Marcel Rayman, combattant des FTP-MOI

Le saviez-vous ?

Marcel Rayman (ou Rajman) naît à Varsovie le 1er mai 1923. Il arrive en France à l’âge de 8 ans, et rentre un peu plus tard dans les organisations communistes yiddish de masse (les Pionniers pour les enfants, la YASK pour le sport). Il obtient son brevet à 15 ans, et va alors travailler dans le textile.

Lorsque la guerre éclate, les organisations communistes sont interdites. Mais dès que la Jeunesse Communiste est réorganisée, Marcel Rayman s’y engage, jusqu’au début 1942. Il est alors responsable à 18 ans de la J.C. clandestine dans le 11ème arrondissement de Paris.

C’est au début de 1942 qu’il prend contact avec les FTP-MOI, et demande à entrer dans un détachement juif. Il y fait très rapidement ses preuves, notamment par sa vivacité et son audace. Rayman devient alors connu sous plusieurs blazes, comme Simon Maujean, Michel Mieczlav ou bien Faculté (c’est ce nom qui figure dans les rapports de la police française).

Marcel Rayman servira à 19 ans comme formateur militaire, et aidera ainsi à la formation des détachement tchèque et arménien de la MOI. Par exemple, c’est sous sa direction que Manouchian mènera sa première attaque.

Rayman enchaînera alors les actions de lutte armée, au point de devenir l’un des membres les plus expérimentés des FTP-MOI, et de former « l’équipe spéciale » avec les combattants Celestino Alfonso et Léo Kneler. Il est également responsable du groupe d’action « Stalingrad ».

Parmi les attaques de guérilla auxquelles Rayman participe, on peut citer le « grenadage » d’un car de la marine de guerre nazie, le 3 juin 1942 dans le 16ème, ou encore l’attaque – manquée – contre un général nazi responsable des exécutions des résistants en France.

Ces attaques font de Marcel Rayman un combattant activement recherché par les Brigades Spéciales des RG, qui le repèrent en août 1943.

Mais l’action armée qui a connu le plus de retentissement est assurément la liquidation de l’officier SS Julius Ritter, responsable du Service du Travail Obligatoire, et qui envoyait donc des dizaines de milliers de prolétaires de France servir d’esclaves en Allemagne.

Le 28 septembre 1943 vers 8h30 du matin, après 4 mois de filature par les femmes de l’équipe de renseignement de la MOI, un officier SS monte dans sa Mercedes, rue Pétrarque dans le 16ème.

Celestino Alfonso, qui remonte la rue, passe derrière le nazi et tire plusieurs balles, qui sont amorties par la vitre de la voiture. Le nazi tente de s’échapper par la portière opposée, et c’est alors que Marcel Rayman l’exécute de trois coups de feu.

Cette attaque connaîtra un immense retentissement parmi les masses, notamment « grâce » à l’insistance des autorités à dénoncer cet « acte abominable » et à organiser des obsèques officielles, et sèmera la panique jusqu’à Berlin. La MOI apprendra par la presse l’identité du nazi liquidé.

C’est alors que la police française décide d’arrêter ce qu’il reste des combattants des FTP-MOI, et mène un grand coup de filet le 16 novembre 1943. Marcel Rayman sera pris en filature et arrêté ce même 16 novembre, à un rendez-vous avec la résistante Olga Bancic.

Le groupe des 23 combattants du groupe Manouchian sera jugé en février 1944, et tous seront exécutés le 21 février 1944 au fort du Mont Valérien (à part Olga Bancic, décapitée plus tard en Allemagne).

À seulement 20 ans, Marcel Rayman fait donc partie des martyrs communistes qui apparaîtront sur la sinistrement célèbre « Affiche Rouge », avec la mention « Rayman, juif polonais, 13 attentats ».

Sa mère sera gazée à Birkenau, tandis que son petit frère sera déporté à Buchenwald.

Bien plus tard, le nom de Marcel Rayman sera repris par l’organisation révolutionnaire Action Directe.

En effet, en août 1982, plusieurs attaques d’Action Directe ont pour cibles les intérêts sionistes à Paris, alors que fait rage la guerre au Liban. On peut ainsi noter un attentat contre la voiture d’un responsable de l’ambassade, ou encore une attaque contre Citrus Marketing Board of Israel.

Ces actions de lutte armée seront revendiquées par l’Unité Combattante Marcel Rayman, qui regroupait des membres d’Action Directe d’origine juive.

Honneur à Marcel Rayman !