2003 – 2009 : enfin un procès pour DJ Lam-C
Après 6 longues années de procédures judiciaires, la cour d’appel de Paris l’a annoncé en début de semaine : il y aura un procès pour l’assassinat de DJ Lam-C.
Rappelons brièvement les faits.
En novembre 2003, Sébastien Sellam a 23 ans et vit avec sa mère et son frère dans une cité de la rue Louis Blanc (Paris 10ème). Il est connu sous le blaze de DJ Lam-C (le verlan de Sellam, évidemment).
Seulement voilà, depuis quelque temps, son voisin et camarade d’enfance Adel Amastaibou, 23 ans aussi, multiplie les actes antisémites : insultes antisémites, cadavres de poulets égorgés devant la porte des Sellam, agression d’un rabbin, etc.
Le soir du 19 novembre 2003, Adel Amastaibou (seul ? avec des complices ?) tend un piège à Lam-C : il l’attire dans le parking de l’immeuble, et l’égorge à coups de couteau.
Le visage sans vie de Sébastien témoignait de façon horrifiante des traces de la barbarie antisémite.
Pire encore : remontant en courant chez sa mère, le meurtrier s’écrie : « J’ai tué un juif ! J’irai au paradis ! ». Il rajoutera, devant les policiers : « C’est Allah qui l’a voulu. »
Le motif antisémite de l’assassinat était donc limpide, terriblement limpide.
Et pourtant. Pourtant en 2006, Adel Amastaibou est déclaré irresponsable au moment des faits, et interné à Villejuif (un comble pour un antisémite…).
Suite à un problème de la poste, l’ordonnance de non-lieu n’arrive jamais chez Mme Sellam (toujours dans l’immeuble où son fils fut assassiné), ce qui la prive de tout recours.
S’engagent alors à nouveau 3 années de procédures judiciaires, qui ont dû sembler une éternité pour la famille Sellam, et qui ont abouti cette semaine à la décision de la cour d’appel, dans le cadre très technique d’une procédure exceptionnelle.
Ainsi, une audience aura lieu ce mercredi 2 décembre, pour déterminer si, oui ou non, l’assassin antisémite était réellement irresponsable – et pour éventuellement permettre un véritable procès.
Bien entendu, jamais un procès ne rendra Sébastien à sa famille, ni n’effacera les images insupportables de son corps défiguré.
Mais pour Juliette sa mère et Stéphane son frère, il en va de la question de la justice, il en va de la question de la dignité et de la mémoire.
On peut arracher une fleur, mais on ne peut arrêter la marche du printemps.
JUSTICE POUR LAM-C, UN FILS DU PEUPLE !






