Encore Dieudonné et Faurisson

Depuis 2003 chez Fogiel, on savait que Dieudonné était ouvertement antisémite. Depuis 2006 à la fête Bleu-Blanc-Rouge du FN, on savait qu’il avait des liens avec l’extrême-droite.

Le soir du vendredi 27 décembre 2008, Dieudonné a fait monter le négationniste Robert Faurisson sur la scène du Zénith de Paris, dans la continuité de ses attaques violemment antisémites depuis des années, et de ses liens organisationnels avec les nazis français.

Jeudi 29 janvier 2009 au soir, rebelotte au fameux théâtre de la Main d’Or. Mais ce soir-là, pas de montée sur scène pour le nazi, resté sagement assis dans un coin de la salle. Profil bas de rigueur.

Dans le théâtre, la salle est comble. La lumière s’éteint et une voix off prie les spectateurs et spectatrices d’éteindre leur portable « par respect pour toutes les victimes de la Seconde guerre mondiale »… La propagande antisémite bat son plein, des « rats d’Hollywood » à l’affaire Julien Dray, et contre ce qu’il appelle « la fine équipe » (Licra, UEJF qui avait d’ailleurs une petite équipe à l’entrée pour differ des tracts, etc.).

Une heure après la levée de rideau, l’assistant de Dieudonné, Jacky, fait son apparition en robe de chambre rose, ornée d’une étoile jaune. L’étoile pour dénoncer une supposée omniprésence de la Shoah. La robe rose pour attaquer Delanoë, le maire de Paris. Quand le même assistant avait accueilli Faurisson en décembre pour lui remettre le « prix de l’infréquentabilité », il était vêtu d’un pyjama rayé…

À la fin du show, après le départ d’une bonne partie du public, un autre spectacle prend forme. Au bar et dans la petite salle de restaurant, les « intimes » se lâchent : « lobby juif », négationnisme, propagande fasciste, tout y passe. Parmi les convives se trouvent Marc Robert, ex-candidat FN aux dernières municipales à Nice, la négationniste « juive de service » Ginette Skandrani, ou encore Michele Renouf, connue pour ses propos négationnistes dans diverses conférences, comme à Téhéran en 2006. Mais la star est bien évidemment Faurisson.

Après avoir signé des autographes, Dieudonné rejoint tout ce monde à une table pour déguster poulet et gambas grillés avec la fine fleur de l’antisémitisme français…

Aujourd’hui, Dieudonné ne peut plus être considéré comme autre chose qu’un fasciste qui œuvre en personne à rassembler organisationnellement et culturellement les fascistes français derrière deux thèmes : l’ethnodifférentialisme et l’antisémitisme. Entre Le Pen, Soral, Kemi Seba, la Droite Socialiste (nouvellement rebaptisée Parti Solidaire Français), et maintenant Faurisson, absolument aucun libéralisme n’est permis. Quelqu’unE défendant Dieudonné défend en fait le fascisme revendiqué et organisé.