Brigitte Bardot et la fourrure en Israel
Tout commence il y a un an, en février 2009 : la chaîne israelienne Arutz 10 diffuse un documentaire sur les animaux massacrés pour leur fourrure… Dans la foulée, une grande polémique naît en Israel, d’où ressort l’idée d’une loi interdisant la fourrure.
Quand on sait que ces animaux vivent dans des élevages dignes d’Auschwitz et sont bien souvent dépecés vivants, on ne peut qu’approuver cela.
Une première proposition de loi a donc été déposée par Nitzan Horowitz, membre de la Knesset faisant partie de Meretz, un parti se revendiquant social-démocrate. Cette proposition de loi a par la suite été reprise par Ronit Tirosh, une députée du parti Kadima fondé par Sharon.
Ce projet de loi prolongeait l’interdiction des peaux de chiens et de chats, et prévoyait l’interdiction de la production, de l’importation et de la vente de fourrure en Israel.
Il faut savoir qu’en Israel, le marché meurtrier de la fourrure est considéré comme « petit », avec un chiffre d’affaire de « seulement » de 500.000 à 1.000.000 $ par an.
Par contre, ce marché est bien plus important aux USA et au Canada, où les communautés religieuses sont plus riches qu’en Israel, et où bien entendu il fait moins chaud…
En gros dans l’État israelien, ce marché meurtrier est limité à 70 % aux ‘Haredim ashkénazes, qui ont pour tradition depuis le 18ème siècle de porter un Shtreimel en fourrure à Shabbat. Et encore, certaines sectes ‘Hassidiques tolèrent ou obligent l’utilisation de fourrure synthétique !
Le Shtreimel, c’est ce chapeau cylindrique en fourrure, qui est censé représenter une couronne pour sanctifier le Shabbat. Il est affirmé notamment que « Shabbat » est l’acronyme de « Shtreimel Bimkom Tefilin » (= Shtreimel au lieu des Tefs).
Les Shtreimlekh sont faits de queues d’animaux assassinés, essentiellement des zibelines, des visons ou des renards gris. Ces queues arrachées sont au nombre de 13 (pour les attributs du pardon de D.ieu), de 18 (pour ‘Hai) ou de 26 (pour Youd Heh Vav Heh).
Pour les cœurs bien accrochés, on peut voir une photo de ces queues chez un fier fourreur-assassin canadien par là.
Bref, tout cela pour dire que le projet de loi, qui devait initialement interdire toute la fourrure en Israel, avait été plusieurs fois ajourné, et a subi un amendement prévoyant une dérogation pour les religieux et leur Shtreimel…
Mais vendredi dernier, on a appris que… la Knesset allait renoncer à faire passer cette loi !
Le prétexte : les pressions des députés religieux, menés par Mena’hem Moses, ainsi que du parti religieux séfarade Shass – alors qu’il n’est certainement pas dans la tradition juive-arabe de porter de la fourrure !
Alors, qu’est-ce qui se cache derrière ce refus de Shass, et cela tandis que la proposition avait déjà passé une lecture de la Knesset sans une telle opposition ?
Eh bien comme toujours : des intérêts capitalistes !
Car en effet, les députés ultra-religieux ont reçu une visite bien opportune : celle du vice-président du Fur Council of Canada, le conseil canadien de la fourrure !
Alan Herscovici a ainsi expliqué aux députés religieux que l’interdiction de la fourrure risquait d’être le premier pas vers l’interdiction de la Sh’hita, notamment en Europe, et a mis en avant ses intérêts économiques menacés au Canada.
L’industrie capitaliste barbare de la fourrure a parlé… et les rabbins se sont exécutés !
Herscovici a terminé en affirmant que :
« Israel devrait être le dernier à procéder à ce genre de législation, parce qu’Israel est en train d’être diabolisé en Occident de la même manière que l’industrie de la fourrure, et souvent par les mêmes gens et cercles. »
Que voit-on donc ?
Que le lobby de la fourrure est extrêment conscient de la portée de la question animale, qui si elle est reliée au refus de toute barbarie, doit mener à l’idée de la libération totale – qui englobe donc la libération nationale palestinienne.
Ou en tout cas bien plus conscient que certains « protecteurs des animaux » comme Brigitte Bardot, qui avait écrit une lettre d’encouragement à la Knesset il y a 3 semaines.
Le communiqué de la Fondation Bardot qui allait avec cette lettre se terminait ainsi :
« Israël a besoin aujourd’hui de notre soutien et nous, citoyens protecteurs des animaux de tous pays, avons besoin de cette loi qui, en créant un précédant, nous aidera à faire évoluer les mentalités et peut-être un jour bannir à jamais le commerce de la fourrure de nos propres pays ! »
Apparemment, l’industrie de la fourrure est plus lucide que Brigitte Bardot, et voit bien que la remise en cause de ses activités assassines va de pair avec la contestation générale de l’exploitation animale et avec la dénonciation des crimes sionistes.
Cela est même implicitement reconnu – et regretté – par Jeanne Halévy, la fondatrice de la Coalition Internationale Anti-Fourrure, qui pourtant a fait son Alyah au début des années 1990.
Bardot s’est d’autant plus ridiculisée que, dans son communiqué, elle parlait d’une « loi révolutionnaire, avant-gardiste, [qui] peut vraiment changer la face du monde ».
Une pseudo-radicalité qui s’est heurtée à la réalité de la société capitaliste, à la réalité de la domination d’Israel par les intérêts impérialistes nord-américains.
Ainsi il a suffi d’une intervention de l’industrie de la fourrure pour que les députés de la Knesset abandonnent cette loi… alors que 86 % de la population israelienne serait contre la fourrure !
Pour les animaux martyrisés et exterminés, il n’y aura jamais aucune avancée sans remise en cause de ce monde de mort dominé par le capitalisme, le racisme et le patriarcat !
Pas de libération animale sans libération totale, et pas de libération totale sans refus du sionisme et de ses crimes : voilà un fait qui échappe totalement à Brigitte Bardot et aux réformistes de la « protection animale ».
Et d’ailleurs, il suffit de voir l’attitude de la Ligue de Défense « Juive » à propos de toute cette affaire.
En effet, la LD"J" avait relayé le communiqué de la Fondation Bardot… en titrant « La Fondation Brigitte Bardot contre les Streimels » !
Cela paraît totalement surréaliste, et pourtant ! La LD"J" arrive bien à se focaliser sur une demi-ligne du communiqué de la Fondation Bardot, en se moquant totalement des millions d’animaux dépecés vivants pour leur fourrure !
Juif ! Juive ! Pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka !
Rejoins le camp de l’antifascisme et de la libération animale !





