Shavua Tov – שבוע טוב


Entrée vendredi à 17h16, sortie samedi à 18h21.
Demain, samedi 31 octobre, se tient à la sinistre librairie « Résistances » une conférence d’Isabel Pisano.
Cette conférence consiste en une présentation de son nouveau livre, « Yasser Arafat, intime. La passion de la Palestine », qui sort pour le 5ème anniversaire de la mort d’Arafat le 11 novembre 2004 (mort provoquée par empoisonnement d’après Isabel Pisano).
Ce livre est publié aux Éditions Demi-Lune, qui semblent vouer tout leur argent et toute leur énergie à réfuter les attentats du 11 septembre 2001…
Notons que la même conférence aura lieu ce soir, à la librairie « La lucarne des écrivains » dans le 19ème, avec comme traductrice… la négationniste Maria Poumier !
Qui est cette Isabel Pisano, invitée de la librairie « Résistances » ?
Isabel Pisano est une journaliste uruguayenne, qui a couvert les guerres de Palestine, Liban, Tchad, Irak, Bosnie et Somalie. Elle a été récompensée par le ministère de la culture de l’État espagnol, et élue en 2002 comme « meilleure journaliste de l’année » par ses pairs.
Mais il faut également savoir qu’Isabel Pisano a été la compagne pendant 12 ans de Yasser Arafat, ce qui doit être largement abordé dans son livre.
Quoi qu’il en soit, Isabel Pisano doit être considérée comme proche des négationnistes – si elle ne l’est pas elle-même…
En effet, elle a été invitée en mai dernier par l’association « Entre la Plume et l’Enclume » au Théâtre de la Main d’Or, le théâtre privé de l’antisémite Dieudonné.
Cette association « Entre la Plume et l’Enclume » a été créée par les négationnistes Ginette Skandrani et Maria Poumier (qu’on retrouve à la conférence de ce soir dans le 19ème), initialement pour soutenir l’antisémite Israel Shamir. Son but proclamé est de combattre la « censure sioniste », incarnée par la loi Gayssot et par « le lobby ». Lisez leur présentation (en bas de la page d’accueil), c’est éloquent…
Rappelons que Skandrani et Poumier étaient sur la liste fasciste Dieudonné – Soral – Gouasmi aux européennes, et que cette liste était alors justement en pleine campagne antisémite en mai dernier, quand Isabel Pisano a été invitée chez Dieudonné. Et comme par hasard, Skandrani et Poumier font justement de la publicité pour le livre de Pisano.
Comme le monde est petit, n’est-ce pas…
Et qu’a fait Isabel Pisano dans ce repaire de négationnistes ? Rien de moins qu’un « vibrant hommage » au négationniste Roger Garaudy !
Son discours consistait tout simplement en un ramassis de lieux communs antisémites et pro-négationnistes, allant parfois jusqu’au délire. En cliquant sur « Lire la suite » en bas de notre article, on trouve des extraits de ce discours d’Isabel Pisano : c’est toujours à la limite de l’explicite, mais pour toute personne antifasciste, c’est très clairement antisémite et négationniste.
Et c’est cette antisémite d’Isabel Pisano qui se retrouve chez la librairie « Résistances », dont nous avons déjà largement parlé.
Le fascisme est un mouvement, avec ses mutations, ses contradictions et ses synthèses – et clairement la librairie de la CAPJPO-Europalestine ne s’en démarque pas.
Disons-le nettement : les personnes qui prétendent encore qu’Europalestine n’est pas antisémite sont non seulement aveugles, mais aussi complices du fascisme en France. Quant aux antisémites, ils savent très bien qu’ils y sont chez eux…
Nous avons parlé ce mardi des chiffres de l’antisémitisme au premier semestre 2009, qui s’avèrent alarmants par rapport à toute l’année 2008. Voici quelques actualités de l’antisémitisme en France et en Europe.
1) Mardi 27 octobre, le fasciste Dieudonné a finalement été condamné pour injure publique, à l’issue d’un procès (dont nous avons abondamment parlé ici) pour le « sketch » de Faurisson et Dieudonné au Zénith de Paris en décembre dernier.
Dieudonné a été condamné à une amende de 10000 €, ainsi qu’à rembourser les frais de justice de la LICRA, mais n’a pas eu de peine de prison. Quant au négationniste Faurisson, il n’a pas reçu de condamnation, ce dont son avocat John Bastardi-Daumont se réjouit sur son blog.
En URSS sous Staline, le sort de ces deux antisémites aurait été réglé depuis longtemps.
2) À Perpignan, une synagogue a été attaquée à St-Matthieu. Dans la nuit de shabbat dernier, un départ de feu a noirci la porte de la synagogue ainsi qu’une Magen David à l’entrée. Peu de dégâts au final, mais un acte antisémite en plein shabbat, qui aurait pu tourner en incendie.
3) À Strasbourg, des tracts antisémites ont récemment été diffusés dans des boîtes-aux-lettres. Il s’agit d’un texte de l’antisémite forcené Hervé Ryssen, intitulé « Ce que veulent les Juifs ».
Ce tract a déjà été diffusé à plusieurs endroits en France depuis quelque temps (Rennes, Lannion, Arras, Strasbourg, etc.). Nous en avions déjà parlé là de manière un peu plus détaillée.
4) Dans le Tarn, plusieurs lycées (à Gaillac, Castres, Mazamet, Albi, etc.) ont reçu un courrier de la part d’une eurodéputée italienne, avec l’en-tête du Conseil de l’Europe, de la Commission européenne de la Santé et de l’Éducation nationale.
Ces courriers contenaient un CD négationniste, prétendant expliquer la pandémie de grippe porcine, ainsi qu’une maladie « aussi contagieuse que le virus H1N1 », la « Fauridel-Zunsson » – pour les négationnistes Faurisson et Zündel.
5) L’évêque négationniste Williamson a été condamné à une amende par un tribunal de Bavière en Allemagne, qui avait nié l’ampleur de la Shoah en début d’année. Cette amende est proportionnelle à son revenu, dans la limite de 12000 €. Williamson n’était évidemment pas présent, et ne va d’ailleurs sans doute rien payer.
Le saviez-vous ?
Marcel Rayman (ou Rajman) naît à Varsovie le 1er mai 1923. Il arrive en France à l’âge de 8 ans, et rentre un peu plus tard dans les organisations communistes yiddish de masse (les Pionniers pour les enfants, la YASK pour le sport). Il obtient son brevet à 15 ans, et va alors travailler dans le textile.
Lorsque la guerre éclate, les organisations communistes sont interdites. Mais dès que la Jeunesse Communiste est réorganisée, Marcel Rayman s’y engage, jusqu’au début 1942. Il est alors responsable à 18 ans de la J.C. clandestine dans le 11ème arrondissement de Paris.
C’est au début de 1942 qu’il prend contact avec les FTP-MOI, et demande à entrer dans un détachement juif. Il y fait très rapidement ses preuves, notamment par sa vivacité et son audace. Rayman devient alors connu sous plusieurs blazes, comme Simon Maujean, Michel Mieczlav ou bien Faculté (c’est ce nom qui figure dans les rapports de la police française).
Marcel Rayman servira à 19 ans comme formateur militaire, et aidera ainsi à la formation des détachement tchèque et arménien de la MOI. Par exemple, c’est sous sa direction que Manouchian mènera sa première attaque.
Rayman enchaînera alors les actions de lutte armée, au point de devenir l’un des membres les plus expérimentés des FTP-MOI, et de former « l’équipe spéciale » avec les combattants Celestino Alfonso et Léo Kneler. Il est également responsable du groupe d’action « Stalingrad ».
Parmi les attaques de guérilla auxquelles Rayman participe, on peut citer le « grenadage » d’un car de la marine de guerre nazie, le 3 juin 1942 dans le 16ème, ou encore l’attaque – manquée – contre un général nazi responsable des exécutions des résistants en France.
Ces attaques font de Marcel Rayman un combattant activement recherché par les Brigades Spéciales des RG, qui le repèrent en août 1943.
Mais l’action armée qui a connu le plus de retentissement est assurément la liquidation de l’officier SS Julius Ritter, responsable du Service du Travail Obligatoire, et qui envoyait donc des dizaines de milliers de prolétaires de France servir d’esclaves en Allemagne.
Le 28 septembre 1943 vers 8h30 du matin, après 4 mois de filature par les femmes de l’équipe de renseignement de la MOI, un officier SS monte dans sa Mercedes, rue Pétrarque dans le 16ème.
Celestino Alfonso, qui remonte la rue, passe derrière le nazi et tire plusieurs balles, qui sont amorties par la vitre de la voiture. Le nazi tente de s’échapper par la portière opposée, et c’est alors que Marcel Rayman l’exécute de trois coups de feu.
Cette attaque connaîtra un immense retentissement parmi les masses, notamment « grâce » à l’insistance des autorités à dénoncer cet « acte abominable » et à organiser des obsèques officielles, et sèmera la panique jusqu’à Berlin. La MOI apprendra par la presse l’identité du nazi liquidé.
C’est alors que la police française décide d’arrêter ce qu’il reste des combattants des FTP-MOI, et mène un grand coup de filet le 16 novembre 1943. Marcel Rayman sera pris en filature et arrêté ce même 16 novembre, à un rendez-vous avec la résistante Olga Bancic.
Le groupe des 23 combattants du groupe Manouchian sera jugé en février 1944, et tous seront exécutés le 21 février 1944 au fort du Mont Valérien (à part Olga Bancic, décapitée plus tard en Allemagne).
À seulement 20 ans, Marcel Rayman fait donc partie des martyrs communistes qui apparaîtront sur la sinistrement célèbre « Affiche Rouge », avec la mention « Rayman, juif polonais, 13 attentats ».
Sa mère sera gazée à Birkenau, tandis que son petit frère sera déporté à Buchenwald.
Bien plus tard, le nom de Marcel Rayman sera repris par l’organisation révolutionnaire Action Directe.
En effet, en août 1982, plusieurs attaques d’Action Directe ont pour cibles les intérêts sionistes à Paris, alors que fait rage la guerre au Liban. On peut ainsi noter un attentat contre la voiture d’un responsable de l’ambassade, ou encore une attaque contre Citrus Marketing Board of Israel.
Ces actions de lutte armée seront revendiquées par l’Unité Combattante Marcel Rayman, qui regroupait des membres d’Action Directe d’origine juive.
Honneur à Marcel Rayman !
Les « chiffres de l’antisémitisme » du premier semestre 2009 sont tombés il y a quelques jours – et ils sont alarmants.
Ainsi, entre janvier et juin 2009, il y a eu en France 631 actes antisémites, avec un pic de 360 pour le seul mois de janvier. Des chiffres à comparer aux 474 actes antisémites recensés pour toute l’année 2008.
Ces « actes antisémites » recouvrent deux catégories distinctes : les violences antisémites (attaques contre les personnes ou contre les biens), et les injures et menaces antisémites.
Concernant les violences antisémites, 113 ont été enregistrées au premier semestre, dont 52 en janvier. Quant aux menaces et insultes antisémites, 518 ont été recensées, dont 308 en janvier.
L’inquiétude est donc plus que justifiée. Et cela même si l’on se laisse aller à l’opinion hypocrite, répandue en France, selon laquelle les actes de janvier seraient liés aux massacres de Ghaza, et ne seraient donc pas « vraiment antisémites » (ah ? parce que ce n’est pas raciste d’assimiler les personnes juives de France à l’État sioniste ?).
En effet, en faisant abstraction de janvier, alors ce sont 271 actes antisémites qui se sont produits, ce qui représente une hausse de 42 % par rapport à la même période en 2008, c’est-à-dire de février à juin.
Évidemment, les chiffres du ministère de l’intérieur et du SPCJ (service de protection lié au Crif et au Consistoire) sont ce qu’ils sont, à savoir un recensement statistique par l’État bourgeois.
D’une part les chiffres sont donc certainement sous-évalués, puisque toutes les menaces et injures ne sont pas recensées, que ce soit par peur ou par résignation de la part des victimes.
Et d’autre part, ils servent à rendre abstrait et statistique l’antisémitisme quotidien, car la bourgeoisie ne peut pas – et au fond ne veut pas – combattre le racisme, produit du capitalisme.
Ainsi, l’antisémitisme est en pleine explosion en France, et est également plus violent.
Mais pendant ce temps, certains grands bourgeois d’origine juive, comme Jacques Attali, arrivent à en parler comme d’un « problème qui n’existe pas »… en se protégeant derrière les chiffres !
Et prends conscience que sans Stalingrad, nous ne serions sans doute pas là…

« Qui est jamais monté au ciel puis en est redescendu ?
Qui donc a recueilli le vent dans ses mains à poignées ?
Qui a enveloppé les eaux dans son manteau ?
Qui a fixé les limites de la terre ?
Quel est son nom et quel est le nom de son fils ?
Dis-le, si tu le sais ! »Proverbes du roi Salomon, 30.
« Les masses sont la lumière même du monde…
Elles sont la fibre, la palpitation inépuisable de l’histoire…
Quand elles parlent tout tremble, l’ordre chancelle,
Les cimes les plus hautes s’abaissent, les étoiles prennent une autre direction,
Parce que les masses font et peuvent tout. »Parti Communiste du Pérou, « La ligne de masses ».
Que les choses soient claires : il n’y aura pas de révolution en France sans les masses juives et arabes, qui sont les témoins du principe révolutionnaire de « servir le peuple ».
Juif ! Juive !
Participe à la bataille pour l’unité populaire !
Rejoins l’Action Antifasciste !

Entrée vendredi à 18h27, sortie samedi à 19h32.
Fascisme et appareil d’État (le psychodrame français du « nouveau fascisme », du totalitarisme larvé)
En France, une juste compréhension de l’antifascisme se heurte à un problème majeur : l’expérience pétainiste.
En Italie et en Allemagne, les antifascistes savent très bien que le fascisme signifie un bouleversement de l’appareil d’État. Bon nombre de démocrates bourgeois ont du subir avec le fascisme le même sort que les communistes.
En France, cette réalité est incomprise, et on s’imagine que le fascisme vient de l’intérieur de l’appareil d’État lui-même, tout comme Pétain et les collabos. Le fascisme s’imposerait sans trop de soucis dans la démocratie bourgeoise, « comme une lettre à la poste », il serait une « gangrène » contaminant sans contradictions l’État et la société, une sorte de penchant naturel de la démocratie bourgeoise, bref : une sorte de putsch tout en douceur.
Lorsque Le Pen est arrivé au second tour, bon nombre de gens ont vraiment pensé qu’il y avait un risque fasciste, tout comme la conception délirante d’un « Sarko facho » a largement eu du succès dans la petite-bourgeoisie. Sans parler de mai 1968 où les étudiants scandaient « CRS SS », ce qui sans préjuger de la brutalité barbare des CRS, était un slogan totalement décalé.
Dans la même idée, il est courant en France de penser que Hitler a été « élu démocratiquement », sans aucune juste compréhension du terrorisme nazi, de la terreur des SA, des trucages, manipulations, meurtres, etc.
Toute cette compréhension erronée s’est trouvée justement synthétisée en 1972 dans cette citation classique du genre :
« Le fascisme est dans l’État, c’est même là qu’il se trouve le mieux et M. Marcellin ne prendra pas d’assaut son propre bureau. Le fascisme d’aujourd’hui ne signifie plus la prise du Ministère de l’Intérieur par des groupes d’extrême droite mais la prise de la France par le Ministère de l’Intérieur. »
(André Glucksmann, Nouveau fascisme, nouvelle démocratie)On peut remplacer Marcellin – Ministre de l’Intérieur de juin 1968 à 1974 et surnommé « Raymond la matraque » -, par Pasqua ou Sarkozy, et la thèse du fascisme moderne est remis au goût du jour !
On a périodiquement le même discours, il suffit juste de changer les noms. Et il est facile de voir que c’est une lubie de « l’extrême-gauche » dans sa version caricaturale, petite-bourgeoise.
Ainsi lorsque Charles Pasqua est redevenu Ministre de l’Intérieur en 1993, après l’avoir été entre 1986 et 1988, une manifestation parisienne avait été égayée d’un cortège de gens cagoulés mettant en avant le sigle du SCALP (Section Carrément Anti-Le Pen), organisation alors déjà quasi défunte après son apogée autour de 1989, et une banderole avec écrit dessus « Guérilla urbaine ».
Mais il n’y a pas eu de guérilla urbaine, ni d’ailleurs de Pasqua fasciste. Car il va de soi que ni Marcellin, ni Pasqua, ni Sarkozy n’ont été des fascistes : ils étaient tout simplement des ministres de l’Intérieur de la démocratie bourgeoise. Cela est bien suffisant pour qu’ils aient un caractère réactionnaire !
Mais il n’y a pas eu, comme phénomène de masse et permanent, d’arrestations arbitraires et d’emprisonnement pendant des années, de lois d’exception, d’enlèvements et d’exécutions sommaires, de tortures et de massacres, etc. Il n’y a pas eu le fascisme.
Ce qui n’empêche pas certains de se voiler la face, afin de pouvoir fantasmer et vivre la véritable passion française : le psychodrame. Voyant cela, ils disent qu’il ne peut justement plus y avoir le fascisme tel qu’il a existé (pourquoi ? mystère !) et que nous vivons donc dans un fascisme moderne, un nouveau fascisme, une démocratie bourgeoise de contre-révolution préventive, etc.
Allons donc ! Tout ce discours ne vise qu’à « excuser » les erreurs et justifier ses faiblesses, ses échecs, ses défauts, pour ne pas avoir à faire d’autocritique !
La démocratie bourgeoise est la démocratie bourgeoise. Elle est une dictature de classe, parsemée de contradictions, selon le rapport de force entre les classes.
Prenons par exemple les droits des gays et des lesbiennes : ces droits sont plus nombreux qu’il y a 20 ans. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Une bonne chose, bien sûr, obtenue grâce à la pression des masses.
Mais que doivent penser ceux qui pensent qu’on vit dans le « fascisme moderne », dans « un monde de mort » ? Ils n’ont d’autres choix que l’homophobie, ou bien la remise en cause de leur interprétation unilatérale.
Est-ce à dire que le fascisme, le vrai, n’existera plus ? Absolument pas : le capitalisme se développe inévitablement en impérialisme, et l’impérialisme amène la guerre et le fascisme.
Si le fascisme est faible, c’est parce que le capitalisme a relancé un cycle d’accumulation en 1945 (mais également en 1989 avec l’effondrement du bloc de l’Est).
En raison de ce cycle, certains ont fantasmé comme quoi le capitalisme ne connaissait plus de crise. Rien que dans les années 1990, cette thèse était encore unanime en France, à part dans quelques très rares cercles MLM ou bien de marxistes sérieux.
Voilà pourquoi les communistes n’accordent pas leur attention centrale sur des bourgeois traditionnels comme Sarkozy (qui est le digne représentant des gens friqués de Neuilly Auteuil Passy), mais sur les monopolistes.
Car demain les monopolistes voudront façonner la société à leur image, et c’est là que tout se jouera. Sarkozy n’est lui qu’un bourgeois défendant la société capitaliste s’imaginant éternelle. Demain, ce seront les bouchers que la fraction impérialiste poussera au pouvoir, les fascistes, les assassins !
Nier cette thèse, c’est s’imaginer que nous vivons déjà le fascisme, c’est croire que les monopoles contrôlent déjà quasiment toute l’économie, quasiment toute la société. C’est faire de la science-fiction et les films traitant d’un tel sujet ne manquent pas (Alien, Total Recall, Starship Troopers, THX 1138, etc. etc.).
Chaque jour au contraire on peut voir comment justement il y a des fusions-acquisitions, toujours plus grandes et nombreuses, comment la crise générale du capitalisme s’approfondit. Et comment parallèlement les groupes fascistes commencent à pulluler, à avoir plus d’impact, plus de gens dans leurs rangs.
Les pays capitalistes vont vers le fascisme, et pour comprendre pleinement cela, il faut saisir la portée essentielle de la thèse communiste sur le fascisme :
« L’arrivée du fascisme au pouvoir, ce n’est pas la substitution ordinaire d’un gouvernement bourgeois à un autre, mais le remplacement d’une forme étatique de la domination de classe de la bourgeoise – la démocratie bourgeoise – par une autre forme de cette domination, la dictature terroriste déclarée. »
(Georges Dimitrov, L’offensive du fascisme et les tâches de l’Internationale Communiste dans la lutte pour l’unité de la classe ouvrière dans la lutte contre le fascisme)

[Défilé de l'Antifaschistiche Aktion en Allemagne au début des années 1930, avec en tête le dirigeant communiste Ernst Thälmann.]
Aujourd’hui sort un film de Simone Bitton, du nom de « Rachel ».
Simon Bitton est une cinéaste d’origine juive marocaine, qui a vécu au Maroc, en Israel et en France. Elle a déjà réalisé plusieurs films sur la Palestine, dont un documentaire sur son ami Mahmoud Darwish, ou le long-métrage « Mur » sur le mur de séparation édifié par l’État israelien.
Son dernier film, « Rachel », porte sur l’assassinat par l’armée sioniste d’une activiste américaine, Rachel Corrie.
Née en 1979 à Olympia, WA, Rachel Corrie est partie en janvier 2003 avec l’International Solidarity Movement (ISM), dans une mission de protection du peuple palestinien afin d’empêcher les nombreuses destructions de maison dans la bande de Ghaza.
Le 16 mars 2003, Rachel Corrie et ses camarades de l’ISM essaient d’arrêter – pacifiquement – la démolition de la maison d’un pharmacien à Rafah. Le bulldozer de Tzahal ne s’arrêtera pas, assassinant Rachel.
Rachel Corrie a donc rejoint les femmes internationalistes martyres, aux côtés notamment d’Andrea « Ronahî » Wolf (révolutionnaire communiste d’Allemagne tombée au Kurdistan) ou de Barbara « Kinem » Kistler (révolutionnaire maoïste de Suisse tombée en Turquie).
C’est pourquoi nous célébrons sa mémoire d’internationaliste, malgré sa revendication de non-violence qui ne correspond pas aux exigences de libération du peuple palestinien. En ce sens, nous invitons à aller voir le film-hommage de Simone Bitton (et à nous envoyer les critiques, bien entendu !).
Le site-mémorial de Rachel Corrie est par ici, tandis que le site de Simone Bitton est par là.
Hapoel s’est fondé sur un constat simple : notre époque est celle de la crise générale du capitalisme.
Ainsi la crise capitaliste fait rage, ceux qui ont un travail souffrent, ceux qui n’en ont pas survivent difficilement, les femmes subissent une violence quotidienne, le racisme se répand et se revendique, les animaux sont exterminés et la planète est saccagée, la guerre règne sans discontinuer depuis 1945.
Ainsi l’antisémitisme s’affirme de manière de plus en plus décomplexée avec un caractère de plus en plus génocidaire : le capitalisme pourrit sur pied, la petite-bourgeoisie s’effondre, l’antisémitisme explose.
Et que voit-on ? Quelles sont les voies proposées à la minorité nationale juive ?
Les sionistes poussent au repli raciste et veulent imposer la fuite vers un ailleurs fantasmé. Les religieux croient se préserver de la politique et écartent les femmes. Les institutions juives enseignent la soumission à la bourgeoisie française et prônent la confiance en son État. Quant aux intellectuels juifs « de gauche », ils nient jusqu’à l’existence de l’antisémitisme.
Bref : l’arbre préfère le calme.
L’arbre préfère le calme, mais le vent continue de souffler !
Car la crise du capitalisme, et ce qu’elle charrie comme barbaries, constituent une tendance inéluctable. Et plus le capitalisme s’enfonce dans sa crise, plus il est féroce dans sa quête de profit : c’est la marche au fascisme et à la guerre impérialiste.
Il est donc temps d’assimiler l’enseignement de Mao Zedong : « Ou bien la révolution conjurera la guerre, ou bien c’est la guerre qui déclenchera la révolution. »
Sauf que pour les juifs, pour les juives, pour les minorités nationales, pas besoin de dessin pour comprendre ce que signifierait la guerre impérialiste…
Reste donc la révolution, reste donc le drapeau rouge.
L’alternative pour la minorité juive se pose ainsi en ces termes : socialisme ou barbarie.
Stalingrad ou Auschwitz.
Et l’existence même d’Hapoel relève d’une course contre la montre, car chaque jour qui passe sous le capitalisme est un jour qui nous rapproche d’Auschwitz.
Certains se moquent, demandent où sont aujourd’hui les parades nazies.
C’est là qu’on voit qui est né avec Auschwitz et Stalingrad gravés dans les tripes, et qui a vendu sa rage de vivre aux dominants et aux racistes.
Car quand la bourgeoisie basculera entièrement derrière la dictature des monopoles, quand la marche au fascisme et à la guerre s’accélerera, il sera déjà trop tard pour construire le rempart antifasciste des masses.
Et il sera déjà trop tard pour nos familles…
En ce sens, Hapoel est peut-être une proposition encore trop en avance, afin d’espérer conjurer Auschwitz. En avance oui, mais pas éternellement…
Voilà pourquoi Hapoel affirme comme unique perspective pour les masses populaires juives : s’organiser pour vaincre, vaincre pour vivre !
Juif ! Juive ! Rejoins l’Action Antifasciste !
Car si ce n’est toi, qui ? Si ce n’est maintenant, quand ?
Et si ce n’est Stalingrad, quoi ?
Cela se passe à Tarbes dans les Hautes-Pyrénées (65) : dans la nuit de mercredi à jeudi derniers, une personne recouvre la mosquée de Tarbes de tags racistes. Rien que cela est une tentative de semer la haine et de diviser, et est donc déjà une offense contre le peuple.
Mais quand on sait ce qui a été inscrit sur les murs de la mosquée marocaine, on comprend mieux la portée fasciste de cet acte raciste.
En effet, on a retrouvé au petit matin des tags « classiquement » anti-arabes, mêlés à des symboles juifs. Ici un tag « Les ratons de mort (sic) et la sale race dehors », là une Magen David avec la mention « Iraël » (re-sic). Et pour celles et ceux qui n’auraient pas compris : une Magen David avec l’inscription « Les ratons dehors ».
Voilà un acte raciste qui pue la manipulation, un acte qui est heureusement trop énorme pour tromper quiconque.
Évidemment, personne n’est dupe, et un religieux musulman a ainsi dit dès le début : « C’est peut-être l’acte d’une personne qui a bu et n’a rien à faire d’autres, ou d’un raciste qui chercherait à monter la communauté musulmane contre la communauté juive ? »
Quant à l’Association Cultuelle Israélite de Tarbes et des Hautes-Pyrénées, elle « déplore et condamne ces actes avec la plus grande fermeté. Tous les lieux de culte doivent être respectés, quelle que soit la religion. ».
Personne ne tombe dans le panneau, certes, mais il n’y a pas lieu de se réjouir. Car depuis l’implantation de la mosquée marocaine de Tarbes en 1993, celle-ci n’avait jamais dû faire face à ce genre d’agissements.
Et là, en 2009, un premier acte raciste, et pas n’importe lequel : une tentative fasciste de monter une partie des masses contre une autre (en l’occurrence la petite communauté de Tarbes).
Toute tentative de division raciste est directement un crime contre le peuple – et rien ne sera pardonné.

Entrée vendredi à 18h42, sortie samedi à 19h45.
Le soir du 17 octobre 1961, plusieurs manifestations ont lieu à Paris et en banlieue, organisées par le Front de Libération Nationale (FLN) d’Algérie.
En effet, les quelques mois précédents avaient vu une intensification de la guerre entre le FLN et l’État français sur le sol de la « métropole », et donc de la « sale guerre » de la police et de ses supplétifs contre les travailleurs immigrés d’Afrique du Nord.
C’est dans ce contexte que la préfecture de police de Paris impose un couvre-feu le 5 octobre 1961, sous ces termes : « Il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs algériens de s’abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement entre 20h30 et 5h30 du matin. »
La préfecture de police de Paris ? Oui, celle tenue par Maurice Papon depuis 1958… Ce même Maurice Papon qui avait été secrétaire général de la préfecture de Gironde sous Vichy, qui a été l’un des responsables des 11 convois de 1600 personnes juives partis de Bordeaux entre juillet 1942 et juin 1944 – direction Auschwitz.
Le 3 octobre, aux obsèques d’un policier attaqué par le FLN, Papon avait déjà déclaré : « Pour un coup donné, nous en porterons dix. ». Dans la même journée, il avait fait une tournée des commissariats, en autorisant informellement les policiers et leurs supplétifs à tirer contre tout « Français musulman d’Algérie », en promettant que la préfecture de police les couvrirait.
La terreur coloniale et raciste prend donc une dimension militaire sur le sol français, et c’est à cela que l’organisation émigrée du FLN réagit en appelant (au dernier moment, pour des raisons de sécurité) à manifester le 17 octobre 1961 au soir, afin de braver le couvre-feu.
Plusieurs rassemblements ont lieu à Paris ou en proche banlieue, suivant la provenance géographique des 30000 manifestantEs. La consigne du FLN est très stricte : aucune arme le 17 octobre, et tenue vestimentaire « digne ». Il est également prévu de prolonger la journée d’action par une grève des commerces tenus par des Algériens, ainsi que des manifestations de femmes contre la répression (prévisible).
Seulement voilà, cette répression de l’État français s’avère être d’une férocité sans nom, et tourne rapidement au massacre.
Les affrontements avec la police atteignent un rare niveau de violence, principalement au Pont de Neuilly (où était bloqué le cortège venant de Nanterre, Colombes, Bezons, etc.) et au Pont Saint-Michel. La police tire, tabasse, rafle, et précipite les Algériens dans la Seine.
Les rafles continuent sur plusieurs jours, et remplissent le stade Coubertin ainsi que la cour de la préfecture de police à Saint-Michel. La torture y fait rage pendant plusieurs jours (sous les yeux de Papon), les corps étant rejetés à la Seine toute proche, et plusieurs véritables charniers prennent place dans les rues de Paris.
Certains historiens estiment le nombre de travailleurs algériens assassinés à environ 300 sur ces quelques jours de répression coloniale et de terreur raciste. Beaucoup de personnes détenues seront « reconduites » en Algérie.
Entre Vichy et le régime gaulliste, il existe ainsi sous certains aspects une véritable continuité de l’État français, qui est incarnée par Maurice Papon, l’assassin des Juifs et des Algériens.
C’est à ce titre qu’il est important pour nous de commémorer le 17 octobre 1961, et de rendre hommage aux martyrs de la libération nationale algérienne – arabes, kabyles, juifs.
[Pour simple information, un rassemblement de commémoration aura lieu demain samedi, à 17h à la place Saint-Michel, « là où tant de victimes furent jetées à la Seine il y a 48 ans ».]

[Photo prise au Père-Lachaise à Paris, devant le mémorial des FTP-MOI.]
Suite à la sortie du film « L’Armée du Crime » sur le groupe Manouchian, il serait bon de rappeler quelques notions sur l’organisation et les structures des FTP-MOI, et de réaffirmer que ceux-ci n’étaient absolument pas des idéalistes ni des boy-scouts.
Le saviez-vous ?
La Main-d’Œuvre Étrangère (MOE) est crée en 1924. Dans les années 1930, elle changera de nom, pour s’appeler Main-d’Œuvre Immigrée (MOI, prononcer « moï »). Elle est initialement une organisation syndicale, regroupant les travailleurs immigrés de la Confédération générale du travail unitaire (CGT-U, communiste).
La MOI développe alors l’entraide ouvrière, et des activités sportives ou culturelles. Chaque structure conserve des spécificités nationales ou linguistiques. Il y a par exemple des sections nationales italienne, roumaine, arménienne, ou encore une section rassemblant les personnes parlant principalement yiddish. La MOI accueille aussi les communistes réfugiés d’Italie, Espagne, Allemagne, etc.
Sur le plan organisationnel, la MOI dépend à l’époque directement de l’Internationale syndicale rouge (ISR ou Profintern), qui est proche de l’Internationale Communiste (IC ou Komintern) de 1921 à 1937.
En septembre 1939, le PCF, la CGT-U et la MOI sont interdits par l’État français. La MOI doit donc subir une réorganisation pour en refaire un organisme militant dans la situation nouvelle de l’Occupation. Ce sont Louis Gronowski et Simon Cukier qui se chargent de diriger la réorganisation.
Celle-ci est effective dès 1941. La MOI mène alors des actions de propagande et d’organisation en direction des différentes populations de travailleurs étrangers. Elle tente ainsi d’inciter la minorité juive (essentiellement les immigréEs) à l’autodéfense face aux rafles.
Fin 1941, les FTP-MOI (Francs-Tireurs et Partisans – Main-d’Œuvre Immigrée) sont créés, en relation avec les FTPF (Francs-Tireurs et Partisans Français), suite à l’Organisation Spéciale du PCF clandestin. Ces groupes communistes mènent la lutte armée dans le cadre d’une guerilla urbaine (de libération nationale et antifasciste).
Un point essentiel sur le plan organisationnel est le fait que les FTP-MOI ne sont initialement pas dépendants du PCF. Ils agissent certes en liaison avec les FTPF (qui sont une structure du PCF clandestin), mais ils relèvent en réalité de l’autorité de Jacques Duclos.
Duclos est alors le vrai leader resté en France du PCF, et est en liaison (presque) directe avec l’Internationale Communiste, à travers un réseau d’informations solide qui aboutit à sa planque (dans la proche banlieue rouge, puis à Bourg-la-Reine, puis à Villebon-sur-Yvette).
Ainsi, les FTP-MOI obéissent aux directives de l’Internationale Communiste et non de sa section française (le PCF). Il y a donc encore moins de place pour l’amateurisme, l’aventurisme, l’indiscipline ou pour les « boy-scouts », d’autant plus que de nombreux combattants échappent de peu à la rafle du Vél d’Hiv.
Des bataillons FTP-MOI existeront dans plusieurs agglomérations en France, aussi bien en zone occupée qu’en zone « libre » : Grenoble (Bataillon Liberté), Lyon-Villeurbanne (Bataillon Carmagnole), Marseille (Compagnie Marat), Toulouse (35ème Brigade / Brigade Marcel Langer), et à Paris (groupe Manouchian-Rayman).
En région parisienne, là où sont cantonnés les FTP-MOI à leur création, c’est Boris Holban (juif roumain) qui dirige initialement la lutte armée. Il sera par la suite remplacé par Missak Manouchian (arménien, dont la famille a été victime du génocide). Quand Manouchian tombera, ce sera Holban qui reprendra la relève.
De même, à partir de 1941, le FTP-MOI Joseph Epstein (juif polonais, ancien des Brigades Internationales en Espagne) sera nommé responsable de l’ensemble des FTP de région parisienne, et chapeautera donc entre autre le groupe Manouchian-Rayman. Joseph Epstein introduit des innovations dans les structures militaires.
En effet, l’unité de base des FTP-MOI est « l’équipe », constituée de 3 personnes. Ce sera par exemple l’équipe de Marcel Rayman, Léo Kneler et Celestino Alfonso qui exécutera le responsable du Service du Travail Obligatoire (STO) en septembre 1943.
Trois équipes constituent un « groupe » de 9 personnes, et trois groupes constituent un « détachement » de 27 personnes. Cette stratégie militaire s’appelle « la boule de mercure ».
Joseph Epstein comprend que pour affirmer la voie de la Résistance au peuple de France, il faut frapper les esprits et semer la panique chez les nazis. Il développe donc le concept d’opérations de grande ampleur, par groupes d’une quinzaine de combattants, qui peuvent ainsi attaquer directement les rassemblements nazis (dans les restaurants, à la sortie des cinémas, etc.) et couvrir leur fuite.
Par le niveau organisationnel et politique qu’ont atteint les FTP-MOI, il s’est avéré assez difficile de les infilter. Les Renseignements Généraux et la Gestapo ont donc dû compter sur de vastes filatures simultanées, ainsi que sur quelques trahisons (comme celle de Joseph Davidovitch, qui est l’un des responsables de la chute du groupe Manouchian). La traque des FTP-MOI de la région parisienne a donc été une des tâches centrales des « Brigades Spéciales » des RG.
Par leur organisation, leur discipline et leur détermination, les bataillons FTP-MOI ont mené des milliers d’actions. Les vaines tentatives de dépolitiser les FTP-MOI et d’en faire des « résistants idéalistes » soi-disant « pas staliniens » n’ont donc strictement aucun sens, et sont du pur révisionnisme historique.
Les dernières informations antinazies de Berlin, où la situation laisse craindre un avenir proche difficile. Les informations proviennent du Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste (PCMLM), qui parlait déjà de l’appel à la contre-manifestation antifasciste. Un bref compte-rendu également de la manifestation raciste anti-arabe et anti-pakistanaise à Manchester et de la riposte antifasciste.
Les nazis ont défilé à Berlin, échec antifa!
« Socialisme national maintenant! », « J’appelle!… Horst Wessel! Vengeance! » Voilà l’un des slogans que l’on a pu entendre dans les rues de Berlin (Horst Wessel est une figure nazie dont est parlé dans l’hymne de la SA, qui explique qu’il a été tué « par le front rouge et la réaction »). On trouvera quelques photos ici: 1, 2, 3, 4.
C’est une date noire pour l’antifascisme, dont les forces étaient même moins nombreuses que celles des fascistes! Ces derniers étaient presque 1.000, alors que les antifas étaient plutôt autour de 800, avec quelques larges formations tentant sans succès de faire des blocages du parcours, et d’autres harcelant avec parfois plus de succès (projectiles lancés sur les fascistes, une voiture a également été incendiée non loin de leur cortège…).
Les fascistes ont donc réussi leur coup, défilant à travers Berlin et ayant même gagné leur plainte et obtenu le droit d’utiliser le slogan « Ici marche la Résistance nationale! ». La police a toutefois interdit la tenue en uniformes (du type bomber rangers etc.) ainsi que la marche en cadence au rythme des tambours, tout comme les slogans du type « Nous sommes de retour! », et limité le nombre de drapeaux a également à un par groupe de 50 personnes.
Ce qui n’a pas empêché les fascistes de multiplier les appels à la violence, d’être masqué devant les policiers (chose illégale en Allemagne également), selon le mot d’ordre de la manifestation : « De la résistance nationale à l’offensive nationale. » Et suivant le même principe que leur manifestation spontanée la semaine précèdent à Berlin, où 350 fascistes avaient comme slogan « Bavardages gauchistes? 9 mm! 9mm! » (9mm étant le calibre de cartouches de pistolets).
Multipliant en effet les agressions, les fascistes voulaient montrer qu’ils avaient la capacité de passer un cap, de passer à l’offensive. De pousser encore plus loin le recul des antifascistes en Allemagne, accusés par les fascistes durant la manifestation d’être « les protecteurs du capital international. » Donc de manifester dans Berlin même, Berlin, bastion historique de l’extrême-gauche depuis les années 1960!
Symbole de cette catastrophe antifasciste, au même moment de la manif/contre-manif de Berlin avait lieu une manifestation antinationale à Leipzig de 1300 personnes, sous le mot d’ordre « Still not lovin’ Germany », c’est-à-dire dans la même optique que celle des « Anti-Deutsch » à Saarbrück dont nous avions parlé. Un boycott du soutien aux antifas à Berlin d’autant plus rageant qu’une grande manifestation fasciste est annoncée justement à Leipzig, samedi prochain!
Gâchis et désunion: les antifas sont ainsi diviséEs entre activistes ayant tendance au « coup de force » et mettant de côté toute ligne de masse (une tendance historique qui également celle des AFA anglaise, danoise, suédoise et tchèque), et intellectuels voyant les lacunes et les questions à poser, mais qui préfèrent abandonner l’antifascisme, et se ghettoïser au point de trouver finalement bien les autres pays impérialistes par comparaison avec l’Allemagne!
Le tout dans une ambiance nationaliste qu’on peut saisir avec cette anecdote : ce samedi après-midi avait lieu le match de football Russie-Allemagne, gagné par l’Allemagne 1 à 0. L’entraîneur de l’Allemagne Joachim Löw a alors expliqué: « J’ai senti avant le match que chaque joueur avait le gène de la victoire » (sic).
Les valeurs réactionnaires progressent, mais les antifas sont dépasséEs. L’échec antifasciste en Allemagne est quelque chose de très grave, même si la raison en est finalement simple. Elle tient à la dissolution de l’action antifasciste (1992-2001), regroupement antifasciste fondé dans les années 1990 autour de la proposition stratégique de l’antifascisme comme mode d’intervention fondé sur l’inéluctable crise du capitalisme, crise amenant la tendance à la guerre impérialiste, amenant le fascisme!
Car seul un large mouvement s’attaquant à ce qui produit le fascisme peut amener l’unité du peuple et la victoire antifasciste!
« Les révolutions, disait Marx, sont les locomotives de l’histoire. La révolution est la fête des opprimés et des exploités. Jamais la masse populaire ne peut se montrer un créateur aussi actif du nouvel ordre social, que pendant la révolution. En ces époques, le peuple est capable de faire des miracles. »
Lénine, « Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique ».

Depuis hier soir jusqu’à ce soir, nous célébrons Sim’hat Torah. Comme son nom l’indique, il s’agit de « réjouissances » pour la Torah (Sim’ha = שמחה = joie). Cette fête clôt Soukkot, la fête de la joie justement, ainsi que la période des fêtes du début d’année.
Sur le plan religieux, Sim’hat Torah termine le cycle annuel de lecture de la Torah. Les personnes religieuses bouclent donc la dernière parasha des Dvarim (VeZot HaBrakha – « Et c’est la bénédiction »), et redémarrent sur la première parasha de Bereshit (Bereshit – « Au commencement »).
Mais le rite le plus attendu est certainement celui qui se tient le soir de Sim’hat Torah (donc hier soir), quand on sort les rouleaux de la Torah pour partir en procession dans la synagogue (ou plus souvent en mini-procession…) avec des chants particulièrement chaleureux.
À cette occasion, les hommes bénissent les rouleaux, et s’ils arrivent à se frayer un chemin dans la foule, il peuvent éventuellement les toucher avec les tzitzit. Inutile de préciser que ce rituel est également attendu avec impatience par les enfants, puisqu’on a coutume de lancer des bonbons dans la synagogue…
‘Hag Samea’h à toutes et à tous !
La révolution est la Sim’ha des oppriméEs !

Entrée dans Sim’hat Torah samedi à 19h58, fin de Sim’hat Torah dimanche à 19h56.

Entrée vendredi à 18h54, sortie samedi à 19h58.
Ce dimanche s’ouvre à Paris une exposition s’intitulant « L’immigration juive et son intégration dans la nation, 1880 – 1948 ».
Cette exposition photographique est organisée par l’association Mémoire Juive de Paris, et se tiendra du 11 au 18 octobre à la mairie du 19ème arrondissement.
Voici la présentation de l’événement :
« Cette exposition couvre les années 1880-1948 et illustre la vie au quotidien des juifs en France pendant cette période mais aussi leur apport dans les domaines des arts et des sciences ainsi que le lourd tribut payé par la communauté juive pendant la Shoah.
Ces photos, ces documents, se mettent à vivre et déroulent sous nos yeux un ecxeptionnel livre d’histoire, suscitant de nombreuses retrouvailles et toujours une grande émotion.
La nouvelle édition du livre de l’association « Images de la mémoire juive » sera présentée lors de cette exposition. »
Pour plus d’informations :
- le Mémorial de la Shoah (pour voir l’affiche de l’expo ainsi que la couverture du livre de l’association),
- la mairie du 19ème (pour les horaires d’ouverture en haut à gauche),
- et le mail de l’association : memoirejuivedeparis STRUDEL free.fr
Ce lundi 5 octobre, un cadre de la tauromachie nîmoise est passé en procès pour « injure à caractère racial ». Il s’agit de Joe Gabourdès, médecin de son état, qui avait tenu des propos antisémites à l’encontre d’un autre dirigeant de la tauromachie nîmoise, Simon Casas.
Les faits remontent au 9 février 2009. À une radio publique locale, Joe Gabourdès avait en effet déclaré : « Compte tenu de ses origines, Monsieur Casas n’a pas de leçons à nous donner : il est juif. ».
Ces propos ont été rapportés à Simon Casas, qui a porté plainte, plainte qui est à l’origine du procès de lundi au tribunal de police de Nîmes. Le verdict est attendu pour le 19 octobre.
Bref, une affaire qui aurait pu être une énième embrouille entre notables bourgeois de province, pétris de racisme et tous deux assassins d’animaux… si seulement elle ne contenait pas une dimension antisémite indéniable !
Car que voulait dire Gabourdès en rappelant les (présumées) origines juives de Casas ?
C’est très simple : que ce dernier serait au fond un « apatride » étranger au « vrai peuple français », pas assez « enraciné » dans le « vrai terroir de nos régions »… et que par conséquent il n’aurait pas son mot à dire sur comment se faire le plus d’argent possible sur le massacre d’animaux innocents !
C’est-à-dire qu’au fond, son attaque antisémite est d’une affligeante banalité : quoi de plus classique que la conception raciste du « juif apatride » ?
Bien entendu, Gabourdès et son avocate ont plaidé la relaxe, tour à tour :
- en minimisant l’accusation d’antisémitisme (« Il faut replacer les mots dans leur contexte », « Je ne suis pas tout à fait d’accord sur les termes exacts », « Il n’y a pas eu d’injure. C’est peut-être une maladresse mais cela a surtout été mal interprété. ») ;
- en tentant toutes les contorsions possibles (au vu des origines de Simon Casas, celui-ci ne pouvait prétendument pas exiger la liste des responsables du « Printemps des Aficionados », puisque cela ressemblerait de loin à de la délation de juifs pendant la guerre…) ;
- en invoquant la soi-disant terreur de la désignation d’antisémitisme, comme s’il était pire d’être accusé d’antisémitisme que d’être « accusé » d’être juif (« Un procès épouvantable pour Jean Gabourdès. Il ne peut vous arriver quelque chose de pire que d’être désigné comme étant celui qui profère des insultes antisémites. »).
Pas très original, en somme… sauf que cette fois, le lien entre racisme et assassinat d’animaux ressort très nettement !
En effet, les deux tauromachistes qui s’opposent font des affaires dans le massacre « artisanal » d’animaux innocents, pour le « divertissement » d’un public assoiffé de sang : dans l’échelle de l’assassinat, la corrida est « évidemment » une goutte d’eau (ou de sang…) face aux abattoirs et et aux fermes-usines du capitalisme monopoliste.
Rien d’étonnant, donc, à ce que Gabourdès fasse dans l’antisémitisme « artisanal » du « juif apatride » – et pas dans l’antisémitisme « industriel » et exterminateur.
Mais ces deux aspects de l’assassinat des animaux, tout comme ces deux aspects de l’idéologie antisémite, ne sont absolument pas contradictoires : ils ne font que se prolonger l’un l’autre.
En effet, la cruauté de la corrida se retrouve dans l’insensibilité au meurtre des abattoirs, tout comme l’aspect invisible du « juif apatride » ne peut être résolu que dans l’extermination, afin d’ « extirper la race ».
De même, quand on comprend les points communs entre la corrida et l’industrie du meurtre, comment ne pas faire le parallèle avec ces matchs de boxes organisés par les nazis au sein d’Auschwitz entre boxeurs « aryens » et boxeurs juifs (dont Victor Young Perez), tandis que les chambres à gaz et fours crématoires génocidaient à plein régime à quelques kilomètres à peine ?
Notre époque impose donc la cruelle actualité de la question animale aux côtés de la lutte antifasciste, et à ce titre, l’ouvrage « Éternel Treblinka » de Charles Patterson devrait avoir été lu par chaque personne juive – et non juive.
Contre l’écocide, contre le génocide, rejoins l’Action Antifasciste !
Le saviez-vous ?
Le décret Crémieux est l’acte législatif par lequel la population juive d’Algérie a été naturalisée française. Le 24 octobre 1870, la France déclarait dans le décret 136 que « Les israélites indigènes des départements de l’Algérie sont déclarés citoyens français », donnant ainsi la nationalité française à quelques 35000 personnes juives formant une population extrêmement pauvre.
En réalité, ce décret, supposé « libérer » la population la plus opprimée d’Algérie, s’est rapidement avéré une tactique du colonialisme français dans sa stratégie de « diviser pour mieux régner ». Le révolutionnaire martiniquais Frantz Fanon écrivait ainsi : « Une des manœuvres les plus pernicieuses du colonialisme en Algérie fut et reste la division en juifs et musulmans. Les juifs sont en Algérie depuis plus de 2000 ans ; ils font partie intégrante du peuple algérien. Musulmans et juifs, fils d’une même terre, n’ont pas à tomber dans le piège de la provocation. »
Pendant 70 ans, les juifs auront (parfois difficilement) accordé leur confiance à la République coloniale. Pendant ce temps, l’immense majorité des colons revendiquait l’abrogation du décret Crémieux, jusqu’à fonder des partis dont le seul programme était l’antisémitisme, et tout cela au nom de… l’égalité entre indigènes !
Mais avec le régime fasciste de Vichy, la situation changera du tout au tout : c’est le « deuxième exil » des juifs d’Algérie, après « l’exil intérieur » imposé par le colonialisme français en 1870.
En effet, le 3 octobre 1940 est publié le « statut des juifs », à l’initiative du ministre de l’Intérieur Marcel Peyrouton (et avec la signature notamment du trotskyste Paul Cognet !). Le 7 octobre 1940, Peyrouton abolit le décret Crémieux, et retire même la possibilité de naturalisation aux juifs. Il ne s’agit donc même plus d’une soi-disant « égalité entre indigènes ».
Qui est Marcel Peyrouton ? Nous l’avons dit, c’est le ministre de l’intérieur de Pétain à l’époque. Mais il faut aussi savoir qu’il avait auparavant été secrétaire général du Gouvernement Général à Alger. Il militait alors déjà pour l’abrogation du décret Crémieux, en brandissant l’argument de… « l’antijudaïsme instinctif des musulmans » !
Et d’ailleurs, les colonialistes se réjouissent de cette nouvelle loi vychiste, comme en témoigne à l’époque le maire de Constantine : « La joie s’est emparée des Français quand ils ont appris que le gouvernement Pétain abrogeait l’odieux décret. Nous avons toujours revendiqué contre les juifs la cause de la prépondérance française. Nous n’avons qu’à louer le gouvernement Pétain d’avoir répondu à l’appel des Français de ce pays opprimé depuis 70 ans ! ». Tout simplement hallucinant…
L’aspect de l’abrogation du décret Crémieux qui a le plus traumatisé les mémoires, c’est sans doute l’expulsion de 18000 jeunes juifs et juives (ainsi que des enseignants juifs) des écoles françaises. C’est donc toute une génération qui se voit marquée dès sa jeunesse par la trahison française, et qui parfois devra renoncer à des rêves « d’ascension sociale » : il suffit de demander à la génération de nos grands-parents, ou encore de lire les passages où le philosophe Jacques Derrida z"l parle de son enfance.
Mais en novembre 1942, les troupes américaines entrent en Algérie, largement célébrées par la population juive qui y voit un début de libération. À la fin 1942, c’est le général Giraud qui devient commandant civil et militaire… et pourtant rien ne change pour les juifs – et pour cause : Giraud lui-même était antisémite !
De plus, Giraud choisit comme gouverneur de l’Algérie… Marcel Peyrouton ! Oui, précisément le même colonialiste-en-chef qu’avant la guerre, et précisément le ministre de l’intérieur de Vichy, responsable du « statut des juifs » !
C’est donc peu dire que le nouveau pouvoir traînera des pieds pour réinstaurer le décret Crémieux… Pire encore : en mars 1943, alors qu’il annule toutes les législations de Vichy, Peyrouton abolit de nouveau le décret Crémieux ! Ce décret a donc été abrogé deux fois de suite, par deux régimes distincts, mais par la main d’un même responsable raciste et colonialiste !
En mai 1943, De Gaulle arrive au pouvoir à Alger, et commence alors le « gouvernement bicéphale » de Giraud et De Gaulle. Mais là encore, rien pour les juifs.
Ce n’est que six mois plus tard et après de nombreuses luttes politiques, que le décret Crémieux sera rétabli le 22 octobre 1943, et que les juifs d’Algérie recouvreront leur citoyenneté française : six longs mois où l’Algérie coloniale sera dirigée par la « France libre », et où les juifs seront discriminés comme sous Vichy.
Pour en savoir plus, nous conseillons le livre de Benjamin Stora, « Les trois exils des Juifs d’Algérie », paru en 2006 aux éditions Stock, où l’historien résume parfaitement cet épisode de l’histoire française : « Par simple décret, la France peut retirer ce qu’elle a donné… Plus rien désormais ne sera comme avant. La leçon ne sera pas oubliée. »
Quant à Hapoel, nous ne pouvons que réaffirmer ce que nous disons dans notre présentation :
Juif ! Juive ! Rejette tes illusions sur l’État français.
Hapoel avait déjà parlé du procès Dieudonné – Faurisson le 25 septembre, en révélant que l’avocat de Faurisson était bel et bien John Bastardi-Daumont, qui avait été invité par la librairie « Résistances » en juillet dernier.
Cette vérité ne peut désormais plus être ignorée par une certaine extrême-gauche, après le long et détaillé compte-rendu de REFLEXes à propos du procès Dieudonné – Faurisson, paru il y a une semaine.
Pour résumer, ce document montre bien en quoi ce procès a été une véritable « réunion de famille » des proto-nazis français (Dieudonné, la famille Faurisson, Blanrue, Bastardi-Daumont, Skandrani, Werlet, etc.) et des négationnistes internationaux (Faurisson, Renouf, Nichols, Rushton).
De plus, il montre (photos à l’appui) en quoi Paul-Éric Blanrue, l’auteur de « Sarkozy, Israel et les Juifs » est une figure centrale dans ce petit monde, ce qui est nié notamment par des « altermondialistes » comme Alain Gresh du Monde Diplomatique.
Enfin, le compte-rendu revient sur la mini-tempête antisémite autour de la librairie « Résistances » (sans malheureusement citer explicitement Hapoel et l’Action Antifasciste, mais ce n’est pas l’essentiel).
Personne à l’extrême-gauche ne pourra donc dire qu’il ou elle ne savait pas, et c’est toute la construction opportuniste de la social-démocratie autour de cette histoire qui s’effondre.
Pour les révolutionnaires, pour les personnes qui ne tolèrent pas l’antisémitisme, pour les masses populaires juives, il n’y a pas de place pour les « excuses » des réformistes acculés qui prétendent qu’il faut « changer les choses de l’intérieur » dans la CAPJPO : on commence ainsi, et rien n’empêche alors de finir comme ces trotskystes qui « infiltraient » les partis antisémites pendant la guerre…
Et d’ailleurs, c’est reparti pour un tour dans l’antisémitisme, dès demain soir à la libraire « Résistances » ! En effet, la librairie invite… Gilad Atzmon !
Oui, ce même Gilad Atzmon qui se définit comme « anti-juif mais pas anti-juifs », qui est proche de plusieurs négationnistes, qui explique que « l’antisémitisme n’existe pas », que la crise capitaliste est un « coup de poing sioniste » servant à détourner les regards du Proche-Orient, ou encore que : « On pourrait se demander pourquoi le trafic d’organes est devenu une « chose juive ». [...] La réponse est sans doute évidente : c’est une bonne affaire et il n’y a guère de concurrence, peu de gens étant prêts à vivre du trafic ou du vol de foies et de reins. »
Ce même Gilad Atzmon avait déjà été invité en mai 2008, et avait été présenté comme « critique acerbe de la politique israélienne ». Et dans la présentation du concert de demain, la librairie de la CAPJPO explique que l’antisémite Atzmon « n’a pas la langue dans sa poche », et que « en tant que militant antisioniste, il dénonce sans relâche la politique de l’occupant israélien et le chantage à l’antisémitisme ».
Apparemment, la social-démocratie « radicale » n’est jamais trop bienveillante envers les antisémites…
Sans parler du fait que ces pseudo « radicaux » sont en réalité soutenus par certains secteurs du pouvoir d’État français. Ainsi la mairie du 2ème arrondissement de Paris organise-t-elle une « une journée de soutien à la librairie Résistance » ce samedi 10 octobre, parce que « attaquer les livres, c’est attaquer la démocratie »…
Quelle radicalité « antisioniste » de la part de la petite-bourgeoisie moraliste parisienne s’imaginant d’extrême-gauche…
La vérité, c’est que seuls l’Action Antifasciste et Hapoel, ainsi que les maoïstes et certains anarchistes, ont assumé politiquement l’intransigeance avec l’antisémitisme, et qu’est maintenant venu le temps des autocritiques qui ne viendront jamais. Il faut bien le dire : Hapoel a largement mérité la haine des antisémites de la gauche social-démocrate !
Et Hapoel a pu représenter une telle intransigeance politique que même la Ligue de Défense « Juive » avait dû repomper notre article sans citer sa source, après le raid fasciste contre la librairie – qui attaquait évidemment la solidarité avec la Palestine, et non la porosité avec l’antisémitisme.
Prise la main dans le sac, la LDJ se voit donc aujourd’hui obligée de faire mention au Forum Antifasciste, ce qu’elle ne fait naturellement pas de bonté de cœur vue la position de l’Action Antifasciste sur la LDJ. Implicitement, cela signifie également que les sionistes sont bien obligés de reconnaître en Hapoel un courant politique réellement juif.
À propos du Forum Antifasciste, plusieurs discussions y concernent le procès Dieudonné – Faurisson ainsi que le compte-rendu de REFLEXes : 1 – 2.
Les antisémites sont des ennemis de la Palestine !
Pas de compromis avec l’antisémitisme !
En avant dans la voie révolutionnaire !
Nous livrons ici quelques citations de Marek Edelman (dont une assez récente), témoignages précieux d’un des rares survivantEs du ghetto, aujourd’hui disparu.
« On savait parfaitement qu’on ne pouvait en aucun cas gagner. Face à 220 garçons mal armés, il y avait une armée puissante.
Nous, nous n’avions pour nous tous qu’une seule mitrailleuse, des pistolets, des grenades, des bouteilles avec de l’essence et tout juste deux mines dont une n’a même pas explosé. »
« On savait qu’on devait mourir.
Comme tous ceux qui étaient envoyés à Treblinka.
Mais c’était plus facile de mourir une arme à la main que dans une chambre à gaz. Leur mort était beaucoup plus héroïque que la nôtre.
Nous, on ne savait pas à quel moment une balle allait nous atteindre. Eux, ils devaient attendre une mort certaine, dévêtus dans une chambre à gaz, ou debout au bord d’une fosse commune, attendant une balle dans la nuque. »
« Les Allemands ne s’attendaient pas à une quelconque résistance et encore moins à une vraie action armée. Pourtant on a tenu trois semaines, surtout grâce au soutien de la population qui était de notre côté et qui nous masquait.
Toute guérilla dans une ville, que ce soit à Varsovie en 1943, ou maintenant en Irak, est la lutte la plus difficile à combattre. »

Marek Edelman, le dernier dirigeant de l’insurrection du ghetto de Varsovie, vient de s’éteindre ce vendredi 2 octobre 2009 à Varsovie, à l’âge supposé de 90 ans.
Combattant antifasciste polonais de la première heure (avant la guerre), bundiste, Marek Edelman fondera en 1942 la ŻOB, aux côtés de Mordechaj Anielewicz. Sa famille, bundiste aussi, avait auparavant fui vers l’URSS dès 1939.
Après le sacrifice d’Anielewicz le 8 mai 1943, Marek Edelman assumera la direction de l’insurrection du Ghetto. Il parviendra à fuir par les égoûts avant l’incendie général par les nazis, et rejoindra la résistance polonaise, avec laquelle il participera au soulèvement de Varsovie en 1944 (qui coûta la vie à 200 000 VarsovienNEs et se solda par la quasi démolition de la ville par les nazis).
Après la guerre, il comptera parmi les 12 combattantEs du ghetto encore en vie, et il fera le choix de rester en Pologne, malgré les campagnes antisémites social-fascistes dont il sera l’une des victimes.
Marek Edelman a toujours refusé d’assister aux commémorations officielles de l’insurrection du ghetto, mais chaque 19 avril, il marchait aux sons des chants yiddish du Bund jusqu’à l’ancien ghetto, et se recueillait devant les monuments à la mémoire des combattantEs.
Malgré son témoignage à Jérusalem pendant le procès d’Eichmann, Marek Edelman n’avait jamais reçu aucune décoration de l’État sioniste.
Juif ! Juive ! Honore la mémoire de nos combattants antifascistes !

Sortie de Souccot dimanche à 20h12. Suit une période demi-fériée (‘Hol HaMo’ed), jusqu’à Hosh’ana Rabba ce vendredi.

Entrée vendredi à 19h09, sortie de Shabbat samedi à 20h11, sortie de Souccot dimanche à 20h12.
Ce soir commence la fête de Souccot, la « fête des cabanes » qui dure deux jours. La fête débute donc à la tombée de la nuit, à 19h09, Shabbat se termine demain à 20h11, et Souccot se termine dimanche à 20h12.
La tradition à Souccot est de construire des cabanes (« Souccah » au singulier, « Souccot » au pluriel), selon certaines règles très précises. Ces Souccot deviennent alors un lieu de célébration (religieuse entre autres), de convivialité, où l’on invite souvent de la famille ou des amis pour partager un repas – du moins dans les pays où il fait encore chaud à la période des fêtes…
Mais pourquoi des cabanes ? Pour commémorer l’errance dans le désert à la sortie d’Égypte, pendant laquelle les Hébreux ont dû vivre sous des cabanes.
Un rite religieux connu consiste en la mitzvah du Loulav, c’est-à-dire bénir la Souccah en tenant en main le Loulav et l’Etrog. L’Etrog est une sorte de citron (le cédrat, pour être précis), tandis que le Loulav est une appellation collective pour trois branches de plantes : le Loulav pour le dattier, le Hadass pour la myrte et la ‘Aravah pour le saule.
Les cabanes, les branches, la fin de l’été, le début des pluies… Tout cela n’appartient-il pas au registre de l’agriculture ? Oui, précisément.
Car au-delà de l’aspect religieux, il faut bien garder à l’esprit que Souccot est une fête agricole de réjouissances, à l’occasion de la moisson. D’ailleurs, elle fait partie des trois pèlerinages qui étaient en vigueur à l’époque du Temple : Pessa’h, Shavuot et Souccot, qui marquent trois moments de l’année agricole.
Sous la couche des rituels parfois étranges de Souccot (tourner sept fois autour de la Souccah, etc.), cette fête n’est donc absolument pas déconnectée de la question de la production (comme tout, d’ailleurs) : elle en est simplement un écho mystique, censé se réaliser comme pèlerinage de toutes les Nations à Jérusalem dans les temps messianiques (= le communisme, en termes scientifiques).
‘Hag Souccot Samea’h !
! חג סכות שמח
[Pour un rappel des faits à propos de l'assassinat de Marina, voici un autre article maoïste, publié la veille de celui-ci. Pour l'original, cliquer sur le titre.]
Sur la dimension exterminatrice de l’assassinat de Marina et le développement de l’idéologie génocidaire en France et en Europe
Il est une dimension essentielle qu’il y a dans l’assassinat de Marina et il faut impérativement le reconnaître et le comprendre.
De ce qui ressort, Marina a :
- été ostracisée, mise de côté,
- été victime de brutalités,
- été liquidée,
- vue son corps caché puis fait disparaître secrètement.Le parallèle avec la liquidation des populations juives et roms par les nazis durant la seconde guerre mondiale est évident. Le processus a été le même, jusqu’à la liquidation « cachée ».
Dans l’assassinat de Marina, on retrouve d’ailleurs tous les éléments du social-darwinisme dans sa forme sociale moderne et raffinée.
En Allemagne, il est d’usage depuis une quinzaine d’années d’affirmer dans le mouvement antifasciste que le fascisme vient du « milieu de la société ». Les nazis seraient donc des « gens ordinaires ».
Si cette thèse est correcte, alors il est tout à fait juste de dire de Marina qu’elle a été victime de l’idéologie fasciste, de l’idéologie nazie, de l’idéologie exterminatrice.
Au sens strict, il faut sans doute dire de manière politique que Marina n’a pas été « assassinée » : elle a été liquidée.
Il est impératif de comprendre cette ambiance génocidaire. En Europe, dans les pays de l’Est surtout (Hongrie et Tchéquie notamment), mais également dans les pays capitalistes comme l’Italie voire la France, le racisme anti-rom prend de plus en plus une tournure absolument génocidaire.
8 à 10 millions de Roms en Europe doivent faire face à une vague de racisme génocidaire, dans l’indifférence générale !
Le 28 août de cette année, les gendarmes ont contrôlé des Roms en Essonne, dans les communes d’Ormoy et de Villabé, et ils leur ont appliqués un tampon sur le bras, pour être certain de ne pas les contrôler deux fois. Il n’y a pas besoin de s’attarder sur cette symbolique et ce qu’elle représente.
Les Roms sont victimes du racisme le plus brutal, et sont accuséEs de voler et d’être des pillards, alors qu’il s’agit de survie. A ce niveau, même la moindre initiative devient un acte antifasciste conséquent, même s’il part de sentiments religieux comme à Boulogne.
En France, les Roms subissent les arrestations collectives, le tri des personnes, les séparations de familles, la destruction de leurs biens, des expulsions où l’on va jusqu’à chercher les enfants dans les écoles, quand on les laisse seulement aller à l’école !
Quant à l’antisémitisme, son développement massif saute aux yeux. Tous les clichés des années 1930 réapparaissent, avec là aussi les mêmes « pulsions » génocidaires.
Être communiste, c’est comprendre l’époque qui s’avance vers nous. Une époque de révolution – mais également une époque où il faudra savoir faire face à l’extermination !