Les « aventures » de Dieudonné à Téhéran
Cela faisait longtemps que nous n’avions pas parlé de Dieudonné.
En fait, l’équipe d’Hapoel a suivi son actualité (c’est-à-dire celle de son courant fasciste) ces derniers mois, mais chaque « épisode » isolé n’était pas particulièrement significatif sur le plan politique – bien que certains aient pu être extrêmement choquants.
Mais aujourd’hui, tout ce « puzzle » proto-nazi des dernières semaines se remet en place, et c’est seulement maintenant que tout prend sens, politiquement parlant.
En effet, Dieudonné et Yahia Gouasmi viennent de revenir de Téhéran, après une dizaine de jours dans la capitale de l’État fasciste iranien.
Pour son retour, un communiqué de ce qu’il reste de la Liste « Anti Sioniste » explique que « Dieudonné ne revient pas d’Iran les mains vides ». Cela est vrai, mais pour être honnête, il faudrait dire qu’il n’est pas revenu les poches vides.
Rappelons en effet que, le 27 octobre dernier, Dieudonné a été condamné à une amende de 10000 €, suite à son « sketch » au Zénith avec Faurisson.
Pour payer cette amende, Dieudonné a d’abord fait appel à son public antisémite. C’est ce qu’il explique dans une vidéo internet du 5 novembre, intitulée « Shoananas »…
Une vidéo véritablement édifiante, où le pro-négationniste Dieudonné se lance dans une chanson de style « Club Méd » qui insulte la mémoire de 6 millions de martyrEs du nazisme (« Tu me tiens par la Shoah, je te tiens par l’ananas ». Sans commentaire).
Dans cette vidéo, on voit le fameux Jacky qui danse en arborant une (énorme) étoile jaune, ce même Jacky qui avait remis à Faurisson une « décoration » habillé en déporté juif.
Seulement voilà, que cet appel au don ait marché ou pas, le petit capitaliste Dieudonné a besoin de toujours plus d’argent pour son théâtre personnel et sa maison de production.
Dieudonné s’est donc fait inviter… à Téhéran ! Chez ses bailleurs de fonds pour les élections européennes !
En effet, du 11 au 17 novembre s’est tenu un festival de court-métrage à Téhéran, où Dieudonné figurait parmi les 5 personnes du jury de la section internationale.
De fait, il est difficile d’imaginer que cela n’était pas prévu de longue date, et la vidéo « Shoananas » devait en réalité rentrer dans le cadre d’une campagne d’agitation antisémite (ce qui n’était pas directement compréhensible au moment où elle a été diffusée).
Dieudonné n’était pas seul en Iran, où se déchaîne actuellement la répression fasciste contre les masses ouvrières et paysannes, contre les femmes et les homosexuelLEs, contre les minorités nationales kurde, baloutche, arabe.
En effet, il était accompagné du président du Parti « Anti Sioniste », Yahia Gouasmi, issu de l’islamisme chiite. Celui-ci avait déjà servi de « porteur de valises » entre le régime fasciste iranien et la trésorerie de la Liste « Anti Sioniste », et il était donc tout désigné pour cette virée à Téhéran.
Dans le cadre de cette « tournée », Dieudonné et Gouasmi ont été confirmés comme figures dirigeantes de tout le courant « national-révolutionnaire » du fascisme français, qui est lié à certains secteurs ultra-agressifs et ultra-nationalistes de l’impérialisme français.
C’est ainsi qu’il faut interpréter la rencontre, annoncée dimanche dernier dans un communiqué, entre Dieudonné et Ahmadinejad en personne : comme un « adoubement » financier pour assurer une synthèse fasciste française autour de la figure « charismatique » de Dieudonné.
De nombreuses photos de cette rencontre sont disponibles, et Dieudonné a même donné une interview à Paris-Match à son retour. Voilà qui en dit long sur la soi-disant censure dont serait victime cet antisémite… Sans parler de son théâtre privé de la Main d’Or, où il tiendra demain après-midi une conférence de presse.
De plus, Dieudonné a trouvé à Téhéran des financements pour sa maison de production, notamment pour des films. Il parle ainsi de relancer la production d’un film supposément sur la traite des esclaves… mais peut-être également d’un film « Shoananas » !
La boucle politique est donc bouclée…
Une boucle qui confirme plusieurs éléments mis en avant par Hapoel :
- l’importance (actuelle) de Dieudonné dans le fascisme français, au moins comme figure « fédératrice » et comme fournisseur de locaux ;
- la centralité du négationnisme dans le courant « national-révolutionnaire » du fascisme français, avec une offensive récente qui a commencé avec les attaques de John Bastardi-Daumont contre le loi « Fabius-Gayssot » ;
- le soutien des fascistes et des secteurs les plus impérialistes de la bourgeoisie française à la prison qu’est l’Iran fasciste.
Quoi qu’il en soit, rien ne sera oublié, rien ne sera pardonné : ni le génocide, ni ceux qui osent s’en moquer.





