Le Maharal de Prague
Le saviez-vous ?
Demain, nous commémorons les 400 ans de la disparition du Maharal de Prague.
L’abréviation « Maharal » signifie « Morenou HaRav Loew », autrement dit « notre maître le rav Loew » (« maître » au sens de « enseignant »), et désigne le rav Yehudah Loew ben Bezalel.
Le Maharal de Prague est né dans les années 1520, et est décédé le 17 septembre 1609 à Prague (en Bohêmie, actuelle République Tchèque). Il était un grand rabbin du temps des A’haronim, à la fois talmudiste, mystique et philosophe. Il a officié aussi bien à Prague qu’en Moravie (actuellement en République Tchèque) ou qu’à Poznan (actuelle Pologne).
Ses travaux les plus connus consistent entre autres en plusieurs traités sur chaque fête juive (Tif’eret Israel, Netza’h Israel, Gvurot Hashem, Ner Mitzvah, Or ‘Hadash), ainsi que les Netivot ‘Olam ou le Dere’h ‘Haim. Aucun de ces travaux ne traite de la Kabbalah, le Maharal ne se considérant pas assez érudit pour bien saisir sa portée.
Un autre commentaire connu du Maharal sur le Rashi de Troyes s’appelle le « Gur Arieh al haTorah », c’est-à-dire « le lionceau à propos de la Torah ».
Le lion est en effet l’animal attaché au Maharal, puisque c’est à la fois le symbole de la tribu de Yehudah et du royaume de Judée, mais est aussi la signification de « Loew » (comme « Löwe » en allemand). Ainsi, on pense que le nom Yehuda Loew est en fait une redondance, l’un étant en réalité le subsitut de l’autre.
D’ailleurs, on peut aujourd’hui visiter la tombe du Rabbi Loew encore intacte, à l’ancien cimetière juif de Prague à Josefov, et l’on y retrouve bien deux lions gravés sur le sarcophage majestueux.
De très nombreuses légendes courent à propos du Maharal, dont la plupart sont sans doute nées bien après sa mort.
La plus connue (et de très loin) est celle du Golem de Prague. Mais patience, nous y reviendrons demain !
Une autre légende, moins connue, concerne la mort du rav, il y a 400 ans presque jour pour jour – ce qui suffit en ce jour pour que nous la racontions.
En ce temps-là, le Maharal était déjà très âgé (entre 83 ans et 97 ans, selon les versions), et une épidémie sévissait à Prague (la peste ? le typhus ? la grippe porcine ?). Une épidémie avait déjà frappé Prague, et il avait à l’époque fait un rêve qui le menait au cimetière – mais c’est encore une autre légende !
Quoi qu’il en soit, il alla au cimetière en pleine nuit, accompagné de ses meilleurs élèves. Juste quand il allait introduire la clé dans la serrure, la porte s’ouvrit d’elle-même, laissant apparaître un grand homme, blême et maigre : le rav comprit de suite que c’était la Mort, avec à la main sa longue liste de victimes du lendemain.
Voyant son nom inscrit sur la liste, le Maharal s’en empara et la déchira en morceaux. Mais la Mort le mit en garde de ne plus la recroiser une deuxième fois.
Le Rabbi Loew construisit alors une petite montre, qui sonnait quand la Mort rôdait pour lui enlever la vie, en espérant ainsi échapper au destin.
La Mort se cacha sous toutes les formes imaginables : en jeune vendeuse, en pêcheur lui apportant le poisson du Shabbat, en mendiant, ou encore en homme distingué lui présentant ses hommages. Mais pendant des années, le Rabbi Loew lui échappa.
Mais un jour, à l’occasion de son anniversaire, sa famille et ses élèves vinrent célébrer le rav. La plus jeune de ses petites-filles entra la dernière, une magnifique rose à la main.
Se réjouissant, le rav se pencha pour la sentir, et tomba foudroyé. C’était la Mort qui s’était dissimulé dans les gouttes de rosée sur la fleur.





