Archives de novembre, 2009

La justice de classe et les « affaires » antisémites

Un hasard du calendrier fait que deux procès s’ouvrent presque en même temps – deux procès d’assassins antisémites…

1) Souvenez-vous de John Demjanjuk. Nous en avions déjà parlé vers avril-mai.

Ivan « John » Demjanjuk est un homme de 89 ans, d’origine ukrainienne, et qui a sans doute servi de gardien au camp d’extermination de Sobibor pendant la Shoah.

Il était alors connu par les déportéEs comme « Ivan le Terrible », et aurait participé à la liquidation de près de 28000 personnes juives à Sobibor.

En mai dernier, après une longue bataille de procédures, Demjanjuk avait été extradé des États-Unis (où il avait trouvé un paisible refuge après la guerre) vers l’Allemagne (où il devait être jugé).

Et justement, c’est aujourd’hui que s’ouvre le procès Demjanjuk, à Munich en Allemagne. Il encourt la prison à perpétuité.

Mais vu son âge (que de nombreuses personnes auraient rêvé d’atteindre, à Sobibor…), espérons simplement que le procès ira à son terme, et que cette page de la Shoah sera éclaircie.

Justice pour Sobibor !

2) La deuxième affaire, elle, n’a strictement rien à voir avoir la première : ni l’époque, ni l’ampleur.

En fait, il ne s’agit pas à proprement parler d’un procès, mais d’une audience qui déterminera si un procès aura lieu ou pas.

En effet, comme annoncé il y a deux semaines, une audience aura lieu ce mercredi pour déterminer si, oui ou non, l’assassin antisémite de Sébastien Sellam (a.k.a. DJ Lam-C) était réellement irresponsable.

C’est donc ce mercredi que se jouera la question de savoir si, oui ou non, il y aura un procès de l’assassinat de Sébastien, après 6 ans de procédures.

Justice pour Lam-C !

Ces deux affaires n’ont quasiment rien à voir entre elles, certes, mais elles nous permettent de préciser notre position face aux procès de la justice « officielle » dans les affaires antisémites.

Pour toute personne issue du peuple, il y a un fait évident et incontestable : l’appareil judiciaire de l’État français sert à défendre la propriété capitaliste.

C’est-à-dire que « la justice » est une justice de classe, une justice bourgeoise.

Pas un seul jour ne passe sans ses procédures judiciaires interminables et incompréhensibles, sans ses multiples injustices de la justice de classe, sans les condamnations de fils et de filles du peuple – que ce soit dans les faits divers, dans notre entourage, ou pour nous-mêmes.

Hapoel est un groupe révolutionnaire qui se place du point de vue de la classe ouvrière, et qui veut donc faire sauter l’État capitaliste, sa justice et sa police.

Mais il faut en être conscientE : pour l’instant, il s’agit aussi pour la fraction dominante de la bourgeoisie de défendre la « paix sociale » – qui n’est qu’un masque de sa guerre quotidienne contre le peuple.

Par conséquent, l’État bourgeois dans sa forme actuelle fait parfois primer cette « paix sociale », et enterre des « affaires » de crimes racistes.

Et donc certains procès de la justice bourgeoise ne sont arrachés que grâce à la pression antiraciste des masses populaires.

Cela peut être flagrant, comme pour l’assassinat de Sébastien Sellam (et ses 6 ans de procédures) ou celui d’Ilan Halimi (et l’appel qui a été fait du verdict).

Et en ce sens, il convient de saluer l’existence même de ces procès, qui ne tiennent qu’à la pression des masses populaires juives, aux formes d’organisation qui peuvent y exister… et à ce que les services de renseignement de l’État savent de leur potentiel d’organisation.

Car on le voit très bien, quand on sait le traitement qu’a subi la mère de Sébastien Sellam depuis 6 ans : Ilan et Lam-C étaient deux fils du peuple, et cela n’aurait pas beaucoup ému la bourgeoisie si leur mémoire avait été oubliée.

Or nous considérons qu’Hapoel doit rendre des comptes aux masses populaires juives, pas à la bourgeoisie ou à la petite-bourgeoisie, car « le peuple seul est le créateur de l’histoire universelle ».

Voilà pourquoi nous honorons la mémoire des fils et des filles du peuple, pourquoi nous soutenons les mobilisations pour leur rendre justice (alors que nous connaissons d’expérience le racisme et les illusions pro-bourgeoises voire pro-fascistes que l’on peut y rencontrer), et pourquoi nous comprenons les revendications populaires, allant de la publicité des débats jusqu’à la peine de mort.

Ensuite, d’un point de vue révolutionnaire, il est évident qu’Hapoel est à la fois pour l’unité antiraciste du peuple, et pour l’autodéfense juive antifasciste, comme nous n’avons jamais cessé de l’expliquer.

D’une part pour prévenir les crimes racistes qui constituent une brutalité autodestructrice au sein du peuple – pendant que l’État et les fascistes comptent les points.

D’autre part pour appliquer la justice populaire contre les antisémites – et là, pas besoin de faire un dessin…

Cette justice populaire n’a strictement rien à voir avec la justice bourgeoise : elle ne vise pas les ennemis des capitalistes, mais les ennemis du peuple ; et elle n’en a rien à faire de la « paix sociale », car elle est au service de la révolution.

Cette justice est populaire car elle sert le peuple, et est appliquée par le peuple lui-même. Et comme le rappelle Staline, elle comprend la peine capitale.

Voilà plus ou moins la position d’Hapoel face aux procès de crimes racistes – mais aussi de crimes sexistes.

C’est tout cela qui a pu expliquer notre solidarité envers la famille Halimi, notre présence aux rassemblements en mémoire d’Ilan, et notre attitude face au procès Fofana.

Avec le recul, nous aurions peut-être dû préciser cette question politique de manière explicite, et cela depuis longtemps. Mais aujourd’hui, chacunE peut juger nos documents et nos pratiques autour du procès Halimi sur la base des critères que nous développons ici.

Nous remettons ainsi dans la suite quelques uns de ces documents, qu’il faut relire aujourd’hui à la lumière de notre position explicite, car ils ont une valeur générale qui dépasse le procès de l’assassinat d’Ilan, et qui concerne donc aussi l’assassinat de Sébastien Sellam.

Justice pour Ilan ! Justice pour Lam-C !
Justice populaire contre les antisémites !

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Une blague juive pas sectaire…

C’est Yossef qui revient de la synagogue, et en passant sur un pont, il voit quelqu’un qui s’apprête à sauter par-dessus la rembarde. Il se précipite vers lui en criant :

« Stop, stop, ne faites pas ça !!!
– Pourquoi je ne devrais pas ?
– Parce qu’il y a plein de choses magnifiques que vous avez encore à vivre sur cette terre !
– Comme quoi ?
– Eh bien… je ne sais pas : vous êtes Juif ou Goy ?
– Juif.
– Moi aussi ! Vous êtes Orthodoxe ou Libéral ?
– Orthodoxe.
– Moi aussi ! Vous êtes ‘Haredi ou Modern-Orthodox ?
– ‘Haredi.
– Moi aussi ! Vous êtes ‘Hassidique ou Litvish [Lituanien] ?
– Litvish.
– Incroyable ! Moi aussi ! Vous êtes Litvish Yerushalmi ou Bnei-Braker [de Jérusalem ou de Bnei-B'rak] ?
– Litvish Yerushalmi.
– Moi aussi ! Vous êtes Litvish Yerushalmi Moussarnik ou Litvish Yeroushalmi Brisker ?
– Litvish Yerushalmi Moussarnik.
– Mais c’est fou, moi aussi ! Et vous êtes Litvish Yerushalmi Moussarnik Slobodkaniker ou Litvish Yerushalmi Moussarnik Kelmer ? »

Là, la personne encore à moitié sur la rembarde répond : « Litvish Yerushalmi Moussarnik Slobodkaniker ». Et Yossef le pousse dans le vide : « Meurs, espèce d’hérétique ! »

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h40, sortie samedi à 17h51.

Les « aventures » de Dieudonné à Téhéran

Cela faisait longtemps que nous n’avions pas parlé de Dieudonné.

En fait, l’équipe d’Hapoel a suivi son actualité (c’est-à-dire celle de son courant fasciste) ces derniers mois, mais chaque « épisode » isolé n’était pas particulièrement significatif sur le plan politique – bien que certains aient pu être extrêmement choquants.

Mais aujourd’hui, tout ce « puzzle » proto-nazi des dernières semaines se remet en place, et c’est seulement maintenant que tout prend sens, politiquement parlant.

En effet, Dieudonné et Yahia Gouasmi viennent de revenir de Téhéran, après une dizaine de jours dans la capitale de l’État fasciste iranien.

Pour son retour, un communiqué de ce qu’il reste de la Liste « Anti Sioniste » explique que « Dieudonné ne revient pas d’Iran les mains vides ». Cela est vrai, mais pour être honnête, il faudrait dire qu’il n’est pas revenu les poches vides.

Rappelons en effet que, le 27 octobre dernier, Dieudonné a été condamné à une amende de 10000 €, suite à son « sketch » au Zénith avec Faurisson.

Pour payer cette amende, Dieudonné a d’abord fait appel à son public antisémite. C’est ce qu’il explique dans une vidéo internet du 5 novembre, intitulée « Shoananas »…

Une vidéo véritablement édifiante, où le pro-négationniste Dieudonné se lance dans une chanson de style « Club Méd » qui insulte la mémoire de 6 millions de martyrEs du nazisme (« Tu me tiens par la Shoah, je te tiens par l’ananas ». Sans commentaire).

Dans cette vidéo, on voit le fameux Jacky qui danse en arborant une (énorme) étoile jaune, ce même Jacky qui avait remis à Faurisson une « décoration » habillé en déporté juif.

Seulement voilà, que cet appel au don ait marché ou pas, le petit capitaliste Dieudonné a besoin de toujours plus d’argent pour son théâtre personnel et sa maison de production.

Dieudonné s’est donc fait inviter… à Téhéran ! Chez ses bailleurs de fonds pour les élections européennes !

En effet, du 11 au 17 novembre s’est tenu un festival de court-métrage à Téhéran, où Dieudonné figurait parmi les 5 personnes du jury de la section internationale.

De fait, il est difficile d’imaginer que cela n’était pas prévu de longue date, et la vidéo « Shoananas » devait en réalité rentrer dans le cadre d’une campagne d’agitation antisémite (ce qui n’était pas directement compréhensible au moment où elle a été diffusée).

Dieudonné n’était pas seul en Iran, où se déchaîne actuellement la répression fasciste contre les masses ouvrières et paysannes, contre les femmes et les homosexuelLEs, contre les minorités nationales kurde, baloutche, arabe.

En effet, il était accompagné du président du Parti « Anti Sioniste », Yahia Gouasmi, issu de l’islamisme chiite. Celui-ci avait déjà servi de « porteur de valises » entre le régime fasciste iranien et la trésorerie de la Liste « Anti Sioniste », et il était donc tout désigné pour cette virée à Téhéran.

Dans le cadre de cette « tournée », Dieudonné et Gouasmi ont été confirmés comme figures dirigeantes de tout le courant « national-révolutionnaire » du fascisme français, qui est lié à certains secteurs ultra-agressifs et ultra-nationalistes de l’impérialisme français.

C’est ainsi qu’il faut interpréter la rencontre, annoncée dimanche dernier dans un communiqué, entre Dieudonné et Ahmadinejad en personne : comme un « adoubement » financier pour assurer une synthèse fasciste française autour de la figure « charismatique » de Dieudonné.

De nombreuses photos de cette rencontre sont disponibles, et Dieudonné a même donné une interview à Paris-Match à son retour. Voilà qui en dit long sur la soi-disant censure dont serait victime cet antisémite… Sans parler de son théâtre privé de la Main d’Or, où il tiendra demain après-midi une conférence de presse.

De plus, Dieudonné a trouvé à Téhéran des financements pour sa maison de production, notamment pour des films. Il parle ainsi de relancer la production d’un film supposément sur la traite des esclaves… mais peut-être également d’un film « Shoananas » !

La boucle politique est donc bouclée…

Une boucle qui confirme plusieurs éléments mis en avant par Hapoel :

- l’importance (actuelle) de Dieudonné dans le fascisme français, au moins comme figure « fédératrice » et comme fournisseur de locaux ;

- la centralité du négationnisme dans le courant « national-révolutionnaire » du fascisme français, avec une offensive récente qui a commencé avec les attaques de John Bastardi-Daumont contre le loi « Fabius-Gayssot » ;

- le soutien des fascistes et des secteurs les plus impérialistes de la bourgeoisie française à la prison qu’est l’Iran fasciste.

Quoi qu’il en soit, rien ne sera oublié, rien ne sera pardonné : ni le génocide, ni ceux qui osent s’en moquer.

« Celui qui sauve une vie… »

« L’homme a été créé unique, afin d’enseigner que celui qui détruit une vie, c’est comme s’il avait détruit le monde, et celui qui sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé le monde. »
Mishna Sanhedrin, 4:5

Happy birthday, Dan Amos !

Le saviez-vous ?

Dan Amos est un activiste de la libération animale, qui est aujourd’hui incarcéré en Angleterre. Jeudi dernier, le 19 novembre, Dan a fêté son deuxième anniversaire derrière les barreaux : il a aujourd’hui 23 ans.

À cette occasion (avec un peu de retard…), nous aimerions lui rendre hommage, ainsi qu’à touTEs les prisonnierEs de la libération animale.

Comment Dan Amos s’est-t-il retrouvé dans les prisons de l’État anglais ?

C’est simple : Dan est un combattant de la libération animale.

Le 1er mai 2007, la police anglaise a mené une grande campagne d’arrestations, avec 32 raids policiers jusqu’en Belgique et aux Pays-Bas.

Dan Amos a été accusé d’être activiste dans le cadre de la grande campagne Stop Huntingdon Animal Cruelty (SHAC, qui dure depuis 10 ans), et de faire chanter Huntingdon Life Sciences (HLS), qui est le plus grand monopole capitaliste en Europe pour les tests sur les animaux.

Après avoir plaidé coupable, Dan a été condamné, le 21 janvier dernier, à une peine de 4 ans de prison ferme.

Aujourd’hui, l’État capitaliste anglais, comme toujours au service des monopoles de la torture et du meurtre des animaux, tente de briser la résistance des prisonnierEs de la libération animale.

Ainsi, Dan Amos fait face à l’isolement imposé par l’administration pénitentiaire : il reçoit du courrier, mais pas de livres, etc.

De plus, derrière les barreaux, il est extrêmement difficile de continuer à être vegan (= refuser toute utilisation des animaux dans sa vie quotidienne, notamment la viande, le lait, les œufs, le cuir, les produits testés, etc.).

Voilà pourquoi Dan Amos et les prisonnierEs de la libération animale ont besoin de toute notre solidarité – à commencer par faire connaître leur situation en France, où ces luttes sont quasi inconnues.

Certaines personnes se demanderont pourquoi nous rendons hommage à Dan plutôt qu’à d’autres prisonnierEs et martyrEs de la libération animale.

De fait, ces personnes auront tout à fait raison.

Seulement voilà, l’engagement de Dan Amos est la preuve que, quand notre minorité nationale dépassera les préjugés féodaux qui nous enferment, alors elle se saura se confronter à tous les aspects de ce monde de mort.

Autrement dit, notre minorité saura se reconnaître dans l’identité des oppriméEs qui font aussi face à l’extermination, et sera prête à se battre jusqu’au bout pour la libération totale.

Et ces oppriméEs qui font face à l’extermination, ce sont bien entendu les animaux aujourd’hui, mais demain, ce seront aussi les individus handicapés, les minorités nationales juive, rom, etc.

Voilà ce que représente Dan Amos pour nous : la confrontation d’une personne progressiste d’origine juive avec les questions de son époque.

Et voilà pourquoi nous tenons à ce que sa situation soit tout simplement connue en France.

Pour écrire à Dan Amos, voici son adresse actuelle :

Daniel Amos (VN7818),
HMP Guys Marsh,
Shaftesbury, Dorset,
SP7 0AH

Il existe un MySpace de soutien, qui est en lien chez Hapoel depuis déjà plusieurs mois : MySpace – Support Dan Amos.

Une lettre de Dan Amos, sur le site Animal Rights Prisoner Support.

Enfin, le site de la campagne SHAC : par ici ; et les prisonnierEs de la campagne SHAC : par là.

PSG – Hapoel : 3 ans après

Voici donc trois années qui se sont écoulées depuis le dernier match Paris Saint-Germain / Hapoel Tel Aviv, le 23 novembre 2006.

On se souviendra du score, 4 à 2 en faveur d’Hapoel, avec des buts de Salim Toema, Walid Badir et Eliyaniv Barda.

Mais on se souviendra également de l’atmosphère de pogrom qui a suivi le match autour du Parc des Princes, atmosphère se développant sur l’ambiance nationaliste propre au football français.

On se souviendra enfin d’un des supporters pogromistes du PSG, Julien Q., qui n’a pas pu méditer très longtemps sur la défaite de son équipe à domicile, ayant été victime d’une bavure policière.

Cet anniversaire est actuellement l’objet d’une campagne des supporters du PSG, plus particulièrement de la sinistrement célèbre tribune Boulogne. Ainsi, entre 300 et 500 supporters parisiens se sont rassemblés hier soir près du Parc des Princes en hommage à Julien Q.

C’est aussi cette campagne qui explique les nombreux stickers clamant « Justice pour Julien » que l’on peut voir à Paris. Comprendre : justice pour les pogromistes.

Mais les supporters de l’Olympique de Marseille ont également célébré cet anniversaire – à leur façon, bien entendu.

Ainsi, pendant le match OM – PSG de vendredi dernier (1-0 pour Marseille), une bien curieuse banderolle est apparue dans le virage sud. Une banderolle sur laquelle on pouvait lire : « 3 ans sans Julien, 3 ans qu’on est bien ».

Bien évidemment, c’est à titre purement informatif qu’Hapoel relaie la photo suivante, car nous ne trouvons pas les mots pour qualifier une telle initiative… ;-)

« Pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka. »

Sur le très bon blog La Terre D’abord, on a pu retrouver fin octobre un lien vers un site sur les élevages de visons dans l’État espagnol : Piel Es Asesinato.

On peut y voir une très longue série de photos montrant l’élevage de visons, pour les assassiner, les dépecer, et en faire de la fourrure pour bourgeois. Ces images sont horrifiantes, mais il faut oser s’y confronter.

Mais ce qui est frappant, en dehors des terribles images de visons en cages et de cadavres dépecés, c’est bien l’architecture des élevages eux-mêmes :

Pour toute personne juive, cette photo parle d’elle-même.

Mais pour les personnes juives qui n’auraient pas été meurtries au cœur en la voyant, pour celles et ceux qui n’auraient pas saisi la situation des animaux dans la barbarie capitaliste, on ne peut être plus explicite :

Car il faut le dire : la dimension concentrationnaire des usines-abattoirs saute aux yeux. Et ce n’est pas pour rien que l’écrivain yiddish Isaac Bashevis Singers a écrit :

« Toutes les autres créatures furent créées uniquement pour procurer [à l'homme] de la nourriture, des peaux, pour être martyrisées, exterminées. Pour ces créatures, tous les humains sont des nazis ; pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka. »

Être conscient de son histoire juive, c’est savoir reconnaître la situation d’extermination que vivent les animaux. C’est oser affronter leurs souffrances dans l’enfer capitaliste. Et c’est assumer au quotidien la libération animale.

Oser lutter pour les animaux et la planète !
Pas de répit jusqu’à ce que toutes les cages soient vides !

2003 – 2009 : enfin un procès pour DJ Lam-C

Après 6 longues années de procédures judiciaires, la cour d’appel de Paris l’a annoncé en début de semaine : il y aura un procès pour l’assassinat de DJ Lam-C.

Rappelons brièvement les faits.

En novembre 2003, Sébastien Sellam a 23 ans et vit avec sa mère et son frère dans une cité de la rue Louis Blanc (Paris 10ème). Il est connu sous le blaze de DJ Lam-C (le verlan de Sellam, évidemment).

Seulement voilà, depuis quelque temps, son voisin et camarade d’enfance Adel Amastaibou, 23 ans aussi, multiplie les actes antisémites : insultes antisémites, cadavres de poulets égorgés devant la porte des Sellam, agression d’un rabbin, etc.

Le soir du 19 novembre 2003, Adel Amastaibou (seul ? avec des complices ?) tend un piège à Lam-C : il l’attire dans le parking de l’immeuble, et l’égorge à coups de couteau.

Le visage sans vie de Sébastien témoignait de façon horrifiante des traces de la barbarie antisémite.

Pire encore : remontant en courant chez sa mère, le meurtrier s’écrie : « J’ai tué un juif ! J’irai au paradis ! ». Il rajoutera, devant les policiers : « C’est Allah qui l’a voulu. »

Le motif antisémite de l’assassinat était donc limpide, terriblement limpide.

Et pourtant. Pourtant en 2006, Adel Amastaibou est déclaré irresponsable au moment des faits, et interné à Villejuif (un comble pour un antisémite…).

Suite à un problème de la poste, l’ordonnance de non-lieu n’arrive jamais chez Mme Sellam (toujours dans l’immeuble où son fils fut assassiné), ce qui la prive de tout recours.

S’engagent alors à nouveau 3 années de procédures judiciaires, qui ont dû sembler une éternité pour la famille Sellam, et qui ont abouti cette semaine à la décision de la cour d’appel, dans le cadre très technique d’une procédure exceptionnelle.

Ainsi, une audience aura lieu ce mercredi 2 décembre, pour déterminer si, oui ou non, l’assassin antisémite était réellement irresponsable – et pour éventuellement permettre un véritable procès.

Bien entendu, jamais un procès ne rendra Sébastien à sa famille, ni n’effacera les images insupportables de son corps défiguré.

Mais pour Juliette sa mère et Stéphane son frère, il en va de la question de la justice, il en va de la question de la dignité et de la mémoire.

On peut arracher une fleur, mais on ne peut arrêter la marche du printemps.
JUSTICE POUR LAM-C, UN FILS DU PEUPLE !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h46, sortie samedi à 17h55.

La LD"J" en croisade contre le judéo-bolchévisme ?

Nous disions lundi que la LD"J" se vendrait à terme à une extrême-droite très francaise. Justement, une personne sympathisant avec Hapoel nous signale un article paru sur le site de la LD"J", et nous envoie une copie d’écran (qui reste lisible…).

Cet article semble donc être paru pendant shabbat, et depuis il a disparu. Pourquoi ? Mystère…

L’article mis en lien est « sobrement » intitulé « L’union juive française pour la paix : une incroyable imposture marxiste d’ultra gauche ».

Il consiste en un mix entre un texte de l’UEJF (qui constitue plus ou moins la deuxième partie) et une longue introduction de l’auteur du blog – sans pouvoir faire la différence entre les deux, vu que la citation n’est pas clairement indiquée.

Quoi qu’il en soit, cet article repris par la LD"J" est très clairement antisémite, et en plus dans un style anticommuniste extrêmement vulgaire.

En effet, il suffit de survoler la première partie pour voir que l’auteur se croit investi d’une mission dans sa croisade contre les « islamo-marxistes »… mais aussi contre ce qu’il ne peut pas appeler ouvertement le « judéo-bolchévisme » (ce qui serait malvenu, puisqu’il s’agit d’un article contre l’U"J"FP…).

Voilà donc un article que n’importe quelle personne juive saurait reconnaître comme antisémite… Mais non ! La LD"J" trouve le moyen de faire de la pub à des antisémites comme si de rien n’était !

Il faut quand même être aveuglés par une « mission contre le judéo-bolchévisme » pour ne pas voir un antisémitisme aussi grossier !

Et il faut quand même avoir un sacré sens des priorités pour relayer un tel article, alors que l’U"J"FP n’a aucune valeur aux yeux des masses populaires juives !

La verité, c’est que la LD"J" fait partie des projets du fascisme en France, dans sa stratégie de « diviser pour régner ». En ce sens, elle est prête à n’importe quelle alliance avec les fascistes franco-français anti-arabes, quitte à ne pas être trop regardante à l’avenir avec l’antisémitisme.

Ainsi, d’une part l’U"J"FP côtoie l’avocat de Faurisson pour rentrer dans les projets de la social-démocratie, et d’autre part la LD"J" relaie des articles contre le « judéo-bolchévisme » pour rentrer dans les projets du fascisme.

C’est exactement ce que l’on appelle une fausse contradiction, un faux débat pour les masses populaires juives, entre les sociaux-démocrates d’un côté et les fascistes de l’autre.

Pour finir, puisque l’U"J"FP serait d’ultra-gauche et que nous la considérons comme sociale-démocrate, que doit représenter Hapoel pour les antisémites en croisade contre le « judéo-bolchévisme » ? Un cauchemar d’hyper-méga-judéo-gauche ?

Festival Jazz’n’Klezmer

La 8ème édition du Festival Jazz’n’Klezmer s’est ouverte samedi dernier à Paris, et se poursuit jusqu’au 3 décembre. Voici le programme en résumé :

Jeudi 19 novembre (ce soir !) : Mor Karbasi, à l’Espace Rachi ;
Samedi 21 novembre : Suites Africaines, à l’Espace Rachi ;
Jeudi 26 novembre : Freylekh Trio & Amsterdam Klezmer Band & Tsimtsoum, à La Bellevilloise ;
Lundi 30 novembre : Faren Khan & David Krakauer, à La Bellevilloise ;
Jeudi 3 décembre : Oy Division & DJ Click & Brad Scott, au Centre Fleury Goutte d’Or.

Évidemment, ce festival semble avoir un gros arrière-goût de « branchitude bobo parisienne », mais c’est l’occasion d’aller voir sur scène Klezmer Madness (avec David Krakauer et Socalled, dont nous avions déjà parlé).

Toutes les informations se retrouvent de manière détaillée sur le site du Festival Jazz’n’Klezmer.

Alfred Nakache, un poisson dans l’eau

Il y a 94 ans, Alfred Nakache voyait le jour. Il connaîtra un destin de nageur exceptionnel, qui le mènera des Jeux Olympiques jusqu’à Auschwitz.

Le saviez-vous ?

Alfred Nakache est né le 18 novembre 1915 dans une famille juive de Constantine, en Algérie « française ». Après avoir surmonté sa grande peur de l’eau, il progresse dans un club de natation de Constantine.

En 1933, à 17 ans, il participe pour la première fois aux championnats de France. L’année suivante, il est sélectionné en équipe nationale française, et part pour Paris avec la réputation d’un grand espoir de la natation en France.

Sélectionné aux Jeux Olympiques de 1936, l’équipe d’Alfred Nakache bat de peu l’équipe allemande au relai 4×200 nage libre. Ceci est évidemment vécu comme un succès anti-nazi, d’autant plus que les Jeux se tiennent à Berlin.

Mais qu’est-ce que cela veut aussi dire ? Qu’Alfred Nakache a décidé de participer aux Jeux Olympiques (ainsi qu’aux Maccabiades de 1935 à Tel-Aviv !), alors que les personnes juives allemandes n’avaient plus accès aux piscines depuis 1933…

Autrement dit, Alfred Nakache a préféré le sport bourgeois (ainsi que sa variante pro-sioniste) au sport populaire, alors que devaient se tenir les Olympiades Populaires à Barcelone en juillet 1936.

Mais après les Jeux Olympiques en Allemagne nazie, vient le temps de la guerre. Nakache est d’abord mobilisé dans l’armée de l’air. Puis après la défaite française, il est privé de sa citoyenneté française en octobre 1940 comme toute la minorité juive d’Algérie.

À ce moment, fuire Paris devient une évidence pour Alfred Nakache et sa femme, et ils s’installeront en décembre 1940 à Toulouse, en zone « libre ». Là, Alfred Nakache est chaleureusement accueilli par les Dauphins du TOEC, le grand club de natation de la ville.

À Toulouse, il connaîtra de très nombreux succès sportifs, comme arracher un record du monde à un nageur allemand, ou bien rafler 5 médailles d’or aux championnats de France de 1942 – alors qu’en même temps commencent les grandes rafles

De fait, Alfred Nakache se sent relativement en sécurité à Toulouse, soutenu par des dirigeants nationaux de la fédération de natation sportive ainsi que par des responsables de l’Église locale. Et pourtant, il est de plus en plus attaqué dans la presse antisémite (particulièrement en Algérie, d’ailleurs).

En 1943, toutes ses illusions volent en éclats quand il est interdit de bassin aux championnats de France à Toulouse. À ce moment, son club lui apporte une grande solidarité, et les 26 autres nageurs des Dauphins du TOEC refusent de participer à la compétition.

Il faut aussi savoir qu’Alfred Nakache est alors en lien avec la résistance juive, et participe à la préparation physique des jeunes combattants. Hapoel n’a pas de documents, mais il s’agit sans doute de l’Organisation Juive de Combat, issue de l’Armée Juive, une organisation sioniste (plutôt révisionniste) fondée à Toulouse.

Alors que les rafles s’intensifient, Alfred Nakache est arrêté à la fin novembre 1943 en compagnie de sa femme et de sa fille. La famille est envoyée à Drancy, pour être déportée à Auschwitz en janvier 1944. Seul Alfred survivra.

À la Libération, il se remettra à la natation, et sera sélectionné aux Jeux Olympiques de 1948 à Londres. Il sera par la suite entraîneur, et professeur d’EPS à l’université de Toulouse.

Le 4 août 1983, il a un malaise lors de son entraînement quotidien dans le port de Cerbère (Pyrénées-Orientales), et décède sur la plage. Sur sa tombe, il avait demandé à ce qu’on inscrive les prénoms de Paule, sa femme, et d’Annie, sa fille, qui n’étaient pas revenues d’Auschwitz.

Aujourd’hui, il existe en France plusieurs piscines portant le nom d’Alfred Nakache.

La piscine municipale de Toulouse, évidemment, qui a été ainsi renommée à la Libération en 1944, alors que Nakache était encore en déportation. Mais aussi une nouvelle piscine à Paris, ouverte en avril dernier tout près du métro Belleville.

Que retenir de la vie d’Alfred Nakache ?

Que c’était juste un homme qui a poussé sa passion à fond, et qui a cru trouver une issue assez individualiste dans le sport bourgeois, en s’imaginant bien à l’abri des tempêtes politiques de son temps.

Seulement voilà, l’Histoire n’oublie personne, et elle se chargera de le lui rappeler en lui enlevant sa femme et sa fille.

En ce sens, Alfred Nakache n’est pas une figure positive pour Hapoel – ni une figure particulièrement négative, en fait. Juste une personne qui est passée à côté de l’Histoire.

Relever le drapeau rouge ! Kadima Hapoel !

La LD"J" fascinée par l’extrême-gauche ?

Il y a deux semaines, pendant shabbat, la Ligue de Défense « Juive » a enfin arrêté de tourner autour du pot, et s’est enfin décidée à citer une de ses sources : Hapoel.

En effet, le site de la LD"J" a fait de la publicité à Hapoel, en citant notre « scoop » à propos de la négationniste Pisano à la librairie « Résistances ». Voici ce qu’on pouvait lire :

PISANO A LA LIBRAIRIE RESISTANCES
samedi 31 octobre 2009, par Admin

Lire l’article du site d’extrême gauche HAPOEL

C’est très court, pas trop insistant, mais c’est resté lisible directement sur la page d’accueil pendant 3 jours. Et puis il n’y a pas de « tromperie sur la marchandise » : Hapoel est bien d’extrême-gauche.

Mais suite à l’aigreur d’une personne choquée de voir de la publicité pour Hapoel (car objectivement c’est bien de la pub), le webmaster de la LD"J" répond sobrement dans les commentaires :

Nous ne cherchons pas à faire de la publicité à un site qui adore le père Staline et dont nous ne partageons pas l’idéologie.

Seulement quand un article est intéressant la moindre des corrections est d’en indiquer l’origine même si nous nous sommes à l’opposé de l’échiquier politique des auteurs de cet article bien documenté.

Face à cela, nous n’avons rien à déclarer de plus que ce que nous disions déjà début octobre :

Il faut bien le dire : Hapoel a largement mérité la haine des antisémites de la gauche social-démocrate !

Et Hapoel a pu représenter une telle intransigeance politique que même la Ligue de Défense « Juive » avait dû repomper notre article sans citer sa source, après le raid fasciste contre la librairie – qui attaquait évidemment la solidarité avec la Palestine, et non la porosité avec l’antisémitisme.

Prise la main dans le sac, la LDJ se voit donc aujourd’hui obligée de faire mention au Forum Antifasciste, ce qu’elle ne fait naturellement pas de bonté de cœur vue la position de l’Action Antifasciste sur la LDJ. Implicitement, cela signifie également que les sionistes sont bien obligés de reconnaître en Hapoel un courant politique réellement juif.

Une autocritique, toutefois !

Si la LD"J" a pu reprendre directement notre article, sans pomper (12) et sans allusion indirecte (ici), c’est parce que Hapoel a relâché la politique révolutionnaire !

En effet, l’article sur Pisano n’avait pas de contenu idéologique conséquent, que nous pensions avoir déjà assez développé : aucune position révolutionnaire contre la social-démocratie, aucune citation de Staline, aucune solidarité avec la révolution palestinienne.

Eh bien non ! Apparemment nous n’avions pas suffisamment développé notre ligne politique, et notre article était presque… platement journalistique !

Ce qui a évidemment permis à la LD"J" de s’engouffrer dans notre faute politique, et de revisiter un peu l’histoire en faisant oublier que son agression fasciste de juillet dernier attaquait la solidarité avec la Palestine – et ne relevait certainement pas d’une justice populaire contre les antisémites.

Mais au moins, les choses sont désormais claires : il existe au sein de la minorité juive plusieurs courants politiques en concurrence, et enfin la tendance révolutionnaire lève à nouveau le drapeau rouge !

Hapoel est l’expression du principe suivant : l’arbre préfère le calme, mais le vent continue de souffler. En clair : l’époque qui arrive va faire mal, et les masses populaires juives seront obligées de se lancer dans les batailles politiques.

Et par conséquent, il s’agira de choisir entre les deux pôles concurrents qui ambitionnent d’organiser l’autodéfense de la minorité juive : l’option « sioniste radicale », ou bien l’option communiste.

C’est-à-dire une option raciste qui compte se vendre à une extrême-droite très française, ou bien une option révolutionnaire et antifasciste qui vise l’unité populaire.

La Ligue de Défense « Juive » semble l’avoir bien compris, et semble être consciente de cette situation de concurrence politique. Enfin les alternatives vont être claires dans la minorité juive, et les camps tranchés !

Soirée d’hommage à DJ Lam-C

Ce jeudi 19 novembre a lieu une soirée en hommage à DJ Lam-C.

DJ Lam-C, c’était Sébastien Sellam, ce jeune juif de 23 ans, torturé et assassiné il y a 6 ans par son voisin, dans le parking de sa cité de la rue Louis Blanc (Paris 10ème).

L’assassin n’a cessé de revendiquer son antisémitisme, mais l’État français et sa justice ont décidé d’enterrer l’affaire, en prétendant qu’il était irresponsable en raison de son état psychiatrique.

Une soirée est donc organisée à Paris en hommage à Lam-C, ce jeudi 19 novembre au Pavillon Rouge (Porte de la Chapelle). Une soirée avec des invités célèbres, comme Alibi Montana, Princess Aniès, Matt Houston, DJ Goldfingers, DJ Maze, etc.

Un bel hommage à Sébastien Sellam, qui vivait la musique à fond et qui essayait d’offrir à sa mère une vie meilleure.

Mais un hommage qui vit des mêmes illusions que celles de Sébastien : excès d’optimisme immédiat, échappatoire apolitique dans la fête, espoir d’une issue individuelle.

Quoi qu’il en soit, tous les détails se retrouvent sur Paris Qui Bouge, Feuj Night (avec inscription) ou évidemment Facebook.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 16h55, sortie samedi à 18h04.

Mémorial 98 – L’Alliance débat avec une alliée du FN

Ce dimanche 15 novembre, l’Alliance Israélite Universelle démarre les célébrations de son 150ème anniversaire. À cette occasion, elle organise une conférence dans les dorures de l’Opéra Bastille, avec des pointures politiques et universitaires bourgeoises.

Et comme première intervenante, l’Alliance a choisi… Chantal Delsol, sur le thème « L’universel et la marque de l’enracinement ». L’association Mémorial 98 rappelle qui est cette Chantal Delsol, dans l’article reproduit ici.

Cela montre bien à quel point les institutionnels juifs ne peuvent rien contre la montée du fascisme – quand d’ailleurs ils n’y contribuent pas !

Mais les faits sont là : un grand bourgeois d’origine juive (pardon, « israélite ») reste avant tout un grand bourgeois – comme en témoigne d’autre part Jacques Attali…

Alliance Israélite : débattre avec une alliée du Front National ?


Jeudi 12 novembre 2009

Nous publions le courrier adressé le 11 novembre par le président de l’association Mémorial 98 au président de l’Alliance Israélite Universelle (courrier électronique). A l’occasion de son 150eme anniversaire, cette vénérable institution organise une conférence solennelle. La première intervenante de ce colloque est Mme Chantal Delsol, connue comme une représentante de la droite catholique, qui traitera de « l’Universel et la marque de l’enracinement » (voir ci-dessous le programme du colloque). Or Mme Delsol est connue pour ses prises de position politiques et notamment pour son soutien explicite à l’alliance avec le Front national lors des élections régionales de 1998 dans la région Rhône-Alpes.

Il ne s’agit ni d’histoire ancienne ni d’un péché véniel ; les relations avec l’extrême droite hantent la vie politique et sociale du pays depuis plus d’un siècle et sont évidemment d’une importance capitale quand une organisation juive se penche sur l’identité.

La lettre au Président de l’AIU est reproduite avec quelques corrections de forme.

Monsieur le Président,

Ayant lu dans la presse que l’AIU organise le 14 Novembre une conférence à l’occasion de son 150e anniversaire, avec comme invitée-vedette Mme Chantal Delsol, je me permets de vous faire de ma stupéfaction et de ma protestation.

En effet Mme Delsol a pris position publiquement en faveur d’une alliance politique avec le Front national, lorsque celle-ci pût se réaliser, à l’occasion des élections régionales de 1998. De très nombreux articles de presse de l’époque en témoignent.

Un portrait de Mme Delsol, paru dans le journal Le Monde dans son édition du 15 juin 2002 (p. 34 ) donc plusieurs années après ces événements, documente précisément cette posture inchangée :

« …Mais Chantal Delsol, c’est aussi Chantal Millon-Delsol, l’épouse de Charles Millon, réélu en 1998 à la présidence du conseil régional de Rhône-Alpes avec l’appoint des voix du Front national… Elle ne l’en a pas moins soutenu dans des choix : « Le Front national avait donné son soutien sur un programme précis », justifie-t-elle. « De plus, il y a comme une imposture à faire d’un côté du FN un parti légal, et de l’autre à ériger une sorte d’ordre moral au nom duquel accepter ses voix serait inadmissible. »

À ma connaissance, elle n’est jamais revenue depuis sur cette prise de position.

Est il possible de débattre de « l’Universel et de la politique des identités » avec une personne qui banalise une alliance politique avec un parti xénophobe, dont les principaux dirigeants ont été condamnés pour négationnisme et incitation à la haine raciale ?

Il s’agit bien sûr de M. Le Pen mais aussi de Mr Gollnisch dirigeant du Front national dans la région Rhône-Alpes, partenaire de l’alliance nouée à l’initiative de Mr Million et qui entraîna notamment un énorme scandale au Mémorial des enfants d’Izieu. En raison de son alliance avec le Front National, Mr Millon fût chassé du Mémorial le 19 Juillet 1998 à l’initiative de Mme Lagrange, présidente de l’Amicale régionale des déportés d’Auschwitz.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez recevoir, Monsieur le Président, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Pour l’association Mémorial 98…

Izzy & Moe : savoir déchiffrer la dimension cachée…

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, au fond : savoir lire entre les lignes, savoir être à l’écoute du mouvement, des contradictions, des retournements. Voici d’ailleurs ce que nous disions à l’occasion de Pourim :

L’histoire de Pourim est elle-même une merveille de dialectique, où chaque chose se retourne en son contraire (Mordekhai en habits royaux escorté par Haman, Haman pendu à la potence qu’il avait réservée à Mordekhai), où ce qui est caché prend tout son sens (Hadassa la juive sous le nom perse d’Esther, aucune mention dans toute la Meguilah à D.ieu alors que c’est Lui qui tire les ficelles), etc.

C’est là le sens du mot « Pour » (le singulier de Pourim), qui veut dire le « sort » : l’histoire de Pourim est un sort et un jeu du sort. D’où les déguisements et le carnaval, qui incarnent presque la dialectique de l’histoire.

Avec Izzy & Moe, c’était Pourim tous les jours !

Les États-Unis ont connu une période de leur histoire marquée par l’interdiction de vendre de l’alcool : c’était la « Prohibition », qui a servi de cadre à tant de films…

Mais chez certains, l’humour n’avait pas été pas prohibé, et ce fut l’occasion pour deux policiers très spéciaux de briller : Izzy Einstein et Moe Smith.

Quand on dit « policiers », on devrait dire en fait les deux showmen !

Car ces deux juifs d’origine autrichienne ne restèrent pas longtemps dans la police, seulement de 1920 à 1925 : le temps de se faire éjecter, non pas en raison de leurs résultats, mais surtout à cause de leurs extravagances !

Le saviez-vous ?

Isidor « Izzy » Einstein est né en Autriche, sa langue maternelle était le yiddish, et il émigra aux USA à l’adolescence. C’était lui le joyeux luron de l’équipe. Quant à Moe Smith, il est né à New York de parents juifs austro-galiciens, et était plutôt le « chef des opérations ».

Dès le début de la Prohibition, Izzy Einstein et Moe Smith abandonnent leurs anciens métiers, et s’engagent dans la police de New York. Leur job : fermer les bars servant de l’alcool.

Et leur méthode secrète ? Entrer dans un « club » avec les costumes les plus délirants, se faire servir de l’alcool, et constater le flagrant délit !

Une méthode quasi infaillible pour ces deux génies du déguisement !

Ainsi, entre 1920 et 1925, ils eurent le temps de procéder à 4932 arrestations de « bootleggers », dont 95 % se conclurent par une condamnation. Leur prise record : 5.000.000 de bouteilles de Hooch d’un coup.

Concernant leur créativité, il est aisé d’en juger : déguisements de footballeur américain, de délégué du Congrès démocrate, de Texas Ranger… ou encore de couple ashkénaze ! Quant à l’audace, ils en avaient assez pour se jeter dans l’eau glacée et venir demander de quoi se réchauffer… Pire encore : une fois, Izzy Einstein demanda, l’air lassé, « un verre pour un agent méritant de la Prohibition » : le barman le servit, pensant à un mot d’humour !

De quoi devenir la terreur des trafiquants… mais aussi des icônes populaires d’une époque très impopulaire !

Oui mais voilà, la hiérarchie policière ne l’entendait pas de cette oreille…

Ainsi, un responsable de la police expliqua que « le service doit rester digne », alors que « Izzy et Moe appartiennent à une scène de vaudeville ».

Pour leurs extravagances, Moe Smith et Izzy Einstein seront mutés en 1925 à Chicago, soi-disant « pour le bien des services ». Refusant de se plier à la hiérarchie, ils démissionneront immédiatement.

Le décalage est donc absolu : d’un côté la culture juive (en l’occurrence ashkénaze), toute dans le délire créatif quasi punk ; de l’autre, la culture de la répression policière, prenant tout au premier degré.

Comme quoi la culture populaire juive ne saurait s’insérer dans la culture de l’État et de sa police…

La preuve : l’ancien commissaire Sammy Ghozlan, qui en prétendant combattre l’antisémitisme par ses « talents » répressifs, passe à côté d’un pan entier de l’identité juive, et se nie au profit du sionisme.

Au moins avec Izzy & Moe, c’était Pourim tous les jours !

Autour des commémorations de la Nuit de Cristal

C’est un fait : les antifascistes d’Allemagne sont contraints se battre avec ténacité pour suivre leur propre actualité, et non celle de l’État bourgeois et des nazis. Voilà pourquoi les appels antifascistes à commémorer la Nuit de Cristal (ou « Nuit des Pogroms » d’après l’appellation correcte) rappellent constamment qu’il n’y a pas lieu de se réjouir le 9 novembre, car c’est un jour terrible de l’histoire allemande.

En effet, l’État allemand a tout fait pour passer sous silence cette commémoration, en mettant l’accent sur les célébrations du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Ce faisant, l’État fédéral compte distiller l’illusion que la démocratie bourgeoise est conquérente et éternelle, alors qu’en réalité, le capitalisme est en pleine décadence.

Quant aux néo-nazis, ils se développent à une vitesse fulgurante parallèlement à la crise, spécialement en ex-RDA. Avec les commémorations antifascistes de la Nuit de Cristal, les néo-nazis ont mené une nouvelle campagne nationale de harcèlement antisémite et anti-antifa.

1) À Stralsund, sur la côte de la Baltique en ex-RDA, une plaque commémorative a été déboulonnée, à l’extérieur de la synagogue de la Judenstrasse (= rue des Juifs). Cette synagogue avait été détruite pendant la Nuit de Cristal, et la plaque commémorative a été apposée à cet endroit il y a seulement quelques mois, en avril.

Une « Kameradschaft » (= « camaraderie » nazie) du nom de « Hatecrew » a implicitement revendiqué l’acte – qui est loin d’être le premier de l’année dans cette petite ville – en ironisant sur le fait que « cette plaque de juifs pourrait manquer à quelqu’un… ». Sur le site d’information fasciste Altermedia, on apprend que cette plaque pourrait être actuellement dans la Baltique…

2) Ce dimanche à l’aube, la Nouvelle Synagogue de Dresde en Allemagne a été taggée. Sur un mur du centre communautaire de la synagogue, on a retrouvé des croix gammées et des slogans antisémites, sur une longueur de 9 mètres.

Ni la date, ni la synagogue n’ont été choisies par hasard.

En effet, dimanche était la veille du 71ème anniversaire de la Nuit de Cristal. Et la Nouvelle Synagogue de Dresde est précisément « nouvelle » car elle a été inaugurée le 9 novembre 2001, c’est-à-dire… exactement 63 ans après sa destruction par les nazis !

Voilà donc un acte très calculé de néo-nazi, qui prétend prendre « symboliquement » un raccourci historique. Mais un raccourci qui dit bien l’ambiance de notre époque…

3) En réponse, une manifestation antifasciste a été organisée, hier à Dresde. Celle-ci a rassemblé environ 150 personnes, ce qui n’est pas énorme.

La maire CDU de Dresde, quant à elle, n’a rien trouvé de mieux à faire que de comparer les « extrêmismes de gauche et de droite », toujours dans l’idée de stabilité éternelle de la démocratie bourgeoise.

De même, comme tous les ans depuis 1990, le groupe Antifaschistische Initiative Moabit [AIM] a organisé hier une marche, avec pour slogan « Kein Vergessen! Kein Vergeben! » (= ni oubli, ni pardon !).

« Moabit » n’a évidemment rien à voir avec le pays de Moab dans la Torah ! Il s’agit simplement d’un quartier central de Berlin, qui a été considéré par les nazis comme un foyer de résistance ouvrière dès 1933.

4) Mais les rassemblements antifascistes ne se sont pas tous déroulés sans accrocs.

Ainsi, dans la région de Dortmund (cette fois en ex-RFA), la situation est catastrophique, que ce soit à Essen, à Ahlen, ou bien à Dortmund même.

À Dortmund, le Bündnis Dortmund gegen Rechts (= union de Dortmund contre la droite) a organisé une commémoration de la Nuit de Cristal, avec notamment un long drap noir parsemé de bris de miroirs, avec du klezmer en fond.

Avant le début de la cérémonie, plus d’une vingtaine de nazis localement connus ont débarqué, ont photographié les antifascistes présents, et ont diffusé des tracts pro-nazis. La commémoration n’a logiquement commencé qu’après qu’ils aient été virés.

Même scène à Ahlen, où une vingtaine de nazis ont lancé des slogans antisémites dans la rue, et se sont « volatilisés » avant l’arrivée de la police.

Et toujours la même à Essen, où une quarantaine d’antifascistes ont tenu tête à une quarantaine de nazis dans le quartier de Borbeck – un rapport de force catastrophique. Ainsi, pendant 1h30, les nazis ont harcelés les antifascistes, avec leurs drapeaux, leur slogans fascistes au mégaphone, qui faisaient clairement référence au putsch raté du 9 novembre 1923.

Juif ! Juive !
Les nazis revendiquent leur histoire et insultent la nôtre !
Ni oubli, ni pardon !

[Timbre de l'ex-RDA, datant du 25ème anniversaire de la Nuit de Cristal en 1963. Il est écrit « Plus jamais la Nuit de Cristal ».]

La Nuit de Cristal, un tournant dans l’extermination

Le 9 novembre 1938, le régime nazi lance une nuit de pogroms à travers l’Allemagne : c’est la Nuit de Cristal, ou Kristallnacht.

Depuis la conquête du pouvoir par les nazis en 1933, les mobilisations antisémites se succédaient, et les discriminations et persécutions se multipliaient, notamment avec les décrets de Nürnberg en 1935.

Le 7 novembre 1938, le jeune juif Herschel Grynszpan abat un conseiller de l’ambassade d’Allemagne à Paris, en voulant venger sa famille et les milliers d’autres personnes juives polonaises d’Allemagne qui sont « reconduites à la frontière ».

Cela servira de prétexte au déclenchement des Pogroms de Novembre.

En effet, le conseiller allemand visé par Herschel meurt le 9 novembre vers 17h30. Hitler en est informé alors qu’il célèbre le putsch manqué de novembre 1923 avec la « vieille garde » du parti nazi.

Hitler et Goebbels décident alors du lancement des pogroms, qui, en réalité, auraient été « en suspens » depuis presqu’un an. Tout au long de la nuit, ce seront tous les secteurs de l’État nazi, dans le pays entier, qui se lanceront dans les pogroms : Gauleiter, SA, police, SS, Gestapo, SD.

À ce moment, la SA est encore un mouvement de masse, mais sans initiative politique depuis en 1934. Ce sont essentiellement eux et la Hitler-Jugend qui s’illustreront dans la sauvagerie des pogroms – mais jamais en uniforme !

Les villes de Berlin et de Vienne (annexée depuis peu au Reich) sont les plus touchées. Concrètement, les juifs sont désarmés, les synagogues sont brûlées et détruites, les vitrines de commerces tenus par des juifs (enregistrés au préalable) sont brisées, et des personnes juives sont massacrées.

La nuit du 9 au 10 novembre 1938, on estime que plus de 250 synagogues (soit presque toutes les synagogues du Reich) sont attaquées, que près de 7500 vitrines sont brisées (ce qui donnera cyniquement l’appellation de « Nuit de Cristal »…), et que 400 personnes juives trouvent la mort, assassinées, suicidées ou suite à leurs blessures.

De plus, 35000 personnes juives sont déportés dans les camps de concentration de Dachau, Buchenwald, Sachsenshausen, où continuent les massacres par les SS. Leurs propriétés personnelles seront récupérés soit par les nazis, soit directement par leurs voisins, réimpulsant ainsi « l’aryanisation des biens ».

La plupart des 35000 personnes déportées seront libérées trois mois plus tard (sous certaines réserves, comme un visa d’émigration), mais plus de 2000 auront été tuées par les nazis entretemps…

Et pour conclure l’affaire, les assurances touchées seront obligatoirement reversées à l’État nazi, qui taxera de plus la communauté juive d’une somme colossale… pour troubles à l’ordre public et tapage nocturne !

La Nuit de Cristal marque un tournant dans la mobilisation nazie de masse. En effet, la plupart des gens sont restés passifs chez eux, à observer les pogroms par la fenêtre. De plus, un ordre d’arrêter les destructions est lancé le 11 novembre, et pourtant les pogroms continueront, ce qui montre l’implication d’une frange de la population non directement liée à l’État.

De ce fait, la Nuit de Cristal marque également un tournant dans la marche à la guerre impérialiste. Car après les accords de Munich, il est clair que la guerre ne sera pas évitée, et la Nuit de Cristal constitue un « test » pour la mobilisation et la militarisation des masses sous les drapeaux nazis. C’est une sorte de « plébiscite par le pogrom ».

Enfin, la Nuit de Cristal marque un tournant vers la politique d’extermination. Auparavant, les SA menaient des campagnes violentes pour le boycott des commerces « juifs », mais les persécutions antisémites avaient été essentiellement légales, dans le but de pousser à l’émigration. Là, il s’agit du plus grand pogrom antisémite vu en Allemagne depuis le Moyen-âge.

Si l’on pense, comme Moishe Postone, que « c’est Auschwitz – et non la prise de pouvoir de 1933 – qui fut la véritable "révolution allemande" », alors les pogroms de novembre 1938 devaient résonner pour les nazis comme une prise de la Bastille…

Voilà pourquoi la dimension antisémite est absolument centrale dans le national-socialisme : elle est une idéologie permettant la mobilisation réactionnaire de masse, dans la marche à la guerre impérialiste.

Herschel Grynszpan, une haine non négociable

Le 7 novembre 1938, un secrétaire de l’ambassade d’Allemagne à Paris est liquidé par un jeune apatride juif, Herschel Grynszpan.

Né en 1921 en Allemagne, de parents juifs polonais immigrés, Herschel Grynszpan a tout d’un tempérament de « voyou » : en rupture avec l’autoritarisme de l’école, et déterminé à ne pas se laisser marcher sur les pieds.

À 14 ans, il rentre dans une yeshiva à Francfort, en espérant apprendre l’hébreu et fuir l’Allemagne nazie pour la Palestine. Mais de fait, ses parents l’envoient chez de la famille en Belgique, où il attend un visa qui lui sera refusé du fait de son jeune âge.

Puis en septembre 1936, il traverse clandestinement la frontière avec la France, où il est hébergé chez un oncle à Paris. Il vit alors en apatride (c’est-à-dire en sans-papiers) dans une communauté parlant yiddish, travaille dans la confection, et se démène pour obtenir un permis de séjour.

Le 31 mars 1938, les Grynszpan sont privés de leur nationalité polonaise par une loi gouvernementale. Le 11 août, Herschel reçoit un « ordre de quitter le territoire français » avant le 15 août (d’après la terminologie de l’État français d’aujourd’hui pour les travailleurs et travailleuses sans-papiers).

Enfin, le 28 octobre, ce sont 35000 personnes juives polonaises qui sont expulsées d’Allemagne vers la Pologne, alors que justement beaucoup ont perdu la nationalité polonaise. Parmi les 12000 déportéEs, 8000 sont coincées entre l’Allemagne et la Pologne dans des conditions terribles.

Ainsi, Herschel Grynszpan est privé d’un visa pour la Palestine, de papiers belges, polonais, français et allemands. C’est un apatride, un sans-papiers.

Mais par dessus tout, il apprend le 3 novembre 1938 que sa famille est expulsée et parquée dans un camp. Et cela, aucune personne juive ne peut l’accepter sans bouillir de rage et de haine.

Le 6 novembre, il se brouille avec son oncle précisément par rapport à la situation de sa famille, et prend une chambre à l’hôtel. Le lendemain à l’aube, il écrit une lettre à ses parents :

« Mes chers parents, je ne pouvais agir autrement. Que Dieu me pardonne. Mon coeur saigne lorsque j’entends parler de la tragédie des 12 000 Juifs. Je dois protester pour que le monde entier entende mon cri et cela, je suis contraint de le faire. Pardonnnez-moi. Herschel. »

Ce 7 novembre 1938 vers 9h30, Herschel Grynszpan arrive à l’ambassade d’Allemagne à Paris, où il est reçu par un conseiller, Ernst vom Rath, pour soi-disant lui remettre un document…

Quand vom Rath le lui demande, Herschel se lève, dégaine son arme, et tire 5 reprises. Le nazi s’effondre ; il mourra le 9 novembre vers 17h30.

La nuit suivant son décès, le Reich nazi déclenchera un pogrom d’une ampleur jamais vue en Allemagne depuis le Moyen-Âge, en prenant comme prétexte cet assassinat (alors qu’il était sans doute prévu depuis presqu’un an) : c’est la Nuit de Cristal, le 9 novembre 1938.

Arrêté à l’ambassade, Herschel Grynszpan explique qu’il a agi pour venger sa famille. Il déclarera également :

« Ce n’est pas un crime d’être juif. Je ne suis pas un chien. J’ai le droit de vivre, et le peuple juif a le droit d’exister en ce monde. Partout où j’ai été, j’ai été pourchassé comme un animal. »

Par la suite, Herschel Grynszpan vivra dans l’attente d’un procès médiatisé, attente qui s’éternisera parallèlement à la marche à la guerre. Puis, balloté de prison en prison, il mourra vers 1944 dans le camp allemand de Sachsenhausen.

De fait, Herschel Grynszpan fut une sorte d’avatar de Sholem Schwartzbard ou de Pierre Goldman, la politique révolutionnaire en moins.

Herschel Grynszpan a agi pour la justice des nôtres, certes, mais il a agi en individualiste. Et il faut bien l’avouer sans toutefois « refaire l’Histoire », mais l’individualisme est relativement étranger aux minorités juives.

Quand on refuse la politique, la révolution, le communisme, il est impossible de donner à sa rage de vivre et à sa haine antinazie une expression à la hauteur : une autodéfense juive, antifasciste, populaire, réaliste, déterminée.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 17h04, sortie samedi à 18h11.

Combines rabbiniques : l’exemple du rav Ron Chaya

Le rav Ron Chaya est un rabbin talmudiste, qui anime à la fois une yeshiva à Jérusalem et un site internet francophone avec des questions des lecteurs, « Leava – La Flamme ». Il est assez connu en France parmi les personnes juives religieuses, car il vient souvent intervenir dans des conférences, souvent à Paris ou Marseille.

Idéologiquement, le rav Ron Chaya est à la fois religieux et très pro-sioniste, ce qui est évidemment courant en Israel. Dans une présentation de son site, il résume admirablement l’économie politique du sionisme religieux :

« Aujourd’hui, avec un taux record de mariage mixte et d’assimilation, à un moment où l’antisémitisme montre à nouveau son visage hideux dans toute l’Europe, alors qu’Israël est l’objet des violences palestiniennes, la vocation de Leava est plus que jamais vitale. »

Il se trouve que nous avons déjà évoqué le rav Ron Chaya, à propos du scandale du colorant E120 dans des merguez kasher : « E120 : un colorant issu du meurtre des animaux ».

Nous disions alors que ce rabbin couvrait les « magouilles » d’une partie du rabbinat français avec les capitalistes, sur le dos de la santé du peuple et des exigences religieuses d’une fraction des masses juives. Nous affirmions aussi que ce rabbin vouait un mépris incroyable envers les masses populaires croyantes et leurs immenses capacités et exigences, en expliquant à propos du E120 que : « Il est donc tout à fait légitime que le grand Rabbinat de France qui est, bien évidemment, un organisme qui s’adresse au commun du peuple, l’autorise. ».

Et que voit-on aujourd’hui ?

Que le rav Ron Chaya récidive dans ses « deals » avec les capitalistes.

En effet, après plus d’une semaine sans activité, le site Leava.fr a publié mercredi un article, qui consiste purement et simplement en de la publicité !

Il s’agit en fait d’un « partenariat » entre le site Leava.fr et une société de téléphonie au nom hilarant, Ciel Télécom.

L’article en question du rav Ron Chaya explique que « Ciel Telecom s’engage à remettre Leava.fr 10% du montant de vos communications » sur une certaine offre, et vante cette entreprise capitaliste qui « garantit les tarifs les plus bas du marché pour toutes vos communications ».

La publicité se termine par : « A chaque appel, vous ferez une mitsva. Alors n’hésitez pas ! ». De même, sur la page d’accueil de Leava.fr, une bannière de publicité proclame : « Faites une Mitzva, souscrivez chez nous, et Leava touche 10% sur votre facture! ».

Quand on atteint un tel degré de compromission avec les capitalistes, on ne sait plus s’il faut mourir de rire, ou bien de honte pour le rav Ron Chaya…

Bien entendu, ce type de combine entre les rabbins et les capitalistes n’est pas rare : il suffit de lire la presse religieuse juive. Mais celui-là atteint un niveau hallucinant dans le ridicule, d’autant plus pour un rabbin qui s’est construit sa petite notoriété…

Un petit tour sur le site de Ciel Télécom est tout aussi révélateur. En effet, dans les publicités qui défilent en page d’accueil, on voit directement les offres pour les « forfaits Pro », ou encore « Des tarifs grands comptes enfin pour les PME ».

Les choses sont donc très claires : le rav Ron Chaya s’adresse directement à la petite-bourgeoisie commerçante d’origine juive.

Ce qu’il faut bien voir, c’est que la petite-bourgeoisie commerçante d’origine juive tente d’encadrer et de diriger les masse juives les plus pauvres, prolétaires et « lumpen-prolétaires ».

Pour cela, elle doit produire une idéologie qui neutraliserait les divergences d’intérêts – donc les luttes de classes – au sein de la communauté juive.

La religion et le sionisme paraissent donc tout désignés : la première par sa culture juridique de soumission (surtout dans la version rabbinique et talmudiste), le deuxième par son nationalisme affirmant que toutes les personnes juives ont les mêmes intérêts.

Dès lors, les combines avec les capitalistes apparaissent comme une évidence aux rabbins, conformément à leur nature de classe. Ainsi le rav Ron Chaya n’est absolument pas un cas isolé, il est simplement une figure caricaturale et ridicule des compromissions rabbiniques avec les capitalistes.

Et tout cela relève purement et simplement d’un mépris sans borne envers les personnes croyantes au sein des masses populaires juives !

Car si une personne ressent réellement la foi en D.ieu, comment pourrait-elle accepter qu’un rabbin se fasse du profit sur la confiance qu’elle lui accorde ?

La vérité, c’est que les masses populaires juives ne peuvent plus faire confiance aux religieux, qui abusent de la foi de certainEs des nôtres pour mener leurs magouilles avec les capitalistes !

Mais qui était réellement Itz’hak Rabin ?

Les sionistes de gauche commémoraient hier l’assassinat d’Itz’hak Rabin (יצחק רבין) par un fasciste, le 4 novembre 1995.

Nous avons parlé hier du véritable « culte du martyr » qui s’est développé autour du « pacifiste » Rabin : « Itz’hak Rabin, ou le mélodrame "sioniste de gauche" ».

Mais qui était réellement Itz’hak Rabin, l’icône des sionistes « de gauche » ?

Le saviez-vous ?

Itz’hak Rabin est né en 1922 en Palestine, de parents immigrés d’Europe de l’Est. Se destinant à des études d’agronomie (le top à l’époque en Palestine), Rabin fera pourtant carrière dans l’appareil militaire sioniste.

En 1941, Rabin s’engage dans la force sioniste de la Haganah, dans la célèbre section Palma’h. Il sera alors dans tous les coups du Palma’h, de l’invasion du Liban « français » à la guerre contre les Britanniques, en passant par Shabbat HaSh’hurah (une vague d’arrestations de dirigeants sionistes).

En 1948, l’État sioniste proclame son indépendance, et se « défend » contre les États arabes. C’est alors que Tzahal prend la succession de la Haganah, dans laquelle Rabin avait déjà acquis un rôle dirigeant. Il organise alors la « défense » de Jérusalem, c’est-à-dire son occupation par l’armée sioniste, ainsi que la guerre contre l’Égypte au sud.

De même, il dirigera les opérations de conquête des villes arabes de Ramle et Al Lud (Lod), participant de ce fait à la Nakba palestinienne, ainsi que les bombardements des villes arabes de Bir Saba (Beer Sheva), Al Majdal (Ashkelon), Ghaza (‘Aza), ou Beit Hanoun.

En 1964, Itz’hak Rabin est nommé « Ramatkal » (= chef d’état-major) de Tzahal. C’est donc lui qui dirigera militairement le blitzkrieg sioniste de 1967 (la « guerre des Six-Jours »), qui envahira Jérusalem, et qui prononcera le fameux discours à l’université de Har HaTzofim.

Ainsi, c’est Itz’hak Rabin lui-même qui démarrera ce que les sionistes « de gauche » appellent hypocritement « l’occupation » !

Après sa carrière de militaire sioniste, Itz’hak Rabin se lancera dans une carrière diplomatique et politique, et sera l’un des grands acteurs du rapprochement d’Israel avec l’impérialisme américain.

Cela montre d’ailleurs à quel point l’État sioniste a été, dès le départ, un État dominé par l’appareil militaire, et dépendant de l’impérialisme.

En 1968, Rabin devient ambassadeur aux USA. C’est à partir de ce moment que l’impérialisme américain deviendra le principal fournisseur d’armes d’Israel, notamment d’avions de chasse puisque Rabin arrivera à faire lever l’embargo sur les chasseurs F4.

En 1973, Rabin est élu à la Knesset pour Avodah, le parti travailliste, et deviendra « Rosh HaMemshalah » (= premier ministre) en juin 1974, après Golda Meir. C’est sous son mandat qu’a lieu le détournement du vol d’Air France vers Entebbe en Ouganda.

Mais à la fin 1976, les partis religieux de la coalition gouvernementale de Rabin découvrent que des avions de chasse F15 ont été livrés par les États-Unis… pendant Shabbat ! Israel mérite alors pleinement son qualificatif de « porte-avion de l’impérialisme américain », et Rabin est contraint d’annoncer de nouvelles élections pour mai 1977.

Entretemps, on découvre que Leah Rabin avait gardé un compte en dollars, du temps où Itz’hak Rabin était ambassadeur, alors qu’il était interdit de posséder des comptes en devises étrangères (Israel étant au bord de la faillite depuis 60 ans…).

Rabin a donc été l’homme fort des relations entre les l’impérialisme US et l’État sioniste, et de façon tellement extrême qu’il a dû démissionner de la direction du parti travailliste et de la candidature aux législatives de mai 1977 (élections qui seront remportées par le sioniste révisionniste Begin).

Entre 1984 et 1990, Itz’hak Rabin prendra part aux gouvernements d’union nationale, au ministère de la « défense » (comprendre : de l’agression sioniste).

C’est donc Rabin qui impulsera la répression sanglante de l’Intifada de 1987, après avoir sous-estimé la révolte populaire palestinienne en expliquant, à son retour des USA, que l’Intifada était manipulée par l’Iran et la Syrie.

À la Knesset, il fera un discours annonçant la violence de la répression sioniste, où il dira : « Nous imposerons la loi et l’ordre dans les territoires, même si cela doit se faire dans la douleur. [...] S’il le faut, brisez-leur les bras et les jambes. ». Cela lui vaudra le surnom de « briseur d’os ».

Pour finir, Itz’hak Rabin sera réélu premier ministre en 1992 (avec Meretz et Shass, d’ailleurs), et le restera jusqu’à son assassinat en 1995. Sous ce second mandat de premier ministre, Rabin concluera les accords d’Oslo avec Yasser Arafat et Bill Clinton.

Ce sont ces accords sionistes d’Oslo qui consacrent définitivement la capitulation de l’OLP (qui reconnaît dès lors l’existence d’Israel…), ainsi que la trahison totale de Yasser Arafat envers la libération nationale palestinienne.

Ainsi, quoi qu’en pensent les sionistes ultra, les accords d’Oslo sont en grande partie une victoire politique du sionisme contre la révolution palestinienne (ou plutôt sa confirmation, puisque l’OLP n’était déjà plus sur une ligne de « guerre populaire de libération »).

On retiendra donc d’Itz’hak Rabin le militaire sioniste qui œuvra pour le rapprochement avec l’impérialisme américain et qui brisa, dans le sang comme dans les « accords de paix », le mouvement de libération du peuple arabe palestinien.

Bref, un homme d’une grande valeur – du point de vue des « sionistes de gauche »…

« Un écrivain de la Chine antique, Sema Tsien, disait : "Certes, les hommes sont mortels ; mais certaines morts ont plus de poids que le mont Taichan, d’autres en ont moins qu’une plume."
Mourir pour les intérêts du peuple a plus de poids que le mont Taichan, mais se dépenser au service des fascistes et mourir pour les exploiteurs et les oppresseurs a moins de poids qu’une plume.
»

Mao Zedong, « Servir le peuple »

Itz’hak Rabin, ou le mélodrame « sioniste de gauche »

Aujourd’hui les sionistes « de gauche » commémorent l’assassinat d’Itz’hak Rabin (יצחק רבין). Les commémorations de l’État israelien se sont tenues le 29 octobre, d’après le calendrier juif.

Le saviez-vous ?

Le 4 novembre 1995, Itz’hak Rabin était assassiné par un sioniste d’extrême-droite, suite à un rassemblement pour la « paix ». Pour son geste, le fasciste Ygal Amir a été condamné à perpétuité.

Chez les sionistes « de gauche » et chez les pacifistes bourgeois, une certaine mythologie entoure la mort de Rabin, qui en deviendrait presqu’un « martyr » de la paix…

Ainsi, tout le monde en Israel connaît les images de Rabin chantant « Shir LaShalom » (= chanson pour la paix) avec Aviv Geffen et Miri Aloni, le soir du 4 novembre 1995 à l’étage devant la mairie de Tel Aviv.

De même, tout le monde connaît les images de l’assassinat de Rabin, qui ont été immortalisées par un photographe amateur, et qui ont tourné en boucle à la télé israelienne.

Il existe également un mythe autour d’un papier retrouvé dans la poche d’Itz’hak Rabin, sur lequel étaient inscrites les paroles de « Shir LaShalom » et qui était taché de sang. Tout un symbole, pour les sionistes « de gauche » !

Très logiquement, le culte du « martyr » a aussi été attisé par le président Bill Clinton lui-même. En effet, aux obsèques de Rabin furent invités les pions des USA comme Hosni Moubarak ou le roi Hussein de Jordanie, et Bill Clinton termina son éloge funèbre par un « Shalom ‘Haver » (= au revoir, l’ami).

Ce « vibrant » slogan est depuis devenu un classique en Israel et chez tous les sionistes « de gauche ». On a notamment pu le voir fleurir sur les stickers à l’arrière des voitures, voire parfois simplement « 4.11.95 » (les stickers politiques à l’arrière des voitures étant une véritable « way of life » en Israel !).

Mais un culte n’est jamais complet sans son hymne officiel. La (belle mais hypocrite) chanson « Shir LaShalom » semblait toute désignée, mais le chanteur Aviv Geffen a également écrit une (belle mais pro-sioniste) chanson, « Livkot Lekha » (= pleurer pour toi). Le titre est éloquent sur le niveau de larmoyance.

Pareillement, notons les « pèlerinages » sur la tombe d’Itz’hak et Leah Rabin au cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem, notamment de la part de mouvements de jeunesse « sionistes de gauche ».

Enfin, la place de la mairie de Tel Aviv, Gan Ha’Ir (= le jardin de la ville), a été rebaptisée Kikar Rabin, avec un petit monument à l’endroit où il a été assassiné (en bas des marches descendant de la mairie, sur Ibn Gvirol). Et même le jardin de Bercy à Paris a été renommé « parc Itzhak Rabin » !

Bref, tout un mélodrame pour les sionistes « de gauche », qui vénèrent un soi-disant « martyr de la paix »… sans parler des nombreuses théories autour de l’assassinat d’Itz’hak Rabin !

[La suite demain, pour savoir qui était réellement Itz'hak Rabin...]

Comme disait Staline…

L’antifascisme « raisonnable » : désespéré et désespérant

Très récemment, le grand magazine allemand Spiegel a fait un reportage sur une antifasciste assez connue en Allemagne, plus particulièrement à Berlin : Irmela Mensah-Schramm.

Ancienne éducatrice spécialisée, politiquement proche des « Grünen » (= les Verts), Irmela Mensah-Schramm, sillonne depuis 1986 les rues de Berlin pour arracher les stickers et recouvrir les tags racistes et nazis.

On peut ainsi la croiser à tourner inlassablement dans les rues berlinoises, avec toujours un grattoir et du dissolvant à ongle à la main, avec un sac à main blanc sobrement marqué d’un « Gegen Nazis » (= contre les nazis), et avec un appareil photo autour du cou pour ses archives.

À vrai dire, cette activité militante d’Irmela Mensah-Schramm n’est pas de tout repos, puisqu’elle a subi de très nombreuses menaces, et même des poursuites judiciaires suite à des démêlés avec un vigile. Comble de l’ironie, des nazis l’ont même menacée… par des tags !

Irmela Mensah-Schramm est indéniablement une antifasciste sincère, comme tout le monde a dû en rencontrer.

Mais malgré cela, on ne peut s’empêcher d’avoir un peu pitié pour elle, à la voir ainsi tourner en rond depuis plus de 20 ans dans ses illusions social-démocrates « raisonnables »

Quand on sait qu’en ex-RDA, un adolescent sur huit est un nazi revendiqué et affirmé, on voit bien que l’initiative antifasciste d’Irmela Mensah-Schramm est tragiquement en décalage avec notre époque. Un décalage d’autant plus profond que l’un des principaux slogans antifascistes en Allemagne est « Antifa heisst Angriff ! » (= l’antifascisme signifie être offensif).

Mais en France comme en Allemagne, l’enjeu de l’époque qui arrive est à la fois une question très simple, et une question de vie ou de mort : révolution ou fascisme, socialisme ou barbarie, Stalingrad ou Auschwitz.

Voilà pourquoi la social-démocratie est non seulement à côté de la plaque, mais pousse carrément le peuple au désespoir, par son envergure ridicule, par son petit rationnalisme bourgeois et mesquin, par son projet réformiste qui ne répond absolument pas aux exigences de changement du peuple.

Voilà également pourquoi Hapoel a appris à se méfier de celles et ceux qui prétendent « tenir le terrain », et qui en réalité ne tiennent plus rien du tout à notre époque, et qui seront totalement désemparés quand la marche au fascisme s’accélérera brutalement en France.

Ceux-là sont les produits d’une époque passée, celle d’avant l’intensification de la crise capitaliste et de ses barbaries. Et définitivement, nous leur laissons leur vieille époque, pour nous concentrer sur un avenir où se jouera sans doute le sort de notre minorité nationale.

Quand un ou une prolétaire d’origine juive voit la nullité des sociaux-démocrates ou des institutionnels juifs sur le plan de l’antifascisme (typiquement l’UJFP d’une part, l’UEJF d’autre part), il ou elle s’enfuit en courant chez les sionistes, qui prétendent faussement à une certaine ambition, voire à une certaine radicalité (typiquement les fascistes, au fond très français, de la LDJ).

Mais les sionistes, eux, sont encore de pire réactionnaires, et forment un obstacle direct à l’union des masses populaires juives avec le reste du peuple – ce qui entretient évidemment leur fond de commerce, mais qui sera tout simplement impardonnable avec les temps qui arrivent.

D’où l’extrême nécessité, dans la minorité nationale juive, d’un pôle antifasciste, véritablement à l’écoute des masses juives, affirmant une identité et une culture populaires et révolutionnaires, sachant analyser l’antisémitisme, comprenant vers quoi les minorités juives d’Europe se dirigent, et comment le conjurer.

Un pôle antifasciste qui développe une ambition de changement radical pour le peuple, un projet révolutionnaire qui se résume pour nous à une question de survie à moyen terme.

Juif ! Juive !
Participe à la bataille pour l’unité populaire !
Achève la social-démocratie pour écraser le fascisme !
Rejoins l’Action Antifasciste !

« La jeunesse est le moteur du monde. »

Voici le clip de la chanson « Youth », un des tubes de Matisyahu, le chanteur reggae ‘habad new-yorkais.

Une chanson et un clip universalistes, qui appellent la jeunesse à se lever et à remettre le monde en mouvement.

Jeune, « make the right move », rejoins Hapoel, rejoins l’Action Antifasciste.

[Dans la suite, les paroles en anglais.]

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