27 août 1944 : le ghetto de Łódź est liquidé

Ce jeudi se sont tenues à Lodz en Pologne (Łódź en bon polonais) les cérémonies du 65ème anniversaire de la liquidation définitive du ghetto de Łódź.

Avant la guerre, Łódź était la deuxième plus grande ville de Pologne, et le plus grand centre de l’industrie textile en Europe. La ville comptait ainsi 670000 habitantEs dont 230000 personnes juives (plus du tiers), population juive qui remontait dans la région au 12ème siècle.

Le ghetto de Łódź est historiquement le premier grand ghetto (avant Varsovie). Son établissement s’étale de décembre 1939 jusqu’au 20 avril 1940, quand toute la population juive de la ville et de ses faubourgs est rassemblée dans des quartiers délabrés, fermés deux mois plus tard par des clôtures et des fils barbelés.

En population, c’est le deuxième plus grand ghetto après Varsovie (créé en octobre 1940). En effet, en plus de l’importante population juive de la région, le ghetto de Łódź voit passer 45000 personnes juives venant d’autres pays, ainsi que 5000 roms et sintis.

Originellement, la population du ghetto devait être déportée avant le 1er octobre 1940, mais les nazis décident finalement de mettre le ghetto en esclavage, et de le transformer en usine infernale pour fournir l’armée allemande en uniformes et équipements électriques.

La vie dans le ghetto, c’est une faim extrême qui empire chaque jour, la vie à 6 personnes par pièce en moyenne, le travail à 12 heures par jour en équipes tournantes, en permanence 40 % de la population qui est malade, etc.

C’est aussi les déportations dès décembre 1941, en direction des camps de la mort de Chelmno et d’Auschwitz-Birkenau, dans les camions à gaz auxquels succèdent les chambres à gaz.

Pour assurer le maintien de l’ordre à l’intérieur du ghetto, les nazis mettent en place un Judenrat (conseil juif) qui assure des tâches de ravitaillement, rationnement, distribution, administration… mais aussi la répression des grèves ouvrières du ghetto et le choix des milliers personnes à « sacrifier » à la demande des nazis…

Le Judenrat s’organise autour du collaborateur juif ‘Haim Rumkowski, qui tente de louvoyer honteusement avec les nazis en pensant que la production effrénée peut sauver la population juive.

Mais la collaboration c’est la défaite assurée, et Rumkowski devient vite un « dictateur du ghetto », jusqu’à imprimer des timbres à son effigie, et à contenter les exterminateurs en expliquant aux parents : « Pères et mères : donnez-moi vos enfants ! ».

Seulement voilà, la soumission et la collaboration ne paient jamais, et les nazis décident d’en terminer avec le ghetto en voyant l’avancée de l’Armée Rouge de Staline, synonyme de libération pour les populations juives de l’Est.

À ce moment là, le ghetto de Łódź constitue la plus grande concentration de juifs à l’Est, avec presque 74000 personnes, qui sont déportées en juillet et août 1944 vers Auschwitz et Chelmno. Le 28 août 1944, c’est le collaborateur Rumkowski lui-même qui est dirigé vers les chambres à gaz de Birkenau, dès son arrivée au camp.

On estime que seulement 10000 personnes des 220000 personnes qui passèrent par le ghetto de Łódź survivront à la guerre, et 830 à la liquidation finale (sur plus de 70000). Quant aux « autres », un quart a agonisé et est mort dans le ghetto, et le « reste » a connu l’extermination pure et simple à Birkenau et Chelmno.

Aujourd’hui, Łódź reste une ville industrielle qui se vide de sa population, et qui abrite seulement 350 personnes juives. Elle connaît actuellement une énorme activité néo-nazie, notamment autour de ses deux principaux clubs de foot.

Juif ! Juive !
Plus jamais de collaboration avec les exterminateurs !
Défends ta mémoire, défends ton honneur !