Spock bénit Hapoel !
Spock antifasciste !

Le saviez-vous ?
Le salut vulcain est en fait calqué sur « birkat hakohanim », la bénédiction bien connue des Kohanim ! De fait, la série originelle de Star Trek est truffée de références culturelles de la mystique juive et est globalement assez progressiste pour l’époque aux États-Unis.
Ainsi, ce fameux salut vulcain a été « importé » par Leonard Nimoy, l’acteur de Spock en personne. Ce dernier a raconté dans son autobiographie (bien après la série, donc) qu’étant enfant, il avait été emmené par son grand-père dans une synagogue ultra-orthodoxe, qu’il avait bravé l’interdiction traditionnelle de regarder les Kohanim pendant leur bénédiction (sous peine de cécité, d’après la superstition…) et qu’il avait été fortement impressionné par ce rituel.
En fait, ce signe des Kohanim (fait des deux mains tendues en avant) mime la lettre Shin (ש) et signifie « Shaddai » (qui signifie « le Tout-Puissant », mais qui est aussi l’abréviation de « Shomer Dlatot Israel » = « gardien des portes d’Israel », d’où le Shin des mezuzot). On peut par exemple le retrouver sur les tombes de Kohanim (ce qui montre alors qu’on vient d’une famille de Cohen, comme peuvent aussi l’attester les noms Cohen (כהן), Kohen, Coen, Koen, Cohn, Kohn, Kahn, Kahane, Hakohen, Hacohen, etc.). Ainsi, sur cette très belle photo prise dans un cimetière juif de Lodz en Pologne, on peut retrouver les deux mains faisant le « salut vulcain » sur la tombe au premier plan à l’extrême-gauche :

Plus globalement, la mystique juive a imprégné d’autres références de Spock. Par exemple, dans un épisode de la première série où il doit rester alité à l’hôpital, Spock s’ennuie et lit un livre (évidemment en tournant les pages à toute vitesse) ; à la fin, on voit son air satisfait et la couverture du livre : c’est du Spinoza ! Il faut savoir que le philosophe libéral hollandais Spinoza est d’origine juive, et selon certaines thèses, il aurait été un adepte de la Kabbalah.
Rappelons aussi que l’acteur de Captain Kirk était aussi juif, et que c’est dans cette série de Star Trek qu’a eu lieu le premier baiser « inter-racial » à la télé américaine, ce qui était extrêmement progressiste pour l’époque (fin des années 60).
Pour finir sur une petite touche psychologique, il faut rappeler que Spock est mi-humain mi-vulcain ; son côté vulcain le pousse à la logique la plus froide, tandis qu’il lutte contre ses propres sentiments issus de son côté humain. Spock est donc l’incarnation parfaite de la schizophrénie des personnes d’origine juive immigrées d’Europe de l’Est en Amérique du Nord (pour fuir la misère extrême, les pogroms, mais aussi avec une certaine dimension messianique). D’où la citation très drôle dans le premier épisode, jouant sur les sentiments refoulés de Spock :
Kirk : « Je veux que sa fin soit citée en exemple. Il n’avait pas demandé ce qui lui est arrivé. »
Spock : « Je suis désolé pour lui… »
Kirk : « Je crois qu’après tout, il y a de l’espoir pour vous, Monsieur Spock. »
Certaines informations théologiques sur la bénédiction des Kohanim (essentiellement l’interprétation Shaddai) sont tirées de : là. La citation ci-dessus vient de : là.





