« Liberté » de Tony Gatlif

Ce mercredi est sorti au cinéma un film de Tony Gatlif, Liberté.

À travers l’histoire d’une communauté tzigane qui, pendant la guerre, est tant bien que mal acceptée dans un village de la zone occupée, Tony Gatlif nous raconte une page trop souvent oubliée de l’histoire de Vichy : la traque de la minorité tzigane de France, et sa déportation en direction des camps de la mort.

À l’affiche de ce film de 1 h 51, on retrouve notamment Marc Lavoine, Marie-Josée Croze ou bien James Thiérrée. Quant au réalisateur, Tony Gatlif, rappelons qu’il est d’origine kabyle et gitane, et qu’il a déjà réalisé plusieurs films autour de la question nationale rom.

À noter aussi le fait qu’un livre est sorti en même temps que le film, qui est une version romancée du scénario du film. Il porte le même nom que le long-métrage, et est signé Tony Gatlif et Éric Kannay.

Aujourd’hui encore, la réalité du génocide tzigane est niée en Europe – ou plutôt « oubliée », ce qui revient au même.

Car dans les idéologies nationales, c’est-à-dire des bourgeoisies constituées en États nationaux, les individus d’origine rom sont perçuEs comme des ombres, comme des fantômes, qui au fond n’appartient pas à ce monde mais « ne font que passer ».

Une fois la minorité transnationale rom perçue comme abstraite et invisible, la porte est ouverte au génocide, et elle reste ouverte pour l’oubli.

Pour tous les personnes traquées par les nazis et leur alliés, honneur et mémoire !