Joyeux Pourim ! ! חג פורים שמח
Aujourd’hui, le 14 du mois de Adar, nous célébrons la fête de Pourim (פורים), et rendons hommage à Esther (אסתר), l’une des premières femmes résistantes juives.
Pour nous, Pourim est toujours un moment de joie (= שמחה = sim’ha), de déguisements, de saynètes, de crécelles (le Ra’ashan = « faiseur de bruit »), voire d’enivrement pour certains.
Traditionnellement, on mange aussi des « Oznei Haman » ( = אוזני המן = oreilles d’Haman), des pâtisseries triangulaires avec une farce de fruits secs et de confiture (ou de dattes). Les enfants ont aussi l’habitude de se déguiser, une coutume qui vient en fait d’Italie au XVIème siècle, puisque les communautés juives d’Orient n’ont pas cette tradition.
Pourim est notre carnaval, mystique et populaire.
Les quatre mitzvot de Pourim sont regroupées sous le nom des quatre « mem » (de la lettre מ) à cause des initiales. Ce sont des mitzvot qui témoignent d’une joie et d’une générosité populaires : Meguilah (lecture à la synagogue de la Meguilat Esther) ; Mishloa’h Manot (envoi de sucreries aux proches) ; Matanot la’Eviyonim (dons aux démuniEs) ; Mishte veSim’ha (repas joyeux, voire alcoolisé).
L’histoire de Pourim est elle-même une merveille de dialectique, où chaque chose se retourne en son contraire (Mordekhai en habits royaux escorté par Haman, Haman pendu à la potence qu’il avait réservée à Mordekhai), où ce qui est caché prend tout son sens (Hadassa la juive sous le nom perse d’Esther, aucune mention dans toute la Meguilah à D.ieu alors que c’est Lui qui tire les ficelles), etc.
C’est là le sens du mot « pour » (le singulier de Pourim), qui veut dire le « sort » : l’histoire de Pourim est un sort et un jeu du sort. D’où les déguisements et le carnaval, qui incarnent presque la dialectique de l’histoire.
Rappelons un peu cette histoire, contenue dans la Meguilah d’Esther (= מגילת אסתר = Meguilat Esther), qui se serait déroulée sur neuf ans.
Après avoir répudié sa femme à Shoushan (Suse en Iran), le roi de Perse A’hashverosh (sans doute Xerxès 1er) écoute Mordekhai, un sage juif, et choisit comme future reine la nièce de celui-ci, Hadassa bat Avigail. Cachant ses origines juives par prudence, Hadassa se fait appeler Esther.
Un jour, Mordekhai surprend un complot contre le roi, et prévient la reine Esther. Cela est noté dans les annales du roi, mais il y a comme de la rétention d’information.
Parallèlement, Haman, un des hommes les plus puissants de son temps, un dominant, s’indigne que Mordekhai ne se prosterne pas devant lui. Il persuade le roi A’hashverosh de faire exterminer les « Judéens » le 13 Adar (date du calendrier juif).
Cela arrive finalement aux oreilles d’Esther, via Mordekhai. D’abord réticente à dissuader le roi, elle demande préalablement à son peuple un jeûne (d’où le jeûne d’Esther, un des quatre jeûnes de l’année, qui s’est tenu hier entre 5h43 et 19h25).
Esther organise un banquet avec A’hashverosh et Haman, mais garde le silence. Troublé, le roi cherche le sommeil en lisant les annales, et découvre donc la déposition de Mordekhai.
Il convoque alors Haman pour demander comment récompenser cet acte, et, par suite d’un quiproquo, Haman escorte Mordekhai en habits royaux devant la foule. Haman rumine sa vengeance, et fait préparer une potence pour Mordekhai.
Lors d’un second festin, Esther dévoile son identité juive et le complot d’extermination qui vise son peuple, et démasque Haman. Celui-ci est alors pendu à la potence réservée à Mordekhai, qui est nommé vizir.
Les Juifs prennent les armes, sur autorisation du roi, et vainquent militairement le complot d’Haman. Une grande vague de réjouissances submerge alors les peuples de l’empire perse.
חג פורים שמח לכולם
‘Hag Pourim samea’h lekoulam !





