Assassin d’animaux… et antisémite !
Ce lundi 5 octobre, un cadre de la tauromachie nîmoise est passé en procès pour « injure à caractère racial ». Il s’agit de Joe Gabourdès, médecin de son état, qui avait tenu des propos antisémites à l’encontre d’un autre dirigeant de la tauromachie nîmoise, Simon Casas.
Les faits remontent au 9 février 2009. À une radio publique locale, Joe Gabourdès avait en effet déclaré : « Compte tenu de ses origines, Monsieur Casas n’a pas de leçons à nous donner : il est juif. ».
Ces propos ont été rapportés à Simon Casas, qui a porté plainte, plainte qui est à l’origine du procès de lundi au tribunal de police de Nîmes. Le verdict est attendu pour le 19 octobre.
Bref, une affaire qui aurait pu être une énième embrouille entre notables bourgeois de province, pétris de racisme et tous deux assassins d’animaux… si seulement elle ne contenait pas une dimension antisémite indéniable !
Car que voulait dire Gabourdès en rappelant les (présumées) origines juives de Casas ?
C’est très simple : que ce dernier serait au fond un « apatride » étranger au « vrai peuple français », pas assez « enraciné » dans le « vrai terroir de nos régions »… et que par conséquent il n’aurait pas son mot à dire sur comment se faire le plus d’argent possible sur le massacre d’animaux innocents !
C’est-à-dire qu’au fond, son attaque antisémite est d’une affligeante banalité : quoi de plus classique que la conception raciste du « juif apatride » ?
Bien entendu, Gabourdès et son avocate ont plaidé la relaxe, tour à tour :
- en minimisant l’accusation d’antisémitisme (« Il faut replacer les mots dans leur contexte », « Je ne suis pas tout à fait d’accord sur les termes exacts », « Il n’y a pas eu d’injure. C’est peut-être une maladresse mais cela a surtout été mal interprété. ») ;
- en tentant toutes les contorsions possibles (au vu des origines de Simon Casas, celui-ci ne pouvait prétendument pas exiger la liste des responsables du « Printemps des Aficionados », puisque cela ressemblerait de loin à de la délation de juifs pendant la guerre…) ;
- en invoquant la soi-disant terreur de la désignation d’antisémitisme, comme s’il était pire d’être accusé d’antisémitisme que d’être « accusé » d’être juif (« Un procès épouvantable pour Jean Gabourdès. Il ne peut vous arriver quelque chose de pire que d’être désigné comme étant celui qui profère des insultes antisémites. »).
Pas très original, en somme… sauf que cette fois, le lien entre racisme et assassinat d’animaux ressort très nettement !
En effet, les deux tauromachistes qui s’opposent font des affaires dans le massacre « artisanal » d’animaux innocents, pour le « divertissement » d’un public assoiffé de sang : dans l’échelle de l’assassinat, la corrida est « évidemment » une goutte d’eau (ou de sang…) face aux abattoirs et et aux fermes-usines du capitalisme monopoliste.
Rien d’étonnant, donc, à ce que Gabourdès fasse dans l’antisémitisme « artisanal » du « juif apatride » – et pas dans l’antisémitisme « industriel » et exterminateur.
Mais ces deux aspects de l’assassinat des animaux, tout comme ces deux aspects de l’idéologie antisémite, ne sont absolument pas contradictoires : ils ne font que se prolonger l’un l’autre.
En effet, la cruauté de la corrida se retrouve dans l’insensibilité au meurtre des abattoirs, tout comme l’aspect invisible du « juif apatride » ne peut être résolu que dans l’extermination, afin d’ « extirper la race ».
De même, quand on comprend les points communs entre la corrida et l’industrie du meurtre, comment ne pas faire le parallèle avec ces matchs de boxes organisés par les nazis au sein d’Auschwitz entre boxeurs « aryens » et boxeurs juifs (dont Victor Young Perez), tandis que les chambres à gaz et fours crématoires génocidaient à plein régime à quelques kilomètres à peine ?
Notre époque impose donc la cruelle actualité de la question animale aux côtés de la lutte antifasciste, et à ce titre, l’ouvrage « Éternel Treblinka » de Charles Patterson devrait avoir été lu par chaque personne juive – et non juive.
Contre l’écocide, contre le génocide, rejoins l’Action Antifasciste !




