Tou BiShvat – ט״ו בשבט

Ce soir et demain, nous fêtons Tou BiShvat, la fête la plus « écologiste » de l’année religieuse juive !

Et pour cause : le 15 du mois de Shvat marque le « Rosh HaShanah LaIlanot », c’est-à-dire la nouvelle année pour les arbres, où l’on consomme leurs fruits suite au « jugement » des arbres par D.ieu à Shavuot.

En raison de cela, la tradition à Tou BiShvat est de consommer des fruits secs, dont des amandes, dattes, abricots secs, figues séchées, raisins secs, etc.

Historiquement, la date du Rosh HaShanah LaIlanot a donné lieu à une controverse rabbinique dans les premiers siècles de l’ère chrétienne.

D’une part l’école de Shammai tenait pour le 1er du mois de Shvat, d’autre part l’école de Hillel tenait pour le 15 du mois de Shvat.

Et de fait, le 15 du mois de Shvat correspond à peu près aux premières floraisons d’arbres en terre de Palestine, particulièrement les magnifiques fleurs d’amandiers blanches et roses.

L’école de Hillel l’a donc emporté (sans doute pour des raisons plus complexes…), et depuis on parle de Tou BiShvat.

En effet, dans l’arithmétique hébraïque, Tou = ט״ו = 9+6 = 15. Mais alors pourquoi ne pas écrire 15 = 10+5 ? Parce qu’en hébreu, cela donnerait י״ה, l’abréviation du nom de D.ieu !

En revanche, on ne sait pas bien si Tou BiShvat a été réellement célébré (c’est-à-dire avec une pratique spécifique) depuis son institution, qui remonte à l’établissement de la Mishnah.

Il se peut en réalité que la pratique de Tou BiShvat soit plus récente, et remonte au 16ème siècle, à l’époque du grand kabbaliste Itz’hak Luria (de Tzfat en Palestine).

Cette école kabbaliste aurait repris et développé la pratique ashkénaze de manger à cette occasion des fruits secs, en attribuant une importance particulière au symbole de l’arbre.

Car comment ne pas voir le lien avec le concept mystique d’Arbre de la Vie, « ‘Etz ‘Haim », qui apparaît dans la Genèse et a été justement synthétisé par Itz’hak Luria ?

À cela s’ajoute le parallèle entre l’être humain et les arbres, parallèle qui revient plusieurs fois dans le Tanakh, d’après les principes « l’arbre du champ est l’homme lui-même » (Dvarim dans la Torah) ou bien « l’homme sera tel un arbre planté au bord de l’eau » (Yirmyahou HaNavi).

Ainsi, Tou BiShvat est au fond une fête agricole, qui ne célèbre ni un deuil, ni un événement particulier – et pourrait presque ressembler à une fête païenne !

C’est aussi une fête qui, de manière populaire, célèbre la beauté du cycle de la nature et les signes précurseurs du printemps.

C’est enfin une fête issue du lien matériel de dépendance entre l’humanité et la nature, et que l’on peut aujourd’hui comprendre de manière matérialiste grâce au concept scientifique de Biosphère.

À titre anecdotique, on retrouve sur le site américain ShalomVeg.com un article sur Tou BiShvat et le végétarisme.