Archives de juin, 2009

King Without A Crown – Matisyahu

Matisyahu est un chanteur juif new-yorkais de reggae, né le 30 juin 1979, ce qui lui fait donc 30 ans aujourd’hui… sauf qu’il a fait teshuva et est devenu ‘hassid à Crown Heights chez ‘Habad ! C’est donc par le reggae qu’il exprime la grâce. Matisyahu exprime ainsi l’aspiration populaire à la libération et à la joie, par une musique non moins métisse et populaire.

Son site par ici, son MySpace par (qui se trouvaient depuis longtemps déjà dans nos liens).

Yom huledet samea’h – יום הולדת שמח

Entretien avec Zeev Sternhell – Le phénomène fasciste

[Cet entretien avec Zeev Sternhell, mené par Nicolas Zomersztajn, a été une première fois publié dans la revue juive belge « Regards », à Bruxelles en 2000. On retrouve cet entretien sur le site RésistanceS.be. On retrouve également dans la brochure « Antifascisme » une présentation de Zeev Sternhell.]

Zeev Sternhell a consacré de nombreux travaux au fascisme qui ont suscité de violentes polémiques en raison de la thèse originale de l’auteur : « c’est dans la France des années 1885-1914 qu’il faut chercher les racines idéologiques du fascisme ». A l’occasion de la réédition de trois ouvrages sous la forme d’une trilogie « La France, entre nationalisme et fascisme » (chez Fayard), nous avons rencontré cet historien israélien.

Vous considérez que le fascisme n’est pas une parenthèse de l’histoire qui n’appartiendrait qu’à l’entre-deux-guerres…

Je conçois le fascisme comme la forme extrême d’un phénomène idéologique et culturel qui se manifeste par la révolte contre l’héritage de la Révolution française, contre le matérialisme et le rationalisme, contre les principes du libéralisme et contre la conception utilitariste de la société et de l’État. En outre, il faut bien préciser que c’est en France que se trouvent les véritables origines idéologiques du fascisme. Il est le fruit d’une rencontre entre le nationalisme intransigeant et la révision anti-matérialiste du marxisme qui se produit au cours des années 1885-1914. Le fascisme consiste en une idéologie de rupture qui se dresse contre le libéralisme et le marxisme, une troisième voie qui entend jeter les bases d’une nouvelle civilisation anti-individualiste, seule capable d’assurer la pérennité d’une collectivité humaine où seraient parfaitement intégrées toutes les couches et toutes les classes de la société.

Comment expliquez-vous que la révision anti-matérialiste du marxisme soit le filon fondamental de l’émergence de l’idéologie fasciste ?

C’est ici qu’intervient George Sorel (1847-1922). Ce socialiste français joue un rôle essentiel dans la poussée de la synthèse fasciste en ce qu’il est le premier à lancer une révision « révolutionnaire » du marxisme. Il préconise une révolution en dehors de la matrice marxiste traditionnelle. Puisque le capitalisme ne s’effondre pas et que les masses ne marchent pas à coups de raisonnements, Sorel remplace le contenu rationaliste et matérialiste du marxisme par le culte de l’énergie, l’intuition et la violence. Il entend donc corriger le marxisme en y introduisant des éléments irrationnels. La destruction du régime de démocratie libérale est aussi un fondement de la révision sorélienne : il faut bien comprendre que ce courant révisionniste se dresse autant contre le libéralisme que contre le marxisme, car ce sont des systèmes de pensée matérialistes qui considèrent la société comme un simple agrégat d’individus. Enfin, il ne reste plus aux disciples de Sorel qu’à remplacer par la Nation le prolétariat défaillant dans le combat contre la décadence démocratique et rationaliste. Ainsi s’ouvre progressivement la voie vers le fascisme.

Peut-on en déduire que le socialisme mène au fascisme comme on l’entend parfois dans certains milieux de droite ?

Le socialisme ne mène pas au fascisme ! En revanche, c’est par le biais d’une révision anti-matérialiste du marxisme que des socialistes démocrates, comme Marcel Déat en France et Henri de Man en Belgique, glissent vers le fascisme. Pour de Man, l’exploitation est conçue comme une catégorie psychologique et non comme un problème économique. Dans ce cas, l’individu est exploité s’il se sent exploité. Mais s’il sent qu’il est au service d’une grande cause, au service de la patrie par exemple, il sentira qu’il fait partie intégrante de la communauté nationale. Lorsqu’on considère, comme de Man, que les problèmes fondamentaux ne sont pas économiques, on peut commencer à glisser vers le fascisme.

Sommes-nous à l’abri de résurgences du fascisme en Europe ?

Il n’y a pas de raison méthodologique de considérer que le fascisme soit mort en 1945. Une idéologie de rupture comme le fascisme a besoin d’une marge de manœuvre sociologique pour devenir une force politique. Cette marge de manœuvre n’est produite que par une situation de crise économique, politique et morale. On peut penser que la démocratie d’aujourd’hui est plus forte que celle du passé en raison d’une certaine expérience. Mais est-ce une garantie suffisante pour nous assurer que les institutions démocratiques ne s’écrouleront pas une deuxième fois ? De plus, l’économie libérale ne garantit pas l’existence de la démocratie : le fascisme italien était porté par une économie libérale et les Nazis n’ont jamais nationalisé le système économique. Bien que l’Europe ne connaisse pas aujourd’hui les conditions économiques et sociales de l’entre-deux-guerres, le problème de l’émergence de partis d’extrême droite est réel. Je pense que la droite libérale détient la clef du problème. L’expérience nous a appris que la droite libérale a permis à Mussolini d’arriver au pouvoir et qu’elle n’a pas non plus empêché d’y accéder. Si elle ne refuse pas catégoriquement toute forme de collaboration avec les droites extrêmes, nous risquons d’être confrontés à d’énormes difficultés.

Jo Amar z"l

Ce vendredi, le grand chanteur marocain Jo Amar s’est éteint à New York auprès de ses enfants, des suites d’une maladie de Parkinson et de complications cardiaques. Il sera inhumé en Israel cette après-midi.

Yossef « Jo » Amar z"l est né en 1930 à Oujda (au Maroc, à la frontière avec l’Algérie). La légende dit que, jeune homme, il est un jour entré à la synagogue, a commencé à chanter avec sa voix d’or, et a immédiatement été pris comme ‘hazan de la communauté (bien persécutée) d’Oujda.

En 1956, il a émigré en Israel, comme environ 80 % de la minorité juive du Maroc, très pauvre et qui n’avait pas la nationalité française. Là, il deviendra rapidement le haut-parleur de la culture, de la piété et des aspirations populaires de l’immigration marocaine en Israel.

En preque 50 ans de carrière, Jo Amar s’est imposé comme une immense figure de la musique mizra’hit, aussi bien en Israel qu’en France.

Nous mettons ici la vidéo d’un classique de Jo Amar, « Shir HaShikor » (שיר השיכור), c’est-à-dire « La chanson de la personne ivre » (si vous trouvez une meilleure traduction, n’hésitez pas à nous écrire). Cette chanson (reprise notamment par Arik Einstein) parle de la mitzvah du repas faste et joyeux de Pourim, souvent accompagné d’alcool, dont Jo Amar semble s’acquitter volontiers… Notez bien qu’au milieu, Jo Amar se met à chanter… en yiddish (juste après la classique citation du sage Hillel « si ce n’est maintenant, quand ? »).

Nos pensées vont à la famille de Jo Amar z"l, ainsi qu’à ses proches, fidèles depuis l’époque de la ‘hazanout à Oujda.

Tikkun Olam – Michael Jackson z"l

La mort de Michael Jackson est un symbole : celle d’une personne issue du peuple dont la vie et le talent populaire ont été phagocytés par le capitalisme et ce dès son enfance, l’amenant jusqu’à l’absurde, le ridicule ou même le sordide.

Michael Jackson a été une authentique figure artistique, qui par conséquent n’a rien inventé, mais bien produit, c’est-à-dire poussé, élevé la culture à un plus haut niveau. Le symbole de cela en est le Moonwalk, danse qu’il n’a en rien inventée, mais reprise et développée (du breakdance, qui l’a repris du funk, funk qui l’a repris au jazz et à la soul, etc.).

Cette dimension authentique a été récupérée par le capitalisme, utilisée sans commune mesure, faisant de Michael Jackson une entreprise de gigantesque infantilisation, dont lui-même sera une victime.

Star system, show business, culte du génie : tout cela est caractéristique de la tragédie de l’art au sein du capitalisme. Les médias ne manqueront pas de saluer cette figure historique du capitalisme des années 1980-1990, et les masses populaires de l’assimiler, car les individus ne sont rien alors que les masses sont tout.

Pour toutes celles et tous ceux qui ont grandi avec Michael Jackson, nous rediffusons donc ici le clip de Heal The World (sur l’album Dangerous), qui évidemment n’échappe pas à une certaine influence « Témoin de Jehovah ».


Michael Jackson – Heal The World

Note de Hapoel : nous avons fait le choix de parler de Michael Jackson car toute personne en dessous de 35 ans a grandi avec, et cela malgré des paroles antisémites dans They Don’t Care About Us sur l’album HistoryJew me, sue me » puis « kick me, kike me », où « kike » est un terme insultant pour les immigréEs d’origine juive d’Europe de l’Est).

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 21h40, sortie samedi à 23h04.

Retour sur le rassemblement sioniste à Vitry (94)

Mercredi soir, le 24 juin à 20h, s’est tenu un rassemblement sioniste devant la mairie de Vitry (94). Il s’agissait de protester contre le fait que la municipalité « communiste » élève Marwan Barghouti (dirigeant emprisonné de Fatah) au rang de « citoyen d’honneur ».

Nous avons déjà expliqué mardi dernier que les sionistes ne pouvaient pas nous protéger, car ils n’ont pas mobilisé contre les vrais antisémites à la Dieudonné, et cela parce qu’en réalité les sionistes se nourrissent de l’antisémitisme.

Au final, la manifestation sioniste aurait quand même rassemblé environ 200 personnes, ce qui est hallucinant quand on se souvient des mobilisations pour le procès des assassins d’Ilan Halimi en avril et mai derniers (pas en février 2006, bien sûr !), ou de la non-mobilisation par rapport à Dieudonné.

Comme tout le monde s’y attendait, une petite troupe de jeunes de la LDJ est rentrée en force dans la mairie, aux très classiques cris de « Vivra Israel ! Vaincra Israel ! », ce qui a provoqué la (brève) suspension du conseil municipal alors qu’il débattait de la proposition sur Marwan Barghouti.

Mais parallèlement à cet aspect « jeune sioniste motivé », il faut bien voir que ce rassemblement fait totalement partie de l’encadrement politique de notre minorité. Car presque tous les cadres de la communauté juive du 94 qui étaient présents sont bel et bien des notables, des bourgeois.

Et c’est sans compter l’appui de cadres sionistes de niveau national, comme ce dirigeant du FSJU qui explique tranquillement que « si pendant la guerre, les communistes étaient du côté des résistants, aujourd’hui ils sont proches des terroristes, des antijuifs, des collabos ». Il faut que le prestige du Parti « Communiste » soit tombé bien bas pour qu’un sioniste se permette de rappeler la résistance communiste au nazisme tout en traitant le P«C»F de « collabos »…

Mais n’oublions surtout pas la guest-star : Richard Prasquier, le président du Crif ! Celui-ci est venu faire un tour avant la fin du rassemblement à 22h, après avoir accueilli Bibi Netanyahu à Paris. D’ailleurs, dans son discours à l’adresse de Netanyahu, Prasquier n’a pas hésité à citer Jabotinsky, ou à affirmer : « Nous sommes Juifs, français et sionistes. »

Oui, à la fois sionistes et français, car le Crif est en réalité un organisme de l’État français, un organisme bourgeois pour gérer, quadriller et isoler la communauté juive de France. D’où les drapeaux bleu-blanc-rouge au rassemblement de Vitry. D’où la Marseillaise chantée à la fin de ce rassemblement. Et d’où le racisme de Prasquier contre « ceux que les communistes pensent être leur électorat » (= la minorité nationale arabe, pour celles et ceux qui n’auraient pas compris…).

La vérité, c’est que l’aspect « jeune sioniste énervé » de la LDJ, et l’aspect « vieux sioniste bourgeois » ne sont qu’une contradiction apparente. Ces deux aspects forment une seule et même réalité, celle de l’encadrement sioniste de notre minorité, aussi bien par « en haut » que par « en bas ».

La vérité, c’est aussi que les masses populaires d’origine juive n’ont rien à gagner à se soumettre à l’État français, comme le voudraient les sionistes avec leurs drapeaux tricolores. Car nous ne sommes pas confrontéEs à Barghouti (qui est au demeurant un résistant palestinien), mais bien à un antisémitisme en pleine explosion et de plus en plus politique.

Un antisémitisme qui demain sera à nouveau assassin, mais que les sionistes ne veulent pas affronter (car il les arrange bien trop), et qu’ils ne peuvent pas affronter (car ils nous isolent du peuple de France).

Juif ! Juive ! Brise l’hégémonie sioniste !
Ose défendre l’unité révolutionnaire du peuple !

[Dans la suite, nous retranscrivons une dépêche AFP telle qu'elle est parue sur le site du journal Le Monde.]

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Rencontre avec Zeev Sternhell

Ce samedi, le 27 juin, se tient une rencontre avec Zeev Sternhell, le théoricien israelien antifasciste, qui considère la France comme berceau des premiers mouvements fascistes au monde (ce qui est bien évidemment nié par les historiens français).

Cette rencontre se déroulera samedi de 14h30 à 18h, à l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm à Paris (45, rue d’Ulm à Paris, pas loin du Panthéon), en salle Dussane.

Attention, il faut s’inscrire auprès des organisateurs (c’est pourquoi nous prévenons légèrement à l’avance), aux adresses mail suivantes : jjmoscovitz STRUDEL free.fr ou de marcel.drach STRUDEL wanadoo.fr

Et encore une remarque : il faut oser passer le portail d’une telle institution de l’État français dans un tel quartier bourgeois, et ensuite se taper le public ultra-intellectuel qui ne manquera pas d’étaler ses connaissances. Face à cela, il faut toujours se rappeler que… tout nous appartient, toute la culture passée appartient au peuple !

Pour rappel, Hapoel met à disposition une très intéressante présentation de Zeev Sternhell, et diffuse la lettre ouverte des maoïstes à Zeev Sternhell après l’attentat sioniste qu’il a subi en septembre dernier (lettre ouverte que nous considérons comme un document important car elle montre la voie pour les personnes juives en France, alors qu’elle ne vient pas du tout d’une organisation juive).

Nous publierons également dès demain une interview de Zeev Sternhell.

En tout cas, bon courage aux parisiens et parisiennes qui oseront franchir la porte des institutions intellectuelles françaises pour voir Zeev Sternhell…

Walther Rathenau : grand capitaliste, mais juif

Le saviez-vous ?

Le 24 juin 1922, le ministre des affaires étrangères de la République de Weimar est assassiné par les fascistes, dans ce qu’on appellerait aujourd’hui un « drive-by ».

Il s’agissait de Walther Rathenau, né en 1867 dans une famille de grands industriels allemands, d’origine juive mais ultra-assimilée (comme souvent en Allemagne). Son père était le fondateur de AEG (Allgemeine Elektrizitäts-Gesellschaft), le grand monopole capitaliste de l’électrité, dans lequel a travaillé Walther Rathenau à partir de 1899, et où il prend la direction en 1915 à la mort de son père.

Walther Rathenau était très fortement nationaliste, ce qui l’a fait largement soutenir, en tant que grand capitaliste allemand, la politique impériale de l’Allemagne puis la guerre de 1914-1918 (au point d’appeler à la « guerre totale » en mars 1918).

En tant que nationaliste allemand, il prônait pour la minorité juive une lutte contre le sionisme et contre le marxisme, afin qu’elle s’assimile totalement, afin qu’elle soit « plus allemande que les Allemands ». Clairement, il s’agissait d’intégrer la minorité juive (et ses « élites ») dans le giron de la « nation allemande », de la neutraliser dans la période révolutionnaire qu’a connue l’Allemagne (et où de nombreux révolutionnaires étaient d’origine juive, comme la dirigeante communiste Rosa Luxemburg).

Après la guerre, Walther Rathenau intègre la République de Weimar, c’est-à-dire la république « classiquement bourgeoise » d’Allemagne, soumise au traité de Versailles. Il sera d’abord ministre de la reconstruction, ce qui était naturellement un poste-clé pour la bourgeoisie industrielle allemande. Puis en 1922, il deviendra ministre des affaires étrangères.

En tant que ministre des affaires étrangères, Rathenau essaie de renégocier le traité de Versailles, tout en expliquant qu’il faut s’y soumettre : rien de bien étonnant quand on sait que ce traité pesait principalement sur la classe ouvrière d’Allemagne. Il négocie également le traité de Rapallo avec l’URSS qui sort tout juste de la guerre civile.

Sur le plan politique, Walther Rathenau prend parti contre le communisme, et écrit des textes carrément idéalistes bourgeois (par exemple « Où va le monde ? »). Il participe également à la formation d’un parti centriste libéral bourgeois, le Parti démocratique allemand (Deutsche Demokratische Partei), qui s’effondrera totalement avec la crise de 1929.

Car en effet, la république bourgeoise de Weimar a très vite été confrontée aux exigences de la bourgeoisie impérialiste ; celle-ci poussait plutôt à une politique violemment réactionnaire, mais sous une forme « révolutionnaire », et plus seulement « traditionnellement bourgeoise » comme le DDP le proposait : c’est exactement cela le fascisme.

Ainsi, les « corps francs » (Freikorps) se sont partiellement reconvertis dans des organes paramilitaires de partis fascistes (comme la SA du parti nazi), voire dans des organisations ultra-nationalistes prônant directement le terrorisme (comme l’Organisation Consul).

Seulement voilà, Rathenau le capitaliste allemand « old-school » a oublié qu’il était juif, mais pas les fascistes.

Ceux-ci profitent du très fort antisémitisme traditionnel en Allemagne pour attaquer la figure du « juif Rathenau » qui a pactisé avec l’URSS, attaques qu’il faut aussi comprendre dans le cadre des luttes entre factions de la bourgeoisie allemande. Le parti nazi (alors encore peu connu) expliquait par exemple que Rathenau faisait partie d’un « complot juif communiste ».

Le 24 juin 1922, les terroristes de l’Organisation Consul assassinent Walther Rathenau : trois officiers fascistes passent en cabriolet à côté de sa voiture en la mitraillant, lancent une grenade dans la voiture, et prennent la fuite.

Les assassins se suicideront en étant cernés par la police, le conducteur sera condamné à 15 ans de prison, et il s’avérera que la voiture des fascistes a été prêtée par l’intellectuel nazi Ernst von Salomon, qui écopera de seulement 5 ans de prison car il avait moins de 21 ans au moment des faits.

Le 17 juillet 1933, après la conquête du pouvoir par les nazis, Hitler déclare les assassins de Rathenau comme héros nationaux, et fait du 24 juin un jour de célébrations publiques.

Moralité : quand même les capitalistes d’origine juive sont personnellement confrontés à l’antisémitisme, le pouvoir fasciste n’est plus qu’une histoire de quelques années de crise.

Manifestations sionistes contre le P«C»F

Ce soir, le « Collectif d’Urgence des Organisations Juives » appellait à manifester contre le Parti « Communiste » Français.

Il s’agit d’une structure sioniste et bourgeoise, dont les membres permanents sont : le Bnei Brith, la FOSF (Fédération des Organisations Sionistes de France), le KKL (Keren Kayemeth LeIsrael), SIONA, l’UCCJ d’Île-de-France (Union des Conseils de Communautés Juives) et l’UPJF (Union des Professionnels Juifs de France). Mais le BNVCA (Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme) appellait aussi à ce rassemblement.

Bref, la crème du sionisme ultra.

Concrètement, toutes ces organisations sionistes appellaient à manifester devant le siège du P«C»F, place du Colonel Fabien dans le XIXème arrondissement, ce soir mardi 23 juin à 18h. Cependant nous n’avons pas de nouvelles confirmant ce rassemblement.

Il s’agissait pour les sionistes de « dénoncer » le fait que des municipalités tenues par le P«C»F élèvent le prisonnier politique palestinien Marwan Barghouti (de Fatah) au rang de « citoyen d’honneur » de leur ville.

En tout cas, les mêmes sionistes remettent le couvert dès demain mercredi 24 juin, en appelant à une manifestation devant la mairie de Vitry (94) à 20h, toujours pour manifester contre Marwan Barghouti et contre le P«C»F.

Hapoel n’a rien à voir avec le Parti « Communiste » Français tel qu’il est depuis 50 ans. Si le Parti Communiste n’avait pas décadé en reniant Staline (et ce qu’il représente), s’il avait continué à cristalliser les espoirs des masses populaires juives, Hapoel n’existerait pas. Néanmoins, le contenu politique de ces rassemblements sionistes est clair : c’est l’anticommunisme, et rien d’autre.

Car comment expliquer alors que ces organisations sionistes n’ont pas du tout mobilisé pour lutter contre Dieudonné l’antisémite, ni même pour l’ouverture du procès des assassins de notre frère Ilan Halimi ?

Comment l’expliquer, sinon en comprenant que les sionistes se nourrissent de l’antisémitisme ? Comment l’expliquer, sinon en comprenant que l’isolement de la minorité juive est voulu aussi bien par les antisémites (de l’extérieur) que par les sionistes (de l’intérieur) ? Comment l’expliquer sans l’analyse antifasciste en terme de division réactionnaire du peuple ?

L’appel à la préparation de la manifestation parle de « la recrudescence des initiatives anti-israéliennes prises par des villes communistes, et qui ont des conséquences directes sur chaque Juif de France ». Rien de moins !

Cela montre une chose à toute personne juive de France : la vérité, c’est que les sionistes ne nous protégeront jamais !

S’ils le désiraient sincèrement, ils auraient appelé à manifester « massivement » contre les antisémites Dieudonné – Soral – Gouasmi. Car les diviseurs antisémites d’aujourd’hui sont responsables des Ilan Halimi de demain, en diffusant le poison comme quoi « de toute façon, c’est un juif ».

Cela, les sionistes font semblant de ne pas le voir, et préfèrent mobiliser pour défendre un État qui n’a rien à voir avec notre quotidien en France, plutôt que pour défendre la vie et la culture des nôtres, ici et maintenant !

Juif ! Juive ! Le sionisme est une impasse pour les nôtres !
Seule l’unité révolutionnaire du peuple est à la hauteur pour défendre ta culture et ta vie !

Personne n’attaque impunément l’URSS !

Le 22 juin 1941 à 4h du matin, l’Allemagne lance ses hordes nazies à l’assaut de l’URSS de Staline, en rompant le pacte de non-agression (qui a permis à l’URSS, en temporisant, de se construire une véritable défense anti-nazie).

À ce moment, Hitler ne le sait pas encore, mais il est déjà mort. Car personne n’attaque impunément l’URSS, qui est à l’époque le phare et la brigade de choc de la révolution mondiale.

Nous avons déjà parlé le 2 février dernier de Stalingrad (ici et ), et le 8 mai dernier de la capitulation nazie (ici).

La défense de l’URSS contre le nazisme fait intégralement partie de l’héritage de Hapoel, car l’antifascisme à mort porte un nom : Stalingrad.

Actualités de l’Action Antifasciste

Nous retransmettons les dernières nouvelles de l’Action Antifasciste en France. Celles-ci sont consultables sur le blog central de l’Action Antifasciste, qui diffuse les actualités et les positions des divers groupes autonomes (dont HaPoel HaAntifashisti, par exemple).
Juif ! Juive ! Hapoel est ton organisation ! Rejoins l’Action Antifasciste !

L’Action Antifasciste est heureuse d’annoncer le lancement d’un groupe anti-répression, « Action Antifasciste Contre la Répression ». Leur site est par là. Un contact suivra sans doute bientôt.

Une bonne nouvelle n’arrivant pas seule, une « radio antifa » diffusant du breakcore – speedcore – hardcore (vous en voulez encore…) vient d’être lancée. Elle est disponible ici. La portée technique (et politique, en réalité) de cette nouvelle radio est rapidement expliquée .

Aussi, les Red Lions 94 viennent de refaire leur site, ce qui est sans doute un préalable ou signe pour une restructuration et des actions à la rentrée. Toute critique ou annonce ou initiative est bienvenue, vous trouverez le contact sur leur site.

Nous rappelons également le lancement tout récent d’une Action Antifasciste Jura. Un groupe est également en train de se monter en Bretagne, sous le nom de « Breizh Antifasciste » ; les informations suivront en fonction de nos camarades de Bretagne.

Antifasciste !
Pour l’offensive de la culture métisse et populaire,
tu sais où est ta place !
Contacte ou fonde un comité autonome de l’Action Antifasciste,
sur une base locale ou culturelle !
Apporte ta brique dans le rempart antifasciste !
Sers le peuple, rejoins l’Action Antifasciste !

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 21h39, sortie samedi à 23h04.

19 juin 1953 : les Rosenberg martyrs de l’anticommunisme

Les époux Julius et Ethel Rosenberg étaient des communistes d’origine juive new-yorkaise pauvre (bien que Julius soit parvenu à être ingénieur). Suite à leur collaboration au programme nucléaire américain de la guerre, ils ont été accusés d’espionnage au profit de l’URSS. Arrêtés en 1950, ils sont jugés à un procès à charge (sans aucune personne juive au jury alors que New York comptait une très importante minorité juive…), dans l’ambiance de lynchage anticommuniste du « maccarthysme ».

Malgré la très forte mobilisation mondiale de l’humanité démocrate et progressiste (toutes origines confondues), les Rosenberg sont exécutés sur la chaise électrique, le 19 juin 1953. Nous rendons donc aujourd’hui hommage à ces militants communistes qui ont clamé leur innocence jusqu’au bout, et sont aujourd’hui des martyrs de l’anticommunisme et de l’antisémitisme.

Leurs deux enfants ont été adoptés par Abel Meeropol, dont nous avions parlé à propos de la chanson « Strange Fruit ».

« En tuant les Rosenberg, vous avez tout simplement essayé d’arrêter les progrès de la science. Magie, chasse aux sorcières, autodafés, sacrifices — nous avons atteint ce point : votre pays est malade de peur. Vous avez peur de tout : des Russes, des Chinois, des Européens. Vous avez peur les uns des autres. Vous avez peur de l’ombre de votre propre bombe. »
Jean-Paul Sartre, « Les animaux malades de la rage ».

18 juin 1936 : dissolution des ligues fascistes

Le 9 février 1936 meurt le fasciste Jacques Bainville de l’Action Française. À l’occasion de ses obsèques, la voiture de Léon Blum est attaquée boulevard Saint-Germain à Paris par les royalistes (les « Camelots du Roi »), et celui-ci est blessé.

Cet incident, montrant l’ampleur de la menace fasciste, pousse le Front Populaire à un décret de dissolution des ligues factieuses (suite à une loi déjà passée le 10 janvier 1936).

Le président Lebrun signe le décret de dissolution « des associations et groupement de fait, dénommés ci-après : la Ligue d’Action Française, la Fédération Nationale des Camelots du Roi et la Fédération Nationale des Étudiants d’Action Française ».

Suivent également des perquisitions chez l’Action Française et les Camelots du Roi, ainsi que chez ses dirigeants (Charles Maurras, Maxime Real del Sarte, Pierre Juhel, etc.).

Dès le 21 juin, François de la Rocque transforme la ligue dissoute des Croix-de-Feu en Parti Social Français (qui a inspiré aujourd’hui le « Parti Solidaire Français »). Le 28 juin, c’est le social-fasciste Jacques Doriot (ex-PCF) qui fonde le Parti Populaire Français, qui a largement collaboré.

Encore aujourd’hui existe un délit de reconstitution de ligue dissoute, qui date de ce temps-là et qui a paradoxalement beaucoup servi après 1968…

Soyons à la hauteur de notre époque : construisons le front populaire antifasciste !

Accessoirement, l’histoire a retenu l’appel du 18 juin 1940 d’un jeune général français dissident, exilé à Londres et s’exprimant sur des ondes peu écoutées. Mais le mythe de la France éternelle a fait son œuvre, donc ne le dérangeons pas… Et surtout, l’appel du communiste Charles Tillon, le 17 juin 1940, n’a quant à lui jamais existé, bien entendu ! [retranscription chez l'Action Antifasciste Bordeaux]

Young Perez : Tunis 1911 – Auschwitz 1945

En 1931, Victor Young Perez devient champion du monde de boxe, connaissant son heure de gloire en France et en Tunisie. C’est encore aujourd’hui le record de France du plus jeune champion mondial de boxe.

Le saviez-vous ?

Victor Younki naît en janvier 1911, dans une famille juive du quartier populaire de la Hafsia à Tunis. Il quitte l’école assez tôt, et s’engage au Maccabi de Tunis dans la section boxe. Il part en 1927 en France, où il enchaîne les combats après avoir été remarqué par un manager, et obtient son surnom de « Young Perez ». Ainsi, déjà à l’époque, les pays impérialistes pillaient les meilleurs sportifs des colonies et en accaparaient le prestige populaire.

À l’âge de 20 ans seulement, le 24 octobre 1931 au Palais des Sports de Paris, Victor Young Perez accède à la gloire mondiale : il a battu par KO au deuxième round le champion du monde catégorie poids mouche, à savoir l’Américain Frankie Genaro.

Après sa victoire, Victor Young Perez revient à Tunis couvert de gloire, acclamé par 100 000 personnes, et est décoré par le bey de Tunis. Il sort ses parents du quartier juif pauvre (la Hara, en Tunisie), et partage sa richesse nouvellement acquise.

Néanmoins, comme les champions de boxe étaient les stars de cette époque là, Young Perez est inévitablement happé par les sirènes du showbusiness parisien. Et cela d’autant plus que le caractère viriliste de la boxe « donne droit » à des femmes, comme par exemple Mireille Balin, une mannequin et actrice célèbre.

Le 31 octobre 1932 à Manchester, Young cède son titre de champion du monde. Suite à cette défaite, Mireille Balin le quitte, ne pouvant soi-disant pas assumer leur différence d’origines !

Sa carrière connaît ensuite des hauts et des bas, avec notamment une défaite à Paris face à Panama Al Brown en avril 1934. En novembre 1938, Young Perez se retrouve à boxer en pleine Nuit de Cristal à Berlin, sous les huées du public mais toujours fier de ses origines populaires tunisiennes juives.
Cependant, il avait également connu l’antisémitisme en France, où un débat s’était auparavant engagé pour savoir s’il avait uniquement la nationalité tunisienne, donc s’il pouvait combattre pour la France.

Mais Victor Young Perez a juré qu’il ne rentrerait pas à Tunis avant de reconquérir le titre mondial, ce qui le pousse à rester à Paris. Là, il est pris au piège de l’Occupation, qui en fait désormais rien qu’un juif parmi tous les juifs à liquider.

Ainsi, il est arrêté en 1943 par la Milice, et interné à Drancy. Victor Young Perez est déporté à Auschwitz par le convoi n° 60, en novembre 1943.

À Auschwitz, il travaille en esclavage à Auschwitz 3 – Monovitz (« Buna »), à côté de l’usine de caoutchouc d’IG Farben. Il s’avère alors que le commandant du camp est un amateur de boxe. Ce dernier organise donc deux fois par semaine des combats entre prisonniers anciens boxeurs, pour l’amusement de la direction du camp.

Pendant un combat, Young Perez est opposé à un ancien champion allemand poids-lourd, qu’il envoie au tapis de manière fulgurante. Cela lui permet, pour les 15 mois suivants, de combattre deux fois par semaine (contre une fois pour les autres anciens boxeurs).

Travaillant de plus à la cuisine, Victor Perez vole chaque soir une marmite de 50 litres de soupe pour ses camarades, montrant un grand courage et un grand sens de la solidarité, ne se coupant jamais de ses co-détenus (notamment français, particulièrement ceux plus rares d’Afrique du Nord). Il tente même de s’évader, mais est arrêté et soumis à deux semaines de torture.

À l’hiver 1945, au vu de l’approche de l’Armée Rouge de Staline, les nazis décident d’évacuer Auschwitz, et lancent les sinistrement célèbres « marches de la mort ». Victor Young Perez fait à ce moment partie des 51 survivants du convoi 60.

Le 22 janvier 1945, au cinquième jour de marche, la procession qui crève de faim, de froid et de fatigue s’arrête devant le camp de concentration de Glievitz / Gliwice, près de la frontière tchèque. Là, Young Perez sort du rang pour ramener du pain de la cuisine du camp. En revenant, un SS le pointe de sa mitraillette et lui ordonne de s’arrêter, juste devant un petit fossé. Une courte explication s’engage, et Victor Perez ignore vite le nazi, en enjambant le fossé avec son sac de pain.

Victor Young Perez est abattu sur place, le corps rapidement recouvert d’un manteau blanc, alors qu’il vient d’avoir 34 ans. Il n’aura jamais revu la terre de Tunisie.

[La destinée de Victor Young Perez a inspiré un livre pour enfant : « Champion » de G. Rapaport.
Elle a également inspiré une histoire similaire mais fictive, retranscrite en BD : « Carton Jaune » de D. Daeninckx et A. Hanouka.
Enfin, elle sera portée au cinéma dans un film de S. Suissa, cette année si D.ieu veut.
]

Rencontre autour d’un ouvrage sur Treblinka

Ce soir a lieu à Paris une rencontre autour d’une publication récente. Il s’agit de la traduction de « Je suis le dernier Juif. Treblinka (1942-1943) », un carnet de Chil Rajchman, l’un des 57 survivantEs parmi les 750 000 personnes juives envoyées à Treblinka pour y être exterminées.

Cette rencontre se déroulera au Mémorial de la Shoah à 19h, en présence d’Annette Wieviorka, de Gilles Rozier, et de Jean-Baptiste Bourrat. Une présentation plus consistante ainsi que tous les détails pratiques se retrouvent par ici.

Toujours à Paris malheureusement, nous nous sommes permis de penser que nous n’avons pas assez assez insisté vendredi dernier sur le Festival des Cultures Juives. Nous rappelons donc que se déroule jusqu’au 30 juin à Paris (essentiellement dans le Marais) un festival gratuit sur la (très riche) culture juive américaine. Beaucoup d’aspects sont présents (notamment les liens entre minorités juive et new-afrikan), donc nous re-conseillons vivement d’aller voir le programme, ne serait-ce que parce qu’il est joli (c’est suffisant).

La page principale est par ici, tandis qu’on peut retrouver le programme en PDF (joli) ou au jour le jour, avec pour finir tous les aspects pratiques.

Gravé dans la roche !

Attentat antisémite à Washington DC

Cela s’est produit mercredi dernier, mais nous n’en avons pas encore parlé.

Mercredi 10 juin vers 13 heures (heure locale), un homme s’est pointé avec un fusil au Mémorial de l’Holocauste à Washington DC alors que s’y trouvaient probablement des milliers de personnes.

Celui-ci a tiré sur un agent de sécurité, le blessant grièvement, et provoquant la riposte des autres. Le gardien a succombé peu après à ses blessures, tandis que l’assaillant est dans un état critique à l’hôpital.

Le musée a été fermé jeudi, et ses drapeaux mis en berne en mémoire de la victime.

Il s’avère en réalité que la personne en question s’appelle James von Brunn, et est un « suprémaciste blanc » convaincu, de 88 ans (ça ne s’invente pas !). Dans ses derniers e-mails, il écrivait qu’il « était temps de tuer tous les juifs ».

Il tenait également un site (HolyWesternEmpire.org = « Saint Empire d’Occident »), où il a publié un livre expliquant que les juifs préparent l’élimination des meilleurs « concurrents » (couverture ici), et où il renvoie à des sites négationnistes ou nazis célèbres (IHR, Zundel, Stormfront, etc.). Pour le voir, lancer cette recherche et cliquer sur « En cache » à côté de l’adresse des pages.

En 1981, Von Brunn avait tenté de pénétrer armé dans le bâtiment de la Réserve Fédérale, avec des projets de prise d’otage. Cette tentative d’enlèvement allait lui valoir 6 ans de réclusion, soi-disant infligés par un « jury nègre » et un « juge juif ».

Il faut bien être conscient que l’attaque de Von Brunn répond à une stratégie des néo-nazis américaines, celle de la « Leaderless Resistance », où des soi-disants « loups solitaires » opèrent seuls et de manière spectaculaire. On se souviendra par exemple de l’attentat d’Oklahoma City en 1995.

Ce n’est clairement pas une stratégie directe de conquête du pouvoir, mais une stratégie de chaos barbare, qui vient mercredi de faire un « mort innocent » (comme dirait Raymond Barre…) et aurait pu tourner au massacre antisémite.

Le monde politique américain a évidemment réagi, souvent pour rien dire. Car quelle légitimité ont les USA à parler d’antisémitisme quand on voit que Von Brunn avait son site raciste personne, ou que la plupart des sites négationnistes et nazis sont hébergés aux USA ?

Quoi qu’il en soit, nos pensées vont à la famille du gardien du Mémorial, Stephen Tyrone Johns.

Shavua Tov – שבוע טוב

Face au fascisme, soyons à la hauteur de nos tâches historiques !

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 21h36, sortie samedi à 22h56

Festival sur la culture juive américaine

La Culture Juive au cœur de la Cité

Le 5ème Festival, qui aura lieu du 14 juin au 30 juin 2009, aura pour thème :
La Culture Juive Américaine.

Ça commence donc dimanche, et toutes les informations pratiques sont : par là.

La première fois comme tragédie…

« Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter: la première fois comme tragédie, la deuxième fois comme farce. »
Marx, « Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte »

Nous rappelons ici les scores du parti nazi, le NSDAP, aux élections du Reichstag pendant la République de Weimar. Toute ressemblance bla bla bla.

Date Voix Pourcentage Sièges Contexte
Mai 1924 1.918.300 6,5 % 32 Hitler en prison
Décembre 1924 907.300 3,0 % 14 Hitler libéré de prison
Mai 1928 810.100 2,6 % 12  
Septembre 1930 6.409.600 18,3 % 107 La crise capitaliste fait rage…
Juillet 1932 13.745.800 37,4 % 230
Novembre 1932 11.737.000 33,1 % 196 Les nazis perdent 2 millions de voix
Mars 1933 17.277.000 43,9 % 288 Hitler propulsé Chancelier fin janvier

10 juin 1967 : là où il y a oppression, il y a résistance !

Le 10 juin 1967 au soir, un cessez-le-feu entre l’État d’Israel et la Syrie met fin à la Guerre des Six Jours, qui a été une indéniable victoire sioniste et a marqué un détour dans la résistance de la nation arabe.

La guerre avait été déclenchée le 5 juin 1967 à l’aube par l’attaque de l’aviation israelienne contre les troupes égyptiennes massées dans le Sinaï. Tzahal a ensuite enchaîné les victoires, contre la Jordanie du roi Hussein qui a été poussé à entrer en guerre par la pression populaire (cessez-le-feu le 7 juin), puis contre l’Égypte du pseudo-patriote arabe Nasser (cessez-le-feu le 8 juin), et enfin contre la Syrie baasiste dont Hafez El Assad était le ministre de la défense (cessez-le-feu le 10 juin).

Bref, une victoire-éclair typique du blitzkrieg (la stratégie militaire de la bourgeoisie, basée sur un engagement massif et fulgurant) contre des armées arabes fantoches pour ne pas dire fantômes.

Ce blitzkrieg s’explique également par la durée limitée qui était impartie aux sionistes pour arracher un maximum de la terre arabe : juste assez longtemps pour asseoir la domination de l’impérialisme américain, mais pas trop pour ne pas trop déstabiliser le jeu impérialiste avec l’Union Soviétique (le cessez-le-feu du 10 juin étant en réalité imposé par les tractations impérialistes entre USA et URSS).

Le 11 juin 1967 au matin, la nation arabe se réveille donc amputée de la Cisjordanie, du Sinaï et du plateau du Golan, qui servent d’abord de tampons militaires, et plus tard de colonies sionistes de peuplement.

Mais quels étaient les fondements matériels historiques de cette Guerre des Six Jours ?

En premier lieu, il faut savoir qu’avant 1967, l’économie sioniste était au bord de la faillite : en 1965, le chômage atteignait le chiffre record de 100000 salariés, dans un pays de 2 millions d’habitantEs. Une désagrégation de l’État colonial israelien commençait, et la guerre devenait inévitable puisque l’impérialisme US attribuait toujours davantage à Israel le rôle de gendarme de la région, de producteur d’armes, d’expert en contre-guérilla, de laboratoire militaire.

Ce début de faillite était parallèle à l’éveil révolutionnaire du peuple palestinien, qui commençait à mener des incursions de guérilla à l’intérieur des frontières de la « Ligne Verte ». Il fallait donc, d’une manière ou d’une autre, ramener ce qui était un embryon de guerre populaire à un « simple jeu » de négociations territoriales avec des États dominés par le « social-impérialisme » soviétique (négociations certes ardues, mais moins coriaces qu’un peuple qui n’a rien à perdre hors ses chaînes).

Cet éveil révolutionnaire palestinien avait au fond besoin de balayer les dirigeants arabes faussement patriotes et réellement antisémites, dont les armées défilaient triomphalement en parades dans les rues du Caire ou de Damas, mais qui ne servaient fondamentalement à rien pour libérer la Palestine.

Par une ironie de l’histoire, c’est Israel qui s’en est chargé militairement, étant de toute façon poussé à la guerre par les exigences économiques et militaires du système colonial (Israel étant en effet une semi-colonie américaine).

Pour les sionistes, il restait donc d’une part à s’assurer les conditions de la défaite des armées arabes : les services de renseignements américains et israeliens étaient très bien renseignés sur l’état de pourrissement intense des régimes fantoches égyptien, jordanien et syrien.

D’autre part, il restait à acculer les dirigeants égyptiens et syriens à des gestes désespérés qui les mettraient en position défavorable, par de régulières escarmouches aériennes jusqu’au-dessus de Damas, et permettraient à Israel de présenter l’attaque du 5 juin comme de la « légitime défense ».

Enfin, il restait aux sionistes à militariser totalement l’État, en nommant Moshé Dayan ministre de la défense le 1er juin, et en se gardant même de toute propagande militaire uniquement pour éviter de donner des informations à l’ennemi. La population juive s’est donc retrouvée dans la censure, avec uniquement la chaîne de télévision égyptienne où Nasser jouait au triomphaliste en jurant de « jeter les juifs à la mer », alors que son armée se faisait laminer.

[La chaîne égyptienne était de toute manière la seule chaîne à l'époque, laissant aujourd'hui dans la culture israelienne la référence aux « téléfilms égyptiens », avec une douce ironie teintée de nostalgie.]

Comme prévu, les sionistes, soutenus par les USA, ont écrasé les armées arabes, soumises à l’URSS social-impérialiste.

Ce faisant, ils ont aussi balayé un « tampon » entre la nation arabe et la voie révolutionnaire, et ont ouvert une nouvelle ère : celle de la résistance palestinienne moderne, menant la guerre populaire pour la libération de la toute la Palestine (et pas seulement pour le retour aux frontières du 4 juin 1967).

Car là où il y a oppression, il y a résistance, et la victoire israélienne de 1967, loin de briser le moral des révolutionnaires palestiniens et de la nation arabe, a déclenché un large mouvement populaire, d’une radicalité toute autre que des pantins défilant en uniformes dans les capitales arabes avec des slogans antisémites.

La victoire sioniste de 1967 a révélé le caractère fantoche des « États nationaux » arabes, et les peuples arabes, par cette défaite, se libéraient de la tutelle politique et idéologique des dirigeants panarabistes et baasistes.

C’est notamment avec cette défaite arabe que ce qu’il restait du Mouvement Nationaliste Arabe (MNA) se transforma en le Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) en décembre 1967: il s’agit politiquement d’un « grand bond en avant », d’une base nationaliste arabe influencée par le baasisme et le panarabisme à une identité marquée par la guérilla populaire, la libération des femmes et la conscience internationaliste liée à la Chine rouge.

Ainsi, une chose se retournant en son contraire, la défaite arabe du 10 juin 1967 permit de libérer les énergies révolutionnaires du peuple palestinien, et d’ouvrir l’ère de la résistance populaire.

Pour quiconque croit en la fraternité entre les peuples, il n’y a pas de « Ligne Verte » qui tienne : pour un État multinational, laïque et socialiste ! La population juive de Palestine a tout intérêt à la révolution palestinienne, et a toute sa place dans la nation arabe !

Élie Kakou z"l : dix ans déjà…

Demain le 10 juin, nous commémorerons les dix ans de la disparition d’Élie Kakou, le grand humoriste et acteur.

Le saviez-vous ?

Né en 1960 en Tunisie, Alain-Élie Kakou grandit à Marseille, où, dès le plus jeune âge, il développe des dons d’imitateurs en observant sa propre famille. Il fait partie d’un mouvement de jeunesse sioniste de gauche, ce qui le pousse à partir à sa majorité en Israel. Sur place, durant le service obligatoire, on lui permet de devenir comique.

Plus tard, il partira pour faire la tournée des Clubs Méd en tant que « gentil organisateur » comique. C’est là qu’il lancera nombre de ses personnages hauts en couleurs. En 1984, il remporte un succès local à la Paillote à Marseille, où le public scande son pseudonyme « Kakou » (une appellation typiquement marseillaise, alors que c’est en réalité son vrai nom).

Montant à Paris après son diplôme de prothésiste (pour rassurer sa mère, évidemment…), il fait sa première grande scène parisienne au Point-Virgule en 1991, et enchaîne à l’Olympia en 1994, puis au Zénith et enfin au Cirque d’Hiver. Il se lance ensuite dans le cinéma, dans « La vérite si je mens », ainsi que dans d’autres rôles où il prouve sa polyvalence.

Élie Kakou décède d’une longue maladie le 10 juin 1999, laissant Madame Serfati orpheline. Il repose aujourd’hui dans un cimetière juif de l’est marseillais.
ת נ צ ב ה


Mise-à-jour : ce soir à 20h35, France 4 diffuse une rétrospective d’Élie Kakou.

Quelques résultats des européennes

Hier soir se sont terminées les élections du parlement européen, partout dans l’Union Européenne. Les résultats montrent une importante progression de l’extrême-droite au niveau européen. Ici, nous listons donc quelques résultats, concernant aussi bien la France que d’autres pays européens.

1) En Île-de-France, la liste de Dieudonné a obtenu le score de 1,3 %, pour une abstention de 58 % (parmi les personnes inscrites sur les listes électorales, bien sûr).

Néanmoins, elle a atteint des pics de 2,8 % en Seine-Saint-Denis, et assure dans le reste de la petite couronne parisienne (92 – 93 – 94 – 95), et même 6 % à Garges dans le 95 !

Ainsi, le score global est en-deçà des espérances (un peu trop ambitieuses) de ces fascistes, mais est quand même assez élevé pour une liste extrêmement récente et dont le seul programme mis en avant est l’antisémitisme. Ainsi, au moins deux de leurs objectifs ont été partiellement atteints :

- libérer et médiatiser l’antisémitisme ouvert pour diviser les masses sous couvert de pseudo-antisionisme ;
- neutraliser une frange des quartiers populaires et la détourner de la lutte antifasciste, sur le dos de notre minorité nationale.

Il ne faut donc pas crier victoire tout de suite, d’autant plus que, tant que la bourgeoisie impérialiste n’aura pas basculé dans le fascisme, la conquête de l’hégémonie ne sera pas facile pour eux non plus.

Voici ce que nous disions il y a encore quelques jours, dans un document sur la synthèse « nationale-révolutionnaire » en cours :

Nous ne voulons pas et ne pouvons pas jouer les prophètes quant à l’après-élections. Cela dépendra sans doute du score de la liste de Dieudonné en Île-de-France. Mais, flop électoral ou pas, Dieudonné peut se permettre de déclarer : « Nous avons d’ores et déjà gagné de toute façon. ».

Car au-delà du score, il y a un travail d’unification fasciste qui se fait, et pour lequel les élections européennes représentent un saut qualitatif, un « grand bond en avant » idéologique et politique.

Pour l’avenir de ce courant fasciste, tout est imaginable, avec ou sans Dieudonné, avec ou sans bouffonnerie, avec ou sans unité nationale-révolutionnaire « pure » (par exemple sans les « vrais » nationalistes pro-serbes ou du Renouveau Français). Et tout cela à la mesure des délires de ces fascistes.

2) Concernant le courant fasciste concurrent, représenté par le Parti de la France, Carl Lang a recueilli un score de 1,5 % dans le Nord-Ouest, tandis que Martinez a obtenu 0,9 % dans le Sud-Ouest, ainsi qu’un score non négligeable de 1,9 % dans le Centre.

3) Le Front National est globalement en recul à 6,5 %, semblant à première vue inadapté à la période qui s’ouvre actuellement, celle de l’offensive politique du fascisme.

Néanmoins, le FN a remporté des victoires localement. Ainsi, à Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais, la liste de Marine Le Pen a atteint presque 28 %, devant le PS à 16 %. Et cela sur fond de corruption des pourris socialistes, ce qui a provoqué des municipales anticipées pour prochainement. Staline a donc sans doute raison quand il explique que « le fascisme est le frère jumeau de la social-démocratie ».

Il en est de même pour les ultra-conservateurs « souverainistes » de Libertas : 4,5 % nationalement, mais plus de 30 % pour De Villiers en Vendée !

4) Au plan européen, nous assistons à une percée globale de l’extrême-droite, naturellement parallèle à la crise capitaliste.

Aux Pays-Bas d’où nous étaient parvenus les premiers résultats dès jeudi, la liste fasciste violemment anti-arabe de Geert Wilders a obtenu 15 %, devant le parti travailliste.
En Autriche, le FPÖ fasciste a obtenu 13,1 % tandis que sa scission (de feu Jörg Haider) a eu 4,7 %.
En Finlande, c’est le parti nationaliste des « Vrais Finnois » qui est en progression, à 9,8 %.
Au Royaume-Uni, l’extrême-droite a remporté des succès locaux pour le UKIP dans le nord-ouest (entre 8 et 10 %), et a donc arraché deux sièges d’euro-députés.
En Roumanie, l’extrême-droite fait son retour, avec 7 % pour le Parti de la Grande Roumanie.
En Bulgarie, le parti fasciste Ataka a rassemblé 11,2 %.
En Slovaquie, le SNS a obtenu 5,6 % tandis que le HZDS a eu 9 %.
En Italie, Lega Nord a depassé les 10 %.
Au Danemark, le parti du peuple danois s’est placé en seconde position à 14,4 %.
En Belgique, le Vlaams Belang a eu 15 % (en recul), mais le NVA (Nouvelle alliance flamande) a eu 14,5 %, sans comper la Lijst Dedecker qui a eu un siège à 9,8 %.
En Lettonie, l’Union pour la patrie et la liberté, le parti nationaliste déjà au gouvernement, a obtenu 7,5 %, tandis qu’en Lituanie, le parti Ordre et Justice a eu 12,5 %.

5) Une mention spéciale, cependant, pour la Hongrie où l’extrême-droite a placé ses trois premiers euro-députés, à 14,7 %. Il s’agit du parti Jobbik, qui est lié à une milice fasciste importante, la Garde Magyare, ainsi qu’à un syndicat fasciste de police.

La dimension antisémite et anti-rom est essentielle en Hongrie depuis toujours, comme en témoigne cette déclaration de la tête de liste de Jobbik il y a quelques jours sur un forum internet (dans une mauvaise traduction française) :

« Je serais heureuse que ceux qui se déclarent « des juifs hongrois fiers » s’amusent avec leurs petits zizis circoncis au lieu de me diffamer. Les personnes comme vous sont habituées à voir des gens comme nous se mettre au garde- à- vous à chaque fois que vous pétez. Seriez-vous prêt, s’il vous plait, à comprendre que cela est terminé. Nous avons levé la tête et nous n’avons plus besoin de tolérer votre terrorisme. Nous reprendrons notre pays dans nos mains. »

Au final, malgré les scores pas encore très élevés des partis fascistes en France, il est important de voir la tendance à l’échelle européenne. Car la crise et le fascisme ne sont pas comme le nuage radioactif de Tchernobyl : ils ne s’arrêtent pas à nos frontières.

Actualités de l’antisémitisme en France

1) Vendredi midi a eu lieu une attaque antisémite dans le 19ème arrondissement de Paris. À la sortie du collège juif de l’avenue Secrétan, un jeune juif de 14 ans a été agressé par un autre groupe de jeunes.

Le collégien, qui portait une kippa, a été insulté de « sale juif » et frappé au visage, au point de subir des points de suture.

Suite à une plainte des parents, deux adolescents de 14 et 15 ans ont été placés en garde à vue, où ils ont reconnu les coups mais pas les injures (car il s’agit de circonstances aggravantes), avant d’être remis en liberté en raison de leur âge.

2) En fin de semaine dernière, des tracts antisémites ont été déposés dans des boîtes-aux-lettres dans le centre-ville de Brest.

Ce tract, intitulé « Ce que veulent les Juifs », cite les livres sauvagement antisémites d’Hervé Ryssen (Lalin), et avait déjà été distribué dans les boîtes-aux-lettres d’Arras au début mars, et à Rennes cette semaine.

Nous avions déjà parlé brièvement d’Hervé Ryssen, l’ancien anarchiste devenu carrément nazi, à la fin de notre document sur les rumeurs antisémites. Si vous avez le courage, voici : son website personnel. Pour comprendre certains délires, il faut garder en tête que pour les antisémites les plus forcenés, nous serions incestueux et incestueuses…

Pour enfoncer le clou

Aujourd’hui se tiennent en France les élections européennes. Nous rappelons ici les documents où il est question du projet fasciste de Dieudonné (soutenu au dernier moment par Raël), classés du plus récent au plus ancien.

- Dieudonné se lâche toujours plus, HaPoel HaAntifashisti ;
- Encore sur la synthèse « nationale-révolutionnaire » en cours, HaPoel HaAntifashisti ;
- Procès Fofana : décryptage, Mémorial 98 ;
- Saurez-vous reconnaître le pire de ces antisémites ?, HaPoel HaAntifashisti ;
- Les élections européennes et la décomposition de la société capitaliste, Révolution ;
- Le soutien de Carlos à Dieudonné montre clairement la nature impérialiste et contre-révolutionnaire de la liste « antisioniste », Contre-Informations ;
- « Dieudobus Rosa Parks » : farce ou tragédie ?, HaPoel HaAntifashisti ;
- Élections européennes: Dieudonné d’un côté, le Parti de la France de l’autre…, Contre-Informations ;
- Comment Dieudonné est devenu antisémite, Slate.fr ;
- La liste complète de Dieudonné en Île-de-France, HaPoel HaAntifashisti ;
- La synthèse fasciste Dieudonné – Soral – Gouasmi, HaPoel HaAntifashisti ;
- Dieudonné : la mégalomanie, l’élitisme et l’opportunisme sont des caractéristiques essentielles de la culture fasciste !, Contre-Informations ;
- Dieudonné et les élections européennes, Contre-Informations ;
- Faux débat, vrai coup de pub pour Dieudonné, HaPoel HaAntifashisti ;
- Interdire les listes de Dieudonné ?, Mémorial 98 ;
- Feu sur les rabbins antisémites !, HaPoel HaAntifashisti ;
- Faux antisionisme, vrai antisémitisme, Red Lions 94 ;
- Kemi Seba vs Soral : la concurrence entre fascistes s’intensifie, HaPoel HaAntifashisti ;
- Soral, Dieudonné, l’impérialisme, HaPoel HaAntifashisti ;
- Dieudonné et Le Pen caricaturés, HaPoel HaAntifashisti ;
- Dieudonné, Raël, le fascisme, Révolution ;
- Quelle serait la liste fasciste de Dieudonné ?, HaPoel HaAntifashisti ;
- Dieudonné candidat aux élections européennes, HaPoel HaAntifashisti ;
- Encore Dieudonné et Faurisson, HaPoel HaAntifashisti.

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 21h31, sortie samedi à 22h50.

Dieudonné se lâche toujours plus

Le parquet de Paris a ouvert hier une enquête préliminaire contre Dieudonné pour injure antisémite dans une vidéo sur internet, qu’il a produite après que le procureur général de Genève ait décidé de classer une plainte contre un producteur de la radio suisse romande, Pascal Bernheim, qui l’avait qualifié de « nègre » en novembre lors d’un débat télévisé.

C’est un fait que le racisme et l’extrême-droite sont en pleine explosion en Suisse, ce que l’État laisse très logiquement faire.

Mais que dit Dieudonné dans sa vidéo du 30 mai, parue sur le site « La Banlieue S’exprime » du fasciste Ahmed Moualek ?

En se parant continuellement d’un soi-disant humour qui permettrait de dire n’importe quoi, Dieudonné enchaîne les pires classiques de l’antisémitisme.

Il s’adresse ainsi à Pascal Bernheim comme « le riche producteur juif Bernheim », et poursuit par : « Le puissant lobby de youpins sionistes qu’il représente est voleur, raciste et menteur, j’ajoute que je l’emmerde profondément lui et toute sa clique d’enculés… ceci dans un contexte… humoristique, vous l’aurez compris ! ».

Tout simplement insupportable.

En réalité, l’antisémitisme de Dieudonné est un antisémitisme… tellement français !

D’abord à cause de l’utilisation du mot « youpin », pas très moderne. Ensuite à cause du très attendu « lobby » richissime et puissant, qui est un classique de l’antisémitisme européen. Et enfin car on est en France, le pays du respect le plus bourgeois des intellectuels au-dessus de la politique et des classes sociales, le pays où Sartre peut défendre Brasillach à la Libération, le pays où les médias parlent encore de Dieudonné comme un « humoriste controversé »…

Dieudonné s’est cru Brasillach, au-dessus de tout, et maintenant il risque (théoriquement, bien sûr…) six mois de prison et (plus probablement) 22500 € d’amende.

Seulement voilà, Dieudonné n’est pas Brasillach, et comme disait Marx, l’histoire se répète toujours deux fois, la première comme tragédie et la seconde comme farce.

Pour sa défense, Dieudonné a donc déclaré toujours dans la veine de l’intellectuel sous immunité : « Ce que j’ai fait était un sketch, sur internet, qui m’a l’air assez marrant », avant de poursuivre contre « M. Bernheim, ce riche producteur juif ». Dieudonné parle donc comme d’habitude de « deux poids deux mesures », alors qu’il n’y a pas de rapport a priori entre le parquet de Paris et le procureur de Genève.

Un tel déchaînement antisémite en continu par une personnalité publique était impossible il y a une dizaine d’années. Mais entretemps, la crise capitaliste s’est encore intensifiée, et toutes les valeurs s’effondrent, ce qui permet à des fascistes de semer le chaos et la haine antisémite, et sans doute de faire un score non négligeable ce dimanche (sans vouloir trop nous avancer, bien entendu).

Face à la liste fasciste de Dieudonné, il existe néanmoins un début de résistance, comme en témoignent les événements de Montreuil hier.

En effet, Dieudonné avait prévu de venir crier son « sionistes, fascistes, asssassins » sur le marché de Montreuil. Sur place l’attendaient entre 100 et 200 personnes, autant des antifascistes, des libertaires, des autonomes, des syndicalistes associatifs et même quelques personnes du NPA ou du PS, mais aussi une certaine mobilisation métisse et populaire. Au point que le « Dieudobus » a préféré faire demi-tour et se rabattre devant Auchan à Bagnolet.

Contrairement à ce qu’il s’est passé dimanche au marché de Ménilmontant (qui était de la part des antifascistes tout sauf métis et populaire, et qui était clairement une erreur tactique, d’où la défaite inévitable), la mobilisation unitaire et populaire de Montreuil est un succès qu’il convient de saluer : faisons en sorte que ce ne soit qu’un début !

[Dans la suite, un compte rendu de Montreuil.]

Lire la suite »

Une analyse de Mémorial 98

Un article efficace et instructif qui nous a été envoyé par Mémorial 98. L’original se trouve par là (descendre dans la page).

Procès Fofana : décryptage

Comment expliquer que Fofana ait récusé son avocate Me Coutant-Peyre et ait choisi de la dénoncer comme « juive » ?

Selon ses propres termes à l’audience : « Coutant-Peyre… Peyre, c’est juif, non ? » Puis il a ajouté : « On veut déjà me tuer… Donc, je ne vais pas m’entourer de gens comme ça. »

Fofana indiquait ensuite qu’il ne parlerait plus qu’à trois personnes lors du procès, dont l’avocat de la famille Halimi, Me Szpiner en tant que « représentant des Juifs de France, du monde, et de l’Etat d’Israël «

Coutant-Peyre semblait pourtant présenter les meilleures « garanties » possibles pour Fofana. Elle est une proche collaboratrice de Garaudy et responsable de son association « À contre jour » ; elle est aussi l’épouse de Carlos avec qui elle a convolé après l’avoir défendu. Quelle meilleures garanties que le chantre international du négationnisme et ce grand « antisioniste » incarcéré pour terrorisme ?

Carlos vient d’ailleurs de rendre public son soutien à la liste « antisioniste » laquelle en retour se félicite de ce renfort et le salue chaleureusement.

L’explication la plus probable est qu’il s’agit d’un écho des divergences dans le milieu « antisioniste » extrémiste.

Fofana est depuis le début soutenu et parrainé par le groupe de Kemi Seba (Tribu Ka puis MDI) qui s’est proclamé protecteur de l’accusé et a même menacé à la cantonade de représailles, si le procès ne se déroulait pas « correctement ».

Or Seba entre-temps a refusé de participer à la liste « antisioniste » de Dieudonné-Gouasmi-Soral.

Sa divergence officielle porte sur l’anticommunautarisme affiché de la liste et sur la personnalité de Soral. Seba se présentant comme un défenseur acharné des « communautés » noire, arabe, blanche / européenne, asiatique, ne se retrouverait donc pas dans la posture affichée de la liste.

Il y a sans doute d’autres enjeux de pouvoir et de finances, qui entretiennent d’ailleurs d’âpres polémiques.

Il est à noter que ces différentes fractions « antisionistes » n’ont entre elles pas de divergences de principe sur la collaboration approfondie avec des organisations d’extrême-droite.

Dieudonné et Soral sont en cheville avec le courant dit « national-révolutionnaire » sans doute le plus proche du fascisme et avec les catholiques les plus intégristes. Seba s’organise avec des groupuscules violents tels que la Droite socialiste. Mais la mouvance de Seba a peut être du mal à accepter le style « bleu-blanc-rouge » affiché par la liste « antisioniste ».

Il se peut aussi que se manifestent ainsi des tensions avec le chiisme, dont Gouasmi se proclame le représentant en France. K.Seba, récemment converti à l’Islam après avoir violemment dénoncé cette religion « esclavagiste » , avait été reçu en grande pompe au centre Zahra dirigé par Gouasmi, mais manifestement sans résultat concret.

On note aussi que le seul avocat choisi et non récusé par Fofana est Me Ludot, militant de la droite dure, ancien défenseur de Saddam Hussein et membre de son comité de soutien. Il s’agit d’un profil peu compatible avec le chiisme de Gouasmi, dont la liste est soutenue par Carlos et Coutant-Peyre, qui du coup est proclamée « juive ».

L’antisémitisme obsessionnel et quelque peu conspirationiste de ce milieu produit des effets apparemment inattendus.

Memorial 98

Encore sur la synthèse « nationale-révolutionnaire » en cours

À quelques jours des élections européennes bourgeoises, il n’est plus un jour où l’on ne parle pas de l’initiative fasciste de Dieudonné – Soral – Gouasmi.

Lundi soir dernier s’est tenu un meeting de la « Liste Antisioniste », bien entendu au théâtre personnel de Dieudonné à Paris.

Pendant ce meeting, Dieudonné a eu droit à une « surprise » : un coup de fil du terroriste fasciste Carlos (directement de la centrale de Poissy), qui a comme d’habitude adressé ses « amitiés » à la négationniste Ginette Skandrani. Et qui s’est carrément lâché au niveau antisémitisme : « cette bande de gitans et de juifs qui te taxent d’antisémitisme. Ces gens [...] sont protégés par l’anti-France, excusez-moi d’employer une expression vichyste, c’est l’anti-France. ». Standing ovation.

Dans le même style de ce meeting à la Nüremberg, un des candidats de la liste « antisioniste », à savoir Ahmed Moualek l’ami de Dieudonné et de Le Pen, est même allé jusqu’à parler de « ce petit lobby juif sioniste que je qualifie de juifiste [...] qui m’a pourri la vie depuis 25 ans ».

Mais à part ça, ils ne sont pas antisémites, juste « antisionistes »…

Dans le même temps, et aucune personne juive ne peut ni ne doit passer à côté, se déroule le procès de Fofana, l’assassin d’Ilan Halimi. Celui-ci a été défendu par l’avocate Coutant-Peyre avant qu’elle ne soit récusée comme supposément « juive ». Ce qui est tout de même très insultant pour une avocate qui a défendu Garaudy (et qui dirige son association), Carlos (avant de l’épouser), ou encore Kemi Seba (qui lui-même a apporté son soutien à Fofana).

Ainsi, on peut voir que certaines connexions sont en train de se faire, avec le dénominateur commun de l’antisémitisme. C’est pourquoi nous relayons en parallèle un article de Mémorial 98, qui montre bien tout ce travail des fascistes de manière synthétique et efficace.

Bien évidemment, toute personne un peu rationnelle et matérialiste nous dira : en place d’un complot « sioniste », vous inventez un complot antisémite ? Non, c’est bien pire qu’un « complot » : c’est une synthèse fasciste. Une synthèse du courant « national-révolutionnaire », qui récupère tout ce qui bouge au niveau antisémitisme déclaré.

Nous ne voulons pas et ne pouvons pas jouer les prophètes quant à l’après-élections. Cela dépendra sans doute du score de la liste de Dieudonné en Île-de-France. Mais, flop électoral ou pas, Dieudonné peut se permettre de déclarer : « Nous avons d’ores et déjà gagné de toute façon. ».

Car au-delà du score, il y a un travail d’unification fasciste qui se fait, et pour lequel les élections européennes représentent un saut qualitatif, un « grand bond en avant » idéologique et politique.

En parallèle à l’unification fasciste, il s’agit également de produire une proposition stratégique aux fractions les plus barbares de la bourgeoisie impérialiste française. Une proposition stratégique cohérente concernant les alliances (Russie, Venezuela, Iran, etc.), et plus ou moins unifiée idéologiquement derrière le « nationalisme révolutionnaire ». Et pour donner des gages aux impérialistes, il faut montrer qu’on peut conquérir l’opinion publique, d’où le déchaînement de l’antisémitisme le plus féroce.

Ainsi, selon certaines sources, l’association « Égalité & Réconciliation » d’Alain Soral pourrait se constituer en parti. Pour le reste, tout scénario est imaginable, avec ou sans Dieudonné, et cela à la mesure des délires de ces fascistes. Mais quoi qu’il en soit, un saut unificateur dans l’antisémitisme est incontournable pour eux, et déjà très bien amorcé.

Face à l’unification idéologique et politique du courant fasciste « national-révolutionnaire », face à son antisémitisme qui est une agression quotidienne supplémentaire, nous devons opposer l’offensive de la culture métisse et populaire, afin d’unir le peuple contre les tentatives de division fasciste.

Une brève histoire de la minorité algérienne juive

Les communautés juives d’Algérie étaient très anciennes et très diverses. Très vraisemblablement, elles étaient partiellement issues de communautés berbères converties au judaïsme.

En tout cas, pendant l’invasion musulmane du Maghreb, les berbères de toutes tribus et de toutes religions ont résisté, et ont pu tenir têtes pendant des années dans des « guérillas ». On pensera notamment à la reine judéo-berbère Kahina, qui est jusqu’aujourd’hui une fierté populaire amazigh.

En 1391 et 1492, la puissance féodale violemment catholique et antisémite qu’est l’état espagnol de l’époque expulse les Juifs (qui seraient d’ailleurs eux-mêmes issus de l’Afrique du Nord, justement), qui vont s’installer au Maghreb, voire en Turquie et dans l’Europe du Sud-Est.

Beaucoup viendront en Algérie, principalement dans les villes de la côte (retenons Oran, Alger, Constantine), contrairement aux communautés locales (souvent extrêmement pauvres) qui vivaient aussi bien dans les quartiers juifs des grandes villes de l’artisanat, ou bien dans les villages, jusqu’aux limites du désert.

Sous l’occupation ottomane, les occupants poussent à fond la division des masses en poussant aux pogroms contre les Juifs, soumis au statut de dhimmi.

Les Français viennent balayer l’empire ottoman et occuper militairement l’Algérie en 1830. Les Juifs sont très partagés : certains collaboreront comme tête de pont du colonialisme français (il faut le dire, et remarquer qu’il s’agit souvent des plus riches familles juives « livournaises » qui commerçaient déjà en Méditerrannée et étaient souvent polyglottes) ; les larges masses juives, elles, sont très méfiantes à l’égard des troupes françaises menées par des généraux ouvertement antisémites, mais sont prises entre deux oppressions : l’oppression comme minorité religieuse parmi les masses d’Algérie, ou l’oppression coloniale française.

Bientôt, l’Algérie deviendra aussi une colonie de peuplement de la France désormais impérialiste, et les pieds-noirs étaient très très majoritairement antisémites, ce qui est visible dans l’agitation fasciste des années 30 des Français en Algérie.

Parallèlement, les élites juives françaises ultra-assimilées prendront en pitié les communautés algériennes dans la misère, dans un paternalisme… typiquement français, si bien que Crémieux fait passer en 1870 un décret naturalisant français les Juifs d’Algérie. Cette mesure jette politiquement et culturellement les masses juives derrière l’impérialisme français : « diviser pour mieux régner »…

Il est très important pour nous de ne pas cacher la vérité historique, et de bien comprendre la division impérialiste de la nation algérienne par la manipulation colonialiste des communautés juives.

Ainsi, les communautés algériennes juives (très assimilées à en juger par les prénoms, et la langue arabe qui est abandonnéee au profit du français) qui portaient un grand espoir dans la République Française et dans la gauche « républicaine », sont sans doute celles qui ont payé le plus lourd tribut à l’impérialisme français et à l’antisémitisme pieds-noirs comme arabe.

Il faut bien voir que l’antisémitisme français est hégémonique et justifie même de manière exclusive la création de partis et journaux antisémites (comprendre : dont c’est la principale ligne politique, cf. le célèbre « Petit Oranais »). L’abrogation du décret Crémieux est une revendication traditionnelle de l’immenssissime majorité des colons, contrairement aux arabes qui auraient justement voulu étendre ce décret.

Mais les Français poussent le vice impérialiste en montant les arabes contre les juifs sous prétexte que les juifs ont la citoyenneté française, alors qu’ils n’auraient jamais donné le moindre droit politique ni aucune indépendance à l’ensemble du peuple algérien.

L’abrogation est chose faite sous Vichy, les Juifs sont déchus de leur citoyenneté française et sont soumis à la législation antisémite française, ce qui fait bien sentir que la « protection » de la France est en fait très conditionnelle (ce qui a d’ailleurs fait réflechir le mouvement de libération algérien). Des juifs connaissent la déportation, mais essentiellement, on se souviendra des camps de travail en Algérie même, et les brimades inhumaines des soldats indigènes juifs par exemple dans l’Ouest algérien.

Même après le débarquement allié, l’antisémitisme est tellement fort que le décret Crémieux n’est pas immédiatement rétabli (il faudra attendre six longs mois de plus).

Arrivent ensuite le 1er novembre 1954 les « événements d’Algérie », i.e. la Révolution au million de martyrs contre l’impérialisme français. Des juifs rejoignent avec honneur les rangs de la libération nationale, quelques juifs à la mémoire courte rejoignent l’OAS (qui reste antisémite évidemment et qui compte de nombreux vichystes dans ses rangs) mais la majorité reste « neutre » (si cela a un sens pendant une guerre de libération nationale). Le FLN se dit ouvert à tous les Algériens, arabes, kabyles, chaouis, et juifs, car les juifs d’Algérie font partie de la nation arabe et ont leur place dans la libération de la patrie : « L’Algérie est aux Algériens, à tous les Algériens quelle que soit leur origine. », dira Ferhat Abbas.

Mais les nombreux attentats dans les quartiers juifs, dans les synagogues, etc. jetteront malheureusement la communauté juive d’Algérie derrière l’impérialisme français. L’assassinat de Cheikh Raymond le chanteur de maalouf à Constantine en 1961 scellera la fin de la confiance.

Ainsi en 1962, les algériens juifs émigreront en masse en France (grâce à la nationalité déjà acquise depuis presque un siècle) ; c’est d’ailleurs le seul pays arabe où le sionisme était si peu populaire et où l’émigration vers l’état sioniste d’Israel a été si minoritaire.

L’impérialisme français et la réaction arabe auront donc réussi à déraciner des communautés présentes depuis deux millénaires (contrairement aux colons pieds-noirs), et les masses juives algériennes le vivent concrètement comme un exil final extrêmement douloureux car apparemment définitif, après « l’exil intérieur » du décret Crémieux.

« Pendant ce temps, en Algérie », la bourgeoisie nationale qui avait mené la révolution nationale suit le cours normal de presque toutes les bourgeoisies nationales dans les pays semi-coloniaux semi-féodaux : elle se vend au social-impérialisme soviétique, et ne rompra de fait jamais avec l’impérialisme français (notamment pour l’exploitation des hydrocarbures, ainsi que pour les tests nucléaires qui ont été un véritable crime contre les masses du Sud algérien).

Cette bourgeoisie nouvellement compradore a besoin comme dans les autres « états nationaux » arabes d’une idéologie pour retenir la révolte des masses arabes ; elle développera, exactement comme en Égypte, Syrie, Iraq etc. un véritable antisémitisme d’État, alors précisément qu’il n’y a quasi plus de Juifs en Algérie. Le patrimoine culturel algérien juif est alors souillé et détruit, comme la grande synagogue d’Oran [voir photo] qui est transformée en mosquée…

Jusqu’aujourd’hui, le FLN vendu à la France ne peut d’ailleurs s’empêcher des sorties antisémites, comme le ministre des Anciens Combattants il y a peu.

Quant à nous, nous espérons voir de notre vivant le temps où les juifs arabo-berbères pourront retrouver leur place dans la nation arabe et dans la révolution nationale-démocratique arabe, aux côtés de l’ensemble de la nation arabe.

Le grand écrivain kabyle Kateb Yacine disait ainsi :

« Les Juifs et les Arabes, depuis des millénaires, sont des frères. [...] La religion, le sionisme et le nationalisme sont maintenant du passé. L’avenir exige des vues plus larges, fondées sur la confiance, la coopération, la paix. »

De même, le révolutionnaire martiniquais Frantz Fanon, qui a combattu en Algérie pour l’indépendance (à Blida notamment), était également très explicite :

« Une des manœuvres les plus pernicieuses du colonialisme en Algérie fut et reste la division en juifs et musulmans. Les juifs sont en Algérie depuis plus de 2000 ans ; ils font partie intégrante du peuple algérien. Musulmans et juifs, fils d’une même terre, n’ont pas à tomber dans le piège de la provocation. En revanche, ils se doivent de faire front contre elle, ne pas se laisser duper par ceux qui, il n’y a pas si longtemps, envisageaient avec désinvolture l’anéantissement total des juifs comme une étape salutaire de l’évolution de l’humanité. »

Nous conseillons de plus la lecture du livre de l’historien Benjamin Stora « Juifs d’Algérie, les trois exils ». Son œuvre contient des éléments personnels qui parleront sans doute à nos sœurs et frères originaires d’Algérie.

Fofana, assassin antisémite et fier

Aujourd’hui, après un long week-end judiciaire, doit reprendre le procès de Youssouf Fofana, l’assassin d’Ilan Halimi. Voici donc un bref résumé de l’actualité de la semaine passée.

1) Concernant l’affaire de « Choc Magazine », la justice a répondu jeudi à l’appel des avocats de la défense, en décidant de laisser le magazine en kiosque, mais en occultant les photos insoutenables d’Ilan aussi bien en une que dans les pages intérieures.

Les avocats du magazine ont bien entendu annoncé qu’ils se pourvoiraient en cassation, afin de faire traîner l’affaire et de permettre que se poursuive le cours « normal » et immoral de leur business populiste.

2) Lundi dernier se sont terminées les auditions des précédentes victimes du « gang des barbares », ainsi que celle du concierge de Bagneux qui a cédé les clefs du local où était séquestré et torturé Ilan.

Mardi, c’était au tour des policiers d’être entendus, en niant comme toujours leurs manquements dans l’enquête, sur lesquels Ruth Halimi était revenue dans un livre avant l’ouverture du procès.

La police explique tout de même que : « Après la mort d’Ilan, nous avons mieux travaillé avec les opérateurs de téléphonie. ». Ou comment instrumentaliser l’assassinat de notre frère pour accroître les politiques sécuritaires…

3) Mercredi, ce fut finalement au tour de la famille d’Ilan, marquée dans sa chair par le souvenir de leur fils décrit comme « un garçon trop gentil ». Mony la copine d’Ilan s’est également exprimée, hantée par Ilan, et pour qui logiquement « le pardon c’est impossible ».

Didier Halimi, le père d’Ilan, s’est adressé aux accusés en ces termes : « Quand je vois tous ces jeunes, j’ai de la peine. Je n’ai pas de haine. [...] Je pense qu’ils ne voulaient pas en arriver là, je suis un être humain, je peux me tromper, mais c’est ce que je crois. [...] Ils ont des regrets, j’en suis sûr, mais il faut assumer. »

Didier Halimi a sans doute raison : la plupart des jeunes accuséEs, qui parfois ne savaient même pas qu’Ilan était d’origine juive, regrettent leur complicité et leur lâcheté, et même sans doute avec sincérité, et se dissocient (parfois violemment) de Fofana.

Mais c’était là tout l’intérêt de lever le huis-clos : éviter que se reproduise le calvaire d’Ilan, assassiné par l’antisémitisme et l’indifférence. Et cette levée du huis-clos a précisément été refusée par deux mineurs, qui sont bien évidemment de ceux qui regrettent…

4) Immédiatement en réponse au témoignage de Ruth Halimi, Fofana a encore craché sa haine antisémite : « En tant qu’être humain, je comprends la douleur d’une mère qui perd un fils, celle d’une famille qui perd un enfant, celle d’une communauté qui perd un de ses membres. Je comprends que la famille d’Ilan réclame justice, je le comprends, et je le respecte. Mais Gaza et l’Afrique réclament justice également. [...] Je comprends qu’il y ait un contrat sur ma tête lancé par l’Organisation Juive, qui veut ma mort. Mais ça sera quatre millions de judéo-dollars pour mon cadavre. »

5) Jeudi, en présence uniquement de Mony et des sœurs d’Ilan, Fofana a enfin avoué être l’assassin, avant de se contredire une énième fois.

L’automobiliste qui a retrouvé Ilan agonisant au bord de la route à Ste-Geneviève-des-Bois (91), nu et brûlé sur plus de la moitié du corps avec plusieurs coups de couteau, a témoigné à la barre.

Suite à ce témoignage, Fofana a reconnu avoir pris la décision d’assassiner Ilan quand il a compris qu’il n’en obtiendrait rien, l’avoir emmené dans un bois, asséné des coups de couteau, aspergé d’essence et mis le feu.

Et cela sans aucun remords. Fofana a même osé ajouter cyniquement : « Je suis fier. [...] Il avait une grande force quand même. Il a fait 160 mètres. C’est l’instinct de survie, sûrement. » (en faisant référence à la distance qui séparait l’endroit où ont été retrouvées des traces d’essence et de brûlé, et l’endroit où a été retrouvé Ilan, de l’autre côté de la voie ferrée).

Ce à quoi nous répondons :

« En URSS, la loi punit avec la plus grande sévérité l’antisémitisme comme phénomène opposé au régime soviétique. Selon les lois de l’URSS, les antisémites actifs sont condamnés à la peine de mort. »
Staline, Réponse à l’Agence juive d’Amérique, 1931.

Saurez-vous reconnaître le pire de ces antisémites ?

Un indice : c’est le seul qui, comme par hasard, n’est pas nommé sur l’affiche officielle et n’est pas représenté sur la liste fasciste de Dieudonné.

Une affiche d’ailleurs digne d’un film d’action à la « Fantastic Four »… et très emblématique du courant « national-révolutionnaire » ! En effet, en se prétendant « pour une Europe libérée de la censure, du communautarisme, des spéculateurs et de l’OTAN », la campagne de Dieudonné – Soral – Gouasmi joue clairement sur l’antisémitisme, sur le fantasme des juifs dans les médias, organisés en réseau communautaire, dans la finance, et contrôlant l’impérialisme US.

Mais le slogan de l’affiche est surtout une voie de garage pour la révolte populaire : les fascistes parlent de « censure » alors qu’ils vivent de la publicité des médias et des élections bourgeoises ; ils parlent de « communautarisme » pour ne pas tomber sous le coup de la loi ; ils parlent de « spéculation » pour ne pas attaquer le capitalisme ; ils parlent de « l’OTAN » car ils sont les agents de l’impérialisme français.

Dévoiement de la révolte, division du peuple, mobilisation de masse : un pur condensé du fascisme.

Pendant ce temps, les nationaux-catholiques ultra-antisémites des « Intransigeants » soutiennent Dieudonné, tandis que les purs nazis du Parti « Solidaire » Français annoncent de plus leur soutien à la campagne d’affichage de Dieudonné… en traitant au passage Hapoel de « sionistes » !

Et c’est sans compter sur le soutien du terroriste Carlos à Dieudonné, dans une lettre à la négationniste Ginette Hess-Skandrani. Cela n’a rien d’étonnant venant de cet agent fasciste, instrument de la bourgeoisie nationale arabe et de certains impérialismes.

Pour rappel, Carlos a toujours été un « individu indépendant » croyant pouvoir louvoyer en free-lance entre les impérialistes (URSS, France, etc.) et les bourgeoisies nationales (Venezuela, Syrie, RDA, etc.), tout en s’appropriant le prestige de la résistance palestinienne (FPLP, FDLP, etc.). En bref : un mercenaire fasciste mégalo.

Mais un mercenaire fasciste mégalo sur lequel les antisémites du type Soral, Kemi Seba, ainsi qu’une partie de l’extrême-gauche franchouillarde ont pu tripper pendant l’offensive sioniste à Ghaza de janvier.

Bien évidemment, Carlos n’a pas manqué de suivre la vraie bourgeoisie impérialiste française dans son soutien entre autres à la ligne de Dieudonné.

Ce soutien concret est flagrant dans les faits, comme hier, rue des Pyrénées dans le XXème arrondissement de Paris, un quartier où vit une minorité juive non négligeable.

Ainsi, vers 11h, Dieudonné et son équipe de campagne (Soral, Condemi, Marc Georges, etc.) sont allés répandre leur propagande antisémite au marché, comme souvent dans des quartiers où vit une minorité juive populaire importante (après Créteil, Sarcelles et Aulnay).

Ils y ont rencontré une petite résistance de plusieurs personnes antifascistes (avec des slogans néanmoins un peu coupés du peuple…), et une violente « rixe » s’est ensuivie.

Cela ne surprendra personne de constater le soutien (physique) de militants d’extrême-droite du type skinheads et hooligans, puisque tous sont au final au service de l’impérialisme français, et se disciplinent en vue d’un éventuel parti « national-révolutionnaire ».

Pour se faire une idée de l’ambiance, on lira un communiqué libertaire (politiquement très faible…) ou on visionnera une vidéo de France 3.

Contre les projets fascistes et antisémites de Dieudonné – Soral – Gouasmi, seule l’unité du peuple, seule sa culture métisse et populaire, sont des remparts invincibles.