Archives de avril, 2009

Nazis, vous avez payé cher…

… mais vous n’avez pas tout payé !!!

Le 30 avril 1945, Hitler se suicide alors que l’Armée Rouge de Staline est à 200 m de son bunker.

Nazis ! Suivez son exemple !

« Je suis né le 13 février 2006 à Ste-Geneviève-des-Bois. »

Voilà comment l’assassin d’Ilan a décliné son identité, hier au premier jour de son procès.

Procès qui se tiendra finalement à huis-clos après quelques flottements hier matin. Et pour justifier ce huis-clos, l’avocate de Youssouf Fofana n’a rien trouvé de mieux à dire que : « M. Fofana est maltraité par une campagne de marketing politique et religieux, il doit pouvoir parler. ».

Cela n’a évidemment rien d’étonnant quand on connaît ses défenseurs : Isabelle Coutant-Peyre, l’avocate (et accessoirement épouse, mais c’est secondaire) de Carlos le terroriste « nationaliste-révolutionnaire » (= fasciste), et Emmanuel Ludot, le seul avocat français de Saddam Hussein (= pion de la France).
[Nous avons rectifié ce paragraphe suite à une remarque antisexiste des camarades de l'Action Antifasciste Bordeaux.]

Entretemps, le « marketing religieux » n’a pas mobilisé les foules, hier devant le Palais de « Justice » à Paris. Il faut bien dire que c’était 100% juif. Et il faut également avouer que c’était 100% sioniste, avec des drapeaux israeliens et des portraits du soldat sioniste Shalit, qui n’ont absolument rien à voir avec la revendication de justice pour Ilan.

En dehors de quelques « incidents » à l’intérieur avec la famille Fofana, ainsi que d’une ou deux tentatives de lynchages racistes à l’extérieur, rien de très passionnant pour ce rassemblement très encadré par la police.

Rien… à part peut-être la place plus qu’ultra-majoritaire de la jeunesse juive, et même de la très jeune jeunesse juive.

Car il faut bien comprendre que la revendication de justice est une exigence du peuple, mais qui peut être dévoyée en haine raciste (par exemple dans certains tracts ayant circulé au rassemblement d’hier dans une veine « tous unis contre les arabes », ou dans le racisme de certains jeunes de la LDJ).

C’est peut-être aussi en ce sens de justice (pour ce qu’on en sait) qu’il faut interpréter le courrier adressé avant-hier au procureur, de la part d’une « Organisation Juive », qui mettait à prix la tête de Fofana s’il ne recevait pas une « peine exemplaire ».

La vérité, c’est que nous les masses populaires juives, nous sommes prêtes depuis longtemps pour l’autodéfense et la justice du peuple. Il faut donc s’organiser en conséquence, en dehors de l’impasse du racisme et de la manipulation par le sionisme.

Jeunesse juive ! Hapoel est ton organisation !

JUSTICE POUR ILAN !!!

Fascistes, vous avez payé cher…

… mais vous n’avez pas tout payé !!!

Le 29 avril 1945, Mussolini est pendu par les partisans antifascistes à un croc de boucher.

Antifascistes ! Suivez leur exemple !

29 avril 1945 : libération de Dachau

Notre compassion va vers TOUS les animaux

N’importe quelle personne suivant un peu les infos à la télé n’a pu passer à côté ces derniers jours : la grande actualité mondiale, c’est la grippe porcine.

Mais comme le disent si bien l’État bourgeois et l’industrie du meurtre des animaux… « tout est sous contrôle ! ».

Tellement sous contrôle que même en Israel, deux cas de grippe porcine ont été confirmés par les « autorités sanitaires ». Deux cas de personnes revenant du Mexique, où la situation est quasi apocalyptique, pour le peuple comme pour les cochons exterminés en masse.

Le saviez-vous ?

Et pendant ce temps, les ‘haridim en Israel ne trouvent rien de mieux à faire que de louvoyer. Ainsi, le vice-ministre ultra-orthodoxe de la Santé, Yaakov Litzman, a annoncé lundi que le terme officiel pour parler de la grippe porcine serait… « la grippe du Mexique » !

Comme si cette maladie était de la faute du Mexique ! Comme si ce n’était pas une maladie totalement issue de l’industrialisation de l’exploitation des animaux, des usines-abattoirs du système capitaliste !

En réalité, ce changement officiel de terminologie est révélateur de la schizophrénie de l’État sioniste.

Car comment interpréter cette « précaution » ridicule qui nie les causes réelles de ces maladies nouvelles, surtout quand on sait qu’Israel est un important « producteur » et exportateur de cadavres de porc ?

Cette schizophrénie démontre que l’État sioniste d’Israel a effectivement un caractère colonial, comme colonie au service de l’impérialisme américain.

Car Israel et sa production massive de viande de porc, c’est exactement comme le porc au Maroc, c’est exactement comme les usines-abattoirs au Mexique pour le compte des USA, c’est exactement comme l’Inde et sa production massive de cuir alors que la vache y est sacrée.

Israel, Maroc, Mexique, Inde : c’est exactement la même réalité coloniale ou semi-coloniale qui est à l’œuvre.

Et c’est exactement la même horreur du capitalisme, pour les masses populaires ainsi que pour les animaux dont l’existence entière est soumise à la barbarie de l’industrie de la mort.

Mais depuis le début, vous vous demandez pourquoi Hapoel parle de la grippe du porc, alors que pour beaucoup d’entre nous, nous ne connaissons peut-être même pas le goût de son cadavre…

En tant que personnes de culture juive, religieuses ou pas, nous avons été élevées le plus souvent dans un certain respect de la kashrut. Ainsi, même pour celles et ceux n’ayant pas reçu d’éducation religieuse, le refus de manger du porc est souvent présent, au moins de manière culturelle.

Mais ce refus (de même que chez les musulmanEs) n’est en fait pas généralement une marque de compassion particulière envers les cochons, bien au contraire : le cochon est même présenté comme un animal hypocrite, pervers.

En effet, la tradition rapporte que le cochon met en avant ses pattes mais recule sa tête, afin de montrer ses sabots fendus (qui le rendraient kasher), mais pour masquer le fait qu’il n’est pas un ruminant (condition nécessaire de kashrut).

Cette explication est véritablement la marque d’une arriération féodale, surtout quand on sait à quel point le cochon est un animal affectueux, intelligent et empathique.

Une explication plus convaincante serait, bien au contraire, les ressemblances entre l’espèce humaine et les cochons, que ce soit au niveau de la peau (foncée ou rosée) ou du régime alimentaire (ce qui autrefois en faisait un « concurrent » pour les ressources naturelles).

Chez Hapoel, nous n’avons pas honte de revendiquer la compassion envers les animaux et l’amour envers la nature, compassion et amour qui doivent s’élever à une certaine universalité pour répondre aux exigences de l’époque.

Et chez Hapoel, nous n’avons pas peur de dire que cet universalisme doit dépasser certains de nos préjugés très répandus. Et donc s’orienter vers les humainEs de toutes les cultures, origines, orientations sexuelles, ainsi que vers les animaux.

Vers TOUS les animaux.

Nous savons très bien que certaines personnes malveillantes et haineuses vont déformer nos propos et nous calomnier… mais ce ne seront que des féodaux haïssant la nature et insultant la compassion populaire juive pour les animaux.

Quoi qu’ils diront, l’actualité de l’enfer capitaliste nous rappelle inévitablement deux vérités :

1) Le véganisme, c’est-à-dire le refus total de l’utilisation d’animaux, est la seule éthique moderne, la seule voie pour s’opposer à la barbarie capitaliste de l’« éternel Treblinka » que subissent les animaux.

2) Contre la décadence des valeurs du capitalisme et la violence des valeurs du fascisme, nos valeurs à nous doivent être positives, lumineuses, pleines d’amour et de compassion. Et universelles.

N’ayons donc pas honte de dire que nous aimons les animaux, tous les animaux, libres et vivants.

Même les cochons.

Justice pour Ilan !

Aujourd’hui s’ouvre donc le procès des assassins de notre frère Ilan, enlevé en tant que juif et tué parce que juif. Le procès se tiendra jusqu’au 10 juillet.

Souvenons-nous d’Ilan, soutenons sa famille.

Jamais le temps n’effacera ton sourire

Une chanson pour Ilan.

Témoignage de Mony, la copine d’Ilan

Pour la première fois, l’ancienne petite amie d’Ilan s’est exprimée, sur une radio française. Un témoignage véritablement plus qu’émouvant. C’est elle que le « gang des barbares » avaient contactée la première pour réclamer une rançon.

« Je veux connaître la vérité. Je n’attends pas de « pardons », d’excuses, ou quoi que ce soit. Tout ce que je veux, c’est savoir ce qui s’est vraiment passé. Pourquoi ils en sont arrivés là ? Est-ce une affaire d’argent ? Pourquoi ils ont choisi un juif ? L’ont-ils vraiment choisi parce qu’il était juif ? Est-ce un crime antisémite ?… Moi j’en suis persuadée. Et je veux qu’on les reconnaisse responsables des actes horribles qu’ils ont commis ; je ne veux plus jamais qu’ils sortent de prison. »

« J’ai peur d’entendre ce qu’ils ont fait à Ilan. Je sais qu’ils l’ont torturé. Et rien que de repenser à ce qu’il a pu endurer et comment il a pu souffrir, je ne me sens pas bien, ça me fait extrêmement mal. Comment des jeunes, de presque mon âge, ont pu en arriver là ? Pour de l’argent. Je ne comprends pas. J’aimerais qu’en France, on n’entende plus des choses comme ça. »

Des paroles justes, sincères, bouleversantes. Comme la vie d’Ilan, 23 ans, vendeur de téléphones portables, dont la petite amie était asiatique et dont les deux meilleurs copains s’appelaient Karim et Jérémy…

Demain, soyons là pour Ilan et sa famille

C’est demain que s’ouvre le procès (à huis clos) des assassins d’Ilan, un simple fils du peuple enlevé en tant que juif et mis à mort parce que juif.

Pour la mémoire de notre frère, pour soutenir sa famille, pour obtenir justice, soyons nombreuses et nombreux à l’entrée du tribunal, au moins pour les parisienNEs qui en ont la possibilité.

Le rendez-vous est fixé à 11h devant le palais de justice, entrée Sainte-Chapelle, Place de la Cité, métro Cité ou Châtelet.

[Correction après coup : le rendez-vous à 11h, c'était pour les mythomanes de Facebook et Myspace qui allaient « venir en masse ». Pour les autres, c'était à 14h.]

On peut arracher un arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps.

Retour sur l’agression de mercredi dernier dans le XI

L’association qui organisait la soirée de soutien à la Palestine a publié un communiqué à propos de l’agression de mercredi dernier à Paris.

Ce communiqué se trouve ici.

Il confirme que les fascistes de la LDJ sont dans le coup.

L’actualité en France est au fascisme, à l’antisémitisme ultra-violent. Mais la LDJ ne trouve rien de mieux à faire que d’attaquer la solidarité internationaliste avec la Palestine.

Ou bien ils ont un sérieux problème du sens des priorités. Ou bien ils ne servent qu’à diviser le peuple et à envoyer la minorité nationale juive dans la voie de garage du racisme.

Quand on sait que la LDJ est plus que bienveillante envers les fascistes « Identitaires » (avec le discours du type « oui mais Vardon a changé depuis quelques années »), fascistes qui sont en pleine réorganisation quasi militaire, on comprend que la LDJ fait partie des projets du fascisme en France.

La seule autodéfense juive qui réponde aux exigences de l’époque, c’est l’action antifasciste.

Croire le fascisme là-bas, c’est armer le fascisme ici !

Le fascisme iranien, principal exportateur d’antisémitisme

Il y a une semaine s’est ouverte à Genève la pseudo-conférence de l’ONU contre le racisme, souvent appelée Durban 2 (en référence à la première telle conférence de 2001 à Durban en Afrique du Sud).

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a donc été invité à prononcer un discours « contre le racisme ». Au moment où Ahmadinejad a commencé à parler de la Palestine, les émissaires européens se sont levés et ont quitté la salle.

Voilà les faits bruts.

On nous a demandé, à HaPoel HaAntifashisti, ce que l’on en pensait. Pour nous, cela fait intégralement partie de ce vieux monde en décomposition, donc nous n’avons pas à être « pour » ou « contre ».

En revanche, cela peut avoir un lien avec le développement du fascisme, aujourd’hui en France. En ce sens, il est peut-être bon de rappeler quelques faits.

1) Le discours d’Ahmadinejad était-il raciste et antisémite ?

En réalité, ce n’est même pas forcément la question. Toute la gauche française est tombée (sciemment pour certains, naïvement pour d’autres) dans le piège de savoir si le discours en soi était antisémite ou pas, alors qu’il est clair qu’Ahmadinejad est un antisémite et un négationniste forcené.

Mais puisque vous posez la question, nous allons y répondre.

Oui, le discours d’Ahmadinejad était antisémite. C’est un délire antisémite sur la domination des « sionistes » :

« Ces gouvernements ont toujours soutenu ou sont restés silencieux face aux actes infâmes du régime sioniste. Fort malheureusement la raison de leur soutien et de leur silence est que le sionisme égoïste et barbare est parvenu à pénétrer profondément leur structure politique et économique, ce qui inclut leur législation, leurs médias de masse, leurs entreprises, leur système financier et leurs agences de sécurité et de renseignement. Ils ont imposé leur domination au point que rien ne puisse être fait contre leur volonté. Dans certains pays, même les changements de gouvernement ne font jamais fléchir le soutien aux sionistes, bien qu’ils soient tous conscients de leurs crimes : cela est en soi fort regrettable.

Tant que la domination sioniste se maintiendra, de nombreux pays, gouvernements et nations ne seront jamais en mesure de jouir de la liberté, de l’indépendance et de la sécurité. Tant qu’ils seront au sommet du pouvoir, la justice ne triomphera jamais dans le monde et la dignité humaine continuera d’être offensée et piétinée. »

« L’action militaire contre l’Irak n’a-t-elle pas été planifiée par les sionistes et leurs alliés de l’administration U.S. d’alors ? »

Si ce n’est pas de l’antisémitisme complotiste se parant de l’antisionisme, alors nous ne savons pas ce que c’est d’autre.

2) Ahmadinejad est-il légitime pour parler de racisme ?

Clairement pas. L’État iranien est un État fasciste, où les révoltes populaires sont nombreuses et très durement réprimées, et qui entretient (difficilement) une mobilisation de certaines couches des masses par une idéologie violemment antisémite et faussement anti-impérialiste.

L’État fasciste iranien n’a pas de leçon à donner sur le racisme (comme sans doute aucun État au monde), notamment quand on connaît la guerre permanente que subissent les libérations nationales baloutche, azérie, kurde, arabe et turkmène en Iran. Et cela avec la complicité « surprenante » de l’impérialisme US, qui a qualifié en février dernier le PJAK d’organisation « terroriste » (le PJAK est le parti de la libération nationale kurde dans la zone du Kurdistan contrôlée par l’Iran).

3) Mais… vous êtes antisionistes. Et l’Iran aussi, n’est-ce pas ?

L’Iran n’est absolument pas antisioniste. C’est une façade à l’antisémitisme.

Soyons pragmatiques : l’Iran soutient-il, oui ou non, la révolution nationale-démocratique arabe ?

Clairement pas. Il appuie les fractions les plus féodales en Palestine et au Liban. Il n’appuie pas la révolution arabe antisioniste et anti-impérialiste.

Comment le pourrait-il, alors que l’Iran est une gigantesque prison pour sa classe ouvrière et sa paysannerie, ainsi que pour ses minorités nationales ?

Nous considérons qu’il n’y aura absolument JAMAIS RIEN de positif dans le régime fasciste iranien.

4) L’ONU, au moins, lutte contre le racisme. N’est-ce pas positif ?

Pour toute personne qui essaie de comprendre de manière scientifique le monde actuel, l’ONU n’est pas un organisme neutre, épris de justice, flottant abstraitement au-dessus des États et des classes.

L’ONU est un terrain d’affrontement inter-impérialiste, que ce soit de manière idéologique (la conférence « contre le racisme »), légale (les résolutions de l’ONU), ou par la guerre (guerres civiles où les différentes factions sont armées par des impérialismes concurrents, interventions impérialistes, etc.).

En ce sens, le concept même de « conférence internationale contre le racisme » nous fait rire (très jaune), car le système de domination impérialiste sur le monde entier produit des idéologies racistes répondant à ses besoins, aussi bien dans les pays impérialistes eux-mêmes que dans les pays semi-coloniaux qui leur sont soumis.

Ce qui s’est produit à Genève était donc inévitable : impérialisme contre impérialisme, et de manière indissociable, racisme contre racisme.

5) Quels sont ces blocs impérialistes qui s’affrontent ?

Ce sont les mêmes que l’on a vu se cristalliser à l’occasion de la guerre en Irak : impérialisme américain d’une part, bloc impérialiste France – Allemagne – Russie d’autre part.

Au Proche-Orient, l’impérialisme US soutient ou contrôle directement : Israel, la Turquie, l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie Saoudite, les Émirats, l’Irak, certaines couches au Liban et en Palestine, etc.

Le bloc impérialiste concurrent, dont fait partie la France, soutient ou contrôle : d’autres couches au Liban et en Palestine, la Syrie, et… l’Iran.

6) Quoi ? L’Iran n’est pas indépendant ?

Non, c’est un pays semi-colonial semi-féodal, un État pseudo-national. La pénétration impérialiste est gigantesque, tant par des pays comme l’Allemagne (deux tiers de l’industrie iranienne fonctionnent avec des machines allemandes) que bien sûr la France (présence de Total, de Peugeot, de Renault, des banques françaises, etc.). Sans oublier que Khomeiny avait lui-même été réfugié dans une villa de rêve en France avant de revenir en Iran pour la « révolution » de 1979.

En fait, les couches au pouvoir en Iran (comme au Venezuela etc.) servent non seulement à gérer l’exploitation du peuple iranien, mais également à exprimer les arrière-pensées et les idéologies des impérialistes qui les financent, impérialistes qui soit ne détiennent pas nécessairement le pouvoir politique dans leur pays, soit ne peuvent pas encore se permettre d’être explicitement antisémites.

7) Ah ! Donc l’Iran serait un pion de certains impérialismes ? Mais pour quoi ?

Pour la marche à la guerre impérialiste. Il faut voir le discours d’Ahmadinejad dans le contexte de l’affrontement inter-impérialiste, entre le bloc mené par les USA et le bloc France-Allemagne-Russie.

D’ailleurs, rien d’étonnant à ce qu’Ahmadinejad commence son discours en parlant du droit de veto à l’ONU, et le termine ainsi :

« Il est essentiel de réformer rapidement la structure du Conseil de sécurité, ce qui implique de mettre fin au droit de veto discriminatoire et de réformer le système financier et monétaire mondial actuel. »

Ahmadinejad exprime donc, comme « sous-traitant idéologique », la tendance à la guerre impérialiste pour le repartage du monde, seule issue de l’impérialisme pour résoudre la crise capitaliste actuelle.

Tendance à la guerre qui trouve, dans le bloc impérialiste France – Allemagne – Russie, l’antisémitisme comme expression idéologique, pour infiltrer et intégrer les masses dans les projets impérialistes.

Il est donc impératif de comprendre que l’Iran est devenu une « plaque tournante » de l’antisémitisme dans le monde, comme « dealer » qui refourgue une idéologie produite par nos impérialistes.

8) Mais au fait, pourquoi l’antisémitisme ? Pourquoi l’État iranien est-il antisémite ?

Tout s’explique par la nature de classe du fascisme iranien au pouvoir.

Le fascisme iranien est l’expression de la petite-bourgeoisie nationale iranienne et des couches féodales iraniennes. Ces couches ont produit historiquement une idéologie pour établir une pseudo-unité nationale et mener la « révolution islamique », qui est en réalité une fausse révolution dévoyant la révolte populaire de la fin des années 70, pour :

- d’une part sauver les bases matérielles de la féodalité iranienne, qui était visée par la « révolution blanche », un mouvement de réorganisation et de modernisation de la propriété, mené par la bourgeoisie compradore liée à l’impérialisme américain ;

- d’autre part casser les mouvements ouvriers puissants en Iran et prendre les devants contre une éventuelle alliance avec la paysannerie, qui aurait annoncé la révolution agraire, anti-féodale et anti-impérialiste.

9) D’accord… mais l’antisémitisme dans tout ça ? On a demandé quelque chose, nous ?

On y arrive, justement.

Ces couches sociales, conservatrices par nature, ont donc joué sur la culture islamique dominante dans les masses (paysannes, entre autres). D’où l’idéologie du fascisme iranien : l’islamisme nationaliste chiite, ultra-réactionnaire, avec un encadrement religieux ultra-rigide, et ultra-violent contre les femmes et les minorités nationales.

À cela s’ajoute nécessairement une idéologie de mobilisation fasciste des masses soi-disant contre l’impérialisme US. Une idéologie fatalement délirante-fantasmatique vue la nature de la petite-bourgeoisie. Une idéologie où les masses ne font pas l’histoire, où les complots sont le moteur de l’histoire universelle. Une idéologie petite-bourgeoise, à la fois contre la « finance mondiale » et contre la révolution populaire (« Le libéralisme occidental, comme le communisme, connaît son crépuscule », a dit Ahmadinejad la semaine dernière). Contre Rothschild et Lénine à la fois.

Cette idéologie de la petite-bourgeoisie iranienne pseudo-nationale, ce sera évidemment l’antisémitisme le plus forcené, masqué par un prétendu antisionisme.

10) Pourquoi n’entend pas tout cela en France ?

La réponse est dans la question : on est en France. Et la France est l’un des pays impérialistes dominant l’économie iranienne.

Ce que l’on entend en France, c’est :

- d’une part les « condamnations » des représentants de la bourgeoisie industrielle (Sarkozy et compagnie) qui sont actuellement plus ou moins au pouvoir en France, et qui sont en guerre interne contre la bourgeoisie financière française ;

- d’autre part l’admiration des franges les plus impérialistes de la bourgeoisie française, qui félicitent en réalité un pion de leur impérialisme.

11) Des noms !!!

Eh bien, d’une part le courant fasciste en France qui rêve soit d’un trip en solo de l’impérialisme français, soit de l’alliance jusqu’au bout avec les impérialismes russe et allemand (contre par exemple le courant fasciste des « identitaires »). Concrètement, c’est Soral et compagnie, les « nationaux-révolutionnaires », les ethnodifférentialistes (dont Kemi Seba), les islamistes, les antisémites délirants qui font du complot une vision du monde, etc.

Mais d’autre part, la grande majorité de la gauche « radicale » en France est à la remorque de l’impérialisme français et rêve d’une vraie « politique arabe de la France ». Cela tient à sa nature petite-bourgeoise. Cette « gauche radicale », totalement infestée d’antisémitisme, diffuse sans honte les positions antisémites les plus délirantes, ainsi que le discours d’Ahmadinejad, en fantasmant allègrement sur les « sionistes ».

Rien d’étonnant à ce que toute cette gauche de merde se fournisse chez les fascistes du « Réseau Voltaire » pour la traduction en français du discours d’Ahmadinejad (c’est également ce que nous avons reçu du lecteur nous demandant notre position).

12) Quelle importance pour le développement du fascisme, aujourd’hui en France ?

Concrètement, en ce qui concerne la France, l’Iran finance (avec la Syrie) un courant du fascisme français, à savoir Dieudonné – Soral – Faurisson.

Ainsi, le délirant Thierry Meyssan reçoit de l’argent des généraux syriens ; Dieudonné et Soral agitent des drapeaux iraniens quand ils ont besoin d’argent ; de même pour le réseau Voltaire ; le Centre Zahra de Yahia Gouasmi, d’idéologie islamiste chiite, est quasiment une organisation générée par l’Iran ; Faurisson a été invité par l’Iran pour sa conférence négationniste de décembre 2006 ; c’est une dessinatrice fasciste française qui a gagné le fameux concours iranien de caricatures antisémites.

Et ça ne date pas d’hier. En 1987, l’ambassade d’Iran à Paris a ainsi été prise en flagrant délit de financement massif de deux éditions négationnistes d’extrême-droite.

En réalité, c’est une combine pour l’impérialisme français pour acheter une bourgeoisie compradore en même temps qu’il finance indirectement ses brigades fascistes.

13) Le mot de la fin ?

Hapoel est matérialiste et pragmatique : l’Iran finance les fascistes, donc une personne soutenant Ahmadinejad est ou sera bientôt fasciste.

C’est simple.

Pour Hapoel, quelqu’unE qui considère que le discours d’Ahmadinejad a le moindre caractère positif est concrètement :
- unE ennemiE des peuples de Perse ;
- à la remorque de l’impérialisme français ;
- complice du renouveau fasciste en France.

En souvenir des déportéEs homosexuelLEs

En ce jour de souvenir des déportéEs, nous relayons fraternellement un communiqué des Flamands Roses (association Lesbienne Gaie Bi Trans du nord de la France) et du Mémorial de la Déportation Homosexuelle :

Appel en faveur de la reconnaissance officielle par la République Française de la déportation pour motif d’homosexualité durant la seconde guerre mondiale

Pendant la seconde guerre mondiale, les nazis ont déporté des hommes et des femmes parce qu’ils ou elles étaient homosexuelLEs. Les hommes étaient soumis au paragraphe 175 du droit allemand qui pénalisait l’homosexualité masculine seulement, et portaient un triangle rose dans les camps. Les femmes étaient souvent considérées comme asociales et portaient un triangle noir, certaines ont été arrêtées et déportées comme communistes.

La journée nationale du souvenir des héros et des victimes de la déportation a lieu chaque année le dernier dimanche d’avril. À cette occasion, des cérémonies officielles de commémoration sont organisées un peu partout en France.

Les associations homosexuelles sont désormais officiellement invitées à certaines de ces cérémonies, mais cela n’est pas le cas partout. De plus, même lorsqu’elles sont invitées, ces associations et leurs sympathisantEs ne sont pas toujours bien acceptéEs par l’ensemble des autres participantEs.

En 2001, le Premier Ministre Lionel Jospin déclarait : « Il est important que notre pays reconnaisse pleinement les persécutions perpétrées durant l’occupation contre certaines minorités – les réfugiés espagnols, les tziganes ou les homosexuels. » En 2005, le Président de la République Jacques Chirac déclarait : « En Allemagne, mais aussi sur notre territoire, celles et ceux que leur vie personnelle distinguait, je pense aux homosexuels, étaient poursuivis, arrêtés et déportés. »

Ces deux déclarations d’éminents représentants de l’Etat sont des actes politiques d’importance ; elles ne sauraient toutefois constituer à elles seules les actes officiels par lesquels la République Française reconnaîtrait la déportation pour motif d’homosexualité. Nous attendons toujours de tels actes.

C’est pourquoi nous formulons les demandes suivantes en ce qui concerne les cérémonies de commémoration organisées à l’occasion de la journée nationale du souvenir des héros et des victimes de la déportation :

- Nous demandons que partout en France les associations portant le souvenir de la déportation pour motif d’homosexualité soient officiellement invitées en tant que telles à ces cérémonies.

- Nous demandons qu’un discours officiel, lu pendant les cérémonies partout en France, rende explicitement hommage à toutes les catégories de déportéEs, avec citation des différents motifs de déportation dont l’homosexualité. Cela pourrait être l’objet d’un discours rédigé par le Ministre des Anciens Combattants en concertation avec les associations portant le souvenir de la déportation.

- Nous demandons que les associations portant le souvenir de la déportation pour motif d’homosexualité soient associées à la préparation de ces cérémonies, dans un esprit de dialogue, de respect et de compréhension mutuels. Cela pourrait contribuer de plus au dialogue entre les générations et à la transmission de la mémoire.

- Nous rappelons ici que nous sommes très attachéEs à l’unité du souvenir de la déportation. C’est la raison pour laquelle, par exemple, nous demandons aux associations d’anciens Combattants, Résistants et Déportés d’accepter notre participation pour l’achat de la gerbe commune qu’elles déposent traditionnellement lors de chaque cérémonie en hommage à « touTEs » les déportéEs.

- Nous appelons le Président de la République, le Premier Ministre, le Gouvernement et les Parlementaires à s’engager afin que la République Française reconnaisse officiellement la déportation pour motif d’homosexualité durant la seconde guerre mondiale.

- Nous invitons toutes les personnes et les associations concernées par le souvenir de la déportation pour motif d’homosexualité à se joindre à notre appel. En particulier nous invitons toutes les associations du Nord-Pas-de-Calais et leurs sympathisantEs à nous rejoindre lors de la cérémonie du souvenir à Lille le dimanche 26 avril 2009.

Les Flamands Roses et le Mémorial de la Déportation Homosexuelle.

Embrouilles racistes à Paris dans le XI

L’affaire est sortie hier samedi, mais les faits remontent à mercredi soir. Les informations dont nous disposons sont évidemment partielles et partiales, donc nous ne nous avancerons pas trop.

Mercredi soir, des jeunes juifs et juives collent des affiches à la mémoire d’Ilan Halimi sur le boulevard Voltaire dans le XI à Paris, pas loin du Phone House où travaillait Ilan. Il s’agit peut-être des affiches du Betar / Tagar (inscrit en minuscule en bas à gauche), qui fleurissaient dans ce quartier en février.

Trois jeunes arabes les agressent alors, dont un avec un nunchaku, qui se fait interpeller par les « forces de l’ordre ».

Les sionistes décident de se venger, rameutent du monde, et arrivent à sept au métro Rue des Boulets, à proximité du CICP (Centre International de Culture Populaire), où se tient une soirée de soutien à la Palestine (soirée « saveurs du monde » avec défilé de mode arabe palestinienne : une bonne occasion a priori de déguster du ‘humus…).

Là, les sionistes agressent deux jeunes arabes qui arrivaient du métro pour la soirée de soutien, à base de bombe lacrymogène, de matraques et de bouteilles de verre.

Les flics, postés autour du CICP, accourent et arrêtent trois des sept sionistes (dont une militante du Betar), qui finissent en garde-à-vue.

Entretemps, les arabes agressés, qui n’ont peut-être (voire sans doute) absolument rien à voir avec l’agression antisémite plus tôt dans la soirée, passent la nuit à l’hôpital, où ils reçoivent respectivement deux et quatre jours d’ITT.

Le lendemain matin, ils sont convoqués au commissariat pour témoigner, mais sont aussitôt placés en garde à vue. Plus de 48 heures, et sans raison.

Au final, six jeunes (trois sionistes, un arabe antisémite, deux arabes a priori sans rapport avec l’embrouille initiale) sont miSEs en examen hier pour violences racistes. TouTEs sont sous contrôle judiciaire.

Quoi qu’il ce soit passé ce mercredi soir, ce que nous voyons (avec les informations dont nous disposons) est simple :
- d’une part des jeunes antisémites qui insultent la mémoire d’Ilan Halimi, un fils du peuple ;
- d’autre part des jeunes sionistes qui dévoient l’autodéfense juive en attaquant la solidarité avec la Palestine.

Et pendant ce temps… l’État français et les fascistes comptent les points !

Commémoration du génocide arménien à Paris

Si vous êtes à Paris, nous ne pouvons que vous conseiller d’aller ce dimanche (qui est également la journée nationale du souvenir des héros et héroïnes de la déportation) au parvis de Notre-Dame, où comme chaque année depuis 4 ans se tient une exposition sur les génocides et leur négation.

Les associations présentes viennent d’horizons extrêmement variés :

Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France, L’Arche, Association internationale de recherche sur les crimes contre l’humanité et les génocides (AIRCRIGE), Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda, Communauté Rwandaise de France, Collectif Urgence Darfour, Institut Assyro-Chaldéen-Syriaque, Ibuka France, Mémorial 98, Mouvement pour la Paix et Contre le Terrorisme, SOS Racisme, Union des Étudiants Juifs, Vigilance Soudan, Arbeitsgruppe Anerkennung (groupe de travail pour la reconnaissance, Allemagne), Verein der Völkermordgegner (association des opposants aux génocides, Allemagne), İnsan Hakları Derneği (association des droits humains, Turquie).

En bref, rien de révolutionnaire, mais une certaine unité démocratique. Toutes les informations par là.

Journée nationale du souvenir

Aujourd’hui, dernier dimanche d’avril, se tient la journée nationale du souvenir des victimes et des héros et héroïnes de la déportation.

Des cérémonies ont lieu dans toutes les villes de France : renseignez-vous, participez à cet hommage près de chez vous.

Par exemple à Paris, la journée doit commencer à 15h30 par une cérémonie de recueillement au Mémorial de la Shoah, puis se poursuivre en cortège vers le Mémorial des martyrs de la déportation sur l’Île de la Cité, et se terminer par le ravivage de la flamme à l’Arc de Triomphe.

Souvenons-nous. Nizkor.

Opérationnel…

Musicalement, cette chanson d’Olivier Miller vaut ce qu’elle vaut… Mais pour les paroles chantons touTEs mazal tov !
Le MySpace d’Oliver Miller, son site, son Skyblog et son FaceBook (où il fait un lien vers Smoker et DJ Poska !).
Rappelons juste notre court article sur la conception populaire juive de la romance.

Opérationnel pour de bon,
Mais je ne connais pas les lettres de son prénom
J’imagine déjà
Ses beaux cheveux longs,
Sa voix douce comme le miel,
Ses odeurs de savon.
À ma belle inconnue j’adresse ce mot,
Celle qui vivra l’aventure de la vie sur mon bateau :
À toi ma femme, toi mon cadeau
Qui accompagnera mon âme vers le haut !

Sache que si je t’ai choisie
C’est que mon cœur bat quand tu souris !
Parce que t’es prête à vivre dans mes bras…
Allez viens je t’attends, aie confiance en moi !

Montre-moi ton visage
Rien qu’une image de ton paysage
Toi qui sauras me rendre sage
Pour toi je quitterais tout
Je ferais mes bagages
Mazal, dis-moi où tu es
Dis-moi comment et où te trouver
Je viendrais te chercher
Que ce sois au bout du monde ou juste à côté !

Mais j’me fais pas d’idéal même pas de dessin,
Tu serais mille fois plus belle, reine de mon essaim
Et si j’suis atteint de toi, rangez vos vaccins
Tu seras mon seul virus, il n’y aura rien de malsain,
Ce sera pas le destin, ça viendra du ciel
Notre union fera danser les anges devant l’Éternel
J’t'offrirais un monde mieux que l’essentiel
Prête pour le décollage, accroche-toi à mes ailes !

Sache que si je t’ai choisie
C’est que mon cœur bat quand tu souris !
Parce que t’es prête à vivre dans mes bras…
Allez viens je t’attends, aie confiance en moi !

Montre-moi ton visage
Rien qu’une image de ton paysage
Toi qui sauras me rendre sage
Pour toi je quitterais tout
Je ferais mes bagages
Mazal, dis-moi où tu es
Dis-moi comment et où te trouver
Je viendrais te chercher
Que ce sois au bout du monde ou juste à côté !

[bis]

Shavua Tov – שבוע טוב

Les trompettes de Jéricho feront aussi tomber les murs qui nous emprisonnent ou nous divisent !

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h37, sortie samedi à 21h50.

Au sommet des fières montagnes d’Arménie

Vive la fraternité juive – arménienne !

« Qui se souvient encore du massacre des Arméniens ? »
Adolf Hitler, août 1939.

En ce jour de commémoration du génocide de 1915, chaque personne juive doit affirmer et réaffirmer sa solidarité avec la mémoire arménienne, le peuple arménien, et nos frères et sœurs d’origine arménienne.

Le fascisme turc ne s’y trompe pas, et a bien compris que notre solidarité internationaliste est une arme pour nos peuples martyrs épris de justice.

C’est pourquoi pendant la dernière offensive sioniste à Gaza, des fascistes turcs en ont profité pour distiller leur poison haineux, et ont paradé avec un chien et des pancartes disant « Interdit aux Juifs et aux arméniens, les chiens sont bienvenus » (voir notre article).

Disons-le clairement : aujourd’hui, l’État fasciste turc est négationniste. Et cela de manière officielle : sa terminologie consacrée parle du « prétendu génocide arménien », sa « justice » condamne pour « insulte à l’identité nationale turque », ses mercenaires et les miliciens fascistes des Loups-Gris assassinent et lynchent les patriotes arménienNEs (souvenons-nous du journaliste turc Hrant Dink).

En fait, les négationnistes turcs usent exactement des mêmes procédés que les négationnistes de la Shoah :

- ils parlent de « prétendu génocide arménien », de « massacres », des « événements de 1915-1917 survenus en Anatolie orientale durant la Première Guerre Mondiale » (nous n’inventons rien…) ;
- ils minimisent le nombre de victimes de la barbarie fasciste turque, et contestent systématiquement tous les chiffres afin de jeter le trouble ;
- ils prétendent que la Turquie n’a fait que se défendre contre le terrorisme arménien, et vont jusqu’à parler sans honte de « la négation banalisée des atrocités arméniennes ».

Dans sa propagande haineuse, le fascisme turc a le soutien de certaines couches de la bourgeoisie française (mais on retrouve les mêmes négationnistes aux USA). Ainsi, le social-démocrate Jack Lang a récemment tenu des propos immondes, en parlant du « génocide arménien entre guillemets » et en prétendant que « la loi [reconnaissant le génocide arménien] a été adoptée en raison de préoccupations électorales » (voir notre article). Rappelons d’ailleurs que le père du négationnisme français de la Shoah, Paul Rassinier, était aussi issu de la social-démocratie.

L’État fasciste turc profite également du soutien de l’État d’Israel, qui refuse encore et toujours la réalité du génocide arménien en tant que génocide. L’État sioniste avait ainsi expliqué dans un communiqué que : « Israël reconnaît la tragédie vécue par les Arméniens. Cependant, ces événements ne peuvent être comparés à un génocide. ».

Cela n’a en réalité rien de surprenant quand on connaît les liens économiques et militaires entre les deux États, ainsi que leur totale intégration dans les projets de l’impérialisme américain.

La frange d’extrême-droite du fascisme turc, traditionnellement antisémite, appelle donc « subitement » à ne pas faire d’« amalgame » entre la Shoah et le génocide arménien. Elle est aidée en cela par le « prix Nobel de la paix » Shimon Peres, qui avait déclaré à un journal turc : « Nous rejetons les tentatives de créer une similarité entre l’Holocauste juif et les allégations arméniennes. Rien de comparable à l’Holocauste n’a eu lieu. Ce qu’ont enduré les Arméniens est une tragédie mais pas un génocide. ».

La position des sionistes revient ni plus ni moins à du négationnisme.

Pour toute personne juive, pour toute personne consciente de ce qu’est un génocide, il est naturel de défendre le peuple frère arménien contre les tentatives de travestir la réalité, de salir la mémoire.

Beaucoup de démocrates, progressistes et révolutionnaires d’origine arménienne ou juive ont compris tout cela, et relient systématiquement nos mémoires sœurs.

Ainsi, lorsque le régime fasciste iranien avait organisé sa conférence négationniste en 2006, la communauté juive avait reçu la solidarité du Comité de Défense de la Cause Arménienne dans un communiqué. Communiqué qui disait explicitement : « Il y a aujourd’hui dans le monde deux États négationnistes : l’Iran et la Turquie. »

Parallèlement, l’important site « Pratique de l’Histoire et Dévoiements Négationnistes » consacre une rubrique (à connaître et comprendre !) à la négation du génocide arménien.

Et c’est sans compter les manifestations culturelles communes, comme ce dimanche au parvis de Notre-Dame à Paris.

Juif, juive, arménien, arménienne :
nous ne demandons que le respect du souvenir des nôtres,
nous n’exigeons que la justice contre les génocidaires et les négationnistes,
nous ferons vivre coûte que coûte nos mémoires et nos solidarités.

Pour que les sacrifices de Missak Manouchian et de Joseph Epstein ne soient pas vains, vive la fraternité antifasciste !

Commémorations du génocide arménien en France

Si vous êtes dans une ville avec une forte communauté arménienne, comme à Lyon et surtout à Paris et Marseille, n’hésitez pas à participer aux commémorations du génocide arménien. Toutes les informations par ici.

Il y a 94 ans, le génocide arménien

« Il a été précédemment communiqué que le gouvernement, sur l’ordre du Djémièt, a décidé d’exterminer entièrement tous les Arméniens habitant en Turquie. Ceux qui s’opposeraient à cet ordre et à cette décision ne pourraient faire partie de la forme gouvernementale. Sans égard pour les femmes, les enfants et les infirmes, quelque tragiques que puissent être les moyens de l’extermination, sans écouter les sentiments de la conscience, il faut mettre fin à leur existence. »

Télégramme adressé par Talaat Pacha à la préfecture d’Alep, le 29 septembre 1915.

Il y a 94 ans, les milieux intellectuels arméniens de Constantinople ont subi rafles et exécutions. C’est cette date du 24 avril 1915 qui sera retenue pour commémorer le génocide arménien, qui a fait 1,5 millions de victimes arméniennes, 500 000 victimes assyro-chaldéennes-syriaques, 350 000 victimes grecques, ainsi que des centaines de milliers de victimes kurdes, utilisées puis trahies par les génocidaires turques.

Nos pensées vont aujourd’hui à nos frères et sœurs arménienNEs et à leurs familles, dont la diaspora (de Jérusalem à Marseille) est historiquement issue de cette extermination fasciste.

Le XIXe siècle marque la décadence de l’Empire ottoman, qui avait connu son véritable avènement à partir de 1453 à la prise de Constantinople.

En effet, c’est le siècle du développement des bourgeoisies nationales en Europe ainsi que l’expansionnisme des pays les plus avancés : indépendance de la Grèce en 1821 ; protectorat français sur l’Algérie en 1830 ; expansionnisme tsariste russe qui conduit à la guerre en 1877, aux indépendances dans les Balkans en 1878, et à la scission de l’Arménie ; pénétration impérialiste des capitaux anglais, allemands et autrichiens ; tractations avec l’impérialisme anglais pour Chypre sur le dos de l’Arménie ; etc.

C’est cette ruine et cette décadence de la féodalité ottomane qui font surgir la « question arménienne », notamment avec la guerre russo-turque. Dès 1879, le Grand Vizir fait part de l’intention des dominants ottomans de « faire disparaître à jamais le peuple arménien », avec la complicité de l’impérialisme anglais.

À la fin du XIXe siècle, la majorité du peuple arménien vit dans l’Empire ottoman, essentiellement en Anatolie orientale, mais aussi une importante communauté à Constantinople (ancien nom d’Istanbul). Dans sa grande majorité, le peuple arménien est alors constitué de paysans pauvres, considérés comme des sujets de seconde zone, subissant régulièrement les chantages de nomades kurdes de plus en plus souvent armés par le gouvernement.

Avant 1894, la population de l’actuelle Turquie est composée pour moitié de trois millions de Turcs / Turques et d’autant d’ArménienNEs ; l’autre moitié est totalement multinationale et consiste en des Kurdes, GrecQUEs, Assyro-ChaldéenNEs, Lazes, Tcherkesses, Arabes, Juifs / Juives, etc.

Entre 1885 et 1890 naissent trois partis arméniens importants (l’Armenakan, le Hentchak, le Dachnak) qui pratiquent l’autodéfense contre l’armée turque et les bandits kurdes instrumentalisés par l’Empire ottoman.

Le processus d’extermination du peuple arménien à proprement parler débute en 1894.

Au printemps 1894, les Arméniens à l’ouest du lac de Van se défendent contre les mercenaires Kurde, qui reçoivent du sultan Abdul Hamid d’énormes renforts et se livrent durant plusieurs semaines à des pogroms massifs, avec la complicité des impérialistes. Même Constantinople est le théâtre des massacres, qui doivent alors être suspendus en 1896.

Ces deux ans de massacres transforment l’Arménie en un champ de ruines. Entre les 300 000 personnes tuées, les 50 000 orphelinEs et les 100 000 réfugiéEs, la population arménienne de l’Empire ottoman diminue de plus de 500 000 personnes entre 1894 et 1896.

En 1908, les « Jeunes Turcs » arrivent au pouvoir de l’Empire ottoman, soutenus même par le Dachnak arménien. Ils représentent les intérêts de la bourgeoisie commerçante et des propriétaires terriens turcs. Afin d’éviter la révolution agraire « par en bas », ils opposent des réformes modernisatrices « par en haut » (comme plus tard le kémalisme).

Mais cette bourgeoisie turque a besoin de l’unité nationale pour se développer (notamment contre la bourgeoisie nationale grecque dans l’Empire et en Grèce), et ses mots d’ordres de « fraternité » multinationale ne servent qu’à masquer son idéologie violemment nationaliste voire suprémaciste : le panturquisme / pantouranisme, qui rêve (encore aujourd’hui) d’une Turquie « du Bosphore à la Chine ».

Ce projet d’unification nationale trouve alors naturellement comme obstacle la nation arménienne en gestation, ainsi que les masses paysannes : l’Arménie n’avait qu’à pas se trouver entre le Bosphore et la Chine…

En avril 1909, il y a à peine plus d’un siècle jour pour jour, des massacres éclatent dans la région d’Adana en Cilicie (sur les bords de la Méditerranée), faisant 30 000 mortEs en deux semaines.

En 1913, les trois dirigeants « Jeunes Turcs » de l’Ittihad, Talaat, Enver et Djemal, établissent une dictature militaire, tandis que l’Arménie allait peut-être accéder à son indépendance nationale. À l’approche de la guerre impérialiste, le fascisme turc réquisitionne les armes arméniennes, et réactive l’« Organisation spéciale », chargée de coordonner le programme d’extermination sous la direction du Comité Central du parti Jeune Turc et du Dr Chakir, l’un des théoriciens du génocide.

En 1914, à la veille de la guerre impérialiste, les ArménienNEs n’étaient plus que 2 250 000 dans l’Empire ottoman.

Le 29 octobre 1914, l’impérialisme allemand entraîne l’Empire ottoman dans la guerre impérialiste. La situation est alors « mûre » pour liquider l’obstacle arménien à l’unification nationale panturque.

À l’aube du 24 avril 1915, le coup d’envoi du génocide est donné à Constantinople, par la rafle de 650 intellectuels, notables, religieux, enseignants et dirigeants arméniens, chiffre qui gonflera jusqu’à 2000 les jours suivants : déportés, torturés, assassinés. Dans tout l’Empire ottoman, le scénario est identique : le peuple arménien est décapité, sans direction politique.

Auparavant, en janvier 1915, on désarme les 250 000 soldats arméniens de l’armée ottomane. Ces soldats, affectés au travail forcé, seront plus tard exécutés, dans des fosses communes qu’ils auront creusées. Les masses arméniennes vivant dans l’Empire ottoman sont donc également privées de toute direction militaire.

À l’automne 1915, environ 800 000 ArménienNEs ont été exterminéEs (ou pour quelques milliers convertiEs à l’Islam).

Ce n’est absolument pas un hasard si le génocide arménien est déclenché avec la guerre impérialiste : il en sera plus tard de même avec la « solution finale de la question juive ».

Nous devons considérer comme correcte la thèse communiste comme quoi l’impérialisme prend une dimension barbare et génocidaire pendant les guerres impérialistes. L’extermination est rendue possible et effective par les mobilisations fascistes de masse qui accompagnent la marche à la guerre impérialiste : c’est ce qui s’est produit en Turquie, mais sous la direction d’une bourgeoisie nationale prenant les devants contre la révolution agraire.

À l’automne 1915 commence une deuxième phase du génocide arménien : celle des déportations et des marches de la mort.

Les convois de déportation regroupent 1 000 à 3 000 personnes. Les hommes de plus de 15 ans sont séparés des convois et transportés dans lieux prévus à l’avance pour les assassiner.

Quant aux convois eux-mêmes, ils sont parfois exterminés sur place à la sortie des villages ou des villes, mais surtout envoyés dans le désert syrien par des marches de la mort, privés d’eau et de nourriture, sujets aux exactions turques mais aussi kurdes et tcherkesses. Les survivantEs arrivés à Ras ul-Aïn ou à Deir-Zor seront parquéEs dans des camps de concentration dans le désert et exterminéEs par l’« Organisation spéciale », par la famine, les baïonnettes et le feu.

À l’automne 1916, les deux tiers des ArménienNEs de l’Empire ottoman sont exterminéEs, soit environ 1 500 000 personnes arrachées par la mort à l’Arménie historique.

Il reste à ce moment en vie : les ArménienNEs de Constantinople et d’Izmir, 350 000 refugiéEs en Arménie russe, des résistants arméniens qui résistent dans la montagne, et des milliers de femmes et d’enfants qui ont pu bénéficier d’une solidarité turque, kurde ou arabe.

Au vu de ce qui leur était destiné, il y eut des tentatives de résistance arménienne, avec le peu de moyens du bord. On pensera notamment aux « quarante jours du Moussa-Dagh », qui ont servi de base à un roman connu. Sur cette montagne de la côte méditerranéenne, une héroïque poche de résistance de 600 combattants, protégeant presque 5 000 femmes et enfants, a résisté plus de 40 jours au siège de l’armée turque. Les 4 000 survivantEs purent être secouruEs par un bateau (français).

Il faut être conscientE du rôle de l’impérialisme allemand dans ce génocide. Ce seraient les Allemands qui auraient suggéré la méthode, alors nouvelle, des déportations. Pendant toute la guerre, le militarisme allemand était omniprésent en Turquie, et un général avait validé les déportations. Quant à état-major allemand du gouverneur de Syrie, il s’était « illustré » pour les massacres de Moussa-Dagh et d’Urfa. Enfin, à la capitulation, les dirigeants Jeunes Turcs trouveront l’asile en Allemagne.

Ce génocide ne semblait pas suffire au fascisme turc, puisque les massacres continueront à se succéder jusqu’en 1922.

Ainsi, les génocidaires profiteront de la retraite d’Arménie orientale de l’Armée nouvellement Rouge en 1917, pour lancer une offensive, arrêtée en mai 1918 près d’Erevan par la mobilisation populaire arménienne. Le 28 mai 1918 verra le jour la première République d’Arménie.

À partir de la capitulation ottomane à la fin 1918, se succéderont les promesses et les trahisons des impérialismes anglais et français.

Au chapitre des promesses : le traité de Sèvres et un territoire arménien conséquent, ou les gages donnés par la condamnation à mort par contumace des dirigeants Jeunes Turcs en juillet 1919 (Talaat sera d’ailleurs assassiné en Allemagne en 1921, et le vengeur arménien acquitté).

Mais avec la Sainte-Alliance impérialiste au lendemain de la guerre contre la Révolution d’Octobre, la Turquie pourra servir de base-arrière, ce qui lui permettra de n’être en réalité jamais démobilisée dans sa guerre contre le peuple arménien.

Ainsi, avec l’accession au pouvoir d’un nouveau fascisme modernisateur contre la révolution agraire, le kémalisme, la Turquie mène une offensive contre la jeune République d’Arménie, qui fait encore 200 000 victimes. L’Armée Rouge sauvera l’Arménie, en intervenant au dernier moment.

Car le kémalisme est l’héritier direct des projets pantouranistes, et l’unification nationale passe encore et toujours par la liquidation de la minorité arménienne de Turquie.

Les projets exterminateurs continuent donc leur cours tragique, cette fois contre les rescapéEs des grandes déportations, qui sont revenuEs par exemple dans une poche de Cilicie « protégée » par l’impérialisme français.

Bien évidemment, les français trahissent, et le fasciste Kemal massacre 25 000 ArménienNEs, vouant les autres à l’exil, notamment en Syrie, au Liban, en Palestine (d’où le quartier arménien dans la vieille ville de Jérusalem), ou encore à Marseille et Paris.

Enfin, en 1922 à Izmir, les ArménienNEs furent massacréEs, avec des GrecQUEs, pour la dernière fois en Turquie. Là encore, l’exil forcé.

Ainsi, si le génocide arménien avait été largement réalisé par le sultan Abdul Hamid, puis surtout par le fascisme Jeune Turc, c’est bien le kemalisme qui a « terminé le travail ».

Aujourd’hui, le fascisme kemaliste est encore d’actualité dans l’État turc, d’où le négationnisme officiel le plus éhonté (dont nous parlerons cette après-midi) : c’est la continuité de l’État fasciste à la Papon.

Seule la révolution démocratique assume actuellement en Turquie la nature multinationale de l’Anatolie, la reconnaissance complète du génocide arménien, et la nature fasciste du régime kemaliste. Ce qui explique l’importance des minorités kurdes, arabes, arméniennes, juives, grecques, lazes, alévies dans les rangs communistes.

Pour connaître et comprendre l’histoire du génocide arménien, nous conseillons entre autres le site Imprescriptible. Concernant l’analyse du fascisme turc, nous adhérons entièrement aux thèses maoïstes d’Ibrahim Kaypakkaya.

Vive la fraternité juive – arménienne !
Souvenons-nous des 2,5 millions de martyrEs du fascisme turc.

Sur l’antisémitisme – Red Lions 94

[Un article paru dimanche dernier, sous le titre « La révolte du ghetto juif de Varsovie » : par ici.
Le très bon blog de nos amiEs des Red Lions 94 est par là.
]

Le 19 avril 1943 après plus de 3 ans d’internement dans le Ghetto, de rafles et de privations, la population juive de Varsovie se soulève contre les nazis.

Les Red Lions tiennent à honorer la mémoire de tous ceux qui ont pris les armes contre leurs oppresseurs. Ils soutiennent ceux qui se révoltent et aideront les autres à le faire.

Les Red Lions tiennent à affirmer qu’il combattront les antisémites (pseudo antisionistes) de toutes leur forces.

Les Red Lions sont internationalistes, pour une société métissée contre toute forme de racisme, car toute l’évolution de l’humanité est le fruit de la rencontre des Peuples.

L’antisémitisme (pseudo antisionisme) est un paratonnerre, un paratonerre pour détourner la colère du Peuple sur autre chose que sur ses vrais ennemis : le capitalisme et sa forme suprême, l’Impérialisme.

(Voir le texte : « Sur le nationalisme et les fascistes (Kémi Séba et toute sa clique) ».)

Les Lions ne mentent pas au Peuple, et savent que derrière toutes les attaques contre la communauté juive, il y a le vieux système capitaliste qui essaye de prouver qu’il peut encore continuer à exister.

Ceux qui « combattent le sionisme » sont aussi ceux qui veulent un développement séparé des races.

En fait les antisémites existent pour diviser le Peuple devant ses vrais ennemis : les Capitalistes.

Alors que nous avons besoin d’unité, ils nous disent de nous diviser.

Alors que nous avons besoin de toutes les énergies pour lutter, ils nous disent de nous séparer.

Alors que le problème vient d’un système économique dépassé et oppressif, ils nous disent que c’est la faute du sionisme.

À votre avis qui les soutient financièrement et idéologiquement ? Nous savons que vous le savez…

« Chaque fois que vous entendez quelqu’un dire du mal des juifs, tendez l’oreille, car il parle aussi de vous…
Un antisémite est inévitablement un ennemi des Noirs.
»

Frantz Fanon, révolutionnaire anti-colonialiste

Antisémites, tremblez !!! – Red Lions 94

Sur les pogroms antijuifs – Lénine

Nous mettons à disposition ce bref classique de Lénine contre l’antisémitisme. Il n’était à présent pas disponible en langue française, mais l’équipe de HaPoel HaAntifashisti s’est chargée de le traduire. Si vous trouvez des contre-sens ou des lourdeurs de traduction, n’hésitez pas à nous les signaler !

Le saviez-vous ?

L’histoire de ce document est extrêmement intéressante.

Lénine a toujours été une personne résolument moderne. À ce titre, il s’est intéressé aux techniques d’enregistrement, notamment pour grammophones. En 1919, il a donc enregistré huit discours, dont celui-ci, entièrement consacré à… la lutte contre l’antisémitisme !

Bien plus tard, à la mort du grand dirigeant révolutionnaire Staline en 1953, l’URSS a subi un putsch de la bourgeoisie, représentée par Khrushchev. Cette bourgeoisie a largement encouragé l’antisémitisme en URSS, alors qu’auparavant, l’URSS était impitoyable avec le fascisme et l’antisémitisme.

À cette époque, sept discours de Lénine parmi les huit originaux ont été ré-enregistrés et commercialisés. Vous avez deviné lequel a « disparu » entretemps…

« L’antisémitisme signifie de répandre la haine contre les juifs. Quand la monarchie tsariste maudite vivait ses derniers jours, elle essaya de monter les ouvriers et paysans ignorants contre les juifs. La police tsariste, en alliance avec les propriétaires terriens et les capitalistes, organisa des pogroms contre les juifs. Les propriétaires terriens et les capitalistes essayèrent de dévoyer par défaut la haine des ouvriers et paysans torturés contre les juifs. Dans d’autres pays aussi, on voit souvent les capitalistes fomenter la haine contre les juifs afin d’aveugler les ouvriers, de détourner leur attention du véritable ennemi du peuple travailleur, le capital. La haine contre les juifs subsiste uniquement dans ces pays où l’esclavage des propriétaires terriens et des capitalistes a créé une ignorance abyssale parmi les ouvriers et paysans. Seuls les personnes les plus ignorantes et les plus opprimées peuvent croire les mensonges et les calomnies qui sont répandus contre les juifs. Cela est une survivance des anciens temps féodaux, où les prêtres brûlaient les hérétiques au bûcher, où les paysans vivaient dans le servage, et que où les gens étaient écrasés et amorphes. Cette vieille ignorance féodale est en train de s’éteindre ; les yeux du peuple sont en train de s’ouvrir.

Ce ne sont pas les juifs qui sont les ennemis du peuple travailleur. Les ennemis des ouvriers sont les capitalistes de tous les pays. Parmi les juifs, il y a des travailleurs, et ils forment la majorité. Ce sont nos frères, qui, comme nous, sont opprimés par le capital ; ce sont nos camarades dans la lutte pour le socialisme. Parmi les juifs, il y a des koulaks, des exploiteurs et des capitalistes, tout simplement comme il y en a chez les russes, et parmi les peuples de toutes les nations. Les capitalistes s’efforcent de semer et fomenter la haine parmi les ouvriers de différentes confessions, différentes nations et différentes races. Ceux qui ne travaillent pas sont maintenus au pouvoir par la puissance et la force du capital. Les riches juifs, comme les riches russes, et les riches de tous les pays, sont en alliance pour opprimer, écraser, voler et désunir les ouvriers.

Honte au tsarisme maudit qui torturait et persécutait les juifs ! Honte à ceux qui fomentent la haine contre les juifs, qui fomentent la haine contre d’autres nations !

Vive la confiance fraternelle et l’alliance combattante des ouvriers de toutes les nations dans la lutte pour renverser le capital ! »

Lénine, mars 1919.

Joyeux anniversaire, Vladimir !

Le saviez-vous ?

Nous fêtons aujourd’hui l’anniversaire du grand révolutionnaire Lénine (Vladimir Ilyich Ulyanov), né le 22 avril 1870, d’origine en partie juive par son grand-père maternel (mais c’est au fond très secondaire).

Lénine a été le grand continuateur des découvreurs du socialisme scientifique, Karl Marx et Friedrich Engels. Il a lutté contre ceux qui avaient faussé les positions révolutionnaires du marxisme. Il a non seulement réaffirmé les principes du matérialisme dialectique et du matérialisme historique (les doctrines philosophique et historique du marxisme), mais il les a développés. Lénine a analysé le capitalisme dans sa forme ultime, l’impérialisme, et a montré les conséquences pour les peuples et nations opprimés des colonies et semi-colonies. Il a théorisé l’organisation des révolutionnaires : le Parti Communiste. Il a dirigé la révolution d’Octobre 1917 ainsi que l’Internationale Communiste, et a guidé les débuts de la construction du socialisme en Russie.

Staline nous enseigne que :

« Le léninisme est le marxisme de l’époque impérialiste et de la révolution prolétarienne. Plus exactement, le léninisme est la théorie et la tactique de la révolution prolétarienne en général, la théorie et la tactique de la dictature du prolétariat en particulier. [...] Le léninisme est le marxisme développé plus avant. »

Chez Hapoel, nous n’avons pas honte de dire que nous sommes redevables à Lénine, et que nous assumons son héritage historique sans restriction.

La doctrine de Lénine et son apport historique comme grand dirigeant du prolétariat (avec l’Internationale Communiste) sont de puissantes armes pour toute personne antifasciste et pour toute personne se confrontant à l’antisémitisme.

Joyeux anniversaire, camarade !

On peut retrouver des textes importants de Lénine ici (un peu avant le milieu de la page), ou .

Dans une semaine, le procès de la barbarie

Plus qu’une semaine avant le procès des assassins qui nous ont arraché Ilan, un fils du peuple.

Soutenons Ruth Halimi, qui lutte toujours pour que ce procès soit public, en expliquant que :

« Si jamais le débat est public, la France et les Français sauront ce qui est arrivé à un jeune qui a été enlevé, séquestré, torturé et tué parce qu’il était juif et que l’antisémitisme est là et qu’il ne faut absolument pas ignorer ce fait… c’est très dangereux parce qu’aujourd’hui c’est l’antisémitisme, demain c’est le racisme total à l’égard des autres, il faut absolument être vigilant là-dessus. »

Le chanteur CharlElie Couture vient de mettre en ligne une chanson à la mémoire d’Ilan, « Ilan Ballade ».
Nous rappelons aussi la chanson à la mémoire d’Ilan z"l (« Ça Fait Mal ») sur un MySpace dédié.

Ne rien oublier ! Les Juifs n’oublient rien ! Les Juives n’oublient rien !

Shoah, Holocauste, ‘Hurben

La Shoah n’est pas une idée abstraite. Elle est l’aboutissement historique et planifié de la barbarie fasciste.

En ce sens, on peut se poser la question des mots (question qui reste extrêmement secondaire comparée à la mémoire de toutes les victimes du nazisme).

Car le mot « Shoah » (שואה) pose deux petits problèmes.

Forgé dès les années 1940, ce mot n’est massivement utilisé en France que depuis le film de 9 heures de Claude Lanzmann en 1985.

Mais d’abord, c’est un terme biblique juif (qui apparaît environ une douzaine de fois dans la Torah), et qui ne regroupe pas toutes les victimes du nazisme (et malheureusement encore moins les victimes de la guerre). Néanmoins, tout comme l’extermination de nos frères et sœurs sintis et rroms (« tziganes ») a un caractère spécifique et porte donc un nom spécifique (Samudaripen ou Porajmos), il est évident que la « solution finale de la question juive » peut et doit recevoir un nom spécifique.

D’autre part, le mot « Shoah » signifie, à chaque occurrence dans la Torah, une catastrophe naturelle, inévitable. Ce qui gomme l’aspect historique, comme politique fasciste de l’impérialisme allemand, et qui pousse à la passivité, au fatalisme.

Mais alors, pourquoi pas le terme commun d’Holocauste ? Originellement, un « holocauste » désigne un sacrifice animal par les flammes. Un sacrifice destiné à D.ieu. Et ce serait une offense aux victimes du nazisme que de faire croire qu’elle sont mortes en sacrifice.

Et cela d’autant plus que beaucoup de rescapéEs qui avaient reçu une éducation religieuse sont devenuEs totalement athées, se sentant abandonnées par un D.ieu qui ne pouvait donc exister.

Certains religieux ultra-féodaux rétorqueront que D.ieu aurait mis le peuple juif « à l’épreuve », au point par exemple d’ouvrir dans la vieille ville de Jérusalem un musée de l’Holocauste développant cette thèse. Mais pour toute personne sensible, il s’agit là d’une pure démarche intellectuelle, sèchement théologique, totalement abstraite, méprisante, odieuse, et au fond complice.

En bref, il serait sans doute plus juste d’utiliser les termes (malheureusement pas assez spécifique) d’extermination ou de liquidation, même si certainEs intellectuelLEs militent depuis moins de 20 ans pour imposer le mot juste de « ‘Hurben » (= חורבן = destruction).

Yom HaShoah – יום השואה

Nous commémorons depuis hier soir les 6 millions de victimes juives de la Shoah.

6 millions personnes réduites à néant pour la seule et unique raison qu’elles avaient des origines juives.

6 millions de personnes passées par l’enfer des ghettos, des exécutions devant une fosse commune, des camps de concentration, et par l’ultime horreur des camps de la mort.

6 millions de personnes qui ne sont pas revenues, qui ne reviendront jamais.

La Shoah a consisté en l’extermination systématique des populations juives d’Europe, et en ce sens, elle porte une spécificité irréductible. Car c’est l’extermination systématique sur des bases « raciales » qui fait le génocide.

La Shoah, ce n’était ni un massacre, ni une répression, ni une guerre, ni une terreur, ni une « répression raciale » (Rajsfus). Encore moins de la « pornographie mémorielle » (Dieudonné), un « point de détail de l’histoire » (Le Pen) ou un « mythe du massacre des Juifs » (Ahmadinejad).

Très concrètement, on a voulu anéantir les nôtres. Et même de manière prioritaire sur les nécessités rationnelles de la guerre nazie.

La Shoah n’est pas une idée abstraite. Elle est l’aboutissement historique et planifié de la barbarie fasciste.

En ce jour de commémoration, nos pensées vont aux membres de nos familles qui ont été victimes de la barbarie nazie ou y ont échappé, et plus généralement à toutes les victimes du nazisme.

Il est important aujourd’hui d’affronter avec courage la réalité de ce qu’a été l’extermination des populations juives d’Europe. Pour cela, il est essentiel d’écouter et d’entendre les témoignages de nos familles, mais aussi de systématiser notre connaissance et notre compréhension de la Shoah.

C’est pourquoi Hapoel propose une flopée de liens instructifs documentant de multiples aspects des projets fascistes d’extermination. Mais avec ces liens, vous trouverez également de nombreux sites consacrés à de (trop) nombreux génocides.

En effet, chaque personne, d’origine juive ou pas, doit comprendre la portée universelle de la Shoah.

Voilà pourquoi il est également essentiel pour touTEs de connaître et comprendre les histoires des génocides en Amérique indigène, en Namibie, en Arménie, des Rroms et Sintis en Europe, au Bangladesh, au Burundi, au Kurdistan, en Bosnie, au Rwanda, ainsi que la cruelle actualité génocidaire au Congo, au Darfour, au Sri Lanka.

Car rien ne crée plus de solidarité entre peuples victimes de l’impérialisme et du fascisme que d’avoir tutoyé l’anéantissement.

Ami, amie, participe aux commémorations de la Shoah, car l’oubli est un deuxième anéantissement.

Souvenons-nous. Nizkor.

[Programme de Yom HaShoah]

Hapoel Tel Aviv : ça, c’est fait !

Voilà, Hapoel Tel Aviv a enfin réellement pris la tête du championnat israelien.

En effet, ce samedi, Hapoel TA s’est imposé contre Hapoel Peta’h Tikva par le score de 1 à 0. Nous étions au courant, mais nous ne voulions pas « crier victoire » trop vite…

Seulement hier, Maccabi ‘Haifa a fait match nul 1 – 1 contre Maccabi Tel Aviv, ce qui fait que :

Hapoel Tel Aviv est à égalité de points avec Maccabi ‘Haifa, mais le devance d’un point à la différence de buts !

Allez Hapoel !

Honneur à la ŻOB, honneur à Marek Edelman !

Combattant antifasciste polonais de la première heure (avant la guerre), bundiste, Marek Edelman fondera en 1942 la ŻOB, aux côtés de Mordechaj Anielewicz. Sa famille, bundiste aussi, avait auparavant fui vers l’URSS dès 1939.

Après le sacrifice d’Anielewicz le 8 mai 1943, Marek Edelman assumera la direction de l’insurrection du Ghetto. Il parviendra à fuir par les égoûts avant l’incendie général par les nazis, et rejoindra la résistance polonaise, avec laquelle il participera au soulèvement de Varsovie en 1944 (qui coûta la vie à 200 000 VarsovienNEs et se solda par la quasi démolition de la ville par les nazis).

Après la guerre, il comptera parmi les 12 combattantEs du ghetto encore en vie, et il fera le choix de rester en Pologne, malgré les campagnes antisémites social-fascistes dont il sera l’une des victimes.

Marek Edelman a toujours refusé d’assister aux commémorations officielles, mais chaque 19 avril, il marche aux sons des chants yiddish du Bund jusqu’à l’ancien ghetto, et se recueille devant les monuments à la mémoire des combattantEs.

Malgré son témoignage à Jérusalem pendant le procès d’Eichmann, Marek Edelman n’a jamais reçu aucune décoration de l’État sioniste. Et pour cause.

Les sionistes gomment totalement la diversité des combattants du ghetto, hébraïsent tous les noms d’organisations combattantes, et font finalement de l’insurrection du ghetto une insurrection sioniste. D’où les (très justes) honneurs rendus à l’HaShomer, au Beitar, à HeHalutz, mais jamais aux communistes et aux bundistes.

Nous livrons ici quelques citations de Marek Edelman (dont une assez récente), témoignages précieux d’un des rares survivantEs du ghetto.

« On savait parfaitement qu’on ne pouvait en aucun cas gagner. Face à 220 garçons mal armés, il y avait une armée puissante.

Nous, nous n’avions pour nous tous qu’une seule mitrailleuse, des pistolets, des grenades, des bouteilles avec de l’essence et tout juste deux mines dont une n’a même pas explosé. »

« On savait qu’on devait mourir.

Comme tous ceux qui étaient envoyés à Treblinka.

Mais c’était plus facile de mourir une arme à la main que dans une chambre à gaz. Leur mort était beaucoup plus héroïque que la nôtre.

Nous, on ne savait pas à quel moment une balle allait nous atteindre. Eux, ils devaient attendre une mort certaine, dévêtus dans une chambre à gaz, ou debout au bord d’une fosse commune, attendant une balle dans la nuque. »

« Les Allemands ne s’attendaient pas à une quelconque résistance et encore moins à une vraie action armée. Pourtant on a tenu trois semaines, surtout grâce au soutien de la population qui était de notre côté et qui nous masquait.

Toute guérilla dans une ville, que ce soit à Varsovie en 1943, ou maintenant en Irak, est la lutte la plus difficile à combattre. »

Apprendre de l’histoire de la Żydowska Organizacja Bojowa !

L’insurrection du ghetto de Varsovie, du 19 avril au 16 mai 1943, est l’un des plus grands symboles de résistance antifasciste.

La lutte des 60 000 juifs et juives enferméEs dans le ghetto n’avait aucune chance de réussir. Illes le savaient, mais elle devait être un symbole de résistance, un soutien à la lutte générale contre le nazisme, une manière d’alerter le monde et ce alors que 270 000 personnes juives de la ville avaient déjà été déportées.

Le ghetto s’étalait sur une surface de 400 hectares, faisant 2,4 % de la superficie totale de Varsovie ; il y avait 27 000 appartements sur ce territoire fermé par un mur de 3 mètres de haut (sur 18 kilomètres).

La résistance du ghetto a été chapeautée par une organisation, la Żydowska Organizacja Bojowa (Organisation Juive de Combat – en yiddish יידישע קאמף ארגאניזאציע, Yiddishe Kampf Organizatzya), fondée le 22 juillet 1942.

Son dirigeant était Mordechai Anielewicz. En janvier 1943 il avait mené la première attaque contre l’armée allemande dans le ghetto. Cette attaque avait amené l’arrêt des déportations et eut un grand écho dans la population, qui entreprit alors de cesser sa soumission et suivit les plans de résistance de la ŻOB [note de Hapoel : prononcer JOB !] particulièrement par la construction de centaines d’abris souterrains pour résister à la déportation finale.

La ŻOB avait été précédée dans l’organisation de la résistance par le Front Antifasciste créé en mars 1942 sous l’impulsion de Joseph Lewartowski – envoyé par le Komintern pour reconstruire le Parti Communiste et organiser la lutte antifasciste. Il regroupait le Parti des Ouvriers Polonais (PC) et des partis sionistes de gauche.

Les premières actions de la ŻOB furent d’apprendre ce qui advenait aux personnes emmenées dans les trains et de se procurer des armes. Pour se procurer des armes, plusieurs émissaires furent envoyés auprès des différents fronts de résistance (Armée Nationale liée à Londres et l’Armée intérieur (AK) liée au POP-PC), mais peu les aideront, l’antisémitisme étant très fort parmi les partis nationalistes polonais. Seul le Parti Communiste, pourtant très petit, fournit un nombre conséquent d’armes et quelques combattantEs.

Lorsque les nazis décidèrent de liquider le ghetto le 19 avril 1943 (le soir de Pessa’h), la ŻOB regroupait 3 000 membres, dont seulEs combattantEs 600 disposaient de pistolets, et les autres d’explosifs de fortune (comme les cocktails molotov). La ŻOB formait le cœur de la lutte des 30 000 personnes juives restant dans le ghetto. Les rues étaient vides et les nazis durent faire face à la guérilla. Ils décidèrent alors de tout détruire.

Les nazis mirent 27 jours pour achever leur sombre plan et marquer leur victoire par la destruction, le 16 mai 1943, de la Grande Synagogue de la rue Tlomacki.

Le général SS Jürgen Stroop estima alors avoir capturé 56 065 Juifs et détruit 631 abris, tuant 7 000 personnes juives durant la révolte, alors que 7 000 autres étaient immédiatement déportées et exterminées à Treblinka.

Beaucoup de membres de la ŻOB et de personnes juives du ghetto préférèrent se suicider plutôt que d’être priSEs et déportéEs par les nazis ; comme par exemple le leader de la ŻOB, Mordechaj Anielewicz, qui se suicida le 8 mai 1943 plutôt que de finir dans les camps.

La ŻOB était un front uni de différentes organisations juives, soit communistes, soit socialistes, soit sionistes-socialistes :

- PPR (Parti des Ouvriers Polonais – Parti Communiste) avec 4 équipes ;
- Dror HeHalutz (Liberté – le pionnier) avec 5 équipes ;
- HaShomer HaTzair (la Jeune Garde) avec 4 équipes ;
- le Bund (socialistes) avec 4 équipes ;
- Gordonia (de A.D. Gordon, dirigeant sioniste socialiste) avec 1 équipe ;
- Akiva (Bnei Akiva, un mouvement religieux) avec 1 équipe ;
- HaNo’ar HaTziyoni (Jeunesse sioniste) avec 1 équipe ;
- Po’alei Tzion Smol (Ouvriers de Sion – gauche) avec 1 équipe.

À côté de la ŻOB existait le ŻZW (Żydowski Zwiazek Wojskowy – Union Militaire Juive) dirigé par Pavel Frenkel, une organisation générée par le Betar, qui étant nationaliste a été considérée comme n’ayant pas sa place dans la ŻOB.

Il va de soi également que les sionistes réécrivent l’histoire, inventant un rôle prééminent du ŻZW sur le plan militaire (alors que sa stratégie consistait en une concentration de force en un seul point au dépens de la ligne de masse-guérilla prônée par la ŻOB), en surestimant leur nombres et évidemment en hébraïsant les noms au dépens du yiddish et du polonais (« Irgoun Yehoudi Lohem » pour la ŻOB, « Irgoun Hatzvaït Hayehoudi » pour le ZZW).

[Document commun de l'Action Antifasciste, corrigé par nos soins, disponible dans la section documents de Hapoel, mais aussi par ici.]

ANTISÉMITES, TREMBLEZ !!!

Juif ! Juive !

Ta haine et ta révolte sont légitimes !

Ressuscite les martyrEs du Ghetto !

L’Action Antifasciste est ton organisation !

ANTISÉMITES, TREMBLEZ !!!

Et sans jamais nous rendre !

« Sachez donc qu’aujourd’hui comme hier,
chaque seuil du Ghetto sera une forteresse.

Sachez que nous tous,
nous voilà prêts à mourir au combat,
et sans jamais nous rendre !

Comme vous, nous désirons la revanche,
nous voulons le châtiment de tous les crimes perpétrés par l’ennemi commun.

Nous nous battons pour notre liberté et la vôtre,
pour notre honneur et pour le vôtre,
pour notre dignité humaine, sociale, nationale et pour la vôtre !

Vengeons les crimes d’Auschwitz, de Treblinka, de Belzec, de Majdanek !

Vive la fraternité d’âme et de sang de la Pologne combattante !

Morts aux bourreaux, mort aux tortionnaires !

Vive le combat à vie et à mort contre l’occupant ! »

Organisation juive de combat, 23 avril 1943.

Honneur aux insurgéEs du Ghetto de Varsovie !

À la veille de la guerre et de l’invasion nazie en septembre 1939, Varsovie abrite une forte minorité juive de 380 000 personnes, soit 30 % de la population varsovienne.

Le jour de Kippour 1940 est établi le ghetto, dans le centre-ville de Varsovie, cerné par un mur de 18 km de long, haut de plusieurs mètres et renforcé de barbelés.

C’est bien simple : la vie dans le ghetto, c’est l’antichambre de l’enfer sur Terre.

Misère extrême, famine permanente, froid glacial, maladies rongeant vieillards et enfants, cadavres dans les rues. Et l’incessante menace d’une Aktion nazie, où n’importe qui peut être torturéE, violéE, abattuE arbitrairement.

À l’été 1942 commence la déportation vers Treblinka.

La première vague de déportations vers les camps d’extermination, avec des rafles à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, ramène la population du ghetto de 450 000 à 70 000 âmes début 1943.

En janvier 1943, les organisations de résistance juive s’opposent militairement aux déportations, prenant le contrôle du ghetto.

Les forces d’occupation mettent un certain temps à réagir, mais le soir de Pessa’h 1943, les nazis entrent dans le ghetto, prévoyant de le prendre en trois jours.

Le 19 avril 1943, ce sont donc quelques centaines de jeunes combattantEs du ghetto qui choisissent de résister les armes à la main, et lancent l’insurrection du ghetto de Varsovie.

L’Organisation Juive de Combat (ŻOB) et l’Union Militaire Juive (ŻZW) tiendront 27 jours.

Jusqu’au 16 mai, avec l’incendie total du ghetto et la liquidation finale de la population juive de Varsovie par les nazis, marquée également par la destruction de la Grande Synagogue.

Environ 7 000 personnes juives sont tuées durant les combats, 6 000 autres sont brûlées vives ou gazées durant l’anéantissement du ghetto, et les survivantEs seront déportéEs à Treblinka et Majdanek.

L’insurrection du ghetto était vouée à la défaite militaire et à l’extermination. Les résistantEs le savaient. Mais illes ont livré leur dernière bataille, refusant d’aller à l’abattoir comme des bêtes.

Les martyrEs du ghetto de Varsovie sont l’honneur et la dignité du peuple juif. L’honneur et la dignité des peuples du monde, et de l’humanité toute entière.

Aucun hommage ne sera jamais à la hauteur de leur courage.

« Nous ne voulons pas sauver notre vie.
Personne ne sortira vivant d’ici.
Nous voulons sauver la dignité humaine.
»

Arie Wilner, combattant de la ŻOB.

La photo ci-dessus est de début mai 1943, en pleine insurrection du ghetto. Elle n’est pas une image « symbole », une image « emblématique ». Cette photo renvoie très concrètement à la liquidation du ghetto de Varsovie. Une liquidation qui n’a rien eu d’abstrait ni de symbolique.

[Nous poursuivrons demain l'hommage à la révolte du ghetto de Varsovie.]

Le lourd programme de la semaine

Et il nous faudra le courage de s’y confronter.

1) Demain, nous rendrons hommage au soulèvement du ghetto de Varsovie, le 19 avril 1943.

Il y aura donc une commémoration au Mémorial de la Shoah à Paris : toutes les informations par ici.

Également à Paris aura lieu une autre commémoration, organisée par les bundistes : toutes les informations un peu en vrac par là.

2) Mardi 21 avril aura lieu Yom HaShoah, journée de commémoration de la Shoah, dont la date est fixée dans le calendrier juif par l’État israelien. C’est à cette occasion que l’on voit traditionnellement à la télé française le moment de silence (avec une sirène) où toute l’activité de l’État d’Israel s’interrompt.

Une commémoration nationale est organisée de lundi soir jusqu’à mardi soir, toutes les informations sur Yom HaShoah se trouvant ici.

Au Mémorial de la Shoah, il s’agira de la lecture, pendant plus de 22 heures d’affilée, des noms des déportéEs de 31 convois sur les 75 convois partis de France.

22 heures où nous ne pourrons malheureusement rendre individuellement hommage qu’à une infime fraction des victimes de l’horreur des camps…

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 20h20, sortie samedi à 21h35.

Ilan, notre frère inoubliable…

ILAN,
mort à cause de l’antisémitisme barbare de haineux,
mort à cause d’une police française aveugle,
mort pour rien.

ILAN,
un martyr du peuple de France,
un martyr arraché à un quotidien
tout simplement métis et populaire,
tout simplement innocent et humain.

Il reste aujourd’hui moins de deux semaines avant le procès, le mercredi 29 avril, qui est encore censé se dérouler à huis clos, niant ainsi toutes les leçons tirées des tortures et du meurtre de notre frère.

Jamais nous ne t’oublierons, Ilan.
On peut arracher un arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps.

Croix gammée sur une annexe du Mémorial de la Shoah

Après Drancy samedi dernier, on a retrouvé un tag de croix gammée sur une annexe du Mémorial de la Shoah située dans la même rue, à Paris dans le Marais.

Le directeur du Mémorial, Jacques Fredj, a expliqué que « la croix gammée, de la taille d’une main, a été découverte sur la porte-cochère d’un immeuble d’habitation qui abrite, au fond de la cour, des bureaux appartenant au Mémorial ». Il a rajouté que « rien n’indique que le Mémorial était directement visé ». La direction du Mémorial a donc déposé plainte « pour le principe ».

Nous assistons actuellement à une massification et une à banalisation de l’antisémitisme, et le passage à l’acte du tag n’est qu’un prélude à d’autres actes antisémites plus violents. Et même si cela ne visait peut-être pas le Mémorial, une croix gammée reste une croix gammée, avec les 50 millions de mortEs que cela implique.

Fin de Pessa’h à 21h34

La Mimouna, fête marocaine de la fraternité

Aujourd’hui est arrivé le dernier jour de Pessa’h en diaspora ! Nous célébrons donc précisément aujourd’hui la traversée de la Mer Rouge, et la libération de l’esclavage.

Et pour toutes les familles marocaines, la soirée est donc déjà réservée !

En effet, nous avons toujours eu coutume de fêter dignement la fin de Pessa’h avec une tradition typiquement marocaine : la Mimouna.

Concrètement, la minorité marocaine juive avait l’habitude de dresser une table abondante, avec des produits contenant du ‘Hametz (souvent préparés à l’avance par les voisinEs arabes musulmanEs), des sucreries à base de de pâte d’amande ou de noix de coco (donc sans ‘Hametz), de la menthe et des fleurs d’oranger, entre autres, et d’ouvrir en grand la porte d’entrée.

Puis les familles passaient à pied dans la ville ou le village, de maison en maison, chez la famille, les amiEs, les voisinEs, et consommaient chaque fois une assiette.

Culturellement, la Mimouna (sans doute du mot arabe pour « chance ») est donc une fête réellement populaire, où sont mises à l’honneur la générosité, la solidarité, la fraternité entre les différentes composantes du peuple marocain (parmi lesquelles notre minorité juive).

Historiquement, la Mimouna est assez récente (pas avant le XVIe siècle), mais est sans doute issue de la base matriarcale et « païenne » d’Afrique du Nord. On peut en effet relever des ressemblances entre la Mimouna et Yennayer, le nouvel an berbère. De même, la Mimouna ressemble également en tous points à Aid el Fitr, à la fin du mois musulman de Ramdan, où touTEs les arabes, quelle que soit leur religion, communiaient dans un festin populaire.

Aujourd’hui, la coutume de passer de maison en maison a quasi disparu, car elle est devenu historiquement impossible avec l’exil de nos parents dans les métropoles impérialistes. Essayez-donc d’aller vous garer à dix voitures à Sarcelles en venant d’Antony, et cela pendant une soirée ou une journée entière !

Dans nos familles, on a donc plutôt maintenu la tradition du couscous au beurre réunissant toutes les générations. Mais pensez bien à demander à remplacer le beurre (issu de la souffrance animale) par de la margarine végétale !

Quoi qu’il en soit, la Mimouna est une contribution très intéressante à la culture populaire et fraternelle des minorités issue d’Afrique du Nord. Au point qu’elle est devenue un rituel général en Israel, même parmi les personnes sans origines marocaines, car les masses reconnaissent spontanément les apports populaires.

Terb7ou ou tsa3dou !

Drancy : une architecture moderne à double tranchant

Le camp d’internement de Drancy a été d’août 1941 à août 1944 un point central dans la déportation des personnes juives de France : 67000 personnes juives déportées de France sur 76000 sont passées par Drancy.

Le saviez-vous ?

Drancy est une ville de Seine-Saint-Denis à 4 kilomètres au nord-est de Paris (à l’époque encore dans le département 75 de la Seine), qui est depuis les années 20 une cité ouvrière.

En 1930, l’Office départemental de l’Habitat lança le programme des Habitations Bon Marché, pour mettre à disposition à de très bas loyers des logements sociaux modernes avec l’eau courante et l’électricité. Le gouvernement choisit Drancy comme « ville-pilote » (comme on dirait aujourd’hui), pour ses terrains bon marché (en friche ou encore marécageux).

L’Office Public HBM et la municipalité SFIO de Drancy (qui n’est devenue un bastion communiste qu’en 1935) lancèrent alors en 1931 la construction de la cité de la Muette, qui devait être un précurseur des « grands ensembles », sur le modèle des gratte-ciels américains et des « Hof » allemands et autrichiens.

Concrètement, il s’agissait de cinq tours de quatorze étages (alors les plus hautes en France), de plusieurs barres de trois ou quatre étages formant un « peigne », et d’un bâtiment de quatre étages en forme de U. Ce « fer à cheval » s’organisait autour d’une cour d’environ 200 mètres de long et 40 mètres de large.

Les 1450 appartements du projet se devaient d’être, dans leur conception intérieure, à la pointe de la modernité, et assurer un confort à bas prix (inimaginable dans les taudis ouvriers).

Ils étaient donc destinés à des personnes seules ou à des familles peu nombreuses, relativement petits (29 mètres carrés pour deux pièces et une cuisine), et standardisés depuis le robinet de la baignoire jusqu’aux sonnettes électriques. Mais la cité de la Muette devait aussi s’assumer comme habitat collectif. D’où les nombreux équipements au rez-de-chaussée (qui ne furent jamais achevés), ainsi que l’accès aux toits afin d’y étendre le linge.

La cité de la Muette était alors un modèle très avant-gardiste d’habitat collectif moderne, que ce soit dans sa conception ou dans sa construction, au point que des revues d’architecture ont consacré des numéros entiers à ses innovations techniques. Ainsi, le procédé du béton moulé en usine et posé sur la structure métallique sera généralisé pour les futurs « grands ensembles » des années 50 et 60.

Mais les travaux s’arrêtent brusquement en 1934, notamment à cause de la crise économique.

Seules les tours et le « peigne » sont alors habitables (mais mal isolées et mal insonorisées), et on les attribue comme caserne à la gendarmerie mobile. Détail qui aura son importance dans la transormation de la cité en camp d’internement…

Quant au « fer à cheval », il lui manque encore la plupart des cloisons, des fenêtres, des portes, des revêtements de sols, et la tuyauterie est apparente.

C’est ce bâtiment qui deviendra le camp de Drancy.

En 1939, cela fait donc quatre ans que le « peigne » et les tours sont habités par la gendarmerie.

Comme nous l’avons vu dernièrement dans notre article sur l’histoire de Drancy (suite aux tags nazis au mémorial du camp), le « fer à cheval » sera transformé en camp d’internement pour communistes, puis pour civils étrangers, puis pour prisonniers de guerre. En juin 1940, le camp sera réquisitionné par les troupes d’occupation allemandes. Et en août 1941, il sera finalement recyclé en camp de concentration spécifiquement juif.

Comment le « fer à cheval » de la cité de la Muette s’est-il transformé aussi rapidement en camp de concentration, et a pu être habité dès l’après-guerre ?

Eh bien, tout simplement en installant des miradors aux quatre coin du bâtiment, et en le cernant de barbelés !

Le « fer à cheval », de par son architecture, se prête en effet facilement à la transformation en camp de concentration : étendu, immédiat à cerner, facile à surveiller.

En bref, c’est déjà une cour de prison ! Un camp de concentration « clés en main » !

Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut avoir quelques idées simples d’économie politique.

Dans nos quartiers, dans les quartiers où nos parents sont arrivéEs, dans le 19, à Sarcelles, à Aulnay, partout ailleurs, nous le voyons bien : les masses assument déjà au quotidien les embryons de la vie collective de demain, de la vie de l’humanité communiste. Cela est une tendance historique inévitable.

En effet, le développement de la production pousse nécessairement à la collectivisation de la production, c’est-à-dire que les grandes usines, les grandes unités de production sont de plus en plus incontournables.

Cette socialisation de la production signifie la formation de monopoles, qui est historiquement inévitable. Mais des monopoles dans le cadre des rapports capitalistes de propriété et de production. C’est ce que l’on appelle l’impérialisme.

Cette même socialisation est tout aussi inévitable dans le domaine de l’urbanisme. D’où le besoin de grands immeubles, de grandes villes. Mais là encore, au sein du capitalisme, la socialisation est intégralement subordonnée aux exigences de l’impérialisme et à la propriété privée des monopoles aux mains d’une poignée de très riches.

Et leurs exigences sont en totale opposition avec les besoins des masses et le respect de la nature.

Ce sont les exigences productives du capitalisme qui expliquent que l’urbanisme du capital se construit sur le modèle de la prison, sur le modèle « panoptique » théorisé par Bentham en 1780, et qui doit permettre de tout fliquer.

Usine, caserne, hôpital, école, hôpital psychiatrique, administration : il ne manque que les barreaux et les miradors pour en faire des prisons !

D’ailleurs, on peut à ce titre citer quelques phrases des fondateurs de la Société française des Habitations à Bon Marché, Georges Picot et Jules Siegfried:

« Voulons-nous augmenter les garanties d’ordre, de moralité, de modération politique? Créons des cités ouvrières ! »

« Un ouvrier propriétaire, devenu économe, prévoyant, définitivement guéri des utopies socialistes et révolutionnaires, arraché au cabaret. »

« Corridors et couloirs seront proscrits, dans la pensée d’éviter toute rencontre entre les locataires. Les paliers et les escaliers, en pleine lumière, devront être considérés comme la prolongation de la voie publique. »

Voilà l’objectif avoué des capitalistes : un urbanisme nécessairement collectif pour répondre aux besoin de la production capitaliste, mais pas trop collectif pour que la classe ouvrière ne prenne pas sa vie en main.

Il est essentiel de comprendre que le capitalisme est empêtré dans ce type de contradictions, et qu’il peut et doit donc être dépassé historiquement, par la voie révolutionnaire.

C’est pourquoi on parle souvent de l’impérialisme comme de « l’antichambre du socialisme » : il ne « reste » au peuple « qu’à » s’approprier la production et le pouvoir. Eh bien, il en est de même pour nos villes !

Mais si nous échouons, l’histoire de Drancy nous montre ce qui nous attend… Car un urbanisme collectiviste sans le pouvoir des masses sur leur propre vie, cela revient exactement au schéma de la prison. Et la prison possède toute les bases objectives pour se transformer en camp de concentration…

Quand nous disons que les masses assument au quotidien des embryons de la vie de demain, c’est évidemment dans un contexte d’individualisme forcé et forcené, dans la concurrence imposée au peuple par le capitalisme.

Voilà pourquoi il faut absolument s’organiser dans nos quartiers, de manière collective, solidaire, métisse et populaire, pour que le quotidien quasi carcéral des métropoles impérialistes ne se transforme pas à nouveau en Drancy !

[Les citations de Picot et Siegfried viennent de l'Action Antifasciste du Pévèle-Mélantois, au sud de Lille.]

Cette Mer Rouge là est notre arme pour la libération !

Pessa’h : de l’esclavage à la libération

Nous sommes aujourd’hui lundi dans le cinquième jour de Pessa’h, qui dure huit jours (en diaspora).

Qu’est-ce que précisément la fête de Pessa’h pour nous, personnes juives ?

Il s’agit de la commémoration de l’esclavage du peuple hébreu en Égypte, ainsi que de sa libération, faits qui se seraient déroulés vers l’an 2400 du calendrier juif, c’est-à-dire vers 1350 avant notre ère dans le calendrier officiel. Ces faits sont relatés dans la Haggadah de Pessa’h (הגדה‎, à ne pas confondre avec אגדה‎, qui signifie « légende »).

La Torah raconte l’histoire en Égypte de ce qui deviendra le peuple juif. En voici un résumé, où chacunE se rappellera les détails racontés pendant son enfance (ou pas) :

Le peuple hébreu serait arrivé en Égypte sous la direction de Yosef ben Yaakov (Joseph fils de Jacob / Yusef bin Yaqub), où il serait devenu conseiller du pharaon (ceci est relaté dans la Genèse). À sa succession, les juifs sont réduits en esclavage (c’est le début du livre de l’Exode). C’est là qu’intervient l’histoire de Moshé (Moïse / Moussa), un Levi trouvé sur le Nil par la fille de Pharaon, qui doit fuir l’Égypte après un meurtre. Après l’épisode du « buisson ardent », où D.ieu lui commande de libérer son peuple, il revient en Égypte avec son frère Aaron. Le pharaon refuse les demandes de Moshé de libérer les sienNEs, et l’esclavage redouble en brutalité. Après les dix plaies d’Égypte, le peuple juif est chassé mais poursuivi, puis traverse la mer Rouge qui s’ouvre devant lui et se referme derrière, engloutissant les chars égyptiens. Le peuple juif erre alors dans le désert jusqu’au pays de Canaan, promis à Moshé sur le Sinaï, où celui-ci reçoit les tables de la loi qui scellent l’alliance entre D.ieu et le « peuple élu ».

Nous avions déjà parlé brièvement de certains épisodes de la traversée du désert, à l’occasion de la parasha de Shabbat Parah (sur le sacrifice de Parah Adoumah, et pour l’entrée de Shabbat Parah).

Le nom de « Pessa’h » (פסח) lui-même vient de « passer au-dessus », puisque la plaie d’Égypte contre les premiers-nés a épargné les aînés juifs, en « passant au-dessus » des maisons marquées comme des foyers juifs. Cela est d’ailleurs très bien retranscrit en anglais, où l’on dit « Passover » (« to pass over »).

Quelle est la signification populaire de Pessa’h pour nous ?

Elle est assez limpide, puisqu’il s’agit de célébrer la libération de l’esclavage.

Cette fête religieuse commémore principalement les temps difficiles des siècles d’esclavage (environ 300 ans), d’où les herbes amères et l’eau salée que l’on consomme pendant le Seder, les nombreuses privations dont le ‘Hametz (donc le pain levé et les pâtes) dont nous avions déjà parlé très récemment, mais aussi la chanson « Day Dayenou » (= « assez ! assez pour nous ! »).

Le dernier jour, quant à lui, est réservé à la célébration de la traversée de la Mer Rouge et est dignement fêtée, par exemple dans les familles marocaines avec la Mimouna. C’est donc aussi la fête de la libération.

Pessa’h est en réalité une fête d’une cruelle actualité. Au vu de l’exploitation et de la misère grandissantes, des oppressions capitalistes, sexistes, racistes qui explosent, de la brutalité au sein du peuple et contre la nature, toute personne issue des classes populaires, d’origine juive ou pas, se dit nécessairement que l’on n’est en fait jamais sorti de l’esclavage.

C’est là le sens populaire profond de Pessa’h.

À cet esclavage dont nous ne sommes jamais sortiEs, le peuple oppose sans relâche, comme un puissant torrent, sa lutte pour la libération. Cette lutte s’exprime dans tous les actes et les pensées du peuple, même (et surtout) par des voies encore détournées, de manière encore individualiste, ou sur des chemins encore dévoyés.

C’est aux démocrates, aux progressistes et aux révolutionnaires, d’origine juive ou pas du tout, d’assumer leurs responsabilités, de savoir discerner les expressions populaires du besoin de communisme, d’organiser la rebellion des masses !

Pour les personnes d’origine juive, il est essentiel de comprendre que la libération d’Égypte revêt un caractère universel, qu’elle a exactement la même signification pour les prolétaires de tous pays, pour les peuples et nations opprimées. Il s’agit d’étendre ce caractère universel de la libération d’Égypte à l’humanité opprimée toute entière, ainsi qu’aux animaux et à la planète.

Souvenons-nous de la libération d’Égypte.
Pour la libération de l’humanité entière, ici et maintenant.
De l’esclavage à la révolte, de la révolte à la libération !

Drancy, l’antichambre de la mort

Le camp de Drancy a été d’août 1941 à août 1944 un lieu central dans la déportation des personnes juives de France.

Ce camp était en fait une Habitation Bon Marché jamais finalisée, qui fut d’office transformée en camp d’internement, puis de transit, puis de concentration. Il s’agit d’un bâtiment en forme de U, dans la cité de la Muette à Drancy, dans l’actuelle Seine-Saint-Denis (alors dans le département de la Seine)

En août 1939, à la veille de la guerre, le Parti Communiste est interdit, et nombre de militantEs sont emprisonnéEs dans le « fer à cheval », jusqu’à juin 1940 : il suffit en effet de barbelés et de miradors pour en faire un camp d’internement.

Dès la déclaration de guerre, en septembre 1939, le ministère de la guerre en fait un camp de prisonniers de guerre, qui restera par conséquent un peu vide… à part l’emprisonnement des communistes bien sûr.

Le 14 juin 1940, les troupes allemandes entrent dans Paris, et le camp de Drancy est d’office réquisitionné, ce qui est officialisé lors de la capitulation pétainiste le 17 juin. Jusqu’en août 1941, les occupants nazis y enferment des prisonniers de guerre anglais et français en transit vers l’Allemagne, ainsi que des civilEs britanniques, grecQUEs, yougoslaves.

L’histoire du camp de Drancy comme camp spécifiquement juif se subdivise en trois phases, correspondant aux trois directions nazies. C’est le 20 août 1941 que s’opère ce tournant des nazis.

En effet, ce 20 août, la police parisienne cerne le XIe arrondissement et arrête presque 3000 juifs. Les rafles s’étendent les jours suivants à tout Paris, et au final, ce sont presque 4300 personnes juives, majoritairement étrangères, qui sont internées à Drancy, ouvert le 20 août.

La première période est donc celle de Drancy sous Dannecker, qui s’étend du 20 août 1941 au 16 juillet 1942.

Suite à la rafle du XIe arrondissement, rien n’a été prévu à Drancy pour accueillir tant d’hommes, les « aménagements » ne sont pas achevés, et la famine sévit (d’où le marché noir dont profitent allègrement les gendarmes français en charge du camp). Suite aux morts de faim, les internés auront le droit recevoir des colis alimentaires. Drancy servira notamment aussi de « vivier » d’otages pour les occupants.

Quant à l’administration du camp, elle est sous la tutelle du nazi Dannecker, mais il est essentiel de comprendre qu’elle est en fait assurée par la gendarmerie française, qui logeait déjà depuis bien avant la guerre dans le reste de la cité de la Muette.

Le 22 juin 1942 part le premier convoi de Drancy, le convoi 3 (les deux premiers étant partis de Compiègne). Ce convoi, composé de 934 hommes de Drancy et de 66 femmes du camp des Tourelles, partira de la gare du Bourget-Drancy où passaient déjà traditionnellement les trains vers l’Allemagne… puis vers la Pologne. 34 survivantEs de ce convoi sont rentréEs en 1945.

La deuxième période est celle de Drancy sous Röthke, qui s’étend du 16 juillet 1942 au 2 juillet 1943.

Elle commence avec la Rafle du Vel’ d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942, où plus de 13000 personnes juives sont arrêtés. Parmi elles, 5000 personnes seules ou des couples sans enfants sont internéEs à Drancy. Et seront déportéEs dès le 19.

Les autres rafléEs (1000 hommes, 3000 femmes, 4000 enfants) seront transféréEs vers Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Les parents sont déportéEs directement à Auschwitz jusqu’au début août. Danneker demande alors à Eichmann l’autorisation de déporter également les enfants, mais le temps que celle-ci arrive, les parents ont déjà été déportéEs. Ce sont donc 3000 enfants seulEs qui arrivent à Drancy à partir du 15 août, pour être déportéEs.

La troisième période est celle de Drancy sous Aloïs Brünner, qui s’étend du 2 juillet 1943 au 17 août 1944.

En effet, le 2 juillet 1943, c’est une équipe dirigeante allemande qui prend le contrôle du camp. L’administration française est relevée de ses fonctions, et la gendarmerie française n’assure « plus que » la garde extérieure.

Drancy devient alors un véritable camp de concentration nazi, dont les prisonniers assument une part importante de l’administration, car le régime de la « responsabilité collective » est instauré (comprendre : tout le monde est otage, par « paquets » de cinquante)

Ce régime de la « responsabilité collective » oblige donc toute résistance à s’assumer comme collective et massive, au service de l’ensemble des personnes juives internées.

En septembre 1943, les résistants du camp creusent donc un tunnel, prévu pour faire évader la totalité du camp, en une nuit. Lorsqu’il est découvert par les SS, le tunnel mesure 38,5m de long, est consolidé et éclairé, et doit aboutir dans 1,5m.

Les SS arrêtent alors 14 résistants. Aucun ne parle, même sous la torture nazie. Ils seront déportés par le convoi 62, le 20 novembre 1943, et douze parviendront à s’évader et rejoindre la Résistance.

Pour finir, le 31 juillet, alors que les Alliés s’approchent de Paris, les dernierEs enfants et adolescentEs sont déportéEs par le convoi 77.

Suite à des rumeurs comme quoi tout le camp doit être déporté, les prisonnierEs se mettent en lien avec la Résistance, se procurent des armes, et font sortir une liste des noms.

Enfin, le 17 août 1944, le SS Aloïs Brünner prend la fuite, deux jours avant l’insurrection de Paris.

En effet, les SS quittent le camp, avec 50 otages, essentiellement des résistants en prison à Fresnes ou au Cherche Midi. La plupart parviendront à s’évader.

Les sorties du Camp de Drancy commencent officiellement le vendredi 18 et se terminent le dimanche, sous la supervision de la Croix Rouge.

Que deviendront les dirigeants du camp de Drancy ?

Dannecker, qui était chef du service des affaires juives de la Gestapo en France, crèvera en 1945 dans une prison américaine en Allemagne. Röthke deviendra avocat en Allemagne, et mourra en 1966. Alois Brünner sera condamné à mort par contumace en 1954, mais se réfugiera en Syrie, qui a toujours été plus que tolérante avec les nazis.

Pendant trois ans, le camp de Drancy a été le principal lieu de déportation vers les camps d’extermination nazis : 67 des 79 convois de déportéEs d’origine juive partiront de Drancy, soit 67000 sur 76000 personnes juives déportéEs de France (presque 9 sur 10). Moins de 2 000 personnes reviendront, soit à peine 3 %.

C’est ce lieu de mémoire universelle que des nazis viennent de souiller.

Des croix gammées à Drancy

Des croix gammées ont été découvertes ce matin sur le wagon et la stèle du Mémorial de la déportation à Drancy (93).

On en a retrouvé une de 1,50m sur le wagon installé au centre de la cité de la Muette, deux autres de 1m sur la stèle en granit, et deux autres sur un restaurant et une boulangerie à 500m de là. Les inscriptions ont été effacées avant 11h par la municipalité.

Sur les vidéos des caméras de surveillance, on voit un homme d’une vingtaine d’années « de type européen » en train de tracer ces inscriptions, entre 1h20 et 2h du matin.

Cet acte nazi est limpide dans sa signification, alors que, parallèlement, nous baignons de manière de plus en plus offensive dans une ambiance pourrie de révisionnisme insidieux. Ces tags sont une attaque haineuse contre la mémoire de toutes les personnes qui ont été internées dans ce camp, que ce soient des otages de guerre, des communistes, ou des déportéEs d’origine juive ou tzigane.

Mais le maire de Drancy prétend quand même qu’il s’agit « plus d’actes isolés que d’actes politiques ». Alors qu’il rappelle lui-même que ce n’est pas la première fois que le Mémorial de Drancy est ainsi souillé par des ordures antisémites.

C’est être complice de l’antisémitisme revendiqué que de nier le caractère politique nazi du fait d’aller tagger des croix gammées à 2h du matin sur un mémorial de la déportation.

Il ne s’agit pas d’un acte inconscient « influencé par la situation en Palestine », ni d’un « débile consanguin », c’est clairement un acte calculé de nazi, à ne pas sous-estimer.

Cet acte antisémite nazi n’est pas le premier du genre, et ce ne sera clairement pas le dernier, au vu de l’explosion actuelle du fascisme.

Écrasons le fascisme, avant qu’il n’y ait d’autres Drancy.

Shavua Tov – שבוע טוב

La traversée de la Mer Rouge par Rodchenko ?

Shabbat Pessa’h – שבת פסח

Entrée vendredi à 20h09, sortie samedi à 21h23.

Les dix plaies d’Égypte

01) Le sang – דם
02) Les grenouilles – צפרדע
03) Les poux – כינים
04) Les bêtes – ערוב
05) La peste – דבר
06) Les pustules – שחין
07) La grêle – ברד
08) Les sauterelles – ארבה
09) Les ténèbres – חושך
10) La mort des aînés – מכת בכורות

La tendance principale de notre époque est à la confrontation :
édification et victoire du front populaire antifasciste,
ou alors fascisme et guerre impérialiste.

Les dix plaies d’Égypte s’abattront nécessairement, et à brève échéance.
Soit sur les fascistes, soit sur nous.

Juif ! Juive !
Tu as ta place dans la construction du front antifasciste !
Assumons nos responsabilités !
Assimilons la nécessaire autodéfense juive !

Antisémites, tremblez !