Saccage de la grande synagogue de Caracas
Dans la nuit du vendredi 30 janvier 2009 au samedi 31, de 22h à 3h, la grande synagogue séfarade de Caracas au Venezuela a été profanée par une quinzaine d’individus, qui ont détruit des objets de culte et inscrit des slogans antisémites.
« Ils sont restés dans la synagogue environ cinq heures, ont ligoté et bâillonné les gardiens, détruit les bureaux et profané le lieu où sont conservés les rouleaux de la Torah », a déclaré Elias Farache, président de l’Association israélite du Venezuela, où la communauté est forte d’environ 15 000 personnes.
Les inscriptions (en dehors des saccages) sont de l’ordre de :
« on ne veut pas de juifs ici », « Juifs, partez d’ici », « 666 » à côté d’une tête de démon, etc.
« Jamais dans l’histoire de la communauté juive du Venezuela nous n’avions été la cible d’une agression semblable. Le climat est brûlant autour de nous. Nous nous sentons menacés, intimidés, attaqués », a ajouté M. Farache.
« Nous n’avions jamais eu un tel incident. Il semble avoir été bien planifié », a précisé un autre responsable juif. Il faut en effet savoir que le 28 janvier, Israel avait déclaré le chargé d’affaires du Venezuela persona non grata. Les antisémites servent donc bien fidèlement les intérêts de la bourgeoisie compradore fasciste au Venezuela.
Il est clair pour nous que cette profanation est à replacer dans un climat général d’agitation antisémite, portée notamment par le pouvoir fasciste compradore « socialiste du XXIe siècle » en place. Hugo Chavez n’en est en effet pas à ses coups d’essai en matière d’antisémitisme. On se souvient notamment de ses références aux « descendants de ceux qui ont crucifié le Christ » à Noël 2005.
Plus récemment, il s’est acquis un prestige facile et gratuit en expulsant l’ambassadeur israelien pendant l’offensive sioniste à Ghaza, aussitôt suivi par Evo Morales en Bolivie. C’est ce qui explique notamment les nombreux portraits de Chavez aux manifestations de solidarité contre les massacres contre le peuple palestinien.
On attend évidemment les commentaires toute la social-démocratie de merde, sociale-chauvine, franco-française, qui expliqueraient que Chavez n’est pas antisémite, et que de toute façon les venezuelienNEs d’origine juive ne sont que des sionistes.
N’oublions pas que Chavez est un dirigeant fasciste directement issu de l’appareil d’État et des forces de répression, en tant que militaire putschiste. Chavez représente la bourgeoisie nationale qui tente de s’émanciper de l’impérialisme US (ce qui n’a jamais été réalisé en pratique, vu que les USA sont le principal client de pétrole au Venezuela), en s’appuyant sur les impérialismes concurrents des USA, en l’occurrence l’impérialisme français (d’où les liens aussi avec les fascistes iraniens, aussi soutenus par la France). La révolution nationale « par en haut » sert de barrage à la révolution nationale-démocratique et agraire, et est la forme classique que prend le fascisme du « Tiers-Monde » (comme Kemal, Peron, Khomeiny, Bin Laden, etc.). Les « régimes nationaux » tombent infailliblement dans les bras des impérialistes. On se souviendra ainsi de la solidarité de Chavez envers Villepin en novembre 2005… Ça ne s’invente pas !
Nos pensées vont donc à la minorité nationale juive au Venezuela, mais aussi aux peuples d’Amérique qui luttent pour la révolution nationale-démocratique sans se chercher d’ennemi factice parmi les minorités, et à nos camarades communistes authentiques qui luttent contre les régimes fascistes compradores pseudo-nationaux au Venezuela, en Bolivie, en Équateur, etc.






