Shabbat Na’hamou – שבת נחמו

Entrée vendredi à 21h12, sortie samedi à 22h23.

Entrée vendredi à 21h12, sortie samedi à 22h23.
Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas parlé de football, mais les compétitions européennes nous ramènent de l’actualité sportive…
Ainsi, Hapoel Tel Aviv, Bnei Yehuda et Maccabi Netanya ont joué cette semaine, dans le cadre des matchs aller du troisième tour qualificatif de la coupe de l’UEFA.
Mardi soir au stade Bloomfield de Tel Aviv, Bnei Yehuda a battu l’équipe portugaise du FC Paços de Ferreira par le score de 1 – 0. Hier soir, toujours à Bloomfield, Maccabi Netanya s’est incliné contre la grande équipe turque de Galatasaray, en marquant en premier mais en encaissant 4 buts par la suite.
Et enfin… Hapoel Tel Aviv est allé s’imposer à Göteborg en Suède, par 3 buts à 1, en partant outsider contre une équipe de l’IFK Göteborg qui a commencé très fort son championnat de Suède.
Les matchs retour se joueront le 6 août. Allez les Rouges !
Comme on fait semblant d’être fair-play, il faut aussi évoquer en passant les matchs du Maccabi ‘Haifa, qui est en qualifications pour la Champions’ League.
Il y a une semaine, ‘Haifa a décroché le ticket pour le troisième (et dernier) tour, en battant l’équipe nord-irlandaise de Glentoran par 6 – 0 à domicile et 4 – 0 à l’extérieur.
Mardi, Maccabi ‘Haifa a donc joué en déplacement contre l’équipe kazakhe d’Aktobe, en concédant un score vierge. Le retour s’annonce donc délicat pour ‘Haifa, d’autant plus avec les règles européennes sur les buts compte-double. Quel dommage pour le football ultra-capitaliste…
— Aucun roman ne doit être plus long que Guerre et Paix. Même Guerre et Paix est trop long. Si la Bible se composait de dix-huit volumes, il y a beau temps qu’on l’aurait oubliée.
— Mais pourtant, le Talmud a trente-six volumes, et les juifs ne l’ont pas oublié…
— Les juifs se souviennent trop. C’est là notre malheur.
Entretien avec Isaac Bashevis Singer.
Juif ! Juive ! Liquide le sioniste sentimental qui dort en toi !

Nous sommes aujourd’hui à la veille de Tisha BeAv / Tish’ah BeAv / 9 Av / תשעה באב, qui est la commémoration de nombreux deuils historiques. Le jeûne de Tisha BeAv débute donc ce soir à 21h33, et se termine demain à 22h18.
Le saviez-vous ?
Tish’ah BeAv, c’est-à-dire le 9 du mois de Av, est un jour de deuil et de lamentations, qui suit de 3 semaines le jeûne du 17 Tammuz, et est accompagné d’un jeûne de 25 heures comme à Kippour.
Traditionnellement, ce jeûne commémore les destructions du premier et second Temples de Jérusalem : d’abord par l’armée de Nabuchodonosor en 586 avant l’ère chrétienne, puis par les l’armée romaine de Titus en l’an 70 de l’ère chrétienne. Il ne reste aujourd’hui du Beth HaMikdash que le Kotel HaMa’aravi, c’est-à-dire le Mur des Lamentations.
Cependant, de nombreuses autres désastres sont survenus un 9 Av aux différentes communautés juives dans le monde :
- le retour des explorateurs envoyés par Moïse en terre de Canaan, qui par leur rapport catastrophique feront regretter aux hébreux le temps de l’Égypte, ce qui retardera de 40 ans l’entrée en Canaan ;
- la destruction du Premier Temple en -586, et la déportation à Babylone ;
- la destruction du Second Temple en l’an 70, et l’exil en diaspora (thèse aujourd’hui controversée) ;
- la chute de la forteresse de Betar en l’an 135, qui marque la fin de la révolte de Bar Kokhba ;
- la destruction de Jérusalem en l’an 136 ;
- l’appel à la première croisade par le pape Urbain II en 1095 ;
- la destruction des communautés rhénanes lors des Croisades, sachant que c’est dans l’ouest de l’Allemagne que l’on trouvait les plus anciennes synagogues d’Europe ;
- l’autodafé du Talmud à Paris en 1242 ;
- le décret d’expulsion des communautés juives d’Angleterre par le roi Édouard 1er en 1290 ;
- l’expulsion des communautés juives d’Espagne en 1492, suite au décret de l’Alhambra ;
- l’attentat antisémite de Buenos Aires en 1994, qui a assassiné 84 personnes.
Au 9 Av, il est donc interdit de se réjouire, de s’embrasser, de manger, de boire, de se laver les mains, de respirer des épices, de porter des chaussures en cuir, et même d’étudier la Torah (ce qui est censé être une réjouissance…).
La veille de Tisha BeAv, donc ce soir, on lit le Livre des Lamentations de Jérémie, ou Meguilat Eikhah. Cette Meguilah s’organise autour de 5 poèmes se lamentant de la destruction du premier Temple, et demandant le pardon à D.ieu pour les péchés des générations précédentes.
À la sortie du jeûne du 9 Av, on a coutume de se laver les mains. Puis suivent sept shabbatot de consolation jusqu’à Rosh HaShanah, dont le premier s’appelle justement Shabbat Na’hamou (« Na’hamou » = « consolez »).
Pour l’aspect plus culturel et moins religieux de Tisha BeAv, il est amusant de constater que certaines communautés d’Afrique du Nord ont déformé au cours des siècles « Tisha BeAv » en judéo-arabe, pour donner un mot qui désigne les personnes trop sérieuses et graves, voire sinistres…
Enfin, on raconte que le Melekh HaMashia’h naîtra un 9 Av, ce jour devenant donc un jour de réjouissance à la rédemption…
… pour se joindre à la petite-bourgeoisie « de gauche », « outrée » par la procédure d’appel au procès Fofana !
Pour rappel, la ministre de la « justice » avait fait appel, lundi 13 juillet après le verdict de l’affaire Ilan Halimi, demandant à ce que soient rejugées les personnes qui avaient écopé de moins que le réquisitoire. Dans la foulée, Youssouf Fofana avait également fait appel de sa condamnation à la peine maximale.
Une semaine plus tard, le 21 juillet, l’Union « Juive » Française pour la Paix (UJFP) émet un communiqué, « Affaire Halimi : crime et instrumentalisation » (reproduit suite à cet article).
Enfin ! Enfin l’UJFP évoque « l’affaire Halimi » ! Car depuis plus de trois ans, jamais un mot pour notre frère Ilan, jamais un mot pour la famille Halimi, jamais un mot sur les préjugés assassins, bref jamais un mot pour les masses juives de France.
Mais venons-en au contenu de ce communiqué…
Au sujet de cette procédure d’appel au procès Fofana, deux écoles s’affontent au sein de la gauche.
L’école rationnelle d’une part, qui explique que l’État français fait semblant de céder au Crif, qui est lui-même un organisme généré par l’État, afin de réimpulser une légitimité à un moment où les illusions « républicaines » sont prêtes à voler en éclats. Cette position va naturellement de pair avec l’absence d’illusions sur la « justice » française pour combattre l’antisémitisme, et est défendue notamment par Hapoel et par Memorial 98.
Et l’école délirante d’autre part, pour laquelle le Crif serait un lobby communautariste, extérieur aux structures de l’État français, et qui ferait pression pour imposer sa loi. C’est à cette école qu’appartiennent tous les antisémites, aussi bien nazis que « de gauche »… mais aussi de façon surprenante l’UJFP !
C’est en tout cas ce que cette « voix juive laïque » explique dans son bref communiqué, après quelques mots de circonstance pour la famille Halimi, bien vite oubliée… Pour elle, « le CRIF et d’autres associations juives confondant justice et vengeance » ont exercé des « pressions communautaristes » sur la ministre de la justice ; « elle s’est exécutée ».
Ces explications sont totalement hallucinantes, et montrent à quel point l’UJFP est intégrée dans la gauche française petite-bourgeoise soi-disant radicale pour laquelle le « lobby juif » – sous ce nom ou sous un autre – tient lieu de vision du monde…
En réalité, les deux écoles qui s’affrontent sur cette affaire se distinguent sur une question essentielle : à qui devons-nous rendre des comptes ?
Pour Hapoel, nous avons des comptes à rendre au peuple en général, aux masses populaires juives en particulier, et ces masses populaires réclament à juste titre la justice et l’intransigeance avec l’antisémitisme.
En revanche, pour l’UJFP, on dirait qu’il s’agit de se justifier en permanence auprès de la « gauche » petite-bourgeoise naturellement infestée de conspirationnisme et d’antisémitisme, en se focalisant sur le Crif mais pour de mauvaises raisons.
Le peuple exige la libération, les minorités nationales exigent de briser le racisme, et les masses populaires juives exigent la justice pour Ilan !
Et que répond l’UJFP à ces exigences populaires ?
Elle met en avant les syndicats de magistrats, qui défendent leurs petits privilèges au sein de la justice bourgeoise. Elle vante les « valeurs de la République qui devraient s’opposer au communautarisme », qui sont des valeurs bourgeoises ne faisant plus illusion pour personne. Et elle appelle à ne pas « confondre justice et vengeance », alors que la justice populaire c’est œil pour œil et coup pour coup !
Ainsi, l’UJFP propose aux personnes juives de se nier au profit d’une bouillie « de gauche » complice de l’antisémitisme, au lieu de se nier au profit du sionisme qui soutient Sarkozy et se nourrit de l’antisémitisme. Bref, l’UJFP propose la même soumission que le Crif aux valeurs de la république bourgeoise, mais dans leur version social-démocrate !
La vérité, c’est que sans comprendre que le peuple n’existe pas aux yeux de l’UJFP, on ne peut pas non plus comprendre que celle-ci sorte un communiqué sur « l’affaire Halimi » sans un mot pour Ilan lui-même. Et pire encore, l’UJFP se permet de mêler sa mémoire à un « communautarisme ethnique et pro-israélien »… alors que notre frère Ilan n’a strictement rien à voir avec l’État sioniste d’Israel !
Voilà ce qui arrive quand on s’imagine ne pas avoir de comptes à rendre au peuple : on sert de « caution juive » à un projet totalement social-démocrate, et on termine comme complice de l’antisémitisme !
Juif progressiste ! Juive progressiste !
N’abandonne pas ton frère Ilan !
Pas de compromis avec l’antisémitisme !
Sers le peuple – rejoins l’Action Antifasciste !
[Dans la suite, nous reproduisons le communiqué de l'UJFP.]
Lire la suite »
Nous fêtons aujourd’hui les six mois du groupe autonome HaPoel HaAntifashisti. Une occasion pour rappeler qu’avec la crise capitaliste, la misère grandissante et l’explosion de l’antisémitisme, il va falloir choisir son camp… et construire le front populaire antifasciste !
Juif ! Juive !
Défends l’offensive métisse et populaire !
Rejoins l’Action Antifasciste !


Juif ! Juive !
Défends ta culture et ton droit à une existence épanouie face aux sionistes et aux fascistes.
Rejette tes illusions sur l’État français.
Ne fais pas confiance aux religieux et à leurs préjugés féodaux.
Rejette le racisme qui empoisonne, emprisonne, divise.
Comprends que ton destin est lié à celui des classes populaires en France, dans la lutte pour une société métissée où le capitalisme aura disparu.
Assimile les fondements de l’autodéfense et de l’action antifasciste.
Organise-toi, sois activiste avec HaPoel HaAntifashisti !
Après avoir plus ou moins fait le tour de la question, nous décidons que mêmes les pires choses ont une fin, et qu’il faut faire un petit bilan à propos de l’attaque de la librairie « Résistances » par la Ligue de Défense « Juive », ainsi que de la riposte de la librairie (qui s’est révélée un piège pour presque toute l’extrême-gauche).
Nous listons donc ici des documents importants, classés pour une fois dans l’ordre chronologique.
Juif ! Juive !
Contre les sionistes et les antisémites, défends ta culture et ta vie !
- Le site de la librairie « Résistances » ;
- Un commando de la LDJ saccage la librairie Résistances, CAPJPO-Europalestine ;
- La librairie Résistances sera ouverte samedi 4 juillet, CAPJPO-Europalestine ;
- Une librairie attaquée, des livres attaqués, HaPoel HaAntifashisti ;
- Ca suffit comme ça !, NPA ;
- Communiqué, les Verts ;
- Communiqué, Parti de Gauche ;
- Oui, il faut dissoudre la LDJ, Indigènes de la République ;
- Rassemblement mercredi soir pour exiger l’interdiction de la LDJ, CAPJPO-Europalestine ;
- Appels au rassemblement du 8 juillet, dont l’intéressant appel de l’Association France-Palestine Solidarité (AFPS) ;
- Ni sionisme ni antisémitisme – refuser la politique bourgeoise du « diviser pour régner » !, PCMLM ;
- Extrême-gauche : la révolution sera aussi judéo-arabe, HaPoel HaAntifashisti ;
- Vidéos et photos du rassemblement pour la librairie, sur Bellaciao.org ;
- Nous sommes au seuil des années 1930, PCMLM ;
- La riposte est en marche, CAPJPO-Europalestine ;
- Dissolution de la LDJ, signez la pétition, CAPJPO-Europalestine et un collectif d’avocats ;
- La question de la contradiction principale et de la contradiction secondaire par rapport à la question de la librairie « Résistances », PCMLM ;
- Librairie « Résistances » : jusqu’où ira la chute ?, HaPoel HaAntifashisti ;
- Prison avec sursis pour les nervis de la LDJ, CAPJPO-Europalestine ;
- Le NPA, le P« C »F, les Verts, le Parti de Gauche… et l’avocat de Faurisson !, PCMLM ;
- L’UJFP : de caution juive à complice de l’antisémitisme, HaPoel HaAntifashisti ;
- « Madoff paiera ! », HaPoel HaAntifashisti ;
- Topic sur la librairie « Résistances », Forum Antifasciste ;
- La librairie « Résistances », Action Antifasciste.

Entrée vendredi à 21h21, sortie samedi à 22h34.
Un document de l’Action Antifasciste, que l’on peut retrouver avec les images ici (plusieurs captures d’écran).
Le 3 juillet 2009, un commando de gens liés au groupe d’extrême-droite « Ligue de Défense juive » a attaqué la librairie « Résistances », située à Paris dans le 17ème arrondissement. Le commando a saccagé la librairie, jetant de l’huile sur les livres, avant de s’enfuir.
Cette action est typique des commandos sionistes menant des opérations coup de poing, afin de se faire passer pour les hérauts de la lutte contre l’antisémitisme, et faire en sorte que le sionisme fasse figure de seul rempart à l’antisémitisme.
Il va de soi que l’action du commando contre la librairie « Résistances » a été dénoncée, mais de très nombreux faits montrent que la situation est bien plus complexe que cela. La culture d’extrême-droite a en effet réussi à s’immiscer de manière très présente dans la solidarité avec la librairie, et ce n’est pas pour rien. La librairie « Résistances » s’est en effet avérée très poreuse avec des conceptions d’extrême-droite.
Le topic ouvert sur le Forum Antifasciste ayant été victime d’une horde de spammeurs puis d’un sabotage, voici un compte-rendu des faits.
Parmi les nombreux problèmes, le premier a été celui de la participation de l’avocat John Bastardi-Daumont. Celui-ci a pris la parole lors d’un rassemblement devant la librairie, après les représentants du NPA, des Verts et du Parti de Gauche, et avant celui du PCF, pour mettre en avant les valeurs nationales. Venu exprès de Nice, il a annoncé la mise en place d’une pétition pour exiger la dissolution de la LDJ.
John Bastardi-Daumont est l’avocat de Paul-Éric Blanrue (auteur de « Sarkozy, Israël et les Juifs », soutenu notamment par Thierry Meyssan et de nombreux proches de Dieudonné). Un site conspirationniste (« Vigicitoyen »), qui a enlevé cette information depuis qu’elle a été diffusé dans des réseaux antifascistes, a également affirmé qu’il deviendrait l’avocat du négationniste Faurisson.Le texe était le suivant et n’a pour l’instant amené aucun démenti, même s’il a été repris puis enlevé par de nombreux sites :
« Au nom de la Liberté d’expression et du droit absolu à la défense, je décide d’accepter de représenter les intérêts de celui pour qui l’absurde Loi Fabius Gayssot a été créée sur mesure, celui qu’aucun ténor contacté n’a accepté de défendre, celui que l’on surnomme « le condamné d’avance »: Le Professeur ROBERT FAURISSON, lors du procès qui l’opposera à la LICRA le 22 septembre prochain à Paris.
Il n’appartient pas à la Loi de proclamer l’Histoire, c’est un non sens juridique.
Ce fut la première forme de censure de la pensée qui naquit dans notre pays.
Depuis, la censure de pensée est devenue protéiforme, particulièrement dans le contexte actuel.
Cette dérive aux effets pervers tragiques nous entraînera tôt où tard vers des tensions communautaires exacerbées, contre lesquelles, en ma qualité de citoyen et d’avocat, je compte lutter.
Car ces tensions ne sont pas le reflet de la France telle que je la conçois: la France qui rassemble.
Je plaiderai la relaxe, et compte bien obtenir. A bon entendeur, en cas d’échec, nous irons jusqu’à la Cour Européenne des Droits de l’Homme s’il le faut. »Source = interview téléphonique, avec son autorisation.
A 30 ans à peine, ce pénaliste actuellement au Liban pour la diffusion de l’ouvrage tant décrié semble ne reculer devant rien.
Courage….Posté par Jérôme P., 27 juin 2009 à 02:57
La librairie a également accueilli, au cours de son histoire toute récente, des figures liées à la culture d’extrême-droite.
Il y a ainsi eu une soirée le 16 mai 2008 avec Gilad Atzmon, qui est un jazzman israélien se revendiquant anti-sémite (mais pas « anti-Juifs »), qui considère que le judaïsme est une idéologie « qui mène le monde à la catastrophe » et qui pense que les « sionistes » sont responsables du krach boursier.
La librairie le présentait simplement comme un « critique acerbe de la politique israélienne » et annonçait cette « soirée spéciale » en expliquant qu’ « Il viendra jouer vendredi 16 mai à partir de 19 H pour tous les amis de la Librairie Résistances ».Thierry Meyssan a également pu organiser une soirée en juin 2007 pour présenter son ouvrage (« L’effroyable imposture 2, manipulations et désinformations »), tout comme le 11 septembre 2008 il y a eu une soirée « 11 septembre » avec le film Reopen911, également dans la veine conspirationniste.
Thierry Meyssan est un intellectuel français, se sentant des affinités avec le Venezuela de Chavez, le Hezbollah et la république islamique iranienne, et auteur du bestseller « L’effroyable imposture », qui considère le 11 septembre comme un complot intérieur aux USA. Il considère Sarkozy comme lié à la CIA et à la banque Rothschild, et est proche de Dieudonné et Soral.Il s’avère en fait que sous un vernis culturel, la librairie « Résistances » (qui met « Sarkozy, Israël et les Juifs » en vitrine) est liée à la CAPJPO-Europalestine, une association de solidarité à la Palestine, sur une ligne « apolitique de gauche ». C’est sur cette base qu’Europalestine s’est présentée aux élections européennes en 2004, avec Dieudonné comme membre de la liste, avant que celui-ci ne parte :
« Dieudonné a transmis à l’AFP un communiqué dans lequel il annonce rompre avec Euro-Palestine. Nous sommes désolés que Dieudonné préfère la fréquentation des Alain Soral et Ginette Skandrani à celle d’Euro-Palestine, fréquentations qui nous pesaient particulièrement comme nous le lui avions fait savoir à plusieurs reprises. » (Communiqué d’Europalestine)
Dieudonné a été porté par Europalestine (11 communiqués sur Dieudonné, ses procès, son spectacle, ses « succès » pour la seule année 2004).
Nicolas Shahshahani, qui est le gérant de la librairie et l’un des cofondateurs d’Europalestine, considère Sarkozy comme « un dangereux agitateur au service du gouvernement israélien ». Lors du procès du commando ayant attaqué la librairie, qui a été arrêté très rapidement, Shahshahani a demandé des dommages et intérêts et a lancé dans l’auditoire « Madoff paiera ! », en référence à un Américain juif ex-milliardaire ayant été condamné à 150 ans de prison pour escroquerie.
Un exemple de tout cet imbroglio est la vidéo que le Nouveau Parti Anticapitaliste a mise en ligne sur son site au sujet de l’attaque, qui est celle mise en ligne sur Dailymotion par « Islam de France ». Si on clique sur les liens, on arrive à des vidéos mettant en avant Soral, Dieudonné, la propagande religieuse, etc.
De la même manière, la pétition contre la « LDJ » ayant un contenu tellement faible, une grande partie des sites de l’extrême-droite la reprend à son compte.Cela montre que l’antifascisme est nécessaire pour ne pas faire le jeu des antisémites et faux « antisionistes ». Les fascistes utilisent le moindre espace pour s’immiscer et distiller la division, le racisme, l’antisémitisme. Être antifasciste, c’est être vigilant, et assumer la clarté.
Majdanek était un camp d’extermination dans la proche banlieue de Lublin en Pologne.
Sa construction est décidée le 21 juillet 1941 par Himmler, le camp est construit en octobre, et la chambre à gaz fonctionne à partir d’avril 1942 jusqu’en juillet 1944. Le camp est évacué vers Auschwitz le 17 juillet 1944 à l’approche de l’Armée Rouge, qui libère Majdanek le 23 juillet 1944.
Les nazis incendient des bâtiments, mais à l’arrivée de l’Armée rouge, la chambre à gaz ainsi que de nombreux baraquements sont préservés. Les Soviétiques retrouvent alors 800 000 paires de chaussures dans le camp, dont on peut voir un infime échantillon à Yad VaShem sous une plaque de verre, juste à côté de boîtes ouvertes de Zyklon B également retrouvées à Majdanek…
On estime que 300 000 personnes sont passées par Majdanek (dont 40 % de personnes juives et 35 % de personnes polonaises non juives), avec une capacité de 50 000 personnes au plus fort de son « activité ». On estime également à 78 000 le nombre de personnes qui n’en sont pas revenues.
Aujourd’hui, Majdanek a la particularité d’être préservé quasi en l’état dans lequel les troupes communistes l’ont trouvé (avec néanmoins un indispensable mausolée), contrairement par exemple à Auschwitz qui est transformé en musée.
Ni oubli ni pardon ! Nizkor !
[Le site du musée du camp de Majdanek ; des photos (extrêmement dures, mais qu'il faut savoir affronter) de Majdanek à l'USHMM ; des informations sur les prisonniers de guerre soviétiques et les chaussures retrouvées à Majdanek par là.]

Au tournant des 19ème et 20ème siècles, toute une série d’affaires antisémites éclatent en Europe centrale et orientale. Leur base commune est l’ancestrale accusation de meurtre rituel pour préparer des matzot, préjugé issu de l’antisémitisme médiéval chrétien.
On citera notamment l’affaire de Tiszaeszlár (Hongrie, 1882), l’affaire de Xanten (Allemagne, 1891), l’affaire Hilsner (Tchéquie, 1899), l’affaire de Kishinev (Moldavie, 1903), et enfin l’affaire Beilis (Ukraine, 1913).
Cette dernière affaire est d’ailleurs souvent considérée comme l’équivalent de l’affaire Dreyfus en France, ce qui n’est pas forcément exact, puisque ce n’est pas le même antisémitisme ni les mêmes secteurs de la société qui entrent en jeu.
Le saviez-vous ?
En mars 1911, un jeune ukrainien de 13 ans, Andrei Yushchinsky, disparaît sur le chemin de l’école. Son corps est découvert une semaine plus tard près d’une fabrique de briques. Une enquête est alors ouverte, et il s’avérera plus tard que, dès le début, les soupçons s’orientaient vers la mère du jeune garçon, la police russe ayant déterminé que le jeune garçon allait sécher les cours.
Mais ce sera contre Menahem Mendel Beilis, un juif père de cinq enfants et gérant de l’usine près delaquelle le corps d’Andrei a été retrouvé, que la police tsariste s’orientera. Beilis est donc arrêté le 21 juillet 1911, après le témoignage d’un allumeur de réverbères indiquant que c’est un juif qui a enlevé la jeune victime.
Il reste en prison pendant deux ans, dans l’attente de son procès. Pendant ce temps, la presse tsariste lance une violente campagne antisémite, mettant en avant la traditionnelle accusation de meurtre rituel.
Au cours du procès lui-même, en octobre 1913, l’empire russe lance ses meilleurs experts pour démontrer la culpabilité de Beilis, notamment le prêtre Justinas Pranaitis (auteur en 1892 de la brochure antisémite « Le Talmud démasqué », une véritable référence encore aujourd’hui…) qui confirme la « thèse » du sacrifice rituel juif. Le procureur général aussi y va de sa déclaration antisémite.
L’allumeur de réverbères, le témoin-clé accablant Beilis, avoue alors avoir été manipulé la police secrète du Tsar, la sinistrement célèbre Okhrana. Menahem Mendel Beilis est finalement acquitté par le jury (qui ne comporte aucun membre de la minorité juive). Il s’installe ensuite avec sa famille en Palestine, puis au États-Unis en 1920, où il décède en 1934.
Il est important de comprendre pourquoi ce déchaînement antisémite est lancé en 1911-1913, et pourquoi c’est une accusation carrément médiévale qui est mise en avant.
Pour cela, il faut savoir que la Russie a très longtemps été un pays féodal, où les serfs et le servage n’ont été abolis qu’en 1861, où les masses étaient encore largement enfermées dans l’arriération des campagnes, et où le tsarisme était un colosse aux pieds d’argile profitant de l’immensité de l’empire ainsi que de l’obscurantisme énorme dans la paysannerie.
En 1905 éclate une insurrection, réprimée dans le sang, qui montre le climat d’agitation révolutionnaire qui a pu régner dans les villes. En 1913, on est donc seulement un an avant la guerre mondiale, mais aussi quatre ans avant la révolution d’octobre 1917 menée par le parti bolchevik de Lénine.
Le tsarisme a donc besoin à ce moment précis de maintenir les masses dans des mobilisations réactionnaires, et utilise donc les préjugés antisémites chrétiens des masses paysannes (alors qu’un antisémitisme moderne de type racial naît également en Russie à la même époque, avec par exemple le « Protocole des Sages de Sion »).
Il n’est donc pas plus étonnant que naisse également une forte mobilisation en faveur de Beilis et contre l’antisémitisme, de la part des intellectuels progressistes russes, comme l’écrivain communiste Maxime Gorki.
Aujourd’hui comme en 1911-1913, la crise capitaliste accentue la tendance à la guerre, et il est donc inévitable que s’aiguisent aussi les divisions racistes du peuple, notamment les rumeurs contre les minorités juive, chinoise et rrom.
Nous listons ici les articles et documents se rapportant à la Ligue de Défense « Juive », à relire en gardant à l’esprit deux points essentiels :
- le sionisme et le racisme ne servent pas l’autodéfense juive, seule l’unité métissée et populaire peut garantir la sécurité de la minorité juive ;
- les fascistes sont des ennemis du peuple, mais doivent aussi être compris comme des « concurrents » de la voie révolutionnaire, en proposant et imposant de fausses solutions aux masses.
- La « Ligue de Défense Juive », Action Antifasciste ;
- Une librairie attaquée, des livres attaqués, HaPoel HaAntifashisti ;
- Retour sur le rassemblement sioniste à Vitry (94), HaPoel HaAntifashisti ;
- La LDJ et l’héritage des FTP-MOI, HaPoel HaAntifashisti ;
- Entre le CRIF et la LDJ, HaPoel HaAntifashisti ;
- Retour sur l’agression de mercredi dernier dans le XI, HaPoel HaAntifashisti ;
- Baruch Goldstein, ou les arrières-pensées génocidaires du sionisme religieux ultra, HaPoel HaAntifashisti ;
- D’où vient la Ligue de Défense Juive, HaPoel HaAntifashisti ;
- La LDJ et l’impérialisme français, HaPoel HaAntifashisti.
Suite à l’attaque de la librairie « Résistances » par des fascistes de la Ligue de Défense « Juive », cinq individus ont été interpelés, parmi lesquels quatre sont passés en comparution immédiate le vendredi 10 juillet (dans l’après-midi précédent le verdict de l’affaire Ilan Halimi). On peut lire un compte-rendu chez l’association qui gère la librairie « Résistances ».
Seulement voilà, le compte-rendu de la CAPJPO omet une information gênante, révélée dans le magazine Actualité Juive de cette semaine, et dont les sionistes n’ont pas fini de se délecter…
En effet, à l’issue de sa plaidoirie, l’avocate de la librairie a réclamé 500000 € de dommages et intérêts pour le saccage des livres et des ordinateurs. Devant l’étonnement de la défense, Nicolas Shahshahani le gérant de « Résistances » a lancé en plein procès : « Madoff paiera ! ».
Évidemment, la riposte ne s’est pas faite attendre de la part de Gilles-William Goldnadel, avocat de trois des fascistes de la LDJ, qui a immédiatement demandé que ce « dérapage » soit inscrit dans le dossier.
Car il faut bien comprendre que pour les antisémites, ce Madoff (qui, rappelons-le, a écopé de 150 ans de prison pour escroquerie) est désormais l’équivalent moderne de Rothschild. Et d’ailleurs, Rothschild n’est jamais bien loin chez Europalestine, comme on le voit dans ce communiqué datant de 2006, quelques semaines seulement après l’assassinat de notre frère Ilan (« Ilan Halimi n’était pas un citoyen dépourvu d’attaches communautaires. Sa mère travaille au FSJU, présidé par un banquier milliardaire, David de Rothschild. »).
Comme on s’en rend compte à la lecture du communiqué en question, en 2006 Europalestine parle encore d’un Dieudonné victime d’un « lynchage » par des « officines sionistes », dans un communiqué qui évoque par ailleurs le meurtre d’Ilan, avec une très lourde insistance sur la capacité de la communauté juive à réunir l’argent de la rançon… Mais il n’y a pas de hasard : quand Shahshahani s’écrie « Madoff paiera », il n’est malheureusement pas bien loin du « la communauté juive paiera » de Fofana…
Ainsi, les gérants de la librairie « Résistances » se prétendaient antisionistes, et que voit-on ?
D’une part un soi-disant « antisioniste » qui s’imagine de gauche, et pour qui le grand capitaliste américain Bernard Madoff serait derrière n’importe quel lumpenprolétaire juif happé par le fascisme.
D’autre part un avocat notoirement ultra-sioniste, et qui n’a plus qu’à s’emparer de ce véritable « cri du cœur » de Shahshahani pour se présenter à très bon compte comme combattant l’antisémitisme.
Disons-le clairement : ces prétendus « antisionistes » font directement le jeu du sionisme, et vice-versa : sionisme et antisémitisme sont deux frères jumeaux, deux faces d’une même pièce !
Juif ! Juive !
Brise le jeu des sionistes et des antisémites !
Rejoins l’Action Antifasciste !
La peine maximale ne lui suffit plus : Fofana fait appel de sa condamnation pour l’assassinat de notre frère Ilan Halimi z"l.
C’est ce que le parquet général de la cour d’appel de Paris a confirmé, ce vendredi. L’avocat de Fofana (qui n’est plus ni Coutant-Peyre, ni Ludot, tous les deux révoqués) a quant à lui expliqué que, suite à l’appel du ministère public, son client « voulait en être ».
Il y aura donc un deuxième procès Fofana, ce qui est bien sûr totalement gratuit pour lui puisqu’il a déjà écopé de la peine maximale (dans le droit français bien sûr, pas dans le droit soviétique !).
Espérons, aux côtés de la famille Halimi, que le huis-clos sera levé, et que l’on puisse ainsi comprendre comment le préjugé antisémite a mené à la torture et à l’assassinat.
« Parce qu’aujourd’hui c’est l’antisémitisme, demain c’est le racisme total à l’égard des autres, il faut absolument être vigilant là-dessus. » Ruth Halimi.
JUSTICE POUR ILAN !!!
[L'original (avec des images en prime) est : par là.]
La « Ligue de Défense Juive » (« LDJ ») est un regroupement d’extrême-droite, présent en France principalement en région parisienne, et connu pour ses multiples actions violentes.
Son objectif : faire en sorte que les mobilisations contre l’antisémitisme se transforment en soutien au sionisme et au racisme anti-arabe.
Le nom, le logo, et les drapeaux font référence à la « Jewish Defense League » du rabbin d’extrême-droite Meir Kahane, qui existait aux États-Unis et en Israel.
Celui-ci a développé dans les années 1970 à 1990 un sionisme religieux extrémiste, qui voyait la version de droite du sionisme, le « sionisme révisionniste » de Jabotinsky (l’idéologie du Betar), comme encore trop modérée et trop laïque. Il a par la suite fondé en Israel un parti, Ka’h (= « ainsi », mais réinterprété comme les initiales de « Kahana ‘Hai » = « Kahane vit » après son assassinat), parti qui sera interdit en Israel en raison de son appui à l’illégalité et au terrorisme.Cependant, l’histoire de la « LDJ » de France n’a rien à voir avec l’histoire du kahanisme, et les quelques références ne sont là que pour donner une contenance historique et idéologique à leur racisme et à leur sionisme.
La « LDJ » est en effet née sur les décombres du Betar, une organisation de jeunesse sioniste alliant l’aspect culturel traditionnel des organisations de jeunesse à une branche paramilitaire, le Tagar. Le prestige du Tagar était acquis auprès des masses juives en raison de nombreuses attaques physiques contre des fascistes, mais toutes les forces acquises étaient déviées et lancées dans le sionisme, le soutien inconditionnel à l’État israelien, et les actions contre les partisans de la cause palestinienne.
Le sionisme a subi une dure crise idéologique durant les années 1980-1990, et la « LDJ » est ainsi le produit décadent, et encore plus nihiliste, du Betar-Tagar. Si ce dernier prônait le départ de France comme une condition absolue, la « LDJ » tient elle de l’extrême-droite française anti-arabe, dans sa version juive
Elle soutient politiquement, de manière plus ou moins indirecte, Philippe de Villiers et sa lutte contre « l’islamisation », mais aussi des dirigeants d’extrême-droite qui auraient évolué vers des positions pro-israéliennes.
Le public touché par la « LDJ » est ainsi le même que celui du Betar-Tagar auparavant, mais en plus décadent.
Le Betar-Tagar touchait les masses populaires juives, les poussant à tenter une nouvelle vie sociale en devenant colons en Palestine, et se voulait une organisation en tant que telle. La « LDJ », elle, est davantage tournée vers la culture lumpen ; elle n’a pas du tout une organisation telle que les classiques mouvements de jeunesse juive, mais s’organise autour d’un petit noyau dur, et agrège des sympathisants, souvent jeunes voire très jeunes.Toute la mystification de la « LDJ » repose sur le fait qu’elle prône l’autodéfense de la communauté juive, alors qu’elle ne fait qu’attiser la haine anti-arabe et ne combat en rien l’antisémitisme, ce qui est une position typique du sionisme.
Son idéologie tente de brader pieds et poings liés les masses juives aux fascistes français, dans une logique pogromiste anti-arabe. La « LDJ », tout comme l’État israelien, sont de fausses réponses à la question de savoir comment affronter l’antisémitisme !

Entrée vendredi à 21h29, sortie samedi à 22h44.
Voici un petit panorama récent de l’antisémitisme en Europe Centrale et Europe de l’Est. Panorama restreint, mais très parlant…
Le saviez-vous ?
À Budapest en Hongrie, un homme de 27 ans a été agressé il y a quelques jours par un commando antisémite. Lorsque devant son appartement de la rue Dohany il a répondu oui à la question « es-tu juif ? », il s’est fait très brutalement tabassé.
Toujours en Hongrie il y a quelques jours, la Garde Magyare (officiellement dissoute) a menacé de mort le grand rabbin, et attaqué ses deux enfants, tout cela en pleine rue.
Le 1er juillet, un rabbin de la communauté de Moldavie et ses élèves ont été brutalement attaqués par un commando antisémite, à Pănăşeşti à une trentaine de kilomètres de Kishinev.
En Ukraine, Sergey Kirichenko, l’ancien représentant du Parlement National et juriste de la région de Kherson, a tenu en juin des propos pogromistes :
« L’artificialité et la corruption morale sont répandus par l’intermédiaire des médias contrôlés par des propriétaires juifs ; des metteurs-en-scène et des scénaristes les filment, utilisant des acteurs juifs. [...] Par conséquent, des résidents de l’Ukraine sont dépravés par la drogue, l’alcool, la prostitution, l’homosexualité, le lesbisme et par le taux élevé et dangereux de sans-domicile fixes et de plus en plus d’orphelins. Par le biais d’affaires de jeux de hasard illégaux, ils nous prennent nos derniers kopeks. [...] Les juifs sont coupables des difficultés économiques de Kherson et de l’Ukraine. »
Kirichenko a menacé de pogroms si les juifs qui soi-disant dirigeaient l’Ukraine ne renonçaient pas à leur pouvoir :
« Je préfère qu’il y ait en Ukraine un passage légal des pouvoirs des juifs aux non-juifs, de manière civilisée et tranquille. L’opposition à ce processus naturel ne fera qu’inciter à des conséquences difficiles et il y a de nombreux exemples de cela dans l’Histoire. »
Plus tôt au courant de l’année, Kirichenko avait déclaré publiquement que :
« Les juifs sont des occupants, ils nous ont occupés, ils nous ont volés nos richesses et ils nous contrôlent. [...] Ils créent une situation où un génocide des slaves pourrait avoir lieu. [...] Comme à Gaza, où ils tuent des femmes et des enfants, ils détruisent la nation slave de l’intérieur. [...] Les juifs pensent que nous sommes une race inférieure qui doit les servir, c’est la raison pour laquelle ils perpètrent ces crimes contre nous, des crimes qu’ils n’auraient pas osé perpétrer contre aucun autre peuple. »
En Autriche en mai 2009, un hôtelier du Tyrol a refusé la réservation d’une famille nombreuse autrichienne parce qu’elle était juive, alors qu’à la fin du mois d’avril, deux classes d’un lycée viennois ont dû revenir en urgence d’un voyage à Auschwitz en raison des provocations antisémites systématiques de la part des élèves.
Encore en Autriche en mai encore, des anciens déportés venus pour la commémoration de la libération du camp d’Ebensee (annexe de Mauthausen) ont été accueillis par des saluts hitlériens et même, plus tard, par des tirs (faisant deux blessés). Nous avions déjà traité de cette attaque antisémite par ici.
Toujours en Autriche, les réunions électorales du parti d’extrême-droite sont marquées par des saluts nazis, et 500.000 bandes dessinées gratuites destinées à la jeunesse contiennent des lettres S stylisées façon SS.
Voilà l’ambiance à l’heure actuelle. Par conséquent :
Juif ! Juive ! Pense et agis en adéquation avec la réalité !
Rejoins l’Action antifasciste !
Comme chaque année à la date anniversaire du 16 juillet, l’Association « Les Fils et Filles des Déportés Juifs de France » (présidée par Serge Klarsfeld) organise un rassemblement à l’emplacement du Vélodrôme d’Hiver, Bd de Grenelle (Métro Bir Hakeim), devant la plaque commémorative. Ce rassemblement se tiendra ce soir à 18h30.
De plus, chaque année depuis 1995 se déroule une « Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français », pour commémorer la Rafle du Vél d’Hiv.
Une célébration officielle se tient donc un dimanche proche du 16 juillet, au square de la place des Martyrs juifs du Vélodrome d’Hiver (Paris 15ème, à l’intersection des quais de Grenelle et Branly). Cette année, la cérémonie aura lieu le 19 juillet 2009 à 10h30, devant le monument de la Rafle du Vél d’Hiv.
Dans l’après-midi du dimanche, deux projections de film auront lieu au Mémorial de la Shoah à Paris, en présence de leurs réalisateurs respectifs : à 15h30, « Gare de la douleur » d’Henri Jouf (fiction, 1984, 23 min) ; à 16h30, « Drancy avenir » d’Arnaud des Pallières (documentaire, 1996, 84 min).
Tous les détails sont par là.
Les 16 et 17 juillet 1942, la police française mène une énorme rafle, dans le cadre d’une opération européenne cyniquement dénommée « vent printanier » par les nazis. On estime que 4500 policiers (sans compter les bus réservés auprès de la régie de transports) participent à cette rafle, organisée à la demande des nazis, mais sans leur participation propre.
L’opération visait initialement seuls les hommes juifs immigrés, mais dans un accès de zèle, l’État français prend les devants en visant des familles entières (avec femmes et enfants), et même plus « seulement » juives immigrées.
Durant ces deux jours de traque (pendant lesquels sont largement mis à profit les fichiers de recensement), plus de 13000 personnes juives (3000 hommes, 6000 femmes, 4000 enfants) sont arrêtés et emmenées avec le strict minimum sur soi. Les familles sont séparées, si bien que pour beaucoup, c’est la dernière fois que les enfants voient leurs parents.
Environ la moitié est envoyée à Drancy, tandis que l’autre moitié est retenue prisonnière au Vélodrome d’Hiver, dans le XVème arrondissement de Paris. De là vient le nom de Rafle du Vél d’Hiv.
Ce sont donc 7000 personnes juives qui doivent survivre pendant cinq jours, à s’entasser dans les gradins sans nourriture et presque sans eau, en attendant d’être conduites dans un camp de transit (Drancy, Beaune-la-Rolande, Pithiviers).
Et après les camp de transit, la déportation vers les camps de la mort…
Sur les 13000 personnes juives arrêtées lors de la rafle du Vél d’Hiv, une quarantaine seulement survivront à Auschwitz, parmi lesquelles ni femme ni enfant.
Le représentant de René Bousquet (secrétaire général de la police nationale en zone occupée, ami proche de Mitterrand) sera inculpé en 1979, mais il mourra avant d’être jugé.
Juif ! Juive ! Rejette tes illusions sur l’État français, rejoins l’Action Antifasciste !
Les juifs n’oublient rien, les juives n’oublient rien ! Plus jamais le Vél d’Hiv !!!

[Un article de Mémorial 98 ; l'original est par là.]
Ilan Halimi: retour sur un crime antisémite et sur les manœuvres d’après verdict
La procédure d’appel décidée par le gouvernement n’a rien à voir avec la recherche de la justice. Il s’agit d’une décision concertée avec le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) afin de renforcer le rôle de celui-ci dans la communauté juive, face à des organisations plus remuantes et radicales. La surenchère, portée notamment par l’auto proclamé Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) dirigé par S. Ghozlan, ex-commissaire de police, plaçait le CRIF dans une situation difficile ; il était accusé de tiédeur dans la mobilisation voire de compromission. Le CRIF peut maintenant se prévaloir d’une victoire politique. L’UEJF et SOS-Racisme se sont prêtées à cette mise en scène qui n’apporte rien au combat contre l’antisémitisme et contribue même à le dénaturer. La reconnaissance du caractère antisémite du crime de Fofana, soulignée par le procès et le verdict, est mise en cause par la manipulation judiciaire en cours.
L’avocat F. Szpiner, défenseur en principe de la famille Halimi, a joué un rôle particulier tout au long du procès, notamment dans les médias. C’est lui qui a prétendu vouloir mener le « procès de l’antisémitisme des banlieues ». Comme si un procès d’assises, qui plus est non-public, pouvait remplacer le combat contre le racisme et l’antisémitisme et devait de plus donner lieu à des généralisations abusives.
La manipulation est une constante chez celui qui a toujours incarné la confusion du barreau et du pouvoir. Proche de Chirac, il participe pendant les années 1995-2002 à l’activité de la cellule juridique de l’Elysée (surnommée le « cabinet noir »)autour de D. de Villepin, chargée de suivre les affaires politico-financières. Il fut aussi l’avocat de la Mosquée de Paris et de Dalil Boubakeur dans l’affaire des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo et dans laquelle Sarkozy fit parvenir un courrier de soutien au journal A l’inverse Me Cotta, avocate de la défense, reprend dans une tribune au journal Le Monde l’accusation si vague et dangereuse de communautarisme, tout en concédant l’antisémitisme de Fofana. Elle exploite la sempiternelle référence à l’affaire du RER D (fausse agression antisémite inventée par une jeune femme en juillet 2004) dont la responsabilité repose entièrement sur le gouvernement de l’époque et les médias, qui sans aucune vérification, montèrent l’affaire en épingle. Quel rapport avec Ilan Halimi ?De manière générale, les avocats et le procureur Bilger ont joué avec les médias, se répandant en déclarations et tribunes d’autant moins vérifiables que le procès se déroulait à huis clos. Des débats télévisés ont eu lieu dès le début du procès, notamment une certaine émission de « Mots croisés » tournant à la foire d’empoigne entre les différents avocats des parties civiles et de la défense.
Il faut donc pouvoir s’extraire de l’atmosphère particulière qui a entouré ce procès au cours duquel Fofana a choisi une posture d’islamiste et de héros autoproclamé du monde arabe et a accentué jusqu’à la caricature le contenu antisémite de ses actes. Il a sans doute été conseillé dans ce sens, de même qu’il n’a pas déniché par hasard son avocat E.Ludot, proche d’Alain Madelin et ancien défenseur de Saddam Hussein (voir plus loin sur le soutien de Kémi Seba)
Au-delà de cette atmosphère délétère, le principal constat est qu’il s’agissait bien, pour les chefs de la bande, d’un crime à caractère antisémite, et donc raciste. Fofana n’a pas cherché à enlever une personne fortunée mais un Juif, presque au hasard. Il voulait exploiter la richesse supposée « des Juifs » et leur capacité et habitude de payer pour pouvoir récupérer l’un des leurs. Il a d’ailleurs fait appel à un rabbin, trouvé dans l’annuaire, pour transmettre des messages à la famille, qu’il considère comme responsable de l’échec de son affaire pour n’avoir pas payé l’énorme rançon exigée. Sarah, qui a servi d’appât, a raconté aux enquêteurs la teneur d’une discussion avec Youssouf Fofana : « D’après lui, les Juifs étaient les rois, car ils bouffaient l’argent de l’État et lui, comme il était noir, était considéré comme un esclave par l’État. » À partir de cette première déshumanisation de l’otage, il n’a pas hésité à le torturer longuement. I.Halimi été tondu, poignardé, brûlé, et abandonné mourant le long d’une voie ferrée.Cette question de l’antisémitisme est lancinante et douloureuse, notamment pour la mère d’I.Halimi. Elle accuse les policiers de ne pas avoir tenu suffisamment compte du fait que son fils courait un danger particulier, parce que Juif. Pour elle qui entend mener un combat de principe contre l’antisémitisme, la non-publicité du procès signe une défaite et engendre une inquiétude, la poussant même à une référence abusive à la Shoah : elle déclare ainsi : «… La France aurait pris conscience qu’aujourd’hui, la Shoah recommence. L’état dans lequel Ilan a été retrouvé, ce qu’on lui a fait subir est inadmissible. Si le débat avait été public, la réalité aurait été tout autre », elle assure que jusqu’à sa mort, elle dira « …qu’aucun jeune, quelle que soit son origine, ne doit (pas) être la victime de ce genre de crime… » On peut souhaiter avec elle que tous les crimes et toutes les agressions racistes soient traitées avec sérieux et sévérité.
Séparer ou opposer la lutte contre le racisme et le combat contre l’antisémitisme est en effet injustifiable et produit des dérives
Il est ainsi utile de revenir sur la position adoptée à l’époque par certains courants qui auraient dû y participer.En effet, une partie de la gauche radicale dont la LCR, l’UJFP et le MRAP désertèrent la manifestation de protestation du 26 Février 2006 après la mort d’I.Halimi, appelée par le CRIF, SOS-Racisme et la LICRA.
Les deux arguments avancés par ces organisations pour ne pas participer à cette initiative tenaient à « l’incertitude » sur le caractère antisémite du crime et à la présence annoncée de De Villiers. Sur ce dernier point, SOS Racisme et la Licra expulsèrent immédiatement de Villiers dès le début du cortège et il quitta les lieux alors que le CRIF était disposé à accueillir ce croisé xénophobe.
Mais surtout les organisations abstentionnistes tergiversaient sur le caractère de ce crime et se retranchaient derrière la police et la justice qui n’avaient pas établi le caractère antisémite de l’affaire. Cet étrange prétexte, s’agissant d’organisations habituellement peu enclines à s’aligner sur les analyses policières, témoignait d’une réticence habituelle à s’emparer du combat contre l’antisémitisme, en raison des liens supposés avec la situation au Moyen-Orient.À l’inverse dans les groupes antisémites virulents, Fofana est défendu voire encensé.
Ainsi l’agitateur Kemi Seba s’est proclamé protecteur de Fofana au nom de ses groupes successifs. Voici le courriel que la « Tribu Ka » qu’il dirigeait envoyait à des organisations juives fin février 2006, après l’assassinat d’I. Halimi :
« Message de la Tribu K.A à la communauté juive.
Nous observons depuis ces derniers jours suite à la mort du vendeur de portable Ilan Halimi qu’une véritable chasse à l’homme se dessine envers Y. Fofana, accusé par votre communauté d’être responsable de la mort de l’un d’entre vous.
Nous n’irons pas (par) quatre chemins, que notre frère soit coupable ou pas, nous vous prévenons que si d’aventure, il vous prenait l’envie d’effleurer ne serait-ce qu’un seul des cheveux du frère, au lieu de lui laisser avoir un procès équitable, nous nous occuperons avec soin des papillotes de vos rabbins, et croyez nous, vos pseudo services de sécurité de la LDJ ou du Betar ne vous seront d’aucune aide face à la volonté de justice des nôtres.
Laissez le frère se faire juger équitablement ou vous paierez. Kémi Séba, Fara de la Tribu K.A »
Kemi Seba est de nouveau intervenu dans ce sens lors de l’arrestation de Fofana en Côte-d’ivoire, puis récemment en mai 2009.
Dans cette même dernière période, le « Mouvement des Damnés de I’impérialisme » qu’il dirige maintenant vient d’intégrer dans ses rangs le négationniste vétéran Serge Thion.
L’avocate garaudyste Coutant-Peyre, compagne de Carlos et soutien de la campagne Dieudonné-Soral-Gouasmi, a été quelque temps dans la défense de Fofana avant qu’il la récuse en tant que « juive » et donc dangereuse.
Elle déclare conserver toute son admiration envers Fofana, « extrêmement courageux et très intelligent », comparé aux « militants d’extrême-gauche » des années 80 (Action Directe et RAF). Il ne serait pas coupable de la mort d’I.Halimi en raison de la »complicité objective » policière qui aurait « laissé passer le temps ». Les autorités auraient décidé d’attendre que le drame s’accomplisse afin que survienne une « affaire emblématique » de la montée de l’antisémitisme (voir notre article précédent Procès Fofana : décryptage )Le combat contre le racisme et l’antisémitisme est, plus que jamais, d’une actualité brûlante.
Albert Herszkowicz
MEMORIAL 98
La ministre de la justice (Michèle Alliot-Marie) a annoncé lundi matin que le procureur ferait appel dans le procès Ilan Halimi, suite à un verdict plus léger qu’un réquisitoire déjà pas très lourd. Rappelons que la famille Halimi ne peut pas le faire elle-même, pour certaines raisons légales.
Est-ce une bonne chose ? Sans doute, au moins pour accéder enfin à la levée du huis-clos et à la publicité des débats, demandée depuis le début par Mme Ruth Halimi, la mère d’Ilan z"l.
Mais est-ce que l’État français le fait de manière neutre, sans arrière-pensée politique ? Évidemment pas, car l’État n’a jamais un caractère neutre, surtout quand on voit comment Ilan a été lâché par la police française qui sous-estimait très largement le mobile antisémite.
Dans ce cas précis, l’État donne dans le populisme de manière très marquée, et il faut le dire clairement.
Les masses juives ont toujours mis en avant l’exigence de justice populaire contre la barbarie antisémite dont a été victime notre frère Ilan.
Mais l’État français détourne nécessairement cela de manière populiste, en faisant semblant de « céder » au Crif, l’organisme d’encadrement généré par l’État bourgeois.
Car politiquement, il s’agit ainsi d’assurer un pseudo-prestige à une institution qui en a bien besoin, notamment après son absence de mobilisation le 29 avril dernier, à l’ouverture du procès.
Il faut le comprendre : jamais l’État français ne perd de vue l’encadrement réactionnaire du peuple, et encore moins sur des bases de « diviser pour mieux régner ».
Et là encore, l’État français joue l’encadrement des masses juives, en réimpulsant une légitimité politique à son arme fétiche, le Crif ultra-institutionnalisé, qui est à des années-lumière de l’offensive métisse et populaire contre l’antisémitisme.
Et d’autre part, la ministre de la justice s’attendait tout à fait à une réaction « outrée » des milieux judiciaires (qui répriment sans problème de « conscience » les fils et les filles du peuple). Cette réaction est inévitablement teintée d’arrière-pensées antisémites, vu leur nature de classe petite-bourgeoise, ce qui contribue encore davantage à une « unité inconditionnelle » derrière le Crif.
Mais pourquoi l’État français se sent-il tellement acculé ? Peut-être parce qu’il prend peur en voyant que toutes les illusions se craquèlent et volent en éclats, même au sein de la minorité juive ?
Quoi qu’il en soit, la famille Halimi a besoin de tout notre soutien et de toute notre solidarité, dans un combat qui s’annonce encore très long et très éprouvant.
Hapoel continuera donc à informer sur le procès à venir, ainsi que sur les rassemblements et manifestations qui y sont liées.
On peut arracher un ARBRE, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !
JUSTICE POUR ILAN !!!
Voilà presqu’une semaine que s’est tenu, le mercredi 8 juillet au soir, le rassemblement de « totale solidarité » avec la librairie Résistances.
Rappelons que parmi les orateurs et oratrices invitéEs par la CAPJPO / Europalestine figuraient aussi bien le NPA, le PCF, le PG, les Verts, etc. que l’avocat de Blanrue, l’auteur du livre conspirationniste « Sarkozy, Israel et les Juifs ». Et que cet avocat est censé être (sauf démenti de sa part) l’avocat de Faurisson en septembre pour ses attaques antisémites au Zénith (à l’invitation de Dieudonné en décembre dernier).
Depuis que cette information a été révélée par l’Action Antifasciste le soir même du rassemblement, aucune réaction, aucune autocritique des organisations qui ont participé au rassemblement, alors que toute personne antifasciste savait bien que l’antisionisme d’Europalestine et de sa librairie étaient très poreux au complotisme et à l’antisémitisme qui va avec.
Mais pire encore, on retrouve parmi les signataires de l’appel à manifestation des organisations comme l’Union « Juive » Française pour la Paix (U"J"FP) ou bien Une Autre Voix « Juive » (UAV"J"). De plus, une personne de l’U"J"FP est également montée à la tribune vers le milieu du rassemblement, après le speech du représentant du P"C"F.
Qu’a dit cette réprésentante de l’U"J"FP ? Elle s’est d’abord affirmée comme juive, pour enchaîner immédiatement sur une phrase du type « toutes les personnes juives en France ne sont pas comme la LD"J" ».
Ce qui est clair, surtout quand des fascistes de la LD"J" s’attaquent à des livres à l’opposé de toutes nos traditions, mais qui reste néanmoins une blague sans fin pour toute personne assumant réellement son identité et sa culture juive !
Car quand on affirme de manière matérialiste que la minorité nationale juive en France n’a rien à voir avec l’État sioniste d’Israel, on n’a pas ce besoin pathétique de se justifier d’être d’origine juive, on n’a aucune haine de soi.
Et surtout, on ne se coince pas comme l’U"J"FP dans ce rôle infâme du « juif de service », de la « caution juive », de l’éternelle association autoproclamée juive qu’on invite pour se dédouaner des critiques de tolérance avec l’antisémitisme.
À quoi cela tient-il ?
Pour Hapoel, il saute aux yeux que l’U"J"FP ne représente qu’une frange d’intellectuels de gauche d’origine juive, totalement coupée de la communauté, totalement coupée des masses populaires juives.
Et pourquoi n’a-t-elle plus rien à voir avec les masses juives ?
Tout simplement car l’U"J"FP n’est pas révolutionnaire !
Par sa nature petite-bourgeoise, l’U"J"FP ne comprend pas et ne comprendra jamais que les masses populaires juives exigent la libération, en tant que partie du peuple, mais aussi car elles sont confrontées au quotidien à l’antisémitisme, question qui ne peut être résolue à notre époque que de manière révolutionnaire.
Seulement voilà, les masses n’intéressent pas l’U"J"FP, qui ne fait que se donner bonne conscience en se confinant dans un soutien tout à fait moraliste à la Palestine et au peuple palestinien (sans même dimension de libération nationale arabe).
Et à force de moralisme, à force de se couper de la communauté, à force de refuser la révolution en France comme dans la nation arabe, l’U"J"FP devait bien finir par participer à un rassemblement de solidarité avec une librairie bien peu regardante envers les thèses antisémites défendues dans certains livres qu’elle vend.
L’U"J"FP a trahi notre minorité nationale, en allant jusqu’à applaudir le futur avocat de Faurisson (jusqu’à nouvel ordre). Exactement comme toute l’extrême-gauche petite-bourgeoise bien républicaine qui ne veut rien qui dépasse, sauf à la limite par pur symbolisme.
Disons-le clairement : quand on se complaît dans son milieu académique moraliste de gauche, quand s’en fout de la libération du peuple et de la planète, on ne peut de toute façon pas voir qu’il n’y aura pas de révolution en France sans les masses juives et arabes.
Et on ne peut pas non plus voir que l’antisémitisme est actuellement en plein boom en France, parallèlement à l’aggravation de la crise capitaliste et à l’effondrement de la petite-bourgeoisie.
D’où la totale nullité de l’U"J"FP dès qu’il s’agit d’antifascisme, comme on a pu le voir avec la candidature de Dieudonné – Soral – Gouasmi aux européennes.
Ainsi, dans un communiqué bien tardif, l’U"J"FP avait qualifié Dieudonné de… « démagogue opportuniste » ! Et elle avait embrayé sur la Palestine et le sionisme, alors que la liste « antisioniste » n’avait strictement rien à voir.
Tomber dans ce piège grossier aurait pu prêter à rire, si seulement le courant fasciste représenté par Dieudonné ne menait pas une intense propagande antisémite…
Ce même communiqué se terminait par : « Nous n’avons rien de commun avec la droite antisémite. »
Certes. Mais avec la crise capitaliste, l’U"J"FP n’est pas prête de se sortir de la gauche antisémite en pleine décomposition !
Soyons clairs : Hapoel n’existerait pas si l’U"J"FP n’était pas tellement décevante, si l’U"J"FP accordait une quelconque valeur aux masses juives telles qu’elles sont.
C’est donc avec une certaine tristesse que nous affirmons aujourd’hui que l’U"J"FP s’est faite complice de l’antisémitisme, sans le moindre mot d’autocritique.
Et surtout, nous n’aimerions pas être à la place de l’U"J"FP quand les masses juives se libéreront, et demanderont des comptes aux traîtres.
Juif progressiste ! Juive progressiste !
Assume la révolution métisse et populaire !
Achevons ensemble l’extrême-gauche antisémite !
[Encore un document important des maoïstes du PCMLM, disponible ici, qui tranche comme toujours avec la complicité d'une grande partie de l'extrême-gauche française avec l'antisémitisme.]
Le NPA, le P«C»F, les Verts, le Parti de Gauche et… l’avocat de Faurisson !
Nous, communistes, sommes pour la clarté, parce que nous sommes pour le communisme. Notre identité est positive, nous ne définissons pas seulement « contre » quelque chose. Voilà pourquoi nous sommes pour les grandes séparations. Et les faits parlent d’eux-même avec cette histoire de soutien à la librairie « Résistances ».
En effet, lors du rassemblement de soutien à la librairie parisienne « Résistances » qui a donc été attaquée par un petit commando sioniste qui a saccagé un nombre important de livres, l’avocat John Bastardi Daumont a pris la parole.
Cette prise de parole a eu lieu après celle du propriétaire de la librairie « Résistances » (qui d’ailleurs a parlé du « lobby » puis de « chantage à l’antisémitisme »), celles du représentant du NPA, des Verts et du Parti de Gauche, et juste avant celle du représentant du Parti « Communiste » Français.
C’est dire l’importance qui lui a été accordée ; une membre de la librairie l’a d’ailleurs présenté en le « remerciant beaucoup », et il a affirmé défendre la France, la « république, la « nation » et… la « liberté d’expression. »
Et John Bastardi Daumont y connaît un rayon en « liberté d’expression » : il a défendu l’ouvrage « Sarkozy, Israel et les juifs » (qu’il a d’ailleurs amené devant la librairie « Résistances ») et défendra bientôt… le négationniste Faurisson !
Cela a été révélé par un site… « conspirationniste », qui parle d’un entretien téléphonique avec l’avocat, celui-ci expliquant :
« Au nom de la Liberté d’expression et du droit absolu à la défense, je décide d’accepter de représenter les intérêts de celui pour qui l’absurde Loi Fabius Gayssot a été créée sur mesure, celui qu’aucun ténor contacté n’a accepté de défendre, celui que l’on surnomme « le condamné d’avance» : Le Professeur ROBERT FAURISSON, lors du procès qui l’opposera à la LICRA le 22 septembre prochain à Paris. »Cela signifie donc bien que le rassemblement de soutien à la librairie « Résistances » a une dimension social-chauvine et antisémite. On notera d’ailleurs que l’avocat ne dit pas « loi Gayssot », comme c’est couramment le cas, mais loi Fabius-Gayssot, rajoutant une touche antisémite à sa volonté d’engagement aux services de Faurisson.
Cela signifie donc également qu’il est juste de critiquer la social-démocratie (NPA, PG, les Verts) comme quoi elle sert le fascisme de par son libéralisme, son opportunisme, sa nullité sur le plan antifasciste.
Cela montre encore une fois la valeur de la thèse comme quoi social-démocratie et fascisme sont les deux faces d’une même pièce, comme l’a expliqué Staline !
Quant à la cause palestinienne, elle est une juste cause arabe ; elle ne doit pas être un prétexte pour des gens en France de fantasmer sur une ligne « antisioniste » fantasmatique qui serait révolutionnaire en soi. L’exemple de la « liste anti-sioniste » de Dieudonné-Soral est assez clair comme cela !
Tout cela souligne clairement la justesse de la position du PCMLM d’élaborer un noyau dur fondé sur la science MLM. Dans ces temps de plus en plus troublés, dans une société remplie de spasmes, dans le cadre de la crise générale du capitalisme, il faut savoir être à la hauteur de son époque et des exigences de celles-ci !
[Une analyse des maoïstes, disponible ici, qui tranche clairement avec le reste de l'extrême-gauche.]
Nous sommes au seuil des années 1930
Les récents débats qui traversent une bonne partie de l’extrême-gauche au sujet de la librairie Résistance attaquée par la Ligue de Défense « Juive » méritent qu’on s’attarde sur un point important d’économie politique.
Il y a en effet deux écoles qui s’affrontent, et il y a lieu de les distinguer.
La première école, c’est celle à laquelle nous appartenons, comme de fait toutes les personnes révolutionnaires qui ont un tant soit peu avancé dans la connaissance de l’économie politique.
Pour cette école, l’antisémitisme grandit inévitablement parallèlement à la crise générale du capitalisme. L’antisémitisme repose sur un fond irrationnel, à la fois chrétien et moyen-âgeux (la figure du Juif usurier « ayant tué le Christ »), et complotiste et racial (dans la ligne des fameux faux « Protocoles des Sages de Sion »).
L’antisémitisme est utilisé comme paratonnerre social, et sert de vision du monde à la petite-bourgeoisie, tout comme à la bourgeoisie impérialiste pour ses plans de fascisation. L’antisémitisme est porté par des couches sociales anti-ouvrières, il est ainsi inévitablement lié à l’anticommunisme.
L’un ne va pas sans l’autre, jusqu’à la folie obsessionnelle, jusqu’au délire complet.
L’autre école rejette cette position, qu’elle aime critiquer comme étant une simple reproduction de ce qui s’est passé dans les années 1930. Elle considère qu’il n’y a plus vraiment d’antisémitisme, que les idéologies révolutionnaires sont passéistes.
Pour elle, l’ennemi c’est la droite conservatrice attaquant les « islamo-gauchistes », une droite représentée par Sarkozy, dont la personnalité témoignerait d’un « fascisme moderne ».
Selon cette école, il y a lieu d’être pragmatique, de reconnaître une valeur certaine aux forces islamistes, à toutes les variétés d’altermondialistes sans distinction, etc.
Ce qui compterait, c’est donc que des « individus » courageux (cette école met énormément en avant tel ou tel individu) fassent des campagnes sur de grands thèmes, arrivant tels des sauveurs grâce à une recette miracle (dont le pseudo antisionisme est le nec plus ultra).
En fait, cette école correspond exactement à ce que le PCMLM avait analysé en 2005, suite au référendum sur la Constitution européenne : « La victoire du « non» à la constitution marque l’apogée de l’altermondialisme petit-bourgeois et le début de sa décadence complète. »
C’est simple : dans les années 1990, l’altermondialisme pouvait encore prétendre à être de gauche, ou d’extrême-gauche, ou tout au moins contestataire, voire révolutionnaire.
Aujourd’hui on a tout une clique de gens dont on ne sait pas ce qu’ils sont. Et qui eux-mêmes ne le savent pas, et ne veulent pas le savoir. Une position libérale typiquement petite-bourgeoise.
D’où la place énorme pour le populisme, le complotisme, l’anti-impérialisme en fait carrément chauvin et favorable au bloc impérialiste Paris – Berlin – Moscou, etc.
Et bien entendu, de par la base sociale : l’anticommunisme, l’antisémitisme, le pessimisme, l’esprit mesquin, la perception aigrie des choses, une vision aristocratique du monde, le mépris de la culture populaire et du peuple en général, etc.
La mini crise autour de la librairie Résistance n’est ainsi qu’une première petite tempête, comme on va en compter beaucoup dans les mois, les années qui viennent.
Nous ne pouvons qu’engager nos lecteurs et lectrices à se mettre très sérieusement à l’économie politique. Dans les prochaines batailles, il y a besoin de gens se fiant non pas à leur idéalisme comme quoi « tout ira bien », mais bien de personnes sérieuses, disciplinées, capable d’orienter la lutte de classes des masses populaires, faisant face aux tentatives réactionnaires de les briser, de les dévier.
En clair : ça va faire mal, il faut apprendre à être prêt !
Avant même le verdict du procès des assassins d’Ilan Halimi, un appel (ici) est paru cette semaine dans l’hebdomadaire Actu J : un rassemblement se tiendra lundi soir à 19h face au ministère de la justice, place Vendôme .
Selon nos informations, ce rassemblement serait organisé par Gil Taïeb, de l’ABSI Keren Or (Association pour le Bien-être du Soldat Israelien), structure ultra-sioniste générée par le Crif.
D’ailleurs, on voit bien dans l’encart paru dans Actu J que les sionistes ne font qu’aménager une impasse à notre juste colère, en ne se concentrant quasiment que sur les complices de Fofana.
Nous savons très bien que ce sont le silence, la lâcheté et l’indifférence qui ont tué notre frère Ilan. Mais les bourgeois ne peuvent pas comprendre une vérité fondamentale : le peuple ne balance pas.
Les notables sionistes ne peuvent même pas l’imaginer, car ils sont d’un autre monde, un monde dans lequel ils veulent embrigader les masses juives. D’où le côté bourgeois avec leurs couplets sur les « lois et l’honneur de la République », mais aussi le côté démagogue avec la demande d’exemplarité (qui part naturellement d’une exigence populaire).
Et d’où aussi l’appel à manifester chez les bijoutiers de la place Vendôme, et pas dans un quartier populaire : en réalité, c’est là que les organisateurs sionistes de la manifestation se sentent chez eux…
Ainsi, au lieu de justice populaire, les sionistes organisent un dévoiement populiste et bourgeois.
Quand on voit comment la police française a totalement failli pendant la séquestration d’Ilan en sous-estimant la dimension antisémite, quand on voit comment la police française a pu traiter au tribunal tous les jeunes un peu trop juifs, nous trouvons sincèrement dommage que la mémoire de notre fils, de notre frère Ilan soit instrumentalisée par les sionistes pour nous faire rentrer dans les rangs de la « République ».
On peut arracher un ARBRE, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !
JUSTICE POUR ILAN !!!
Après 10 semaines de procès, le verdict de « l’affaire Ilan Halimi » est tombé ce vendredi soir, devant la cour d’assises pour mineurs. Évidemment, la famille d’Ilan ne pouvait être présente pour cause de shabbat.
Pour toute personne juive, il est clair que le vendredi soir a été choisi pour casser toute vélléité de mobilisation et de solidarité. Concrètement, c’est tout simplement le pendant « préventif » de l’énorme déploiement policier à l’extérieur et à l’intérieur du palais de justice (d’autant plus que des membres de la LDJ passaient vendredi après-midi en comparution immédiate pour le saccage de la librairie « Résistances »).
Concernant le verdict lui-même, Fofana a eu la peine maximale, à savoir la perpète avec 22 ans de sûreté ; ses lieutenants ont pris 18 et 15 ans ; le geôlier antisémite a pris seulement 15 ans, étant de plus mineur au moment des faits ; et l’appât 9 ans de prison (pour une réquisition de 10-12 ans), elle aussi mineure au moment des faits. Pour le reste, il y a l’excellent blog d’Elsa Vigoureux, où on voit que les peines sont globalement légèrement inférieures aux réquisitions.
Pour les parents et les sœurs d’Ilan z"l, pour sa copine Stéphanie, pour ses amis Karim et Jérémy, pour tous ses proches, c’est donc un deuil qui n’en finit pas, un deuil interminable et insupportable.
Nous ne nous aventurerons pas à commenter une décision de « justice ». Mais toute personne — juive ou pas — qui exige une justice véritable, une justice populaire, comprendra totalement Staline quand il explique que :
« En URSS, la loi punit avec la plus grande sévérité l’antisémitisme comme phénomène opposé au régime soviétique. Selon les lois de l’URSS, les antisémites actifs sont condamnés à la peine de mort. »
On peut arracher un ARBRE, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !
JUSTICE POUR ILAN !!!
[Trois articles intéressants d'Alexandre Lévy sur Slate.fr, dont le dernier retranscrit fidèlement l'ambiance dans la salle d'audience : 1 - 2 - 3.]

Entrée vendredi à 21h35, sortie samedi à 22h51.
Au moment même où plusieurs membres présumés de la LD"J" étaient arrêtés mercredi soir pour l’attaque de la librairie « Résistances » d’il y a une semaine , un rassemblement de « totale solidarité » se tenait devant la librairie. [Par ici pour les arrestations, par là pour l'appel au rassemblement.]
Au rendez-vous, la plupart des vieilles boutiques de l’extrême-gauche petite-bourgeoise, moraliste et symbolique, du NPA de Besancenot aux Verts, en passant par le Parti de Gauche de Mélenchon. Ainsi que les immanquables « cautions juives » de l’UJFP (Union « Juive » Française pour la Paix) ou de UAVJ (Une Autre Voix « Juive »).
Pour rappeler rapidement les faits, la librairie « Résistances » est une librairie du 17ème arrondissement de Paris, appartenant à CAPJPO / Europalestine, et tenue par Olivia Zémor et Nicolas Shahshahani. Elle a été attaquée la semaine dernière par un commando de la Ligue de Défense « Juive » (qui dément naturellement toute implication).
Certes, cette librairie (et plus généralement la CAPJPO / Europalestine) développe l’indispensable solidarité avec la Palestine, mais sur des bases plus que poreuses par rapport à l’antisémitisme et au complotisme. Ainsi en 2004, c’était déjà Europalestine qui s’était liée à Dieudonné et Soral (qui étaient déjà des antisémites notoires), avant de les désavouer, bien tardivement…
Mais chassez l’antisémitisme par la porte, il revient par la fenêtre.
Car la librairie « Résistances » distribue encore les livres de Thierry Meyssan, le fameux complotiste qui sert d’analyste « géopolitique » au courant fasciste de Dieudonné et Soral.
Elle distribue également un ouvrage antisémite récent de Paul-Éric Blanrue, « Sarkozy, Israel et les Juifs », qui se trouvait ainsi en vitrine au moment de l’attaque par la LDJ. Dans ce bouquin, Blanrue développe un complotisme antisémite servant de conception du monde à l’impérialisme français, ultra-agressif contre l’impérialisme américain concurrent.
Mais les thèses antisémites de ce livre largement défendu par les « nationaux-révolutionnaires » se retrouvent très largement dans l’extrême-gauche petite-bourgeoise bien française, pourvu que l’on gratte un peu le vernis.
Venons-en donc aux faits.
Lors du rassemblement de mercredi soir, Olivia Zémor a fait monter à la tribune un avocat, qui a annoncé qu’il préparait une pétition pour la dissolution de la LDJ. [Vidéo par ici, avec les « magnifiques » drapeaux du NPA.]
Or il s’avère qu’il s’agit de l’avocat de Blanrue, John Bastardi Daumont. [À droite sur la photo. À gauche, c'est Jacques Vergès, l'avocat entre autres de Klaus Barbie, chef nazi de la Gestapo de Lyon.]
Très bien, un antisémite est en vitrine dans une librairie, que son avocat vient « défendre » en retour : rien d’anormal a priori pour des antisémites.
Seulement voilà, ce même avocat a annoncé qu’il défendra en septembre… Robert Faurisson ! [Source : par ici.]
L’Avocat de Paul Eric Blanrue persiste dans son combat pour la liberté d’expression.
L’Avocat de Paul Eric Blanrue auteur du Livre « Sarkozy Israel et les Juifs », John Bastardi Daumont, annonce une nouvelle action qu’il mènera prochainement contre la censure :
« Au nom de la Liberté d’expression et du droit absolu à la défense, je décide d’accepter de représenter les intérêts de celui pour qui l’absurde Loi Fabius Gayssot a été créée sur mesure, celui qu’aucun ténor contacté n’a accepté de défendre, celui que l’on surnomme « le condamné d’avance »: Le Professeur ROBERT FAURISSON, lors du procès qui l’opposera à la LICRA le 22 septembre prochain à Paris.
Les choses sont donc claires : dans la petite-bourgeoisie se croyant d’extrême-gauche, on passe bien vite de la Palestine à Faurisson, et cela sous un tonnerre d’applaudissements…
Pour les antifascistes, tout cela était prévu [par exemple dans notre introduction à cette analyse des maoïstes]. La crise capitaliste s’approfondit, la petite-bourgeoisie s’effondre, l’antisémitisme explose.
Et les boutiques d’extrême-gauche qui se la sont jouée avec la solidarité avec la Palestine (notamment en janvier dernier, main dans la main avec les islamistes), mais sans rien assumer des positions révolutionnaires du FPLP et du FDLP des années 1970, ces boutiques petites-bourgeoises craquent totalement, et ne résistent même plus aux appels de pied des antisémites d’extrême-droite.
Une chose est certaine : nous ne voudrions pour rien au monde être à la place de la direction de l’UJFP à l’heure actuelle. Ni à place du NPA, des Verts ou du Parti de Gauche, toute cette petite-bourgeoisie s’imaginant de gauche.
Car quand les masses juives et arabes se soulèveront en France, elles demanderont des comptes implacables à toute cette merde opportuniste d’extrême-gauche, d’une part pour sa complaisance avec des antisémites proches de Faurisson, et d’autre part pour ses manipulations sur le dos du peuple palestinien sans perspective de libération nationale arabe.
Ainsi, toute une frange de l’extrême-gauche sombre en ce moment dans la complicité avec l’antisémitisme, couverte par l’éternel alibi des éternels « juifs de service ». Et il est tout à fait vain d’attendre la moinde autocritique.
Juif antifasciste ! Juive antifasciste !
C’est aujourd’hui qu’il faut rejoindre Hapoel !
C’est aujourd’hui qu’il faut rejoindre l’Action Antifasciste !
Car si ce n’est toi, qui ? Si ce n’est maintenant, quand ?
[Pour rappel, l'Action Antifasciste informe et débat sur son forum de l'attaque de la LD"J" et de la contre-attaque de « Résistances ».]
Pour toute personne juive et non juive de France, il faut que l’affaire soit claire : Ilan Halimi z"l a été enlevé en tant que juif, et mis à mort en tant que juif.
Les préjugés antisémites ont tenu une place centrale (et meutrière) durant tout le calvaire d’Ilan z"l, depuis les tentatives d’enlèvements sur lesquelles le « gang des barbares » s’est « fait la main », jusqu’à son assassinat le 13 février 2006, le corps brûlé sur 80 % de sa surface.
Et que voit-on ? Qu’il n’y a que deux personnes poursuivies avec l’antisémitisme comme circonstance aggravante.
Et que pour ces deux bourreaux et assassins antisémites, l’avocat général a requis des peines « un peu légères » (pour reprendre les mots d’une des victimes du « gang des barbares ») : perpétuité mais peine de sûreté de 22 ans pour Fofana, et 15 ans pour l’autre bourreau (sans compter les remises de peine…).
Faut-il rappeler, à l’heure où le jury vient hier d’entrer dans les délibérations sans doute jusqu’à vendredi soir, que dans l’URSS de Staline, ces barbares racistes auraient subi le même sort qu’ils ont réservé à notre frère Ilan z"l ?
Mais attendons le verdict, gardons notre sang froid et soyons scientifiques : pour comprendre comment les préjugés antisémites ont mené à l’assassinat, il faut savoir quels sont ces préjugés.
Car sans cette compréhension, pas de vision d’ensemble de la lutte contre l’antisémitisme, et pas d’autodéfense juive politiquement à la hauteur.
Et ce que nous voyons, c’est que Fofana est un antisémite tellement français : son antisémitisme est essentiellement un antisémitisme européen, sur lequel s’est greffée une idéologie salafiste mal digérée.
Bien évidemment, les sionistes ne peuvent pas le voir, aveuglés qu’ils sont par leur racisme, leur haine et leurs projets de division.
Quant aux médias, ils tentent de préserver la « pureté » de la France et de présenter l’antisémitisme comme un élément « étranger », en s’obstinant à rappeler que Fofana est « d’origine ivoirienne », voire « franco-ivoirien ». Et cela alors qu’il a été extradé de Côte-d’Ivoire précisement car il n’était pas ivoirien, et qu’au procès il n’a même pas su dire quelle y était l’ethnie majoritaire.
Concrètement, pourquoi les victimes de la bande à Fofana étaient-elles très majoritairement juives ? Pourquoi est-ce Ilan z"l qui a été enlevé ce 21 janvier 2006, alors qu’il n’avait rien demandé à personne ?
À cause du préjugé antisémite, extrêmement répandu en France, comme quoi « les juifs ont de l’argent », et formeraient une communauté unie et solidaire.
Pour citer Fofana lui-même, ils ont « visé la communauté juive, car c’est eux qui ont de l’argent », « les Juifs sont les rois, ils bouffent l’argent de l’État », etc. Et que faire si la modeste famille Halimi ne payait pas ? « Ce n’est pas possible, les Juifs sont solidaires entre eux. » ou encore « S’ils n’ont pas d’argent, la communauté s’arrangera pour payer. ».
Ce qui explique d’ailleurs que Fofana ait été jusqu’à contacter en derniers recours un rabbin (dont il avait trouvé les coordonnées sur internet…).
Disons-le clairement : le préjugé du juif riche et vivant uniquement dans sa communauté est un ressort classique de l’antisémitisme européen, et même de l’antisémitisme chrétien auparavant.
De même pour les références au « capitalisme juif », ou l’éternel rapport à l’argent, aussi ultra-violent et odieux qu’il puisse être dans la bouche de Fofana : « Le sang d’un juif vivant doit être côté en bourse, et son cadavre encore plus. ».
À côté de cela, la police française a pu retrouver chez un des accusés de la documentation pro-nazie ainsi que des stickers antisémites (alors que beaucoup de personnes impliquées dans l’affaire ne savaient sans doute même pas qu’Ilan z"l était d’origine juive).
Évidemment, Fofana est depuis quelques années en pleine fascination devant l’islam salafiste, d’où ses ridicules références à Al Qaeda, ou bien son invocation « au nom d’Allah, du prophète de l’Islam, des salafistes, des musulmans, des martyrs de l’Islam ».
Mais cette fascination se fait exactement sur le même mode qu’une personne étrangère à sa propre culture, voire sur le mode d’une personne convertie à l’islam.
Ainsi, quand on lui demande quel verset de quelle sourate commande de tuer des juifs, Fofana sèche complètement. Quand on lui demande quel rapport entre le « capitalisme juif » et l’exploitation impérialiste en Afrique, toujours pas de réponse claire. Et quand on lui lit une citation de Frantz Fanon contre l’antisémitisme, Fofana répond qu’il lira le livre de Fanon qu’il a dans sa cellule.
Qu’est-ce que cela prouve ?
Que l’antisémitisme islamiste ou l’antisémitisme à la « Nation of Islam », bien que le plus tapageur et le plus virulent, n’est pas la base de l’antisémitisme de Fofana, il n’est que tardif et encore mal assimilé.
Que ce sont le préjugés antisémites les plus classiques et les plus ancrés qui ont poussé à l’enlèvement d’Ilan Halimi z"l, puis à sa mise à mort comme « n’étant qu’un juif ».
Et qu’il n’y aura pas de véritable sécurité et de véritable épanouissement pour notre minorité nationale sans unité révolutionnaire du peuple, contre le racisme et pour la solidarité.
Car voilà la seule voie pour éviter de revivre la tragédie d’Ilan z"l : d’une part lutter contre l’antisémitisme encore à l’état de préjugés, en semant une culture positive, lumineuse, internationaliste ; d’autre part lutter contre les antisémites qui exploitent les préjugés au sein du peuple, et là tous les coups politiques sont permis.
Vive l’amitié et la fraternité antiraciste au sein du peuple ! JUSTICE POUR ILAN !!!
Dans les années 1950-1960, beaucoup de personnes juives se sont engagées à l’extrême-gauche… Du côté trotskyste on trouve par exemple Daniel Gluckstein, Henri Weber, Alain Krivine, Daniel Bensaïd, Barta, Pierre Franck, Pierre Lambert, du côté anarchiste on a bien sûr Daniel Cohn-Bendit, du côté maoïste on a Robert Linhart, Alain Geismar, Benny Levy…
Les deux organisations les plus créatives et les plus actives, la Ligue Communiste Révolutionnaire et la Gauche Prolétarienne, ont compté dans leurs rangs beaucoup de personnes juives, au point même que cette composante juive doit être vraiment prise en compte pour comprendre l’histoire de ces organisations.
Il y a ainsi cette blague datant de la LCR des années 1970 : « Pourquoi ne parle-t-on pas yiddish au bureau politique de la Ligue communiste ? Parce que Bensaïd est séfarade ! »
Alors pourquoi en 2009 se retrouve-t-on avec une extrême-gauche française qui, dans sa très grande majorité, ne parle pas d’Ilan et considère l’antisémitisme comme quelque chose de finalement « tout à fait secondaire » ?
Un des raisons est simple : l’extrême-gauche de mai 1968 voulait la révolution. Aujourd’hui l’extrême-gauche française se contente d’un style de vie petit-bourgeois, sans grandes idées ni envie de tout renverser.
Pas étonnant que les masses restent à l’écart, y compris donc les masses juives, qui en raison de l’antisémitisme sont pourtant prêtes à aller de l’avant.
Mais l’extrême-gauche française, dans sa grande majorité, n’a pas de grande ambition. Alors, tant qu’à faire du légalisme, les intellectuels progressistes issus de la communauté juive s’enferment directement dans la social-démocratie, dans la gauche « raisonnable ».
Et les masses juives ont perdu tout rapport avec les intellectuels progressistes passés dans le camp de la révolution, qui ont en quelque sorte « oublié » d’où ils venaient.
Le même phénomène touche les personnes d’origine arabe : pourquoi iraient-elles faire confiance à une extrême-gauche qui se bat pour quelque chose d’idéaliste ? Sans compter que les personnes arabes ont un grand patrimoine culturel, qu’elles ne comptent pas abandonner dans un grand élan idéaliste.
Ainsi, le peuple souffre concrètement, les travailleurs souffrent concrètement, les minorités nationales souffrent concrètement, voilà pourquoi il n’y aura pas de révolution en France sans que les personnes juives et arabes se lancent dans la bataille : elles sont le témoin d’une juste ligne de masse.
Il n’y aura aucun progrès de la révolution en France sans que la lumière de l’amitié judéo-arabe ne brille comme lumière témoin de l’unité de tout le peuple balayant le vieux monde.
L’extrême-gauche ferait donc bien de tout faire pour abattre les projets fascistes visant à monter les personnes juives contre les personnes arabes et vice-versa. Il en va de la possibilité même de la révolution.
Et Hapoel est une contribution à cette bataille pour l’unité populaire, cette longue marche, cette longue quête…
[Une analyse par les maoïstes de l'attaque de la librairie « Résistances » par la Ligue de Défense « Juive » (qui dément sur son site toute implication), et du rassemblement de solidarité qui doit suivre ce soir. Cette solidarité montre bien la nullité de l'extrême-gauche française par rapport à l'antisémitisme, qui sert à terme le fascisme. L'original est par là.
Toujours à propos du rassemblement de ce soir, l'Association France-Palestine Solidarité (AFPS) a émis un communiqué appelant à y participer, mais sans appeler à la « solidarité totale » comme le font le NPA, les Verts, etc. C'est une bonne chose, mais l'AFPS n'assume pas jusqu'au bout, et se retrouvera peut-être bien à manifester avec aussi des fascistes à la Dieudonné.
Pour les antifascistes, il n'y a pas de tolérance ni de perméabilité possible avec l'antisémitisme !]
Ni sionisme ni antisémitisme – refuser la politique bourgeoise du « diviser pour régner » !
La crise générale du capitalisme charrie, exactement comme dans les années 1920-1930, un irrationalisme énorme que les révolutionnaires doivent impérativement comprendre et briser. Et comme nous l’avions prévu, les élections européennes, avec la liste antisémite de Dieudonné – Soral – Gouasmi, marquent bel et bien une rupture entre deux époques.
La nouvelle époque qui s’ouvre est caractérisée par l’indiscutable avancée de la culture fasciste, de l’antisémitisme débridé, du chauvinisme le plus étroit, du nihilisme et de la décadence comme style de vie.
Cette réalité est incontestable, et un nouvel exemple nous en est donné avec l’attaque de la librairie Résistance, au nord ouest de Paris. Attaque qui aurait été commise et revendiquée lors de l’action par le groupe fasciste de la Ligue de Défense « Juive ». Lors de l’attaque de nombreux livres ont été jeté par terre et arrosés d’huile.
Cette librairie, connue principalement pour affirmer soutenir la cause palestinienne, ne se gêne pas pour vendre les livres de gens comme Thierry Meyssan, allant même jusqu’à inviter celui-ci pour présenter ses fumisteries conspirationnistes ! D’autres personnages du même acabit, tel que l’antisémite Gilad Atzmon, ont également été invités.
Dans le cadre de ce degré zéro de l’économie politique, et dans le prolongement de ce qui s’est déjà déroulé au moment des manifestation pro-Palestine où les réactionnaires ont possédé une place plus qu’importante, un rassemblement de soutien à la librairie est prévu, dont feront bien évidement parti de nombreux fascistes de la mouvance national-révolutionnaire…. Mais également les Verts, le NPA et le Parti de Gauche !
Voilà donc encore une manoeuvre politicienne :
a) amenant à ce que, une fois de plus, la Palestine soit prise en otage par une pseudo gauche et extrême-gauche qui n’a rien à dire et ne fonctionne que sur le mode du « symbole » ;
b) refusant le principe de l’autonomie ouvrière, semant le trouble et la confusion une fois de plus, en effaçant la démarcation très nette qui doit exister non seulement avec la social-démocratie, mais aussi les fascistes ;
c) plaçant les masses juives de France dans une situation terrible où elles n’auraient le choix que de nier leur propre existence ou bien d’appuyer les sionistes (ce qui revient au même) ;
d) prenant en otage toutes les personnes progressistes, qui se voient placées entre Charybde et Scylla, devant choisir entre le refus de l’antisémitisme et celui de cautionner les activités fascistes des sionistes.
Le PCMLM est pour que les choses soient claires et solides, telle la classe ouvrière. La classe ouvrière doit avoir sa propre politique, et en rien suivre les sociaux-démocrates ni les fascistes !
Le PCMLM a une analyse précise de l’antisémitisme, ainsi que du sionisme comme forme de racisme, et rejette toute forme de compromis, conformément aux principes de l’internationalisme prolétarien !
Le PCMLM rejette l’opportunisme anarchiste et le pragmatisme social-démocrate, qui une fois de plus amène dans le bourbier et la confusion, au lieu de mettre en avant la cause révolutionnaire !
Et il faut encore une fois dénoncer le rôle du NPA, qui vient d’ailleurs de signer un document commun avec le P«C»F pour les élections régionales, preuve ô combien révélatrice de sa fonction social-démocrate, fonction s’exerçant avec la complité passive des anarchistes !
Mardi 7 juillet 2009.
Une interview bouleversante de Stéphanie, parue chez Le Point peu avant l’ouverture du procès. [Cliquer sur « Lire la suite ».]
« Je ne pardonnerai jamais à Fofana. »
La petite amie d’Ilan Halimi parle pour la première fois.Jean-Michel Decugis, Christophe Labbé et Olivia Recasens.

Sur le forum antifasciste on trouve des explications plus que pertinentes concernant l’attaque qui a eu lieu contre la librairie Résistances, au nord-ouest de Paris, et qui aurait été revendiquée par la LD"J".
En effet, si la librairie soutient la cause palestinienne, elle le fait d’une manière plus qu’équivoque, c’est-à-dire avec des portes ouvertes aux thèses complotistes, délirantes, irrationnelles (par exemple en invitant Thierry Meyssan), bref servant l’antisémitisme et le fascisme.
Il est parfois dit de manière erronée que les « extrêmes se rejoignent » ; en fait, ce sont les pseudos extrêmes qui se rejoignent, afin d’empêcher toute alternative progressiste, populaire, révolutionnaire. Ici, on a la LD"J" qui défend Sarkozy et propage une idéologie grossièrement raciste, et de l’autre une pseudo gauche gangrénée par l’idéologie petite-bourgeoise parano.
On notera en tout cas un fait révélateur : lors de l’attaque de la librairie, les livres ont été sortis des rayons, jetés par terre, arrosés d’huile. Cela montre bien que les assaillants – sans doute la LDJ, donc – sont éloignés de la culture juive au possible, ayant basculé dans le sionisme nihiliste.
Le respect du livre est un élément essentiel de la culture juive, comme tout le monde le sait bien. À titre d’exemple, prenons le mémorial aux victimes de l’Holocauste, de Rachel Whiteread, à Vienne en Autriche, ou encore la coutume d’enterrer comme des humainEs les Sifrei Thora usés par le temps.

Entrée vendredi à 21h39, sortie samedi à 22h57.
Dimanche dernier, l’humoriste Gad Elmaleh s’est finalement résigné à annuler sa venue au Liban.
Gad Elmaleh devait initialement monter sur scène les 13, 14 et 15 juillet au festival de Beiteddine, et les places sont parties tellement vite que les organisateurs et organisatrices du festival ont dû rajouter une soirée pour Gad Elmaleh.
Seulement voilà, Gad Elmaleh n’est pas seulement marocain, mais aussi d’origine juive. Ce qui ne devait pas manquer de déchaîner l’antisémitisme des islamistes de ‘Hizballah.
‘Hizballah a donc monté une campagne de haine antisémite, notamment à travers Al Manar, sa chaîne de télévision. Par exemple, les islamistes ont repris sur le site de l’ASBI (« Association pour le Bien-être du Soldat Israelien », institution sioniste ultra) une photo en gros-plan représentant un soldat sioniste en arme, le visage barbouillé de camouflage. Eh bien les islamistes se sont emparés de cette photo et ont prétendu qu’il s’agissait de Gad Elmaleh, qu’il avait servi à Tzahal, qu’il était sioniste.
Le manager de l’humoriste s’est donc senti obligé d’expliquer dans un communiqué : « Gad Elmaleh n’a jamais fait partie de l’armée israelienne. Il est évident que ce n’est pas lui qui figure sur la photo, quiconque connaissant un minimum l’artiste pourra le constater sans peine. ».
Certes. Mais l’antisémitisme fonctionne sur le mode de l’emballement irrationnel, délirant, fantasmatique. Gad Elmaleh a donc vu de face le visage de l’antisémitisme, tout comme Enrico Macias et Arthur avant lui.
Hapoel ne prétend pas que les artistes sont au-dessus de tout, et nous savons très bien qu’Enrico Macias est réellement sioniste. Mais aussi bien Enrico Macias qu’Arthur ou Gad Elmaleh, sionistes ou pas, ont été attaqués en tant que juifs, d’après l’imparable équation « juif = sioniste ».
Ainsi, même des artistes d’origine juive sont confrontéEs personnellement à une haine qu’ils ou elles pensaient jusque là pouvoir éviter. Et encore, certainEs de ces artistes n’ont pas idée de l’antisémitisme quotidien que doivent affronter les personnes juives du peuple !
Voilà, c’est fait : mardi après-midi sont tombées les réquisitions au procès des assassins d’Ilan Halimi z"l.
Durant ce procès qui s’était ouvert le 29 avril, nous n’avons couvert que les moments les plus importants, ou relayé une analyse de Mémorial 98, en considérant que d’autres faisaient ce boulot mieux que nous (voir dans nos liens le blog d’Elsa Vigoureux, reporter au « Nouvel Observateur », ou bien la revue de presse du blog 8clos).
Nous n’avons donc pas couvert les ratés de la police, ni les réactions de la famille Fofana contre le monstre Youssouf, ni ses caprices et ses tactiques de défense odieuses, ni sa fascination malsaine pour les coups médiatiques, ni son lancer de chaussures, ni la récusation de son dernier avocat (commun avec Saddam Hussein), ni les complicités, les lâchetés, voire l’antisémitisme des accusés qui pour beaucoup n’assument rien, ni les « expertises psychologiques », etc.
Afin de ne pas tomber dans l’horreur « gratuite », nous n’avons malheureusement pas non plus couvert les sorties antisémites quasi quotidiennes de Youssouf Fofana, le déroulement de l’enlèvement et de la séquestration d’Ilan z"l, ou les atrocités commises contre notre frère.
Pas plus que les attaques incessantes subies par la famille Halimi pendant ce procès, ou les plaidoiries des parties civiles (que ce soit celle de l’avocat de Stéphanie la copine d’Ilan z"l, ou bien la plaidoirie de Me Szpiner qui a affirmé à Fofana : « Les juifs ont été immunisés pendant 2000 ans, ce n’est pas vous qui allez aujourd’hui faire peur à toute une communauté. »).
Seulement voilà, les réquisitions sont tombées, et nous devions donc faire ce (trop court) récapitulatif du déroulement du procès. Voici les peines requises :
- perpétuité pour Fofana avec peine de sûreté de 22 ans ;
- 20 ans pour deux « lieutenants » qui ont organisé l’enlèvement et la séquestration d’Ilan z"l ;
- 15 ans pour un geôlier antisémite et sadique, avec rejet de l’excuse de minorité (!) ;
- 10 à 13 pour cinq autres geôliers ;
- 10 ans pour le concierge qui avait prêté un appartement et un local en connaissance de cause ;
- 10 à 12 ans pour les « rabatteuses » avec rejet de l’excuse de minorité ;
- 5 à 10 ans pour sept autres complices ;
- une peine ferme pour le père d’un accusé, qui savait mais n’a rien dit ;
- deux acquittements requis.
Verdict après les délibérations du jury, le samedi 11 juillet.
Oui, un shabbat, alors que Mme Ruth Halimi est très pieuse, et a d’ors et déjà fait savoir qu’elle ne pourrait donc pas venir : voilà la dignité que la justice française prétend redonner à une famille meurtrie dans sa chair.
HONNEUR À LA FAMILLE HALIMI ! JUSTICE POUR ILAN !!!
Pour les personnes rationnelles et matérialistes, la religion a un caractère contradictoire, en étant « tout à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle » (Marx). Comme « protestation contre la misère », la religion peut donc porter en elle des valeurs populaires, des expressions du besoin de libération.
Parmi les valeurs qui nous appartiennent, la fraternité entre les peuples tient une place fondamentale. Et donc quoi de plus normal de trouver des formes de fraternité entre les peuples dans la religion, ou au moins dans la manière dont s’en emparent les masses populaires juives ?
Le saviez-vous ?
On peut par exemple citer les sept lois noahides (= «שבע מצוות בני נח » = « sheva mitzvot bnei Noa’h »), qui sont des principes moraux dont l’application par des personnes non-juives peut être une alternative à la conversion (et donc à l’application des 613 mitzvot, pour les personnes pratiquantes).
Dans le Mishneh Torah du Rambam, il est ainsi expliqué dans la lignée du Talmud que « les justes parmi toutes les nations ont une part au monde à venir » (Ha’Olam HaBa), où il faut comprendre « nations » comme « peuples non-juifs ». On trouve aussi chez ‘Habad la traduction (meilleure) : « Tous les pieux parmi les nations détiennent une part au monde futur. ».
Ces « pieux parmi les nations » correspondent aux « ‘Hassidei Oumot Ha’Olam » (חסידי אומות העולם), les personnes non-juives qui les appliquent deviennent des Bnei Noa’h (בני נח), des « fils de Noé », et sont même considérées comme aussi élevées que HaKohen HaGadol (le grand prêtre à l’époque du Temple).
Bibliquement, les sept lois proviennent d’un pacte scellé entre D.ieu et Noé dans la Genèse. Adam et Ève avaient déjà reçu six commandements, résumés dans un verset interprété comme important car il n’apporte « rien » : « L’Éternel Dieu donna cet ordre à l’homme : Tu pourras manger de tous les arbres du jardin. » (juste avant l’interdiction de manger les fruits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal).
Mais quelles sont ces sept lois noahides ? Maïmonide les donne dans cet ordre :
1) interdiction de l’idôlatrie ;
2) interdiction du blasphème ;
3) interdiction du meurtre ;
4) interdiction des « unions illicites » ;
5) interdiction du vol ;
6) interdiction d’arracher un membre à une créature ;
7) impératif d’établir des lois justes.
Une meilleure traduction (encore de Loubavitch) serait :
1) la foi en un D.ieu unique ;
2) le respect dû à D.ieu ;
3) le respect de la vie humaine ;
4) le respect de la propriété d’autrui ;
5) le respect de l’intégrité familiale ;
6) l’institution d’une justice équitable ;
7) le respect dû aux animaux.
On trouve également chez les ‘hassidim des connexions entre ces sept lois noahides et sept sefirot de la Kabbale.
Bien entendu, ces lois prennent un caractère contradictoire : elles sont spontanément comprises comme l’expression de justes aspirations populaires, mais ne sortent pas du cadre de la religion féodale et patriarcale. Les valeurs populaires sont donc tronquées, partielles, aliénées.
Par exemple, l’interdiction du meurtre englobe l’interdiction de l’avortement et le respect de l’intégrité familiale englobe l’interdiction de l’homosexualité, alors que ce sont aujourd’hui deux revendications démocratiques indispensables.
Être à la hauteur de notre époque, cela signifie donc d’assimiler les valeurs que les masses populaires juives assument avec les sept lois noahides (avec au premier plan la fraternité entre les peuples), mais en les développant dans une perspective de libération totale, de démocratie, de communisme.
Par exemple, l’exigence de ne pas arracher de membre à un animal vivant (et de ne pas consommer de sang) ne peut être cohérente à notre époque uniquement en l’étendant à toute exploitation des animaux (viande, lait, œufs, cuir, vivisection, etc.).
En réalité, le peuple trouve toujours un moyen de s’exprimer et de mettre en avant ses valeurs dans sa propre compréhension de la religion. Il en est ainsi de même dans le catholicisme, où on retrouve le principe des lois noahides dans les limbes (qui sont un intermédiaire entre enfer et paradis, où vont les âmes des personnes justes mais non baptisées).
Les masses ont ainsi toujours porté en elles l’exigence de tolérance, de fraternité entre les peuples, d’internationalisme. C’est pourquoi même la piété populaire juive dit avec Mao Zedong :
« Ou bien il y aura le communisme pour tout le monde,
ou bien il n’y aura le communisme pour personne. »
[Deux liens loubavitch mais intéressants : Wikinoah et 7 lois pour l'humanité (notez bien l'étoile rouge sur le drapeau de la Yougoslavie !)]