même pas à quel point ils sont prisonniers de la pensée religieuse.

Fin de Pessa’h

Fin de Pessa’h en « diaspora » ce mardi à 21h18. Bonne Mimouna aux personnes d’origine marocaine.

Honorer le souvenir du génocide rwandais !

Il y a 16 ans, le 6 avril 1994, était abattu au dessus de Kigali l’avion du président rwandais Habyarimana, le pion de Mitterrand.

Dès le lendemain et pendant seulement trois mois, ce sont plus d’un million de RwandaiSEs qui sont génocidéEs (dont 800 000 entre la mi-avril et la mi-mai).

Nous diffusons ici un document du Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste sur le génocide rwandais et la complicité de l’impérialisme français.

Connaître les génocides, faire vivre la mémoire, combattre l’impérialisme !

Le génocide au Rwanda en 1994
et le rôle des puissances impérialistes,
principalement l’impérialisme français

Gregoire Ndahimana, ancien administrateur de Kiivumu pendant le génocide au Rwanda en 1994 et recherché pour le massacre de plus de 2 000 Tutsis, a été arrêté dimanche 9 août en République démocratique du Congo. L’information n’a été communiqué que le 12 août.

L’arrestation de ce génocidaire est ici l’occasion de rappeler le rôle décisif de l’impérialisme français et de sa concurrence avec l’impérialisme US dans le génocide de plus de 800 000 Tutsis.

A l’époque de la colonisation, l’impérialisme belge a appliqué le principe des exploiteurs de « diviser pour mieux régner » en créant de toutes pièces des distinctions liées à des critères physiques et sociaux, sur la base de catégories antérieures liées à leur rôle dans le mode de production. féodale Les « Tutsi » – minoritaires – regroupaient alors les personnes de grande taille, éleveurs et liés à la monarchie rwandaise, les Hutus étant des cultivateurs. L’impérialisme belge a fait des Tutsis une élite servant de relais à sa domination coloniale, puis a soutenu les Hutus face aux aspirations d’indépendance des élites Tutsis, incitant ainsi aux premiers massacres de Tutsis en 1959. C’est à cette époqe que beaucoup de Tutsis se réfugièrent dans l’Ouganda voisin.

Après l’indépendance de façade du Rwanda, l’impérialisme français a « récupéré » le Rwanda qui se situait dans une zone stratégique à la frontière de la zone d’influence de l’impérialisme US, avec notament l’Ouganda.

C’est précisément de l’Ouganda que part l’offensive des exilés Tutsis du FPR (Front Patriotique Rwandais), soutenue par l’impérialisme US en 1990. L’impérialisme français intervient alors pour éviter le basculement du Rwanda dans le camp de l’impérialisme US et former militairement les futurs génocidaires Hutus de 1994, organisés principalement dans les « milices interahamwe ».

Après l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, signal du début du génocide qui dura 100 jours jusqu’au 4 juillet, l’impérialisme français continue de vendre des armes et d’offrir un soutien logistique aux génocidaires. En fait, le génocide à coups de machettes des Tutsis et Hutus « modérés » s’est fait sous encadrement de l’impérialisme français et US qui poursuivaient chacun leurs objectifs.

Pendant deux mois à partir du 22 juin 1994, l’opération Turquoise de l’impérialisme français (sous mandat de l’ONU) a permis l’accueil dans l’ambassade française puis l’exfiltration de responsables du génocide vers le Burundi ou le Zaïre (devenu maintenant la RD Congo) de Mobutu, allié de l’impérialisme français, parmi lesquels des proches du président Habyarimana, le président du gouvernement provisoire Théodore Sindikubwabo ou Ferdinand Nahimana, fondateur de la Radio Télévision Libre des Mille Collines qui incitait tous les jours sur ses ondes au génocide.

Finalement, la progression du FPR et sa victoire militaire a porté au pouvoir l’actuel président Paul Kagame, une situation profitable à l’impérialisme US.

Le fonctionnement « habituel » de l’impérialisme est la perprétations de crimes à l’encontre des peuples de la zone des tempêtes et le génocide au Rwanda est une des multiples atrocités planifiées par les forces impérialistes, principalement l’impérialisme français dans ce cas.

La bourgeoisie au service de l’impérialisme sait comment nier la réalité des horreurs qu’elle perpétue et aujourd’hui, quinze ans après les faits, le génocide au Rwanda n’est pratiquement jamais évoqué. En France, la bourgeoisie insiste de manière chauvine sur les actions menées par l’impérialisme US pour mieux se présenter comme une puissance aux pratiques « acceptables ». C’est pourquoi les médias bourgeois parlent toujours de « la France » et non de l’impérialisme français, ce qui conduit les faibles critiques formulées à l’encontre de la diplomatie française à prendre un tour moral et non politique, favorable au statu quo et au renforcement de la démocratie bourgeoise.

De plus, l’éducation nationale au service de la bourgeoisie favorise une approche nationaliste et chauvine en cachant, bien sûr, les crimes impérialistes et en empêchant ainsi d’avoir une vision internationaliste.

En tant que communistes, nous devons donc nous intéresser à l’histoire criminelle et aux atrocités actuelles de l’impérialisme français., ainsi que de tous les impérialismes. Nous devons nous affranchir du cadre réactionnaire de l’éducation bourgeoise, nationale et chauvine pour nous intéresser à l’histoire de tous les peuples du monde. Il s’agit d’une tâche internationaliste indispensable dans le cadre du combat révolutionnaire contre l’impérialisme et pour le communisme !

Révolution #15, août 2009.

Sur le nouveau scandale antisémite du Vatican – Mémorial 98

Benoît XVI : décryptage du nouveau scandale antisémite

En difficulté face à l’énorme scandale des actes pédophiles minimisés et dissimulés par la hiérarchie, la haute hiérarchie du Vatican fait appel à la théorie du « complot juif ».

Le pape ou ses proches savaient que le sermon de Cantalamessa contiendrait une référence à l’antisémitisme. Dans une institution aussi contrôlée que le Vatican, il est impossible qu’une thématique aussi lourde soit ainsi mise au-devant de la scène sans accord préalable du sommet de la hiérarchie. D’autant que le prédicateur en question n’est pas un novice sorti de son monastère. Il présente l’émission religieuse « A son image » sur la première chaîne de télévision publique italienne Rai Uno et occupe sa fonction au Vatican depuis 1980

Le moine capucin fait état d’une prétendue lettre d’un « ami juif » comparant la mise en cause de la hiérarchie catholique aux persécutions contre les Juifs et déclarant : «…Je suis avec dégoût l’attaque violente et concentrique contre l’Eglise (et) le pape. (…) L’utilisation du stéréotype, le passage de la responsabilité et de la faute personnelles à la faute collective me rappellent les aspects les plus honteux de l’antisémitisme»

Le grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni avait reçu fort poliment Benoît XVI à la synagogue de Rome le 17 janvier ,malgré les réticences d’une bonne partie des communautés juives mondiales choquées par sa volonté de sanctifier le pape Pie XI (voir Benoît XVI : le pape révisionniste. ) Il juge la comparaison du prédicateur Cantalamessa d’autant plus malvenue que « personne de la communauté juive n’était intervenu jusqu’à présent » dans les scandales pédophiles.

Le rabbin a surtout regretté qu’avant ce sermon, « il y ait déjà eu des rumeurs sur le fait que les attaques contre l’Eglise proviendraient du lobby juif » et « on a même dit dans certains milieux catholiques que la presse italienne est contrôlée par les juifs ». Il suggère donc que la référence du prédicateur est un message en direction des Juifs pour leur enjoindre de cesser leur campagne

Aux Etats-Unis également des milieux catholiques mettent en cause la presse et le rôle qu’y joueraient des Juifs.

Le rabbin Segni a de plus déploré que « les paroles inappropriées du père Cantalamessa aient été prononcées un Vendredi Saint, le jour le plus funeste de l’histoire des relations entre chrétiens et juifs ». La liturgie catholique en latin de cette fête continue d’inclure une prière pour la conversion des juifs. Or Benoît XVI a, en septembre 2007, justement promulgué un « Motu Proprio » permettant de nouveau l’usage de cette messe en latin et des ses formulations antisémites. Il s’agissait pour lui de manifester une ouverture aux intégristes qui réclamaient ce rétablissement.

D’ailleurs à la veille même de sa récente visite controversée à la synagogue de Rome, Benoît XVI a confirmé l’ouverture à ces intégristes, porteurs d’un antisémitisme très enraciné. À l’occasion de l’Assemblée plénière de la Congrégation pour la doctrine de la foi du15 janvier, il a confirmé, « l’engagement pour que soient surmontés les problèmes doctrinaux qui empêchent encore le retour à la pleine communion dans l’Église de la Fraternité Saint Pie X »… » symbole de l’intégrisme et à laquelle appartient l’évêque négationniste Williamson(voir Benoît XVI et son évêque négationniste )

En France, le « parti antisioniste » proche du régime iranien a publié un communiqué de soutien au pape intitulé « Benoît XVI l’honneur de la Chrétienté’ . Le texte largement repris sur les sites catholiques d’extrême droite est signé de Y. Gouasmi, celui qui voit « un sioniste derrière chaque divorce » et qui s’est illustré sur la liste « antisioniste « des Européennes de 2008 avec Dieudonné et Soral (voir Interdire les listes de Dieudonné ? ) .

Il déclare notamment :

« Mais on est quand même en droit de s’interroger sur cette offensive médiatique qui semble viser essentiellement le Souverain Pontife… Qu’a pu faire de particulier ce Pape, pour mériter un tel acharnement ? Dès l’annonce de la canonisation à venir de Pie XII, Israël et les rabbins sionistes ont réagi à leur manière, c’est-à-dire avec un mélange de morgue et d’agressivité… »

Le recours pervers à la Shoah ne se limite pas au dernier éclat du Vatican.

Les catholiques qui combattent le droit à l’avortement recourent fréquemment à la référence de la Shoah dans leurs campagnes. Simone Veil avait subi ce genre d’attaques lors du vote de la loi sur l’IVG.

En Pologne actuellement Alicja Tysiac qui a fait condamner en 2007 l’Etat polonais par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour refus d’IVG est calomniée par l’Eglise et les médias catholiques, traitée de meurtrière et comparée aux criminels nazis Mengele et Hess ; elle porte plainte en diffamation contre l’archevêché de Silésie à l’origine de cette campagne.

Le député polonais Giertych avait organisé en novembre 2005, au Parlement européen à Strasbourg une exposition de photographies hostile à l’IVG. L’une des affiches représentait des enfants derrière des barbelés à Auschwitz. Les panneaux ont été retirés par les services du Parlement .

Le pape Jean-Paul II avait aussi à plusieurs reprises tracé un parallèle entre l’IVG et la Shoah.

La direction de l’Eglise catholique, secouée par ses scandales, persistera-elle dans son repli et sa recherche de complots?

(voir aussi Négationnisme: révolte catholique contre Benoît XVI, Allemagne: le bacille de Koch, Benoît XVI appuye les intégristes antisémites en France, Les intégristes encouragés par le pape, Sarkozy: nouveau dérapage sur Vichy, Mme Sarkozy Bruni dérape à propos des Juifs et de la Shoah, Le parlement Européen se contente de réprimander le député antisémite polonais: un mauvais signe)

MEMORIAL 98

Un prolétaire mort à Bobigny : sa mémoire déjà bafouée par les antisémites

Mardi soir, un homme est mort à Bobigny.

Saïd B. était un prolétaire de 36 ans, qui avait dû laisser sa famille à Dijon pour venir chercher du travail en région parisienne.

Saïd B. avait donc trouvé un boulot de vigile à Bobigny (93), au magasin Batkor tout près du canal de l’Ourcq. C’est là qu’il a trouvé la mort, loin de sa famille.

Car mardi dernier à 19h30, juste à la fermeture de Batkor, un couple était arrivé, auquel Saïd B. avait refusé l’entrée.

De ce qui s’est passé à ce moment là, nous ne savons strictement rien. Certains évoquent des insultes racistes, d’autres rejettent cette version des faits.

Toujours est-il que 4 amis du couple ont débarqué, et qu’une embrouille violente s’est sans doute ensuivie, à coups de cric de voiture.

Réfugié dans son magasin, le vigile serait ressorti pour sauver son chien, menacé de mort par les agresseurs. Là il aurait été poursuivi le long du canal de l’Ourcq, qui passe à seulement quelques dizaines de mètres derrière le magasin Batkor.

À partir de là plus rien n’est vraiment certain, bien qu’on arrive à se faire une idée des dernières minutes de Saïd.

La seule chose absolument certaine, c’est que le corps de Saïd B. a été retrouvé mercredi après-midi dans le canal, sous les yeux éplorés de sa famille. On ne peut qu’imaginer ses dernières pensées pour ses proches si loin de lui…

Quant au chien « outil de travail », il est heureusement sain et sauf.

Cependant, rien n’indique pour l’instant que les agresseurs de Saïd B. l’aient poussé à l’eau (on a retrouvé son blouson sec sur la berge), mais rien n’indique non plus qu’ils soient innocents, et quoi qu’il en soit ils ne lui ont pas porté assistance.

Ses 4 agresseurs, des hommes âgés de 19 à 25 ans, sont actuellement en détention provisoire.

Que voit-on ? Que faut-il comprendre dans cette tragédie ?

Que c’est la crise, et que le sentiment général est à la crispation. C’est limite si n’importe quel regard de travers peut dégénérer, et prendre des proportions dramatiques.

Aujourd’hui n’importe quelle étincelle peut mettre le feu : tantôt dans un sens positif, collectif, libérateur ; tantôt dans le sens de la brutalité au sein du peuple, dans le sens de l’individualisme, du sexisme, du racisme assassin.

C’est sur ce côté sombre et négatif que comptent bien surfer les antisémites.

Car il faut savoir que dès jeudi soir, la radio RTL avait annoncé que les agresseurs de Saïd B. se seraient en garde-à-vue déclarés d’origine juive.

N’importe quelle personne juive en région parisienne voit immédiatement avec angoisse le potentiel explosif de cette « information »…

Une « information » qui a été lâchée à ce moment là de façon totalement irresponsable, rien que pour s’assurer le « scoop » médiatique…

Et effectivement, quand on observe par exemple l’attitude de la CAPJPO-Europalestine, on voit la tendance à l’antisémitisme pogromiste, qui ronge son frein et n’attend qu’une rumeur raciste pour passer à l’acte.

Car d’ailleurs, quel rapport entre la Palestine et le quasi meurtre de Bobigny ? Aucun, naturellement, à part pour les antisémites qui veulent fantasmer tout en rejetant la révolution arabe.

Et pourtant Europalestine vient expliquer que les agresseurs de Saïd auraient soi-disant mis en avant leurs supposées origines juives pour se couvrir, vient parler d’ « omerta », d’ « accointances juives », de « signal mafieux efficace », et vient lécher les bottes des cléricaux musulmans petits-bourgeois.

Bref, toute une rhétorique qui, avec la référence à la « mafia », est clairement d’extrême-droite. Ni plus ni moins.

Et quand on voit la vidéo du rassemblement silencieux organisé par les religieux à Bobigny, l’attitude franchement coloniale-paternaliste d’Europalestine fait tout de suite penser à l’extrême-droite antisémite en Algérie « française », qui rêvait de mobiliser les « indigènes » contre la minorité juive…

Voilà la réalité en France aujourd’hui : au sein du peuple on s’entretue, et les racistes comptent les points en bafouant la dignité de celles et ceux qui sont partiEs.

Honneur et justice pour Saïd B., un prolétaire mort pour rien !
Combattre l’embrigadement dans le racisme pogromiste !
Vive l’unité antiraciste du peuple contre nos vrais ennemis !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat ‘Hol HaMo’ed – שבת חול המועד

Entrée vendredi à 20h03, sortie samedi à 21h13.

L’Action Antifasciste : métissée, populaire, autonome !

Nous nous permettons d’insister de nouveau : Hapoel fait partie d’un réseau de groupes antifascistes autonomes, l’Action Antifasciste.

Il existe plusieurs approches de l’antifascisme, selon la définition (ou justement l’absence de définition) que l’on a du fascisme. Et pour nous, toute militance antifasciste va dans le bon sens, vue sa nécessité impérieuse à notre époque.

Mais l’Action Antifasciste développe une approche spécifique, qui se fonde sur la compréhension de la crise capitaliste, la compréhension de la question de la culture, et la compréhension de la triple oppression.

Toute militance antifasciste va dans le bon sens, certes… mais nous considérons tout de même que pour vaincre et vivre, la stratégie de l’Action Antifasciste est – aujourd’hui en Europe – la plus en accord avec la réalité.

Voici une très courte présentation de notre stratégie antifasciste, de notre identité.

Que 1000 initiatives antifascistes s’épanouissent !

Nous sommes un réseau de groupes antifascistes autonomes, qui travaillons soit localement, soit dans un domaine précis (le féminisme, la culture redskin, etc.).

Nous nous considérons comme un réseau antifasciste parmi d’autres, mais nous avons une approche spécifique qui fait que nous nous sommes regroupéEs de manière affinitaire. Voici les principaux points qui nous tiennent à cœur :

1. La considération que le fascisme n’est pas une « gangrène », un phénomène causé par des petits groupes de gens aux idées d’extrême-droite, qu’il suffirait de « neutraliser ». Le fascisme est une tendance inévitable du capitalisme en crise, il est poussé par la haute bourgeoisie, les marchands d’armes, le capital financier.

2. La compréhension de l’importance de la culture et de la morale. Les fascistes se développent sur le terreau de la crise et proposent une « culture » ainsi qu’une « morale ». Nous pensons qu’il faut leur opposer les nôtres, progressistes. C’est un trait d’union entre touTEs les progressistes et c’est là-dessus que doit se fonder l’unité antifasciste.

3. Qu’est-ce qu’être progressiste aujourd’hui ? Nous pensons déjà que c’est comprendre la grande importance du combat contre le sexisme. Le fascisme ce n’est pas simplement des « idées » mais une idéologie faisant vivre un « mouvement », et le patriarcat en est une composante très importante. De la même manière, il faut assumer l’écologie contre la destruction capitaliste du monde, et soutenir les remises en cause de la condition animale sur notre planète.

4. Il s’agit également de comprendre la force des préjugés racistes et antisémites, des délires sur le « clash des civilisations ». Le fascisme se présente souvent sous la forme de l’ethno-différentialisme, il faut savoir comprendre et combattre ce phénomène.

Si nous avons donné naissance en 2008 à l’Action Antifasciste en tant que réseau, c’est justement pour travailler dans cette perspective. Le choix du nom Action Antifasciste vient de l’expérience allemande (dans les années 1930 et dans les années 1990).

Cette expérience s’est justement développée sur la base de la compréhension du rapport entre fascisme et crise capitaliste (dans les années 1930), de l’idéologie de la triple oppression, c’est-à-dire le racisme, le sexisme et le capitalisme (dans les années 1990), et de l’importance de la question animale avec l’ajout du drapeau vert aux drapeaux rouge et noir (durant les années 2000).

Nous engageons les personnes et groupes antifascistes à participer à notre réseau, sur la base de ces valeurs, de manière autonome mais dans la perspective du front antifasciste pour la défense des valeurs progressistes.

Pour l’offensive sociale, métissée et populaire !
Vive l’Action Antifasciste !

Rouge est l’épée de la justice !

Dixième et dernière lithographie de la série « ‘Had Gadya » d’El Lisstizky (1919).