Archives de décembre, 2009

Juif ! Juive ! La révolution arabe est aussi la tienne !

Gaza et la militarisation de l’économie israelienne

Le saviez-vous ?

Un peu comme le Liban à l’été 2006, l’offensive sioniste à Gaza en janvier 2009 a largement servi comme « laboratoire » militaire à Tzahal.

En effet, de nombreuses armes américaines et israeliennes ont été testées, des tactiques militaires ont été appliquées et évaluées, et les techniques et tactiques de la résistance palestinienne ont été passées au crible.

Mais ce qui est moins compris, c’est le bond en avant dans la militarisation de la société israelienne qui a été permis par l’offensive de Gaza.

Car il faut bien voir que l’aspect « laboratoire » de cette offensive concerne également l’exercice du pouvoir et la marche de l’économie en Israel même : c’est le pendant « interne » de la répression de la résistance arabe.

Ainsi, il faut savoir que durant l’opération ‘Oferet Yetzukah, les réunions du gouvernement israelien se tenaient directement… au ministère de la défense !

Autrement dit, dans un État qui vit plus ou moins en guerre depuis 60 ans, et où l’institution militaire a un poids immense, Tzahal a assumé de manière quasi officielle l’exercice direct du pouvoir.

Mais pour mener à bien les guerres coloniales d’Israel, il faut également assurer une mobilisation de masse, ou tout au moins neutraliser le peuple – et si besoin sur un mode autoritaire.

C’est là le rôle du « Commandement de la Protection Civile » (Pikud Ha’Oref, ou Pak’ar, ou Home Front Command), qui coordonne la mobilisation du « front de l’arrière ».

Ainsi, le Pak’ar a été le seul corps de Tzahal à rappeler ses réservistes dès le déclenchement des opérations militaires, et celui-ci a déclenché pendant la première nuit le « plan Mela’h » – qui même à l’été 2006 n’avait pas été déclenché !

Mela’h, cela signifie « sel » en hébreu, mais c’est surtout l’abréviation de « Meshek LeSheat ‘Herum », c’est-à-dire l’état d’économie d’urgence. L’organisme Mela’h a été créé en 1955 par Ben Gurion, est passé en 1965 sous la direction du ministère de la défense, et a été doté d’un quartier général en 1986.

Bien entendu, il existe à côté de Mela’h de très très nombreux dispositifs d’urgence : autorité d’urgence nationale (Reshut ‘Herum Le’umit, ou Ra’hel comme le prénom), situations spéciales de protection civile (pendant les tirs de roquettes), diverses sirènes (‘Azakah) et radars repérant les roquettes, abris près de chaque ensemble de bâtiments (avec les entraînements d’évacuation dès l’école maternelle), etc.

Mais la spécificité de Mela’h, c’est que Tzahal prend directement le contrôle de l’économie.

Ainsi, dans un rayon de 20 puis 40 km autour de la bande de Gaza (donc Sderot, Netivot Ashkelon, et même la région de Ber Sheva), les secteurs économiques dits « vitaux » pouvaient réquisitionner les ouvrierEs à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit !

Ce qu’il faut remarquer, c’est que pendant la guerre de 2006 au Liban, tous ces plans d’urgence n’ont pas été déclenchés, malgré les très nombreuses roquettes tirées sur le nord d’Israel, et malgré les polémiques à l’époque.

Pourquoi en 2009 et pas en 2006 ?

Sans doute à cause de l’aggravation de la crise capitaliste.

Car depuis 60 ans, l’État sioniste est un État en crise, soutenu à bout de bras par l’impérialisme américain, et dont l’économie est largement orientée vers l’industrie militaire – conformément aux intérêts américains…

Là survient l’intensification de la crise générale du capitalisme, encore plus en septembre 2008. Cette crise est un grand pas en avant dans la marche à la guerre impérialiste, qui devient de plus en plus la seule issue pour les capitalistes.

L’appareil d’État israelien doit donc être prêt à parer à une guerre, avec l’économie de guerre qui suit, et la mobilisation de masse dans cette économie de guerre.

Voilà pourquoi nous expliquons que : la guerre de Gaza est un aspect de la crise du capitalisme ; la guerre de Gaza est un « laboratoire » pour la militarisation totale de l’économie et de la société israeliennes.

Et voilà pourquoi nous disons que le sionisme est un ennemi de la classe ouvrière dans l’État israelien !

Aucun massacre ne brisera la résistance !

Ce qui se joue à Gaza – PCMLM

Un document du Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste, paru il y a un an pendant les massacres de Gaza. Un document court, mais une ligne à étudier sérieusement, en particulier pour les révolutionnaires des minorités juive et arabe en France.

Ce qui se joue en ce moment à Gaza et quelle signification cela a pour nous

Ce qui s’est passé en Grèce était un aspect de la crise générale du capitalisme. Ce qui se passe aujourd’hui en Palestine est l’autre aspect. L’impérialisme en crise précipite le monde dans la guerre.

Et cette tendance s’accélère. Pour cette raison, ce second aspect qu’est la guerre impérialiste amène une nouvelle situation, visant à pourrir le premier aspect. C’est le fascisme.

Tel est le panorama de la situation actuelle, qui représente un moment clef. Ce qui se joue en ce moment est essentiel !

Soit la révolte qui grandit possède un caractère révolutionnaire, matérialiste, communiste. Soit elle est parasitée, tronquée, faussée et est déviée en mobilisation de masses de type fasciste.

Et il était inévitable que la question palestinienne soit présente dans la maturation de ce moment clef. Pour deux raisons essentielles :

a) Elle nécessite de la part des révolutionnaires dans les pays impérialistes une analyse matérialiste absolument impeccable, sans quoi les pseudo « révolutionnaires » que sont les fascistes arrivent à transformer l’antisionisme en antisémitisme, forme « traditionnelle » et historique du paratonnerre social du pseudo « anticapitalisme ».

b) Elle nécessite de la part des révolutionnaires dans les pays arabes une analyse matérialiste absolument impeccable, sans quoi le mouvement de libération nationale arabe sera inévitablement coincé, comme l’histoire le montre, entre d’un côté la réaction arabe représentée par les bourgeoisies compradores–bureaucratiques vendues à l’impérialisme, et de l’autre côté les mouvements religieux islamiques qui représentent les bourgeoisies nationales arabes locales qui ont peur de la révolution arabe et la troquent contre un Islam mythique (qui n’est par définition plus arabe ni populaire).

Si nous avons, en tant que marxistes-léninistes-maoïstes, réaffirmé le patrimoine des positions de la gauche palestinienne – et nous avons été les seuls à le faire ! – c’est pour être au niveau de cette question qui se pose concrètement en France avec trois aspects essentiels :

a) L’impérialisme français joue un rôle énorme dans l’oppression et l’exploitation des pays de la nation arabe, en plus d’avoir force à l’émigration des centaines de milliers d’Arabes.

Donc si dans un pays de la nation arabe, les révolutionnaires mettent à jour le véritable visage compradore–bureaucratique de la bourgeoisie locale et arrivent par là à relancer le mouvement de libération nationale arabe en brisant le mythe des pseudo « États nationaux » (que seraient la Syrie, le Maroc, l’Égypte, etc.), les conséquences seraient excellentes pour la révolution en France !

b) L’impérialisme français a réussi à diviser la population historique de nombreux pays arabes en manipulant les communautés juives locales.

Ces populations vivant en France depuis la pseudo-indépendance des « États nationaux » arabes (en réalité États semi-coloniaux semi-féodaux) savent au fond très bien que le sionisme est une option totalement abstraite et que culturellement voire nationalement, elles restent absolument liées à la nation arabe.

L’affirmation de la révolution démocratique arabe est un coup gigantesque contre la manipulation de la communauté juive en France par l’impérialisme, manipulation effectuée par l’intermédiaire du sionisme !

c) Le fascisme en pleine expansion en France s’appuie ouvertement sur la culture catholique traditionnelle : antisémitisme social et « droit de regard » sur la Palestine. Affirmer le caractère démocratique de la question palestinienne et son caractère national arabe, c’est contrer de manière prolétarienne et internationaliste le fascisme sur ce point.

L’unité des masses populaires d’origine juive et arabe en France représente une étape obligée de la révolution prolétarienne en France !

Tels sont les composantes du moment clef qui se joue en ce moment.

Gaza vivra ! Palestine vaincra !

27 décembre 2008. C’est à la fois le Shabbat de ‘Hanukkah et la nouvelle année musulmane.

C’est ce jour qu’a choisi l’État israelien pour lancer son opération militaire assassine, du nom cynique de ‘Oferet Yetzukah (« plomb fondu »).

Pendant trois semaines, un déluge de feu allait s’abattre sur Gaza, qui subissait déjà le blocus israelien depuis près de deux ans – et qui survit encore aujourd’hui dans ces conditions.

Dans ce laboratoire militaire d’Israel et des USA, près de 1350 personnes ont été massacrées, et 5450 ont été blessées. De même, 90000 personnes ont été déplacées – dont 50000 enfants.

Quant aux destructions matérielles, plus de 4.000 résidences ont été totalement démolies, 17.000 bâtiments ont été démolis partiellement. Et 25 écoles, hôpitaux ou universités, ainsi que 1500 usines, ateliers et établissements commerciaux ont été touchés à divers degrés.

Des chiffres effrayants, mais qui ne sont rien à côté de l’horreur vécue, des familles massacrées, de la terreur dans les yeux des enfants.

Mais comme après juin 1967, comme après septembre 1970, comme après les guerres du Liban de 1982 ou de 2006, comme dans les Intifada de 1987 ou de 2000… la résistance palestinienne a surmonté les massacres, s’est affermie et s’est élargie !

Le peuple palestinien, c’est un peuple qui vit dans la lutte nationale et se réalise par la lutte nationale. Le peuple palestinien, c’est l’avant-garde de la révolution démocratique arabe.

Il est temps de comprendre cet enseignement stratégique : les masses peuvent tout, et les impérialistes ne sont que des tigres en papier.

Car ni l’État colonial d’Israel, ni son maître américain ne parviendront à briser la résistance du peuple palestinien ! Pas plus que les impérialistes français ne parviendront à endormir les véritables révolutionnaires arabes !

Il est impensable pour nous, en tant que personnes juives, de justifier une seule seconde les massacres de Gaza !

Tout comme il est impossible de ne pas voir l’énorme vague d’antisémitisme qui a suivi Gaza – et qui est d’ailleurs l’une des raisons d’avoir fondé Hapoel.

Chaque personne juive en France doit comprendre que soutenir le sionisme est une impasse, une impasse meurtière.

Car c’est s’enfermer dans exactement ce que l’État français veut : une division du peuple suivant la prétendue religion, derrière des institutions bourgeoises comme le Crif.

Or les masses populaires juives de France ont tout intérêt à la libération, à la révolution. De ce fait, il est impératif de rejeter l’option sioniste comme un obstacle à la libération, ici en France.

De même les masses populaires juives de France font partie du prolétariat international, et ont exactement les mêmes intérêts historiques que le peuple palestinien – sans compter notre lien avec la nation arabe.

Voilà pourquoi il faut affirmer notre solidarité avec la lutte du peuple palestinien : il y aura le communisme pour tout le monde ou pour personne !

Vive l’unité de la nation arabe avec sa minorité juive !
L’État sioniste est un tigre en papier !
Pour une Palestine démocratique, populaire, laïque et socialiste !

[Une marche pour Gaza aura lieu aujourd'hui à Paris, sous le mot d'ordre de « soutien à la résistance du peuple palestinien jusqu’à la libération nationale ». Elle partira de Denfert-Rochereau à 15h, et rejoindra un rassemblement organisé devant Notre Dame de 17h30 à 19h30.]

Shavua Tov – שבוע טוב

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Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h40, sortie samedi à 17h54.

Mémorial 98 sur la béatification de Pie XII

Un article assez complet de Mémorial 98 sur le procès en béatification du pape Pie XII.

Benoît XVI : le pape révisionniste.

La décision de Benoît XVI représente une gifle non seulement pour les victimes juives de la Shoah, mais aussi pour toutes les victimes de violences racistes et de génocides. Contrairement à la présentation médiatique influencée par les thuriféraires de la papauté, il ne s’agit pas d’une obscure querelle entre le Vatican et les organisations juives mais d’une question qui interpelle toute l’humanité : peut-on béatifier ou même absoudre une personne d’autorité, qui par son attitude permet que soient commis des génocides ou des crimes de masse ?

En effet, selon Benoît XVI, le pape Pie XII, qui sans contestation était parfaitement averti du génocide nazi et qui a choisi de ne pas le dénoncer, serait donc un saint.

Pour parfaire l’ignominie, le pape a fait annoncer sa décision un samedi, jour sacré de shabbat pour les Juifs ; il s’agissait sans doute pour lui de retarder de 24h les protestations attendues, mais on notera une fois de plus l’absence du plus élémentaire respect chez ce prélat réactionnaire. Il l’avait déjà démontré abondamment, notamment par ses propos contre le préservatif lors de sa visite en Afrique, lors de son discours anti-islam à Ratisbonne, ou lors de la réintégration dans l’Eglise officielle de l’évêque négationniste Williamson il y a moins d’un an (voir nos articles précédents dont Benoît XVI et son évêque négationniste)

Le contexte d’émotion internationale après le vol du panneau « Arbeit Macht Frei » à l’entrée du camp d’Auschwitz n’a pas davantage freiné la décision papale, mais sans doute le pape prétendra-t-il ne pas en avoir été informé, comme lors de l’affaire Williamson

Benoît XVI vient aussi de bafouer les promesses qu’il avait fait de retarder la décision concernant Pie XII jusqu’à l’ouverture des archives encore closes du Vatican.

Il est en effet nécessaire de rappeler qu’une Commission internationale d’historiens juifs et catholiques, avait été instituée par les instances du Vatican, en octobre 1999. Ces experts devaient passer en revue les dix-huit volumes des « Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale ». L’Eglise espérait ainsi lever la majorité des soupçons déshonorants qui pesaient sur Pie XII. Pourtant, un an, plus tard, les membres de cette Commission remettaient un rapport « accablant » sur l’attitude de l’Église pendant la Shoah. La discorde s’installa entre les experts juifs et ceux du Vatican, particulièrement le jésuite Peter Gumpel, qui prétendaient que les experts n’avaient pas étudié sérieusement les volumes en question, tandis que ces historiens exigeaient des documents, dont leur lecture des Actes en question leur avait révélé qu’ils n’avaient pas été mis à leur disposition.

En juillet 2001, lassés et irrités des difficultés, voire de l’obstruction auxquelles se heurtaient leurs demandes, ils décidèrent de suspendre leurs travaux.

Pie XII a débuté sa carrière internationale à partir d’Avril 1917 en tant que nonce à Munich, alors que s’y déroulaient de violents affrontement entre la gauche et l’extrême-droite militaire et pré-nazie.

Sa correspondance d’alors avec le Vatican fourmille de références hostiles aux « juifs révolutionnaires ».

Plus tard il s’associe aussi à la campagne de dénigrement, orchestrée par les nazis et reprise dans Mein Kampf, contre les soldats noirs de l’armée française, stationnés dans leur pays, qu’ils accusent de répandre la syphilis.

Le futur Pie XII appuie leur protestation et l’adresse au Vatican pour supplier Pie XI, le pape d’alors, d’agir au plus vite, afin de sensibiliser le monde à cette « honte noire », et d’obtenir des autorités françaises« le retrait des troupes françaises de couleur ».

Il y revient le 26 janvier 1944, deux mois après le début de la campagne d’Italie. Alors que les armées alliées font route vers Rome, le pape Pie XII dépêche son Secrétaire d’Etat, le cardinal Maglione, auprès de l’ambassadeur de Grande-Bretagne, sir Osborne, pour lui présenter la requête suivante :

« Le pape espère qu’il n’y aura pas de soldats de couleur au sein des troupes alliées qui seront déployées à Rome après la libération. »

La demande du pape vise, non seulement les soldats afro-antillais et noirs américains, mais aussi algériens et marocains, soit une grande partie des troupes engagées dans la reconquête de Rome, alors aux mains des nazis. (In« Et si Dieu n’aimait pas les Noirs : Enquête sur le racisme aujourd’hui au Vatican » S.Bilé et A. Ignace, éd. Pascal Galodé).

Pie XII et la Shoah

Concernant la Shoah, le silence assourdissant de Pie XII a eu des conséquences pratiques catastrophiques dans toute l’Europe : en Slovaquie et Croatie ce sont des dictatures catholiques dirigées qui ont mis en oeuvre la Solution Finale (voir notre article Danger négationniste à l’Est de l’Europe).

En France, l’Eglise catholique qui, en 1940 est au courant du statut des juifs en préparation, ne dit pas un mot. Pire, l’assemblée des cardinaux et des évêques se félicite en août 1940 des limites imposées aux Juifs du pays, et aucun membre de la hiérarchie catholique n’exerça la moindre protestation concernant les statuts imposés aux Juifs d’octobre 1940 et de juin 1941.

En Allemagne même, lorsque l’archevêque catholique de Berlin, Preysing, demanda à deux ou trois de ses collègues de préparer un texte de protestation, le primat de l’Eglise allemande, le cardinal archevêque de Breslau, Bertram, s’opposa au projet. Le même ordonnera en mai 1945 de dire des messes de requiem en l’honneur d’Hitler, qui s’était récemment suicidé.

Pie XII n’était pas un antisémite forcené mais il se désintéressait toalement du destin des Juifs. Bien qu’informé très précisément du sort des Juifs d’Europe, il s’abstint de protester pour ne pas embarrasser l’Allemagne nazie, en qui il voyait le seul rempart possible contre le « bolchevisme ». Ce calcul diplomatique et politique le conduisit à garder le silence, alors qu’il prit ouvertement la parole pour évoquer le sort tragique des Polonais catholiques.

Ainsi lorsque les Juifs de Rome furent massivement déportés en octobre 1943, l’ambassadeur du Troisième Reich auprès du Vatican, Von Weiszäcker expédia une note à sa chancellerie, dans laquelle l’ambassadeur se félicitait que « bien que pressé de toutes parts, le Pape ne s’est laissé entraîner à aucune réprobation démonstrative de la déportation des Juifs de Rome [...] Il a également tout fait dans cette question délicate pour ne pas mettre à l’épreuve les relations avec le gouvernement allemand. » (in Le Bréviaire de la haine L. Poliakov. Livre de Poche réédité chez Presses Pocket en 1993)

À la fin de la guerre Pie XII couvrira les filières organisées par la haute hiérarchie romaine pour aider et évacuer les dignitaires nazis. Grâce à ces réseaux, dirigés par l’évêque Hudal, le curé croate Draganovic et le cardinal Montini, futur pape Paul VI, de très nombreux criminels tels que Eichman, Mengele, Aloïs Bruner, Stangl… et Paul Touvier purent s’enfuir et échapper aux poursuites.

Pie XII a aussi ordonné à l’Église de France de ne pas rendre à leurs parents les enfants juifs cachés, comme le prouve une lettre datée du 20 novembre 1946. Ces enfants avaient été confiés aux institutions catholiques pour les sauver des nazis, mais après la guerre, elles ont reçu pour consigne de ne les rendre que s’ils n’avaient pas encore été baptisés catholiques.

Cet ordre explicite figure dans le courrier adressé au nonce Roncalli, le futur pape Jean XXIII, qui représentait alors le Vatican à Paris.

« Veuillez noter que cette décision a été approuvée par le Saint-père » souligne la lettre, faisant référence à Pie XII. Elle ordonne, entre autres choses, que les enfants baptisés « ne soient pas confiés à des institutions qui ne leur garantissent pas une éducation chrétienne. » Quant aux orphelins non baptisés, l’Église ne devait en aucun cas les confier « à des personnes qui n’ont pas de droits sur eux. »

Benoît XVI : un pape ultra-réactionnaire

En désignant Benoît XVI la haute hiérarchie de l’Eglise a fait le choix d’un pape déterminé à mener le combat du retour vers la tradition autoritaire du catholicisme. Il ne cesse de confirmer l’orientation « restaurationniste » et réactionnaire qu’il entend donner à son pontificat.

Quand il était cardinal Ratzinger, Benoît XVI estimait déjà que le concile « rénovateur » Vatican II n’était qu’une parenthèse.

Il a ouvert la porte de l’Église à des intégristes membres de la Légion du Christ, de l’Opus Dei et à des traditionalistes.

Benoît XVI a, pendant l’été 2007, reçu à sa résidence de Castel Gondolfo le directeur de la radio antisémite polonaise Radio Marya (voir nos articles précédents dont Pologne : le gouvernement et les évêques pour la radio antisémite) et l’a publiquement félicité pour « l’ensemble de son activité ». Il a ainsi apporte un soutien marqué au père Rydzyk qui s’illustre par ses diatribes antisémites, homophobes, anti-IVG et xénophobes.

Le pape ne néglige pas la dénonciation de l’Islam. Ainsi lors de son fameux discours de Ratisbonne en 2006 il avait cité un auteur byzantin : « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines… »

Sans doute avait-il préparé ce discours en recevant en Septembre 2005, Oriana Fallaci, propagandiste de la dénonciation des musulmans. À la mort de cette dernière, le cardinal Ruini, bras droit du pape en Italie en tant que président de la conférence épiscopale, avait rendu hommage à son « courage », sa « force morale » et son « engagement ».

Son insensibilité à l’égard de la Shoah remonte à loin.

Alors que le futur pape est ordonné prêtre en Allemagne en 1951, six ans après la fin de la guerre et de la Shoah, il ne fait aucune allusion à cet événement dans sa réflexion religieuse et ses écrits en vue de la prêtrise. Sa proximité avec les courants catholiques intégristes va au point d’exiger lors de son déplacement à Paris en Septembre 2008 de porter des vêtements et objets liturgiques provenant de l’abbaye provençale du Barroux dirigée par des prêtres d’extrême-droite.

Le processus de béatification de Pie XII est une infamie.

On ne peut pas se contenter de déclarations. Les organisations qui se réclament de la lutte contre le négationnisme et l’antisémitisme ont la responsabilité d’organiser une réelle campagne publique contre la décision du pape.

Memorial 98

Voir nos articles précédents :
Benoît XVI appuye les intégristes antisémites en France
Les intégristes encouragés par le pape.
Négationnisme : révolte catholique contre Benoît XVI
Benoît XVI et son évêque négationniste
Brochure antisémite polonaise au Parlement européen
Pologne : le gouvernment et les evêques pour la radio antisémite
Pologne :protestation catholique contre l’antisémitisme.
Pologne : l’antisémitisme sévit au gouvernement
Antisémitisme en Pologne : le scandale éclate !

Honorer la mémoire, porter la révolte, appliquer la justice !

La photo (original en bas, zoom en haut) est prise à l’entrée de Yad VaShem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem.

Sur l’autocollant, on peut lire : « On a raison de se révolter ! PCMLM », à côté d’un visuel communiste (le logo d’un parti communiste d’Allemagne).

Les liens qui vont avec :
- le site internet de Yad VaShem ;
- la base de données de Yad VaShem ;
- le site du Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste (PCMLM).

« Arbeit macht frei » et l’esclavage nazi

Volée vendredi dernier au camp de concentration d’Auschwitz, l’enseigne « Arbeit macht frei » a été retrouvée lundi.

Cinq personnes ont été arrêtées dans la nuit de dimanche à lundi, au nord de la Pologne. Celles-ci sont passées aux aveux lundi, et la plaque a été retrouvée… découpée en 3 morceaux !

L’occasion de revenir très rapidement sur l’histoire de cette plaque, sans trop de considérations philosophiques…

Le saviez-vous ?

« Arbeit macht frei » signifie en allemand « le travail rend libre ».

Initialement, ce slogan a servi de titre à un roman, d’un pasteur nationaliste allemand, Lorenz Diefenbach. Ce roman a été publié en 1872 dans un journal viennois, puis en 1873 dans une maison d’édition de Brême. Il raconte l’histoire d’un tricheur qui regagne le « droit chemin » en travaillant. Rien de très original, en somme.

Mais ce slogan s’est retrouvé comme devise de plusieurs institutions en Allemagne et en Autriche.

Ainsi, la République de Weimar (née de la répression de la révolution spartakiste, et enterrée par le national-socialisme) a adopté cette devise en 1928 comme guide pour sa politique de grands travaux.

De même, le grand monopole chimiste IG Farben a également adopté cette devise, en l’apposant sur le fronton de ses usines en Allemagne. Or c’est ce même trust industriel qui a été par le suite le principal employeur dans le camp de travail d’Auschwitz III !

Sous le régime nazi, le slogan « Arbeit macht frei » a donc surtout servi à mettre en esclavage la population des camps de travail !

Ainsi, on retrouve cette devise à l’entrée de Dachau d’abord, puis à Gross-Rosen, Sachsenhausen, Theresienstadt (Terezin en Tchéquie)… et surtout à Auschwitz.

En effet, suivant la vieille tradition allemande des inscriptions au-dessus des entrées de bâtiments officiels, le général SS Theodor Eicke (alors inspecteur des camps de concentration et commandant à Dachau) a ordonné que le slogan « Arbeit macht frei » soit généralisé dans les camps.

Dans le cas particulier d’Auschwitz, l’enseigne volée dominait l’entrée du camp d’Auschwitz I dès 1940 sur décision de Rudolf Höß. (Rappelons que ce camp est inauguré en juin 1940.)

L’enseigne elle-même a donc été fabriquée en 1940 par des prisonniers politiques polonais d’Auschwitz I, parmi lesquels Jan Liwacz. On peut remarquer que le B de « Arbeit » est à l’envers : il semblerait que ce soit en signe de protestation de la part des prisonniers.

Cette sous cette enseigne que passaient les détenus d’Auschwitz I chaque matin et chaque soir pour aller travailler en esclavage, dans une marche rythmée par un orchestre d’autres prisonniers…

Mais de fait, rien ne permet d’indiquer que ce slogan était ironique ou cynique de la part des nazis.

Au contraire, même, quand on comprend la mystique du travail « concret », « sain » qu’ont développée les nazis. Ce thème a été approfondi par Moishe Postone, et permet de mieux cerner l’antisémitisme moderne.

« Nous avons ici un merveilleux géorgien. »

Voilà ce que disait Lénine en 1913 à propos du jeune Staline, et de sa brochure « Le marxisme et la question nationale ».

Car il faut savoir que Staline était un spécialiste, au sein du parti bolchevik, de la question nationale et coloniale. Au point que, dès la révolution d’Octobre 1917, il occupera le poste de Commissaire du Peuple aux Nationalités, et cela jusqu’en 1923.

À ce titre, il est quasi impératif d’étudier la brochure « Le marxisme et la question nationale » pour comprendre le point de vue communiste sur la question des minorités nationales – qui nous concerne au plus haut point.

Il faut étudier en particulier le chapitre « Le Bund, son nationalisme, son séparatisme », qui critique très durement les tenants de « l’autonomie nationale-culturelle » en Russie, Autriche, Pologne et Lituanie – et sape donc aussi les bases du sionisme. Ce point de vue n’existe plus aujourd’hui en tant que tel, mais le Bund garde un certain « prestige » chez la petite-bourgeoisie juive de gauche du style U"J"FP, qui ne veut surtout pas rejoindre le camp de la révolution.

Il est temps de comprendre que la France est un pays multinational, avec des minorités nationales arabe, juive, rom, bretonne, etc.

Il est temps de comprendre que le métissage est depuis déjà longtemps une réalité quotidienne du peuple.

Il est donc temps d’étudier et de développer les positions communistes sur la question nationale en France, pour donner au peuple les armes de sa propre libération.

Hapoel est une contribution à cette compréhension, dans la droite ligne de Staline.

« Le chauvinisme national et racial est une survivance des mœurs misanthropiques propres à la période du cannibalisme. L’antisémitisme, comme forme extrême du chauvinisme racial, est la survivance la plus dangereuse du cannibalisme.

L’antisémitisme profite aux exploiteurs, comme paratonnerre afin que le capitalisme échappe aux coups des travailleurs. L’antisémitisme est un danger pour les travailleurs, car c’est une fausse route qui les égare hors du droit chemin et les conduit dans la jungle. Aussi les communistes, en tant qu’internationalistes conséquents, ne peuvent être que les ennemis jurés et intransigeants de l’antisémitisme.

En URSS, la loi punit avec la plus grande sévérité l’antisémitisme comme phénomène opposé au régime soviétique. Selon les lois de l’URSS, les antisémites actifs sont condamnés à la peine de mort. »

Joseph Staline, réponse à une question télégraphique de l’Agence juive d’Amérique, 31 janvier 1931

« Fêter Staline, c’est prendre parti. »

En ce 21 décembre, un spectre hante le monde : le spectre de Joseph Staline.

Car le nom de Staline a un caractère quasi magique : il rend hystériques tous les capitalistes.

Staline, c’est la détermination inébranlable à se libérer de ses chaînes, c’est la pureté d’acier de la classe ouvrière, c’est la clarté du communisme.

Et Staline, c’est la hantise des fascistes, qui ne peuvent oublier ce qu’a signifié Stalingrad.

Hapoel non plus n’oublie pas ce que signifie Stalingrad pour les populations traquées par les nazis. Le sens de Stalingrad c’est : vaincre pour vivre.

Aujourd’hui donc, nous célébrons le 130ème anniversaire de la naissance de Yossif Vissarionovitch Djougachvili, plus connu sous le nom de Jospeh Staline. En effet, « l’homme d’acier » est officiellement né le 21 décembre 1879 (mais en réalité le 18 décembre 1878…).

Voici donc un court extrait de l’hommage de Mao Zedong à Joseph Staline pour son 60ème anniversaire, en décembre 1939 alors que Staline était à la tête d’une URSS se préparant pour la guerre contre le nazisme :

« Fêter Staline, ce n’est pas une formalité. Fêter Staline, c’est prendre parti pour lui, pour son oeuvre, pour la victoire du socialisme, pour la voie qu’il indique à l’humanité, c’est se déclarer pour lui comme pour un ami très cher.

Car l’immense majorité des hommes vit aujourd’hui dans les souffrances, et elle ne peut s’en affranchir qu’en suivant la voie indiquée par Staline et avec son aide. »

Voilà des marques limpides de la sincérité révolutionnaire, très loin de tout « culte de la personnalité ».

Hapoel n’a jamais caché sa confiance en la voie de Staline, et cela dès le premier jour.

Mieux encore : Hapoel affirme qu’aucunE révolutionnaire ne doit avoir honte d’assumer la voie de Staline – et encore moins parmi la minorité juive !

Car la bataille pour la libération populaire, pour le développement démocratique des cultures juives, contre l’antisémitisme et le fascisme… tout cela passe par assumer les positions révolutionnaires et émancipatrices de l’URSS de Staline !

Pour nous, le nom de Staline est un critère de vérité : c’est là qu’on voit qui veut réellement en finir avec le vieux monde, et qui pense qu’il y a une autre alternative que Auschwitz ou Stalingrad.

Le pillage à Auschwitz et le nihilisme de notre époque

Horrifiant. Ce qui s’est passé à Auschwitz est simplement horrifiant.

Ce vendredi 18 décembre entre 3h et 5h du matin, l’enseigne « Arbeit macht frei » a été volée, en déjouant la sécurité de manière quasi professionnelle.

Cette plaque d’acier dominait depuis 1940 l’entrée du camp de concentration Auschwitz I, et était l’un des signes les plus connus du complexe concentrationnaire d’Auschwitz-Birkenau.

En fait, ce vol paraît à peine croyable.

Pour les personnes qui savent dans leur chair ce que signifie Auschwitz, tout cela semble irréel.

Et pourtant.

Pourtant, tout cela est tellement dans l’esprit de l’époque.

Notre époque est celle de la crise générale du capitalisme, et toutes les valeurs positives produites par l’humanité s’effondrent : le nihilisme l’emporte.

Car quoi de plus nihiliste que de détruire la dernière identité du million de vies exterminées à Auschwitz-Birkenau, c’est-à-dire leur mémoire ?

Et cela alors que l’on commémorera dans un mois le 65ème anniversaire de sa libération par l’Armée Rouge de Staline.

Plusieurs « pistes » ont été évoquées à propos de ce pillage.

Ainsi, la police polonaise privilégie officiellement la piste d’un « collectionneur ». Ou comment nier purement et simplement l’antisémitisme, qui est en Pologne chaque jour plus puissant et plus féroce.

Mais si cela est avéré, alors ce serait une preuve irréfutable du nihilisme des valeurs du capitalisme. En effet, quoi de plus nihiliste que de fétichiser un « symbole » de l’anéantissement des minorités juives d’Europe ? Et quoi de plus capitaliste que de faire d’Auschwitz une marchandise à posséder à tout prix ?

Au-delà de la désespérante thèse de la police polonaise, la piste la plus probable (surtout en Pologne…) est celle des activistes néo-nazis.

Si c’est le cas, alors cela est bien la preuve de l’explosion du mouvement fasciste en Europe. Car venir piller Auschwitz la nuit en commando très organisé et très préparé, c’est clairement pour les nazis une marque de confiance en l’avenir.

Dans les deux cas, tout cela aurait été inimaginable il y a seulement un an.

Seulement voilà, le système capitaliste pourrit sur pied, et on « découvre » que toutes les barbaries redeviennent possibles.

Ainsi en janvier dernier, des commémorations de la libération d’Auschwitz avaient été annulées en Catalogne. Ainsi en mai, des nazis avaient perturbé une cérémonie de la mémoire à Mauthausen. Ainsi aujourd’hui, c’est Auschwitz qui devient la cible de la barbarie nihiliste de notre époque.

Quoi qu’il en soit, ce pillage à Auschwitz est bien la démonstration que la bourgeoisie est incapable de protéger la mémoire des populations exterminées par les nazis, et encore moins de leur rendre une dignité.

Ainsi, comme on l’a vu vendredi, la sécurisation du d’Auschwitz est inefficace. De même, la fondation chargée d’entretenir le site du camp court à la faillite. Et en parallèle, le maire d’Oświęcim rêve d’ériger un très coûteux « Tertre de la Mémoire et de la Réconciliation », qui défigurerait Auschwitz.

Mais même l’État sioniste est incapable d’assumer pleinement la mémoire des minorités juives anéanties – sans compter la dignité des rescapéEs de la Shoah qui vivent dans la misère en Israel…

Ainsi, le président Shimon Peres en vient à parler de la plaque « Arbeit macht frei » comme d’un « symbole de plus d’un million de vies qui ont péri à Auschwitz ».

Non, cette plaque n’est pas un « symbole ». C’est une plaque en fer forgé qui a été témoin de la liquidation extrêmement concrète de personnes en chair et en os. Dire le contraire, c’est notamment donner aux personnes juives un caractère abstrait – ce qui est justement typique de l’antisémitisme moderne.

Et à ce niveau, ne parlons même pas de la petite-bourgeoisie « de gauche » qui se croit très maligne et très radicale en ironisant sur Sarkozy et son slogan « Le travail c’est la liberté »…

La vérité, c’est que nous entrons dans une époque de pourrissement du capitalisme, dans une époque de crise générale qui fait que tout ce qui semblait stable et fiable s’effondre.

Sans comprendre que la crise du capitalisme est une crise générale, il est impossible de saisir la tendance à la décadence, au nihilisme, à la barbarie.

Cette époque exige une vision à long terme, lucide et réaliste : aujourd’hui plus que jamais depuis 65 ans, l’alternative est Stalingrad ou Auschwitz !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h36, sortie samedi à 17h50.

Sevivon, sov sov sov – סביבון סב סב סב‎

Demain samedi, c’est le huitième et dernier jour de ‘Hanukkah, et par conséquent, ce soir est le dernier soir où l’on allume les bougies.

L’occasion donc d’évoquer la tradition des toupies de ‘Hanukkah, qui, comme toujours pour ‘Hanukkah, est une tradition populaire et joyeuse.

La coutume est extrêmement simple : à ‘Hanukkah, les enfants jouent à la toupie.

Mais la toupie elle-même est un peu spéciale : elle a un profil carré, et sur chaque face est inscrite une lettre en hébreu.

Dans l’ordre (de droite à gauche, est-il besoin de le rappeler ?), on lit les lettres Noun (נ), Gimmel (ג), Hei (ה), Pe (פ), qui sont les initiales de « Ness Gadol Haya Po » (נס גדול היה פה), ce qui signifie « un grand miracle s’est produit ici ». Mais traditionnellement en « diaspora », la lettre Pe est remplacée par la lettre Shin (ש), pour « Ness Gadol Haya Sham » (« un grand miracle s’est produit là-bas »).

Cette toupie s’appelle en hébreu moderne le « Sevivon », un terme dérivé de la racine du mot « tourner ». D’après la légende de la culture sioniste, le mot aurait été inventé par le fils de l’inventeur de l’hébreu moderne, alors enfant. En yiddish, on parle de « Dreidel », qui est encore l’appellation répandue aux USA.

Il existe un jeu de hasard basé sur le Sevivon, et qui se joue avec des mises de médailles en chocolat.

Chaque enfant mise un chocolat, et tourne la toupie à tour de rôle. Suivant la face sur laquelle elle tombe, soit on récupère tout, soit la moitié, soit rien, soit on doit encore miser. Les lettres sur le Sevivon sont en effet interprétées comme des initiales de yiddish (« nisht », « gantz », « halb », « shtelen »).

À propos du Sevivon, il existe aussi plusieurs chanson de ‘Hanukkah.

Ainsi, la chanson « Sevivon sov sov sov » (« Toupie tourne tourne tourne ») est très connue, et d’ailleurs, les paroles changent en Israel ou en « diaspora » suivant la rime avec « Po » ou « Sham »…

Enfin, il existe aussi une chanson de ‘Hanukkah dont les paroles ont été écrites par Bialik, le « poète officiel » du mouvement sioniste originel, et dont la dernière strophe parle du Sevivon.

Dans cette strophe, il est question d’une toupie en plomb fondu (‘Oferet Yetzukah, עופרת יצוקה). Or c’est précisément le nom officiel des opérations militaires à Gaza de l’année dernière !

En effet, pour les personnes qui auraient la mémoire courte, l’État sioniste a osé déclencher les massacres de Gaza le 27 décembre 2008, c’est-à-dire… exactement pour le Shabbat de ‘Hanukkah ! Et cela alors que ‘Hanukkah est censée être une fête de joie, de persévérance, d’espoir…

Le nom de « Plomb Fondu » exprès pour ‘Hanukkah est donc d’un cynisme terrible, d’un cynisme assassin. Mais la joie des enfants du peuple, cela est étranger aux dirigeants sionistes…

‘Hanukkah Samea’h ! – ! חנוכה שמח

‘Hanukkah : le miracle de la fiole…

‘Hanukkah : allumer le feu !

Le saviez-vous ?

Le principal symbole de ‘Hanukkah, c’est bien sûr la ‘Hanukkiah (חנכיה), le chandelier à 9 branches.

Le terme de ‘Hanukkiah est en soi assez récent, puisqu’il est né avec l’hébreu moderne il y a environ un siècle. Mais c’est ce mot qui s’est imposé, du moins en France, notamment pour le différencier de la Menorah, le chandelier à 7 branches qui fut longtemps le symbole du judaïsme.

Rappelons brièvement l’origine religieuse de la ‘Hanukkiah.

Lorsqu’en 165 avant l’ère chrétienne, les Maccabim victorieux arrivent au Temple de Jérusalem, ils ne trouvent que quelques gouttes d’huile d’olive, qui auraient suffi à faire briller la Menorah un seul jour alors qu’il faudrait huit jours pour refaire un stock d’huile.

Là s’opère le miracle bien connu : les quelques gouttes d’huile d’olive parviennent à brûler pendant 8 jours de suite, juste le temps que « tout rentre dans l’ordre ».

Au moment où se fixe le judaïsme rabbinique, dans les siècles autour de la destruction du Second Temple, les décisionnaires célèbrent donc ce miracle en instituant la fête de ‘Hanukkah (= « inauguration »), et en imposant la « publication du miracle » (c’est-à-dire de le proclamer et de le faire connaître).

La ‘Hanukkiah est donc censée rappeler à la fois la grande Menorah du Second Temple (dont on a d’ailleurs récemment découvert une reproduction d’époque sur un bas-relief près du lac de Tibériade), et le miracle des 8 jours.

Oui, mais pourquoi 9 branches pour 8 jours de fête ?

Parce que l’on rajoute une neuvième bougie, une bougie principale censée allumer toutes les autres bougies.

Cette bougie s’appelle le Shamash, ce qui signifie « le serviteur », mais qui provient aussi de la racine de Shemesh, « le soleil ». Une fois toutes les bougies du jour allumées, on fait fondre la base du Shamash avec une autre bougie, et on le pose sur son bougeoir un peu surélevé.

Et comment allumer les autres bougies ?

Sur ce point, le rituel actuel est le résultat d’un long débat des premiers décisionnaires, entre l’école de Shammai et l’école d’Hillel – et ce n’est qu’une des centaines de controverses entre ces deux écoles.

L’école de Shammai était partisane d’allumer 8 bougies le premier jour, 7 bougies le deuxième, etc. À l’opposé, l’école d’Hillel prônait d’allumer une bougie le premier jour, 2 bougies le deuxième, etc. Dans les deux cas, on allume en tout (1+1)+(1+2)+…+(1+8) = 44 bougies pendant ‘Hanukkah (et on remarque que 44 = 18+26 !).

Finalement c’est l’école d’Hillel qui l’a emporté historiquement, et on dispose les bougies de droite à gauche (c’est-à-dire que chaque soir, on ajoute une bougie à gauche de la dernière allumée), et on allume ces bougies de gauche à droite (pour que les personnes droitières ne se brûlent pas ?).

Ce soir, il y aura donc 6 bougies à allumer.

Autre chose sur le rituel de la ‘Hanukkiah ?

‘Hanukkah étant une fête avant tout familiale, et aussi bien les femmes que les hommes sont habilitéEs à allumer la ‘Hanukkiah.

L’allumage des bougies a lieu si possible à la tomber de la nuit en présence de toute la famille, ou alors plus tard si ce n’est pas possible.

Il existe également des commandements halakhiques sur où poser la ‘Hanukkiah, et des bénédictions relativement connues que nous ne développons pas.

De plus, il faut préférer si possible les mèches baignant dans l’huile d’olive plutôt que les bougies.

‘Hanukkah Samea’h LeKoulam !

Recette de Soufganyot végétaliennes

Entre les « chiffres de l’antisémitisme » qui ont doublé en un an, et la profanation de la mosquée de Castres (montrant que la cruauté contre les animaux va désormais systématiquement de pair avec les profanations racistes), l’ambiance est bien pesante pour ‘Hanukkah…

Voici donc un sujet un peu plus léger… ou au contraire un peu plus lourd !

Nous publions ici une recette de Soufganyot végétaliennes, donc plus écologiques et n’impliquant pas de souffrance animale.

Cette recette a été adaptée de Sufganiyot.com (eh oui, ça existe !), mais on peut trouver une recette proche sur le site juif végétarien / végétalien ShalomVeg.com.

Ingrédients pour une douzaine de Soufganyot :

- 2 petits paquets de levure ;
- 1/3 de verre + 3 cuillères à soupe de sucre ;
- 1 verre d’eau chaude ;
- 4 verres de farine blanche ;
- 1/2 cuillère à café de sel ;
- 1 verre de lait de soja ;
- 2 cuillères à soupe d’amidon de pomme de terre ;
- 1/4 de verre de margarine végétalienne fondue ;
- 1/2 cuillère à café de vanille ;
- huile de friture (éviter l’huile de palme) ;
- confiture ou chocolat végétalien fondu.

Préparation :

Dans un bol en verre, mélanger la levure, 1 cuillère à soupe de sucre et l’eau jusqu’à ce que la levure et le sucre soient dissous. Laisser reposer pendant 10 minutes.

Dans un autre grand bol, mélanger la farine et le sel.

Dans un troisième grand bol, mélanger le 1/3 de verre de sucre et les autres ingrédients, à part l’huile. Ajouter le mélange de levure, puis ajouter graduellement la farine et le sel. Mélanger jusqu’à ce que se forme une pâte ferme.

Couvrir et laisser reposer pendant une heure.

Démouler, et pétrir la pâte pendant environ une minute sur une surface farinée. Découper la pâte en beignets d’un diamètre d’environ 8 à 10 cm.

Couvrir avec un torchon ou un linge et laisser lever pendant 20 minutes environ, jusqu’à ce que la pâte double de volume.

Dans une friteuse ou une poêle profonde, chauffer plusieurs centimètres d’huile à feu vif. Vérifier la température en plaçant un petit morceau de pâte dans l’huile : l’huile est à la bonne température lorsque la pâte remonte à la surface presque immédiatement.

Faire frire les beignets dans l’huile pendant une minute ou deux, les tournant autant que nécessaire jusqu’à ce que les deux côtés soient dorés. Laisser égoutter sur du papier absorbant.

Injecter la confiture au choix ou le chocolat fondu avec une seringue à pâtisserie, et saupoudrer de sucre glace.

Bon appétit bien sûr !
‘Hanukkah Samea’h LeKoulam !

Hortefeux, l’antisémitisme, l’autonomie de classe

Quel rapport entre le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux et la lutte contre le racisme ?

A priori aucun, quand on se souvient d’Hortefeux comme ex-ministre « de l’immigration et de l’identité nationale », c’est-à-dire du racisme institutionnel de l’État français, ou bien quand on se souvient de ses « dérapages » racistes qui ne sont absolument pas des dérapages (comme l’expliquent les marxistes-léninistes-maoïstes ici ou ).

Et pourtant, l’Union des Patrons et Professionnels Juifs de France (UPJF) a organisé hier un colloque, où Brice Hortefeux était invité… et où l‘UPJF lui a remis un « prix de la lutte contre le racisme et contre l’antisémitisme » !

Cela est tout simplement hallucinant… ou plutôt totalement logique !

Car justement, Hapoel évoquait hier ce colloque de l’UPJF, et voici ce qui était dit :

Dans le même temps se tient à Paris un colloque de l’Union des Patrons et Professionnels Juifs de France (UPJF), qui n’est pas connue pour son progressisme…

Le thème du colloque est explicite : « Les ruses du nouvel antisémitisme : "l’antisionisme" ». Bref, « antisionisme = antisémitisme »…

[...]

Tout cela en présence de Brice Hortefeux !

Que du beau monde chez les « Patrons et Professionnels Juifs », et que des pointures de l’appareil idéologique de la bourgeoisie française.

Disons-le clairement : tout cela est étranger à la grande majorité des masses populaires juives de France.

Oui, tout cela est étranger aux masses populaires juives de France, mais pas aux capitalistes français d’origine juive, qui forment une composante totalement intégrée à la bourgeoisie française.

Les capitalistes d’origine juive les plus proches de la droite de l’UMP sont encore plus « fidèles » que le Crif à la partie de la bourgeoisie qui est actuellement au pouvoir (le Crif prétendant assurer une apparence de « pluralité »).

Voilà pourquoi l’UPJF est en quelque sorte propulsée par Hortefeux comme « représentant » la minorité juive, alors que par définition d’un « patron et professionnel juif », l’UPJF ne peut absolument pas représenter les masses juives de France !

Et voilà aussi pourquoi l’UPJF est à ce point servile avec l’État français et Brice Hortefeux : pour espérer un jour concurrencer le Crif comme institution privilégiée de l’État français pour encadrer et quadriller la communauté juive.

Tout cela est donc une vaste hypocrisie, un vaste marchandage sur le dos de notre minorité nationale, sur le dos des masses populaires juives.

Il n’y a qu’à écouter parler Hortefeux au colloque de l’UPJF pour s’en rendre compte.

Hortefeux a ainsi déclaré, lors de sa « décoration », que « le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme n’ont pas leur place en France » – alors qu’il a pratiquement été un ministre du racisme !

Pareil quand il a affirmé que « l’antisémitisme est un poison de notre République ». La réalité est exactement l’inverse : la république bourgeoise est un poison pour les masses populaires juives !

Enfin, Hortefeux a présenté les « chiffres de l’antisémitisme » entre janvier et septembre 2009. Comme nous l’avions déjà dit, ces chiffres ont évidemment explosé.

Et que trouve-t-il à dire ? Que cette explosion est « en partie clairement liée à la situation internationale ».

Alors ou bien les actes antisémites du début 2009 ne sont pas vraiment antisémites, ce qui est déjà la marque d’un racisme latent : en quel honneur les personnes juives de France seraient assimilées à l’État israelien ?

Ou bien la « situation internationale » signifie que l’antisémitisme n’est pas un problème français mais un problème « venu d’ailleurs », que ce n’est pas un produit de la société française, un produit de l’idéologie de l’impérialisme français.

Tout cela pour soit nier l’antisémitisme, soit dédouaner la « France éternelle » et diviser le peuple !

Quant aux « chiffres de l’antisémitisme » eux-mêmes, ils sont évidemment catastrophiques par rapport à 2008.

D’après Hortefeux, « 704 faits ont été recensés : 123 "actions" et 581 menaces, qu’il s’agisse d’agressions verbales, de dégradations de bâtiments ou d’inscriptions ». Ce qui fait, par rapport à la même période en 2008, une augmentation de 25 % des actes antisémites, une explosion de 130 % des menaces antisémites – soit globalement un doublement des incidents antisémites !

Voici ce que nous déclarions en octobre à propos des précédents chiffres :

Évidemment, les chiffres du ministère de l’intérieur et du SPCJ (service de protection lié au Crif et au Consistoire) sont ce qu’ils sont, à savoir un recensement statistique par l’État bourgeois.

D’une part les chiffres sont donc certainement sous-évalués, puisque toutes les menaces et injures ne sont pas recensées, que ce soit par peur ou par résignation de la part des victimes.

Et d’autre part, ils servent à rendre abstrait et statistique l’antisémitisme quotidien, car la bourgeoisie ne peut pas – et au fond ne veut pas – combattre le racisme, produit du capitalisme.

Face à cela, que propose Hortefeux ? Il propose de nominer « dans les prochains jours » un « préfet-coordonnateur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme ». Bref, encore de la bureaucratie bourgeoise.

Les antifascistes affirment que ce sont les masses qui font l’histoire, ce qui explique l’attitude d’Hapoel face aux procès Ilan Halimi et Sébastien Sellam – où justement la police et la « justice » de l’État français ont été d’une nullité sans nom.

Mais là, tout ce que raconte Hortefeux est totalement déconnecté de la nature profonde de l’antisémitisme. Tout cela est bidon, hypocrite, et ne peut servir strictement à rien.

Car c’est bien le capitalisme lui-même qui produit le racisme, ne serait-ce que dans sa tentative de sauver sa peau en « divisant pour mieux régner » !

Il n’y aura pas d’avancée antiraciste en France sans l’affirmation de l’autonomie de classe et de l’antifascisme révolutionnaire. Ce qui se résume suivant deux axes : l’unité populaire antiraciste d’une part, l’autodéfense juive antifasciste d’autre part. Et tout cela de façon autonome des institutions de la bourgeoisie.

Juif ! Juive !

Rejette tes illusions dans l’État français !
Liquide le poison du légitimisme !

Ce sont les masses qui font l’histoire !
Ce sont les masses qui briseront le racisme !

Le Crif, les Patrons Juifs, et pourquoi liquider le légitimisme

Aujourd’hui se tient une assemblée générale ordinaire du Crif. Au cours de cette assemblée à Paris se tiendra un vote pour le renouvellement d’un tiers du comité directeur.

Et alors ? Alors rien.

Ou plutôt si : maintenant, celles et ceux qui se sont toujours demandé qui est élu au Crif – et comment – doivent pouvoir se faire une petite idée du fonctionnement de cette institution.

Et alors ? Alors toujours rien.

Simplement, parmi la liste des candidats, on retrouve quelques noms plus ou moins connus dans la minorité juive : Sammy Ghozlan l’ancien commissaire qui se figure combattre l’antisémitisme avec le BNVCA, Gilles-William Goldnadel l’avocat ultra-sioniste, Raphaël Haddad le clown de l’UEJF, Patrick Klugman qui a lancé sa carrière politicienne à l’UEJF, Gérard Unger l’ancien bras droit de Henri Hajdenberg, Daniel Elalouf du FSJU, Yves-Victor Kamami du Bnai Brith, etc.

Parmi ceux-là, certains sont plus sionistes que d’autres, certains peuvent même être plus proches du PS que de l’UMP… mais tous sont des bourgeois qui font naturellement confiance en la république bourgeoise.

Et dans la liste des 21 personnes qui se présentent à l’élection d’aujourd’hui, un seul candidat est une candidate (Danielle Obadia du FSJU).

Dans le même temps se tient à Paris un colloque de l’Union des Patrons et Professionnels Juifs de France (UPJF), qui n’est pas connue pour son progressisme…

Le thème du colloque est explicite : « Les ruses du nouvel antisémitisme : "l’antisionisme" ». Bref, « antisionisme = antisémitisme »…

Et là aussi, il est instructif de se pencher sur la liste des invités, parmi lesquels on retrouve :

Élisabeth Lévy la journaliste qui se croit anti-conformiste, Ivan Rioufol du Figaro qui cache mal son racisme, Robert Ménard de Reporters Sans Frontières qui est financé par les USA, Serge Hajdenberg qui a fondé Radio J, Mohamed Sifaoui le journaliste « arabe de service », les intellectuels pro-impérialistes André Glucksmann et Bernard Henri-Lévy, le talmudiste Shmuel Trigano, l’intellectuelle soi-disant progressiste Caroline Fourest, l’expert anti-antisioniste Pierre-André Taguieff, Claude Goasguen le maire pro-sioniste du 16ème, Yazid Sabeg le promoteur de « l’entreprenariat de la diversité », Jean-Christophe Lagarde le maire ex-UDF de Drancy, et Gilles-William Golnadel qui est candidat au même moment pour les élections du Crif… Tout cela en présence de Brice Hortefeux !

Que du beau monde chez les « Patrons et Professionnels Juifs », et que des pointures de l’appareil idéologique de la bourgeoisie française.

Disons-le clairement : tout cela est étranger à la grande majorité des masses populaires juives de France.

Et pourtant… Pourtant l’un des piliers de ce que l’on pourrait appeler une « psychologie de masse de la minorité juive », c’est la confiance en la république bourgeoise – même si les institutions juives peuvent être décriées en même temps comme des « juifs de cour ».

À quoi tient ce pilier fondamental ?

Il suffit de voir tous les noms cités ci-dessus : tous sont des bourgeois, ou sont rattachés sans ambiguïté aux institutions et à l’idéologie de la bourgeoisie.

Et en l’absence d’une perspective révolutionnaire qui serait suffisamment réaliste pour que les masses populaires juives y voient « la lumière au bout du tunnel », rien de plus facile pour les bourgeois et les institutionnels juifs que de se poser en « protecteurs » de notre minorité.

Et cela alors que c’est bien la bourgeoisie qui perpétue nos conditions de vie et qui est à l’origine du racisme !

Le « légitimisme » et la confiance en la république bourgeoise s’expliquent sans doute par des raisons historiques – et nous y reviendrons sans doute.

Mais l’histoire de l’émigration juive d’Afrique du Nord résume très bien tout cela.

En Afrique du Nord à l’époque coloniale, les masses juives étaient souvent très pauvres, à l’exception d’une petite-bourgeoisie commerçante.

Cette couche sociale encadrait culturellement et idéologiquement les masses populaires, et voyait son intérêt dans l’alliance avec l’impérialisme français qu’elle devait croire éternel…

Quand la question nationale s’est posée dans ces colonies, les masses juives les plus pauvres avaient sans doute largement intérêt à s’unir avec le mouvement de libération nationale arabe.

Seulement voilà, la petite-bourgeoisie juive avait tout fait pour jeter les masses populaires juives à la remorque de l’impérialisme français. De plus, le mouvement national arabe n’a pas mené de révolution (sauf en Algérie où la révolution a été vendue par la suite), et la seule perspective qui semblait réaliste à nos familles était l’exil…

Exil en France pour les représentants de la petite-bourgeoisie juive ainsi que pour les personnes algériennes ou liées à l’Algérie qui avaient la nationalité française.

Exil en Israel pour les autres, c’est-à-dire 80 % des minorités juives du Maroc et de Tunisie, car il n’y avait pas d’autre choix dans la misère.

Et qu’a-t-on pu voir ?

Que c’est paradoxalement en Israel qu’a pu se développer le sentiment révolutionnaire parmi les masses séfarades, juives-arabes. Précisément là où il n’y avait pas de petite-bourgeoisie séfarade pour encadrer qui que ce soit.

Ainsi au début des années 1970, un important mouvement juif-arabe pour l’égalité et contre le racisme s’est développé en Israel, un mouvement qui a traversé le vécu populaire dans certaines villes jusqu’à avoir façonné une partie de la vie politique actuelle en Israel.

Un mouvement populaire et révolutionnaire qui s’est même posé la question de l’alliance avec la révolution palestinienne !

Voilà un petit point de comparaison qui permet de mieux comprendre la composante culturelle qu’est le légitimisme dans notre minorité.

Quant à Hapoel, nous affirmons qu’il faut développer l’autonomie des masses populaires – juives ou pas – face aux institutions de la bourgeoisie, et savoir qui sont nos ennemis et qui sont nos amis.

Sans liquider le légitimisme au sein de la minorité juive, il n’y aura pas pour nous de perspective réaliste de libération.

Car depuis le début, Hapoel a toujours déclaré :

Juif ! Juive ! Comprends que ton destin est lié à celui des classes populaires en France, dans la lutte pour une société métissée où le capitalisme aura disparu !

Shavua Tov – שבוע טוב

'Hanukkah Samea'h ! – ! חנוכה שמח

Entrée du Shabbat vendredi à 16h35, sortie samedi à 17h28.

'Hanukkah Samea'h ! – ! חנוכה שמח

Ce soir à 16h35 commence le 25 Kislev, qui marque le premier des 8 jours de ‘Hanukkah ! Une fête qui, il faut bien l’avouer, est très très attendue par les plus jeunes dans nos familles !

‘Hanukkah est une fête d’origine rabbinique qui célèbre à la fois la victoire militaire de la révolte des Maccabim, la « victoire spirituelle » sur les « Juifs hellénisants », l’institution d’un royaume indépendant sur la Judée… mais surtout le fameux « miracle de la fiole ».

Rappelons de quoi il s’agit : les Maccabim victorieux arrivent au Temple de Jérusalem (HaBeit HaMikdash), où la Menorah (chandelier à 7 branches) doit briller en permanence. Mais ils n’y trouvent que quelques gouttes d’huile d’olive consacrée, qui auraient suffi à faire briller la Menorah un seul jour alors qu’il en faudrait huit pour refaire un stock d’huile.

Et c’est là que s’opère le miracle : les quelques gouttes d’huile d’olive parviennent à brûler pendant 8 jours de suite, et « tout est bien qui finit bien ».

Voilà donc l’origine de l’allumage pendant 8 jours de la ‘Hanukkiah, ce chandelier à 9 branches qui porte 8 bougies, plus une bougie « principale » (le Shamash) utilisée pour allumer les autres.

D’autres coutumes se sont greffées avec le temps. Ainsi, il est coutume de manger des Soufganyot (des beignets fourrés), de donner de l’argent aux enfants (coutume qui s’est transformée soit en cadeaux, soit en médailles en chocolat), ou encore de faire tourner une toupie (« Sevivon, sov sov sov… »).

Voilà pourquoi ‘Hanukkah est une fête si attendue par les plus jeunes !

Quoi qu’il en soit, nous reviendrons au cours de ces 8 jours sur certains aspects de cette fête, car en réalité ‘Hanukkah est une fête de résistance et d’espoir !

Entretemps, Hapoel souhaite très très chaleureusement une bonne fête à toutes les personnes juives – ou pas, d’ailleurs.

'Hanukkah Samea'h ! – ! חנוכה שמח

Djerba – Belleville – La Goulette…

9 décembre 1942 : la grande rafle de Tunis

Le saviez-vous ?

Quand éclate la seconde guerre mondiale, la Tunisie abrite une population juive d’environ 90.000 âmes, habitant essentiellement entre Tunis et la Goulette, voire à Djerba, Sfax, etc.

L’Europe et les champs de batailles ont beau paraître loin, mais le colonisateur français occupe la Tunisie, qui subit dès octobre 1940 les lois antisémites de Vichy – comme en Algérie.

Les mesures antisémites sont diversement appliquées en Tunisie, pas toujours comme Vichy l’aurait voulu. Ainsi, le port de l’étoile jaune n’est pas obligatoire à Tunis, mais seulement à Souss et Sfax.

Fait notable, de larges couches des féodaux tunisiens s’opposent aux mesures antisémites, ne serait-ce que pour réaffirmer face à Vichy leur autorité sur la Tunisie et tous les « sujets » du Bey (parmi lesquels les juifs et les juives).

Ainsi, dès son intronisation en juin 1942, Moncef Bey s’opposera à l’antisémitisme de Vichy, et cachera des juifs pendant toute l’occupation à titre personnel, en poussant beaucoup de figures de la féodalité à faire de même. Les exemples en ce sens sont très nombreux.

Mais suite aux avancées des Alliés en Afrique du Nord, les nazis décident d’organiser la défense sur place, et débarquent en Tunisie le 8 novembre 1942. C’est alors que s’ouvre la période de l’occupation nazie en Tunisie, ce qui est unique en Afrique du Nord.

Pour la minorité juive, les persécutions antisémites franchissent un cap, et deviennent semblables à celles qui règnent en Europe : étoiles jaunes, rationnements, spoliations, réquisitions militaires, énormes amendes collectives, travail forcé en public ou dans des camps, et jusqu’à la déportation.

Le 8 décembre 1942, les forces nazies d’occupation exigent à la communauté juive (représentée par Moïse Borgel) un contingent de travailleurs forcés : il lui faut 3000 jeunes adultes juifs pour le lendemain à l’aube.

Mais le lendemain matin, il y a seulement 120 « volontaires » à la caserne Foch de Tunis. Ce sont donc les SS qui vont se charger du travail, et qui vont opérer une rafle sans doute déjà prévue : c’est la rafle de Tunis du 9 décembre 1942.

Ainsi, les SS occupent l’Alliance (l’école de l’Alliance Israélite Universelle) et « cueillent » les personnes qui arrivent. Les nazis iront jusqu’à rafler dans les synagogues, notamment la grande synagogue de Tunis. De plus, ils enlèvent de nombreuses figures notables de la communauté juive, qui serviront comme otages.

Les 4000 juifs raflés ce 9 décembre 1942 iront soit en camp de travail, soit seront envoyés sur les fronts allemands en Europe.

Ce seront au total 5000 juifs de 18 à 50 ans qui iront trimer dans 32 camps de travail en Tunisie dans des conditions de travail extrêmes, principalement vers Bizerte (tout au nord) mais aussi dans les environs de Tunis. À noter que le financement et les ravitaillements des camps seront assurés par la communauté juive… suite à des négociations avec les nazis !

De ces camps, quelques centaines de personnes ne reviendront pas, que ce soit à cause des conditions de vie extrêmement dures ou bien des exécutions sommaires… De même, une soixantaine de très jeunes adultes juifs trouveront la mort dans les fronts allemands en Europe.

Sans compter un convoi de déportés juifs, qui partira en avril 1943 en avion (étant donné que la mer est quadrillée par les Anglais), en direction des camps de Pologne et d’Autriche. De cette déportation, 17 personnes ne reviendront pas – en plus de déportés « individuels » parmi les résistants.

Face aux avancées des forces Alliées, les nazis déserteront les camps de travail en avril 1943, et fuiront la Tunisie en mai 1943. Peu après, les mesures antisémites seront abrogées.

Les six mois d’occupation allemande de la Tunisie ont été trop courts pour mettre en œuvre les véritables plans nazis : l’extermination de la minorité juive de Tunisie.

En effet, il existe des témoignages de cadres de la diplomatie nazie allant très clairement dans ce sens. Cependant, vu que la mer était sous contrôle allié, et que la déportation par « charters » n’était pas envisageable à l’époque, les SS avaient prévu de fusiller les personnes juives en Tunisie même.

Comme quoi l’antisémitisme nazi a une dimension totalement idéologique, jusqu’à aller chercher des personnes juives à génocider au-delà des mers. Voilà qui donne une idée de ce qui resterait des minorités juives dans le monde si les nazis n’avaient pas été écrasés à Stalingrad…

Interview de Serge Klarsfeld (13-05-2009 dans le Parisien)

Avocat de la cause des déportés juifs de France, Serge Klarsfeld, 73 ans, entend se constituer partie civile en Allemagne contre John Demjanjuk, le gardien du camp de Sobibor où près de 4 000 Juifs français ont péri en 1943 qui vient d’être extradé des Etats-Unis vers l’Allemagne pour être jugé. L’avocat se félicite que le crime nazi soit poursuivi jusqu’à son « dernier souffle ».

Vous êtes déjà à l’origine de l’enquête judiciaire menée en France contre Demjanjuk au nom de l’association des Fils et Filles de Déportés Juifs de France.

Serge Klarsfeld : Nous nous sommes constitués partie civile en France en 1993 en raison de la participation de Demjanjuk à l’extermination de plusieurs milliers de Juifs de France en mars 1943, à la période où il est arrivé au camp de Sobibor. En effet, de France, sont partis quatre convois vers Sobibor en mars 1943 avec 4.000 Juifs au total, dont le convoi 52 où se trouvaient 800 Juifs de Marseille arrêtés lors de la grande rafle du Vieux Port. Il y a eu moins d’une quinzaine de survivants.

À votre connaissance, existe-t-il des témoins français vivants ou des témoignages écrits sur son rôle à Sobibor ?

Serge Klarsfeld : La justice française n’a pas pu recueillir de témoignage parce qu’il n’y a plus de survivant. Sur la quinzaine de rescapés des quatre convois partis de France, seules deux personnes sont entrées à Sobibor. Les autres avaient été transférées dès leur arrivée au camp de Majdanek ou à Auschwitz, après une tentative d’évasion. Les deux de Sobibor ont réussi à s’évader lors de la grande révolte du camp. Mais nous n’avons pas leur témoignage. Il existe en revanche des témoignages écrits provenant de l’ex-Union soviétique comme celui d’Ignats Danilchenko, ancien garde SS de Sobibor. En 1949, il a ainsi décrit le rôle de son collègue Demjanjuk : « En tant que garde SS, il a participé à la destruction massive de civils juifs, les a empêchés de fuir avant l’extermination et les a escortés aux chambres à gaz où l’extermination de ces gens étaient perpétrée par la suffocation due au gaz issu d’un moteur spécial. »

Vous avez passé une partie de votre vie à chasser les criminels nazis. Que représente pour vous le cas Demjanjuk ?

Serge Klarsfeld : C’est un personnage qui a exercé des fonctions subalternes. Il était de ceux que les déportés voyaient lorsqu’ils arrivaient au camp, ceux qui les poussaient dans l’usine de mort qu’étaient les chambres à gaz. Il représente le dernier contact des déportés avec la brutalité nazie. Demjanjuk représente tous les gardes, comme Papon représentait l’administration préfectorale. Personnellement, j’aurais préféré que l’on juge en leur temps les cadres du régime nazi. Aujourd’hui, il ne reste que les petits. Mais ce qui est positif, c’est que jusqu’au dernier souffle du dernier criminel, le crime nazi est poursuivi. Un homme comme Demjanjuk sert la notion de justice, celle de ne pas laisser les criminels impunis, même s’ils sont âgés.

Selon vous, quel était le mobile d’un homme comme Demjanjuk. Ne peut-il pas se défendre en affirmant ne pas avoir eu d’autre choix que d’obéir aux ordres ?

Serge Klarsfeld : Les historiens allemands qui ont travaillé sur des cas précis montrent qu’on avait le choix. La défense de Demjanjuk dira certainement qu’il craignait d’être tué, qu’il n’a survécu que parce qu’il a accepté de faire ce qu’on lui demandait, qu’il n’était pas heureux de faire cela. Pour moi, c’est la conjonction entre quelqu’un de primitif qui a assouvi sa haine du Juif et quelqu’un qui se savait plus en sécurité en tant que gardien SS que comme prisonnier dans un camp de prisonniers soviétique. Mais ce sera à la justice allemande d’établir l’implication personnelle de Demjanjuk, les caractéristiques de son action.

Actualités des procès Lam-C et Demjanjuk

La semaine dernière, nous parlions des procès de l’assassin de Sébastien Sellam et du nazi Ivan « John » Demjanjuk. Ces procès n’avaient pas encore commencé, mais voici un bref récapitulatif.

1) Le procès Demjanjuk s’est ouvert lundi dernier, à Munich en Allemagne.

Par rapport au procès qui s’est tenu il y a 20 ans en Israel, l’accusation dispose de plus d’une attestation de formation comme garde de camp par les SS – alors que la plupart des témoins rescapés de Sobibor et Treblinka sont décédéEs entretemps.

Les modalités du procès sont strictes : pas plus de 3 heures par jour, pas plus de 3 jours par semaine. Le procès s’annonce donc long : sans doute jusqu’en juin, sans compter les suspensions.

Et justement, mercredi deux heures avant le début du troisième jour d’audience, Demjanjuk s’est fait porter absent pour fièvre. De ce fait, le procès est suspendu jusqu’au 21 décembre.

Mais mardi, les témoignages avaient commencé. Ainsi, un néerlandais de 70 ans a enfin pu raconter l’assassinat de sa mère, déportée et gazée à Sobibor au moment où Demjanjuk y opérait.

Il a lu la dernière lettre de sa mère, écrite peu avant de partir vers la mort (« C’est la seule chose qui me reste d’elle. »), avant de fondre en larmes : « Je te promets que je serai forte et que je survivrai sans aucun doute. [...] On ne peut rien y faire, c’est comme ça ».

Et a rajouté : « Trois jours plus tard, elle était morte. »

2) Dans le procès de l’assassinat antisémite de Sébastien Sellam (« DJ Lam-C »), une audience s’est tenue mercredi devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris.

Les plaidoiries animées et « expertises » se sont enchaînées, en présence notamment d’Adel Amastaibou, l’assassin de Sébastien.

Rappelons l’enjeu de l’audience : confirmer ou infirmer l’irresponsabilité pénale dont bénéficie l’assassin, pour « schizophrénie délirante paranoïde ».

La décision est en délibéré pour le 5 janvier 2010.

3) Quant au procès en appel des assassins d’Ilan Halimi (y compris Youssouf Fofana), rappelons qu’il se tiendra courant 2010 à Créteil (94).

Justice contre les racistes ! Ni oubli, ni pardon !

Matisyahu – One Day

Comme nous expliquions vendredi, c’est aujourd’hui Rosh HaShanah de la ‘Hassidout.

Pour les marxistes, la religion est une expression réactionnaire et patriarcale, mais parfois, le peuple s’en empare pour y insuffler ses propres valeurs : la paix, l’amour, l’aspiration à vivre tout simplement en harmonie avec l’humanité et la nature.

Pour les mystiques, tout cela connaîtra son avènement dans un avenir messianique, et c’est très précisément l’objet de cette chanson de Matisyahu, qui a d’ailleurs été ‘Habadnik jusqu’en 2007 et qui vit encore à Crown Heights (Brooklyn, New York).

Cette chanson s’appelle « One Day », ce qui résume en deux mots l’esprit messianiste, et est extraite de son dernier album « Light » (sorti à la rentrée 2009).

Malgré une perspective religieuse-pacifiste qui ne peut servir à rien à notre époque, c’est une belle chanson aux paroles émouvantes, avec un clip métis et populaire… où apparaissent même des étoiles rouges !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h37, sortie samedi à 17h49.

Le 19 Kislev et le mouvement Loubavitch

Le Youd-Teth Kislev est une date importante pour le mouvement Loubavitch partout dans le monde.

En effet, le 19 Kislev, qui commence ce samedi soir et se termine dimanche soir, marque l’anniversaire de la libération de Shneur Zalman de Liadi des prisons tsaristes. Étant considéré comme une intervention divine, ce jour a donc été consacré par les Loubavitch comme « Rosh HaShanah de la ‘Hassidout ».

Qui était Shneur Zalman de Liadi ? Et surtout, pourquoi chez Hapoel parle-t-on de la doctrine de ‘Habad ?

Le Rabbi Shneur Zalman de Liadi, aussi connu par les ‘Hassidim comme « Alter Rebbe », est le fondateur du mouvement ‘Habad, dont la seule branche restante est aujourd’hui celle de Loubavitch.

Né en 1745, descendant du Maharal, il commença principalement comme talmudiste. Puis il étudia auprès du Maggid Dovber de Mezeritch, lui-même quasi successeur du Baal Shem Tov, le père fondateur du ‘Hassidisme.

Le ‘Hassidisme est un grand mouvement juif né en Europe de l’Est au 18ème siècle, qui mettait en avant la joie (Sim’ha), le mysticisme et l’étude de la dimension cachée de la Torah (et donc toute la tradition kabbalistique).

Celui-ci est né plus ou moins en opposition à la sécheresse doctrinale des talmudistes de l’époque, qui était elle-même une réaction aux grandes espérances messianistes des masses populaires juives – opprimées et misérables à l’extrême dans la féodalité tsariste – qui s’étaient cristallisées en la personne du « messie » Shabbatai Tzvi au milieu du 17ème siècle.

Ainsi l’on voit que les espérances populaires juives d’une délivrance prennent une forme tout à fait baroque et très expressive, face au formalisme desséché des talmudistes.

C’est entre autres pour cela qu’Hapoel ne nie pas l’existence de courants mystiques et populaires dans la religion juive, qui sont l’expression d’une attente messianiste de la « Guéoulah », la Rédemption – ou bien de ce que les révolutionnaires appellent le « besoin de communisme », mais qui ne pouvait s’exprimer de manière scientifique à l’époque.

Ces deux aspects (baroque des ‘Hassidim, formalisme des talmudistes) ne correspondaient en fait pas exactement aux mêmes couches sociales de la féodalité, notamment dans la contradiction entre les villes (et leurs ghettos) d’une part, et les campagnes (et leurs shtetls) d’autre part. Mais une étude matérialiste systématique et approfondie reste à faire.

Quoi qu’il en soit, donc, le rabbi Shneur Zalman fut le fondateur à Liadi (actuelle Lituanie) de la branche ‘Habad du ‘Hassidisme (= ‘Hokhma, Binah, Daat = sagesse, compréhension, connaissance, qui sont des sefirot de la Kabbale). Il est l’auteur du très fameux Tanya, publié en 1797 et republié après sa mort en 1814.

Cependant, le mouvement ‘hassidique suscita lui-même une réaction des grands talmudistes comme le Gaon de Vilna, qui se constitua comme les « Mitnagdim » (= « opposants », pour ne pas dire « réactionnaires » !).

Les Mitnagdim étaient prêts à tout pour torpiller le ‘Hassidisme, qu’ils voyaient comme un faux judaïsme dont l’aspect joyeux, mystique, populaire serait un obstacle à l’étude de la doctrine talmudiste.

C’est ainsi que l’on rapporta des calomnies au Gaon de Vilna à propos des ‘Hassidim. De même, les Mitnagdim de Vilna (Vilnius) sont allés expliquer aux autorités tsaristes en 1798 que les ‘Hassidim envoyaient de l’argent en Palestine (pour les familles juives pauvres), alors que l’Empire ottoman était ennemi de la Russie.

Le rabbi Shneur Zalman de Liadi fut alors emprisonné dans une forteresse de St-Pétersbourg, et cela pendant 53 jours. Il fut libéré le 19 Kislev de l’année civile 1798, et c’est cette date qui est considérée comme le fait d’une intervention divine.

De plus, étant la célébration d’une Libération, on comprend l’importance que peut avoir cette date dans le messianisme Loubavitch. D’où le « jour de l’an de la ‘Hassidout ».

Une anecdote – amusante aujourd’hui, mais qui a une certaine signification « politique » – est la suivante : après sa libération, Shneur Zalman fut conduit par erreur chez un Mitnaged. Pendant 3 heures, le Mitnaged enchaîna les questions désagréables, et Shneur Zalman expliqua par la suite que ces 3 heures étaient pires que les 53 jours de prison.

Les Loubavitch racontent également que le Baal Shem Tov et Maggid de Mezeritch vinrent visiter le Alter Rebbe en prison. Mais comment aurait-ce été possible, puisque tous deux étaient déjà morts ? Il est expliqué qu’ils se seraient incarnés dans le corps d’un des visiteurs, ce qui est « confirmé » par la question (apparue au début du 20ème siècle) de savoir s’il y avait la place pour 3 personnes dans la cellule : le prisonnier, le visiteur, et l’âme du maître.

Voilà plus ou moins quelle est l’histoire du 19 Kislev, le « Rosh HaShana de la ‘Hassidout ».

Plus d’information sur le site américain de ‘Habad : par ici.
Pour les personnes religieuses, une célébration se tiendra lundi soir à 20h30 au Cirque d’Hiver de Paris (rue Amelot dans le 11ème).

Les minarets et la triple oppression – PCMLM

La question des minarets : une fausse question très habile afin de diviser pour régner, et l’importance du fait de comprendre la triple oppression

L’affaire des minarets est… du pain béni pour la bourgeoisie française. Coincer les masses populaires entre la religiosité et la démocratie bourgeoise, quoi de meilleur ?

Sans compter qu’il s’agit d’une recette éprouvée. Un pays comme l’Inde a été fragmenté en plusieurs pays, et sa population elle-même fractionnée en communautés, le tout sous couvert de… « démocratie ».

C’est exactement le même principe impérialiste qui a été utilisé en Suisse. Voilà pourquoi il est une chose qu’il est nécessaire de voir pour ce qui s’est passé.

Rappelons-le : c’est le peuple qui fait l’histoire, et le peuple n’est pas « raciste ». D’où les pièges de l’impérialisme. S’imaginer que les Suisses qui ont voté non aux minarets ont été simplement motivés par le racisme est une conception anti-populaire.

Il faut bien voir qu’il y a dans le refus des minarets une composante se voulant en apparence progressiste, et qui a fait qu’ont voté en conséquence une partie significative des femmes et des masses populaires.

Voter contre les minarets était alors imaginé comme un acte anti-féodal, progressiste ; en l’absence d’avant-garde organisée, les masses n’ont pas compris les enjeux, et les fascistes jouent précisément leur rôle contre-révolutionnaire en tentant de neutraliser et piéger le peuple.

Les fascistes ont d’autant plus réussi leur piège qu’ils auront beau jeu d’expliquer que les quartiers utlra chics (les « Goldküste », bord de lac version deluxe) de Genève et Zurich ont voté… contre l’interdiction des minarets.

Formidable piège où il y aurait d’un côté une bourgeoisie « progressiste » et ouverte sur le monde, et de l’autre une extrême-droite « anti-mondialiste » et « populaire » !

C’est la démagogie sur le fondement de la triple oppression (le racisme, le sexisme, le capitalisme).

Le référendum en Suisse sur l’interdiction du minaret joue les contradictions les unes contre les autres : la personne progressiste doit-elle refuser l’Islam en tant que religion au nom du refus du patriarcat, ou bien surtout refuser le racisme se camouflant en refus des personnes de religion musulmane ?

C’est le principe de diviser pour régner.

Et on peut voir que le même principe marche en France, où l’on a, pour prendre deux exemples significatifs, d’un côté la Fédération Anarchiste, faisant de la religion un mal absolu et s’ouvrant finalement aux tendances racistes au nom du refus de l’Islam, et de l’autre les Indigènes de la République, mouvement petit-bourgeois « radical » luttant contre « l’islamophobie ».

Dans les deux cas on trouve évidemment l’anticommunisme, et justement le terme même d’islamophobie est la démonstration de cet esprit de manipulation, qui est dans la droite ligne de l’énorme propagande trotskyste de ces 15 dernières années, et qui a visé à considérer que l’Islam serait « de gauche », « anti-impérialiste » par nature, etc.

Les trotskystes ont servi les plans de l’impérialisme, alors que nous communistes disons : considérer l’Islam comme une actualité « radicale » est en fait réactionnaire, que l’on soit « pour » ou « contre » – la seule actualité, c’est la révolution socialiste !

La ligne des révolutionnaires doit être très claire :

- oui au respect du sentiment religieux, non à l’organisation sur une base religieuse ;

- par conséquent refus des divisions communautaires religieuses, mais reconnaissance démocratique des minorités nationales arabe, juive, rom, basque, bretonne, etc. ;

- unité populaire à la base comme principe révolutionnaire d’unification des masses, dans l’autonomie par rapport aux institutions.

Ce qui signifie inévitablement : il n’y a pas lieu de tergiverser, nous avons besoin d’une culture révolutionnaire ! Non pas le refus formel des « idéologies », ni à l’inverse le folklore (de type baroque), mais une culture révolutionnaire assumée, réaliste, populaire !

Et c’est pour cela que nous avons besoin du Parti, et de la science – car qui d’autres peut assumer le drapeau rouge, le communisme ?

Construisons le PCMLM, parti de l’unité des masses populaires, abolissant la triple oppression !

Mais qui est donc Yahia Gouasmi ?

Pas de « saviez-vous » ce mercredi ! Ou plutôt si, mais pas par Hapoel.

Après les « aventures » de Dieudonné à Téhéran, certainEs antifascistes doivent se demander qui peut bien être ce Yahia Gouasmi qui l’a accompagné.

En effet, cela fait quelque temps qu’on en entend parler, notamment depuis l’offensive sioniste à Gaza et surtout depuis les élections européennes.

Mais il faut croire que Gouasmi reste relativement un « mystère », et que les antifascistes de France ont bien peu de « dossiers » sur lui…

Voici donc un article paru très récemment dans un blog d’information nordiste, DailyNord.

Évidemment, cet article part d’un point de vue journalistique qui se voudrait « neutre », et de ce fait, il ne sert absolument pas l’antifascisme de France. Et même au contraire, en parlant encore de Dieudonné comme « humoriste controversé devenu le porte voix des anti-sionistes ».

De plus, le fascisme ne se résume pas aux fascistes, c’est une tendance lourde dans la crise capitaliste.

En ce sens, il n’y au fond pas tellement d’utilité à connaître les trajectoires individuelles de personnes qui ont toujours été fascistes (contrairement par exemple à celle de Dieudonné, qui vient de la social-démocratie).

Mais voilà, l’article de DailyNord a le mérite de briser le « blackout » autour de l’islamiste Yahia Gouasmi, malgré certaines inexactitudes (par exemple à propos de Carlos) ou bien certaines informations bien connues des antifascistes.

Yahia Gouasmi, ce Nordiste dans l’ombre de Dieudonné

Par Ch. D. • le 29 novembre 2009

Dieudonné s’est rendu en Iran afin de récolter des fonds pour lutter contre le sionisme. Dieudonné a tenté de libérer Clotilde Reiss, l’étudiante de science po Lille (*). Dieudonné… L’humoriste controversé est devenu le porte voix des anti-sionistes. La tête de gondole. Dans son sillage, on voit revenir sans cesse un nom : Yahia Gouasmi. L’homme qui l’a accompagné en Iran. L’homme qui a vraisemblablement permis la rencontre avec le président Ahmadinejad. Plus discret qu’un Dieudonné, ce Nordiste, responsable du centre Zahra à Grande-Synthe (Dunkerque) bénéficie, semble-t-il, de vastes réseaux.

Mai 2009. Dieudonné est en plein meeting lorsqu’il reçoit un coup de fil de Carlos. Depuis sa cellule de Poissy, le terroriste vénézuélien apporte son soutien à la tête de liste anti-sioniste. Gros coup de pub pour le Parti à quelques jours des européennes. Comment l’humoriste peut-il être en contact avec le terroriste du début des années 90 ? La réponse est peut-être à chercher dans son sillage. Yahia Gouasmi. Depuis le début de l’année, le nom revient systématiquement aux côtés de Dieudonné. Désigné, parfois, comme le financeur de la campagne des européennes.

Googleisé, il apparaît à travers de nombreuses vidéos, articles de presse et déclarations tapageuses. Des interventions à la télévision iranienne, des interviews afin de promouvoir le mouvement anti-sioniste, des prises de positions virulentes. Et toujours ce même champ lexical où les mots sont pesés avant d’être posés. Où l’on veille à ne pas être taxé d’antisémitisme. Qui est-il ? Officiellement, président du centre Zahra, responsable de la fédération chiite de France (parfois soupçonnée de vouloir importer le conflit du Moyen-Orient dans la société française), fondateur du Parti anti-sioniste (3e position sur la liste aux dernières élections européennes) et de l’observatoire anti-sioniste. Un homme clé de cette mouvance anti-sioniste en France. La soixantaine enrobée, une allure de patriarche, un visage apaisant, le verbe réfléchi. Qui est cet homme ayant ses entrées en Iran ? Capable, semble-t-il, de décrocher une entrevue d’une heure avec le président iranien Ahmadinejad ?

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Référendum en Suisse : victoire pour les racistes

Ce dimanche s’est tenu un référendum en Suisse, portant sur l’interdiction de construire des minarets.

Le « oui » était soutenu par le parti populiste et raciste UDC, et c’est lui qui s’est imposé dimanche sur un score de 57,5 %.

Bref, les fascistes ont gagné leur « challenge » d’impulser une mobilisation réactionnaire de masse. Et depuis, tous les racistes anti-arabes d’Europe jubilent.

En effet, l’existence même de ce référendum montre l’hégémonie des valeurs de l’extrême-droite en Europe, c’est-à-dire que les « questions de société » sont celles imposées par l’extrême-droite.

Et par conséquent, les thèmes politiques et culturels qui dominent l’actualité sont des thèmes racistes, prônant la division du peuple.

Pour les révolutionnaires qui veulent sincèrement servir le peuple, il est essentiel de l’affirmer et de le réaffirmer : la liberté de pratiquer – ou pas – sa religion est un droit démocratique de base, une question démocratique.

Seulement à notre époque, celle de l’impérialisme et de sa crise, il n’y a plus de question démocratique qui tienne aux yeux des capitalistes. Seule la classe ouvrière peut y répondre en assumant la direction de la société.

Cela a une valeur universelle, et ne concerne pas seulement le racisme anti-arabe si répandu en Europe.

Ainsi, la sécurité des personnes juives contre l’antisémitisme est une question démocratique, mais elle ne peut être résolue par le système capitaliste qui tend fatalement au fascisme. Seule la révolution socialiste, dirigée par la classe ouvrière, peut garantir la culture et la vie de la minorité juive.

Voilà pourquoi toutes les oppressions racistes sont liées entre elles, et pourquoi elles ne peuvent être brisées que toutes en même temps.

Et voilà pourquoi la grande majorité de la communauté juive de Suisse s’est opposée à l’interdiction des minarets (même si malheureusement, nous ne savons pas du tout à quoi ressemble cette communauté).

Notons à ce sujet quelques prises de positions progressistes ou révolutionnaires. D’abord Mémorial 98, et son article « Suisse : nouvelle victoire de l’extrême-droite. ». Ensuite, le Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste, dont nous reproduisons la position :

Référendum en Suisse : une nouvelle attaque mesquine de la bourgeoisie

Hier en Suisse, 58 % des votants ont approuvé par référendum l’interdiction de construction de minarets, proposition soutenue par le parti fasciste UDC. A l’époque de la crise générale du capitalisme qui, en se décomposant, donne forme au fascisme, de tels évènements se multiplient, et il s’agit de bien les comprendre.

Les minarets ne sont qu’un prétexte populiste pour une offensive de la bourgeoisie s’appuyant sur le concept réactionnaire de défense de « l’identité », défense de la nation. D’ailleurs, l’affiche de la campagne pour l’interdiction des minarets montrait le drapeau suisse transperçée par des minarets à la manière de missiles.

En France, la bourgeoisie a récemment lancé un « débat » sur la présence d’une lycéenne voilée à l’assemblée nationale, prétexte une nouvelle fois au déversement de la propagande chauvine sur le respect des « valeurs républicaines ». Malheureusement, depuis la loi sur le foulard à l’école, la bourgeoisie a une grande marge de manoeuvre. Rappelons ici d’ailleurs que la campagne contre le foulard à l’école a été lancé par deux profs, l’un membre de Lutte Ouvrière, l’autre du bureau politique de la LCR !

L’époque de la crise générale du capitalisme est favorable au pullulement de ce genre d’informations au « ras-des-pâquerettes », mesquines, qui poursuivent l’objectif de distraire le peuple de sa tâche historique : la révolution, révolution qui résoudra les contradictions au sein du peuple comme la religion.

La bourgeoisie, quant à elle, essaie de plus en plus agressivement de diviser le peuple pour mieux ouvrir la voie au fascisme.

Ces informations montrent à quel point nous sommes dans une époque révolutionnaire où la bourgeoisie craint tellement la guerre populaire qu’elle est contrainte à se jeter de manière opportuniste sur toute information au potentiel populiste.

Mais ces minables attaques d’une bourgeoisie à l’agonie n’ébranlent en rien l’internationalime prolétarien, la volonté en acier du prolétariat révolutionnaire d’anéantir le capitalisme pour bâtir le communisme !

Saluons d’ailleurs la révolte en Suisse qui a eu lieu ce samedi à l’occasion de la réunion de l’OMC (voir une présentation et des vidéos ici). L’avant-garde se construit pour des buts positifs, mais également dans l’affrontement avec les politiques des dominants !