Archives de mars, 2009

1492 ou la liquidation des communautés juives d’Espagne

Puisque nous sommes sur une lancée de célébrations d’anniversaires, continuons, mais cette fois-ci à propos d’un anniversaire réellement tragique (mais en lien un peu lointain avec l’anniversaire d’hier, si vous avez bien suivi !).

En effet, le 31 mars 1492 paraissait le célèbre décret d’Alhambra (palais de Grenade, récemment conquis aux arabes), signé par les Rois Catholiques, Ferdinand d’Aragon et Isabelle la Catholique.

Ce décret prévoit l’expulsion des populations juives non converties au christianisme sous un délai de quatre mois, c’est-à-dire pour le 31 juillet 1492. Concètement, il est dit :

« Nous avons décidé d’ordonner à tous les juifs, hommes et femmes, de quitter nos royaumes et de ne jamais y retourner. A l’exception de ceux qui accepteront d’être baptisés, tous les autres devront quitter nos territoires à la date du 31 juillet 1492 et ne plus rentrer sous peine de mort et de confiscation de leurs biens. »

Les persécutions antisémites avaient déjà connu un pic d’une violence extrême un siècle auparavant, en 1391. Les émeutes antisémites avaient alors enflammé de nombreuses provinces du royaume, de Séville à Barcelone. De nombreuses communautés furent décimées, de nombreux quartiers juifs, les aljamas, furent en proie aux flammes.

Bilan : des milliers de personnes juives massacrées, des milliers de convertiEs de force, une communauté réduite à la terreur des ghettos (officialisés en 1422).

Mais aussi une grande vague d’émigration vers les villes d’Algérie, de Tlemcen à Alger, et même à Oujda au Maroc où la tradition juive disait que le mythique rabbin Sidi Yahia Ben Younes aurait pu être issu de cette émigration. D’ailleurs, les descendantEs des expulséEs d’Espagne en gardent souvent des traces culturelles jusqu’aujourd’hui, notamment par l’attachement à la langue, et cela après des siècles d’exil (regardez tout simplement dans vos familles, même lointaines !).

La grande expulsion de 1492 avait été précédée de la mise en place de l’Inquisition par Torquemada, en 1480, Inquisition qui faisait aussi la chasse aux convertiEs, les « conversos », les « marranes » (= porcs), qui continuaient souvent à pratiquer leur foi juive.

Entre le 31 mars et le 31 juillet 1492, les communautés juives ne se révolteront globalement pas, ce qui est évident au vu de sa condition depuis un siècle. Les juifs riches sont expropriés par n’importe qui, les pauvres et les infirmes ne peuvent fuir et doivent se convertir.

On estime généralement que 150 000 personnes juives choisissent la conversion, tandis que 150 000 à 200 000 émigrent. Parmi ces exiléEs, la moitié ira dans l’Empire ottoman, où le sultan leur donnera refuge, et les autres iront en Afrique du Nord, en Hollande (pensez aux origines de Spinoza), dans les Balkans ou au Portugal (quitte, pour ces dernierEs, à revenir quelques mois ou quelques années plus tard et à se convertir).

Les siècles qui suivirent, l’Espagne fut prise d’une véritable fièvre, qu’on pourrait appeler un « antisémitisme sans juifs », notamment « à cause » des conversos, ces « ennemis invisibles ». Cet antisémitisme prendra une tournure raciale, avec des questions de pureté du sang, ce qui était tout à fait étranger à l’Espagne arabe, même sous les persécutions antisémites des Almohades (dont nous parlions hier avec Moshe ben Maimon de Cordoue).

En 1800, le décret d’Alhambra est reconduit, et il faudra attendre 1967 pour que le décret soit aboli

Pourquoi parlons-nous de cette histoire, par ailleurs bien connue ?

Certainement pas pour nous poser en éternelles victimes des persécutions antisémites, car nous ne sommes pas des fatalistes, mais pour comprendre les ressorts historiques généraux qui ont mené à ces persécutions antisémites.

L’Espagne n’était pas le seul pays à expulser ses juifs, puisque l’Angleterre et la France l’avaient fait beaucoup plus tôt, respectivement en 1290 et 1306…

Mais l’exemple de l’Espagne met en relief le triomphe du capitalisme marchand naissant contre les rapports de productions féodaux (du moins dans les villes, car dans les campagnes, la base sociale est restée féodale jusqu’à relativement récemment), et le lien qu’a l’histoire de ces luttes de classes avec le développement de l’antisémitisme occidental.

En effet, l’année 1492 est une année emblématique dans le développement du capitalisme en Espagne, dans la naissance de l’Espagne (ou plutôt des provinces de Castille, Léon, Aragon, etc.) comme nation.

Car le 2 janvier 1492, Grenade et son palais l’Alhambra, c’est-à-dire le dernier bastion arabe au nord de Gibraltar, tombent aux mains des armées de la Reconquista chrétienne. C’est un pas énorme dans l’unification politique et militaire de l’État espagnol par la royauté.

À ce titre, les populations juives, qui étaient le plus souvent liées aux arabes et représentaient un élément « étranger », furent dans la foulée victimes du décret de l’Alhambra (ce lieu n’étant évidemment pas choisi par hasard).

Il faut également savoir que l’œuvre d’unification de l’État avait déjà « bien » commencé avec la mise en place de l’Inquisition. L’Inquisition est un jalon essentiel en Occident dans la marche vers un appareil judiciaire centralisé, méthodique, moderne.

La formation de l’État espagnol (castillan en fait) s’est donc faite dès le départ dans la violence, dans la mise au pas militaire et judiciaire des minorités (juives avec les autodafés et les expulsions, arabes converties avec l’expulsion des moriscos en 1609, tziganes avec l’expulsion en 1499, basques avec la conquête du royaume de Navarre en 1521, etc.).

Nous disions que 1492 était une année emblématique pour le capitalisme marchand castillan, avec la Reconquista et la liquidation de la minorité juive.

Mais le fait marquant auquel beaucoup penseront est évidemment la « découverte » de l’Amérique par Christophe Colomb, date qui marquera le début d’un pillage sauvage (typique des colonialismes espagnol et portugais), de conversions brutales, et du génocide des population indigènes.

D’ailleurs, à titre purement documentaire, les caravelles de Christophe Colomb sont parties début août de Séville, et celui-ci rapporte sur ses carnets de voyages qu’il a dépassé des bateaux emmenant massivement des familles juives vers leur exil. Ce qui peut paraître un hasard prend donc tout son sens à la lumière du développement économique du royaume de Castille.

Ainsi, 1492 est une date symbole pour le capitalisme espagnol, et pour la domination coloniale du monde par les puissance occidentales. Et l’exemple de l’Espagne (mais aussi de l’Angleterre en 1290, dans ce pays capitaliste très précoce) nous permet d’affirmer, avec Marx, que « le Capital arrive au monde suant le sang et la boue par tous les pores ».

Mais quel rapport entre l’antisémitisme et la naissance sanglante du capitalisme marchand dans la lutte économique contre les rapports de productions féodaux ?

Les communautés juives apparaissaient comme des obstacles à l’unification nationale selon les principes capitalistes, car elles avaient conservé des traits communautaires antérieurs au capitalisme, elles étaient au centre des contradictions du rapport entre féodalité et capitalisme.

L’unification nationale du royaume de Castille s’est faite militairement avec la conquête de Grenade, étatiquement avec la royauté triomphante, judiciairement avec l’Inquisition, économiquement avec la colonisation de l’Amérique : il ne restait plus que l’unification culturelle, donc religieuse, à mener à terme.

Et cette unification culturelle s’est faite sur le dos de la minorité juive, avec un caractère tout à fait génocidaire. Mais aussi avec la production d’une idéologie raciste du « sang pur », contre les éléments « abstraits » qui empêchaient l’édification du capitalisme marchand, et qui s’appelaient en réalité : les rapports féodaux de production.

Il est d’ailleurs révélateur que la même histoire se produisait partout en Europe, de l’Angleterre à l’Europe centrale en passant par la France. C’est par exemple à cette même époque que la Pologne, encore féodale, devint un refuge pour les populations juives pourchassées.

Il est finalement extrêmement important de comprendre qu’en fait, la naissance du capitalisme en Europe a paradoxalement ouvert l’ère des ghettos.

Il est aussi extrêmement important d’avoir à l’esprit que cette histoire du caractère féodal résistant à la centralisation des nations dans le capitalisme est toujours d’actualité partout dans le monde.

C’est en fait toute l’histoire des peuples non constitués en nations, qui n’ont jamais eu d’État propre. On pensera évidemment aux peuples juifs, mais aussi aux peuples rroms et sintis, aux samis de Laponie, aux peuples indigènes en Amérique, aux aborigènes en Océanie, aux populations tribales en Inde, à la nation kurde en formation, à la nation tamil actuellement génocidée, etc.

Souvenons-nous de l’exil de 1492, car c’est dans notre histoire un événement où notre minorité fut victime du capitalisme naissant. Et ce caractère génocidaire est revenu plus récemment dans notre histoire, notamment avec la formation de l’État impérialiste moderne en Allemagne, où les nazis ont liquidé les vestiges féodaux d’avant 1870, sur le dos de la minorité nationale juive.

Voilà pourquoi il est essentiel de saisir l’économie politique de l’antisémitisme, et diffuser cette compréhension au sein des masses populaires juives.

Le Rambam, un héritage juif arabe

Nous n’avons pas l’habitude chez HaPoel HaAntifashisti de rendre hommage à des rabbins, comme vous avez pu vous en rendre compte avec notre article sur le colorant E120.

Mais voilà, nous célébrons aujourd’hui l’anniversaire du Rambam, né le 30 mars 1135
(ou le 28 mars 1138, prévenez-nous si vous connaissez la vraie date).

Qui était le Rambam ?

Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas sous cette abréviation, il s’agit en fait du célèbre Maïmonide.

En effet, nous avons l’habitude en hébreu de faire des abbréviations des noms des saints hommes. Ainsi, le Rav Moshe ben Maimon devient Rambam, puisque les initiales de « הרב משה בן מיימון » sont bien רמב »ם. En arabe, on écrira »موسى بن ميمون بن عبد الله القرطبي الإسرائيلي », qui se transcrit par Moussa ibn Maimoun ibn Abdallah al-Kourtoubi al-Israili (l’arabe est repris de Wikipedia)

Le Rambam était un médecin, un philosophe, un légaliste, né le 30 mars 1135 à Cordoue et mort le 13 décembre 1204 à Fostat (Le Caire). Il a fait un énorme travail de compilation et de clarification de la Halakha, qui fait référence jusqu’aujourd’hui, notamment en Orient (Yémen, etc.)

Le Rambam est né à Cordoue en Espagne arabe (Al Andalous), mais dût émigrer au Maroc, dans une époque d’intolérance religieuse en Espagne arabe. Plus tard, le Maroc aussi fut sujet à des troubles contre les minorités religieuses, et le Rambam dut fuir en Égypte (plutôt qu’en Angleterre, où il avait été appelé à sa cour par le roi Richard !), où il devint le chef de la communauté, et un conseiller de Salah ed-Dine (le grand Saladin). Il est mort au Caire, mais fut enterré à Tibériade en Palestine, auprès de son père rabbin, et dans un cimetière où l’on retrouve de très grands noms du judaïsme rabbinique.

Dès sa jeunesse, Moshe ben Maimon avait lu (évidemment en arabe) Aristote, Hippocrate, et d’autres penseurs grecs ; à la fin de sa vie, il accèdera à l’œuvre d’un autre cordouan célèbre, Ibn Ruchd (Averroès). Le Rambam sera aussi un très grand médecin, un des jalons dans la naissance de la médecine moderne, « le Prince des Médecins » qui a écrit la célèbre prière du médecin.

Car il faut comprendre que le Rambam était au fond un scientifique, un moderne (même si nous mettons plus volontiers en avant une certaine mystique populaire juive chez HaPoel HaAntifashisti).

Ainsi, le « Guide des Égarés » (Moreh Nevoukhim, « le maître des perplexes », écrit en arabe) est présenté comme une contribution scientifique exacte, pour lier la foi et la loi juives à tout l’héritage philosophique positif alors connu. Et cela d’après le précepte « La croyance des nations, ne la crois pas, la sagesse des nations, crois-la ».

De même, le Rambam a fait un énormissime travail de compilation, et a présenté dans un hébreu très clair et concis (et pas en araméen comme le voulait l’obscure tradition rabbinique) le Mishne Torah, qui prétendait regrouper la Halakha orale de manière accessible aux gens normaux. On appelle souvent le Mishne Torah haYad (= la main), car il est découpé en 14 sections, et en hébreu, 14 = י"ד. (Mais notre interprétation « personnelle » chez Hapoel irait aussi dans le sens que la main a 14 phalanges…)

Que retenir de cette courte présentation ?

Que le Rambam était véritablement un modernisateur, un scientifique, un démocrate, abreuvé de philosophie grecque et arabe.

Mais aussi que l’héritage de la philosophie grecque en Occident doit presque tout à la culture et à l’histoire judéo-arabe.

Et c’est là ce qui nous fait défendre aujourd’hui l’histoire du Rambam.

Car ce pan de l’histoire de la philosophie en Occident chrétien est brutalement nié par les historiens fascistes. En effet, les fascistes ne tolèrent pas ce qui est acceptable pour les conservateurs traditionnels, à savoir que Platon et Aristote ont été refusés pendant des siècles par le christianisme et ne sont revenus que grâce à la culture arabe, persane et juive.

Ainsi, il y a environ un an, un universitaire fasciste avait publié « Aristote au mont Saint-Michel », en expliquant que la philosophie grecque est quelque chose de purement européen, qui n’avait jamais été perdu (et que, de toute façon, les peuples sémites ne peuvent pas comprendre, les européens étant par essence « métaphysiques » et les sémites « poètes » !).

Il est donc important de connaître et d’assumer l’histoire du Moyen-Âge judéo-arabe, afin de contrer les relectures fascistes de l’histoire.

Nous finissons cette courte présentation par une citation intéressante du Rambam :

« Il ne faut pas croire que toutes les créatures existent par égard pour l’existence de l’homme. Au contraire, toutes les autres créatures ont aussi été destinées pour elles-mêmes. » (Le Guide des égarés, 3:13, 452)

Fritz Lang, cinéaste anti-nazi d’origine juive

Fritz Lang (1890 – 1976) est le célèbre réalisateur allemand des films « Métropolis », « M le Maudit », ou « Le Testament du Docteur Mabuse ».

Quand les nazis sont propulsés au pouvoir en 1933, Fritz Lang est déjà le cinéaste le plus populaire en Allemagne, et est mondialement reconnu. Hitler voit en lui « l’homme qui créera le cinéma national-socialiste », notamment pour son film « Die Niebelungen », qui reprend un mythe nordique.

Le 28 mars 1933, c’est-à-dire il y a 76 ans, Joseph Goebbels, ministre nazi de la propagande, convoque Fritz Lang pour lui proposer la direction de la propagande cinématographique nazie, le département V du ministère.

Celui-ci refuse de collaborer avec les nazis (contrairement à son ex-femme, Thea von Harbou), en précisant à Goebbels que sa mère est juive (tardivement convertie au catholicisme). À cela, Goebbels aurait répondu : « C’est nous qui décidons de ce qui est juif et de ce qui ne l’est pas. »

La nuit même, Fritz Lang fuit l’Allemagne nazie pour Paris, puis pour les États-Unis, tout comme l’ont fait Murnau, Lubitsch, Stroheim, ou encore Marlene Dietrich.

Pour mémoire, Fritz Lang est le réalisateur de « Metropolis », sorti en 1927, qui a pour thème les contradictions de classes dans une métropole impérialiste du futur, une métropole ségrégationniste. On peut y retrouver des influences juives, dans le sens où Metropolis est calquée sur la tour de Babel au niveau de l’architecture, mais aussi pour le mythe du Golem revisité au féminin. Néanmoins, Thea von Harbou, qui était déjà plus ou moins proche des mouvements fascistes à l’époque, aurait largement influencé le film dans le sens de l’entente des classes.

Par la suite, Fritz Lang réalisa « M » (a.k.a. « M le Maudit ») en 1931, son premier film parlant. Pour résumer en une ligne, un psychopathe sème la terreur dans la ville, et la pègre locale s’organise pour faire régner l’ordre. Voilà de quoi faire penser aux nazis qu’ils étaient directement visés, et de quoi faire interdire le film quelques années plus tard. D’autant plus que le titre originel du film était « Les assassins sont parmi nous ».

En 1933, Fritz Lang sort « Le testament du docteur Mabuse », tourné en 1932. On y voit un gangster carrément mégalo dirigeant la pègre et lançant des appels au meurtre depuis sa cellule de prison, exactement comme Hitler avait écrit « Mein Kampf » en prison. Les nazis font immédiatement interdire le film, dans lequel ils voient une attaque à peine voilée.

Pendant son exil américain, Fritz Lang réalise des films anti-nazis dans le contexte de l’effort de guerre américain sur le front de la culture. On citera la « Chasse à l’homme » (« Man Hunt »), où le personnage principal réalise qu’on ne peut fuire le nazisme donc qu’il faut l’affronter. Encore mieux, il réalisera un film, « Les bourreaux meurent aussi » (« Hangmen Also Die! »), dont le scénario est écrit par Bertolt Brecht, le grand écrivain allemand de romans, de pièces de théâtre, et théoricien du réalisme socialiste.

De retour en Allemagne, Lang réalisera par exemple « Le Tigre du Bengale », « Le Tombeau hindou », mais finira aussi sa saga de Mabuse, avec « Les mille yeux du docteur Mabuse », qui montre également l’ambiance en RFA à l’époque.

Nous n’avons pas parlé ici de l’ensemble de l’œuvre de Lang, ni de l’influence de la nazie Thea von Harbou. Mais la vie et l’œuvre de Fritz Lang nous montrent que l’on n’a pas à rougir de l’héritage culturel anti-nazi.

Soral officialise avec Dieudonné

Jeudi dernier, Alain Soral a rendu publique sur son site une « Réponse d’Alain Soral à l’appel lancé par Dieudonné M’Bala M’Bala en vue de constituer une liste en Ile-de-France aux élections européennes du 7 juin 2009 ».

En s’adressant à « Mon cher Dieudonné », il affirme à propos de la liste : « j’en suis ! ».

Évidemment, cela n’allait pas tarder puisque la liste de Dieudonné en Île-de-France aux européennes était dès le départ un projet commun avec Soral. Mais voilà, c’est officiel.

Il fallait naturellement s’attendre aux fantasmes purement antisémites sur les « lobbies sionistes », car Soral prétend lui aussi « dénoncer les ingérences chaque jour plus voyantes et pesantes du lobby pro-sioniste français dans les affaires de notre pays ».

Il fallait naturellement s’attendre à ce qu’il défende une pseudo « liberté d’expression », « bafouée et bâillonnée chaque jour plus durement en France par ces groupes de pression communautaires », une « liberté d’expression » qui veut dire en pratique pour les fascistes de ne plus avoir à s’embarrasser du mot « sioniste » mais de dire clairement « juif ».

Et comme une haine ne va jamais seule, Soral étale également sa haine des minorités sexuelles (ce qui n’est pas étonnant pour lui, qui a plus ou moins commencé sa carrière d’ « intellectuel dissident » en attaquant violemment les femmes et les homosexuelLEs avec une beauferie sans nom).

En bref, Soral c’est le fascisme à base ultra-nationaliste, ultra-sexiste, et ultra-républicaine (ce qui n’est pas le cas de tous les courants du fascisme), qui ne veut surtout rien qui dépasse, sous peine de se faire traiter de « lobbies raciaux, confessionnels ou sexuels ».

Mais le plus important à comprendre dans la lettre d’Alain Soral, c’est qu’il esquisse en cinq petits paragraphes un programme, le programme de la liste de Dieudonné, qui est de fait une vraie proposition stratégique pour les dominants poussés par la crise capitaliste.

Car son projet est un projet clairement au service de l’impérialisme français, c’est-à-dire des grands monopoles bien français d’une part, et d’une « géopolitique » colonialiste concurrençant l’impérialisme US d’autre part.

Ainsi, Soral appelle l’impérialisme français à jouer en solo, pour avoir les coudées franches dans sa concurrence avec les USA.

Concrètement, ça veut dire pour le courant du fascisme représenté par Soral : sortir de l’Union Européenne, qui n’est pas au service exclusif de l’impérialisme français, mais est un terrain d’affrontements et d’alliances entre bourgeoisies industrielles ou financières de divers pays impérialistes.

Seulement voilà, la bourgeoisie impérialiste française n’est en fait pas actuellement aux postes de commandement centraux, puisque c’est la bourgeoisie industrielle à la Sarkozy qui mène (difficilement) la danse au niveau politique.

Il lui faut donc susciter un mouvement fasciste de masse, un mouvement dont la base sociale serait la petite-bourgeoisie et les classes moyennes qui subissent la crise capitaliste et refusent de se prolétariser, quitte à prendre les devants et basculer dans le fascisme.

Cette bourgeoisie impérialiste arbore donc le mot d’ordre de sortie du « totalitarisme marchand mondialiste » qu’est l’UE selon Soral, en disant à la petite-bourgeoisie qu’elle a tout à perdre de l’unification européenne qui donnera le pouvoir aux grands monopoles européens, et tout à gagner à une alliance brutale avec les monopoles français.

D’où la défense des « services publics, petits commerces et PME » par Soral, contre « le capitalisme mondialisé et donc l’Union Européenne ». Capitalisme « mondialisé » bien évidemment opposé à un capitalisme bien français, qui n’est en réalité rien d’autre que la dictature des monopoles et le colonialisme le plus sauvage.

Tout ce que nous disons est en fait très bien résumé par Soral, quand il appelle au « retour de l’État dans tous les grands secteurs économiques et stratégiques, bancaires, industriels, tertiaires, énergétiques ou militaires ».

Concrètement, il veut dire : tout subordonner aux exigences de l’impérialisme français, et s’il le faut par la force grâce à l’État désormais conquis par la bourgeoisie impérialiste. Car il faut comprendre que ce que nous appelons l’impérialisme, c’est les monopoles, qui tentent de prendre le contrôle du plus grand des monopoles, le monopole de la violence, c’est-à-dire l’État français.

Tout cela, ce n’est en fait rien d’autre que le programme économique du nazisme. Rien d’étonnant à cela, car le nazisme aussi représentait les intérêts de la bourgeoisie impérialiste allemande et des monopoles de l’industrie lourde, face à la crise générale du capitalisme ayant suivi 1929.

Et parallèlement à la modernisation brutale de l’économie et à la mobilisation fasciste de masse, le nazisme mettait en œuvre un programme impérialiste de « Lebensraum » (= « espace vital »), d’expansionnisme barbare et de pillage des pays occupés (sans compter l’extermination ultra-moderne des nôtres). De même, le fascisme italien avait envahi la Lybie, l’Éthiopie, la Somalie, et le fascisme japonais avait massacré tout ce qu’il pouvait en Corée, en Chine, et dans le Sud-Est asiatique.

C’est cet « Axe » que la frange de la bourgeoisie qui se reconnaît dans Soral veut reformer. En effet, Alain Soral ne se contente pas de façonner le programme économique de la liste de Dieudonné à l’image des monopoles. Soral cristallise aussi la ligne stratégique de l’impérialisme français partout dans le monde, qui est aussi une affaire de « politique intérieure » pour les impérialistes.

Ainsi, Soral veut faire revenir la France « dans le concert des nations résistantes ». Comprendre : les impérialismes concurrents des USA, et les bourgeoisies bureaucratiques des pays semi-coloniaux qui veulent un « grand frère » plus « bienveillant », plus « rémunérateur » que les USA. Concrètement : « du Venezuela à la Russie, de l’Iran à Cuba… ».

Voilà l’Axe en formation, l’axe des fascismes nationaux soi-disant anti-impérialistes, mais qui en fait fricotent là où il y a du pétrole, des euros, et même des dollars.

Et ce bloc impérialiste qui se formerait alors sous l’égide de la France serait exactement comme les impérialistes américains : il pousserait à l’affrontement entre impérialismes concurrents, et cela jusqu’à l’horreur et la barbarie de la guerre impérialiste.

En effet, la guerre impérialiste est le résultat inévitable du partage du monde. Et ce re-partage du monde entre les grandes puissances est justement appelé de ses vœux par Soral de manière explicite.

C’est ce qui le fait affirmer ses « liens indéfectibles avec tous les peuples en lutte pour leur émancipation et leur liberté ». Et qui le fait immédiatement enchaîner, pour celles et ceux qui n’auraient pas vraiment compris : « tout particulièrement dans cet espace géopolitique et culturel francophone à l’abandon ».

On ne peut pas faire plus explicite en terme de colonialisme, avec cette bonne vieille Afrique « francophone », ce bon vieux Proche-Orient « francophone », qui seraient « à l’abandon » des impérialistes français. Et Soral pousse le vice jusqu’à parler de « lutte pour leur émancipation et leur liberté », alors qu’il s’agit d’asservir les peuples du monde ! Mais évidemment, le colonialisme français, ça n’existe pas, il n’y a que l’impérialisme US en ce bas monde…

Mais qu’est-ce qui s’oppose aux projets impérialistes exprimés par le fasciste Soral ?

On s’en doutait bien : le « sionisme ».

Ainsi, Soral dénonce « les ingérences [...] du lobby pro-sioniste français dans les affaires de notre pays », et ses « agissements qui ne manquent pas d’avoir des conséquences néfastes [...] sur notre politique étrangère ».

Soral est là en plein délire antisémite. Pour lui, la bourgeoisie industrielle représentée par Sarkozy, Lagarde, etc., en lutte si féroce contre la bourgeoisie financière française qu’elle est prête à s’allier à d’autres capitalistes (américains notamment), cette bourgeoisie-là est « sioniste ».

Soral ressort donc les fantasmes de la France vendue à l’étranger, par le complot anti-national de la juiverie apatride (pardon ! du « lobby pro-sioniste français »).

L’antisémitisme est véritablement un pan entier de l’idéologie de Soral et Dieudonné, il est typiquement issu d’une base matérielle objective, qui est l’alliance de l’impérialisme national avec la petite-bourgeoisie en crise.

Voilà pourquoi il n’est pas possible de considérer l’antisémitisme comme un point idéologique folklorique, comme un faux prétexte de mobilisation : les antisémites sont « sincères », et n’attendent que la guerre impérialiste pour basculer dans l’extermination de masse.

Au final, Soral a esquissé dans sa lettre les grands traits de la politique économique et de la stratégie « géopolitique » du fascisme, qui ressemblent en tous points au nazisme, sans aucune exagération.

Le programme de Dieudonné et Soral est ouvertement impérialiste, ce qui confirme que le fascisme est l’expression politique et culturelle de la fraction la plus nationaliste, la plus agressive et la plus barbare de l’impérialisme, à l’époque de la crise capitaliste.

Voilà pourquoi il est impératif d’écraser cette initiative fasciste, qui inévitablement attirera à elle au moins une petite partie de la petite-bourgeoisie en crise en Île-de-France.

Car ce qui nous attend, en cas de succès, c’est la formation d’un parti fasciste « national-révolutionnaire » (même sans Dieudonné en personne si besoin), c’est la formation d’une SA à l’hitlérienne, c’est l’application de leur terrifiant programme fasciste.

Et ce programme, c’est : dictature des monopoles, guerre impérialiste, antisémitisme sauvage.

Dans la suite, on remet intégralement la lettre de Soral. Lire la suite »

Shavua Tov – שבוע טוב

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 18h56, sortie samedi à 20h01.

Faisons de Le Pen un « point de détail de l’Histoire » !

« Je me suis borné à dire que les chambres à gaz étaient un détail de l’Histoire de la guerre mondiale, ce qui est une évidence.

Je rappelle qu’à cette occasion, j’ai été condamné à 200.000 euros de dommages et intérêts, ce qui prouve l’état dans lequel se trouve la liberté d’opinion en Europe et en France. »

Voilà ce qu’a déclaré Le Pen, mercredi 25 mars 2009, au Parlement européen.

Il avait tenu les mêmes propos pour la première fois à la radio en 1987, ce qui lui avait valu une condamnation à 1,2 million de francs d’amende. En 2005, il les avait répétés, puis de nouveau en 2008 dans le magazine « Bretons ».

Décidément, les fascistes ne changeront jamais.

Et cela est d’autant plus « cocasse » de la part de Le Pen qu’il avait « dénoncé » les liens entre antisémitisme et immigrations, juste après le dîner du Crif (voir ici pour bien « rire »…).

Du moins on pourrait en rire si l’Allemagne nazie nous avait considéréEs comme des « points de détails de l’Histoire », et n’était pas allée chercher ailleurs en Europe des populations juives à génocider, sous prétexte qu’il n’y en avait pas assez en Allemagne même.

Personne ne peut affirmer sérieusement ou sans arrière-pensée raciste que l’antisémitisme nazi a un rôle secondaire dans leur idéologie, dans leur mobilisation, dans la guerre, est là pour le « folklore » ou uniquement pour tromper les masses.

Car on ne comprendra alors jamais pourquoi les convois de déportation dans les camps de la mort ont pu être privilégiés aux convois de troupes et d’armement, on ne comprendra jamais les marches de la mort partant des camps.

L’action antifasciste de masse fera de Le Pen et de tous les fascistes des points de détail de l’Histoire !

Films soviétiques au Mémorial de la Shoah

En prolongement du cycle Kinojudaica, d’autres films russes et soviétiques datant des années 1910 aux années 1940 sont consultables gratuitement, tout au long de l’année au Centre d’enseignement multimédia.

Nous rappelons que le Mémorial de la Shoah se trouve à Paris, entre les métros Hôtel-de-Ville et Pont-Marie.

- Benya Krik (Bindyuzhnik I Korol)
Vladimir Vilner, 1926, 1h30.

Chef de gang juif au bon cœur, Benya Krik affronte le commissaire Sobkov, mandaté par le pouvoir soviétique pour nettoyer Odessa de la pègre. Ce film, qu’Eisenstein avait un temps songé à réaliser, décrit dans un style expressionniste la vie des bas-fonds d’Odessa.

- Camarade Abram
Alexander Razumny, 1919, 0h18.

Rescapé d’un pogrom, Abram Hersh devient leader syncdical avant d’intéger l’Armée rouge et d’en devenir un héros. Fait rarissime, cet « agitka », film de propagande bolchevik, dresse le portrait d’un personnage juif.

- Appel aux juifs du monde
30 août 1941, 0h06.

En 1941, intellectuels et artistes juifs de l’URSS, parmi lesquels l’acteur Solomon Mikhoels, le poète Peretz Markish et le réalisateur Serguei Eisenstein, s’unissent afin de lancer un appel aux juifs du monde entier les incitant à rejoindre leur pays dans sa lutte contre le nazisme.

- Son excellence (Yego prevoskhoditelstvo)
Grigori Roshal, 1928, 1h26.

Vilna, 1902. Face à l’antisémitisme et à la violence du gouverneur, un jeune meneur prône son assassinat. Mais le rabbin, favorable au dialogue, s’y oppose. Inspiré de la vie de Hirsch Lekert, ce film met en scène la lutte des classes au sein de la communauté juive.

- Un bonheur juif (Evreiskoe schastié)
Alexei Granovski, 1925, 1h30.

Suite à la découverte d’une liste de jeunes filles à marier, Menahem Mendl s’improvise marieur afin de faire fortune. Tirée d’un classique de la littérature yiddish, cette épopée à la fois commique et mélancolique a été filmée en extérieurs durant la tournée de la troupe du Gosset.

- Les chercheurs de bonheur (Iskateli Stschastja)
Vladimir Korsch-Sablin, 1934, 1h24.

Années 30. De retour des États-Unis, Dvoira et sa famille s’installent au Birobidjan, « région autonome juive », pour travailler dans une ferme collective. Le gendre de Dvoira rejette cette nouvelle vie qui convient au reste de la famille. Un film rare de propagande soviétique sur la terre promise soviétique.

- Le rire à travers les larmes (Skvoz sliozy)
Grigori Gritcher-Tcherikover, 1928, 1h32.

Un pauvre tailleur de Kozodoyevka, poussé par sa femme acariâtre, est contraint d’acheter une chèvre. Mais sur le chemin du retour, un aubergiste lui joue une farce. Tournée dans les shtetls d’Ukraine, cette fable dresse un portrait réaliste de la misère des juifs dans la Russie tsariste.

Ruth Halimi demande un procès public

Ruth Halimi, la mère d’Ilan Halimi, a réclamé, aujourd’hui jeudi 26 mars 2009, un procès public pour le gang de Fofana, qui doit comparaître à huis-clos du 29 avril au 3 juillet devant la cour d’assises des mineurs de Paris.

Et elle mérite un respect total, car elle exige cela sur des bases vraiment positives :

« Si jamais le débat est public, la France et les Français sauront ce qui est arrivé à un jeune qui a été enlevé, séquestré, torturé et tué parce qu’il était juif et que l’antisémitisme est là et qu’il ne faut absolument pas ignorer ce fait… c’est très dangereux parce qu’aujourd’hui c’est l’antisémitisme, demain c’est le racisme total à l’égard des autres, il faut absolument être vigilant là-dessus. »

Souvenons-nous d’Ilan Halimi, martyr juif.
On peut arracher un arbre, mais on ne peut arrêter la marche du printemps !

Dieudonné et Le Pen caricaturés

Comme on peut le voir, Dieudonné est assimilé à ce qu’il est : un nazi. D’où « Mein Kampf » et l’affiche calquée sur « Le Juif et la France » (l’exposition nazie de 1941).

On lira à profit le très intéressant article du journal Révolution :

Révolution #9 – Dieudonné, Raël, le fascisme

Dieudonné n’a pas fait les choses à moitié ce dimanche : il a accueilli dans le Théâtre de la Main-d’or, dont il est propriétaire, la secte des raëliens pour une conférence intitulée « Ovni : et si c’était vrai ?… ».

L’article explique pourquoi il ne s’agit en aucun lieu d’un hasard ; les dérives sectaires, aussi délirantes soient-elles, ont une base objective, et on peut voir que c’est la même qui produit des gens comme Dieudonné…

Les sectes reproduisent en circuit fermé le modèle de la société capitaliste en décadence, dans une version fasciste, et les fascistes se rejoignent finalement au-delà de leurs contradictions apparentes, formant justement le fascisme en tant que mouvement…

Sholem Schwartzbard ou l’autodéfense juive d’Ukraine

[Cet article très intéressant nous vient de camarades anarchistes au sein de l'Action Antifasciste, qui tiennent le blog Être Libre. Nous avons modifié quelques détails, mais rien sur le texte lui-même. Merci à Être Libre.]

Le saviez-vous ?

Sholem Schwartzbard (ou Sholom Schwartzbard ou Samuil Isaakovich Shvartsburd, ou Shulem Shmil Shvartsburd) est un anarchiste et poète de culture juive, né le 18 aout 1886 à Izmail (actuelle Ukraine) et décédé au Cap en Afrique du Sud, le 3 mars 1938.

Né en Béssarabie en 1886 de Isaak Schwartzbard et Haia Vainberg, sa famille est contrainte de fuir, suite à l’interdiciton faite aux juifs de vivre en zone frontalière, par décision du Tsar. La famille s’installe alors dans la ville de Balta où Sholem grandit. En 1900, il devient apprenti horloger. Au cours de cette période, il rejoint un groupe communiste juif nommé « Funk », relié à l’Iskra (l’étincelle), organe de presse du POSDR, dirigé par Lénine, Martov et Plekhanov. Plateformiste convaincu, Schwartzbard prend part à la révolution russe de 1905.

Il participe aussi à l’auto-défense des Juifs de Balta, ce qui lui vaudra trois mois de prison pour « provocation au pogrom ». En 1906, il s’enfuit de Bessarabie vers l’ouest, il part pour Tchernivtsi, Lviv, et arrive finalement à Vienne.

En 1909, il prend part aux côtés d’anarchistes à une action d’expropriation d’une banque à Vienne. Arrêté, il est alors condamné aux travaux forcés pour attaque à main armée. Après quatre mois de détention, Schwartzbard s’enfuit et prend part à un nouveau braquage, cette fois-ci dans un restaurant de Budapest. Schwartzbard est arrêté et expulsé de l’Empire austro-hongrois. Il s’installe à Paris en 1910, il n’est alors agé que de 24 ans. Il travaille dans une horlogerie, il est affecté à l’atelier de réparation.

Inquiété par la Police en raison de son activisme, il s’engage, comme son frère, dans la Légion étrangère le 24 août 1914, peu après le début de la Première Guerre mondiale. Affecté au 363e régiment d’infanterie, il participe à la bataille de Carency, en Artois. En mars 1916, lors d’une patrouille, il est gravement blessé par le souffle d’une grenade : ses poumons sont perforés et son bras gauche est hors d’usage. Il reçoit la Croix de guerre.

En août 1917, Schwartzbard est démobilisé et, le mois suivant, part avec sa femme en Russie. Sur le bateau français « le Melbourne », il est arrêté pour agitation communiste et livré aux autorités tsaristes d’Arkhangelsk. Il fuit et rejoind ensuite Pétrograd, où il s’engage comme garde Rouge, puis est affecté dans un bataillon spécial de la Tchéka envoyé en Ukraine. En 1919, Schwartzbard est responsable d’une brigade spéciale de cavalerie juive avec 90 hommes dans le sud de l’Ukraine sous les ordres de Grigory Kotovski , commandant l’Armée Rouge.

Equipé d’un canon et de munitions fournies par l’armée rouge, le groupe « Rochelle » que Schwarzbard commande, se bat durant deux ans de Tiraspol à Kharkiv, contre les armées Austro-Hongroise, Allemandes, celles du nationaliste Petliura et des blancs de Denikin.

Durant la guerre en Ukraine, Schwartzbard perd 15 membres de sa famille dans des pogroms, tandis que son frère est expulsé de France « pour agitation et propagande communistes ».

En 1920, déçu par le comportement de ses camarades révolutionnaires, notamment en Ukraine, il retourne à Paris et ouvre un atelier de réparation d’horloges. Il continue évidemment ses activités politiques, apparaissant comme un membre actif du mouvement ouvrier juif de France. Plus tard, il rejoint un groupe d’anarchistes et fait la connaissance de militants qui avaient émigré de Russie et d’Ukraine, tels Voline, Alexander Berkman, Emma Goldman ou encore Nestor Makhno et son ami Piotr Archinov. Schwartzbard devient aussi un membre de l’Union des citoyens ukrainiens. Il obtient la nationalité française en 1925.

Il apprend en 1926 que le dirigeant nationaliste bourgeois ukrainien Simon Petlioura vit à Paris, Schwarzbard savait les troupes nationalistes coupables de nombreux pogroms pendant la guerre civile. D’après son autobiographie, on sait que Schwarzbard tient Petlioura pour responsable des pogroms contre les Juifs et Tsiganes d’Ukraine, ayant fait environ 100 000 morts, dont les parents de Schwartzbald.

Certain de reconnaître Petlioura grâce à une photo parue dans l’Ecyclopédie Larousse, il s’approche le 25 mai 1926 d’un homme qui emprunte la rue Racine, à proximité du boulevard Saint-Michel.

Schwarzbard interpelle l’homme en Ukrainien : « Êtes-vous Petlioura ? », Petlioura lève sa canne, prêt à frapper, mais Schwarzbard sort un revolver et tire. Cinq balles frappent Petlioura alors qu’il est debout, deux autres alors qu’il s’est effondré, au huitième coup, l’arme s’enraye. A l’arrivée de la Police, Schwarzbard rapporte : « J’ai tué un fameux assassin ».

Sholem Schwartzbard est défendu par l’avocat Henry Torrès, avocat de renom, (petit-fils de Isaiah Levaillant, fondateur de la « Ligue pour la Défense des Droits civils et Humains » durant l’affaire Dreyfus), qui a précédemment assuré la défense d’anarchistes tels que Buenaventura Durruti et Ernesto Bonomini, et qui représente également consulat Soviétique en France.

Au cours du procès, les services spéciaux allemands informent leurs confrères français que Sholem Schwartzbard aurait assassiné Petlioura sur ordre de Galip, un émissaire de l’Union des citoyens ukrainiens, Galip ayant lui même reçu ses ordres de Christian Rakovsky, un ancien premier ministre de la RSS d’Ukraine. L’acte enfin, aurait été appuyé par Mikhaïl Volodine, un agent du GPU arrivé en France le 8 août 1925. Selon l’ancien directeur de la CIA, Allen Dulles, Sholem Schwartzbard était un agent au service des Soviétiques. Des journaux tels que L’action Française, L’intransigeant ou L’echo de Paris véhiculent largement ces élèments. Ces allégations tombent à point nommé pour le procureur Reynaud, qui cherchait à innocenter le criminel Petlioura, allié de la France des le début du soulèvement de l’Ukraine.

Henry Torres tenait à la disposition des jurés 80 témoignages de veuves survivantes des pogroms ordonnés par Petlioura.

A l’issue de son procès, qui commence le 18 octobre 1927, Sholem Schwartzbard est déclaré non coupable par le jury populaire, bien qu’il ait clairement revendiqué l’assassinat de Petlioura.

Libéré de la prison de « La Santé » le 26 octobre 1927, Schwartzbard s’est par la suite consacré à la lutte contre l’antisémitisme et a contribué à la formation de la Ligue Internationale Contre l’Antisémitisme, en compagnie notamment de Caroline Remy.

Après s’être vu refuser l’entrée en Palestine, alors administrée par les autorités britanniques, il se rend en Afrique du Sud en 1937, afin de rassembler des fonds pour la création d’une Encyclopédie en langue Yiddish. Il décède d’une crise cardiaque le 3 mars 1938, au Cap. Sa dépouille sera transférée en Israël pour y être ensevelie depuis 1967, à Moshav Avihayil.

Sholem Schwartzbard consacra également une partie de sa vie à la poésie (Troymen un Virklikhkayt (Rêves et réalités), 1920 ; In Krig – Mit Zikh Aleyn (A la guerre – avec soi-même), 1933 ; et à son autobiographie, In’m Loyd Fun Yorn (Au fil des ans, 1934) ; toutes ses œuvres sont rédigées en yiddish, souvent sous le pseudonyme de Bal-hakhaloymes [Traduction de Hapoel : le maître des rêves ?].

Le 27 mai 2007, à Paris au Cimetière du Montparnasse, s’est déroulé une cérémonie pour commémorer le 81e anniversaire de la mort de Simon Petliura. De nombreuses gerbes au nom de Symon Petlura ont été déposées sur sa tombe, dont l’une par l’ambassadeur d’Ukraine en France Kostiantyn Tymoshenko. Petlioura est aujourd’hui considéré comme un des pères de la Nation Ukrainienne. Sholem Schwartzbard est évincé de l’Histoire officielle.

Plusieurs villes d’Israël honorent la mémoire de Sholem Schwarzbard, en donnant notamment son nom à des rues, comme Jérusalem et Beersheba. Schwartzbard est considéré comme le « nokem » – le vengeur – des Juifs Ukrainiens.

E120 : un colorant issu du meurtre des animaux

Depuis quelques mois (au moins fin 2008), on parle d’une affaire de kashrut à propos du colorant rouge E120.

Cette affaire a été révélée par des bouchers juifs de Marseille, qui ont découvert la présence de E120 dans les merguez, les viandes hachées, les charcuteries, les keftas et les saucisses.

Concrètement, ce colorant serait commercialisé sous le nom « Adome » (= « אדום » = rouge) par une entreprise de Strasbourg, sous le contrôle du grand rabbinat de Strasbourg.

Il faut savoir que le colorant rouge E120, commercialisé aussi sous le nom de cochinéal, acide carminique, etc., est issu du meurtre des animaux, puisqu’il est tiré de la cochenille.

La cochenille est un insecte vivant sur les figuiers de Barbarie dans les régions désertiques des Andes, en Amérique du Sud, qui est séché au soleil puis filtré pour extraire le colorant rouge.

Ainsi, le Pérou est aujourd’hui le premier producteur de colorants de cochenille, à hauteur 80 % de la production mondiale. Il est important de comprendre que ce meurtre massif d’êtres vivants est donc totalement intégré aux mécanismes économiques de l’impérialisme, de la « mondialisation ».

En effet, d’une part, les 50 000 producteurs ne touchent actuellement que 10 % environ des revenus provenant du meurtre industriel de la cochenille, le reste allant à une poignée d’impérialistes, souvent américains et japonais en ce qui concerne le Pérou.

D’autre part, la recherche scientifique est totalement subordonnée aux besoins de l’impérialisme étranger, car les instituts et universités scientifiques du Pérou mettent en place des laboratoires visant à doubler ou tripler le rendement de l’extraction (et expérimentent fatalement leurs méthodes assassines sur des cochenilles).

Ainsi, une oppression ne va jamais seule : le meurtre industriel d’animaux est parfaitement imbriqué avec l’exploitation impérialiste des pays semi-coloniaux.

Actuellement, cette affaire de kashrut connaît un petit rebondissement, à l’approche de Pessa’h, rebondissement qui justifie en tout cas d’en parler sur des sites communautaires juifs, et encore plus sur Hapoel qui assume dans la vie quotidienne le refus de l’utilisation des animaux.

En effet, le site francophone du Rav Chaya (installé en Israel) a publié la semaine dernière une réponse au dit boucher, qui est relayée sur des sites communautaires. On peut consulter la question et la réponse ici.

Dans sa question, le boucher Rony Zaghdoun de Marseille crie assez justement son indignation devant le fait que seul le Grand Rabbinat de France permette la commercialisation de merguez colorées au E120, alors qu’il est notoire que ce n’est pas kasher.

Les analyses montrent ainsi clairement que, même dans des merguez très claires, il y a l’équivalent d’au moins 25 cochenilles par kilo de merguez : un seul cadavre ne leur suffit pas.

En réponse, le Rav Ron Chaya louvoie honteusement, dit que « les organismes de cacherout de haute gamme n’autorisent pas l’utilisation de ces colorants, mais néanmoins, au niveau de la loi stricte, ce colorant est autorisé ».

Cela est un pur mensonge, qui s’appuie soi-disant sur le « fait » que « on ne l’utilise que comme colorant et non comme nourriture ».

Il conclut en disant : « Il est donc tout à fait légitime que le grand Rabbinat de France qui est, bien évidemment, un organisme qui s’adresse au commun du peuple, l’autorise. »

Les arguments du rabbin ne tiennent pas une seule seconde devant une analyse un peu rationnelle (nous ne nous avancerons évidemment pas sur une analyse théologique).

Tout d’abord, si on n’utilise les cochenilles que comme colorants, alors c’est encore pire ! L’inutilité totale d’un tel meurtre est flagrante ! Les colorants sont utilisés par les capitalistes pour susciter de fausses envies, de faux besoins, jamais pour le bien-être des masses populaires, d’autant plus que les colorants peuvent être des causes de maladies en pleine expansion, comme le cancer.

Et que dire de la compassion envers les animaux ? Cette compassion est elle aussi une exigence populaire, particulièrement chez les jeunes femmes prolétaires, mais est « instinctivement » comprise par les genTEs qui ne s’accrochent pas à la routine du quotidien de la petite-bourgeoisie. Et cela d’autant plus qu’elle est inscrite dans les principes populaires du judaïsme. C’est cette compassion populaire juive avec des « créatures de D.ieu » que le rabbin foule aux pieds.

Enfin, la réponse du rabbin transpire tout le long un odieux mépris du « commun du peuple », comme il dit. En effet, soyons certainEs que lui-même, comme tous les membres du Consistoire, ne consommera pas de cochenille ; mais il accorde ce « droit » aux masses juives croyantes. Pourquoi ? Tout simplement par mépris d’une partie des masses populaires juives, par mépris de leur religiosité et de leur exigence de cohérence entre foi et pratique.

Bien que boucher de son état, Rony a donc mille fois raison de parler de « trahison » ! Quelle confiance accorder aux « responsables » religieux ?

En effet, pour ne rien assumer de leur interdiction théorique du E120, les dirigeants du grand rabbinat ont clairement mis en place une combine passant par Strasbourg, où le consistoire local met des tampons de kashrut (mais aussi le consistoire de Paris, semblerait-il), pour pouvoir ensuite inonder toutes les boucheries consistoriales de France de produits non kasher, doublement issus du meurtre d’animaux.

C’est ce qu’on appelle communément : un deal avec les capitalistes. Un deal maffieux contre la santé des masses, contre les exigences religieuses d’une partie des masses.

Évidemment, dans la vie quotidienne, les genTEs font leurs petits arrangements avec leur propre foi concernant la pratique religieuse : c’est simplement populaire.

Mais là, la hiérarchie rabbinique fait ses petits arrangements… avec les capitalistes ! Sur le dos des masses ! Et ça, c’est carrément anti-populaire…

CertainEs ne manqueront pas de nous accuser de jouer la division au sein de la communauté, de « récupérer » une révolte contre les combines rabbiniques. Mais nous n’aurons pas honte de répondre :

Chez HaPoel, on assume la compassion avec les animaux, et nous au moins, on mange vraiment kasher !

Semaine arcueillaise de la culture juive

[Une initiative culturelle dont on ne sait pas trop quoi penser, à Arcueil (94). Allez-y au moins pour voir, si vous êtes dans le coin, c'est jusqu'à vendredi.]

Deux facettes de l’humour juif, par l’Amicale Juive d’Arcueil (AJA)
Mardi 24 mars à 20h30 à l’Espace Jean Vilar, entrée libre. Avec :

- Gérard Grobman, « Je ne parlerai qu’en présence de ma vodka »
Spectacle humoristique et musical venu du Yiddishland

- Muriel Kenn, « Comment t’étais, comment t’es devenue »
Rencontre colorée d’un humour sépharade décapant et d’une dose de dérision.

Exposition de sculpture, par Myriam Setbon et Hélène Unterseeh
Centre Marius Sidobre (en bas de l’Espace Jean Vilar)
Du lundi 23 au vendredi 27 mars
Vernissage le mercredi 25 mars à 19h30

Toutes les informations sont sur le site de la mairie d’Arcueil, ainsi que sur le blog de l’Amicale Juive d’Arcueil.

Et voici l’affiche de l’événement :

Quelle serait la liste fasciste de Dieudonné ?

De manière évidente, Dieudonné et Soral, dont venons de parler brièvement ici.

Lors de sa conférence de presse hier après-midi, Dieudonné a aussi fait référence à Kemi Seba (dont nous avons longuement parlé il y a plus d’un mois), ainsi que Thierry Meyssan (l’auteur ultra-complotiste de « L’effroyable imposture » sur le 11 septembre, qui est le plus pur produit idéologique de l’impérialisme français dans sa version la plus agressive, qui fait partie du « réseau Voltaire » fasciste, qui a des liens avec l’État fasciste syrien pseudo-national, etc.).

Concernant les nazis, Dieudonné a dit : « Robert Faurisson ne fera pas partie de la liste a priori, quoique… il y a peut-être des surprises ».

Il y aurait évidemment sur la liste de Dieudonné des antisémites se drapant des couleurs de la Palestine pour détourner la cause nationale vers une cause « religieuse », comme les islamistes chiites du Centre Zahra France ou du « Parti Anti-Sioniste ».

Dieudonné a aussi fait des appels de pied à des « personnalités », comme Djamel Bouras le judoka, voire… Jean-Marie Bigard, le protoype du beauf raciste et macho (a-t-il trouvé un modèle en la personne d’Alain Soral ?).

Dieudonné va jusqu’à récupérer sans honte les luttes dans les colonies françaises, en évoquant Élie Domota, un dirigeant du LKP en Guadeloupe, alors que celui-ci ne serait jamais candidat en France « métropolitaine ».

Et le pire du pire :

Pour se couvrir contre les justes accusations d’antisémitisme, Dieudonné a affirmé que sa liste regrouperait des « juifs anti-sionistes », qui n’ont évidemment d’antisioniste que l’appellation mise en avant par Dieudonné pour ne pas tomber trop facilement sous le coup de la loi.

Si cela est vrai, il faut que ces « juifs » au service de l’antisémitisme sachent qu’ils seront considérés comme des traîtres, et traités comme tels par la communauté.

Toute personne juive antifasciste doit étudier et analyser les positions de Dieudonné, Soral, de tout le courant « social »-fasciste !

Toute personne juive antifasciste doit pratiquer l’unité véritable de l’ensemble des classes populaires en France, contre le projet fasciste de « toutes les classes sociales contre les juifs » !

Dieudonné candidat aux élections européennes

Cela passionne bien peu de monde, mais il y a en juin des élections européennes (plus précisément le 7 juin, si ça intéresse quelqu’unE d’aller perdre son temps).

En revanche, il s’agit d’une actualité politique qu’on ne peut pas nier, d’autant plus que certains fascistes tenteront d’utiliser ces élections pour s’unifier politiquement, mesurer leur audience, et faire de la propagande haineuse.

Ainsi, le fasciste Dieudonné vient d’annoncer, hier après-midi à son Théâtre de la Main d’Or, sa candidature en Île-de-France.

Au cours de la semaine, il avait déjà confirmé à des journalistes que « l’élaboration de cette liste est en réflexion », et avait expliqué : « Je participe à des groupes de réflexion, donc j’écoute et je partage des idées. Les personnes impliquées auront une réponse ces prochains jours. » Voilà, c’est fait.

Dans les cercles fascistes rassemblés autour de Dieudonné, on précisait : « Il devrait s’agir d’une liste politique mais également humoriste. Beaucoup de gens qui gravitent autour de Dieudonné et des associations qui militent n’attendent que cela. »

Le but est donc carrément explicite : unifier idéologiquement et politiquement cette branche « sociale » du fascisme. En s’unissant et en visant des élections, ils cherchent à se poser comme alternative crédible pour la bourgeoisie impérialiste française, qui veut par tous les moyens dévoyer la rage immense qui se développe au sein du peuple.

Mais pour unifier, il faut au moins un thème commun à mettre en avant, dont ils espèrent qu’il pourra infiltrer « naturellement » les masses ; un thème qui est un dénominateur commun aux fascistes et qui est présent à l’état de préjugés au sein du peuple ; un thème unissant les soi-disants ennemis du « système », ou, comme il dit, « tous les insoumis de ce système », « tous les infréquentables », « tous ceux qui se sont heurtés à un moment à la pensée unique ».

Et ce thème est tout trouvé : c’est l’antisémitisme.

Ainsi, le contenu idéologique de la liste de Dieudonné serait « anticommunautaire et antisioniste ».

Quand les fascistes parlent de « communautarisme », ils parlent évidemment de « LA communauté » ; bref : de nous. Les délires antisémites sur « les organisations mafieuses du type le CRIF » qu’il faudrait « chasser de la République » suivent alors comme une évidence.

De même, parler d’antisionisme comme un programme politique pour ici en France (et non comme une lutte idéologique au sein de la communauté juive, ou comme une pratique internationaliste de solidarité avec la révolution nationale-démocratique palestinienne), c’est ni plus ni moins que de l’antisémitisme.

Concrètement, quelle est cette aile du fascisme français qui se construit et s’unifie actuellement ? Quels sont ces fascistes ?

Il s’agit du courant fasciste gravitant autour de Dieudonné et d’Alain Soral, l’ancien cadre ultra-macho du FN et rédacteur des discours de Le Pen, qui a lancé un magazine « alter-nationaliste » avec de l’argent sorti d’on-ne-sait-où.

C’est le courant fasciste « social », qui met en avant de manière forcenée l’ultra-républicanisme nationaliste, le drapeau français, l’intégration brutale et la négation jacobine de la culture métisse et populaire, et qui considère que « le sionisme gangrène la France » (comme déjà avancé sur un sticker nazi de l’ex-Droite Socialiste).

C’est le courant fasciste « social » populiste, qui veut à tout prix faire rentrer le prolétariat de France dans le giron national pour neutraliser les luttes de classes et la haine prolétaire, qui auparavant fantasmait l’aristocratie ouvrière « bien française » contre les « hordes de sauvages » dans nos quartiers.

Cette frange-là du fascisme présenterait une liste propre aux élections européennes dans le cadre des luttes internes au fascisme français, des luttes entre fractions en concurrence pour se faire reconnaître de la bourgeoisie impérialiste, de se faire financer, et mener une mobilisation fasciste de masse.

En effet, Soral vient de quitter le FN, car sa direction a choisi Jean-Michel Dubois, leur vice-trésorier, pour mener sa liste en Île-de-France. Sans doute Soral sent-il qu’il n’a plus historiquement sa place dans un FN ultra-conservateur à tendances fascistes, et qu’il est temps, avec la crise générale du capitalisme, d’aller de l’avant sur des bases authentiquement fascistes version « national et social ».

Voilà pourquoi il est faux de laisser croire, comme la presse bourgeoise, que Dieudonné est un « humouriste controversé », « douteux », « provocateur ». (Tellement provocateur, d’ailleurs, que sa pure « révolte anti-système » le pousse irrésistiblement à se présenter à des élections bourgeoises…)

Dieudonné est de fait un propagandiste fasciste qui, par sa visibilité médiatique, est organisationnellement et personnellement au centre d’une galaxie fasciste. Dieudonné est un point de ralliement de tout un courant fasciste national-« social »-populiste. Dieudonné fait partie intégrante, avec « la banlieue s’exprime », « les ogres », « égalité & réconciliation », etc., d’une stratégie méthodique de massification et d’union du fascisme sur la base de l’antisémitisme, en banalisant et décomplexant la parole antisémite, ce que lui pourrait se permettre grâce à ses origines métisses, mais que d’autres ne peuvent pas encore.

On l’a d’ailleurs vu avec sa propagande pour le nazi Faurisson, qu’il a d’ailleurs ré-invité sur son DVD, où Dieudonné joue un journaliste interrogeant un avocat d’association de familles de déportéEs, qui est odieusement incarné par Faurisson portant à l’occasion une kippa !

En bref, les projets politiques de Dieudonné, et les très nombreuses attaques fascistes et antisémites qu’il ne manquera pas de mener, sont le signe d’une intense réorganisation du fascisme français, parallèle à la crise capitaliste. Nous assisterons probablement d’ici juin à un immense saut qualitatif dans l’organisation du fascisme en France, avec peut-être à la clé une véritable structure organisée et centralisée du courant « social »-fasciste.

Mais cela dépend directement du succès de Dieudonné aux niveaux électoral (pour donner des gages à l’impérialisme par la mobilisation de masse) et financier (car ils trouveront assurément de nouveaux bailleurs de fonds à cette occasion). Et par conséquent aussi de la force du front populaire antifasciste à construire.

Il est donc extrêmement important pour chacunE de suivre cette actualité (du fascisme bien sûr, pas des élections !), et de faire tourner les informations (par exemple par e-mail à notre adresse).

Car si nous savons touTEs bien depuis 2003 que Dieudonné vit de l’antisémitisme, alors il est important de comprendre ce que nos ennemis ont en tête, pour les contrer avant qu’il ne soit trop tard !

Béla Kun, judéo-bolchevik !

La Révolution d’Octobre 1917 a eu un immense retentissement mondial parmi le prolétariat et les nations opprimées. De là la naissance de partis communistes dans la foulée de la révolution. De là aussi la révolution allemande en 1918-1919.

De là enfin la révolution en Hongrie, et la proclamation de la République des Conseils (Tanácsköztársaság en hongrois), le 21 mars 1919, il y a exactement 90 ans.

Cette République était dirigée par un front entre le Parti Communiste de Hongrie (fondé fin 1918) et les socialistes, et mit en place la collectivisation des terres, des banques, etc., ainsi qu’une armée rouge.

Béla Kun (Kun Béla en hongrois) est le dirigeant principal, qui avait été libéré de prison le 20 mars 1919 pour mettre en place la coalition.

La République des Conseils sera brisée le 1er août 1919, par les troupes roumaines menées par un général de l’impérialisme français, Berthelot, qui dégagera la voie pour la dictature de Horthy.

De nombreux / nombreuses révolutionnaires de Hongrie se réfugieront en Autriche, où illes grossiront les rangs de la gauche du KPÖ, le Parti Communiste d’Autriche.

Lénine critiqua de manière juste Béla Kun en 1920, en disant que « il oublie ce qui est la substance même, l’âme vivante du marxisme : l’analyse concrète d’une situation concrète ».

« Kun » est la transcription hongroise de Cohn, car Béla Kun était en effet d’origine juive, comme plusieurs autres dirigeants de la République des Conseils (on citera par exemple Tibor Szamuely).

Cela est est un détail plus que secondaire, dans le sens où ce qui compte, c’est le tsunami révolutionnaire qu’a déclenché Octobre, et non les origines de quelques individus.

Néanmoins, il faut bien voir qu’Octobre a aussi suscité une immense espérance parmi les minorités nationales juives d’Europe, notamment dans cette Europe de l’Est et cet Empire austro-hongrois qui étaient de véritables prisons des peuples.

Comprenons d’où nous vient l’espoir !

Shavua tov – שבוע טוב

ּ

Ouvrières juives du textile en grève, à Chicago en 1935.

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée le vendredi à 18h45, sortie le samedi à 19h50.

L’Autriche ne poursuivra pas un nazi expulsé des USA

Un ancien gardien nazi de 83 ans, qui a notamment participé au massacre de 8.000 Juifs en Pologne en 1943, et qui avait obtenu après la guerre la citoyenneté américaine, a été expulsé hier des États-Unis vers l’Autriche.

Josias Kumpf avait fui l’Autriche en 1956 et avait acquis en 1964 la nationalité américaine. En 2003, après enquête sur ses agissements pendant la guerre, le gouvernement américain a demandé à la justice de lui retirer sa nationalité, ce qui s’est fait en mai 2005.

Né en Serbie, Kumpf était devenu un gardien SS au camp de concentration de Sachsenhausen, en Allemagne, en octobre 1942, avant d’être transféré au camp de travail de Trawniki en Pologne.

Il a lui-même reconnu devant les enquêteurs américains avoir participé en novembre 2003 à une opération nazie qui a abouti à la mort de 42.000 Juifs, hommes, femmes et enfants, en deux jours dans trois camps de la Pologne orientale.

Lors de ce massacre, Kumpf a personnellement participé au meurtre de 8.000 Juifs, dont 400 enfants, « en surveillant que ceux qui étaient encore à moitié vivants ou en convulsions ne puissent pas s’échapper » (selon ses propres dires).

Seulement voilà, l’Autriche, qui n’a jamais été réellement dénazifiée, ne le poursuivra pas, prétextant que les faits sont prescrits.

D’après la justice autrichienne, il faut considérer les lois en vigueur en 1945 et celles-ci prévoient une prescription réduite pour les crimes commis par les personnes de moins de 20 ans.

Mais le génocidaire Kumpf n’avait que 18 ans à l’époque, et les « faits » seraient prescrits depuis 1965.

L’Autriche feint ainsi l’impuissance. Elle avait d’autre part insisté pour que le nazi Kumpf soit expulsé vers la Pologne, où avaient eu lieu les massacres, mais la Pologne aurait prétexté ne pas avoir suffisamment d’éléments pour le poursuivre.

Cependant, une procédure est en cours à l’encontre de Kumpf en Espagne pour crime contre l’humanité. Celle-ci est menée par l’ONG Equipo Nizkor, qui coordonne l’action des rescapéEs d’origine espagnole et de leurs descendantEs, et leur plainte a été jugée recevable en juillet 2008.

Cette procédure concerne également trois autres personnes dont la naturalisation américaine a été révoquée : Johann Leprich, Anton Tittjung et John Demjanjuk.

Nous ne réclamons que la justice !

Assumer l’héritage anti-nazi de la RAF

« Ils nous tueront touTEs. Vous savez contre quel genre de porcs nous nous levons. C’est la génération d’Auschwitz. On ne peut pas discuter avec des gens qui ont fait Auschwitz. Ils ont des armes et nous n’en avons pas. Nous devons nous armer ! »

(Gudrun Ensslin, 1967)

« La RAF a assumé la lutte contre un État qui n’avait, après la libération du fascisme nazi, jamais rompu avec son passé national-socialiste. »

(Rote Armee Fraktion, « Pourquoi nous arrêtons », 1998)

Horst Mahler ou Rote Armee Fraktion ? – HaPoel HaAntifashisti

Un jeune Allemand sur 20 dans un groupe nazi

Un Allemand sur 20 âgé de 15 ans appartiendrait à un groupe néonazi, d’après une étude de l’Institut de recherches criminelles de Basse-Saxe réalisée en 2007 et 2008. Cette proportion atteint jusqu’à un sur huit dans les nouveaux Länder à l’est. Et encore, ce n’est que la partie organisée.

Car plus de 14% des jeunes interrogés ont donné des réponses racistes ou antisémites, estimant par exemple que la Shoah n’a pas été « trop horrible », ou que les juifs n’étaient pas entièrement irréprochables en raison de leur comportement.

Les statistiques officielles se voient également obligées d’admettre une grave hausse des crimes et délits antisémites fin 2008.

Il est clair pour tout le monde que ce boom nazi est intimement lié à l’intensification de la crise capitaliste.

Avec la crise, toutes les vieilles conceptions volent en éclat, la vieille politique n’arrive plus à faire illusion, et les idéologues de ce vieux monde n’y comprennent plus rien.

C’est pourquoi Christian Pfeiffer, l’auteur du rapport cité, fait remarquer avec « émotion » et « effroi » que moins de 2% des jeunes Allemands de 15 ans participent aux activités politiques « traditionnelles » (contre les 5% des groupes néonazis) : « C’est choquant que les mouvements d’extrême droite recrutent avec plus de succès dans les rangs de la jeunesse que les partis politiques établis ».

Il faut savoir de plus que depuis dix ans, les nazis en Allemagne ont fait un énorme travail de modernisation, en lâchant le look skin pour un look plus moderne (copié sur les antifascistes), en mettant en avant une esthétique jeune et moderne (elle aussi copiée sur les antifascistes).

De plus, ils se sont énormément implantés dans certaines zones au point d’en faire des « zones nationales libérées », et cela jusque dans un quartier de Berlin, qui est traditionnellement antinazie.

En bref, on ne peut que vous conseiller de suivre les actualité du nazisme en Allemagne, car l’ambiance y est désormais ouvertement pogromiste, contre toutes les minorités…

Mais aussi parce que les fascistes en France se réorganisent et copient inévitablement l’Allemagne, l’Italie, la Tchéquie, etc.

À nous d’avoir une longueur d’avance !

Le drapeau du Rif

La semaine dernière, nous vous parlions, dans la foulée de la journée internationale des femmes, de la reine judéo-berbère Kahina. Nous continuons aujourd’hui sur ce thème de la fraternité et du métissage entre tribus juives et berbères en Afrique du Nord.

Le saviez-vous ?

Ci-dessus, le drapeau de la République Confédérée des Tribus du Rif, la première république issue des guerres anti-coloniales modernes.

La République du Rif fut proclamée en 1922 à Ajdir dans le Rif marocain par Abdelkarim El Khattabi. Ce jeune chef spirituel et militaire dirigea les troupes berbères pendant la guerre du Rif, contre l’impérialisme français et les visées impérialistes de l’État espagnol. Néanmoins, la monarchie marocaine à la solde de l’impérialisme français ne leva pas un doigt en faveur de cette guerre populaire anti-coloniale.

La guerre du Rif et les écrasantes victoires militaires de 1921 à 1925 (comme la glorieuse bataille d’Anoual, ou la victoire sur le général Lyautey) sont véritablement une fierté des peuples du Maroc, particulièrement amazigh rifain.

Au cours de cette guerre, se sont illustrés Philippe Pétain et Primo de Rivera (le dictateur phalangiste espagnol), et cela à base de bombardements chimiques au gaz moutarde, qui firent jusqu’à 150 000 morts. On sait comment ont fini Pétain et Rivera.

À l’inverse, le PC-SFIC de l’époque a soutenu la République du Rif sur des bases authentiquement internationalistes et anti-impérialistes.

Sur le drapeau ci-dessus, on peut voir une Magen David. Elle ne serait cependant pas une référence religieuse juive, mais un symbole des six régions du Rif. Mais qui sait…

Quoi qu’il en soit, il est bon de rappeler que les populations juives du Rif ont effectivement participé à la guerre anti-coloniale, car elles n’avaient absolument aucun intérêt à la domination impérialiste de leur patrie, et étaient souvent d’origine berbère métissée. On a ainsi pu voir de nombreux artisans juifs se reconvertir dans la confection d’armes, pour servir leur peuple.

Voilà le potentiel de la fraternité judéo-berbère : écraser les impérialistes et leurs visées de division.

Aujourd’hui, les luttes démocratiques rifaines ont adopté leur propre drapeau. Le voici :

Chaque élément du drapeau a sa signification historique :

- Le rouge : Divisé en deux lignes, les unes épaisses les autres fines.
Les lignes fines représentent les périodes de guerres.
Les lignes épaisses symbolisent les trois grandes révolutions du Rif : la révolution Maure contre les Romains, la révolution Maure contre les vandales, et la révolution riféenne contre les arabes.

- Le blanc : Il caractérise les périodes de paix qui se sont maintenues dans le Rif.

- Le vert : Divisé lui aussi en deux lignes, les unes fines les autres épaisses, représentent les évolutions socio-religieuses et les périodes de splendeur que le Rif a connu du IIIème au VIIIème siècle.

Et si vous ne trouvez pas ce drapeau magnifique, c’est que vous n’avez aucun goût !

N’oublions pas nos racines en partie berbères !
Vive la lutte démocratique amazigh !
Vive la fraternité judéo-berbère !

[On retrouvera les explications sur ce dernier drapeau rifain chez nos camarades du Comité de Liaison des Peuples en Lutte, à cette page.]

Le nazi Horst Mahler condamné à 11 ans de prison

En mars 2009, l’ancien avocat du NPD, Horst Mahler, a été condamné en Allemagne à cinq ans et deux mois de prison pour négationnisme. Il avait déjà été condamné à six ans de prison par un autre tribunal à la fin février pour les mêmes faits. En effet, Mahler avait qualifié la Shoah de « plus énorme mensonge de l’histoire du monde », ce qui est un crime en Allemagne (heureusement).

Auparavant, il avait déjà écopé en avril 2008 de dix mois de prison pour avoir nié la Shoah et pour avoir salué d’un « Heil Hitler, Herr Friedman » un journaliste d’origine juive qui l’interviewait à la télé. Il lui avait alors matraqué que « l’extermination systématique des juifs à Auschwitz est un mensonge », et que Hitler était « le sauveur du peuple allemand, mais pas seulement du peuple allemand ».

De même, il avait été condamné en mai 2004 à 7800 € d’amende pour avoir fait l’apologie des attentats du 11 septembre. Il s’était aussi vu révoquer son passeport en 2006 alors qu’il projetait d’aller à la fameuse conférence négationniste nazie de Téhéran.

À 73 ans, Horst Mahler, fils de militants nazis, se retrouve donc encore une fois en prison, en se la jouant comme d’habitude « martyr » de l’État allemand…

Il se trouve que l’histoire de ce monsieur est mise en avant de manière forcenée par les néo-nazis allemands. Mais qui est donc au juste Horst Mahler ?

Mahler est un négationniste néo-nazi, depuis au moins 1997, avec un discours à l’anniversaire d’un leader néo-nazi, et publiquement depuis 1998 avec un article chez « Junge Freiheit » où il étalait son antisémitisme de type nazi. Membre du NPD depuis 2000, il a été l’avocat de ce parti néo-nazi jusqu’à sa radiation du barreau.

En fait, Mahler avait déjà commencé à sombrer dans le fascisme dès les années 1980, à sa sortie de prison.

De prison ? En effet, de prison. Mais patience, on y arrive…

Il faut savoir que Horst Mahler était autrefois connu comme étant un avocat de gauche, voire d’extrême-gauche. Il avait notamment défendu des inculpéEs du mouvement révolutionnaire d’Allemagne dans les années 60, ainsi que des clients célèbres. On pensera notamment au leader étudiant Rudi Dutschke, à Peter Brandt (fils aîné de Willy Brandt), et même à… Beate Klarsfeld, la chasseuse de nazis !

Mais ce qui est le plus mis en avant par les néo-nazis, c’est son aide juridique aux membres de la RAF Andreas Baader et Gudrun Ensslin.

La Rote Armee Fraktion (= Fraction Armée Rouge) était une organisation communiste combattante issue du large mouvement révolutionnaire des années 60 en Allemagne. La RAF avait pour identité et pour pratique l’anti-impérialisme, l’internationalisme, ainsi que l’antifascisme.

Ainsi, après l’exécution d’un anti-impérialiste par la police, le 2 juin 1967, dans les manifestations contre le Shah d’Iran, Gudrun Ensslin, une future dirigeante de la RAF, avait ainsi déclaré :
« Ils nous tueront touTEs. Vous savez contre quel genre de porcs nous nous levons. C’est la génération d’Auschwitz. On ne peut pas discuter avec des gens qui ont fait Auschwitz. Ils ont des armes et nous n’en avons pas. Nous devons nous armer ! »

On peut aussi citer l’enlèvement le 5 septembre 1977 de Hans-Martin Schleyer, le « patron des patrons » allemand, qui avait milité aux jeunesses hitlériennes et avait été actif comme commissaire politique dans la SS. Celui-ci sera retrouvé exécuté dans le coffre d’une Audi 100 à Mulhouse le 19 octobre 1977, le lendemain du « suicide » en isolement des révolutionnaires Andreas Baader, Gudrun Ennslin et Jan-Carl Raspe.

La Rote Armee Fraktion menait ainsi la lutte armée en Allemagne et à l’étranger, et exécutait entre autres d’anciens cadres nazis reconvertis dans les structures d’État de la RFA, structures qui n’ont en fait jamais été épurées : « La RAF a assumé la lutte contre un État qui n’avait, après la libération du fascisme nazi, jamais rompu avec son passé national-socialiste », concluera le dernier communiqué de la RAF en 1998.

HaPoel HaAntifashisti considère la Rote Armee Fraktion comme faisant partie intégrante de l’histoire antifasciste en Europe occidentale, une histoire que nous devons connaître et assumer, quelle que soit notre histoire familiale.

Mais de fait, parmi celles et ceux que l’on retient parmi les membres fondateurs de la RAF, se trouve Horst Mahler, en tant qu’avocat des révolutionnaires.

En effet, Mahler participe le 14 mai 1970 avec Ulrike Meinhof à l’évasion de Baader (arrêté en avril) : c’est l’action qui fonda « officiellement » la RAF, avec le premier communiqué à ce nom (« Construire l’Armée Rouge »), avec le fameux logo représentant un MP5 sur fond d’étoile rouge.

Mahler s’enfuit avec Baader et Meinhof en Jordanie, dans les camps d’entraînement des mouvements de libération de la Palestine. De retour en Allemagne, il est arrêté fin 1970, et jugé pour braquages de banques et assistance à évasion. En 1974, il prend finalement 14 ans.

C’est là que commence la trahison et la nausée.

En effet, Horst Mahler commence à se dissocier de la Rote Armee Fraktion. Il écrit en prison, début 1971, un manifeste (« Sur la lutte armée en Europe de l’Ouest ») qui n’a absolument pas été discuté préalablement, et qui va contre la ligne de l’ensemble des prisonnierEs de la RAF. Mahler est alors clairement rejeté par les prisonniers révolutionnaires.

Ulrike Meinhof publie en avril 1971 un document fondamental à l’époque, « La conception de la guérilla urbaine », où elle écrit : « Il y aussi beaucoup de camarades qui répandent des mensonges. Ils se font mousser en racontant que nous aurions habité chez eux, qu’ils auraient organisé nos voyages en Palestine, qu’ils seraient informé de nos contacts, qu’ils auraient fait des choses pour nous alors qu’ils n’ont rien fait. »

On peut penser que ces lignes visaient Horst Mahler. En réalité, Mahler a toujours été au fond en désaccord avec la RAF, mais suivait de fait à cause de ses positions théoriques.

La rupture est donc définitivement consommée.

Plus tard, le 27 février 1975, le candidat CDU à la mairie de Berlin-Ouest est enlevé, deux jours avant les élections, par le Mouvement du 2 Juin. Le commando réclame la libération de six prisonnierEs politiques, parmi lesquelLEs Horst Mahler. Seulement cinq seront libéréEs : Mahler a refusé. Il est clair à ce moment qu’il a déjà capitulé, qu’il veut passer un deal avec l’État.

Plus tard, ce sont les théoriciens fascistes Iring Fetscher et Günter Rohrmoser qui visitent Mahler en prison, officiellement pour des « recherches » sur les « origines du terrorisme ». À sa sortie, Mahler reprendra contact avec Rohrmoser.

Horst Mahler est finalement libéré en janvier 1980, après s’être publiquement dissocié de la RAF, en se disant « anti-terroriste », et avec l’aide de son avocat… Gerhard Schröder ! Comme il a apparemment assez trahi, l’État de RFA le réintègre comme avocat au barreau.

Dans la foulée de sa libération, un « podium de discussion » invité Mahler le 31 janvier 1980, mais est empêché par des militantEs autonomes : touTEs les révolutionnaires comprennent désormais ce que représente Horst Mahler.

Au cours des années 80, Mahler se rapproche des nazis, tant idéologiquement que personnellement, et on connaît la suite.

Au final, Horst Mahler est un cadeau aux nazis.

En effet, son passé (de traître) dans la RAF est largement mis en avant par les nazis du NPD, qui se peuvent ainsi se présenter comme les « vrais rebelles », les « vrais ennemis du systeme », etc. Et cela parallèlement aux déclarations de Mahler comme quoi il n’aurait jamais changé, qu’il combattrait toujours contre le même ennemi, l’impérialisme.

Mais voilà, les faits sont têtus, et Mahler a bien été obligé de trahir à un moment donné, car il ne peut y avoir de « continuité » entre exécuter d’anciens nazis et nier la Shoah ; et il a été pour cela largement renié par ses anciens camarades révolutionnaires.

Ce qui est « amusant », c’est que Mahler a renié sans problème son engagement communiste et trahi ses camarades, mais s’obstine aujourd’hui à jouer son martyr jusqu’au bout, jusqu’à la prison à l’âge de 73 ans… Décidément, si c’est aux actes que l’on juge une personne, Mahler est très conséquent et cohérent dans son engagement… nazi !

Ici en France, les fascistes fantasment aussi, en reprenant le thème mis en avant par les fascistes allemands comme quoi le mouvement de mai 1968 aurait au fond été « nationaliste » (car prétendument « anti-USA » et « anti-capitaliste ») et comme quoi, dans un grand élan pour une « synthèse », beaucoup d’anciens « gauchistes » auraient rejoint le « camp national » (ce qui n’a été le cas que de Mahler).

Mais Horst Mahler est aussi un cadeau aux idéologues de la bourgeoisie allemande.

En effet, il faut se souvenir que les diverses bourgeoisies impérialistes des années 1960 – 1990 étaient en flip total devant la vague révolutionnaire combattante dans les pays impérialistes, vague qui pratiquait un internationalisme conséquent, et qui malgré des erreurs, reste dans notre héritage antifasciste.

Il n’en fallait pas moins pour que les idéologues de la bourgeoisie, de droite ou de gauche, se précipitent sur l’exemple (unique) de Horst Mahler pour discréditer la RAF, et expliquer comme d’habitude les liens fantasmatiques entre l’anti-impérialisme véritable et les fascistes, et plus généralement entre extrême-gauche et extrême-droite.

Délire qui est en fait repris par les « antifascistes radicaux » bien français du type REFLEXes, qui relaient ces calomnies sur la RAF et les anti-impérialistes. C’est ce qui les pousse à écrire n’importe quoi au sujet de Mahler : « Son interprétation de la contestation politique de la fin des années 1960 est celle d’une révolte nationale anticapitaliste prenant la suite de celle des années 1920-1930 incarnée dans le nationalisme et, partant, dans le national-socialisme. Son interprétation n’est pas complètement incongrue au regard de ce qui a pu se passer dans les pays de l’est européen après-guerre : le léninisme est en effet potentiellement nationaliste à partir du moment où la condition nécessaire à la révolution est la conscientisation de la classe ouvrière et que cette conscientisation peut prendre de multiples formes, comme la lutte de libération nationale par exemple. »

Bref, de la merde « antifasciste » petite-bourgeoise, qui crache en fait sur l’internationalisme et l’anti-impérialisme. Ou comment en rajouter dans le mythe délirant des « rouges-bruns », qui n’ont historiquement jamais existé.

Pour conclure, un traître néo-nazi comme Horst Mahler n’aurait jamais fait long feu à l’époque de la Rote Armee Fraktion, qui a poursuivi un travail d’épuration des nazis les armes à la main.

Assumons l’héritage anti-nazi de la Rote Armee Fraktion !

Aux morts de Clichy !

Le 16 mars 1937, il y a 72 ans, la police ouvrait le feu sur une manifestation populaire antifasciste à Clichy, et massacra cinq ouvriers.

Ce soir-là, les fascistes du Parti Social Français (reconstitution de la ligue fasciste interdite des Croix-de-Feu) organisaient une réunion à Clichy. Cela sonnait directement comme une provocation au peuple de Clichy, cette ville ouvrière au nord-nord-ouest de Paris, aujourd’hui dans le 92.

Le ministre de l’intérieur du Front Populaire, Marx Dormoy, autorisa la réunion fasciste, mais le Front populaire appela localement à une contre-manifestation dans cette municipalité socialiste.

Appel massivement suivi par les masses populaires de Clichy, puisque ce sont des centaines de manifestantEs qui assiégèrent le 16 au soir le lieu de réunion des fascistes.

Seulement voilà, la police française n’avait jamais été épurée par le Front Populaire, et était encore largement infiltrée à des hauts niveaux de responsabilité par des fascistes. D’où les provocations des Croix-de-feu, couvertes par la police.

En témoigne ce chef policier appelant les renforts de tout Paris et ordonnant à ses troupes d’armer les revolvers, car « vous aurez à vous en servir ». De même, en bas de chez le maire socialiste de Clichy, des fascistes protégés par le barrage policier auraient les premiers tiré quatre coups de feu, faisant ainsi croire à l’attaque policière et provoquant l’autodéfense.

Quoi qu’il en soit, la police française commandée par des petits chefs fascistes, désobéissant au ministre de l’intérieur et au préfet de police de la Seine, tira sur la foule ouvrière antifasciste, faisant cinq morts et entre 100 et 300 blesséEs selon les sources.

Souvenons-nous des martyrs du 16 mars 1937 :
- Émile Mahé ;
- Arthur Lepers ;
- René Chrétien ;
- Marcel Cerrutti ;
- Victor Mangemann.

Rappelons que le ministre de l’intérieur de l’époque, le socialiste Marx Dormoy, prescrivait aux préfets de « refouler impitoyablement tout étranger qui cherchera à s’introduire sans passeport », notamment « de nombreux Polonais »…

Ainsi, tandis que la ligne du Parti Communiste était « tout pour le Front Populaire » (peut-être à tort), une poignée de dirigeants de la SFIO trahissaient la base ouvrière socialiste et plus généralement antifasciste.

Pourquoi HaPoel HaAntifashisti commémore-t-il les martyrs antifascistes de Clichy ?

Parce qu’ils font partie de notre héritage historique, et parce qu’il nous faut connaître et comprendre l’histoire antifasciste en France. Et cela même si pour beaucoup d’entre nous, nos familles n’étaient pas ici (« en métropole ») à l’époque.

Si aujourd’hui nous affirmons être au seuil des années 30, avec l’explosion de l’antisémitisme parallèlement à l’aggravation extrême de la crise capitaliste, alors il est de notre devoir à touTEs de :
- étudier l’histoire des luttes antifascistes ici en France ;
- comprendre la stratégie antifasciste du Front Populaire, la stratégie de l’unité à la base contre le fascisme ;
- mettre en avant l’union du peuple entier derrière la classe ouvrière, contre le fascisme, pour une vie meilleure ;
- assumer la large participation des masses ouvrières juives, par le biais de la Main d’Œuvre Immigrée.

Pour comprendre l’histoire du Front Populaire, on pourra commencer par étudier le récent document communiste « Il y a 75 ans, le 6 février 1934 et la naissance du front populaire antifasciste ».

Nous vous conseillons aussi la lecture (et la critique de certains points) de trois documents d’époque, disponibles sur les archives du PCF du site Contre-Informations en PDF :

« La terrible nuit de Clichy dicte au Front Populaire son devoir immédiat », PCF, 18 mars 1937
« Un appel du Parti Communiste pour les funérailles des victimes de Clichy », PCF, 21 mars 1937
« Le sang a coulé ! », PCF, avril 1937

Cycle Kinojudaica au Mémorial de la Shoah

[HaPoel HaAntifashisti rappelle que commence aujourd'hui, le 15 mars 2009, le cycle de films soviétiques Kinojudaica, déjà passé à la cinémathèque de Toulouse.

Le cycle se poursuit jusqu'au dimanche 22 mars, au Mémorial de la Shoah à Paris (rue Geoffroy-l’Asnier dans le Marais, métro Pont Marie sur la 7, ou Hôtel de Ville ou Saint-Paul sur la 1).
Tarifs à la séance : 5 €. Tarif réduit : 3 €.

Nous mettons ici le programme en entier, que l'on peut retrouver de manière plus complète sur le site du Mémorial de la Shoah.]

>> Dimanche 15 mars

14h

Le Procès Beylis
(Images d’archives Pathé, 1913, 7 min, muet)
Document tourné à Kiev pendant le procès de Beylis en 1913.

Vera Tcheberiak
(Nikolaï Brechko-Brechklovski, 1917, 24 min, incomplet, muet)
Film démontrant l’innocence de Beylis et la culpabilité de Vera Tcheberiak.

16h

L’âge adulte
de Beno Schreiber (1934, 90 min, muet)
Dans une Biélorussie occupée par les Allemands en 1918, un groupe de jeunes, dont le Juif Motia, mène la lutte révolutionnaire.

18h30

A travers les larmes
(Grigori Gricher-Tcherikover, 1928, 90 min)
Adaptation de plusieurs récits de Sholem Aleikhem sur les Juifs des shtetls de la « zone de résidence » tsariste, et l’antisémitisme de la police.

>> Mardi 17 mars 2009

18h30

Contre la volonté des pères
(Evgueni Ivanov-Barkov, 1926, 52 min, muet)
L’histoire (inspirée d’une oeuvre de Sholem Aleikhem) de deux familles juives de province vers 1900, l’une assimilée, l’autre traditionnaliste. Leurs enfants prennent part à la Révolution de 1905, mais la vague de pogroms n’épargnera personne.

Cinq fiancées
(A. Soloviev, 1929-30, 43 min, muet)
Un shtetl est menacé de pogrom par une bande ukrainienne durant la guerre civile après 1917. Les Rouges viennent les délivrer d’un terrible chantage.

>> Mercredi 18 mars 2009

16h

Horizon
(Lev Koulechov, 1933, 103 min, vostf)
Un horloger juif d’Odessa émigre aux États-Unis, où il y connaît l’exploitation capitaliste et la tromperie du rabbin. Expédié pour combattre les Bolcheviks dans son pays, il passe du côté des Rouges.

18h

Frontière
(Mikhaïl Dubson, 1935, 85 min, vostf)
Dans un village juif de Pologne, les notables exploitent le sentiment religieux populaire. Lors d’un cérémonie organisée par le rabbin, des révolutionnaires, juifs et polonais, libèrent un communiste condamné à mort.

20h

Retenez leurs visages
(Ivan Mutanov, 1931, 111 min, muet)
Tourné dans le cadre d’une campagne contre l’antisémitisme, le film racontre l’histoire d’un jeune ouvrier juif ingénieux, victime de l’antisémitisme exploité par des concurrents, et sauvé par les jeunes communistes du Komsomol.

>> Jeudi 19 mars 2009

18h

Le Professeur Mamlock
(Adolphe Minkin et Herbert Rappoport, 1938, 104 min, vostf,)
En Allemagne, un chirurgien juif est victime des lois nazis. Après une tentative de suicide, il comprend la position de son fils, rallié aux communistes et décide de combattre le régime.

20h

La Famille Oppenheim
(Grigori Rochal, 1938, 104 min, vostf)
Adapté du roman de Lion Feuchtwanger, le film montre la politique antisémite du pouvoir nazi et ses conséquences pour une famille juive, ainsi que la voie de la résistance communiste.

>> Dimanche 22 mars 2009

14h

L’Appel aux Juifs du Monde
(Archives, août 1941, 7 min, vostf)

Meeting juif antifasciste
(Actualités filmées, 1944, 20 min, vostf)

Les Insoumis
(Marc Donskoï, 1945, 94 min, vostf)
La vie d’une famille ouvrière ukrainienne durant l’occupation allemande, que le père croit pouvoir ignorer. Les membres de sa famille sont peu à peu happés par les événements et entrent en résistance. Le massacre de Babi Yar ainsi que la Shoah en URSS sont évoqués dans ce film.

16h

Au nom des vivants
(Leonid Mazrukho, 1964, 40 min)
Documentaire consacré au procès de collaborateurs nazis organisé à Krasnodar, en 1963. C’est l’un des premiers films à évoquer clairement le caractère spécifiquement juif des victimes.

18h

La Commissaire
(Alexandre Askoldov, 1967-68, 109 min, vostf)
Durant la guerre civile après 1917, une femme, commissaire politique, s’arrête dans un shtetl d’Ukraine, où elle est logée par une famille juive misérable, àlaquelle elle abandonne son nouveau-né avant de repartir sur le front.

Actualité antisémite de la semaine : Nîmes, Créteil, Colmar

1. Le rabbin de Nîmes a été victime d’une série d’agressions dans la nuit de vendredi à samedi derniers. Alors qu’il revenait de l’hôpital (à pied pour shabbat) où il avait rendu visite à sa femme qui venait d’accoucher d’une petite fille, M. Levy Bitton dût faire face à une longue série d’insultes clairement antisémites. Il a également évité une bouteille jetée depuis une voiture.

En trois quarts d’heure de marche dans la rue, il a subi pas moins de huit incidents, jusqu’à son arrivée près de la synagogue où, suivi par un autre véhicule, il a été contraint de se réfugier sous le premier porche ouvert.

Le rabbin a porté plainte, mais aucun auteur de ces injures antisémites n’a été identifié, d’après le procureur de Nîmes.

2. Lundi soir vers 19h, deux frères de 18 et 13 ans, qui se rendaient à la synagogue à Créteil (94) pour Pourim, l’un portant une kippa et l’autre un chapeau, ont été agressés par trois personnes les traitant de « sales juifs ».

Ils ont essuyé des jets de bouteilles, l’aîné a reçu des coups de pieds et de poings, et on lui a cassé un verre à moutarde sur la tête. Il a donc eu des points de suture.

Le lendemain, trois mineurs de 15 et 16 ans ont été interpellés. Deux auteurs présumés ont reconnu leur « présence sur les lieux », mais ont nié les insultes antisémites…

3. À Colmar, deux nazis (Emmanuel Rist, 39 ans, et Laurent Boulanger, 28 ans) ont été condamnés pour tentative de meurtre. En effet, ils avaient fait exploser (avec l’intention évidente de tuer) en septembre 2005 le cabanon d’un Marocain, Lhabib Benamar, et l’avaient grièvement blessé, à Rouffach (68). Le nazi Rist est également poursuivi pour le meurtre d’un autre Marocain, marchand ambulant tué d’une balle dans la nuque dans un village en mai 2001.

Pourquoi classons-nous cette tentative d’assassinat dans l’actualité antisémite de la semaine ?

Parce que ces nazis avaient déjà été condamnés pour la profanation du cimetière juif d’Herrlisheim (68), où 117 tombes avaient été profanées fin avril 2004. On avait retrouvé sur certaines tombes, à côté des signes SS et autres croix gammées, l’inscription « Tiwaz 2882 », qui a servi à revendiquer dans la presse locale l’attentat pour lequel ils viennent d’être condamnés ; comme par hasard, on a aussi retrouvé sur Rist une plaque nazie portant le numéro 2882.

Rist et Boulanger encouraient la réclusion criminelle à perpétuité pour « tentative d’homicide aggravée du fait de l’origine de la victime ». Ils n’ont été condamnés qu’à 10 ans. En URSS, ça aurait été la peine de mort.

Shavua tov – שבוע טוב

Shabbat shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 18h34, sortie samedi à 19h39.

Sur l’image, le joug de la vache rouge nous rappelle « symboliquement » le quotidien atroce des animaux et de la nature dans le mode de production capitaliste.

Vive la libération de la Terre, vive la libération animale !

Shabbat Para

Pour conclure cette semaine consacrée à la place historique des femmes, revenons sur un aspect culturel important : le lien entre patriarcat, religion monothéiste et domination des animaux.

Rappelons en effet que la parasha de la semaine est Ki Tissa, du livre de l’Exode, celle qui relate l’histoire des tables de la loi et du veau d’or, qui est suivie (comme lors de quatre shabbatot avant Pessa’h) de la lecture d’une deuxième parasha, à savoir la parasha Para (= vache / génisse).

Dans la parasha Ki Tissa, il est dit que dans l’attente dans le désert, le peuple juif a perdu la foi et, en l’absence de Moshé qui était alors sur le Sinaï, a fabriqué une idôle, le fameux veau d’or. Dans la colère, Moïse brise les premières tables de la loi, et ordonne aux fidèles du monothéisme d’éliminer les idolâtres.

D.ieu décide alors de se retirer et de diriger le peuple juif uniquement par des intermédiaires. Après avoir demandé et obtenu le pardon, Moïse revient du Sinaï avec les deuxièmes tables, et il est dit que son visage rayonnait.

(En hébreu, le « rayon » (de soleil par exemple) se dit « keren » (קרן), tout comme le mot hébreu pour la corne (de taureau par exemple). C’est ce quipropquo qui fait que la fameuse statue de Moïse par Michel-Ange le représente avec des cornes !)

Cet épisode du veau d’or est au fond la dernière confrontation entre monothéisme et polythéisme chez les juifs. L’histoire allait alors inexorablement dans le sens du monothéisme, en niant au passage l’apport du matriarcat originel quant à la place des animaux dans la société humaine : c’est la victoire de D.ieu (au masculin singulier) contre les veaux d’or.

La seconde parasha de shabbat est la parasha Para, où est relaté le rituel de Para Adouma (פרה אדומה), c’est-à-dire de la « vache rouge » (rousse, en fait).

Ce rituel s’applique à ceux qui ont touché un cadavre, et est destiné à leur purification. Voici une traduction du « décret » de Para Adouma :

1. L’Éternel parla à Moïse et à Aaron en ces termes :
2. « Ceci est un statut de la loi qu’a prescrit l’Éternel, savoir : Avertis les enfants d’Israël de te choisir une vache rousse, intacte, sans aucun défaut, et qui n’ait pas encore porté le joug.
3. Vous la remettrez au pontife Eléazar ; il la fera conduire hors du camp, et on l’immolera en sa présence.
4. Le pontife Eléazar prendra du sang de l’animal avec le doigt, et il fera, en les dirigeant vers la face de la tente d’assignation, sept aspersions de ce sang.
5. Alors on brûlera la vache sous ses yeux : sa peau, sa chair et son sang, on les brûlera avec sa fiente.
6. Le pontife prendra du bois de cèdre, de l’hysope et de l’écarlate, qu’il jettera dans le feu où se consume la vache.
7. Puis ce pontife lavera ses vêtements, baignera son corps dans l’eau, et alors il rentrera au camp ; mais il restera impur jusqu’au soir.
8. Celui qui aura brûlé la vache nettoiera ses vêtements dans l’eau, baignera dans l’eau son corps, et restera impur jusqu’au soir.
9. Cependant un homme pur recueillera les cendres de la vache et les déposera hors du camp, en lieu pur, où elles resteront en dépôt, pour la communauté des enfants d’Israël, en vue de l’eau lustrale : c’est un purificatoire.
10. Celui qui aura recueilli les cendres de la vache lavera ses vêtements, et sera impur jusqu’au soir. Et ceci sera, pour les enfants d’Israël et pour l’étranger établi parmi eux, un statut invariable. »

Notons que sur le plan scientifique, laver le linge avec des cendres est effectivement efficace : ce rituel est donc aussi un résultat de la découverte (tout à fait empirique) de la potasse et de la soude.

Le sacrifice et l’holocauste de la vache rouge servent à expier le péché précédent du veau d’or. Ce rituel est en fait connu pour être incompréhensible dans sa démarche : c’est l’exigence de la soumission à une volonté insaisissable, soumission humaine qui se fait donc en parallèle avec la domination de la nature.

Les sacrifices animaux ne sont pas exclusifs au monothéisme, mais c’est indéniablement une marque de la culture patriarcale naissante, au contraire du respect mystique des animaux dans le matriarcat et le communisme primitif.

Dialectiquement, le sacrifice animal est encore un écho mystique d’un lien, bien matériel, de dépendance à l’égard de la nature. En effet, il marque aussi la valeur des animaux plutôt vivants que morts à un stade historiquement déterminé (sinon il ne s’agirait pas d’un sacrifice mais d’un gaspillage).

Il est ainsi important de voir que le patriarcat a historiquement soumis les femmes, qui n’étaient plus, à cause du développement de la production, les principales sources de richesses, exactement en même temps que les animaux, qui sont devenus (avec l’agriculture sédentaire) un outil de production. Ce qui les a rendu « sacrifiables », leur vie n’étant plus sacrée, en même temps que cela leur a donné une valeur comme objet de sacrifice, comme produisant plus vivants que morts.

Aujourd’hui, la vie des animaux n’a plus aucune valeur autre que marchande, leur meurtre n’a même plus la valeur d’un sacrifice, comme en témoignent les exterminations massives lors d’épidémies. Dans les pays capitalistes, la culture du patriarcat l’a entièrement emporté, sur les femmes et sur la nature.

Vive la libération de la nature et des animaux, vive la libération des femmes !

Entretemps, shabbat shalom.

Judith, ou l’autodéfense juive féminine

Pour sauver sa ville des armées du général perse Holopherne, Judith (= Yehudit = יהודית) s’introduit dans son QG, le saoûla, l’égorgea, et revint avec sa tête.

Trois leçons à retenir :
1. Pas de relations sans sentiments.
2. Ne pas boire d’alcool, et encore moins « à en perdre la tête ».
3. Se méfier des femmes juives qui ont la rage.

La dernière lettre d’Olga Bancic

Prison de Stuttgart, le 9 mai 1944

Ma chère petite fille, mon cher petit amour,

Ta mère écrit la dernière lettre, ma chère petite, demain à 6 heures, le 10 mai, je ne serai plus. Mon amour ne pleure pas, ta mère ne pleure pas non plus. Je meurs avec la conscience tranquille et avec toute la conviction que demain tu auras une vie et un avenir plus heureux que ta mère. Tu n’auras plus à souffrir. Sois fière de ta mère, mon petit amour. J’ai toujours ton image devant moi. Je vais croire que tu verras ton père, j’ai l’espérance que lui aura un autre sort. Dis-lui que j’ai toujours pensé à lui comme à toi. Je vous aime de tout mon cœur. Tous les deux vous m’êtes chers. Ma chère enfant, ton père est, pour toi, une mère aussi. Il t’aime beaucoup. Tu ne sentiras pas le manque de ta mère. Mon cher enfant, je finis ma lettre avec l’espérance que tu seras heureuse pour toute ta vie avec ton père, avec tout le monde. Je vous embrasse de tout mon cœur, beaucoup, beaucoup.

Adieu mon amour.

Ta mère
Olga Bancic

La Reine Kahina

Le saviez-vous ?

La Reine Kahina, de son vrai nom Dihya ou Damya, était une reine berbère, et une dirigeante militaire qui combattit l’invasion arabe du Maghreb à la fin du VIIème siècle. Elle était issue de la tribu zénète des Djeraoua (ou Dejrawa) dans les Aurès (du côté de Batna dans l’Algérie actuelle) .

Avant l’invasion, les Aurès berbères avaient déjà été politiquement unifiés, sur la base d’une alliance entre les Dejrawa et les Aurébas. La Kahina poursuivit dès 688 ce travail d’unification berbère, en confédérant les tribus.

Les armées berbères remportèrent de nombreuses victoires dans la guerilla, dont l’écrasante embuscade de la Meskyana. Mais les renforts arabes ont eu raison de la résistance.

La défaite finale se joua en 702 à Tabarqa. Faite prisionnière, la reine Kahina fut décapitée, et sa tête apportée au calife. Ses deux fils furent convertis de force. Elle eut également une fille du nom de Khenchela, qui est justement une ville d’Algérie, au nord delaquelle se serait trouvé le palais de la reine Kahina d’après la mémoire populaire.

Le fait que ce soit une femme qui dirige politiquement et militairement les tribus des Aurès marque la très forte influence du matriarcat originel en Afrique du Nord, matriarcat où les femmes étaient prépondérantes comme principales productrices des richesses. C’est ce matriarcat que l’invasion arabe vient briser, notamment sur le plan culturel en imposant un strict monothéisme, et sur le plan politique en reléguant les femmes hors du pouvoir.

La reine Kahina aurait été berbère de religion juive, comme en témoignerait le nom de « Kahina » (qui vient de « Kohen », de manière pas fantaisiste). (Son vrai nom, Dihya signifie en berbère « la belle », et Damya proviendrait du berbère pour « prophétesse ».) Toute la tribu des Dejrawa aurait été juive, parallèlement à la tribu des Aurébas qui aurait été chrétienne.

De fait, de nombreuses tribus berbères se seraient converties au judaïsme, influencées par la diaspora (notamment juive syrienne d’après l’historien arabe Ibn Khaldoun), mais aussi en partie comme élément d’unification politique de tribus.

Parmi ces tribus judéo-berbères, on aurait compté les Nefousa (ou Nefzaouas), Berbères de l’Ifrikya (= Tunisie actuelle), les Fendelawa, les Mediouna, les Behloula, les Ghiatha, et les Fazaz, Berbères du Maghreb el Aqsa (= l’occident lointain = le Maroc), d’après Ibn Khaldoun.

N’oublions donc pas les origines historiquement métisses des communautés juives d’Afrique du Nord, et assumons cette histoire en tant que minorité issue de la nation arabe.

À Pourim, démasquons-les !

À Pourim, les fascistes aussi se déguisent pour tromper les masses, se prétendent « socialistes », « révolutionnaires », « amis des animaux ».
Démasquons les provocateurs fascistes !

Joyeux Pourim ! ! חג פורים שמח

Aujourd’hui, le 14 du mois de Adar, nous célébrons la fête de Pourim (פורים), et rendons hommage à Esther (אסתר), l’une des premières femmes résistantes juives.

Pour nous, Pourim est toujours un moment de joie (= שמחה = sim’ha), de déguisements, de saynètes, de crécelles (le Ra’ashan = « faiseur de bruit »), voire d’enivrement pour certains.

Traditionnellement, on mange aussi des « Oznei Haman » ( = אוזני המן = oreilles d’Haman), des pâtisseries triangulaires avec une farce de fruits secs et de confiture (ou de dattes). Les enfants ont aussi l’habitude de se déguiser, une coutume qui vient en fait d’Italie au XVIème siècle, puisque les communautés juives d’Orient n’ont pas cette tradition.

Pourim est notre carnaval, mystique et populaire.

Les quatre mitzvot de Pourim sont regroupées sous le nom des quatre « mem » (de la lettre מ) à cause des initiales. Ce sont des mitzvot qui témoignent d’une joie et d’une générosité populaires : Meguilah (lecture à la synagogue de la Meguilat Esther) ; Mishloa’h Manot (envoi de sucreries aux proches) ; Matanot la’Eviyonim (dons aux démuniEs) ; Mishte veSim’ha (repas joyeux, voire alcoolisé).

L’histoire de Pourim est elle-même une merveille de dialectique, où chaque chose se retourne en son contraire (Mordekhai en habits royaux escorté par Haman, Haman pendu à la potence qu’il avait réservée à Mordekhai), où ce qui est caché prend tout son sens (Hadassa la juive sous le nom perse d’Esther, aucune mention dans toute la Meguilah à D.ieu alors que c’est Lui qui tire les ficelles), etc.

C’est là le sens du mot « pour » (le singulier de Pourim), qui veut dire le « sort » : l’histoire de Pourim est un sort et un jeu du sort. D’où les déguisements et le carnaval, qui incarnent presque la dialectique de l’histoire.

Rappelons un peu cette histoire, contenue dans la Meguilah d’Esther (= מגילת אסתר = Meguilat Esther), qui se serait déroulée sur neuf ans.

Après avoir répudié sa femme à Shoushan (Suse en Iran), le roi de Perse A’hashverosh (sans doute Xerxès 1er) écoute Mordekhai, un sage juif, et choisit comme future reine la nièce de celui-ci, Hadassa bat Avigail. Cachant ses origines juives par prudence, Hadassa se fait appeler Esther.

Un jour, Mordekhai surprend un complot contre le roi, et prévient la reine Esther. Cela est noté dans les annales du roi, mais il y a comme de la rétention d’information.

Parallèlement, Haman, un des hommes les plus puissants de son temps, un dominant, s’indigne que Mordekhai ne se prosterne pas devant lui. Il persuade le roi A’hashverosh de faire exterminer les « Judéens » le 13 Adar (date du calendrier juif).

Cela arrive finalement aux oreilles d’Esther, via Mordekhai. D’abord réticente à dissuader le roi, elle demande préalablement à son peuple un jeûne (d’où le jeûne d’Esther, un des quatre jeûnes de l’année, qui s’est tenu hier entre 5h43 et 19h25).

Esther organise un banquet avec A’hashverosh et Haman, mais garde le silence. Troublé, le roi cherche le sommeil en lisant les annales, et découvre donc la déposition de Mordekhai.

Il convoque alors Haman pour demander comment récompenser cet acte, et, par suite d’un quiproquo, Haman escorte Mordekhai en habits royaux devant la foule. Haman rumine sa vengeance, et fait préparer une potence pour Mordekhai.

Lors d’un second festin, Esther dévoile son identité juive et le complot d’extermination qui vise son peuple, et démasque Haman. Celui-ci est alors pendu à la potence réservée à Mordekhai, qui est nommé vizir.

Les Juifs prennent les armes, sur autorisation du roi, et vainquent militairement le complot d’Haman. Une grande vague de réjouissances submerge alors les peuples de l’empire perse.


חג פורים שמח לכולם
‘Hag Pourim samea’h lekoulam !

Le sourire optimiste de la femme résistante

Femme résistante juive en Lituanie.

Liens féministes

Vive la journée internationale des femmes !

Aujourd’hui dimanche 8 mars, nous célébrons dans le monde entier la journée internationale des femmes.

Cette journée est un héritage historique du mouvement ouvrier international, et a été d’abord officiellement célébrée en URSS dès 1921 sous l’impulsion des femmes révolutionnaires (Clara Zetkine, Alexandra Kollontai, etc.) et des masses ouvrières féminines, ainsi que de Lénine.

C’est accessoirement pourquoi la remarque courante parmi certains hommes comme quoi « on n’a pas attendu la journée de la femme » ou « pourquoi une seule journée ? » partent d’une base sans doute correcte (qui les contredirait ?), mais sont en fait souvent abstraites, et méconnaissent ou méprisent l’histoire spécifiquement ouvrière des luttes féministes.

Le monde dans lequel nous évoluons est un monde de classes sociales. Historiquement, le passage du communisme primitif à la société de classes s’est fait en parallèle avec le passage du matriarcat primitif au patriarcat.

C’est là la première défaite historique des femmes, le début d’une oppression sans fin.

Aujourd’hui, le sexisme, le machisme, le patriarcat sont d’une cruelle actualité, sous toutes les formes imaginables, dans tous les recoins de la société. Les femmes sont quotidiennement victimes de violences physiques, psychologiques et sexuelles.

Parmi les masses populaire juives, les femmes sont victimes d’une triple oppression.

La première est l’exploitation capitaliste au travail, qu’il soit à l’extérieur ou au sein du foyer, puisqu’on ne peut pas dire que chez nous, la tradition soit à l’égalité entre conjointEs.

La seconde est l’oppression raciste, en tant que personnes issues de la minorité nationale juive, qui nous est commune à touTEs.

La troisième est spécifique aux femmes, c’est l’oppression sexiste, qui s’imbrique en fait parfaitement avec l’exploitation capitaliste. C’est l’oppression qui fait de la femme prolétaire juive « le prolétaire du prolétaire », et disons-le clairement, « le juif du juif ».

Cette troisième oppression est également une oppression contre le peuple dans son ensemble, bien que la moitié soit en position d’en profiter, car elle casse l’unité de notre classe, elle casse l’unité de notre minorité nationale, elle fait oublier aux hommes les deux autres oppressions.

Aujourd’hui, les justifications des hommes du type « oui mais je respecte les femmes » sont d’une nullité infinie. Elles sont la marque d’une idéologie quasi féodale qui perdure ici en France, avec la notion religieuse de « respect ».

Les femmes ne sont pas là à mendier pour le « respect » de la part d’une société sexiste, elles exigent la libération, la libération totale, la liquidation de la triple oppression dont elles sont victimes.

Voilà pourquoi nous saluons et soutenons sans condition toute initiative allant dans le sens de cette libération, que ce soit une libération par rapport aux tâches ménagères, des luttes au travail pour un salaire égal ou dans des métiers traditionnellement relégués aux femmes, une libération du corps des femmes, une libération de l’amour véritable, un travail pour assumer l’histoire des femmes prolétaires juives, etc.

Voilà pourquoi nous considérons que chaque homme doit se débarrasser du patriarcat dont on l’a nourri depuis l’enfance, s’auto-critiquer sans relâche, et assumer dans sa vie quotidienne les conséquences des luttes des femmes.

L’organisation des femmes peut et doit se faire sur une base autonome, éventuellement non-mixte, exactement comme s’est constitué HaPoel HaAntifashisti : sur une base autonome pour organiser une population spécifique contre une oppression spécifique.

Quant à nous, nous mettrons toujours en avant les luttes des femmes, plus particulièrement celles qui partent réellement du vécu des femmes prolétaires au sein de la communauté avec comme perspective la libération.

La cause des femmes est la cause du peuple !

Les femmes sont la moitié du ciel, elles doivent le devenir !

Cinéma judéo-bolchevik à Toulouse et Paris

Du 3 au 15 mars a lieu à la cinémathèque de Toulouse un cycle nommé « Kinojudaica » de cinéma soviétique ayant pour thème la minorité nationale juive en URSS. Une partie de la programmation est reprise demain le 8 mars au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme dans le Marais, et du 15 au 22 mars au Mémorial de la Shoah.

Certains films peuvent être extrêmement intéressants, car nous avons cruellement besoin de matérialisme historique pour connaître notre histoire, et seul le réalisme socialiste répond à cette exigence à notre époque. Seule la révolution socialiste a pu libérer (tant que faire se peut) la minorité nationale juive des pays soviétiques !

Tous les détails sont sur : le site de la cinémathèque de Toulouse, et sur : le site du Mémorial de la Shoah.

Shavua tov – שבוע טוב

Kadima Hapoel !
! קדימה הפועל
En avant Hapoel !

Shabbat Shalom – שבת שלום

Entrée vendredi à 18h24, sortie samedi à 19h28.

On l’appellait l’Oriental

« Il n’y a qu’un seul D.ieu, Rer Arbé ouahed
Toi tu pries assis, moi je prie debout
Que tu sois Blanc ou Noir ou café au lait,
ça ne t’empêchera pas de faire olé, olé.
»
Lili Boniche, « Il n’y a qu’un seul D.ieu »

Ce n’est pas dans nos traditions de célébrer les morts, car nous sommes le nouveau, la vie, la jeunesse du monde. Mais aucune personne juive arabe n’avait pu passer à côté :

Il y a un an, le 6 mars 2008, Lili Boniche nous a quittéEs.

Lili (Élie) Boniche, né en 1921 d’une famille modeste en Kabylie, enfant de la Casbah d’Alger, il était d’abord un jeune surdoué, puis tout simplement un grand nom de la musique arabe.

Dans un élan de modernisation et de métissage, il avait intégré dans son hawzi populaire des influences de mambo, rumba, tango, etc.

« Redécouvert » ces dernières années, Lili Boniche regrettait de n’être jamais retourné dans son pays, l’Algérie.

Symbole de l’historique unité culturelle arabe entre juifs et musulmans, il rejetait la catégorie de musique « judéo-arabe », car : « Est-ce qu’on dit d’un musicien musulman qu’il joue de la musique islamo-arabe ? Je joue de la musique arabe, un point c’est tout. »

Enfin, Lili Boniche confirme la conception juive arabe de la romance et du mazal, dont nous avions parlé mercredi, à travers ses chansons d’amour. N’est-ce pas lui qui chantait : « On m’appelle l’Oriental, parce que je suis sentimental » ? De même, on met ici une chanson « Eili mektoub », avec donc le sens du « destin », du « c’était écrit ».

Le Crif, un organisme totalement intégré à l’État français

Lundi soir, le 2 mars 2009, a eu lieu la soirée annuelle du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), au Bois de Boulogne à Paris. Près de 850 invités, liés directement ou indirectement à l’État français ou à des partis institutionnels, une visite de Sarkozy, un discours de Fillon, une retransmission à la télé parlementaire, etc.

En bref, un classique dîner de gala entre bourges, c’est-à-dire rien de bien « représentatif » du quotidien de la majorité des personnes juives en France…

Et une soirée somme toute très secondaire dans les lignes stratégiques de l’État français, contrairement aux mensonges antisémites, qui font du Crif un soi-disant lobby s’ingérant dans la politique « étrangère » de la France (au mieux), voire une loge occulte dirigeant la France enjuivée (au pire). Car dans l’ambiance trouble d’aujourd’hui, le Crif alimente tous les fantasmes antisémites, des nazis à l’UJFP en passant par les politiciens bourgeois qui rêvent d’un grand vivier électoral dans la communauté.

Ce dont nous avons besoin en France, c’est d’une analyse matérialiste, rationnelle, des institutions bourgeoises générées par l’État français. Et une analyse matérialiste de base montre que c’est le Crif qui s’est vendu à l’impérialisme français, et non le contraire.

De fait, pour chaque juif ou juive en France issuE du peuple, cela est une évidence : le Crif est une institution bourgeoise liée à l’État français, destinée à « gérer » la communauté juive. Mais la phrase suivante est invariablement : « mais y’a qu’ça… ».

Ce rôle de « gestionnaire » est d’ailleurs une véritable ironie de l’histoire, mais voilà, la dialectique de l’histoire est imparable, et une chose peut se retourner en son contraire.

En effet, le Crif s’est formé pendant la guerre, en 1943, d’abord sous le nom de Comité Général de Défense Juive. À l’origine, c’était un regroupement général de résistantEs d’origine juive, communistes, bundistes, socialistes, sionistes, principalement immigréEs d’Europe de l’Est. Un regroupement clandestin, indépendant de l’institution religieuse du « Consistoire central des israélites de France et d’Algérie » (oui, d’Algérie…).

Ce rassemblement résistant était justifié pendant la terreur nazie par un aspect pratique immédiat, par une question de vie ou de mort : le Consistoire ne comprenait pas le sort qui attendait la communauté juive de France.

Le Consistoire essayait en effet de se maintenir parmi les institutions générées par l’État français, comme cela avait été le cas depuis Napoléon, alors qu’en réalité son monde s’effondrait, sa confiance légitimiste en l’État français était vaine, voire criminelle. Cette auto-persuasion aveugle perdura jusqu’à ce que l’inévitable arrive : l’arrestation par la Gestapo de Jacques Helbronner, son président, en octobre 1943.

Aujourd’hui, c’est le Crif qui est, avec le Consistoire pour les affaires religieuses, l’institution privilégiée de l’État français pour encadrer et quadriller la communauté juive. C’est le Crif qui sert d’organe central dans la communauté, à la totale disposition de l’impérialisme français.

C’est le Crif qui représente ce judaïsme « bien français », qui distille le poison du légitimisme envers l’État français. Un poison aujourd’hui trompeur, mais demain criminel, si le fascisme parvient à conquérir le pouvoir (avec tous ses fichages imaginables, qui avaient déjà bien servi pendant la guerre).

Tout le monde le sait : le Crif aujourd’hui n’a plus rien à voir avec le Crif originel, quand le « i » ne signifiait pas « institutions » mais « israëlites ». Au point que le Crif se voit obligé de réviser sa propre histoire, en niant comme tous les bourgeois l’apport fondamental des communistes d’origine juive dans la lutte pour une large unité juive résistante.

Le Crif parle ainsi dans l’historique officiel de « groupements communisants », et met en avant de manière unilatérale les organisations sionistes, qui se sont aussi illustrées dans la résistance, notamment les sauvetages etc. C’est là une quasi insulte aux membres fondateurs communistes du Crif, parmi lesquels Adam Rayski z"l et l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide, liée à la MOI et qui fait encore partie du Crif (parmi une soixantaine d’associations, d’organisations, de mouvements assez divers).

Le fait est qu’aujourd’hui, la ligne sioniste de défense inconditionnelle de l’État d’Israel prédomine très largement au sein du Crif. Ainsi, parmi ses trois grands objectifs, on peut lire : « L’affirmation de sa solidarité envers Israël et son soutien à une solution pacifique au conflit du Proche-Orient ».

Chaque personne juive en France peut constater chaque jour les conséquences de l’impasse qu’est le sionisme. Que ce soit en Palestine. Que ce soit dans le déracinement des populations juives du monde vers l’État colonial d’Israel. Ou que ce soit dans l’inévitable impuissance totale du sionisme à protéger la communauté, ici en France.

Le sionisme est une voie de garage pour notre communauté. Mais il répond ici et maintenant à certains besoins de l’impérialisme français dans son encadrement culturel et politique des masses. De là l’appui de l’État français au Crif, en le posant de facto comme interlocuteur « légitime », « représentatif », et cela dans la droite ligne de la stratégie anti-populaire de « diviser pour mieux régner ».

Ainsi, la communauté se voit automatiquement attribuer par l’État français une direction (le Crif) et une position politique (le soutien sioniste à l’État d’Israel).

Or cette direction imposée n’est absolument pas représentative des masses populaires juives. La preuve en est que, si l’on entend tous les trois ans parler des élections du Crif (dont est issu le bureau actuel, ainsi que le président Richard Prasquier), personne ne sait en pratique qui vote, comment voter, quelles sont les listes de candidatEs, etc. Bien entendu, ces informations ne sont pas secrètes, mais demandez tout simplement autour de vous qui a déjà voté à ces élections du Crif. Il s’agit de fait d’une démocratie purement formelle, qui dans la réalité ne concerne pas les masses populaires juives.

D’ailleurs, on peut observer les mêmes manipulations bourgeoises avec le Conseil français du culte musulman, crée en 2003 à l’initiative de l’État français.

De la même manière que le Crif transforme la minorité nationale juive en minorité religieuse (comme l’a toujours fait le Consistoire), on peut voir en parallèle que le CFCM tente de neutraliser la minorité arabe en l’enfermant dans une dimension religieuse sans dimension de libération nationale arabe.

Cela est d’ailleurs flagrant dans les appels à la « pacification » et à « ne pas importer le conflit en France » entre communautés « religieuses », alors que le rêve de l’impérialisme français est bien l’affrontement de basse intensité au sein du peuple. Et dans ce domaine de division des masses, l’État français déploie d’immenses efforts pour créer de faux débats, de fausses oppositions, de fausses alternatives qui sont de vrais alliés objectifs, des voies de garages pour canaliser la rage prolétaire.

Tout cela montre que le Crif est l’outil direct des impérialistes français pour manipuler la communauté juive et l’isoler du reste des masses populaires de France.

La bourgeoisie française est à ce titre doublement criminelle : envers les masses populaires juives qui sont poussées dans des impasses réactionnaires ; et envers les masses populaires de France dans leur ensemble, en cassant leur unité.

Le Crif et nous, le Crif et les masses populaires juives, ce n’est tout simplement pas le même monde.

Prenons notre destin en main, organisons-nous, bâtissons la vraie fraternité des masses populaires, et brisons les institutions que la bourgeoisie française veut nous imposer !

Le principe essentiel du Mazal (מזל)

Le saviez-vous ?

L’expression « mazal tov » est récente et vient du yiddish. Le terme de « mazal » signifie la chance, la destinée, ou le destin lui-même, et les mots de « mazal tov », venant de l’hébreu, signifient donc « bonne chance », « bonne constellation ».

On emploie couramment l’expression « mazal tov » pour les mariages, car le « mazal » joue un rôle essentiel dans le choix du conjoint : un mariage selon la tradition juive nécessite la réciprocité absolue des conjoints, car l’union est le fruit d’une sorte de magie.

Les conjoints ne se choisissent pas, ce sont les affinités électives qui font que l’union se fait – c’est le mazal.

Traditionnellement le proverbe biblique suivant est cité :

« Il y a trois choses qui sont trop merveilleuses pour moi, et même quatre que je ne comprends pas :
le chemin que suit l’aigle dans le ciel,
celui du serpent sur le rocher,
celui du navire en haute mer
et celui de l’homme chez la jeune fille.
»

Aujourd’hui encore cette conception du « mazal » dans le choix du conjoint prédomine largement dans la culture des personnes juives en France.

Que faut-il en penser ? Principalement deux choses, et même une troisième.

1. D’abord, on voit comment la culture juive, tout comme la culture arabe et islamique, a emprunté à Aristote et son astrologie, puisque les astres jouent un rôle quant à la nature du Mazal. C’est encore une démonstration de l’unité historique culturelle judéo-arabe.

2. On voit très bien ici que la population juive a une conception romancée de l’union qui relève de ce qu’on va appeler l’orient, très éloignée de l’individualisme ultra-libéral marquant les sociétés capitalistes.

3. En conséquence, la conception du « mazal » comme « feeling » essentiel pour l’union entre deux individus est un apport très intéressant à la culture populaire – c’est le principe même de la romance, en fait.

Et cette romance devrait ainsi s’orienter vers tous les êtres humains et non pas seulement vers les personnes juives ou musulmanes – en fait c’est toute la conception populaire de la romance au sein du peuple qui est dévoyée vers le mariage religieusement non mixte.

En ce sens, seule l’union universaliste et métissée marque un véritable mazal à la hauteur de notre époque !

Le Pen : la division des minorités et l’hypocrisie fasciste

Dans un communiqué suivant la soirée du Crif d’hier soir, Le Pen a encore joué à fond la carte de la division fasciste des masses sur des bases pseudo-communautaires, toujours dans le sous-entendu hypocrite typiquement français.

Le communiqué nauséabond en question, pour juger par vous-mêmes :

« Au dîner du Crif on s’est inquiété de la subite recrudescence des « faits antisémites » en janvier.

Chacun reconnaît que ces « faits » sont dus à ce qu’on a appelé l’importation du conflit entre Israël et les Palestiniens de Gaza.

Il n’y aurait pas eu d’importation du conflit s’il n’y avait eu, et s’il n’y a toujours, une importation massive d’immigrés qui, par leur religion et leur culture d’origine, peuvent être enclins à prendre violemment position.

Le président de la République a déclaré que ces antisémites « n’ont rien à faire sur le territoire de la République française ».

Alors, que fait-on ? »

Masses populaires contre masses populaires, minorités nationales contre minorités nationales : voilà la stratégie fasciste de « diviser pour régner ». Et surtout une antique stratégie de l’impérialisme français depuis Lyautey au Maroc, appliquée à merveille au Maghreb.

Et encore un bel exemple de manipulation, surtout venant de Le Pen, grand antisémite devant l’Éternel. Lui qui justement comparait récemment Ghaza à un « camp de concentration », pour bien appuyer sur l’increvable comparaison entre nazis et juifs (pardon, « sionistes »).

Seule la culture métisse et l’unité des classes populaires pourront briser les fantasmes fascistes d’affrontement larvé entre minorités !

HaDag Nahash – Shir HaSticker

Voici un vrai classique du hip-hop israelien progressiste :

Shir HaSticker, HaDag Nahash / הדג נחש – שיר הסטיקר

Le titre, « La chanson du sticker », fait référence aux nombreux autocollants dont les IsraelienNEs de tous bords politiques affublent abusément leur(s) voiture(s). La chanson elle-même consiste en la juxtaposition de slogans de stickers ultra-connus là-bas mais politiquement opposés.

Le texte a été écrit par David Grossman, un écrivain sioniste de gauche « pacifiste » dont le fils est décédé comme chair à canon durant l’offensive sioniste au Liban en 2006. Néanmoins, le groupe lui-même est exclusivement juif, mais n’est pas particulièrement sioniste (on peut penser à la chanson Gabby veDebby qui démonte les figures de Herzl et Trumpeldor).

Le groupe HaDag Nahash (הדג נחש) est très connu en Israel, et plus généralement parmi la jeunesse juive progressiste du monde entier qui suit ce qui se fait en Israel (éventuellement par sionisme…).

Leur nom signifie « le poisson-serpent » (sic), mais est en fait l’anagramme de  נהג חדש (= naag hadash = « nouveau conducteur », l’équivalent du A rouge en France). Des membres du groupe auraient expliqué que c’était pour pouvoir coller des stickers à l’arrière de voitures sans que la police ne les remarque (anecdote lue sur Wikipedia).

Le clip de Shir HaSticker est assez moyen, mais la chanson est un vrai classique (c’est pas un obscur groupe de funk / hip hop underground).

Le logo (clickable !) du groupe, dédicace à nos amiEs de Bruxelles :

 

Déjà 400 actes antisémites en janvier – février

En 2007 et 2008, environ 460 actes antisémites ont été relevés en France. « En 2009, on en recense 300 en janvier et près de 400, si l’on ajoute ceux de février », précise le ministère de l’Intérieur.

Rappelons que c’est seulement depuis 2002 que les actes antisémites sont officiellement recensés comme tels : tag ou injures, incendies de synagogue ou agressions…

Les chiffres proviennent d’un assemblage d’informations recensées par le Crif, qui confronte ses chiffres avec ceux de la police.

« Les faits sont têtus », comme dirait Marx.

Ajax Amsterdam – Feyenoord Rotterdam

Nous parlions tout récemment, à l’occasion de l’hommage à la Februaristaking et à la classe ouvrière d’Amsterdam, du club de foot Ajax Amsterdam. Mais ce n’était que sous la forme d’une allusion au « philo-sémitisme » de ses supporters. Parallèlement, l’actualité confirmait que ce n’est pas un aspect culturel secondaire au stade d’Amsterdam.

En effet, suite aux violents affrontements à l’occasion du dernier match Ajax Amsterdam – Feyenoord Rotterdam, les maires de Rotterdam et d’Amsterdam, respectivement Ahmed Aboutaleb et Job Cohen, ont conjointement décidé de faire jouer les Ajax – Feyenoord à huis clos pendant cinq ans.

Voilà de quoi paniquer les supporters de Rotterdam, qui se sentent perdus sans leur confrontation tribale traditionnelle. Une manifestation de 150 supporters fascistes a donc eu lieu samedi dernier à Rotterdam.

Une manifestation qui a évidemment tourné au racisme le plus ouvertement exterminateur. En effet, le maire Aboutaleb, ancien habitant d’Amsterdam, d’origine marocaine arabe musulmane, s’est alors fait traiter de « sale juif », et s’est vu appelé à finir « dans une chambre à gaz ».

Un supporter de 21 ans s’est fait arrêter mercredi, car la manifestation fasciste était filmée. Néanmoins, la ville de Rotterdam a renoncé à toute poursuite, alors qu’il doit être possible de savoir qui a crié les slogans antisémites. Une belle marque de lâcheté populiste, due à une certaine fétichisation apolitique du « stade ».

Pour comprendre un peu l’opposition traditionnelle Ajax – Feyenoord, il faut voir brièvement les différences culturelles entre les supporters et les villes

D’un côté, les supporters de l’Ajax Amsterdam, qui ne sont pas d’origine juive, assument l’histoire juive de leur ville (les juifs expulsés d’Espagne, Rembrandt, Spinoza, ou de Februaristaking) en prenant comme logo la Magen David, et en se surnommant « de Joden » (= les juifs). Cela est indéniablement positif.

Mais on peut se demander : est-ce aussi positif que le stade soit rempli de drapeaux israeliens, drapeaux sionistes et non pas juifs, assimilant de manière caricaturale « juif » et « sioniste » ?

Sans compter que le club concurrent du Feyenoord Rotterdam caricature également tout cela de son côté en chantant des chansons pro Hamas et sifflant pour rappeler les chambres à gaz. Parallèlement, les supporters de Feyenoord développent aussi une culture « gabber », avec des groupes de musique haineux comme « Rotterdam Terror Corps ».

En fait, Feyenoord est un club ouvertement soutenu par les fascistes locaux. Des fascistes dont on se souviendra longtemps à Nancy par exemple, où les supporters de Rotterdam étaient venus en masse, pour des provocations et des affrontements gratuits.

Décidément, certains supporters n’oublient jamais aux vestiaires leur culture de beauf violemment patriarcale et raciste. Le stade peut alors devenir un vecteur culturel de toutes les valeurs réactionnaires. Et parmi ces valeurs réactionnaires, on retrouve fatalement tôt ou tard :

- la haine des immigréEs (illustrée par des cris de singe quand le ballon touche le pied d’un joueur arabe ou noir) ;
- la haine des minorités sexuelles (l’invariable insulte de « pédé », « on t’encule », « serre les fesses, on arrive à toute vitesse », etc.) ;
- l’antisémitisme, comme on peut le voir à Rotterdam.

Cela montre en fait que l’antisémitisme sauvage est une partie intégrante de ce monde patriarcal et de mépris des femmes. Pas de lutte contre l’antisémitisme sans lutte contre le sexisme et le patriarcat !

Finissons-en avec l’opium du peuple du foot capitaliste, et assumons les traditions progressistes du sport populaire, comme la fédération Hapoel !

« Le chauvinisme national et racial est une survivance des mœurs misanthropiques propres à la période du cannibalisme. L’antisémitisme, comme forme extrême du chauvinisme racial, est la survivance la plus dangereuse du cannibalisme. » Staline.