Le procès des 23 de l’Affiche Rouge

L’affiche rouge, qui inspira à Aragon son célèbre poème, présente, dans sa partie supérieure, les visages des dix partisans. Les traces de trois mois de tortures n’arrivaient pas à effacer l’expression de fierté dans leurs yeux. Voici les noms des partisans figurant sur l’affiche et les « légendes » accompagnant la photo de chacun d’eux :
Fingercwajg, juif polonais, 3 attentats, 5 déraillements ; Boczow, juif hongrois, chef dérailleur, 20 attentats; Witchitz, juif polonais, 15 attentats ; Wajsbrot, juif polonais, 1 attentat, 3 déraillements, Elek, juif hongrois, 8 déraillements, Grzywacz, juif polonais, 2 attentats, Fontanot, communiste italien, 12 attentats ; Rayman, juif polonais, 13 attentats ; Alfonso, Espagnol rouge, 7 attentats ; Manouchian, Arménien, chef de la bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés. (À Manouchian on attribua toutes les actions de son détachement.)
Sous les photographies des « terroristes » figurent, à côté d’images de catastrophes ferroviaires et d’un arsenal d’armes des partisans, des corps criblés de balles : les « victimes » des « terroristes ». Le texte ne comporte que quelques mots : en haut : « DES LIBÉRATEURS ? »,
en bas : « La Libération ! par l’armée du crime ».

La presse collaboratrice annonce le verdict. Les « terroristes » sont en réalité des résistants.





