Archives de août, 2009

Film sur les rafles d’août 1942 en zone libre

Ce soir sera projeté au Mémorial de la Shoah un documentaire d’Antoine Casubolo sur les rafles d’août 1942 en zone libre.

En zone « libre », c’est-à-dire le Sud de la France géré par l’État français de Vichy sans intervention des nazis, des rafles ont été menées en août 1942, dans la foulée du Vél d’Hiv à Paris. L’État français a ainsi arrêté 10000 personnes juives immigrées, parmi lesquelles seules 270 survivront à la déportation.

La projection a lieu ce soir à 20h, au Mémorial de la Shoah (à Paris, métro Pont-Marie ou Hôtel-de-Ville).

Mais surtout, ce documentaire connaîtra une diffusion nationale, demain mardi 1er septembre sur France 3 à partir de 22h.

27 août 1944 : le ghetto de Łódź est liquidé

Ce jeudi se sont tenues à Lodz en Pologne (Łódź en bon polonais) les cérémonies du 65ème anniversaire de la liquidation définitive du ghetto de Łódź.

Avant la guerre, Łódź était la deuxième plus grande ville de Pologne, et le plus grand centre de l’industrie textile en Europe. La ville comptait ainsi 670000 habitantEs dont 230000 personnes juives (plus du tiers), population juive qui remontait dans la région au 12ème siècle.

Le ghetto de Łódź est historiquement le premier grand ghetto (avant Varsovie). Son établissement s’étale de décembre 1939 jusqu’au 20 avril 1940, quand toute la population juive de la ville et de ses faubourgs est rassemblée dans des quartiers délabrés, fermés deux mois plus tard par des clôtures et des fils barbelés.

En population, c’est le deuxième plus grand ghetto après Varsovie (créé en octobre 1940). En effet, en plus de l’importante population juive de la région, le ghetto de Łódź voit passer 45000 personnes juives venant d’autres pays, ainsi que 5000 roms et sintis.

Originellement, la population du ghetto devait être déportée avant le 1er octobre 1940, mais les nazis décident finalement de mettre le ghetto en esclavage, et de le transformer en usine infernale pour fournir l’armée allemande en uniformes et équipements électriques.

La vie dans le ghetto, c’est une faim extrême qui empire chaque jour, la vie à 6 personnes par pièce en moyenne, le travail à 12 heures par jour en équipes tournantes, en permanence 40 % de la population qui est malade, etc.

C’est aussi les déportations dès décembre 1941, en direction des camps de la mort de Chelmno et d’Auschwitz-Birkenau, dans les camions à gaz auxquels succèdent les chambres à gaz.

Pour assurer le maintien de l’ordre à l’intérieur du ghetto, les nazis mettent en place un Judenrat (conseil juif) qui assure des tâches de ravitaillement, rationnement, distribution, administration… mais aussi la répression des grèves ouvrières du ghetto et le choix des milliers personnes à « sacrifier » à la demande des nazis…

Le Judenrat s’organise autour du collaborateur juif ‘Haim Rumkowski, qui tente de louvoyer honteusement avec les nazis en pensant que la production effrénée peut sauver la population juive.

Mais la collaboration c’est la défaite assurée, et Rumkowski devient vite un « dictateur du ghetto », jusqu’à imprimer des timbres à son effigie, et à contenter les exterminateurs en expliquant aux parents : « Pères et mères : donnez-moi vos enfants ! ».

Seulement voilà, la soumission et la collaboration ne paient jamais, et les nazis décident d’en terminer avec le ghetto en voyant l’avancée de l’Armée Rouge de Staline, synonyme de libération pour les populations juives de l’Est.

À ce moment là, le ghetto de Łódź constitue la plus grande concentration de juifs à l’Est, avec presque 74000 personnes, qui sont déportées en juillet et août 1944 vers Auschwitz et Chelmno. Le 28 août 1944, c’est le collaborateur Rumkowski lui-même qui est dirigé vers les chambres à gaz de Birkenau, dès son arrivée au camp.

On estime que seulement 10000 personnes des 220000 personnes qui passèrent par le ghetto de Łódź survivront à la guerre, et 830 à la liquidation finale (sur plus de 70000). Quant aux « autres », un quart a agonisé et est mort dans le ghetto, et le « reste » a connu l’extermination pure et simple à Birkenau et Chelmno.

Aujourd’hui, Łódź reste une ville industrielle qui se vide de sa population, et qui abrite seulement 350 personnes juives. Elle connaît actuellement une énorme activité néo-nazie, notamment autour de ses deux principaux clubs de foot.

Juif ! Juive !
Plus jamais de collaboration avec les exterminateurs !
Défends ta mémoire, défends ton honneur !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h23, sortie samedi à 21h28.

Profanations de cimetières juifs en Europe centrale

À l’heure actuelle, l’ambiance en Europe centrale est de plus en plus nationaliste, antisémite et pogromiste.

En Hongrie, un cimetière juif a été profané ces derniers jours, plus précisément à Balassagyarmat. Selon des témoins, un groupe de huit jeunes (hommes et femmes) s’est introduit dans le cimetière de nuit pour renverser et briser plusieurs pierres tombales. Huit personnes impliquées dans une profanation antisémite, cela fait beaucoup, et cela est bien peu discret…

Ce type d’actions rentre dans un cadre de développement fulgurant d’une extrême-droite ultra-nationaliste en Hongrie, où les dimensions antisémite et anti-tzigane sont extrêmement fortes, et où la référence historique principale consiste en les Croix Fléchées.

Les sorties antisémites et anti-tziganes de responsables du parti Jobbik se succèdent donc à un rythme effréné, de même que les incidents impliquant la Garde Magyare, sa milice officiellement dissoute il y a quelques mois.

Ajoutez à cela un climat de guerre larvée entre la « Grande Hongrie » et la Slovaquie, saupoudrez de lois bafouant les droits démocratiques de la minorité hongroise en Slovaquie et de la minorité slovaque en Hongrie, faites cuire à base de cocktails Molotov lancés contre l’ambassade slovaque… et vous avez un tableau de la situation en Hongrie.

En Autriche également, l’extrême-droite se structure autour du nationalisme et de l’antisémitisme. Cette semaine, le chef du FPÖ dans la province de Vorarlberg a ainsi traité de « juif exilé d’Amérique » ("ein Exiljude aus Amerika") le conservateur du musée juif d’Hohenems. Celui-ci avait dénoncé une affiche de campagne du FPÖ.

En Allemagne, deux nazis de 32 et 47 ans viennent d’être inculpés pour avoir profané deux cimetières en Thuringe (ex-RDA). Les faits ont eu lieu en novembre dernier, contre les cimetières juifs de Gotha et Erfurt.

À Erfurt, ils auraient versé du sang de porc sur une plaque commémorative, près de l’entrée principale du cimetière. À Gotha, une tête sanguinolente de cochon a été accrochée à la Magen David dans le portail d’entrée du cimetière, tandis qu’une banderolle en tissu proclamait « Six millions de mensonges » ("6 Mil. Lügen"). Pour les âmes aguerries, on peut voir une photo prise en novembre dernier par ici.

On voit donc qu’il est de plus en plus courant que les nazis utilisent des cadavres de cochons dans leurs méfaits, comme la semaine dernière à Toul, ou comme en juin dernier en Hongrie (encore !) où des pieds de cochons ont été déposés dans des chaussures du mémorial de la Shoah, au bord du Danube. La barbarie nazie va ainsi de pair avec la barbarie contre les animaux, et la question animale doit donc devenir incontournable pour toute personne antifasciste.

Imaginer que l’antisémitisme ne traversera pas les frontières et ne se développera pas partout en Europe (de manière inégale, bien entendu), cela est pure illusion à l’époque de la crise capitaliste et de la marche au fascisme et à la guerre.

La main, un symbole protecteur de toutes les vies

La main étant un attribut spécifique à l’humanité (comme l’explique Friedrich Engels, le camarade de Karl Marx), il est tout à fait logique qu’elle devienne un symbole universel.

On peut ainsi le constater dans le jaïnisme, une religion née en Inde. Sur la main ci-dessous, on peut ainsi lire le mot sanskrit « Ahimsa », qui signifie grosso modo « non-violence ».

Cette non-violence s’étend à toutes les formes de vie, y compris les animaux, ce qui fait que le jaïnisme prône le végétalisme, mais évidemment de manière mystique et non-rationnelle puisqu’il s’agit d’une religion.

Pour en savoir plus, voici un document intéressant du groupe Vegan Revolution : « Les Chemins de la Compassion : le Jaïnisme ».

Contre le mauvais œil, arborer ses couleurs !

Khamsa alaykoum !

La khamsa, une main tendue contre le mauvais œil

Pour clôre le mois d’août ainsi que notre trilogie sur les superstitions juives (123), voici un court article sur la khamsa.

Le saviez-vous ?

La khamsa est un symbole courant dans une partie du monde arabe (Afrique du Nord et Proche-Orient). Il représente une main stylisée censée protéger contre le mauvais œil, avec justement souvent un œil au milieu de la paume. « Khamsa » signifie « cinq » en arabe (« ‘hamesh » en hébreu), ce qui fait directement référence aux cinq doigts de la main.

La khamsa est un symbole culturel arabe, commun aussi bien aux personnes musulmanes qu’aux personnes juives. Elle n’a initialement aucune signification religieuse, et même au contraire puisqu’elle pourrait renvoyer à la pratique de l’idolâtrie…

Ainsi, la khamsa est totalement inexistante en Arabie Saoudite, où le monothéisme le plus rigide a mené une bataille réactionnaire et patriarcale contre des expressions populaires antérieures à l’Islam.

Cependant, des significations religieuses se sont greffées sur le symbole culturel, souvent en contournant les clergés et les hiérarchies religieuses : « khamsa » peut faire référence aussi bien aux cinq livres de la Torah qu’aux cinq piliers de l’Islam ou aux cinq nom sacrés de l’Islam chiite. De même, on trouve des interprétations religieuses avec les quatorze phalanges de la main.

Dans la culture juive arabe, la khamsa se décline aussi bien en bijoux, en amulettes (éventuellement avec une courte prière), en décorations murales… qu’en désodorisants pour voiture à accrocher au rétroviseur ! Cela montre à quel point ce symbole culturel est populaire au-delà de l’aspect simplement superstitieux – jusqu’à être recyclé par des capitalistes.

D’autres appellations de la khamsa peuvent être la « Main de Myriam » chez les personnes juives, ou bien la « Main de Fatima » chez les personnes musulmanes. Ces prénoms de femmes des textes sacrés sont à relier directement aux fortes superstitions présentes plus particulièrement chez les femmes que chez les hommes.

En effet, « les idées justes ne tombent pas du ciel », mais « ne peuvent venir que de la pratique sociale, de trois sortes de pratique sociale : la lutte pour la production, la lutte de classes et l’expérimentation scientifique » (Mao). Par conséquent, quand la domination sexiste isole les femmes et les empêche de mener leurs propres expériences sociales, elles ne peuvent se raccrocher qu’aux superstitions, d’autant plus quand elles passent brutalement de la féodalité à l’absurdité des métropoles impérialistes.

Cependant, on entend souvent parler en France de la khamsa comme de la « Main de Fatma » : c’est simplement une déformation de « Fatima » par les colonialistes français en Afrique du Nord. Le fait d’avoir adopté cette appellation en France (notamment pendant les « débats » sur les « signes religieux ostensibles ») relève clairement d’un mépris raciste, faisant de la khamsa ou bien une question religieuse musulmane, ou bien une superstition de « bonne femme » arabe.

Rien d’étonnant, donc, à ce que la bourgeoisie raciste française ait parlé d’interdire le port de la khamsa dans les écoles comme « signe religieux ostensible ». Rien d’étonnant non plus à ce que les trotskystes de Lutte Ouvrière (LO) et du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA, anciennement LCR) aient largement applaudi – et même pris les devants – dans cette entreprise raciste méprisant une partie du patrimoine du peuple et des femmes.

La khamsa est un symbole populaire de l’unité culturelle juive-arabe, et la bourgeoisie raciste ne nous empêchera pas de conjurer le mauvais œil capitaliste !

Social-démocratie et fascisme : l’exemple de la Suède

Stérilisations forcées au Pérou et en Colombie, exactions dans les villages d’Inde, du Kurdistan et du Tamil Eelam, le Liban et Gaza comme laboratoires militaires sionistes, jusqu’au génocide au Rwanda : les crimes de l’impérialisme sont quotidiens et indénombrables.

L’époque de l’impérialisme, c’est l’époque de la barbarie, et d’une barbarie d’autant plus frénétique que les contradictions mondiales s’approfondissent et que les capitalistes paniquent.

Mais sans économie politique correcte et sans perspective révolutionnaire, les crimes de l’impérialisme sont incompris, et sont vite tournés en « symboles » par les moralistes.

C’est exactement ce qui se passe actuellement en Suède.

Ainsi, la semaine dernière a été publié un article dans le journal Aftonbladet, prenant deux pages dans la rubrique Culture, sous le titre « Nos fils dépouillés de leurs organes ».

L’article explique que, depuis la première Intifada de 1987, Tzahal enlève des corps de Palestiniens tués, leur enlève leurs organes, et les rend aux familles quelques jours plus tard avec une cicatrice du menton au nombril. Une photo accompagne l’article, montrant le corps sans vie d’un jeune insurgé palestinien de 19 ans, avec justement cette cicatrice.

La réalité de l’impérialisme et de ses complices sionistes est d’une brutalité incroyable, et l’horreur impérialiste dépasse parfois les pires cauchemars, d’autant plus que le trafic d’organes est parfois réellement organisé par les capitalistes et les mafias sur le dos des peuples opprimés. Pourtant, on peut avoir des doutes quant à l’état des organes humains après avoir été criblés des balles sionistes…

Mais là où l’antisémitisme devient évident, c’est quand on voit que l’article d’Aftonbladet démarre en évoquant une affaire récente de trafic d’organes (organes de « donneurs » supposés vivants) entre Israel et le New Jersey aux USA. L’article ajoute même une photo d’un rabbin qui trempe dans cette affaire, accompagné explicitement d’un nom on ne peut plus juif, Levy Itzhak Rosenbaum…

En clair : l’armée israelienne dépouille des Palestiniens de leurs organes pour les livrer à un trafic international aux mains des rabbins.

Quand nous expliquons que l’époque de l’impérialisme est celle de la barbarie, il faut aussi comprendre que celui-ci réactive les pires préjugés antisémites du Moyen-Âge chrétien obscurantiste, en les mettant à une sauce moderne et « prête à l’emploi » par les impérialistes.

Ainsi, tout comme fleurissent les accusations antisémites à propos de la grippe porcine, on voit ici réapparaître le fantasme médiéval des crimes rituels, selon lesquels les rabbins enlevaient des enfants chrétiens pour utiliser leur sang dans les matzot de Pessa’h. En fait, l’accusation antisémite des enlèvements réapparaît régulièrement, comme dans l’affaire d’Orléans il y a 40 ans, que nous avons analysée assez précisément.

Mais ce qui est nouveau dans ce vieil antisémitisme chrétien, c’est l’aspect « trafic international », qui est dans la plus pure veine de l’antisémitisme moderne des « Protocoles des Sages de Sion ». Ainsi, l’antisémitisme de l’époque féodale est non seulement réactivé, mais aussi recombiné à l’antisémitisme de l’époque impérialiste, pour donner un antisémitisme mutant, encore plus pernicieux et violent à la fois.

La vérité, c’est que Hapoel n’en sait strictement rien sur cette affaire de trafic d’organes. Mais le pire, c’est que le journaliste suédois d’Aftonbladet n’en sait pas beaucoup plus !

Celui-ci explique en effet : « Cela me touche au point que je veux que ce soit investigué, c’est vrai. Mais si cela est vrai ou faux, je n’en ai aucune idée, je n’en ai aucun indice. »

Le rédacteur en chef d’Aftonbladet a ensuite beau jeu de se présenter comme victime d’une « campagne de haine à travers les médias israeliens », ou de se poser en « justicier » exigeant des explications de la part de l’État israelien.

Mais la réalité, c’est que ces journalistes, qui se présentent comme « évidemment pas antisémites » mais qui font une obsession sur Israel, servent grandement le sionisme !

En effet, ils acculent les personnes juives progressistes dans une alternative intenable : soit se nier en tant que personnes juives en tolérant des clichés antisémites vieux de plusieurs siècles, soit défendre l’État sioniste par refus de l’antisémitisme – ce qui revient aussi à une négation de soi… D’où la position d’équilibriste des représentants bourgeois de la communauté juive auprès de l’État suédois.

Il en résulte donc un faux débat : d’une part l’État sioniste d’Israel se présente à bon compte comme attaquant l’antisémitisme, avec une prétendue radicalité puisqu’il déclenche une crise diplomatique avec la Suède – alors que les sionistes ne font que couvrir leur armée criminelle ; d’autre part l’État impérialiste suédois invoque la « liberté d’expression » et est soutenu par les très moralistes « défenseurs des droits de l’homme » – et par tous les antisémites.

Ce soutien à un impérialisme européen trouve d’ailleurs des alliés, depuis l’extrême-droite antisémite et complotiste, jusqu’à Europalestine qui titre « Le gouvernement suédois résiste au chantage à l’antisémitisme ». Ce qui est proprement hallucinant pour de prétendus « anti-colonialistes », pour lesquels la Suède devient subitement une championne de la cause palestinienne…

Si le journaliste n’est pas certain de ce qu’il avance et n’est pas en mesure de le prouver, alors pourquoi avoir publié cet article, et pourquoi avoir récidivé ce dimanche dans le même journal ? Qui se figure-t-il servir, et qui sert-il en réalité ?

Pour comprendre cela, il faut savoir ce que représente Aftonbladet (= « la feuille du soir »), le plus grand tabloïd de Suède (avec la qualité que cela implique…). Après avoir soutenu les nazis pendant la guerre, Aftonbladet est passé sous le contrôle de l’énorme confédération syndicale suédoise, qui détient encore aujourd’hui la moitié du capital et contrôle la ligne éditoriale.

Cette confédération syndicale est intimement liée à la social-démocratie au pouvoir depuis la fin de la guerre. Or la social-démocratie suédoise a assumé historiquement un rôle extrêmement anticommuniste et contre-révolutionnaire. Son idéologie est très influencée par un certain luthérianisme de gauche, nécessairement infesté d’un vieil antisémitisme chrétien.

Le soutien de la social-démocratie suédoise à la Palestine est donc largement « symbolique », « moral », « pacificateur » : on se souviendra ainsi de la responsable social-démocrate Mona Sahlin participant à une manifestation de solidarité avec Gaza, organisée en janvier dernier par des ONG… dans une église ! Ce soutien ne contient donc aucune perspective révolutionnaire pour le peuple palestinien et la nation arabe, et est par conséquent nécessairement perméable à l’antisémitisme chrétien de gauche.

Mais si ce n’était que cela… Car l’actualité politique, en Suède comme partout en Europe, c’est le développement ininterrompu du fascisme.

Les divers courants fascistes suédois sont de plus en plus offensifs politiquement (20% de votes à l’extrême-droite dans certaines zones, des conseillers municipaux nationalistes dans la moitié des villes du pays, manifestations nazies protégées par la police contre les antifascistes, etc.), mais aussi de plus en plus offensifs militairement (attaques répétées au cocktail Molotov contre des cimetières juifs, incendies nazis contre des locaux culturels, mais aussi contre des familles progressistes, enfants compris, etc.).

Voici donc un exemple historiquement « typique », qui montre la justesse de l’analyse communiste de la social-démocratie comme « frère jumeau du fascisme » (Staline).

Par son niveau politiquement indécent, par son soutien à la Suède comme pays impérialiste, par son refus de la révolution démocratique en Palestine et dans la nation arabe, et par sa tolérance sans limite de l’antisémitisme, la social-démocratie suédoise se retrouve à servir la soupe antisémite aux nazis.

Et non seulement elle sert la soupe antisémite aux nazis, mais cette soupe est une synthèse nouvelle entre l’antisémitisme féodal des « crimes rituels » et l’antisémitisme de l’époque impérialiste voyant partout le « complot sioniste ». Les nazis n’en demandaient pas tant…

Juif ! Juive !
Brise le jeu malsain des sionistes et des antisémites !
Rejette la social-démocratie complice du fascisme !
Rejoins l’Action Antifasciste,
seule force révolutionnaire analysant l’antisémitisme !

Mémorial 98 – Rééditer Mein Kampf ?

Un article de Mémorial 98 sur une future réédition de Mein Kampf en Allemagne.
Ici, un débat sur le Forum Antifasciste à propos d’une telle réédition, avec une interview de Prasquier du CRIF…

HaPoel HaAntifashisti considère qu’il est important de connaître les thèses défendues par les fascistes afin de les combattre. C’est une position communiste classique, comme en témoigne « Révolution et contre-révolution au XXe siècle », une brochure de Georges Politzer éditée par le PCF clandestin (en 1941 !), où celui-ci analyse précisément un discours du nazi Alfred Rosenberg, ainsi que l’aspect propagandiste de… Mein Kampf, justement !

Nous rappelons à ce titre les nombreux documents de l’Action Antifasciste, où sont analysés de nombreux aspects de l’idéologie fasciste, dans la rubrique « Connaître l’ennemi ».

Rééditer Mein Kampf ?

Un débat s’est rouvert en Allemagne à propos de Mein Kampf.

A l’échéance du 31 décembre 2015 les droits d’auteur de l’édition originale de Mein Kampf tomberont dans le domaine public. A cette date, des rééditions néo-nazies du manifeste hitlérien seront théoriquement possibles, alors qu’elles sont actuellement interdites

Rédigé par Adolf Hitler alors qu’il était emprisonné à Landsberg entre 1923 et 1924 pour une tentative ratée de putsch, Mein Kampf pose les fondements de l’idéologie nazie. L’ ouvrage détaille notamment les théories d’Hitler sur la pureté raciale, sa haine du communisme et du socialisme et son obsession de la malfaisance des Juifs, qu’il voue aux gémonies et désigne comme responsables de tous les malheurs de l’Allemagne et du monde.

Il s’y réfère abondamment aux pseudos « protocoles des sages de Sion » qu’il considère évidemment comme véridiques et dignes de foi.

Les ventes de MK ont suivi l’ascension politique d’Adolf Hitler.

Diffusé par le régime nazi, plus de 10 millions d’exemplaires se sont vendus entre 1930 et 1940, auxquels on peut ajouter les traductions dans une quinzaine de langues.

Mein Kampf est aujourd’hui interdit à la diffusion en Allemagne, ce qui n’est pas le cas dans de nombreux pays.

Le Conseil central des juifs allemands a apporté son soutien à une proposition pour la republication de Mein Kampf. Un certain nombre de juifs allemands s’opposent à cette initiative mais Stephan Kramer, secrétaire général du Conseil des Juifs d’Allemagne (qui se montre combatif sur toutes les questions de racisme et de lutte contre l’extrême droite) pense que le livre doit être lu par les générations futures pour les informer de la nocivité du nazisme : « Il est important de publier une édition de Mein Kampf avec un commentaire pédagogique, a-t-il déclaré. Nous devons préparer une édition historiquement critique aujourd’hui pour empêcher que les néo-nazis en profitent. »

L’état de Bavière, qui détient les droits du livre, reste opposé à cette idée. « Nous ne lèverons pas l’interdiction car elle pourrait faire le jeu de l’extrême droite », a déclaré un porte-parole du gouvernement bavarois.

Néanmoins, W. Heubisch, ministre des sciences et de la recherche de Bavière, s’était prononcé en faveur d’une réédition : « S’il faut que l’ouvrage d’Hitler soit édité, le danger existe que des charlatans et des néo-nazis se saisissent de cette œuvre ignoble lorsque la Bavière n’aura plus les droits ».

En France, la publication et la vente en librairie de Mein Kampf demeurent taboues, mais ne sont pas interdites. Dans un arrêt du 11 juillet 1979, la Cour d’appel de Paris juge que Mein Kampf peut être autorisé à la vente compte tenu de son intérêt historique, mais accompagné toutefois d’un texte de huit pages mettant en garde le lecteur. Ce texte évoque les dispositions légales en matière d’incitation à la haine raciale et rappelle les crimes contre l’humanité du régime hitlérien.

En pratique ce sont les librairies d’extrême-droite et surtout les nombreux sites néo-nazis qui proposent l’ouvrage, téléchargeable dans de nombreuses langues.

Le livre est largement diffusé dans les pays arabes (mais il y reste dépassé par son « ancêtre » les « Protocoles des sages de Sion ») en Inde, en Indonésie, en Turquie. Partout il symbolise l’ultra-nationalisme et l’antisémitisme.

L’ouvrage récent d’Antoine Vitkine Mein Kampf : histoire d’un livre (Flammarion, 2009) retrace une partie du sort de l’ouvrage d’Hitler. On peut aussi lire une interview de l’auteur.

Nous estimons que l’accès à Mein Kampf , le débat sur l’histoire du nazisme et l’application du programme hitlérien qui est contenu dans l’ouvrage constituent des outils pédagogiques.

On peut ainsi mesurer ce que doivent à ces thèses les campagnes de l’extrême-droite européenne, du Front national, de la liste « antisioniste » de Dieudonné-Soral-Gouasmi (qui vitupère sur le « sioniste qui se trouve derrière chaque divorce » reprenant un thème typiquement nazi), voir notre article précédent Interdire les listes de Dieudonné ?

Quand Dieudonné prépare déjà la prochaine échéance de son spectacle de décembre prochain qui, après Faurisson en 2008, sera centré sur la célébration de Céline.

Quand Kémi Seba se lance sur Internet dans une comparaison entre Bonaparte et Hitler dans le seul but de convaincre ceux qui l’écoutent qu’Hitler ne doit pas être « diabolisé ».

Quand l’antisémitisme mais aussi le négationnisme et le racisme sont diffusés aussi largement, il est utile de retracer la nature de ce qui constitue l’idéologie la plus réactionnaire jamais produite à ce jour.

MEMORIAL 98

Début des Sli’hot séfarades

Ce matin ont débuté les Sli’hot séfarades, qui sont des prières de demande de pardon à D.ieu, à réciter chaque matin avant le lever du soleil.

Les Sli’hot (סליחות‎) commencent chez les séfarades avec le mois d’Elul, mais ni à Rosh ‘Hodesh (le premier jour du mois), ni un shabbat. Étant donné que Elul a commencé vendredi, cela repousse donc le début des Sli’hot à aujourd’hui.

Elles se poursuivent pendant quarante jours, jusqu’au 10 Tishri, c’est-à-dire Yom Kippour, qui marquent également la fin des Yamim Noraim, les « jours terribles » de la repentance entre Rosh HaShana et Kippour.

Chez les ashkénazes, les Sli’hot commencent après le dernier shabbat avant Rosh HaShana (ou le shabbat d’avant, selon les années).

Selon la tradition rabbinique, il existe trois niveaux de pardon : Sli’hah, Me’hilah, et Kapparah (à ne pas confondre avec de l’argot israelien…), qui correspondent respectivement :
- à la repentance (comme on dit en hébreu « sli’hah » pour « pardon ») ;
- au fait de revenir dans sa relation à D.ieu au moment avant de pécher (comme on quand on « passe l’éponge ») ;
- à la consolation du remords (qui n’est accessible qu’à D.ieu).

Au cours des quarante jours, les prières énumèrent les treize attributs de D.ieu, parallèlement aux « fautes » qui ont pu être commises durant l’année. Ainsi, on se repent notamment… de s’être révoltéE ! (sous-entendu : contre l’autorité de D.ieu)

Les personnes révolutionnaires considèrent qu’on n’a de pardon à demander à rien ni personne. Pour les révolutionnaires, la repentance n’a aucun sens, si ce n’est par rapport au critère de la soumission religieuse : c’est l’autocritique qui est une arme véritable aux mains du peuple !

La critique et l’autocritique, c’est persister dans la voie révolutionnaire, c’est servir le peuple sans avoir peur de la remise en cause permanente.

Et c’est exactement cela que les religieux dévient en appelant à chercher le péché en soi-même, jusqu’à se repentir pour des fautes que l’on n’a pas commises.

« Lutte, échec, nouvelle lutte, nouvel échec, nouvelle lutte encore, et cela jusqu’à la victoire – telle est la logique du peuple. » Mao Zedong.

Voilà pourquoi le peuple n’a pas peur de l’autocritique : le peuple a besoin de la libération, pas de la mauvaise foi bourgeoise !

D.ieu pardonne, pas le prolétariat !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h36, sortie samedi à 21h42.

Tags racistes contre une mosquée de Toul

À l’heure où les personnes musulmanes de France entrent dans le mois de Ramadan, une mosquée vient d’être profanée dans l’Est.

En effet, des tags racistes et nazis ont été découverts sur un lieu de culte musulman mercredi matin à Toul (Meurthe-et-Moselle), dans le quartier de la Croix-de-Metz.

On a ainsi retrouvé sur trois façades du bâtiment des inscriptions du type croix gammées, croix celtiques, sigles SS, etc., mais aussi des slogans comme « White Power », « Sieg Heil », « La France aux Français », « Mare des bougnoules » (sic), « Ici c’est nazi », ou encore… « Touche pas à mon cochon » !

Les nazis interdisent donc à certains de toucher à « leur » cochon, mais ne se sont pas privés eux-mêmes de pendre des pieds de cochon aux volets du lieu de culte… et la tête tranchée de l’animal à la poignée de la porte d’entrée !

Quand on dit qu’une barbarie ne vient jamais seule…

Entretemps, deux skinheads nazis d’une vingtaine d’années ont été interpellés la même nuit en train de tagger un kébab, et ont également avoué la profanation de la mosquée plus tôt dans la nuit. Ils ont été présentés hier à la justice, en compagnie d’une troisième personne qui avait participé à l’achat des bombes de peinture.

Que répond à cela l’État français ? D’après Nadine Morano, secrétaire d’État originaire de la région, il s’agirait en fait d’une réponse au caillassage début juillet de l’appartement d’un curé dans le même quartier. La maire de Toul va dans le même sens et va jusqu’à qualifier la profanation de… « réponse bête » !

Que voit-on ? Que l’État français joue encore et toujours la carte de la division du peuple, et qu’il minimise la portée raciste en trouvant encore et toujours une bonne excuse aux nazis.

Quel que soit l’élément « déclencheur » de cette attaque raciste (et Hapoel n’en sait évidemment rien), la thèse de la « réponse bête » ne tient pas une seule seconde, tant Toul est connue pour abriter des néo-nazis.

Ainsi, il est de notoriété publique, pour toute personne antifasciste en France, qu’il existe dans la région de Toul une section de « Blood & Honour », un regroupement européen de nazis aux visées terroristes. Ce qui n’a rien à voir avec une « réponse bête »…

Quand on sait cela, on comprend également que le discours des religieux de l’Association Socio-Culturelle des Maghrébins Toulois, qui tient le lieu de culte, n’a aucune valeur pour combattre le racisme anti-arabe et le fascisme.

Car dire que « on n’a jamais eu de problème jusqu’alors » et se présenter comme « sans histoires », c’est purement et simplement une expression de la soumission religieuse, totalement dépassée par le développement actuel du racisme et du fascisme.

Le peuple n’a pas besoin de la soumission religieuse ! Ce qu’il faut, c’est l’unité du peuple pour briser le racisme ! Ce qu’il faut, c’est l’Action Antifasciste !

Inglorious Basterds : « Les affaires sont en plein boom ! »

« On est dans la liquidation de nazis, et les affaires sont en plein boom ! »

Le film « Inglorious Basterds » de Quentin Tarantino est sorti hier au cinéma. Ici un synopsis du film :

Dans la France occupée, Shosanna Dreyfus assiste à l’exécution de sa famille juive par le colonel nazi Hans Landa. Shosanna parvient à s’échapper et se retrouve à Paris où elle se construit une nouvelle identité en tant que gérante d’un cinéma.
Ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine forme un groupe de soldats juifs spécialisés dans des actions ciblées et risquées. Connus sous le nom de « The Basterds », Raine et ses hommes vont faire équipe avec l’actrice allemande et agent-double Bridget von Hammersmark pour tenter d’assassiner les leaders du Troisième Reich. Ils vont ainsi croiser Shosanna qui mène sa propre vendetta.

Le côté « fiction » du film semble à la fois être sa force et sa faiblesse : d’une part « l’attaque au cœur de l’État » est foncièrement sympathique, mais d’autre part où est le peuple ? où est la Résistance réelle ?

Quoi qu’il en soit, partagez vos critiques à ce mail : hapoel STRUDEL hushmail.com

17 août 1915 : lynchage antisémite aux USA

Le saviez-vous ?

Le 27 avril 1913 à 3 heures du matin, le veilleur de nuit d’une usine de crayons d’Atlanta (Géorgie, USA) découvre un corps sans vie : il s’agit de Mary Phagan, jeune ouvrière de 13 ans, retrouvée étranglée et violée.

Après une enquête bâclée, le manager de l’usine, Leo Frank, 29 ans, est inculpé par la justice de Géorgie le 24 mai 1913. Le procès s’ouvre en juillet, devant une très large foule, chauffée à blanc par une campagne antisémite de la presse de Géorgie, voire des USA, l’affaire étant extrêmement médiatisée. Le procès lui-même suscite un déchaînement de racisme antisémite et anti-noir.

Leo Frank est alors condamné à mort, et fait appel. Deux ans plus tard, le 20 juin 1915, le gouverneur de Géorgie avoue que le procès reposait principalement sur des « preuves circonstancielles », ce qui laisse donc un « doute raisonnable » justifiant de ne pas recourir à la peine de mort. Il la commue donc en perpétuité.

La presse bourgeoise attaque alors encore plus violemment Leo Frank, et appelle au lynchage sous l’impulsion notamment de Tom Watson, un éditorialiste et politicien ultra-raciste et ultra-populiste.

C’est précisément ce qui justifie la formation d’un commando pour enlever Leo Frank de prison et le lyncher. Ce commando prend le nom de « Knights of Mary Phagan » (les chevaliers de Mary Phagan), et est composé de presqu’une trentaine de notables bourgeois de Géorgie.

Le 17 août 1915, les notables fascistes lourdement armés attaquent la prison où Leo Frank est enfermé, l’enlèvent, et le mènent à Marietta, Géorgie, pour le pendre à un arbre, selon la tradition

La composition du commando fasciste montre à quel point l’antisémitisme est une arme utilisée par les dominants comme paratonnerre contre la colère du peuple. En effet, il comptait notamment des magistrats, un docteur, un ancien sheriff, un patron, un ancien gouverneur, le fils d’un sénateur US, etc.

Les responsables du lynchage sont ainsi très largement connus, et pourtant aucun n’a été poursuivi. Et pour cause : le juge qui aurait eu la responsabilités des poursuites faisait partie des lyncheurs antisémites !

Par la suite, les « Knights of Mary Phagan », rejoints par des vétérans du Ku Klux Klan (interdit en 1870), formeront en 1915 le noyau d’un second KKK. Celui-ci se développera de manière fulgurante aux USA, selon les conditions concrètes de l’époque, jusqu’à rassembler 4 millions de fascistes en 1924, avant d’être dissout en 1944.

L’affaire Frank Leo est à l’origine de l’exil de 3000 personnes juives de Géorgie, mais aussi de la fondation par le Bnai Brith en 1913 de l’Anti-Defamation League, une grande organisation (bourgeoise) de lutte contre l’antisémitisme aux USA.

Aujourd’hui, l’antisémitisme est en pleine progression aux États-Unis, comme on a pu le voir en janvier – février avec de nombreuses attaques de personnes juives et de synagogues, mais aussi en juin avec l’attentat par un nazi contre le Musée de l’Holocauste.

Le temps n’efface rien…

Le génocide au Rwanda et les puissances impérialistes

Un document maoïste paru dans Révolution #15.
Connaître les génocides, développer la solidarité, combattre l’impérialisme !

Le génocide au Rwanda en 1994 et le rôle des puissances impérialistes, principalement l’impérialisme français

Gregoire Ndahimana, ancien administrateur de Kiivumu pendant le génocide au Rwanda en 1994 et recherché pour le massacre de plus de 2 000 Tutsis, a été arrêté dimanche 9 août en République démocratique du Congo. L’information n’a été communiqué que le 12 août.

L’arrestation de ce génocidaire est ici l’occasion de rappeler le rôle décisif de l’impérialisme français et de sa concurrence avec l’impérialisme US dans le génocide de plus de 800 000 Tutsis.

A l’époque de la colonisation, l’impérialisme belge a appliqué le principe des exploiteurs de « diviser pour mieux régner » en créant de toutes pièces des distinctions liées à des critères physiques et sociaux, sur la base de catégories antérieures liées à leur rôle dans le mode de production. féodale Les « Tutsi » – minoritaires – regroupaient alors les personnes de grande taille, éleveurs et liés à la monarchie rwandaise, les Hutus étant des cultivateurs. L’impérialisme belge a fait des Tutsis une élite servant de relais à sa domination coloniale, puis a soutenu les Hutus face aux aspirations d’indépendance des élites Tutsis, incitant ainsi aux premiers massacres de Tutsis en 1959. C’est à cette époqe que beaucoup de Tutsis se réfugièrent dans l’Ouganda voisin.

Après l’indépendance de façade du Rwanda, l’impérialisme français a « récupéré » le Rwanda qui se situait dans une zone stratégique à la frontière de la zone d’influence de l’impérialisme US, avec notament l’Ouganda.

C’est précisément de l’Ouganda que part l’offensive des exilés Tutsis du FPR (Front Patriotique Rwandais), soutenue par l’impérialisme US en 1990. L’impérialisme français intervient alors pour éviter le basculement du Rwanda dans le camp de l’impérialisme US et former militairement les futurs génocidaires Hutus de 1994, organisés principalement dans les « milices interahamwe ».

Après l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, signal du début du génocide qui dura 100 jours jusqu’au 4 juillet, l’impérialisme français continue de vendre des armes et d’offrir un soutien logistique aux génocidaires. En fait, le génocide à coups de machettes des Tutsis et Hutus « modérés » s’est fait sous encadrement de l’impérialisme français et US qui poursuivaient chacun leurs objectifs.

Pendant deux mois à partir du 22 juin 1994, l’opération Turquoise de l’impérialisme français (sous mandat de l’ONU) a permis l’accueil dans l’ambassade française puis l’exfiltration de responsables du génocide vers le Burundi ou le Zaïre (devenu maintenant la RD Congo) de Mobutu, allié de l’impérialisme français, parmi lesquels des proches du président Habyarimana, le président du gouvernement provisoire Théodore Sindikubwabo ou Ferdinand Nahimana, fondateur de la Radio Télévision Libre des Mille Collines qui incitait tous les jours sur ses ondes au génocide.

Finalement, la progression du FPR et sa victoire militaire a porté au pouvoir l’actuel président Paul Kagame, une situation profitable à l’impérialisme US.

Le fonctionnement « habituel » de l’impérialisme est la perprétations de crimes à l’encontre des peuples de la zone des tempêtes et le génocide au Rwanda est une des multiples atrocités planifiées par les forces impérialistes, principalement l’impérialisme français dans ce cas.

La bourgeoisie au service de l’impérialisme sait comment nier la réalité des horreurs qu’elle perpétue et aujourd’hui, quinze ans après les faits, le génocide au Rwanda n’est pratiquement jamais évoqué. En France, la bourgeoisie insiste de manière chauvine sur les actions menées par l’impérialisme US pour mieux se présenter comme une puissance aux pratiques « acceptables ». C’est pourquoi les médias bourgeois parlent toujours de « la France » et non de l’impérialisme français, ce qui conduit les faibles critiques formulées à l’encontre de la diplomatie française à prendre un tour moral et non politique, favorable au statu quo et au renforcement de la démocratie bourgeoise.

De plus, l’éducation nationale au service de la bourgeoisie favorise une approche nationaliste et chauvine en cachant, bien sûr, les crimes impérialistes et en empêchant ainsi d’avoir une vision internationaliste.

En tant que communistes, nous devons donc nous intéresser à l’histoire criminelle et aux atrocités actuelles de l’impérialisme français., ainsi que de tous les impérialismes. Nous devons nous affranchir du cadre réactionnaire de l’éducation bourgeoise, nationale et chauvine pour nous intéresser à l’histoire de tous les peuples du monde. Il s’agit d’une tâche internationaliste indispensable dans le cadre du combat révolutionnaire contre l’impérialisme et pour le communisme!

La loi Gayssot – Action Antifasciste

Un document de l’Action Antifasciste, disponible ici.

Aujourd’hui l’extrême-droite mène systématiquement campagne contre la loi Gayssot. Cette loi, qui a comme nom celle du député qui l’a portée, a été adoptée par l’Assemblée nationale le 13 juillet 1990. Elle frappe la contestation de l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité définis par l’article 6 du Statut du Tribunal militaire international de Nuremberg.

Pourquoi cette loi existe-t-elle ? En raison de la pression anti-raciste des masses, particulièrement attentives au néo-nazis. Dans les années 70, les antisémites vont se servir de la façade historique pour diffuser l’idée que les chambres à gaz n’auraient pas existé ou que le génocide des populations juives n’aurait pas eu lieu (avec par exemple la thèse comme quoi les chambres à gaz existaient mais qu’elles servaient uniquement à éradiquer les poux des déportés).

Or à l’époque, les textes juridiques sont insuffisants pour sanctionner le négationnisme, car le négationnisme n’appelle pas directement à la haine raciale. Il est plus diffus, exactement comme « les protocole des sages de Sion » n’appelaient pas à l’extermination des juifs, mais ont été largement instrumentalisés à cette fin. Cet ouvrage de propagande antisémite dévoilant un prétendu programme mis au point par un « conseil de sages juifs » a été écrit pour servir le tsarisme ; il diffuse l’idée d’un « complot juif international » pour contrôler le monde. Ce faux a attisé l’antisémitisme, jusqu’à aujourd’hui. Le « protocole des sages de Sion » est interdit de diffusion par un arrêté du 25 mai 1990 sur le fondement du décret-loi du 6 mai 1939.

Car les lois contre le racisme ont déjà existé, sous la pression antifasciste. La première loi date du 21 avril 1939, elle réprimait les discriminations raciales, et est aussi connue sous le nom de « décret-Loi Marchandeau ». Ce texte prévoyait des poursuites « lorsque la diffamation ou l’injure, commise envers un groupe de personnes appartenant, par leur origine, à une race ou à une religion déterminée, aura eu pour but d’exciter à la haine entre les citoyens ou les habitants ». Il a été évidemment abrogé par le gouvernement de Vichy, le 16 août 1940 ; le 3 octobre le régime de Vichy adopte la loi fixant le statut des Juifs et les bannissant des emplois publics.

Le décret-loi Marchandeau sera rétabli par l’intermédiaire de la loi « Pleven » le 1er juillet 1972. Cette loi reprend les délits de diffamations et injures, mais vient aussi incriminer les actes racistes et antisémites. Le législateur offrira aussi la possibilité aux associations d’agir en justice sur ce fondement.
Le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) a eu une influence importante dans l’adoption de ce nouveau cadre légal.

La loi Gayssot complète le tableau, en permettant de bloquer, au moins un peu, la diffusion d’une partie de la propagande fasciste. D’où l’activité fasciste pour faire disparaître cette loi, et évidemment pour empêcher sa généralisation (notamment de la part des fascistes turcs, qui veulent continuer à nier le génocide arménien).

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h49, sortie samedi à 21h57.

Une blague juive pour shabbat

Cela fait plus de six mois que nous n’avons pas publié de blague juive, donc nous nous rattrapons avec celle-là (que vous ne trouverez nulle part ailleurs !), à méditer pour shabbat. Cette blague est révélatrice des petits arrangements avec la foi : un peu schizophrènes, mais tout simplement populaires…

C’est Robinson Krouzaoui (le cousin juif de Robinson Crusoé, bien sûr !) qui échoue sur une île déserte. Dans l’attente d’un bateau qui viendrait le sauver, il construit deux synagogues.

Lorsqu’enfin arrive un bateau, le capitaine lui demande :
« Mais… pourquoi deux synagogues alors que vous êtes seul ? »

Et Krouzaoui répond tout naturellement :
« Eh bien… celle-ci, j’y vais chaque shabbat, et celle-là… j’y mets jamais les pieds ! »

Le Dibbouk, fantôme de la schizophrénie du capitalisme

La photo est tirée du film juif polonais « Dybuk » de 1937, d’après la pièce d’Ansky de 1914, « Der Dybbuk, oder zwischen zwei Welten » (= « le Dibbouk, ou entre deux mondes »), qui n’a été jouée qu’après la mort de son auteur.

Ce film constitue un témoignage essentiel de la vie des communautés juives à la veille de la Shoah, et est souvent considéré comme le meilleur film en yiddish.

De plus, Ansky a également écrit l’hymne du Bund, un parti social-démocrate juif de Pologne, Russie et Lituanie.

Dans la suite, nous avons reproduit le résumé du film par Wikipedia, mais évidemment, ça peut gâcher un peu le plaisir…
Lire la suite »

Le Dibbouk, un fantôme venu du froid…

En mars dernier est sorti au cinéma un film d’horreur, « The Unborn ». Au-delà de l’intérêt cinématographique (assez faible, paraît-il), ce film possède une composante juive, mais en fait très abstraite voire fumeuse – jusqu’à faire appel de manière un peu déplacée à Auschwitz.

Il s’agit grosso modo de transposer « L’Exorciste » avec des références juives au lieu de catholiques, et en prime une histoire de jumeau maléfique… Bref, une transposition très « forcée », très « mécanique », qui dénature la culture juive à des fins de marketing « ésotérique ».

Une transposition de « L’Exorciste » ? Mais qu’y a-t-il donc à exorciser ? C’est là la soi-disant originalité du film, puiqu’il s’agit d’une lutte contre un fantôme qui hanterait la famille depuis trois générations, plus précisément un « Dibbouk ».

Le saviez-vous ?

Dans la culture yiddish, le Dibbouk est un esprit maléfique qui « s’attache » à une personne, et « possède » le corps de cette personne afin d’accomplir sa propre volonté.

Le nom de « Dibbouk » provient de la tradition ‘hassidique et kabbalistique du 18ème siècle en Europe de l’Est. Sa racine est la même que « devek » (דבק), qui signifie « la colle », ce qui exprime bien ce que cela veut dire.

Néanmoins, il existe de nombreuses allusions aux « mauvais esprits » dans la Torah, bien avant l’apparition du mot « Dibbouk ». Ainsi, Shaoul HaMelekh (le roi Saül) aurait été affecté par un Dibbouk. Plus tard, Eliyahou HaNavi (le prophète Élie) est également possédé par l’esprit d’un mort, qui essaie alors de convaincre son roi de partir en guerre.

Selon la tradition kabbalistique, le Dibbouk n’est pas un démon, mais une âme en peine, une âme qui n’a pas pu s’insérer dans le « Gilgul Neshamot », c’est-à-dire le cycle des réincarnations. Par exemple, une personne suicidée se verra refuser même l’accès en enfer, et devra errer sur terre. De même, l’âme d’une personne morte avant d’avoir pu accomplir ce qu’elle voulait pourra également rester dans le monde des vivants.

On ne peut pas comprendre cela sans voir que, dans la conception mystique juive du monde, le corps et l’âme interagissent et sont en quelque sorte « connectés », « imbriqués ».

Si le corps et l’âme ne sont pas « en phase », ne sont pas « connectés », alors au moment où le corps part de ce monde, l’âme peut ne pas suivre, et rester parmi les vivants : elle est alors « entre deux mondes », « tsvishn tsvey Veltn » en yiddish (qui est précisément le sous-titre de la célèbre pièce de théâtre d’Ansky, « Der Dybbuk »).

Cette âme doit alors s’agripper à une personne vivante pour poursuivre ses buts – le plus souvent négatifs dans le cas du Dibbouk. Cela n’est à son tour possible seulement si la personne « possédée » souffre d’une discontinuité entre le corps et l’âme, exactement comme chez la personne morte dont est issu le Dibbouk.

Concrètement, on peut prendre l’exemple d’une personne qui meurt en effectuant une mauvaise action, et dont l’âme devient un Dibbouk. Celui-ci ira posséder le corps d’une personne qui aurait des envies d’effectuer la même mauvaise action, afin de l’accomplir.

Cependant, les conceptions kabbalistiques du Gilgul expliquent qu’il peut aussi exister de « bons » Dibboukim, c’est-à-dire des âmes de Justes qui s’attachent à une personne, et agissent comme les « anges-gardiens » de la croyance populaire catholique. C’est ce que l’on appelle « Sod Ha’Ibbur », le « secret de l’imprégnation ».

Comment comprendre alors la croyance populaire du Dibbouk ? Quel sens lui donner ?

Résumons un peu : notre corps est déconnecté de notre âme, de notre volonté, et il existe une entité invisible, insaisissable, qui prend le contrôle de nous et nous fait accomplir des tâches qui nous sont étrangères et imposées de l’extérieur…

Mais ne serait-ce donc pas l’exact écho mystique de ce que les marxistes appellent l’aliénation ?

L’aliénation, c’est-à-dire le fait d’être étranger à soi-même, a été expliquée de manière approfondie par Marx dans ses « Manuscrits de 1844 ». Après avoir montré que le travailleur est étranger au produit de son travail, Marx y écrit :

« L’aliénation de l’objet du travail n’est que le résumé de l’aliénation, du dessaisissement, dans l’activité du travail elle-même.

Or, en quoi consiste l’aliénation du travail ?

D’abord, dans le fait que le travail est extérieur à l’ouvrier, c’est-à-dire qu’il n’appartient pas à son essence, que donc, dans son travail, celui-ci ne s’affirme pas mais se nie, ne se sent pas à l’aise, mais malheureux, ne déploie pas une libre activité physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruine son esprit. En conséquence, l’ouvrier n’a le sentiment d’être auprès de lui-même qu’en dehors du travail et, dans le travail, il se sent en dehors de soi. [...]

Enfin, le caractère extérieur à l’ouvrier du travail apparaît dans le fait qu’il n’est pas son bien propre, mais celui d’un autre, qu’il ne lui appartient pas, que dans le travail l’ouvrier ne s’appartient pas lui-même, mais appartient à un autre. »

Marx relie également la question de l’aliénation à la propriété privée des moyens de production, à la valeur (qui a le même caractère « insaisissable » que le Dibbouk !) ainsi qu’à la division du travail entre travail manuel et travail intellectuel… qui n’est que la mauvaise « connexion » entre le corps et l’esprit, mais à l’échelle de l’humanité !

La croyance au Dibbouk a persisté parmi les masses juives des shtetls jusqu’à la veille de la Shoah. Mais c’est seulement à la lumière des concepts d’aliénation et de séparation du travail manuel et du travail intellectuel que l’on peut le comprendre.

En effet, selon les « rationnalistes » bourgeois, les superstitions féodales devraient être balayées par l’essor du capitalisme et de la science. Or ce n’est pas toujours ce que l’on observe, exactement comme pour la croyance au mauvais œil.

Cela ne s’explique uniquement si l’on comprend que l’exploitation et l’aliénation sont encore plus importantes sous le capitalisme, et que paradoxalement cela nourrit les superstitions féodales qui faisaient déjà écho à l’exploitation et à l’aliénation.

Juif ! Juive !
Lutte pour une société qui n’aurait plus besoin d’illusions,
une société où travail manuel et travail intellectuel seraient unifiés,
une société sans exploitation ni aliénation !
Participe à la bataille pour le communisme !

Hapo-Hell !

Pour celles et ceux qui n’arriveraient pas à lire, il est écrit « HAPO-HELL » (où « hell » = « enfer » en anglais), juste en-dessous du traditionnel diable des Ultras Hapoel Tel Aviv (UHTA).

Red Lions 94 – Réponse au MDI

Le MDI nous montre qu’il est un instrument au service des classes dirigeantes

Lundi dernier nous avions publié un article ou nous expliquions en quoi Kémi Séba avait une idéologie semblable au sionisme. [Analyse]Le vrai sioniste c’est Kémi Séba lui même

Avant hier sur le site du MDI a été publié une réponse où l’auteur ne nous cite pas mais répond à notre article.Voir la réponse sur le site du MDI.

Servir le Peuple, voilà la ligne suivie par les Red Lions. Nous sommes une organisation du Peuple, pour le Peuple.

Quand nous nous exprimons, nous parlons un langage compréhensible par tout le monde et nous ne sommes pas en train d’essayer d’impressionner quelqu’un.

Quand nous parlons, nous nous adressons au Peuple car, en vérité, c’est pour lui que nous travaillons. C’est lui que nous servons.

La réponse publiée par le MDI est une suite d’insultes écrites dans un langage soutenu. La lecture en est très pénible et difficile.

L’auteur essaye de nous impressionner avec sa culture universitaire et essaye de montrer à quel point il peut nous écraser avec son intelligence. La preuve est l’organisation scolaire de ce texte (I.Introduction, II …). L’auteur ne cherche pas à être compris par les masses. L’auteur parle comme un prof. L’auteur se fiche d’être compris par le Peuple car il regarde vers les classes dirigeantes.

Tout cela montre la vraie nature du MDI. Le MDI, comme la plupart des organisations fascistes,est une organisation petite-bourgeoise. La réponse que nous avons reçu est typique de la classe moyenne qui méprise le Peuple.

On voit aussi que le MDI est composé de cadres typiquement français . Que ce soit sur le fond, comme sur la forme ce texte pourrait être tiré de n’importe quel site fasciste français.

Nous le répétons, le MDI est une organisation petite-bourgeoise typiquement française. Faite par des petits bourgeois issus de l’immigration qui méprisent le Peuple. Des vrais contre-révolutionnaires.

Nous avons donc une organisation petite-bourgeoise qui pousse à la division au sein Peuple. A qui profite le crime à votre avis? Aux grands bourgeois : les impérialistes.

Dans ce texte on peut lire que le mouvement révolutionnaire communiste serait un complot international pour dominer le Monde, un complot dirigé par les juifs de la finance. On peut aussi lire que nous ne pourrions pas être les héritiers de Black Panthers.

Le Black Panthers Party était un parti communiste. Ils se disaient « Noirs, armés et communistes » et voulaient mettre en place le socialisme (système économique basés sur les beoins communs et non sur le profit).

«C’est un programme marxiste-léniniste », disait depuis sa prison Huey P. Newton, président du Black Panthers Party .

Les deux livres à lire pour intégrer le Parti était « les Damnés de la Terre » du révolutionnaire marxiste Frantz Fanon et le petit livre rouge du président Mao Zédong.

Les panthères voulaient s’organiser sur le mode communautaires car aux États-Unis les noirs représentent une vrai communauté homogène. Aujourd’hui en France, nous pensons que l’époque et les conditions nous commandent d’utiliser les mêmes méthodes mais sur d’autres bases que la base communautaire.

De plus les Black Panthers refusaient de s’allier avec les capitalistes noirs, ce que fait le MDI. Par contre les Black Panthers étaient pour la guerre populaire comme les Red Lions.

« Nous croyons que notre combat est une lutte de classes [sociales] et pas une lutte raciale »,disait Bobby Seale, ministre de la défense du Black Panther Party.

Enfin, le MDI nous traite de porcs (Antifa REDPIGS).

A l’heure où la catastrophe nous menace tous, la question écologique est centrale pour le Peuple.

On voit avec quel mépris le MDI traite la Nature et les animaux qui la composent. Avec quel mépris il traite les aspirations écologiques populaires. Les porcs sont de paisibles mammifères qui n’ont rien à voir dans tout cela et qui, en plus, subissent tout les jours la barbarie capitaliste, comme le reste de la Nature.

Mais le MDI se moque du sort des innocents et prône la Barbarie.

Nous les Red Lions, nous assumons la libération des animaux et de la Planète.

La libération de la Planète et des animaux est une question très importante pour tout les mouvements de la Black Liberation qui ont suivi les Panthères (New Afrika, M.O.V.E, Black Riders Liberation Party). Nous n’hésitons pas à critiquer les Panthères quand elles utilisaient le terme porc pour insulter les capitalistes (tout en comprenant qu’à leur époque elles ne savaient pas ce que nous savons aujourd’hui).

Ces choses le MDI semble les ignorer. Car le MDI a pour modèle la Nation of Islam. Vous savez, l’organisation raciste à laquelle appartenait Malcolm X avant son voyage à la Mecque.

Nous précisons que le métissage que nous soutenons n’est pas physique mais culturel.

Une dernière chose. Marcus Garvey (le « daron » de Kémi Séba) se faisait appeler le Moïse noir. Le retour à la Terre promise, si c’est pas sioniste tout ça…

All Power to the People
Black Panthers 1966
Red Lions 2009

Mahmoud Darwish : 13 mars 1941 – 9 août 2008

Nous nous souvenons aujourd’hui du grand poète palestinien Mahmoud Darwish, qui nous a quittés il y a un an. Une biographie wikipédia par ici, un site en arabe et en anglais par , et un site en français encore. Le poème qui suit est issu du recueil « Rameaux d’olivier » (1964), et s’appelle « Identité (Inscris : je suis Arabe) ».

Inscris !
Je suis Arabe
Le numéro de ma carte : cinquante mille
Nombre d’enfants : huit
Et le neuvième… arrivera après l’été !
Et te voilà furieux !

Inscris !
Je suis Arabe
Je travaille à la carrière avec mes compagnons de peine
Et j’ai huit bambins
Leur galette de pain
Les vêtements, leur cahier d’écolier
Je les tire des rochers…
Oh ! je n’irai pas quémander l’aumône à ta porte
Je ne me fais pas tout petit au porche de ton palais
Et te voilà furieux !

Inscris !
Je suis Arabe
Sans nom de famille – je suis mon prénom
« Patient infiniment » dans un pays où tous
Vivent sur les braises de la Colère
Mes racines…
Avant la naissance du temps elles prirent pied
Avant l’effusion de la durée
Avant le cyprès et l’olivier
…avant l’éclosion de l’herbe
Mon père… est d’une famille de laboureurs
N’a rien avec messieurs les notables
Mon grand-père était paysan – être
Sans valeur – ni ascendance.
Ma maison, une hutte de gardien
En troncs et en roseaux
Voilà qui je suis – cela te plaît-il ?
Sans nom de famille, je ne suis que mon prénom.

Inscris !
Je suis Arabe
Mes cheveux… couleur du charbon
Mes yeux… couleur de café
Signes particuliers :
Sur la tête un kefiyyé avec son cordon bien serré
Et ma paume est dure comme une pierre
…elle écorche celui qui la serre
La nourriture que je préfère c’est
L’huile d’olive et le thym

Mon adresse :
Je suis d’un village isolé…
Où les rues n’ont plus de noms
Et tous les hommes… à la carrière comme au champ
Aiment bien le communisme
Inscris !
Je suis Arabe
Et te voilà furieux !

Inscris
Que je suis Arabe
Que tu as rafflé les vignes de mes pères
Et la terre que je cultivais
Moi et mes enfants ensemble
Tu nous as tout pris hormis
Pour la survie de mes petits-fils
Les rochers que voici
Mais votre gouvernement va les saisir aussi
…à ce que l’on dit !

Donc

Inscris !
En tête du premier feuillet
Que je n’ai pas de haine pour les hommes
Que je n’assaille personne mais que
Si j’ai faim
Je mange la chair de mon Usurpateur
Gare ! Gare ! Gare
À ma fureur !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 21h01, sortie samedi à 22h10.

Exposition sur la Nuit de Cristal

Si vous êtes de région parisienne ou bien simplement de passage, Hapoel s’occupe de vos week-ends !

À l’occasion du 70ème anniversaire de la Nuit de Cristal le 9 novembre 2008, le Mémorial de la Shoah avait organisé une exposition. Celle-ci a de plus été prolongée en janvier dernier, et cela jusqu’au 30 août 2009.

Il ne reste donc plus que trois semaines pour aller visiter cette exposition.

Concrètement, elle se tient au niveau 1 du Mémorial de la Shoah, l’entrée étant bien sûr libre. Le Mémorial de la Shoah se situe à Paris, entre les métros Pont-Marie et Hôtel-de-Ville, et ouvre tous les jours (sauf le samedi) de 10 h à 18 h, et le jeudi jusqu’à 22 h.

Pour plus d’informations, on se reportera au website de l’exposition « La Nuit de Cristal ».

Pour les Red Lions 94, chantons tous Mazal Tov !

Le très bon website de nos camarades antifascistes du Val-de-Marne, les Red Lions 94.
Sur le Forum Antifasciste, un débat sur le document des Red Lions 94 paru ce mardi sur notre site.
Vive la culture métissée, vive l’offensive populaire !

Le mauvais œil, ou l’exigence populaire de sincérité

Derrière toute superstition populaire, il y a une raison objective, une base matérielle. Et quand cette superstition est commune à toutes les cultures de la Méditerranée voire d’ailleurs, il est encore plus absurde de la prendre avec condescendance et mépris.

C’est justement le cas du « mauvais œil », ou « ayin hara » en hébreu, ou encore « el ayin » (= « l’œil ») en arabe.

Le saviez-vous ?

Le mauvais œil consiste en un mauvais sort jeté par un simple regard envieux, parfois sans même s’en rendre compte. Ainsi, une personne peut faire vous faire des compliments, mais avec des arrières-pensées – avouées ou pas – de jalousie, et… hop, elle vous a « jeté l’œil » !

Les enfants, les animaux, les moyens de transport sont particulièrement sensibles à l’ayin, et il est donc traditionnel, après des éloges, de répondre par une invocation du type « D.ieu préserve » (les personnes musulmanes superstitieuses répondront, elles, « Mash’allah » = « c’est ce que veut D.ieu »).

Une fois atteinte par le mauvais œil, une personne perd son dynamisme et son appétit, semble plus fatiguée, et peut cumuler les maladresses et autres poisses…

Les amulettes sont un moyen traditionnel de se protéger de l’œil. Le fil rouge au poignet gauche est ainsi censé éloigner le mauvais œil, mais il est spécifique aux personnes juives (évitez la laine par respect pour les animaux !). Plus généralement, on pensera au khamsa ou « 5amsa » (= « cinq » en arabe, pour les cinq doigts de la main), voire à une amulette en forme… d’œil justement, le plus souvent bleu.

D’ailleurs, les yeux peints sur les bateaux de l’Antiquité, qu’ils soient grecs, égyptiens ou phéniciens, montrent à quel point cette superstition est ancienne et répandue autour de la Méditerranée.

Il faut également savoir que le mauvais œil existe également chez les ashkénazes. En effet, la Torah elle-même parle de ayin hara, déjà à propos de Sarah qui était stérile et jalouse de sa servante Hagar, mais aussi à propos du roi Shaoul qui est jaloux du futur roi David. Le Talmud en parle également, et précise même que les poissons sont insensibles au mauvais œil !

Voilà pour quelques éléments rapides à propos du mauvais œil.

Mais pourquoi cette superstition est-elle encore aujourd’hui si vivace ? Il faut en fait comprendre que quand on est « déboussolé » par ce qui est nouveau, on se fait happer par l’ancien, qui peut être très ancien…

C’est pourquoi la croyance au mauvais œil est encore très ancrée chez les masses populaires arabes de France, qu’elles soient juives ou musulmanes, qui sont souvent passées brutalement d’Afrique du Nord en France, des campagnes aux villes, bref de la féodalité à l’impérialisme.

Le mauvais œil est donc une trace culturelle de la féodalité, qui n’est sans doute pas prête de disparaître, tellement la vie quotidienne dans le capitalisme peut être absurde, incompréhensible, et tellement nos relations humaines sont déformées par la concurrence… donc par la jalousie qui est justement la base du mauvais œil !

La persistance de cette superstition est encore plus flagrante chez les femmes. En effet, les femmes marquées par tout le poids du féodalisme interprètent les « coups du sort » comme des processus mystérieux, hors de leur portée, car elles subissent une énorme oppression supplémentaire : à tous les niveaux de leur vie, les hommes s’interposent entre les femmes et le monde – comme des ombres…

Pour finir, en quoi la croyance au mauvais œil est-elle populaire ?

Tout simplement parce que cette peur reflète la situation d’oppression, de concurrence et d’isolement qui est le sort des individus exilés dans les métropoles inhumaines du capitalisme. En réaction – évidemment irrationnelle – à cette situation, la lutte contre le mauvais oeil reflète un refus violent de toute hypocrisie, jalousie et mesquinerie.

Le peuple n’en peut plus de la concurrence malsaine, le peuple exige la sincérité ! Seulement voilà, sans drapeau rouge, la lutte contre l’aliénation prend elle-même une forme aliénée !

Red Lions 94 – Le vrai sioniste, c’est Kémi Séba lui-même !

Un document de nos camarades des Red Lions 94. L’original se trouve par là.

La réponse ne s’est pas faite attendre, ne mentionne même pas le document des RL94, et montre bien dans un style extrêmement pénible à quel point l’idéologie du MDI relève de la petite-bourgeoisie intellectuelle déclassée d’origine immigrée. De même, les incessantes insultes contre les animaux montrent à quel point ces fascistes sont éloignés de toute réalité de la Black Liberation d’aujourd’hui aux USA. Sans compter les mensonges sur les révolutionnaires du Black Panthers Party…

Avant toute chose rappelons ce qu’est le sionisme et gardons bien cela en tête.

Le sionisme c’est une idéologie nationaliste née au 19ème siècle parmi les populations juives d’Europe de l’Est et d’Europe Centrale. Cette idéologie prônait l’existence d’un état hébreux pour tout les juifs du Monde. Peu importe leurs nationalités et leurs classes.

Kémi Séba est le Fondateur de la Tribu Ka. La Tribu Ka était une secte (qui avait pris la forme d’association) qui se disait panafricaniste. C’est à dire qu’elle prônait un retour spirituel, culturel et physique vers l’Afrique Noire.

Pour cela la Tribu Ka s’appuyait sur les travaux de Cheikh Anta Diop, un égyptologue et linguiste Sénégalais, qui avait réussi à prouver au Monde que la civilisation égyptienne était une civilisation en grande partie négro africaine et non une civilisation chamito-sémitique de « blancs à la peau noire » comme le prétendait les racistes des puissances coloniales impérialistes.

Cheikh Anta Diop a eu le mérite grâce à la science, à l’époque de la décolonisation, de battre les idées racistes et a contribué à redonner leur dignité aux Peuples dominés par les différents impérialismes (français, américains, russes, anglais, portugais …). Cheikh Anta Diop postule aussi l’existence d’un peuple ancestral qui serait l’origine de tout les peuples d’afrique noirs (sauf les pygmées). Il nomme ce peuple les kémites.

Ce qu’a fait Kémi Séba avec les kémites, les racistes européens l’ont fait avec les aryens.

C’est d’ailleurs pourquoi il a changé de nom, Stellio Capo Chichi devient Kemi Séba (Etoile Noire en ancien égyptien) et invente toute une mystique (culte athonien, cours d’égyptien ancien …) autour du peuple Kémite.

Aujourd’hui encore le MDI possède une branche panafricaine dont les cadres sont proches de la Tribu Ka. Telle les JKS dirigée par Soumaya Fall. Dans un clip de Karifa (un rappeur très proche du MDI) où apparaît Kémi Séba, les premières paroles sont « Hotep ! ! » (salutation en kémite) et dans le fond on aperçoit une croix d’Isis.

On voit donc que Kémi Séba s’appuie sur une mythologie bancale pour dire que les Noirs ne forment qu’un unique Peuple dans le Monde.

C’est à dire qu’il met sur le même plan, par exemple, un noir américain de Los Angeles et un paysan Peul du Mali, un Papou et une jeune femme d’origine sénégalaise ayant grandi à Paris .

De plus il prône leur retour vers l’Afrique pour les noirs de France.

N’est ce pas ce que font les sionistes avec les juifs du monde entier ?

D’ailleurs Kémi Séba signifie étoile noire, Black Star en anglais. C’est le nom de la compagnie de bateau fondée par Marcus Garvey, dont Kémi Séba dit « Marcus Garvey c’est un daron pour moi ».

Seulement, qu’a fait Marcus Garvey avec sa Black Star Line ?

Son projet était de rapatrier tout les noirs américains vers l’Afrique. Une expérience qui a été tentée au Libéria avec des conséquences désastreuses jusqu’à aujourd’hui.

Le projet de Marcus Garvey n’était-il pas sioniste ?Détourner une minorité opprimée vers un ailleurs dont elle est déjà complètement coupée. Vers un passé fantasmé et mythique au lieu du lutter dans la réalité pour obtenir des vrais droits démocratiques et d’autodetermination en tant que minorité nationale.C’est cela l’essence du sionisme. Une essence contre-révolutionnaire.

Unir les gens sur des bases imaginaires au lieu de les unir contre leurs oppresseurs voila le seul but du sionisme. Et les sionismes sont tellement artificiels et bancals qu’ils sont voués à l’échec (cf Israël, le Libéria…).

En tant que bon garveyen Kémi Séba est l’équivalent nègre d’un Sioniste.

Son rôle c’est la division du Peuple et le détrournement des minorités nationales des chemins de la Révolution.

La preuve ? C’est que le panafricainisme de Kémi Séba est uniquement une illusion. Kémi séba n’est absolument pas tourné vers l’Afrique Réelle. De plus on peut se demander ce que cela signifie d’être panafricaniste en France avec des populations françaises ?

Car il faut dire la vérité, les jeunes qui ont grandi en France sont français. Et quand nous allons au Bled nous sommes comme des étrangers.

Jamais nous ne renierons nos origines ni celles de nos parents (que nous soyons arabes, subsahariens, d’Europe du sud, d’Europe de l’est, de Bretagne, de Corse, d’Asie ..).

Mais nous ne mentirons pas : nous sommes français et ici c’est chez nous ! ! !

Aucun africain d’Afrique Noire, aucun arabe d’Afrique du Nord ne peut se retrouver dans la doctrine du MDI. Les valeurs portées par le MDi sont en opposition totale avec les valeurs portées dans les cultures noiire-africaines et arabes.

La doctrine du MDI c’est une doctrine purement européenne, faite par des européens et pour des européens.

Contrairement à des organisations panafricaines comme chachani qui sont réellement tournées vers l’Afrique, Kémi Séba s’appuie juste sur les communautarismes pour diviser un toujours plus les masses.

Le MDI est l’équivalent de la LDJ. En effet, le sionisme de la LDJ n’est que de façade et n’est pas réaliste. Rares sont les membres de la LDJ qui parlent un mot d’hébreux ou qui veuillent et puissent vraiment vivre en Israël. Ils se contentent juste de fantasmer la Terre Promise.

MDI, LDJ, leur rôle est le même. Ce rôle c’est la division du Peuple pour éviter la tempête révolutionnaire qui balayera la classe des capitalistes qui nous oppriment.

Le MDI est dans le camp des oppresseurs il doit être traité comme tel.

Les Red Lions sont dans le camps de la Révolution contre les exploiteurs et les oppresseurs responsables des malheurs du Peuple et de la destruction de la Planète. L’union des opprimés contre les capitalistes est la seule sortie possible.

Nous sommes les héritiers du Drapeau Rouge.

Nous sommes les héritiers politiques des Black Panthers, de Che Guevara, de Malcolm X et de tout les autres révolutionnaires des années 1960-1970

C’est pourquoi nous portons l’offensive métissée et populaire.

Pour l’unité Populaire !
Vive l’offensive métissée et populaire !
Tout le Pouvoir au Peuple !
Vive la révolution !

Red Lions 94.

Contre le sexisme, tolérance zéro !

Nous aimerions revenir sur le match IFK Göteborg – Hapoel Tel Aviv de jeudi dernier, ou plus précisément sur la « troisième mi-temps » qui a suivi. En effet, un incident sexiste aurait suivi la victoire d’Hapoel Tel Aviv, un incident qui remet en cause l’attitude que nous avions jusque là par rapport au football.

Après le match, deux joueurs de Hap TA auraient tenté de violer deux jeunes femmes de Göteborg (Suède), soi-disant pour fêter leur victoire. Une jeune femme a alors porté plainte, et ces deux joueurs (Itai Shekhter et Douglas De Silva) ont été arrêtés à l’aéroport, placés en GAV, et relâchés dès le lendemain.

Le traitement même de l’affaire est déjà écœurant de sexisme, jusque dans le conditionnel que Hapoel est bien obligé d’utiliser.

Nous n’avons aucune idée de ce qu’il s’est réellement passé ce jeudi soir à Göteborg, mais il est clair que la presse met systématiquement en avant la version tellement « virile » des footballeurs, qui expliquent que les jeunes femmes tentent de les faire chanter et qui ramènent une véritable tentative de viol à un simple différend financier.

Le comportement qu’ont eu ces quelques joueurs d’Hapoel Tel Aviv n’est pas un phénomène isolé : ces débordements font partie intégrante de l’environnement des sportifs en déplacement, sur leur terrain de « conquête ».

On peut ainsi citer les joueurs du Barça malmenant une hôtesse de l’air en mai dernier après leur écrasante victoire à Madrid, le saccage de l’avion ramenant les sportifs français d’Atlanta en 1996, ou encore le viol de la lanceuse de marteau Catherine Moyon de Baecque lors d’un stage avec la complicité de l’encadrement national de la fédération d’athlétisme.

On a donc là une pure expression de la brutalité patriarcale dans toute son beauferie sexiste, dont le sport est un des vecteurs privilégiés. Dans le capitalisme, le sport incarne les fantasmes de domination propres au guerrier viril issu du processus de sélection naturelle, à qui tout est permis. Et cela encore plus particulièrement en « terrain ennemi » !

En fait, ces comportements de « troisième mi-temps » sont banalisés à tous les niveaux, du sport professionnel à l’échelon le plus local, avec le consentement tacite de l’idéologie patriarcale dominante. C’est ainsi que ce type de brutalités passent quasiment inaperçues, ce qui les légitime encore davantage.

Mais pour les capitalistes, peu importe le drame vécu par les victimes de la violence sexiste, censées se taire en affichant un sourire de circonstance pour ne pas passer pour des « rabat-joie ».

En raison de la culture d’extrême-gauche du public (et plus généralement de la fédération sportive Hapoel), en raison du prestige qu’a acquis le club en France (notamment suite à la victoire contre le PSG en novembre 2006), en raison du véritable métissage qui règne dans l’équipe elle-même (inimaginable par exemple au Beitar Jerusalem), nous avons toujours suivi et supporté Hapoel Tel Aviv ainsi que l’équipe arabe de Bnei Sakhnin.

Seulement voilà, cette présumée tentative de viol nous ramène durement à la réalité du football capitaliste, pétri de sexisme. Car la culture populaire des supporters, aussi progressiste soit-elle, n’a aucune valeur pour les capitalistes… ni même pour certains footballeurs qui oublient bien souvent d’où ils viennent !

La morale est donc sans appel : malheur aux personnes qui « oublient » le système capitaliste le temps d’un match, car plus dure sera la chute et plus cruelle sera la trahison !

Pas de compromis avec la brutalité sexiste et la culture bourgeoise de la compétition !
Pour un sport du peuple, par le peuple, pour le peuple !

2 août 1944 : la liquidation des tziganes d’Auschwitz

Le camp d’Auschwitz II, plus connu sous le nom de Birkenau, est le pire symbole de l’extermination industrielle des populations juives d’Europe par les nazis. Mais de nombreux personnes tziganes (roms, sintis…) y furent également assassinées.

L’un des épisodes les plus marquants de ce génocide (« Samudaripen » ou « Porajmos ») est ainsi la liquidation, entre le 2 et le 3 août 1944, des 2500 tziganes qui restaient à Birkenau.

En effet, les tziganes avaient été rassembléEs dans une section spéciale, construite à Birkenau en février 1943, et y étaient même regroupéEs par familles. Cela suscitait évidemment de la jalousie parmi la population juive du camp, dont les familles avaient été brisées dès l’entrée du camp (en partie pour finir immédiatement dans les chambres à gaz).

On estime qu’environ 21000 personnes tziganes ont été assassinées à Auschwitz. Les 2500 personnes gazées dans la nuit du 2 août 1944 dans des conditions épouvantables, essentiellement d’origines belge et néerlandaise, étaient donc les dernières, qu’« il fallait un jour » liquider avant de perdre la guerre. Himmler a donc décidé d’en finir, et l’extermination finale fut quasi inattendue.

De manière générale, on estime que le génocide tzigane a touché 200000 à 400000 roms et sintis en Europe. Néanmoins, ce génocide a été beaucoup plus « délocalisé » que le génocide juif, et essentiellement l’œuvre d’Einsatzgruppen (en Pologne) ou des alliés des nazis (en Serbie, en Croatie, avec des camps de tziganes où furent assassinés 99 % de la communauté de Croatie).

Aujourd’hui plus que jamais, à une heure où l’antisémitisme et le racisme anti-rom explosent en parallèle en Europe de l’Est et en Europe centrale (et bientôt en Europe de l’Ouest), il est plus que nécessaire de réaffirmer la solidarité juive – rom, car notre histoire est la même : celle de minorités nationales dans chaque pays, avec des caractéristiques féodales transnationales, et qui se sont trouvées sur le chemin de la barbarie nationaliste la plus frénésique.

Pour nos minorités respectives, il n’y a pas d’autres solutions que de résister main dans la main au fascisme, à une époque où les nazis parlent ouvertement de « solution finale de la question tzigane ». Vive la fraternité juive – rom !

Shavua Tov – שבוע טוב