‘Hanukkah : allumer le feu !

Le saviez-vous ?

Le principal symbole de ‘Hanukkah, c’est bien sûr la ‘Hanukkiah (חנכיה), le chandelier à 9 branches.

Le terme de ‘Hanukkiah est en soi assez récent, puisqu’il est né avec l’hébreu moderne il y a environ un siècle. Mais c’est ce mot qui s’est imposé, du moins en France, notamment pour le différencier de la Menorah, le chandelier à 7 branches qui fut longtemps le symbole du judaïsme.

Rappelons brièvement l’origine religieuse de la ‘Hanukkiah.

Lorsqu’en 165 avant l’ère chrétienne, les Maccabim victorieux arrivent au Temple de Jérusalem, ils ne trouvent que quelques gouttes d’huile d’olive, qui auraient suffi à faire briller la Menorah un seul jour alors qu’il faudrait huit jours pour refaire un stock d’huile.

Là s’opère le miracle bien connu : les quelques gouttes d’huile d’olive parviennent à brûler pendant 8 jours de suite, juste le temps que « tout rentre dans l’ordre ».

Au moment où se fixe le judaïsme rabbinique, dans les siècles autour de la destruction du Second Temple, les décisionnaires célèbrent donc ce miracle en instituant la fête de ‘Hanukkah (= « inauguration »), et en imposant la « publication du miracle » (c’est-à-dire de le proclamer et de le faire connaître).

La ‘Hanukkiah est donc censée rappeler à la fois la grande Menorah du Second Temple (dont on a d’ailleurs récemment découvert une reproduction d’époque sur un bas-relief près du lac de Tibériade), et le miracle des 8 jours.

Oui, mais pourquoi 9 branches pour 8 jours de fête ?

Parce que l’on rajoute une neuvième bougie, une bougie principale censée allumer toutes les autres bougies.

Cette bougie s’appelle le Shamash, ce qui signifie « le serviteur », mais qui provient aussi de la racine de Shemesh, « le soleil ». Une fois toutes les bougies du jour allumées, on fait fondre la base du Shamash avec une autre bougie, et on le pose sur son bougeoir un peu surélevé.

Et comment allumer les autres bougies ?

Sur ce point, le rituel actuel est le résultat d’un long débat des premiers décisionnaires, entre l’école de Shammai et l’école d’Hillel – et ce n’est qu’une des centaines de controverses entre ces deux écoles.

L’école de Shammai était partisane d’allumer 8 bougies le premier jour, 7 bougies le deuxième, etc. À l’opposé, l’école d’Hillel prônait d’allumer une bougie le premier jour, 2 bougies le deuxième, etc. Dans les deux cas, on allume en tout (1+1)+(1+2)+…+(1+8) = 44 bougies pendant ‘Hanukkah (et on remarque que 44 = 18+26 !).

Finalement c’est l’école d’Hillel qui l’a emporté historiquement, et on dispose les bougies de droite à gauche (c’est-à-dire que chaque soir, on ajoute une bougie à gauche de la dernière allumée), et on allume ces bougies de gauche à droite (pour que les personnes droitières ne se brûlent pas ?).

Ce soir, il y aura donc 6 bougies à allumer.

Autre chose sur le rituel de la ‘Hanukkiah ?

‘Hanukkah étant une fête avant tout familiale, et aussi bien les femmes que les hommes sont habilitéEs à allumer la ‘Hanukkiah.

L’allumage des bougies a lieu si possible à la tomber de la nuit en présence de toute la famille, ou alors plus tard si ce n’est pas possible.

Il existe également des commandements halakhiques sur où poser la ‘Hanukkiah, et des bénédictions relativement connues que nous ne développons pas.

De plus, il faut préférer si possible les mèches baignant dans l’huile d’olive plutôt que les bougies.

‘Hanukkah Samea’h LeKoulam !