From Berlin to Paris…
Les dernières informations antinazies de Berlin, où la situation laisse craindre un avenir proche difficile. Les informations proviennent du Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste (PCMLM), qui parlait déjà de l’appel à la contre-manifestation antifasciste. Un bref compte-rendu également de la manifestation raciste anti-arabe et anti-pakistanaise à Manchester et de la riposte antifasciste.
Les nazis ont défilé à Berlin, échec antifa!
« Socialisme national maintenant! », « J’appelle!… Horst Wessel! Vengeance! » Voilà l’un des slogans que l’on a pu entendre dans les rues de Berlin (Horst Wessel est une figure nazie dont est parlé dans l’hymne de la SA, qui explique qu’il a été tué « par le front rouge et la réaction »). On trouvera quelques photos ici: 1, 2, 3, 4.
C’est une date noire pour l’antifascisme, dont les forces étaient même moins nombreuses que celles des fascistes! Ces derniers étaient presque 1.000, alors que les antifas étaient plutôt autour de 800, avec quelques larges formations tentant sans succès de faire des blocages du parcours, et d’autres harcelant avec parfois plus de succès (projectiles lancés sur les fascistes, une voiture a également été incendiée non loin de leur cortège…).
Les fascistes ont donc réussi leur coup, défilant à travers Berlin et ayant même gagné leur plainte et obtenu le droit d’utiliser le slogan « Ici marche la Résistance nationale! ». La police a toutefois interdit la tenue en uniformes (du type bomber rangers etc.) ainsi que la marche en cadence au rythme des tambours, tout comme les slogans du type « Nous sommes de retour! », et limité le nombre de drapeaux a également à un par groupe de 50 personnes.
Ce qui n’a pas empêché les fascistes de multiplier les appels à la violence, d’être masqué devant les policiers (chose illégale en Allemagne également), selon le mot d’ordre de la manifestation : « De la résistance nationale à l’offensive nationale. » Et suivant le même principe que leur manifestation spontanée la semaine précèdent à Berlin, où 350 fascistes avaient comme slogan « Bavardages gauchistes? 9 mm! 9mm! » (9mm étant le calibre de cartouches de pistolets).
Multipliant en effet les agressions, les fascistes voulaient montrer qu’ils avaient la capacité de passer un cap, de passer à l’offensive. De pousser encore plus loin le recul des antifascistes en Allemagne, accusés par les fascistes durant la manifestation d’être « les protecteurs du capital international. » Donc de manifester dans Berlin même, Berlin, bastion historique de l’extrême-gauche depuis les années 1960!
Symbole de cette catastrophe antifasciste, au même moment de la manif/contre-manif de Berlin avait lieu une manifestation antinationale à Leipzig de 1300 personnes, sous le mot d’ordre « Still not lovin’ Germany », c’est-à-dire dans la même optique que celle des « Anti-Deutsch » à Saarbrück dont nous avions parlé. Un boycott du soutien aux antifas à Berlin d’autant plus rageant qu’une grande manifestation fasciste est annoncée justement à Leipzig, samedi prochain!
Gâchis et désunion: les antifas sont ainsi diviséEs entre activistes ayant tendance au « coup de force » et mettant de côté toute ligne de masse (une tendance historique qui également celle des AFA anglaise, danoise, suédoise et tchèque), et intellectuels voyant les lacunes et les questions à poser, mais qui préfèrent abandonner l’antifascisme, et se ghettoïser au point de trouver finalement bien les autres pays impérialistes par comparaison avec l’Allemagne!
Le tout dans une ambiance nationaliste qu’on peut saisir avec cette anecdote : ce samedi après-midi avait lieu le match de football Russie-Allemagne, gagné par l’Allemagne 1 à 0. L’entraîneur de l’Allemagne Joachim Löw a alors expliqué: « J’ai senti avant le match que chaque joueur avait le gène de la victoire » (sic).
Les valeurs réactionnaires progressent, mais les antifas sont dépasséEs. L’échec antifasciste en Allemagne est quelque chose de très grave, même si la raison en est finalement simple. Elle tient à la dissolution de l’action antifasciste (1992-2001), regroupement antifasciste fondé dans les années 1990 autour de la proposition stratégique de l’antifascisme comme mode d’intervention fondé sur l’inéluctable crise du capitalisme, crise amenant la tendance à la guerre impérialiste, amenant le fascisme!
Car seul un large mouvement s’attaquant à ce qui produit le fascisme peut amener l’unité du peuple et la victoire antifasciste!




