20 septembre 1979 : Pierre Goldman assassiné par les fascistes

Il y a 30 ans, Pierre Goldman, militant communiste d’origine juive, était assassiné par un commando fasciste émanant de la Police française, le commando « Honneur de la Police ».

Enfant de la Shoah, il naît en 1944 dans la clandestinité. En effet, ses parents Alter Goldman et Janine Sochaczewska, juifs polonais tous les deux, sont d’éminents combattants de la Résistance communiste juive. Alter Goldman est l’un des fondateurs et dirigeants de l’UJRE puis des FTP-MOI, tandis que Janine Sochaczewska est membre du PCF et combattante des FTP-MOI. Notons de plus que Pierre Goldman est le demi-frère de Jean-Jacques.

Engagé très jeune dans le militantisme antifasciste et communiste, il rejoint l’extrême-gauche dès le début des années 1960. Internationaliste convaincu, il rejoint la guérilla en Amérique latine. Revenu en France en 1969, il fait plusieurs braquages. Il sera arrêté après la mort de deux pharmaciennes lors d’un hold-up.

À la suite d’un procès particulièrement à charge et aux relents antisémites, il sera condamné à la perpétuité (sans preuve autre qu’un témoignage parlant d’un « type basané »). Mais grâce à une importante campagne de l’extrême-gauche et de la gauche, son procès sera révisé quelques mois plus, et il sera finalement acquitté.

Durant ces 5 années en prison, Pierre Goldman écrit ses magnifiques « Souvenirs obscurs d’un juif polonais né en France ». À sa sortie, il n’abandonne ni ses convictions communistes, ni le militantisme, ni la perspective de la lutte armée. Intellectuel brillant, il écrit des articles pour Libération et l’Arche.

Si on ne sait toujours pas exactement qui se cachait derrière le groupe fasciste « Honneur de la Police » (une branche des services secrets ? de futurs escadrons espagnols qui ont fait régner la terreur au Pays Basque ?), on sait pourquoi il a été exécuté.

Assassiné parce qu’il cherchait toujours à ouvrir une brèche révolutionnaire dans la France de la fin des années 1970. Assassiné parce que trop… trop tout ! Trop rouge, trop juif, trop antiraciste, trop internationaliste !

Pierre Goldman, malgré son côté « aventurier », est un puissant symbole pour nous. Car Pierre Goldman n’a jamais rien renié ! Ni le combat sans concession contre le fascisme, ni celui contre le capitalisme dont il était conscient qu’Auschwitz était l’aboutissement, ni même jamais son identité juive !

Honneur à Pierre Goldman ! Relevons son drapeau, le drapeau rouge de l’internationalisme !