Vive la fraternité juive – arménienne !

« Qui se souvient encore du massacre des Arméniens ? »
Adolf Hitler, août 1939.

En ce jour de commémoration du génocide de 1915, chaque personne juive doit affirmer et réaffirmer sa solidarité avec la mémoire arménienne, le peuple arménien, et nos frères et sœurs d’origine arménienne.

Le fascisme turc ne s’y trompe pas, et a bien compris que notre solidarité internationaliste est une arme pour nos peuples martyrs épris de justice.

C’est pourquoi pendant la dernière offensive sioniste à Gaza, des fascistes turcs en ont profité pour distiller leur poison haineux, et ont paradé avec un chien et des pancartes disant « Interdit aux Juifs et aux arméniens, les chiens sont bienvenus » (voir notre article).

Disons-le clairement : aujourd’hui, l’État fasciste turc est négationniste. Et cela de manière officielle : sa terminologie consacrée parle du « prétendu génocide arménien », sa « justice » condamne pour « insulte à l’identité nationale turque », ses mercenaires et les miliciens fascistes des Loups-Gris assassinent et lynchent les patriotes arménienNEs (souvenons-nous du journaliste turc Hrant Dink).

En fait, les négationnistes turcs usent exactement des mêmes procédés que les négationnistes de la Shoah :

- ils parlent de « prétendu génocide arménien », de « massacres », des « événements de 1915-1917 survenus en Anatolie orientale durant la Première Guerre Mondiale » (nous n’inventons rien…) ;
- ils minimisent le nombre de victimes de la barbarie fasciste turque, et contestent systématiquement tous les chiffres afin de jeter le trouble ;
- ils prétendent que la Turquie n’a fait que se défendre contre le terrorisme arménien, et vont jusqu’à parler sans honte de « la négation banalisée des atrocités arméniennes ».

Dans sa propagande haineuse, le fascisme turc a le soutien de certaines couches de la bourgeoisie française (mais on retrouve les mêmes négationnistes aux USA). Ainsi, le social-démocrate Jack Lang a récemment tenu des propos immondes, en parlant du « génocide arménien entre guillemets » et en prétendant que « la loi [reconnaissant le génocide arménien] a été adoptée en raison de préoccupations électorales » (voir notre article). Rappelons d’ailleurs que le père du négationnisme français de la Shoah, Paul Rassinier, était aussi issu de la social-démocratie.

L’État fasciste turc profite également du soutien de l’État d’Israel, qui refuse encore et toujours la réalité du génocide arménien en tant que génocide. L’État sioniste avait ainsi expliqué dans un communiqué que : « Israël reconnaît la tragédie vécue par les Arméniens. Cependant, ces événements ne peuvent être comparés à un génocide. ».

Cela n’a en réalité rien de surprenant quand on connaît les liens économiques et militaires entre les deux États, ainsi que leur totale intégration dans les projets de l’impérialisme américain.

La frange d’extrême-droite du fascisme turc, traditionnellement antisémite, appelle donc « subitement » à ne pas faire d’« amalgame » entre la Shoah et le génocide arménien. Elle est aidée en cela par le « prix Nobel de la paix » Shimon Peres, qui avait déclaré à un journal turc : « Nous rejetons les tentatives de créer une similarité entre l’Holocauste juif et les allégations arméniennes. Rien de comparable à l’Holocauste n’a eu lieu. Ce qu’ont enduré les Arméniens est une tragédie mais pas un génocide. ».

La position des sionistes revient ni plus ni moins à du négationnisme.

Pour toute personne juive, pour toute personne consciente de ce qu’est un génocide, il est naturel de défendre le peuple frère arménien contre les tentatives de travestir la réalité, de salir la mémoire.

Beaucoup de démocrates, progressistes et révolutionnaires d’origine arménienne ou juive ont compris tout cela, et relient systématiquement nos mémoires sœurs.

Ainsi, lorsque le régime fasciste iranien avait organisé sa conférence négationniste en 2006, la communauté juive avait reçu la solidarité du Comité de Défense de la Cause Arménienne dans un communiqué. Communiqué qui disait explicitement : « Il y a aujourd’hui dans le monde deux États négationnistes : l’Iran et la Turquie. »

Parallèlement, l’important site « Pratique de l’Histoire et Dévoiements Négationnistes » consacre une rubrique (à connaître et comprendre !) à la négation du génocide arménien.

Et c’est sans compter les manifestations culturelles communes, comme ce dimanche au parvis de Notre-Dame à Paris.

Juif, juive, arménien, arménienne :
nous ne demandons que le respect du souvenir des nôtres,
nous n’exigeons que la justice contre les génocidaires et les négationnistes,
nous ferons vivre coûte que coûte nos mémoires et nos solidarités.

Pour que les sacrifices de Missak Manouchian et de Joseph Epstein ne soient pas vains, vive la fraternité antifasciste !