L’antifascisme « raisonnable » : désespéré et désespérant

Très récemment, le grand magazine allemand Spiegel a fait un reportage sur une antifasciste assez connue en Allemagne, plus particulièrement à Berlin : Irmela Mensah-Schramm.

Ancienne éducatrice spécialisée, politiquement proche des « Grünen » (= les Verts), Irmela Mensah-Schramm, sillonne depuis 1986 les rues de Berlin pour arracher les stickers et recouvrir les tags racistes et nazis.

On peut ainsi la croiser à tourner inlassablement dans les rues berlinoises, avec toujours un grattoir et du dissolvant à ongle à la main, avec un sac à main blanc sobrement marqué d’un « Gegen Nazis » (= contre les nazis), et avec un appareil photo autour du cou pour ses archives.

À vrai dire, cette activité militante d’Irmela Mensah-Schramm n’est pas de tout repos, puisqu’elle a subi de très nombreuses menaces, et même des poursuites judiciaires suite à des démêlés avec un vigile. Comble de l’ironie, des nazis l’ont même menacée… par des tags !

Irmela Mensah-Schramm est indéniablement une antifasciste sincère, comme tout le monde a dû en rencontrer.

Mais malgré cela, on ne peut s’empêcher d’avoir un peu pitié pour elle, à la voir ainsi tourner en rond depuis plus de 20 ans dans ses illusions social-démocrates « raisonnables »

Quand on sait qu’en ex-RDA, un adolescent sur huit est un nazi revendiqué et affirmé, on voit bien que l’initiative antifasciste d’Irmela Mensah-Schramm est tragiquement en décalage avec notre époque. Un décalage d’autant plus profond que l’un des principaux slogans antifascistes en Allemagne est « Antifa heisst Angriff ! » (= l’antifascisme signifie être offensif).

Mais en France comme en Allemagne, l’enjeu de l’époque qui arrive est à la fois une question très simple, et une question de vie ou de mort : révolution ou fascisme, socialisme ou barbarie, Stalingrad ou Auschwitz.

Voilà pourquoi la social-démocratie est non seulement à côté de la plaque, mais pousse carrément le peuple au désespoir, par son envergure ridicule, par son petit rationnalisme bourgeois et mesquin, par son projet réformiste qui ne répond absolument pas aux exigences de changement du peuple.

Voilà également pourquoi Hapoel a appris à se méfier de celles et ceux qui prétendent « tenir le terrain », et qui en réalité ne tiennent plus rien du tout à notre époque, et qui seront totalement désemparés quand la marche au fascisme s’accélérera brutalement en France.

Ceux-là sont les produits d’une époque passée, celle d’avant l’intensification de la crise capitaliste et de ses barbaries. Et définitivement, nous leur laissons leur vieille époque, pour nous concentrer sur un avenir où se jouera sans doute le sort de notre minorité nationale.

Quand un ou une prolétaire d’origine juive voit la nullité des sociaux-démocrates ou des institutionnels juifs sur le plan de l’antifascisme (typiquement l’UJFP d’une part, l’UEJF d’autre part), il ou elle s’enfuit en courant chez les sionistes, qui prétendent faussement à une certaine ambition, voire à une certaine radicalité (typiquement les fascistes, au fond très français, de la LDJ).

Mais les sionistes, eux, sont encore de pire réactionnaires, et forment un obstacle direct à l’union des masses populaires juives avec le reste du peuple – ce qui entretient évidemment leur fond de commerce, mais qui sera tout simplement impardonnable avec les temps qui arrivent.

D’où l’extrême nécessité, dans la minorité nationale juive, d’un pôle antifasciste, véritablement à l’écoute des masses juives, affirmant une identité et une culture populaires et révolutionnaires, sachant analyser l’antisémitisme, comprenant vers quoi les minorités juives d’Europe se dirigent, et comment le conjurer.

Un pôle antifasciste qui développe une ambition de changement radical pour le peuple, un projet révolutionnaire qui se résume pour nous à une question de survie à moyen terme.

Juif ! Juive !
Participe à la bataille pour l’unité populaire !
Achève la social-démocratie pour écraser le fascisme !
Rejoins l’Action Antifasciste !