Une dernière fois sur Frêche et Le Pen
L’antisémitisme est l’expression d’une vision du monde, d’une culture.
C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’un « choix », car les racistes ne peuvent pas réfléchir, ne peuvent pas « décider » d’être tantôt antisémites, anti-arabes, anti-rroms, anti-noirs, anti-chinois, anti-américains, etc.
La raison de cela est plus profonde que simplement de la nullité : l’oppression raciste est un produit de l’exploitation capitaliste, et le capitalisme est le règne de la concurrence et de l’anarchie. Par conséquent, les capitalistes ne peuvent pas « calculer », et décider que tel ou tel racisme sert davantage leurs intérêts.
Cela, c’est la thèse du racisme comme recherche consciente d’un « bouc-émissaire » (quelle que soit sa variante, même celles à la mode s’imaginant très radicales). En fait, c’est une thèse idéaliste qui n’explique pas grand’chose.
Mais pour les révolutionnaires, quand Georges Frêche déclare qu’il ne voterait pas pour Fabius car il a « une tronche pas catholique », il parle conformément à sa vision du monde, conformément à sa nature de classe.
De même quand Jean-Marie Le Pen explique que le prénom du petit-fils de Sarkozy « ne relève pas d’une franche assimilation de sa famille à la société française » (et que « Mohammed est le prénom le plus donné aux nouveaux-nés à Marseille »), il est aussi dans toute une vision du monde, une vision raciste du monde.
Autrement dit, les « dérapages » racistes n’existent pas : ce sont des expressions d’une culture et d’une idéologie.
Prenons par exemple le cas de Georges Frêche.
Georges Frêche est un politicien ultra-populiste de la petite-bourgeoisie du Languedoc, et dont le racisme de beauf n’est plus à prouver. Il a donc beau être aussi pro-sioniste qu’il veut, il n’échappe pas aux préjugés antisémites de sa classe sociale.
Et pourtant, les institutionnels juifs et les sionistes trouvent le moyen de défendre Frêche par rapport à son insinuation contre Fabius la « tronche pas catholique »…
Même quand les arrières-pensées antisémites sont aussi transparentes !
Même quand Frêche s’enfonce dans sa lettre « d’explication » à Fabius, en affirmant qu’il n’y avait « pas de connotation religieuse » dans sa phrase, alors qu’historiquement, « pas catholique » signifie justement juif ou protestant.
Même quand, dans sa vision du monde, la minorité juive de France est nécessairement liée à l’État israelien : « Tu connais depuis longtemps mon amitié pour Israël. L’action que j’ai conduite en faveur de la communauté juive en porte le témoignage. »
Ainsi, le Crif déclare dans un communiqué que « Le passé de monsieur Frèche témoigne de son rejet de l’antisémitisme ». Quant au président du Crif Languedoc-Roussillon, c’est limite si sa défense de Frêche ne relève pas de la foi religieuse : « Mais je sais qu’il n’est pas antisémite, je le sais. ».
Apparemment, les dirigeants du Crif ne savent pas ce qu’est l’antisémitisme quotidien, puisqu’il faut bien dire que l’insinuation de « tronche pas catholique » est d’une beauferie tellement banale que n’importe quel personne juive y a été confrontée un jour…
Mais ce n’est pas nouveau : le Crif c’est des bourgeois institutionnels au service de l’État français, et qui sont donc prêts à nier une réalité flagrante tant que leurs intérêts sont défendus – quitte à pactiser avec des antisémites.
Par contre, ce qui est plus « étonnant », c’est que la LD"J" se met aussi à défendre Frêche ! Et cela toujours au nom de son « amitié » avec l’État sioniste.
Espérons que la sortie de Le Pen sur le prénom de Solal Sarkozy rappellera à certains ce que pensent leurs chers « patriotes français » de la minorité nationale juive : qu’au fond, elle ne sera jamais réellement française.
Quand on voit les « dérapages » de Le Pen et surtout de Frêche (qui a toujours été pro-sioniste), ce n’est pas difficile de comprendre que ces prochains mois, nous allons connaître un intense développement du racisme et de l’antisémitisme : les racistes « se lâchent ».
Et alors il ne s’agira pas de nier la réalité comme le font les sionistes, mais bien d’organiser les masses populaires juives dans le front antifasciste.





