2 août 1944 : la liquidation des tziganes d’Auschwitz
Le camp d’Auschwitz II, plus connu sous le nom de Birkenau, est le pire symbole de l’extermination industrielle des populations juives d’Europe par les nazis. Mais de nombreux personnes tziganes (roms, sintis…) y furent également assassinées.
L’un des épisodes les plus marquants de ce génocide (« Samudaripen » ou « Porajmos ») est ainsi la liquidation, entre le 2 et le 3 août 1944, des 2500 tziganes qui restaient à Birkenau.
En effet, les tziganes avaient été rassembléEs dans une section spéciale, construite à Birkenau en février 1943, et y étaient même regroupéEs par familles. Cela suscitait évidemment de la jalousie parmi la population juive du camp, dont les familles avaient été brisées dès l’entrée du camp (en partie pour finir immédiatement dans les chambres à gaz).
On estime qu’environ 21000 personnes tziganes ont été assassinées à Auschwitz. Les 2500 personnes gazées dans la nuit du 2 août 1944 dans des conditions épouvantables, essentiellement d’origines belge et néerlandaise, étaient donc les dernières, qu’« il fallait un jour » liquider avant de perdre la guerre. Himmler a donc décidé d’en finir, et l’extermination finale fut quasi inattendue.
De manière générale, on estime que le génocide tzigane a touché 200000 à 400000 roms et sintis en Europe. Néanmoins, ce génocide a été beaucoup plus « délocalisé » que le génocide juif, et essentiellement l’œuvre d’Einsatzgruppen (en Pologne) ou des alliés des nazis (en Serbie, en Croatie, avec des camps de tziganes où furent assassinés 99 % de la communauté de Croatie).
Aujourd’hui plus que jamais, à une heure où l’antisémitisme et le racisme anti-rom explosent en parallèle en Europe de l’Est et en Europe centrale (et bientôt en Europe de l’Ouest), il est plus que nécessaire de réaffirmer la solidarité juive – rom, car notre histoire est la même : celle de minorités nationales dans chaque pays, avec des caractéristiques féodales transnationales, et qui se sont trouvées sur le chemin de la barbarie nationaliste la plus frénésique.
Pour nos minorités respectives, il n’y a pas d’autres solutions que de résister main dans la main au fascisme, à une époque où les nazis parlent ouvertement de « solution finale de la question tzigane ». Vive la fraternité juive – rom !





